Kingdom Hearts RPGConnexion

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Ça faisait une eternité que j'étais pas venu ici. J'sais même pas combien. P'tete qu'y m'avaient oublié avec le temps. P'tete que j'irais faire mon petit truc d'admission dans le plus grand des calmes et que ça serait réglé. Mais non, fallait pas être con. P'tete qu'y m'avaient cherché ou p'tete que pas du tout. Reste que, j'avais disparu après l'palais des rêves et que là j'étais de retour planté là au milieu du jardin comme un débile.

J'avançais vers la salle d'audience. Mais j'avançais tranquille, j'tais pas dans le délire d'y aller vraiment. Je me demandais ce qui allait se passer. Bon, en soi je risquais rien, mais ouais... j'étais curieux de savoir lequel d'eux viendrait m'accueillir. Ciss ? Nan. On lui a rien dit. Si elle a pas de raison de sortir de sa pile de dossiers qu'elle doit faire semblant de consulter, elle bouge pas.

Primus ? J'sais pas, j'espère pas. J'ai pas tellement envie de me battre. Pis bon... c'est pour elle que je dis ça. Ça servirait à rien, ça durerait vingt secondes grand max. Nan, elle avait qu'à m'engueuler ; promis je ferais semblant d'écouter et je finirai avec un oui madame. Nan mais ça pouvait pas être elle. C'tait pas possible d'avoir autant la poisse.

En fait, j'avoue que j'avais pas spécialement beaucoup de scénarios où ça pouvait se passer bien. Le meilleur scénar étant de tomber sur Norbert, fraîchement débarqué du.. allez, Domaine Enchanté. Athée mais avec des convictions. Bla. Bla. Bla. Ouais, un nouveau c'était le bon plan pourvu qu'y me reconnaisse pas.

J'ai haussé les épaules. J'avais meme pas capté que j'm'étais arrêté. Devant moi, les longues marches qui mènent du jardin aux couloirs. Puis plus loin, la salle d'audience. Personne n'avait l'air de s'intéresser à c'que je foutais là. Je devais pas être la menace a éradiquer donc. Bonne nouvelle !

J'ai pris le couloir, j'ai continué d'avancer. D'façon c'était machinalement que je faisais ça. Dans dix secondes j'allais pousser la porte de la salle d'audience.

Je m'en branle pour atténuer le truc je balancerai un gros "COUCOUUUU".

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Les bras ballants, Ven parcourait les couloirs aux parois blanches immaculées. La deuxième de ses nuits au Château Disney n'avait pas été plus facile que sa première. Il avait passé sa dernière soirée à pourchasser des sans-cœurs mineurs. Disciplinées, organisées... Le jeune homme ne pouvait nier l'efficacité des troupes de gardes de la Lumière qu'il avait soutenu. Il bailla en arrivant dans les jardins qu'il avait défendu la veille même. Bien qu'il ait pu s'assoupir durant quelques heures, il n'en restait pas moins épuisé de sa soirée et de son aventure. Il s'étonna de les retrouver impeccables, comme si cette attaque n'avait jamais eu lieu. Les troupes de la Lumière devaient travailler d'arrache-pied afin que les réfugiés ne remarquent pas ces nuits agitées de lutte.

Il aperçut une jeune femme à la chevelure noire tombante assise seule sur un banc, les pieds croisés, tenant entre ses deux mains une tasse blanche qui avait l'air plutôt chaude. Elle semblait profiter avec insouciance des rayons du soleil matinal. C'était une soldate, comme en témoignait l'armure qu'elle portait. Elle avait ce quelque chose de familier qui lui disait qu'il la connaissait déjà, bien qu'il ne saurait affirmer pourquoi. Il leva la tête, réfléchissant : il ne se souvenait pourtant pas l'avoir aperçu la veille, ni même la journée précédant son départ pour la Ville d'Halloween. Bah, peu lui importait au final. Il s'en approcha, sourire aux lèvres puis décida de prendre place à ses côtés.

- Salut ! Lui lança-t-il avec entrain.
- Bonjour, lui répondit-t-elle timidement.


Il profita d'un moment de quiétude et l'observa en balançant les jambes. Elle avait comme une sérénité dans son attitude, bien que les cernes au niveau de ses yeux témoignaient d'une certaine fatigue. Sûrement avait-elle participé à la défense du château dans la nuit.

