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Erik Woods
Erik Woods
 

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le Mer 18 Sep 2019 - 16:41
Un sac en plastique blanc à la main, Erik prenait le chemin du retour. Qu’avait-elle dit, déjà ? Ah, oui. « La prochaine fois, on continue sur ton agilité, ta réactivité, ta vitesse. Je veux que tu arrêtes de te prendre ces décharges. »

Lui aussi voulait bien arrêter d’en souffrir. Ca tombait bien.

Il engouffra ses clefs dans la serrure de la porte du hall — des clefs qui ne serviraient bientôt plus, tant le plexiglas de la porte avait été fragilisé. Tant pis. Ce n’était pas comme si elle serait réparée avant une bonne dizaine d’années. Il avait le temps de voir venir les frais. L’escroc se dirigea machinalement vers sa boîte aux lettres, humant l’odeur légère de la nourriture chinoise qu’il s’était procurée.

Publicité, prospectus, cartes de visite… ah, deux lettres. Voilà qui était exotique. L’enveloppe de la première était si abîmée qu’il était impossible d’en déchiffrer le destinataire. Etrange. Pourquoi avait-elle fini ici dans ce cas ? Il était, en tout état de cause, difficile de savoir si elle lui était adressée. Quant à la seconde…

Parfaite, immaculée, et un petit poisson dessiné dessus.

C’est une blague ? Encore une histoire de poissons ? — Mhm. Certainement un courrier promotionnel, finit-il par se soupirer à lui-même.

Clank, coup de clef, départ. Un bon nombre de marches et la souffrance d’avoir butté contre l’une d’elles plus tard, et il se trouvait devant chez lui. Enfin ! Le confort de son appartement, tout peu reluisant qu’il fut, l’appelait. Il ne serait pas seul ce soir, mais après tout, qu’importe. Il serait en bonne compagnie. Erik laissa paraître un sourire fugace, avant de passer le seuil. « Arrivé ! » déclarait-il triomphant !

« Ah bah ! J’ai cru qu’on allait mourir de faim ! »

Hélène remonta le couloir qui allait de l’entrée jusqu’au salon, déchargeant l’escroc de ses achats. « Bonne journée ? » s’enquit-elle.

« — Un peu claqué. J’ai été à La Salle.
- Ah. T’y retournes quand ?
- La semaine prochaine. Ce sera plus régulier après. »

La jeune femme acquiesça silencieusement tandis qu’il jetait son courrier sur le meuble qui jouxtait la porte, puis ôtait sa veste et son écharpe. « Charles est déjà là ?
- Il joue sur ta console. Je crois qu’il est fa-sci-né.
- Pfft — Erik sourit. Qu’il en profite. J’ai pas le temps d’y toucher en ce moment de toutes façons.
- J’amène ça au salon. On t’attend.
- Merci. »

Le jeune homme se déchaussa tout en la regardant s’éloigner, tendant une oreille distraite à sa discussion avec Charles, le jeune servant de « petite souris » à Jimbo, et qu’il avait invité ce soir. Il fit un détour par sa chambre avant de les rejoindre, enfilant quelque chose de décontracté et simple. Heureusement qu’il s’était douché là-bas. Le dîner aurait fini froid, autrement.

« Alors, vous racontez quoi ? »

La table était déjà mise. Il ne manquait plus que lui. Charles délaissa de suite la console qu’il avait empruntée, souriant pour cacher son embarras. « J’ai continué de suivre le gars du Heartless, comme tu m’as demandé ! » lançait-il, balayant la gêne pour une fierté non dissimulée. « Super. Et Nixhar ? » La moue désolée de Charles suffit à lui répondre : rien pour le moment. Voilà qui était fâcheux.

« — T’inquiètes, voulut-il rassurer son jeune collègue. On verra ça tout à l’heure. On mange pour le moment.
- Y’avait c’que je voulais ?
- Yup. Je t’aide à sortir les trucs Hélène ?
- Pas la peine. J’ai presque fini. »

Il prit place sans plus insister. En se levant, ce matin-là, l’escroc s’était demandé s’il avait bien fait de les inviter. Erik était fatigué ; il avait envie de se poser, seul, un peu. Mais désormais assis à cette table, la perspective de cette soirée l’enchantait. Il prit un moment pour apprécier l’instant, saisissant avec entrain un paquet de chips aux crevettes. « Beaucoup de boulot ? » demanda-t-il à la jeune femme pour lancer la conversation.

