Feuille de personnage
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le Dim 25 Aoû 2019 - 16:13
J’vais crever ici. Aucun espoir, le rondouillard se prépare à sauter sur moi, j’ai pas le temps d’esquiver. De toute façon allongé à plats ventre, avec ma caisse à deux mètres de moi et un bras gauche trop douloureux pour me gratter le nez j’aurai pas pu faire quoi que ce soit. Même avec une heure devant moi.

Putain d’ironie de merde. Je mets des mois à sortir de l’hosto, j’évite le suicide d’un cheveu et tout ça pour quoi ? Pour crever comme un chien dans cette forêt de merde à cause d’une poignée de sans cœurs ?  Etro vieille salope crois moi que dans une minute j’viens…

Le rondouillard bondis, les deux pieds tendu en direction de mon crane. J’ferme les yeux, j’veux pas voir ça, j’veux pas…

J’sens quelqu’un me saisir par ma bure et m’balancer sur le côté comme une poupée de chiffon à l’instant où le rondouillard allait me tomber dessus. Le chuintement d’une épée qu’on dégaine et qu’on plonge trois fois dans un obèse démoniaque.
Et enfin le bruit dudit obèse qui s’évapore comme une motte de beurre sous le soleil d’aout.


« -Mais par Noël qu’est ce que tu fous là Fiathen ? »

Daniel. Le templier qui m’avait aidé à déménager ma piaule au rez-de-chaussée et à me sortir de l’infirmerie. Il se penche vers moi lorsque je retrouve le contrôle de mes paupières.

« -Put…t’es en état de me comprendre au moins ?! Hé Fiathen reste avec…

-Ouais ouais c’est bon, t’affole pas. Juste le bras gauche, ‘doit être foulé ou un truc comme ça.

-Que je m’affole pas ? Je ne serai pas passé par là tu serais mort Fiathen ! Mais par Etro qu’est-ce qui t’as pris de venir ici seul ?

-Arrête avec ce ton paniqué, j’ suis assez vieux pour me gérer seul. J’avais juste envie de sortir un peu de la CitadAÏE !

-Excusez moi m’sieur l’adulte responsable je fais aussi doucement que possible. »

Tout en  parlant il avait déchiré un bras de sa chemise et il essayait de s’en servir pour me mettre le bras en écharpe.

« -Désolé pour tes fringues, Daniel.

-Hein ? Ha t’en fais pas va, elle commençait à dater de toute façons. Mais essaye pas de changer de sujet. Tu vas pas me faire croire que dans ton état t’as fait cinq bon kilomètre en raclant le sol juste pour le plaisir de prendre l’air.

-Hmf, bon ok t’as raison.  Je reprends le taf dans pas longtemps et j’voulais voire comment réagissait ma magie, tester quelques nouveaux sorts que j’avais imaginé. Me dérouiller un peu quoi.

-Hé ben mission accomplie on dirait. Sacrée dérouillé en effet. Mais tu pouvais pas faire ça au calme dans une des cours du château ?

-C’est pas la même chose d’incanter en devant faire attention à tous les gus autour de toi ou seul et au calme, juste entouré par des piafs.

-Ha bah je vois ça oui, il y a une option qui t’aurais pas ramené à l’hopital…ah merde ta caisse est foutue, le fond s’est fissuré sur toute la longueur.

-C’est bon j’vais colmater ça avec un peu de glace, redresse moi et…

-Et quoi ? Tu vas rouler  seul avec un bras en moins ? Non non pas question que tu fasses autres chose que t’allonger dans ton lit pour le reste de la journée. Je vais te porter jusqu’à la Citadelle et j’irai dire à Alfred de t’en rebricoler une. Ca lui a pas prit bien longtemps la première fois, tu devrais en avoir une neuve pour demain. »

Et là d’ssus il se penche vers moi et me prend dans ses bras, comme une jeune mariée drôlement moche. Ca me gênait de le voir s’occuper de moi comme ça et une partie de moi avait envie de lui dire de me laisser me débrouiller. Mais une autre partie logée dans mon bras gauche insistait lourdement pour que je la boucle et que j’me laisse faire.
Et un membre blessé dispose de moyen de pression bien trop efficace pour qu’on l’ignore.
Grimaçant de douleur je tente donc de trouver une position plus confortable dans les bras de mon jeune prétendant tandis que celui-ci commence à se diriger vers la Citadelle.

« -Et donc à part la fin, ça s’est passé comment ?