- Qu'est-ce que tu bois ?


L'inconnue écarquilla des yeux un instant, comme s'il venait de dire quelque chose de plutôt étrange puis lui tendit le récipient en souriant.

- C'est du café, précisa-t-elle. Tu veux goûter ?


Ventus hocha la tête, s'empara délicatement de la tasse chaude. Il souffla puis porta la boisson à ses lèvres pour en boire une gorgée. Le goût surprenant lui laissa une sensation mitigée.

- C'est amer ! S'exclama-t-il en lui rendant la tasse.


Mais le goût était aussi sucré, apportant une certaine douceur à l'ensemble. La soldate eut un rire sincère qu'il ne comprit pas, lui lançant un regard plutôt interloqué auquel elle ne répondit pas.

- Qu'est-ce qui est drôle ? Lui lança-t-il gêné, laissant échapper un rire à son tour.
- Désolée, c'est plus fort que moi, s'excusa-t-elle d'un air taquin. Je suis la caporale Valeria.


Le jeune homme sourit et serra la main que la caporale lui tendait en souriant. Voilà donc qui expliquait d'où lui était venue cette sensation familière lorsqu'il l'avait aperçu.

- Je m'appelle Ventus, mais tous mes amis m'appellent Ven !


Ils discutèrent un moment ensemble. La caporale lui dit qu'elle s'était assise pour profiter d'un moment de repos. Valeria continua en lui expliquant qu'elle avait les membres un peu engourdis. Elle n'avait pu fermer l’œil de la nuit avec les apparitions incessantes des sans-cœurs. Et elle revenait tout juste d'une mission plutôt éprouvante ! Un peu comme lui. Et en parlant de mission, il réalisa qu'il ne devrait pas être ici :

- Oh, j'oubliais que je dois aller faire mon rapport !


Le jeune garçon s'excusa avec embarras, la salua puis se précipita immédiatement vers la salle d'audience. Il lui fallait encore éclaircir les raisons de sa disparition inexpliquée et évoquer la situation de la Ville d'Halloween. Mais au moment d'en pousser la porte, il arrêta son mouvement et baissa la tête. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire ? Qu'il avait déserté le château quelques jours sur une simple intuition ? Non, c'était juste trop gros, il ne devrait peut-être pas y aller. Sûrement vaudrait-il mieux qu'il aille expliquer la situation à Aqua et lui demander conseil. Il pourrait peut-être en profiter aussi pour lui expliquer les hypothèses qu'il avait eu concernant la disparition de Terra ! Mais alors qu'il s'apprêtait à rebrousser chemin, il se figea.

Décontenancé, Ven écarquilla les yeux, entrouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit sous l'emprise de la stupéfaction. De toutes les personnes qu'il aurait pu croiser dans les couloirs du Château Disney, jamais il n'aurait cru l'apercevoir lui, à ce moment. Il n'aurait jamais pu imaginer à quel point ce que son amie lui avait déjà raconté à son sujet était vrai. Le nouveau venu mesurait bien une tête de plus que lui, mais il ressemblait trait pour trait à ce qu'il pourrait s'imaginerait être dans une dizaine d'années.

- R-Roxas ! S'exclama-t-il finalement bêtement.


Bien qu'il ne l'ait jamais rencontré, Ven le connaissait déjà. Aqua lui avait évoqué ses craintes à son sujet suite aux évènements du Palais des Rêves. Son cœur se serra à cette pensée. Le Maréchal de la Lumière y avait apparemment succombé aux ténèbres. Ventus secoua la tête pour chasser toute forme de préjugés qui pourraient l'habiter. Il ne servirait à rien de l'enfoncer : tout comme Terra, Roxas s'était juste fait manipuler. Ce n'est pas une mauvaise personne !

- Ravi de te connaître, Aqua m'a beaucoup parlé de toi, laissa-t-il échapper avec trop d'honnêteté en souriant. Je m'appelle Ventus, mais tu peux juste m'appeler Ven ! Se présenta-t-il avec chaleur en lui tendant la main.
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Wow... Wow, wow, WOW ! Trop de trucs qui clochent d'un coup. J'te résume : y'a une apparition de moi gamin, qui m'dit qu'Aqua lui a parlé de moi et... et rien que ça ça sent la merde, nan ?

On est pas dans un film, ou dans un livre ou c'que tu veux. Y a zéro raison que ça arrive alors histoire d'être sûr, je lui touche le bras. Et bordel c'est solide.