« — Plutôt. Les gens sont nerveux en ce moment dans le coin.
- Rien de trop grave ?
- Non, non.
- Tu bosses à la clinique du vieux Merlu ? s’enquit Charles, curieux.
- Oui.
- Wow, génial ! J’dois te remercier alors. J’ai un grand-frère qui est passé chez vous y’a deux mois. C’était nickel.
- Je m’en suis probablement occupée si c’était à ce moment-là.
- Doublement merci du coup.
- C’est mon travail, évacua-t-elle après une courte inspiration.
- Quand même !
- Dans ce cas je devrais te remercier aussi, enchaîna-t-elle, plus amusée. Tu t’occupes du grand dadais.
- Euh, une seconde, interrompit Erik. C’est moi le grand dadais ?
- T’en vois un autre ?
- Cette violence gratuite ! C’est moi qui fait baby-sitter plutôt ! »

Charles exagéra un souffle outré. « Arrête c’est pas vrai ! Je fais plein de choses tout seul ! » finit-il par se défendre. « Puis en général je bosse tout seul, d’ailleurs. »

« Mais oui, mais oui. Je te taquine. »

L’escroc se laissa reposer contre le dossier de sa chaise, s’étirant nonchalamment alors que ses invités dégustaient leurs premiers nems.

La soirée aurait pu se poursuivre sur cette excellente ouverture.

Toutefois, le destin (avec qui il faudrait qu’Erik ait une conversation, s’il existait et avait une conscience) en décida autrement.

Le jeune homme fronça les sourcils, lorsqu’il entendit sa sonnette retentir dans l’entrée. Il ne l’avait pas reconnue dans un premier temps. Personne ne sonnait chez lui. Hélène avait les clefs, et il n’était que rarement hôte.

Il se retourna sur son siège avec perplexité, et une pincée de méfiance. Prêt à se lever, il fut toutefois devancé par un Charles plus que hâtif ! « Ah merde, j’ai oublié de te dire ! » s’empressait-il de lui lancer, haussant le ton.

« — De me dire quoi ?
- Bah, je suis passé à la planque plus tôt, répondit le garçon en passant la porte donnant sur le couloir. J’ai dit que j’étais ici ce soir et Jimbo a dit qu’il passerait parce qu’il avait des trucs à voir avec nous ! »

Et merde.

La tête de Charles repassa dans le salon, tant il venait de réaliser quelque chose de capital.

« J’ai fait quelque chose de mal ? »

Son ton révélait sa confusion, son hésitation. Erik n’eut pas le cœur à lui révéler tout le « bien » qu’il pensait de cette surprise. Jimbo… vraiment ? Le voir chaque jour ne lui suffisait plus, il fallait désormais qu’il s’invite dans son petit sanctuaire personnel ? Hélène glissa à l’escroc un regard désolé : ne pas trop s’épancher sur son travail — et donc, sur Jimbo — était devenu une règle tacite de leurs soirées ici.

« Non, non. »

Charles disparut de nouveau, et le locataire des lieux se leva avec une lourdeur fatiguée.

« — Il n’en a peut-être pas pour longtemps, voulut l’alléger sa camarade.
- Même. Il va rester en squat. J’en suis sûr. »

Elle lui répondit avec une face désolée, s’accordant avec un « Bonsoir ! » enjoué et magistral, provenant de l’entrée.

Le loup est entré dans la bergerie. Je répète, le loup est entré dans la bergerie.

« Eh bien eh bien, c’est toi qui viens ouvrir ? C’est pas bien courtois ça, Monsieur Woods, de ne pas ouvrir à ses invités ! »

Si je t’avais invité, connard !

Erik prit une profonde inspiration, avant de passer dans le couloir, agrémentant sa marche de quelques paroles amères. « C’est que je ne t’espérais pas ! »

« — Je suis toujours un bon ajout à une soirée. Comment vas-tu ?
- Comme ce matin.
- Parfait. Et toi ? fit-il en avisant Charles.
- Oh bah comme tout à l’heure !
- Magnifique ! Bon, faut qu’on cause. »

Le regard du contrebandier raclait contre les murs et les meubles, intéressé. Bien que son hôte forcé su que c’était tout à fait humain, cela ne put que l’agacer davantage. Fouille dans les placards aussi, je dirai rien, commentait-il d’ailleurs pour lui-même. Jimbo parut le prendre au mot ! Non pas qu’il ouvrit un quelconque tiroir. Cependant, sa main, tout comme ses pensées, se tournèrent bien promptement vers deux lettres laissées en évidence.