-Hein ? De quoi ?

-Ben ta sortie, qu’est ce que ça a donné ? Tes nouveaux sorts et tout.

-Tu vas pas me faire croire que ça t’intéresse.

-Bien sur que si ! Y a des tas de gens qui aimeraient connaitre tes bottes secrètes, qu’est ce que tu fais dans les cas désespérés ou les trucs comme ça.

-J’me roule en boule et j’me fais sauver le cul in extremis apparemment.

-Oh allez, te fais pas prier, raconte un peu.

-Pfff…bon si tu veux, j’ai testé mes blocs de glace habituelles et ça s’est bien passé, j’ai testé…

-Oh là attends, pas comme ça ! J’veux connaitre tous les détails depuis ton départ de la Citadelle jusqu’à maintenant.

-Bordel tu fais chier Daniel tu veux pas me laisser en paix ? J’viens d’me faire passer à tabac et j’ai un bras en vrac tu crois pas que ça suffit ?

-Je sais tout ça, et je sais aussi que tu sors à peine de l’infirmerie après des mois de convalescence, que t’es encore super affaibli et que t’es vraiment bien trop pâle pour un gars qui dit aller bien. Donc non tu vas me parler jusqu’à ce qu’on soit sortis d’ici et que je te saurais entre de bonnes mains. Allez au boulot !

-…

-Tu sais si tu ne dis rien je vais finir par croire que tu t’es évanoui et je vais devoir faire le trajet en courant. Pas sur que ça soit la meilleur option pour ton bras.

-Rha, ok ok mais c’est bien parce que t’insiste. Bon comme j’te disais je me faisais chier…»

Je commençais à en avoir ras le cul de faire des tours de quartier avec ma caisse à savon. Voir les mêmes endroits, les mêmes pavés disjoints, les mêmes personnes qui pensaient que j’les voyais pas m’observer avec leurs airs gênés. Bref j’avais besoin de changer d’air.
Je pensais avoir suffisamment récupéré pour me permettre une petite sortie  et j’me suis dit qu’à la forêt des étangs j’aurais un peu la paix pour bosser.

Quelle idée moisie j’te jure. A chaque foutue racine j’devais forcer comme un bâtards pour passer, y a des pentes à un moment qui me faisaient pratiquement faire du surplace et les cahots de la route me cassaient tellement le dos qu’au bout d’une demi heure j’avais l’impression de ressortir d’une baignade dans les ronces de Maléfiques.

Bref j’ai tenue deux heures comme ça avant d’en avoir plein le cul et de décider de me poser dans la petite clairière où tu m’as trouvé. J’étais au calme et je pensais pouvoir tenir tête aux sans cœurs du coin. De toute façon j’y avais jamais rien croisé de balèze.

J’ai commencé par sonder magiquement les environs pour m’assurer que je pouvais balancer mes glaçons sans risque et première surprise : j’étais pas seul du tout.

« -Ça m’étonne pas tiens. Il doit y avoir déjà quelques bûcherons qui commencent à faire leur bois et puis les charbonniers qui n’arrêtent jamais de bosser de toute…

-Par contre si tu veux qu’je cause tu m’coupe pas.

-Mes plus plates excuses beau doux sir, je suis tout ouïe. »


Non et puis je parle pas des pécores habituelles. Avant je pouvais sentir les humains, les saletés de sans cœurs et des animaux pas trop petits. Mais pendant ma période de cécité j’avais utilisé ma détection le plus souvent possible, j’m’arrêtais que quand j’étais  en rade de magie en fait.

Et à force d’essayer de voir les gens avec plus de précision je m’étais déjà rendu compte que ça avait changé ma sensibilité. J’voyais plus le même genre de brouillard indistinct pour tout le monde, j’pouvais voir comme…j’saurai pas trop dire en fait. Comme un genre  de fluide qui graviterait autour d’une sphère lumineuse. Et pour chaque gus j’vois un flux et une lumière un peu différente.

« -Whoa, classe ! Et tu sais ce que ça signifie ?

-Non, pas franchement. Et ta gueule d’ailleurs. »

Bref ce que je voulais dire c’est qu’en voulant sonder les alentours de la forêt j’me suis rendu compte qu’il n’y avait pas que les humains que je voyais avec une plus grande acuité. C’était…presque tout. J’sentais les animaux, les insectes et même certaines plantes ou des arbres particulièrement vieux.
J’te dis pas le stress où j’étais, j’avais jamais senti magiquement autant de truc et ça m’a foutu une sacrée frousse, j’étais persuadé qu’une centaine de sans cœurs étaient apparu d’nulle part pour me faire le cul.

