Feuille de personnage
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le Dim 1 Sep 2019 - 17:12
Je déteste mon job. Des mauvaises langues pourraient dire que c’est jugement un peu hâtif, vu que ma première journée de boulot  n’a même pas encore commencé, ceux à quoi je leur répondrais : allez vous faire foutre.

Je déteste parler longtemps, je déteste être le centre de l’attention et je déteste avoir à faire à m’dame Mons. Hors par une coïncidence miraculeuse, cette catin d’Etro soit louée, ma vie va maintenant se résumer à un subtil mélange de ces trois éléments.  Inutile de dire que je savoure d’avance.

Enfin arrêtons de grommeler cinq minutes et essayons de nous composer un visage un peu plus avenant. La vieille sorcière doit débarquer dans peu de temps pour qu’on voit un peu le détail des entraînements ensemble. Inutile de partir directement sur de mauvaise base.

Pour me changer les idées je laisse mon regard traîner sur les environs. On est dans la cour intérieur du château où Mons donne habituellement ses leçons, marrant de voir qu’elle est à l’image de son utilisatrice : dépouillée et austère.
Dans certain jardin royaux on peut voir une foultitude d’espèces exotiques, toutes disposées avec une minutie à couper le souffle. Dans les coures réservés aux entraînements équestre on peut voir des obstacles, des mannequins ou des cibles.

Ici rien de tout ça. Juste de la terre battue et un vieil arbre probablement centenaire planté là en plein milieu, comme une vaine tentative pour rendre le lieu plus accueillant.
La plante m’intrigue d’ailleurs un peu, je me rappelle de ma dernière balade en forêt, des flux inhabituels que j’y avais sentis. Est-ce que celui-ci aussi...fermant les yeux j’active ma détection magique et me concentre sur le végétal.

Souriant je place ma paume sur son écorce : j’avais vu juste. Il est léger mais je perçois comme un cours d’eau qui traverse l’arbre, allant de sa base pour monter jusqu’à son sommet avant de replonger vers ses racines. C’est beau, c’est simple, ça m’apaise.


« -Hé bien ! Plus tout à fais un templier mais presque un apprenti mage correct.

-Bonjour M’dame Mons, bonjour Olaf.

-B’jour monsieur Fiathen. »

J’avais senti l’approche de Mons et de son apprenti mais la voix de la vioque me fait tout de même un peu sursauter. A regret je me détourne de l’arbre et fait face à mes interlocuteurs. Allez on souris et on fait preuve de diplomatie.

« -Bon hé bien… content de vous revoir.

-C’est un mensonge et vous le savez. Allez trêve de rond de jambe, dites moi ce que vous avez besoin de savoir. Plus vite on en finira mieux ça vaudra pour nous tous. »

Autant pour la diplomatie.

« -Vous avez peut être raison. Déjà, où en sont les autres soldats ? Ils s’en sortent mieux ?

-La plupart produisent encore uniquement du vent par leurs intestins. Ca prendra probablement encore un bon bout de temps pour que la majorité d’entre eux réussissent à souffler une bougie.

-Ha mince, et on peut faire quoi pour les aider ?

-Etre patient. La grosse majorité de vos troupes sont originaire d’ici et les gens du coin ont besoin de temps pour exploiter leur magie. Il leur faut de l’entrainement de l’assiduité et beaucoup de notion théorique pour commencer  à faire quelques chose. On a un institut de magie dans le coin vous savez, et bien leurs élèves mettent trois ans avant de jeter la moindre boule de feu.

-Tant que ça ? Vous voulez dire que les gars vont gueuler « zvaïr » pour quedal pendant encore deux piges ?

-Peut être, peut être pas. Les leçons de ce ramassis d’incapable couvrent un tas de domaine qui ne vous intéresse pas. La magie invocatoire, féérique, psychique...tout ça ça ne rentre pas dans notre contrat. En nous concentrant uniquement sur la magie élémentaire on arrivera peut être à avoir des résultats plus rapidement, mais ne vous attendez pas à des miracles non plus.

-Bon…et vous faites quoi concrètement pendant vos cours ?

-Je leur apprend à ressentir leur flux avec le plus de précision possible et ensuite  pour ceux qui s’en sortent un peu, la quantité précise de magie à manipuler pour lancer une rafale de vent. Pour ça je leur demande de méditer et de se concentrer sur eux même, et je leur donne aussi des petites taches répétitives pour leur montrer qu’inconsciemment leur flux suit de temps en temps leur mouvement.