« Quoi ?! Tu reçois des lettres toi ?!
- Repose-les.
- Erik… plus personne n’écrit de lettres dans ce monde. Enfin pas de vraies lettres. C’est de qui ? »

Le blondinet examina les enveloppes, ses yeux s’illuminant de curiosité. « Elles sont bien mystérieuses. C’est décidé ! Je veux savoir. Ouvre-les.
- On peut savoir pour qui tu te prends ?
- Ton boss !
- Oui, bah, mon boss justement. Pas mon parent surprotecteur et invasif.
- Est-ce que c’est une touche d’acidité que j’entends ?
- Si seulement… » … ça t’ôterait la merde que tu sembles avoir dans les oreilles, poursuivit-il intérieurement. C’est que le contrebandier ne lâchait pas ces foutues lettres ! Il le dépassa comme si de rien n’était, poursuivant jusque dans le salon. « Ah, Hélène ! Bonsoir, » l’entendit-il articuler avec une élégance feinte. Un jour… un jour…

Charles tapota son bras, manifestement inquiet. « Ca va pas ? T’as l’air super tendu. » Erik balaya l’air de la main, lui faisant signe de regagner la pièce commune. « Aucun souci. » Enfin, si. Mais il n’allait pas commencer à s’en plaindre. C’était un mauvais moment à passer, tout simplement.

En effet, Jimbo prenait ses aises : une chaise, des chips, quelques nems… si s’inviter sans gêne était un art délicat, le contrebandier devait bien l’avoir maîtrisé. Peu lui importait les œillades perplexes d’Hélène, ou le petit air agacé d’Erik — il était là. Il y resterait. « Alors ? Tu les ouvres ? » Il eut la décence d’essuyer ses doigts nimbés de sauce avant de pousser les lettres jusqu’à son hôte. « Tu vas me foutre la paix oui ?
- Oh arrête, c’est quand même pas la mort.
- Tu te souviens de notre discussion sur le fait d’écraser les gens ?
- Ouep, je m’en souviens. Mais Erik, merde, ce sont des lettres à la con ! »

L’escroc ne savait plus quoi dire. C’était peine perdue. Les mots restaient coincés dans sa gorge, capturés in extremis par un instinct de préservation très aléatoire. « Bon, » reprit Jimbo face à son mutisme. « Bah je le fais moi-même. » Peu importe. Erik se laissa tomber sur sa chaise. Son regard croisa celui d’Hélène, au haussement de sourcil de laquelle il répondit d’un haussement d’épaule défait. Son boss ouvrit l’enveloppe au destinataire illisible à l’aide d’un couteau qu’il conservait sur lui — sans grande surprise. Il en sortit deux feuillets, qu’il commença à lire. « Déjà, je peux dire que c’est pas pour toi.
- Ok, c’est bon alors, tu peux t’arrêter. C’est pour qui ?
- Pourquoi tu demandes ?
- Peut-être un voisin.
- Tu connais tes voisins ?
- Vite fait.
- Rousseau.
- Ok, non.
- Bon, bah du coup on s’en fout encore plus que je le lise. C’est même pas pour toi ou quelqu’un que tu connais. »

Jimbo se renfonça dans sa chaise, l’air nonchalant d’abord. « Blablabla, la mort de votre fils dans une opération du SOLDAT… »

Puis il éclata de rire. « Aaaah… le fils de pute, » commentait-il pendant que le reste de la table mangeait sans trop se préoccuper de lui.

Petit à petit pourtant, Erik ne put s’empêcher de lui accorder plus d’attention. Le contrebandier s’était comme raidit — il s’était redressé sur sa chaise, fronçait les sourcils, gardait une mâchoire serrée. Il était… « Ca y est, je suis énervé. » Enervé, voilà. Charles n’eut pas le réflexe de le laisser ruminer dans son coin, demandant de suite ce qui pouvait l’avoir tant excédé dans ces quelques lignes. « Tiens, lis ça, lui répondit-il simplement. L’œuvre d’un trou du cul qui larmoie.
- Jimbo, le reprit Hélène.
- Quoi ? Putain il a entendu pire ça va ! On dirait vraiment que je suis un monstre à vous regarder ! Moi, je sais pas comment appeler ça. Tiens. Lis-la d’abord pour voir, fit-il en fichant les papelards sous le nez de son hôte. Après tout, elle était dans ton bardât. »

L’escroc avisait le document avec un soupir. Il s’agissait d’une lettre d’un certain Brown à un certain Monsieur Rousseau, auquel il annonçait transmettre la dernière missive de son fils. Ce dernier la lui avait remise peu avant son tragique décès. Or, si la chose put paraître toute banale, quelques faits supplémentaires venaient agrémenter la situation. Brown annonçait lui-même avoir conservé ce message d’un fils décédé à son père durant de longs mois pour une raison : parce qu’il avait envié le lien existant entre eux. Il avait été jaloux.
Il voulait ce lien pour lui.