M’enfin petit à petit j’ai compris à quoi correspondait tout les flux que je sentais et au bout d’un moment j’ai fini par pouvoir commencer à me concentrer sur autre chose.
Tout d’abord je voulais voir si ma glace répondait aussi bien qu’avant. Ca faisait des mois que j’m’en étais pas vraiment servie et j’avais peur que mon controle dessus ait un peu baissé. Et puis comme c’est ce qui est le plus naturel chez moi ça faisait une bonne mise en jambe.

Une inspiration et j’me suis placé devant un grand chêne. J’voulais y aller au maximum au début pour voir si j’avais pas trop régressé. Et comme y fallait pas que mes sorts partent trop loin, au cas où, j’me suis dit qu’il serait parfait pour bloquer tout ça.
D’un geste ample j’ai croisé mes bras au dessus de ma tête, les levants au maximum pour accumuler le plus de froids de possible. Et brusquement j’les ai fais retomber devant moi, relâchant tout mon flux sans aucune subtilité, j’voulais juste faire le plus gros glaçon possible.



J’aurais dû choisir un arbre plus gros.

« -Tu fais vraiment flipper quand tu souris comme ça tu sais.

-Hmhm…heu désolé.

-Mon sommeil te remercie. Mais du coup, il était gros comment ?

-Gros genre vraiment vraiment gros. Il m’a fallu un bout de temps pour me frayer un chemin dans le chaos de débris de bois qu’j’avais causé, et quand je suis arrivé devant j’ai dû me poser un moment pour m’en remettre. J’avais jamais créée un truc aussi imposant, à vue de nez c’était un glaçon d’environ six mètre de diamètre.

-Six…ah oui. Ok. Pas mal.

-Merci. Maintenant ta gueule. »

De toute évidence ma magie s’était pas fait amputer de moitié, elle, bien au contraire. De le réaliser comme ça ça m’a filé une bonne pêche et j’me suis dit que je pouvais commencer à bosser sur les idées que j’avais eu à l’infirmerie.

Me replaçant au centre de ma petite clairière j’ai placé mes mains à plat l’une contre l’autre, près de mon torse. Je me suis concentré sur tous les bruits environnants et d’un coup j’ai écarté les mains, envoyant mentalement l’ordre à tous ces foutus piafs de la fermer.

« -Haha content de voir que je suis pas le seul à… … … … . … … … ? … … … !

-Et comme tu peux t’en rendre compte, impudent braillard, ça a parfaitement marché.

-… … …  … !

-Aaah bordel quel pieds, le meilleur sort que j’ai jamais OUAÏE ! Ok ok c’est bon j’arrête, pas la peine de faire semblant de trébucher violent personnage.

-Désolé j’ai beaucoup de mal à marcher quand on m’ampute soudainement d’un de mes sens les plus important.

-J’l’aurais pas fait si…

-Oui oui j’ai compris ma gueule tout ça tout ça. Bon et ensuite ? »


Grmbl, bon donc j’disais que ça avait marché au delà de mes espérances. C’est comme si le moindre brin d’herbe avait peur de l’ouvrir. J’ai ramassé un petit bout de bois et je l’ai rompu d’un coup sec sans qu’il ne produise le moindre bruit. J’ai eu beau gueuler comme une brute je n’entendais pas le moindre murmure.

Mais je me suis vite rendu compte que j’avais pas effacer les sons de la forêt entière, en fait j’avais juste à tendre la tête en avant de trente centimètre pour entendre à nouveau tout le vacarme habituel. Le silence ne formait qu’un petit dôme tout autour de moi.

Néanmoins c’était déjà énorme en soi, je pouvais effacer le son, du coup qu’est ce que je pouvais effacer d’autre ? J’ai passé peut être une heure à essayer tout un tas de trucs. Bon j’avoue que c’était en majorité très décevant, je ne peux rien contre ces enfoirés de moustiques ou ces foutues racines par exemple.

Cependant j’ai eu deux réussites dont ma santé se serait bien passée. La première c’était au bout d’une demi-heure de test en tout genre. J’en avais franchement marre et j’ai essayé de tout expulser. Sans mettre de condition, sans faire de truc particulier j’ai écarté les mains en voulant tout chasser.