T'es réel ? ... Nan répond pas, mais euh c'est super bizarre. J'ai l'impression d'être devenu papa en cinq minutes, laisse moi le temps d'encaisser.

Il avait parlé d'Aqua, normal qu'il connaisse mon nom. Par contre s'il connaissait mon nom, il devait p'tète être au courant de tout le palmarès qui va avec et ça c'était moins sexy. Du coup... bah je savais pas trop comment la jouer. A la cool, genre j'ai rien à me reprocher ? Coupable, genre j'avoue j'assume chatiez moi qu on passe à aut' chose ?

Putain les deux me convenaient pas. J'avais merdé ouais. Mais .... Pourquoi mais ? J'avais littéralement détruit un monde. Fallait s'attendre à quoi ? Une tape sur la main ? Alors ouaid c'etait... pas... vraiment de ma faute. Mais ça, tout le monde va s'en battre les couilles. C'etait moi, ça ressemblait à moi, ça sentait moi, nan laisse tomber. Et quand bien même... tu me vois arriver et balancer un sale "c'est pas moi, c'est les ténèbres haha".

Bah... non. Aqua le comprendrait p'tete. Ciss... bon bah elle marche avec nous ça va. Mais Ravness et toute sa clique de mongolos ? Nah. Sont tellement bornés et nombreux que prendre le pouvoir ici ça leur prendrait une aprem, et ils finiraient pile a temps pour l'apéro. Et ça bien qu'ils sachent au fond d'eux qu'ils ont pas l'intellect pour mener la Lumière. Fin bref...

D'façon fallait que je revienne. Autant se faire un pote au passage. Puis euh merde, fallait que je pige pourquoi y m'ressemblait. Si c'était un de mes fans... bah déjà c'était le premier. Et... fallait que j'y offre sa paire de pompes.


Ça va ! C'est bon ! Euh, du coup y'a qui au château en ce moment ? Ça fait un bail que je suis pas venu. Petits soucis tout ça... Bref si tu connais Aqua tu dois connaître l'histoire.

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Ouais, en fait quelque soit l'angle duquel on observerait cette scène... En effet, ça restait juste trop bizarre ! Fixer des yeux aussi similaires que les siens lui faisait plutôt drôle, mais il s'y fairait assez vite. Mais ceux-ci s'étaient arrondis pendant tant de temps que la vision était plutôt amusante qu'étrange. Et puis cette comparaison que son alter ego venait de faire avec cette expression super gênée sur son visage, c'était trop fun !

- Tu ferais un drôle de père, commenta Ven en se penchant légèrement vers lui d'un air taquin avant de rire quelques instants de bon cœur, s'amusant déjà de la réaction du second blondinet encore un peu plus désorienté.


Celui-ci parvint toutefois à enchaîner après une pause plutôt longue. Il ferait tout de même mieux de ne pas plus le troubler, sinon il pourrait bien devenir muet d'embarras ! A cause de sa gaffe, Roxas avait dû évoquer le sujet compliqué. S'il connaissait bel et bien les faits tels que son amie les lui avait conté, le jeune homme demeura toutefois silencieux. Rien que penser à l'état du Palais des Rêves lui faisait froid ans le dos. Il se souvenait toujours de l'image de la Contrée du Départ telle qu'il l'avait visitée pour la dernière fois.

Lorsqu'il y était revenu, il était bien trop tard. Seuls les lampadaires avaient pu éclairer son chemin dans ce manteau de ténèbres. Il l'avait trouvée morcelée, tout à l'opposé de ce qu'elle avait toujours été pour lui : froide et inhospitalière. Il n'avait trouvé Maître Eraqus nulle part. Pas plus qu'il n'y avait eu de traces de Terra. Mais par chance, elle avait par la suite pu être restaurée à son état d'origine. En son for intérieur, il espérait qu'il puisse être fait de même pour le monde de Cendrillon et Jaq. Il préféra ne pas s'étendre sur le sujet. Pour l'heure, il voulait mettre à l'aise Roxas qui ne serait probablement pas plus confortable que lui à l'idée d'en parler.

- Eh bien comme ça on est deux ! Pour être honnête, je suis moi aussi parti sans rien dire à la Ville d'Halloween, expliqua-t-il avec un sourire complice.