« — Alors ? interrogeait le contrebandier.
- C’est sûr que garder la dernière lettre d’un mort comme ça c’est pas sympa. Après, il essaie d’arranger le coup. Puis on peut pas dire qu’on soit des modèles moraux nous-mêmes.
- Arrête ! S’il fallait être une sainte nitouche pour pouvoir dire que les autres font de la merde on serait pas arrivés ! Tu l’aurais fait toi ? »

Non, pensa-t-il dans un premier temps. Puis, il se souvint d’un objet qu’il avait lui-même conservé.

Qu’il conservait encore.

Qui eut cru qu’un petit morceau d’ivoire rattaché à une lanière de cuir pourrait autant l’ennuyer ? Narantuyäa la mercenaire venait décidément le faire chier avec une régularité presque admirable, même lorsqu’elle n’était pas physiquement présente. Elle lui avait demandé de prévenir les mercenaires de ce qu’il s’était passé au Palais des Rêves, au bal — que cet objet permettrait sûrement de faire savoir qu’il était bien envoyé par elle.

Entretemps il avait pris deux balles, avait fui un monde en train de s’effondrer… et le temps qu’il se demande s’il était bien prudent de prévenir les mercenaires que leurs camarades ne reviendraient probablement pas, compte-tenu de l’inimitié que le Primarque semblait leur porter… la Shinra avait établi un blocus total sur Port-Royal.

Alors il conservait, encore, cet objet appartenant à quelqu’un de sûrement mort, et qu’on lui avait demandé de remettre.

Mais quelle déprime ! Sa situation était objectivement différente, se soufflait-il. Narantuyäa voulait qu’il transmette des informations afin de permettre aux mercenaires d’agir et réagir en conséquence. Ce n’était pas une lettre pleine d’amour et de banalités, transmise comme un dernier éclat de vie pourtant perdu. En outre, ce n’était pas comme s’il avait conservé l’objet par jalousie pour elle ou pour une quelconque de ses relations. Alors… « Probablement pas comme ça non… 
- Voilà ! Merci. Jimbo 1 - Connerie 0. Non, désolé. Déjà le gamin il m’agace avec son air niais mais alors le type qui bossait avec lui là… c’est la cerise sur le gâteau. Mais quel salaud sérieux ! “J’aurais bien voulu un papa ! Prends-moi en pitié s’il te plaît j’ai besoin qu’on me regarde avec des yeux de merlan frit !”
- Tu extrapoles un peu, tu ne crois pas ? — Hélène releva un regard fatigué et agacé.
- A peine. Tiens, lis toi aussi. Vas-y. Hop. »

Et ainsi la lettre fut arrachée des mains d’Erik pour passer dans celles d’Hélène. L’escroc se doutait bien qu’elle n’avait aucune envie de participer à la conversation, ni de lire la chose ; mais Jimbo ne la lâcherait pas. Alors, d’un air las, son regard parcourut le document. Le contrebandier poursuivait : « Le père de son mec d’escouade, là. Il s’en fout des états d’âme du type qui a gardé la lettre. Ils se connaissent pas. Ils sont pas potes. Il a pas à écouter ses jérémiades pendant trois pages avant de se rendre compte que ce sont des excuses à deux francs. Putain en plus il me fait monologuer ce con ! »

Vite. Erik devait trouver une stratégie de sortie !

« — … tu veux une bière ?
- Oui ! J’en ai besoin. »

Réussite. Le jeune homme se leva afin de trouver la sainte boisson qui leur ferait éviter un épilogue fort dérangeant sur cet incident. Les yeux d’Hélène le suivirent un moment, avant de se reporter sur la tablée. Sur Charles notamment, demeuré silencieux. Les mots qu’il entendait ne le choquaient pas, pour sûr. Ce n’était pas pour autant qu’il ne se sentait pas coupable d’avoir invité un soupçon de discorde dans l’appartement — s’il n’avait pas demandé à Jimbo ce qui l’énervait tant ? Se seraient-ils tous ainsi raidis ? A la vérité, probablement. Le contrebandier n’aurait pas su rester muet quant à son désarroi bien longtemps.