-Des petites taches ? De quel genre ?

-Oh pas grand-chose : désherber mon jardin, balayer ma cour, tailler mes arbres. Tout ça pour leur bien, je précise.

-Oui…bien entendu. »

Les pauvres avaient intérêt à ce que la vieille n’ai jamais de problème de fosse sceptique.

« -Tiens d’ailleurs je me demandais : vous leur avait montré ce dont un vrai mage est capable ? En situation de combat par exemple ?

-Non. Je déteste utiliser ma magie pour rien. Et puis ça me semble encore très prématuré puisqu’ils ne savent même pas ce que lancer un vrai sort veux dire. »

Je n’étais pas vraiment d’accord avec le raisonnement de la vieille. Pour moi la magie n’était pas qu’une question de flux à contrôler ou de connaissances à posséder. C’était aussi un état d’esprit à avoir, comme un genre d’instinct à réveiller. Cependant commençant à connaître la vieille je préfère me garder de tout commentaire.

« -J’avais une dernière question : dernièrement ma détection magique me montre plus de chose qu’avant mais je ne les comprends pas. C’est quoi ces petits points lumineux  que je voie chez les autres ? Et pourquoi le flux d’Olaf est rouge vif ? »

La vieille arqua un sourcil avant de laisser échapper un petit rictus.

« -Comme la dernière fois : le flux d’un mage mais les connaissances d’un soudard. Bon  exceptionnellement je vais vous répondre mais sachez que je ne suis pas payé à donner des cours particulier pour de vieux incapables. Les petits points sont des cœurs, la nourriture des démons noirâtres dont vous êtes censé protéger le Domaine enchanté. Quand à mon apprenti …il est rouge pour la même raison que vous êtes bleu.
Bon nous avons perdu assez de temps comme ça. A bientôt quoique pas trop quand même.

-Au revoir M’sieur.

-Merci de vot’ temps. »

Avant même que je finisse ma phrase la vieille avait déjà tourné les talons.

Bon ça s’était somme toute plutôt bien passé. J’avais eu un peu peur qu’elle m’envoie bouler pour ma dernière question, mais même si elle n’avait pas été super clair elle m’avait donné les infos qu’il fallait.

Si certain flux étaient colorés c’est parce que leur possesseur avaient une affinité particulière. Logiquement Olaf devait donc être chaud comme moi j’étais froid. Comme le Petit d’ailleurs, marrant.

Et d’un coup je repense à ce que je lui avais répondu quand il s’est mit d’un coup à pouvoir chier du feu : « Ca veut dire que t’es chaud, t’apprends plus vite mais tu te fatigue aussi plus. Au début n’abuse pas. » Ca m’avait rappelé ma propre expérience avec la glace, un truc instinctif qui viens de tes tripes et te sors de la merde.
T’apprends plus vite…peut être que j’pourrais…Gardant mon éclair de génie dans un coin de mon crane je reporte mon attention sur la porte qui relie la cour avec le reste du château. Les élèves ne vont pas tarder à arriver.

Au fur et à mesure de leurs arrivés je leur demande leurs noms et leurs dit de s’échauffer en faisant des tours de coures.
Hors de question sur je reste devant une horde de jeune glandu occupés à me reluquer sans rien faire. Avec moi ils allaient mouiller un peu le maillot.

Bientôt tout le monde est là et j’ai devant moi une vingtaine de jeunes aspirants. Les vétérans suivaient aussi des cours de magie pour la plupart mais cette fois-ci je n’avais que des bleus. Et honnêtement si je n’avais pas été sûr de ça j’aurai probablement  changé une bonne partie de mon programme.
Inspirant à fond j’essaye de positiver. Allez courage, il n’y a aucune raison que ça se passe bien mais on n’est pas à l’abri d’un miracle.

Je tape dans mes mains afin d’attirer leurs attentions et leur dit de se placer en ligne face à moi.
Je n’ai pas besoin de les observer pour deviner ce que la plupart d’entre eux doivent se dire : est-ce que le Sanctum est tombé si bas qu’il doit utiliser la nécromancie pour assurer ses cours ? C’était ça qu’il fallait que je fasse en premier, assoir un peu ma légitimité. Essayant tant bien que mal de me remémorer le petit discours que j’avais préparé je prends une inspiration et je me lance.