Cela dit, peu devait avoir changé entre temps au Château Disney... Il ne s'imaginait pas la guerre de Sherwood achevée entre temps. Il en aurait probablement entendu parler ne serait-ce que dans la matinée, d'autant qu'une illustre gradée à la charge des gardes du château y participait apparemment avec ardeur.

- Cendrillon a pu être sauvée. Elle se remet lentement des évènements, commença-t-il pour tenter de rassurer Roxas. Le roi Mickey est sûrement là, mais je ne l'ai pas encore revu. La générale Cissneï est probablement là, dit-il en désignant du regard la salle d'audience. Sinon, qu'est-ce que t'as fait pendant ce temps ? Questionna-t-il avec une curiosité qu'il ne cachait pas.
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Oh rien de spécial, j'ai squatté chez Jecht, un ancien mercenaire qui habite le Jardin Radieux sous couverture avec deux princesses de coeur. Elles m'ont requinqué un peu en me faisant les gros yeux. Puis après j'ai pas mal voyagé pour finalement atterir au tournoi, j'ai même rendu un mec aveugle tellement j'y ai niqué sa race. Haha !

Non bah non, j'allais pas lui raconter tout ça, évidemment. J'avais même pas pensé à une version à raconter dans ce cas-là. Ouais... je m'étais vraiment pointé la main dans le froc.


J'ai bougé à gauche à droite, j'ai essayé de relativiser, de comprendre, tu vois. En fait j'sais même pas si c'est une bonne idée d'être revenu ici. J'comprendrai d'plus être le bienvenu, je voulais juste m'assurer d'un truc. Si après faut que je parte, j'partirai sans casser les couilles.

Et c'truc c'était p'tete la seule chose qui m'emmerdait dans c't'histoire. En comparaison, j'te jure que l'etat du Palais des Rêves, j'en avais un peu rien à branler. Et pourtant... j'sais pas.

Dis, Ven... Tu m'as parlé de Cendrillon, de Ciss et du Roi... Mais tu m'as pas parlé d'Aqua. Euh... Elle est là ? Elle va bien ?

Et pourtant c'était pas grand monde pour moi logiquement. Mais ça m'affectait. J'avais un peu peur de sa réponse en fait. "Ouais elle va bien ! On a reçu son nouveau fauteuil aujourd'hui" ou encore "Ouais ! Elle a réussi à manger autre chose que de la soupe la semaine dernière"...

Je le regardais dans les yeux. Le regard zarb' un peu comme si j'y demandais de me mentir si les nouvelles puaient la merde.



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- Ah, euh... Désolé.


Spontanément, Ven n'avait pu s'empêcher de s'excuser de cette grosse maladresse. La présence d'Aqua au château lui semblait tellement évidente qu'il n'en avait pas pensé à la mentionner dans la liste. Sur l'instant, voir le regard inquiet et insistant de Roxas le désarçonna. Ça avait toujours son petit quelque chose de perturbant de se faire dévisager par quelqu'un qui avait le même visage que lui.

- Ouais, elle est là !


Le jeune homme marqua une nouvelle pause plus longue. Il voulait détendre l'atmosphère, était convaincu qu'il y parviendrait mais... Ne parvenait pas encore à trouver la bonne approche pour lui répondre. Le bal avait indubitablement marqué son amie... Sûrement bien plus même qu'elle n'oserait le lui avouer. Cependant, il ne souhaitait pas l'accabler en le lui rappelant. La culpabilité qui pesait sur ses épaules devait déjà être assez lourde à porter pour qu'il en rajoute encore.

- Tu connais Aqua non ? Ça ira pour elle ! Lança-t-il d'une voix teintée de son optimisme si caractéristique, un sourire indulgent aux lèvres.


Ven ne mentait pas vraiment en l'affirmant avec tant de conviction. De toutes les façons, maintenant que lui s'était éveillé et que Roxas était de retour, ils seraient là pour s'assurer que tout aille pour le mieux. Et puis... Elle était tombée amoureuse. D'ailleurs, il avait hâte qu'elle lui présente l'élue de son cœur !

- D'autant que... Il lui est arrivé plein de bonnes choses récemment.


Il préféra rester plutôt évasif. Après tout, il préférerait éviter de lui expliquer son long sommeil. Ce serait plutôt long à raconter et pour lui ce serait compliqué. Quant aux sentiments de son amie, il garderait le secret.