Le silence s’installait, désormais. Un silence qu’Erik ne pouvait s’empêcher de trouver étouffant, quand bien même il vaquait à ses propres occupations. Faites au moins semblant ! grinçait-il ! Ils pourraient faire un effort ! Voilà pourquoi il n’aimait pas être hôte. Il était de son obligation implicite de redresser la barre.

Aussi, il afficha un sourire léger en revenant au salon. « Jimbo, Hélène. Vos bières. 
- Je n’en ai pas demandé.
- T’en veux pas ?
- Je vais pas dire non.
- Bah voilà. »

Il se retint d’un commentaire amer, en voyant son patron ouvrir sans se poser plus de questions la deuxième enveloppe dont il s’était saisi plus tôt. Au moins, cela avait une chance de lui faire oublier la première lettre. Vois le bon côté des choses Erik. Zen.

« — Merci pour la bière.
- De rien. »

L’escroc se cala dans sa chaise, de nouveau. Ce pauvre Charles avait vraiment l’air d’un chien battu. Erik chercha à le divertir de quelques questions sur les jeux qu’il avait testé sur sa console. S’il en avait apprécié un, pourquoi. Voilà qui permettrait de le détendre, pensait-il.

Leur échange fut écourté d’un « T’as gagné un voyage pour la Costa del Sol. »

L’escroc haussa un sourcil : d’une part, parce que Jimbo aurait pu ne pas le couper en plein milieu de sa phrase pour dire ça, et d’une autre part… parce qu’il n’était pas certain d’avoir compris.
C’est que cela avait bien peu de sens.

« Bah, me regarde pas comme ça, » renchérit le blondin. « C’est écrit là. T’as participé à un concours ? »

Non, il n’avait participé à aucun concours. Il secoua doucement la tête. Il chercha tout de même dans ses souvenirs : un gars qu’il aurait croisé dans la rue, pour un truc promotionnel ? Non, il était revenu à Illusiopolis depuis assez longtemps pour ne plus les écouter. Un jeu-concours dans un magazine ? Non plus, il n’en suivait aucun. En ligne ? Qui était assez bête pour cliquer sur ces liens ?

Rien ne lui vint à l’esprit. Il rendit son verdict : « J’aime pas ça, ça pue. »

« — Tu te fous toujours en stress, évacuait Jimbo, très décontracté. C’est sympa la Costa, tu devrais profiter.
- Parce que ça t’es déjà arrivé, ça, le coup du voyage gratuit ? En plus c’est à mon nom, non ? Qui l’aurait chopé ? »

L’escroc se saisit du carton d’invitation. Oui, c’était à son nom. Son patron rationalisait : « Ton bail ? » Mais Erik ne l’entendait pas de cette oreille.

« — Personne n’a de contrat de bail dans cet immeuble. Et puis même.
- Wow, j’avais zappé ! C’est pas très sûr, ça. Fais-moi penser à t’aider à trouver mieux. »

Léger silence. L’hôte inspectait le carton ; Jimbo patientait en piquant dans les nouilles de Charles ; ledit Charles s’interrogeait en remuant ses pieds sous la table ; Hélène s’essuyait les mains, la mine contrite.

« — Je suis d’accord avec lui sur ce coup, finit-elle par lâcher.
- C’est vrai que c’est pas commun. »

Le contrebandier soupira bruyamment avant même qu’Erik ne puisse se sentir soutenu dans sa méfiance.

« — Et à l’inverse, hein ? Vous trouvez ça louche ? Mais pourquoi on l’inviterait lui comme ça ? C’est Erik, pas Angie ou moi !
- Maillon faible du réseau ? tenta Charles — Merci, d’ailleurs…
- Si seulement ! Puis honnêtement, on a du monde là-bas. Peu, mais quand même. Ce serait pas l’idée la plus brillante du siècle de l’y attirer. D’autres mondes seraient plus indiqués.
- Alors tu crois vraiment que c’est pas une arnaque ?!
- C’est peut-être une opération com’ de la Shinra, qui sait ? Après tout, Illusiopolis devait pas être une sorte d’El Dorado des réfugiés ? Le p’tit paradis où tout reconstruire ? Alors des vacances tous frais payés ça peut être une opération sympa !
- … parce que tu crois que si c’était une opération communication de la Shinra, y’aurait pas leur logo partout, et des annonces H24 pour nous rappeler à quel point ils sont bons, éthiques, responsables et… et je-sais-pas-quoi ?! »

Erik était exaspéré. Une exaspération qui n’avait pas atteint Jimbo, semblait-il, car il poursuivait : « De toutes façons, j’allais te dire d’y aller. Tu sais, la cliente que tu devais rencontrer ? Si j’ai pas à payer ton billet, c’est l’occasion. »

L’escroc sentit quelque chose en son âme périr. L’une des bribes d’espoir qui lui restaient, peut-être.