« -Bon hé bien…bonjour à tous, je m’appelle Fiathen et je…j’vais essayer de…de vous aider à lancer des sorts. Voila. Heu…quoi d’autre ?...Ah oui, j’remplace pas M’dame Mons, hein, on est ensemble, enfin pas ensemble genre dans la vie hein ! Non genre…professionnellement quoi. Bon…heu…bref…. »

« Essayer d’asseoir ma légitimité » qu’il disait. Ma caisse à savon doit leur inspirer plus d’estime.

« -…Heu…comme j’vous disais j’vais essayer de vous aider dans tout ça mais…ben j’connais moins la théorie que m’dame Mons, pas que je sois pas doué hein ! J’suis…j’suis assez costaud quand même. Pas genre le meilleur mage du Domaine mais…heu…plutôt bon quoi. Je…j’en étais où déjà ? »

Ta gueule. Juste ta gueule sinon ils vont finir par tous se barrer en courant. Farfouillant nerveusement dans ma poche je décide de passer tout de suite à la pratique. J’leur ai pas parlé de la moitié des trucs que j’avais prévus mais osef, là j’ai un besoin urgent de regagner un peu d’amour propre.

« -Bon…heu…une image vaut mieux que mille morts, euh ! Mots ! Bon…bref regardez. »

D’une main qui ne tremble pas qu’à cause de l’âge je jette une poignée de terre à côté de moi en murmurant tout bas « va crever Matthew ». C’était de la terre du cimetière, j’sais pas si ça a la moindre influence, comme ma formule d’ailleurs, mais en tout cas ça marche. A coté de moi un squelette armé d’une épée attend sagement, regardant silencieusement les élèves. Une belle allégorie de mon charisme à l’heure actuelle.

« -Bon alors on va dire que ça c’est vous et…heu…que vous voulez me coffrer parce que je……je…bah on s’en fout ! J’ai fais un truc pas cool quoi.  Bon donc vous voulez me coffrer donc vous vous approchez relax en vous disant genre…heu… « il a pas l’air dangereux » un ….un truc comme ça quoi. »

A ce moment là j’entends des murmures et quelques rires discrets retentir. Quelque part je ne peux pas vraiment leur en vouloir. Même moi je n’ai plus de respect pour ma personne. Bon finissons en vite.
Sans arrêter de leur faire face je lève le bras du côté du squelette et le rabaisse aussi vite que possible. Une sphère de glace de deux mètres de diamètre surgit de ma main, désossant le squelette sans aucune pitié et termina sa course en percutant le mur d’en face dans un choc sourd. Les rires se sont tus aussitôt.

La violence, un outil pédagogique formidable.

J’ose enfin détailler les élèves et je suis plutôt satisfait des résultats de ma prestation. Dans l’ensemble ils semblent assez attentif et je crois même discerner une légère crainte chez certain. Parfait.


« -Voilà…c’que j’voulais vous montrer c’est d’abord qu’il faut jamais juger un mage sur son apparence, enfin pas genre le mec est gros et laid mais en fait c’est le meilleur gars…enfin….si c’est important aussi faut pas juger sur les apparences tout court mais….bref ! Un mage peut vous buter même si il a ma gueule. »

Whou champagne, c’était presque pas pitoyable. Presque car j’note qu’un gars a eu un sourire un peu moqueur à ma dernière phrase, un blond de presque deux mètre taillé comme une armoire à glace. P’t’être un ancien bucheron ou un fils de boulanger habitué à porter des sacs de farine, j’sais pas.
Par contre ce qui est sûr c’est qu’il est temps de passer en phase deux et qu’il va sourire un peu moins.


« -Hé toi…euh non pas toi, désolé mes mains tremblent, le mec à coté…ouais voila. C’est quoi ton p’tit nom ?

-Frédéric, m’sieur.

-Ok Frédéric, les deux caisses en bois derrière moi contiennent des épées et des boucliers. Va te servir et dès que t’es prêt t’essayeras d’me mettre à terre d’la manière qu’tu préfère. Rassure toi hein je…j’vais pas t’envoyer à l’hosto, enfin j’vais pas non plus te…te ménager quoi, je…je… bref !  Bouge toi j’vais pas t’envoyer de blocs de glace. »

Il pâlit un peu quand il comprend que ça part en octogone mais à sa décharge il s’avança sans protester. Arrivé aux caisses il s’équipa rapidement et brusquement me fonce dessus, de toute évidence il espérait être plus rapide que moi.