Et l’instant d’après j’arrivais plus à respirer. J’ai suffoqué pendant les dix secondes les plus effrayantes de ma vie avant d’avoir l’idée de me pencher en avant. Comme pour le son j’avais annulé l’air présent dans un petit dôme autour de moi. Ca aurait été une manière franchement conne de crever.

La deuxième et plus grosse surprise je l’ai eu pendant que j’essayais de faire disparaitre des taches de boues sur ma bure. Ca a très bien marché, toutes les taches ont disparu…et tout mon torse avec en fait.

« -…

-…

-…Tu réagis pas ce coup ci ?

-Hé faudrait savoir ce que tu…

-Désolé désolé, j’reprends. »

Bref quand j’suis revenu de ma petite crise cardiaque je me suis aperçu que mon buste était revenu et qu’j’avais pas claqué. J’ai recommencé, sur un bout de bois ce coup-ci, histoire de pas perdre ce qu’il me reste de santé mental, et il a disparu aussi. Sauf que j’le sentais encore dans ma main il était « juste » invisible.

Bilan : je pouvais faire disparaître le son, le bruit et…on va dire les images . Bref je me suis dit que c’était peut être le moment d’arrêter de jouer au con et je suis passé sur un domaine où je risquais moins de finir en puzzle : la prière.

C’était un truc que je voulais tester depuis un moment sans en avoir vraiment eu le temps, je savais que je pouvais envoyer des genres d’ondes lumineuses mais ça ne m’était arrivé que…disons…heu… juste en faisant un…truc particulier. Et je voulais voir si je pouvais y arriver seul, sans penser à Cas…à ce truc particulier.

« -Hé, mais c’est qu’il rougit l’animal !

-Toi ta gueule bordel !

-Oui oui hihihi.

-Et par le sang du Primarque ôte ce sourire de tes lèvres ! »

BON ! Pour la faire courte j’ai essayé de prier un moment, d’réunir toute la foi que j’avais au fond de moi, mais non. Rien du tout. Tout seul c’était juste impossible, comme si j’avais besoin d’un petit truc, d’une étincelle qui n’apparaissait que quand je pensais à… ce truc particulier. ET ARRÊTE DE SOURIRE COMME CA !

Bref cet échec mis à part jusqu’ici tout ce passait très bien mais c’est à peu près à ce moment là que ces tocards de sans cœurs sont venu foutre le bronx. Au départ j’ai pensé que ce serait tranquille : ils étaient apparus à un moment où je sondais les environs, juste quatre, pas l’air très costaud et j’avais le temps de me préparer à leurs arrivées, une simple formalité.

Juste avant qu’ils arrivent dans mon champs de vision j’ai repensé à ce que j’étais en train de faire avant et je me suis dit que c’était peut être l’occasion de tester quelque chose d’un peu nouveau. J’ai fait apparaitre une épée et un bouclier de glace dans mes mains et j’ai…pensé à ce truc.

« -Attends quoi ?! Tu veux dire que t’as essayé d’affronter des sans cœurs à l’épée  dans ton état ? Alors que tu sais à peine te mettre en garde correctement ?

-Ouais et c’est ce qui m’as sauvé corniaud ! »

Lorsque les sans cœurs sont arrivés j’étais prêt, mon bouclier dressé, mon épée prête à décapiter ces saletés dès qu’ils arriveraient à ma portée. Et puis je les ai vu.

Ils étaient devenus proprement gigantesque.

Pendant un instant terrifiant j’ai rien pu faire, j’étais redevenu le mioche qui se faisait dessus à la moindre apparition de ces saloperies, qui tremblait rien qu’à l’idée de croiser leur route, qui en faisait des cauchemars toute la nuit.

On se rend pas compte du changement que ça fait lorsque en grandissant on leur met un mètre dans la vue. On est plus obligé de croiser leurs putain de regards de mort, leurs griffes nous paraissent presque inoffensive, leurs petits corps si ridicule et on finit par se demander ce qui pouvait bien nous faire si peur chez eux auparavant.

En un instant j’me suis souvenu de tout ça. Et lorsque la première ombre a voulu me décapiter j’étais à deux doigts de la laisser faire quand soudain mon bras gauche s’est dressé et a paré le coup presque tout seul.

Le truc que j’avais fait juste avant qu’ils arrivent ça ne change pas juste ma magie, ça me change moi en profondeur. En un instant je me suis découvert des réflexes dont j’avais jamais soupçonné l’existence et surtout un courage que j’avais jamais eu. Me reprochant intérieurement mon coup de faiblesse j’ai gueulé « Etro guidez mon bras ! » ou une connerie du genre et j’me suis lancé à l’assaut des sans cœurs.