- Ne t'inquiète pas, tu seras toujours le bienvenu. Celui qui dit le contraire aura affaire à moi ! Je suis sûr qu'Aqua et Cissneï pensent pareil. Tu verras, elles seront heureuses de te revoir !
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La douce sensation du travail qu'elle avait accompli était occultée par la charge de travail qu'il lui restait à faire. Il y avait un nombre conséquent de papiers qui attendaient sa signature, des rapports qui venaient de beaucoup de mondes, écrits par tout autant de monde. Une journée  banale, aurait-on eu envie de dire, sauf que cette fois, ce n'était pas une journée comme les autres. Non, Cissneï était en retard. Sous un plaid, assise derrière son bureau, elle lisait un rapport venant du royaume de Corona.

Sous ses yeux, les phrases défilaient sans qu'elles ne parviennent à entrer dans son cerveau après la lecture. C'était comme si elles entraient par ses yeux, massacraient son cerveau au passage et ressortaient par ses oreilles. Avec ce qui restait de son cerveau, d'ailleurs. L'image était très développée, mais faute de réussir à lire, Cissneï laissait aller son imagination. Oui, elle en était capable et c'était bien ce qui pouvait la surprendre.

Sans lever les yeux de son rapport, elle prit son mug– celui avec les chats, et but quelques gorgées de café.

Correction : sa bouche vide resta bée en se rendant compte qu'il n'y avait plus, au fond de la tasse, que les tristes traces du liquide qu'elle appréciait noir et sans sucre.

C'était la troisième fois qu'elle essayait de boire dans cette tasse, nom d'un sans-cœur, elle devrait le savoir ! L'envie de balancer cette tasse lui mordait le cœur, elle l'aurait fait si elle avait eu de la caféine dans le sang. Mais comme la tasse était vide....

La Générale soupira. Elle fit craquer ses doigts après avoir reposé le mug. Dans son esprit, le vide. Sur ses épaules, le plaid, partout alentour, le froid. C'était bel et bien le signe qu'il fallait retourner chercher du café. Elle se leva, s'étirant lentement. Jamais elle ne se remettrait de son combat à la Ville d'Halloween, mais jamais non plus ne se remettrait-elle de ces heures passées assise comme une plante en pot derrière son bureau.

En quelques pas, elle fut à la porte qu'elle ouvrit et passa. Le café, il était meilleur en bas, tout près de la salle des gardes, celle du rez-de-chaussée. Ce fut ce chemin qu'elle parcourut, machinalement. Escaliers, couloir, re-couloir. Il n'y eut que deux formes pour qu'elle s'arrête, se figeant devant les personnes qui étaient désormais sous ses yeux.

Il y avait Roxas – évidemment, qui d'autre ? Lui, son nom lui revint immédiatement. Le deuxième, c'était évidemment mini-Roxas.

Mini-Roxas. Ah, non, Ventus.

Elle cligna des yeux, une fois, deux fois. Bon, Ventus, sa présence était normale, elle en avait été renseignée. Roxas, par contre ? Elle ne l'avait pas revu depuis.... une paire de mois. Force était de constater qu'elle ne se remémorait toujours pas les derniers instants où ils s'étaient vus, à où se tenaient maintenant les ruines du Palais des Rêves.

« Roxas, qu'est-ce que tu fais ici ? »

Sa voix était peut-être plus dure qu'elle ne l'avait prévue. Ses sentiments, eux, comme son esprit, tournaient comme un ballon lancé sur une colline.


Dernière édition par Cissneï le Lun 17 Fév 2020 - 22:23, édité 1 fois
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Ok gros accueil, merci ! Je sais qu'on t'as pas prévenue mais... pitié joue le jeu. Je regardais Ven du coin de l'oeil. Ce mec
... bon clairement y'avait un truc, mais j'avais pas le temps pour ces conneries là tout de suite. Je devais gérer avec Ciss. Surtout... avoir l'air naturel.


Ben, j'suis rentré.

Naturel.
Mais con.


J'ai euh... j'suis pas mort, déjà. Et euh... putain. J'me grattais l'arrière de la tête. Ça va bien ? Ça roule ?

Ok cette situation c'est n'importe quoi. J'passe pour un con, et devant elle, et devant mon gosse mi réel, mi rêvé. Elle m'avait complètement embrouillé. Et j'etais même plus sûr de savoir quoi dire.