Sans m’en rendre compte j’esquisse mon premier sourire depuis le début du cours. Il y a plus de six mètres entre lui et moi, j’aurai pu le mettre hors-jeu avant qu’il arrive à mi-chemin. Mais j’avais décidé de m’en occuper d’une manière un peu atypique.

Fermant les yeux je repense au jour où Cassandra m’a enseigné à prier et comme d’habitude je sens son esprit se loger en moi. Mon regard se durcit alors et je note avec agacement les failles dans garde de mon adversaire. D’une pulsion des mains sur le sol je projette ma caisse à sa rencontre puis, ouvrant les mains, je fais apparaitre un bouclier et un bâton de bois dans mes mains.

A moins d’un mètre de lui mon adversaire mon ennemi revient de sa surprise et abat son arme sur moi. Un coup trop faible qui ne prend pas mon élan en compte. Je lève mon bouclier et pare son coup sans mal tandis qu’en même temps mon gourdin lui percute le plexus solaire, coupant son souffle.
Sans lui laisser le temps de se reprendre je lui fouette l’arrière des genoux pour le déséquilibrer puis profitant de l’élan de ma frappe je lâche mon bouclier et d’une traction du bras sur le sol je me place dans son dos. Un coup sur son coccyx et il finit ventre à terre.


« -C’est terminé Frédéric, vous pouvez reprendre votre place. »

Pendant un instant je fais face à mes élèves et me demande ce qui a pu me causer un tel trac. Puis je reprends d’une voix assurée.

« -Qui parmi vous s’attendait à ce que j’attaque Frédéric de cette manière ? »

Personne ne réagit tandis que ce dernier reprend sa place. Je n’attends pas plus longtemps avant de reprendre.

« -Les magiciens sont des êtres vils qui disposent de pus d’un tour dans leur sac. Ce que je veux vous enseigner c’est la manière de réfléchir d’un praticien des arcanes, à développer un instinct particulier. La magie n’est pas juste un outil en plus qu’on peut acquérir comme on vous donnerait une épée ou un bouclier. C’est une partie de vous à aiguiser, une façon d’être et de réfléchir que vous devez adoptez.

Et une des premières choses à savoir est que la surprise est votre meilleur alliée, c’est elle qui décidera bien souvent de l’issue de vos combat, d’autant plus quand vous aurez quelques sort dans votre arsenal. Apprenez donc tout de suite à ne pas divulguer tout vos tours, conservez toujours une botte secrète et surtout soyez toujours sur vos gardes d’autant plus quand votre adversaire est un mage. Et…et…heu… »

Bordel, Cass’ se casse déjà ?! Sérieux, Quelle fainéante j’vous jure !
Regrettant amèrement sa disparition je tente de faire de mon mieux avec les quatre miettes de courage qu’il me reste à disposition. Indiquant deux autres aspirants du doigt je reprends.

« -Vous deux, vos prénoms ?

-Sylvie monsieur.

-Et William. »


Les p’tits jeunes se sont un peu raidis en répondant, ils doivent appréhender un peu la suite. Et ben ils vont pas être déçus.

« -La même que Frédéric, allez vous armer et…hé bien tentez de me mettre à terre. Mais essayer d’appliquer ce que…ce que j’vous ai dit quoi. »

Ils n’y mettent pas la meilleure volonté du monde mais ils y vont, discutant à voix basse tandis qu’ils se penchent sur les armes. Bien ils auront peut être mieux à me proposer qu’une bête attaque de face.

« -Taïaut ! »

Ah bah non. A la manière de leur prédécesseur les deux aspirants me foncent dessus armé uniquement d’une épée. Bon ce coup-ci pas de pit…OUAH !

Me penchant sur le côté j’évite in extremis l’épée que Thomas vient de me jeter dessus, pas le temps de me réjouir que déjà Sylvie s‘apprête à l’imiter. Ces petits cons veulent m’empêcher de jeter des sorts jusqu’à pouvoir me jeter dessus. Ca se passera pas comme ça.