« — Tu te fous de moi ? demanda-t-il en un souffle.
- Moi ? J’oserais ? 
- Je te dis qu’il y a un truc louche, et toi tu me dis « non mais vas-y » ?!
- Oui. Mais je dis aussi que rien ne t’arrivera à la Costa del Sol. C’est pas possible ça d’avoir si peu foi en son boss ! »

Et à qui la faute, hein ?! Erik retint un grognement de frustration, préférant enfoncer sa tête contre ses paumes. Hélène s’exprimait — probablement pour reprendre Jimbo, ou pour le calmer — mais il ne l’écoutait pas.
Lui qui s’était fait à l’idée de cette soirée, désirait maintenant la voir se terminer dans la prochaine seconde.

Charles s’engouffra dans un silence pour déporter le sujet de la conversation. « Dis Jimbo ! Tu avais des choses à nous dire non ? »

« — Oui, fit ce dernier en se renfonçant dans sa chaise. Bon. J’ai parlé avec les gars du coin. Enfin. Des coins qui sont pas à nous, mais pas trop loin quand même. Votre Nixhar a aussi l’air d’y tourner. Je leur ai demandé, avec une super diplomatie, de nous faire remonter leurs infos. Donc… vous devriez avoir ça dans pas longtemps. 
- C’était juste pour nous dire ça que t’es venu ?
- J’ai besoin de plus ? — Et puis non, je venais aussi te dire que tu ferais un détour par la Costa ! 
- Tu…
- “Me donnes du travail et une raison de vivre” ! Je sais. Inutile de me remercier, » conclut le contrebandier avec un sourire amusé.

Erik ne savait pas comment appréhender Jimbo. Parfois, il l’appréciait doucement. Souvent, il l’agaçait au plus au point. Régulièrement, un peu des deux. Il ressortit la figure de ses mains, saisissant après une baissée d’épaules abattues son Tupperware de riz. La plage, le soleil… est-ce qu’il n’en avait pas un peu besoin, après tout ? Au point où il en était.

Enfin. Il ne pouvait pas laisser ce jeunot avoir le dernier mot.

« Je te préviens. T’as intérêt à faire en sorte que je me fasse pas enlever par un gang de ninjas des parasols.

Je te jure, si ça arrive, je leur balance tout sur toi.
 »
Chen Stormstout
Chen Stormstout
Maître brasseur

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le Mar 1 Oct 2019 - 2:38
Voici ! Contrairement à précédemment, ce commentaire sera vraiment court.

Court ! Impressionnant, non ?

Bref, le commentaire… En soit, j’ai pas grand-chose à dire. Il s’agit de la suite, ou plutôt, d’un entre-deux. C’est un lien entre deux textes que tu utilises pour nous préparer à la suite.

En soit, c’est souvent une introduction ou utilisé telle un introduction.

Alors, d’ici, de le voir comme pilier du rp ? Ouais, j’suis fan. Mais surtout, c’est de combler la vie. J’pense avoir déjà eu cette discussion avec toi, l’idée que nos personnages ne sont pas figé entre deux de nos textes. Ici ? Ça illustre pas mal ce cas (sauf que ce n’est pas de l’hors caméra) et j’suis content d’le voir. J’ai l’impression de ne pas parler dans le vide.

Autrement, il y a aussi un autre aspect qu’Aqua m’a certifié. Ici, l’utilisation d’un rapport !

Comme tous, j’imagine, nous nous arrangeons pour faire des rapports utiles et des trucs dont l’univers ce moque. Par exemple, j’ai quelques trucs, j’me demande réellement comment les utilisés. Alors, de voir ici, un rapport qui (semble) inutile qui sert un propos ? Ouais, j’colle totalement à l’idée. Enfin, sur le coup, j’me demande quel est le contenue du rapport pour bien comprendre la réaction de Jimbo.

Toutefois, pas tellement. Ça participe au mystère de n’avoir que l’avis à feu (lol) de Jimbo sur un truc dont ont ignore tout. Donc, voilà ! J’ai rien à dire. Outre que Jimbo est un foutu profiteur avec le sceau du poisson.


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