Ah je peux t’assurer que ces petits batards ont regretté d’être né. Et vas-y que je te pare leurs coups, pis bam  j’te transperce un bide ! Et boum  j’te décapite une tête ! Alors que j’m’étais jamais battu à l’épée d’un coup c’était aussi simple que si je m’en étais servi tous les jours depuis des années.

Le seul truc vraiment chiant c’était le caisson. Ca j’savais pas comment gérer. Dès que les sans cœurs se décalaient trop sur le côté il me fallait un moment pour me reculer et me remettre face à ces salopards. A cause de ça je me suis prit pas mal de coups. D’ailleurs quand j’y repense ça fait un bail que des ombres m’avaient pas fais aussi mal.

Mais bon voila : j’avais gagné. Cul de jatte et avec une foutue épée j’avais réussi à m’en sortir contre quatre sans cœurs. J’trouvais ça assez encourageant et j’avais décidé de revenir à la Citadelle pour me reposer quand, en sondant la zone par acquis de conscience, j’ai sentis d’autres sans cœurs qui déboulaient.  Beaucoup plus nombreux.

J’me suis retourné à temps pour voir une nuée de soldat me sauter dessus, j’ai juste eu le temps de lever un mur de glace et d’me reculer que j’avais déjà d’autres ennemis au cul. Ils étaient…j’sais pas vingt ? Trente ? P’t’être même plus en fait , y en avait tellement que j’avais l’impression que le Domaine Enchantée avait sombré dans les ténèbres.

Heureusement la clairière était étroite et ils se gênaient, j’me suis replié sous un dôme de glace et j’en ai buté autant que j’ai pu en faisant sortir des pics de glace sous leurs pattes. Mais ils étaient tellement nombreux qu’à un moment mon dôme a pété, j’avais pas le temps d’en refaire un autre alors j’me suis contenté de balancer les plus gros blocs de glace possible.

Et je…j’me souviens plus vraiment de ce qu’il s’est passé ensuite, la rage de la bataille tout ça tu sais ce que c’est hein ? On n’imprime pas vraiment les souvenirs dans ces moments là.

« -Ouais c’est vrai, j’me souviens à peine de la nuit de Swain.

-Mmh ’fin bref à la fin j’étais épuisé, j’avais plus de magie, on m’avait jeté à bas de ma caisse et je pensais que c’étais la fin quand t’es arrivé. Voila tu sais tout.

-Hé ben mon vieux, sacré journée ! T’as vraiment pas de chance quand même, ça doit faire des mois qu’on a pas vu un tel afflux de sans cœurs dans les  environs. C’est moche à dire mais finalement c’est presque une bonne chose que tu sois passé dans le coin. Ça aurait été quelqu’un d’autre ça aurait sans doute tourné au drame.

-Haha ouais…peut être. Bon mais sinon et toi ?

-Comment ça et moi ?

-Ben qu’est ce que tu foutais là ? T’es en mission ?

-Oh non non je me baladais c’est tout, histoire de prendre un peu l’air.

-C’est pas toi qui te disais à Alix l’autre coup que tu détestais les missions en forêt à cause des moustiques, des tiques et de tes allergies au pollen ? J’me souviens tu disais même que t’y mettrais jamais les pieds si t’avais le choix.

-Déjà c’est plus la saison du pollen et…

-Allez mon vieux pas de bobard, chacun son tour.

 -…Je voulais cueillir des fleurs spéciales. Pour Langrier…

-Qu…pardon ? L’autre porte de prison là ?

-Hé, elle est pas si sévère ! Elle est juste…carrée. Et elle est vraiment tout à fait sympathique quand on prend le temps de discuter un peu avec elle. Et puis ta gueule d’ailleurs. »


Le reste du voyage s’est passé en silence dans un genre de gêne mutuel. Daniel est pas con, il sait que j’ai essayé de détourner la conversation et il doit se douter de pourquoi. Il a vu les dégâts dans la clairière, mon état et celui de ma caisse à savon, autant de détail qui colle pas avec une attaque apocalyptique. Seulement il doit aussi se douter que si j’ai essayé de couvrir la vérité avec un mytho aussi pitoyable c’est que j’ai vraiment pas envie d’en parler.

En réalité il n’y avait qu’un rondouillard.