Serrant les dents je laisse la lame en bois me percuter le crane et malgré le choc je lève les bras en direction de chacun d’eux. Les deux cloches s’arrêtent soudain de courir, un cadran d’horloge immobilisé au dessus d’leur tête. Putain un mètre de moi c’était juste, on peut déjà les voir commencer à sauter.

Ne perdant pas de temps je m’approche d’eux et pose ma mains sur leurs jambes, les emprisonnant dans un bloc de glace qui les recouvre jusqu’au cou.
Pile à temps ! A peine ma glace finit elle son taf que les stops s’achèvent. Je n’ai plus qu’à regarder l’élan de leur saut faire basculer mes jeunes statues.


« -Bon c’était franchement pas mal, z ‘auriez été un poil plus rapide vous auriez pu réussir. Allez vous remettre avec les autres.»

Dis-je en faisant fondre ma glace d’un geste négligent de la main. Alors qu’ils rejoignent leurs camarades je prends une légère inspiration avant de refaire face aux aspirants.

« -Ok on a vu qu’il fallait se méfier, qu’il fallait surprendre maintenant on va voir la troisième partie. Allez tous vous armer et placez-vous en cercle autour de moi. A mon signal, même chose vous essayez de me jeter à terre. Si j’arrive à vous recouvrir de glace vous êtes hors-jeu.»

Alors qu’ils se dirigent vers les caisses  les élèves affichent des degrés de motivation divers. Certains semblent n’en avoir rien à foutre, d’autres sont enthousiastes, quelques uns ont l’air un peu craintif et j’ai l’impression que les derniers sont un peu vexés d’affronter un cul de jatte en un contre vingt.
Néanmoins tous s’arment sans protester et je suis bientôt entouré d’une vingtaine de jeunes blancs-becs.
Prenant une petite inspiration je frappe alors dans mes mains.

« -Et…c’est partis ! »

Comme je m’y attendais ils n’ont pas appris à agir comme une troupe et leur réaction est désorganisée au possible. Certain me foncent dessus, se bousculant ou gênant ceux qui ont décidé de me lancer leurs épées, quelques uns restent en retrait et semble attendre de voir ce qui va se passer…Bref limite je pourrais me contenter de les observer se mettre KO les uns après les autres mais on va aider un peu la nature.

Alors que les premiers allaient me tomber dessus j’écarte les mains pour geler le sol autour de moi sur un rayon de quatre mètre, faisant ainsi chuter tous les aspirants autour de moi qui, attiré par leurs élan, finissent à plat ventre tout autour de moi.

Les geler tout de suite ne leur apprendrait pas grand-chose si ce n’est à travailler leurs compétences en patinage et il y a plus utile. Laissant les plus rapides se relever je ramène les mains près de mon torse et le ré-écartent de nouveau et…bordel ça fait toujours aussi bizarre. Mon corps a totalement disparus. J’entends quelque personnes pousser des hoquets de surprise mais je suis de loin celui qui mouille le plus son froc. Tu es vivant Fiathen, courage.

Me reprenant aussi vite que possible je passe la main sur les corps des quelques personnes qui n’ont pas réussi à se relever, déjà ça de moins.

La suite n’a que peu d’intérêt, faisant fondre ma patinoire je fonce sur ceux qui sont restés immobile suite à ma disparition et intercepte les plus malins qui me cherchent à tâtons annulant le son autour d’eux pour qu’ils ne m’entendent pas arriver. Au bout de cinq minutes mes vingt aspirants sont hors jeu.

« -Bon et ben…vos conclusions ? »

Tous libérés de leurs gangue de glace ils ont repris leurs positions d’avant l’exercice, face à moi et désarmés. Je sens que la plupart d’entre eux sont un peu dégouttés de s’être fait avoir aussi facilement mais en vrai la seule chose qui leur manque c’est un peu d’entrainement.

Si ils  avaient su conserver un peu leur sang froid et avaient eu des gestes un peu plus efficace j’me serais fait casser la gueule. Ça se voyait que la plupart ne savait pas quoi faire ou hésitait à a frapper un adversaire aussi miséreux que moi. En vrai face à des vétérans même le un contre un du début je n’suis pas sur que j’aurais réussi à le gérer.