J'vous manquais tant que ça pour que vous embauchiez euh... j'le montre du pouce,Ven ? Hein beau gosse ? que j'dis en le frappant a l'épaule.

Et merde... Rien qu'au ton de sa voix, je savais que ça puait la merde. Sauf que là, pas de retour en arrière possible. Étape une, faut que Ciss m'aide à s'sortir de c'te merde. Et putain j'aurai du la prévenir. Étape deux... J'ai pas d'étape deux. J'me retourne vers Ven, encore.


Tu te rappelles quand je disais que j'aurais p'tête pas dû venir ?

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Toujours le même ; toujours les mêmes réponses.

« Espèce de crétin. » eut-elle le temps de dire avant de l'enlacer  dans un câlin maladroit. Dans son cœur, une myriade de sensations et de sentiments. Au dessus de tous ceux là, malgré tout, il y avait l'assurance que Roxas était encore vivant. Qui en aurait douté ? Cissneï en aurait douté. Voilà tout. Elle ne savait plus rien, tout simplement. Elle n'était plus sûre de rien ces derniers jours.

Elle avait oublié sa tasse à café et son plaid qui, toujours là, donnait une image d'elle quelle n'appréciait pas être à la vue de tout le monde. Mais Roxas et mini-Rox- euh, Ventus, ça allait.

« Ça fait plaisir de te revoir. » dit-elle en reprenant contenance.

Malgré tout ce qui avait pu se passer, malgré la tornade de sentiments au sein de son cœur, elle était heureuse de le revoir. La vue de cet être si familier dans un endroit qu'elle considérait désormais comme sa seule et unique demeure. Ces halls et couloirs blancs avaient désormais retrouvé une personne qui leur était familière. « Bon retour. » conclut-elle dans un sourire.

« J'allais refaire du café. Il y a un canapé dans le bureau, vous voulez rester un peu ? »

Il n'était pas tard, mais Ven avait l'air d'avoir besoin d'un remontant, pendant que Roxas... et bien, peut importe d'où il venait, il avait probablement parcouru un long chemin pour revenir dans son port d'attache.
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Il y avait eu cette multitude de sentiments lors de l'arrivée de la rousse. D'abord, il y avait eu cette surprise, l'incompréhension face à ce ton si ferme et cet air ébahi qu'elle avait offert à Roxas. Puis, en la détaillant de la tête aux pieds, il y avait eu ce doute, un sentiment familier. C'était comme s'il avait eu l'impression de la connaître... Pourtant, il ne l'avait encore jamais rencontrée. Le jeune homme ne trouva pas l'occasion d'intervenir, ou plutôt eut-il le sentiment qu'il ne devrait pas le faire. Plaisanter en renvoyant Roxas à ses dernières paroles lui avait semblé tentant. Toutefois, il avait préféré s'abstenir en la faveur d'observer cette scène attendrissante. A l'évocation de la caféine, le sourire de Ven s'élargit, saisissant à qui il avait affaire. Aqua lui avait déjà raconté que la Générale Cissneï appréciait particulièrement le café.

Il leva le menton en l'effleurant de ses doigts, l'air pensif. D'un autre point de vue, on pourrait y voir là une certaine forme d'hésitation... Pourtant, il n'en était rien. Sa réponse pour cette question était déjà toute trouvée. Son esprit, lui, était tourné vers le souvenir du goût surprenant de cette boisson que la caporale lui avait fait tenter plus tôt. Il ne saurait dire par cette seule gorgée s'il l'avait appréciée.

- Yep, confirma-t-il finalement en hochant la tête d'approbation. Est-ce que je pourrais en avoir ?


Après avoir acquiescé, Cissneï s'occupa du café comme elle l'avait annoncé, alors que Ventus se laissait guider par son double dans les couloirs. Ils longèrent ensemble le long tapis rouge, descendirent les escaliers jusqu'à se retrouver dans les jardins.

- Tu vois que ça s'est bien passé, lui lança-t-il en lui faisant une tape amicale dans l'épaule.


Tandis que Roxas continuait de marcher, Ven s'arrêta. La Générale ne reviendrait avec le café prêt que dans une petite dizaine de minutes. Ils avaient bien le temps pour une petite douceur ! Et concernant ce point, le blondinet avait bien sa petite idée sur le sujet. Sans s'annoncer, il s'élança avec insouciance vers le glacier, ne remarquant qu'à peine l'absence de Valeria sur le banc, ne songeant même plus à son rapport ni au bal. Il lui fit sa demande et paya sans réaliser le regard médusé qu'il lui jetait en croyant voir double, puis revint vers son nouvel ami avec une paire de bâtonnets à la main.

- La cerise sur le gâteau, fit-il en lui tendant l'un d'eux. Tu connais ? C'est une glace à l'eau de mer !
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J’te jure que j’étais sur le cul. Je m’attendais à me faire dé-fon-cer, mais genre… quand même pire que la fois où j’avais niqué la fresque dans la salle d’audience. Nan, là je me disais que c’était foutu, que Ciss allait sortir j’sais pas quelle force de son cul et que j’allais me prendre un low kick balayette rotatif direct dans les couilles. Mais pas du tout. Elle m’a fait un câlin… que j’ai essayé plus ou moins de rendre vite fait. Bon… p’tête que c’était sa façon ultra secrète de me fouiller pour voir si j’étais pas armé mais… ouais non. Elle était sincère, ça se voyait.

J’ai dit ok pour le café, mais plus pour la parlotte que pour la boisson en elle même, puis j’me suis retrouvé dans le jardin. Mec, pour la première fois depuis dix minutes, j’me sentais serein. « Tu vois que ça s’est bien passé » qu’y m’disait. Et, ouais en fait c’était ça. J’avais eu un cul monstre. Et je réfléchissais un peu à tout ça, en me disant que de toutes façons s’ils m’avaient pas repris j’aurais sûrement dormi dehors avec les clodos.

Puis Ven m’a tendu un truc que j’aurais reconnu entre mille. Une glace. Mais pas n’importe quelle glace, non… Ce genre de glaces. Et, nan ça peut paraître con mais, j’en avais pas mangé depuis des lustres. Je l’ai regardé, et j’y ai souri avant de la prendre et de croquer dedans. La cerise sur le gâteau hein…


J’espère qu’il va bien, là où il est.

J’savais bien que je le reverrais pas. Y’avait vraiment peu de chance, et, j’avais fait mon deuil en fait. Cette grosse salope de Raido l’avait buté, j’avais rien pu faire, j’savais même pas. J’m’étais dit que c’était de ma faute au début. Mais pour une fois… j’avais rien à voir là-dedans. Il était mort, il reviendrait pas. Et quand bien même… Est-ce qu’on serait toujours potes ? J’suis plus si sûr. J’avais beaucoup trop dérivé pour ça. J’finirais par le décevoir lui aussi. Alors…

Merci Ven.

Je l’ai regardé en train de bouffer sa glace. Je cherchais un détail, un truc qui ferait qu’il serait différent de moi, l’âge mis de côté. Il avait pas de barbe, il était pas super grand et il était à peine plus planté que le gamin de ton voisin qui passe sa journée à courir dans la cour en hurlant ses méga attaques à qui voudrait bien les entendre. J’te jure que j’avais du mal à m’y faire. J’aurai pu… péter les plombs, poser cinquante questions mais ici… rien. J’étais à mille pieds du sol avec le poids sur mes épaules qui venait de s’envoler. J’pouvais que… rester là et partager une gosse avec ce mec qu’était probablement mon gosse. Putain, mais quand et avec qui est-ce que j’aurais pu faire ça ? Et quelle gueule ils ont du tirer les autres quand il s’est pointé au château en demandant si y’avait un certain Roxas ici ?

Ou alors… « tu ferais un drôle de père ». Si ça se trouve… Il savait même pas. Putain, c’était trop bizarre. Et pour le coup, ça me ferait chier d’avoir un gosse aussi con. Je lui dirais rien, ça pourrait peut-être le perturber. Il avait l’air gentil, p’tète un peu insouciant. Il fallait sûrement l’être pour partager une glace avec l’enculé qui avait déglingué un monde. Mais d’un autre côté, il savait. Il savait et il m’avait pas fui. Rah, putain. Et pendant que je me torturais l’esprit. Ciss est arrivée avec le café, celui avec une odeur comme elle seule savait le faire.


Là, tu vas voir. Ça va pas être le café éclaté du distributeur. Celui de Ciss’, c’est quand même pas d’la merde. Faut dire que des rumeurs circulent comme quoi à force d’en prendre, son sang en aurait pris la couleur et le goût.

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