Mais le plus gros point positif de tout ça c’est que leur avoir démoli la face sans aucune pitié avait du même coup largement diminué mon trac. J’étais aussi décontracté que si j’étais allé prendre le thé chez Mamie Belette.

En attendant le silence commençait à prendre une consistance sacrément  épaisse lorsqu’une petite rousse pleine de tache de rousseur osa se lancer, l’air un peu fâchée.


« -On ne pouvait rien faire. Il n’y avait aucun moyen de vous trouver avant que vous ne nous tombiez dessus.

-Très juste. Cependant je n’ai effacé que mon image, j’étais encore bien là juste que vous ne pouviez pas me voir. A votre avis qu’est ce que vous auriez pu faire pour me choper ?

-Grace au son ? De temps en temps on pouvait entendre le roulement de votre caisse.

-Bien vu. C’est une solution mais je peux effacer le son aussi, certain d’entre vous en ont fait l’expérience. D’autres idées ?

-En se mettant par petit groupes ? Vous devez nous touchez pour nous geler, si on voit qu’un ou deux des nôtres se font congeler c’est que vous êtres proches d’eux et ça pourrait  nous laisser le temps de vous trouver.

-Pas bête. Mais admettons que vous soyez seul ? »

Cette fois-ci le silence s’éternisa un petit moment.

« -Exactement, dans ce cas là la rouquine à raison. Il n’y a rien à faire. Et c’est ce dont je voulais que vous fassiez l’expérience : un moment où vous ne pouvez rien faire, où vous êtes impuissant. Parce que c’est dans ces moments là que votre instinct est le plus fort, c’est quand vous n’avez plus d’autres choix que vous aller utiliser la magie.
Il existe un sort très basique qui vous permet de ressentir la présence des autres, que vous soyez dans le noir complet ou contre un enfoiré transparent. C’est ce que je vais essayer de vous apprendre.

-Et…on doit faire comment ? »


Ah putain c’est vrai. Les notions théoriques dont parlait Mons. Après un instant d’hésitation je fini par hausser les épaules, on va faire simple.

« -Dites vous que c’est comme lorsque m’dame Mons vous dit de ressentir votre flux magique, sauf qu’au lieu de vous concentrer sur vous vous devez vous concentrer sur l’extérieur. Mais encore une fois ça va surtout être à votre instinct de jouer, essayez de lâcher un peu prise et laissez le parler.

Pour la suite je vais me mettre un peu en retrait, vous avez peut être vu que dans les caisses il y avait aussi des bâtons en bois d’un peu plus d’un mètre ? Bah allez tous m’en prendre un et ensuite mettez vous en file indienne devant moi. »

Avec une légère appréhension pour certain tout le monde se met en branle et bientôt un petit gaillard brun me fait face, le bâton dans la main.

« -Bon pour la suite je vais vous demander d’être attentif parce que j’aurai pas vraiment le temps de vous répéter les consignes.
Je vais rendre votre bâton invisible et dès que ce sera fait vous irait vous mettre dans un coin libre de la cour par groupe de deux. Pas de finasserie avec les groupes vous rejoindrez le premier mec seul que vous verrez. Et à partir de là vous vous combattrez ensemble sans pause jusqu’à ce que le bâton de l’un d’entre vous redevienne visible. A ce moment là vous viendrez me voir pour que je relance un sort dessus.

Le but du jeu ça va être de mélanger les trois leçons d’aujourd’hui : méfiez-vous de l’autre, essayez de le surprendre et surtout laissez parler votre instinct. Vous devez utilisez toutes les feintes possibles pour que votre adversaire ne sache pas où est votre bâton. Et donc si votre adversaire est doué la manière la plus pratique de parer ses coups ce sera de sentir la magie qui émane de son bout de bois. Allez c’est partis ! »

Et sans perdre plus de temps j’empoigne le manche du gars d’en face qui se retrouve alors à serrer le vide d’un air tout étonné.

« -Allez laisse la place ! Au suivant ! »

J’dois dire que le spectacle de vingt jeune glandus qui s’affrontent en agitant l’air faisait plus classe de primaire pendant une récréation qu’entrainement militaire du fleuron de l’armée du Sanctum. D’autant que la plupart ont franchement l’air hésitant, se demandant probablement eux même où était exactement leur bâton.  Y en a même un qui a passé presque deux minutes à tâter le sol à la recherche de l’arme qu’il avait laissé tomber.

Bref ils galéraient tous bien et c’était tout à fais ce que je recherchais. La première fois que je me suis servi de la magie  j’avais pas réfléchi sur la nature du flux de mes couilles ou je n’sais quoi. J’en avais besoin, j’étais en danger et je savais que je n’avais pas la moindre chance de m’en tirer. C’était ça que je voulais recréer, j’pouvais pas franchement les mettre en danger de mort mais je pouvais essayer de reproduire cette sensation de besoin et de colère.

Tout comme pour les trois premières leçons j’avais pas la certitude que ça leur servirait vraiment mais j’avais bonne espoir que, additionné aux cours de Mons, ça les aide à lancer leur premier sort. Au final j’en avais rien à foutre qu’ils arrivent à détecter quoi que ce soit, même si ils balançaient une bourrasque sur la gueule de leur vis-à-vis sous le coup de la colère ça m’irait très bien.

Le premier sort c’est une étape importante, c’est ce qui te prouve que tu peux le faire, qui va te donner la motivation pour persévérer par la suite. Ensuite finalement t’as plus qu’à refaire le même sort avec de pus en plus de puissance et c’est bon t’es un mage.
Et au pire même si rien de tout ça ne marche ça m’aura permit de me défouler, c’était pas perdu.

Histoire de dire que j’avais pas passé l’exercice à rien foutre je suis passé entre les élèves, essayant de leur donner deux ou trois conseils genre « sois plus ouvert », « plisse moins les yeux ça sert à quedal », « ton bâton est à tes pieds corniauds » mais en fait j’avais pas grand-chose à leur apprendre.

C’était pas un cours de maniement du bâton, et heureusement parce que j’y connaissais rien, et je n’avais pas vraiment de conseil à leur donner sur l’utilisation de la magie en elle-même. Finalement mon boulot se bornait surtout à rendre les bâtons invisibles une fois le premier enchantement achevé.

De leur côté si les aspirants n’avaient pas l’air plus réceptif à la magie qu’une moule certain faisaient tout de même preuve d’un certain talent côté fils de puterie. On en avait qui faisaient en sorte que leurs adversaire ne sache plus de quel mains ils tenaient le bâton, d’autre faisaient semblant d’être blessé à cause d’un coup de leurs adversaire avant de leur retourner une patate de forain, j’en ai même vu un cracher dans les yeux de son camarade. Mon champion.

Au final au bout d’une demi-heure les bâtons réapparaissaient pour la troisième fois et je n’avais plus le moindre pet de magie en moi, j’ai donc décidé que c’était le bon moment pour mettre fin au cours. Sans faire de cérémonie j’ai tapé dans les mains histoire d’attirer leur attention.


« -Bon les gars on va s’arrêter là pour aujourd’hui. Est-ce que vous avez sentis quelque chose de particulier ? »

Sans surprise pas de réponse. Je ne m’étais pas attendu à quoi que ce soit de particulier à vrai dire, selon Mons ils en avaient encore pour un bout de temps après tout.

« -Bon n’vous en faites pas hein, l’important c’est de pas se décourager et ça finira bien par venir. D’mon côté j’dois dire que j’suis plutôt content de vous, vous avez tous bossé sans faire d’chichi et ça c’est…hé ben…le principal, voila. Bon courage pour la suite et à la prochaine. »


Et c’est avec un certain soulagement que j’les ai regardés s’en aller les uns après les autres. Fin de mon premier cours.
Bon sous certains aspects c’était franchement horrible mais sous d’autre…un peu moins. Quand on y regardait bien la personne la plus difficile à gérer c’était moi, d’un autre côté j’imagine que c’est pas dans une organisation militaire qu’on va trouver le moins de discipline.

Et puis on va pas se mentir même avec un trac dingue à gérer avoir l’impression de pouvoir être utile au Sanctum même dans mon état était franchement appréciable. Même si pour ça je devais apprendre la magie à des personnes qui étaient dépourvu du moindre talent en la matière ça valait le coup.

Non au final la seule déception du cours c’était qu’en sondant les aspirants je n’en avais pas trouvé un seul qui dispose d’un flux magique aussi particulier que le mien ou que celui de l’apprenti de Mons.
Je devrais probablement patienter un peu avant de mettre mon deuxième projet en branle.

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