Un seul misérable sans cœur. Un truc qui n’aurait pas mérité plus de deux lignes dans un rapport de patrouille.  J’ai rien pu faire.
Le courage de Cassandra m’avait quitté, j’étais seul face à cette montagne de ténèbres qui me toisait de ses yeux cauchemardesques. Les ombres avaient ma taille au moins mais lui...lui il faisait dix fois ? Vingt fois ma taille ? Peut être plus. Oui sans doute encore plus.

Soudain ce n’était plus un rondouillard qui me faisait face, c’était les ronces de Maléfiques qui revenaient pour ramper sur mon corps, m’arracher mes membres un à un, me refaire plonger dans les abimes du désespoir.

Et j’étais seul. Seul pour lutter contre toutes les terreurs de l’enfance et les traumatismes de l’adulte. Seul pour lutter contre ces démons qui me noyaient l’âme, m’arrachaient les tripes, brouillaient ma vue, détruisait mon esprit, annihilaient ma volonté. Soudain je me suis senti d’une impuissance sans borne. Qu’est ce que je pouvais faire engoncé dans une stupide caisse à savon ? Rien.

Strictement rien.

Je ne sais plus exactement ce qui s’est passé après et je n’ai aucune envie de m’en souvenir. Quand j’y repense j’ai mal et j’ai peur, c’est tout. Et c’est déjà trop.


« -Là vous voyez il revient déjà à lui.

-Etro soit loué, merci madame Bachburg et désolé de vous avoir fait perdre votre temps.

-Bah mieux vaut ça que l’inverse. Qu’il reste au calme et il sera d’attaque pour ses premiers cours. Bon je dois aller rejoindre mes patients. Bonne journée. »

…De quoi ? Je mets un moment à comprendre ce qui se passe mais petit à petit je finis par saisir que je suis tombé dans les pommes sur le chemin du retour. Daniel a dû avoir un coup de flip’ et il est sans doute aller chercher du secours.
Bon de toute évidence Bachburg a pas du trouver ça bien grave puisque je suis dans ma piaule, elle a juste prit le temps de panser mes blessures proprement. Je reporte mon attention sur Daniel qui referme la porte de ma chambre.

« -Et bah on pourra dire que je t’aurais causé du souci aujourd’hui.

-Oui héhé, heureusement que la journée se termine. Quelques heures de plus et j’aurai sans doute dû préparer ton enterrement.

- Heureusement que nous ne sommes pas passés demain alors.»


La voix me fait sursauter et je tourne brusquement la tête vers mamie Belette, cachée jusque là dans la partie de mon champs de vision qui est devenu flou. Anticipant ma question Daniel reprend la parole.

« -Mamie Belette et le petit m’ont croisé alors que je vous emmenais voir Madame Bachburg. Ils ont tenu à veiller un peu sur vous. »

Le petit ? Braquant mes yeux vers le sol je vois le renardeau, collé contre mamie, qui me regarde avec des yeux légèrement craintifs. Décidément ça n’allait pas être une journée facile.

« -Bon hé bien ma foi, tu m’as l’air d’être entre de bonnes mains. Je vais te laisser te reposer en paix alors, à la prochaine.

-Ouais heu…attend Daniel.

-Un souci ?

-Non c’est juste…j’voulais m’excuser. J’ai pas été super sympa alors que tu m’as sauvé la vie, que t’as fait tous ces efforts pour me ramener. Vraiment merci pour tout ça Daniel. C’est juste que j’aime pas obliger les gens à m’aider, du coup j’étais sur la défensive et…bref merci et désolé.

-Haha t’en fais pas va, c’est la Sanctum ici, on s’aide quand on peut c’est normal. Allez prends soin de toi et à plus !

-A plus ouais.

-Merci encore jeune homme. »

Puis il ferma la porte et nous laissa seul avec un silence qui avait l’épaisseur des murs de la Citadelle. Et un malaise presque aussi palpable.

La dernière fois que j’ai vu Mamie Belette elle m’apprenait que j’avais perdu mes jambes ce qui m’a valu de retomber dans les vapes aussi sec, et je n’en suis pas certain mais j’ai peut être laissé échapper un « vieille salope » avant de retourner sucrer les fraises.
C’était donc pas forcément une situation très confortable mais pourtant elle l’était infiniment plus que la dernière fois où j’ai vu le renardeau. Puisque j’ai plus ou moins tenté de le buter.

Voila voila.

Prenant une inspiration je commence à rassembler mes idées, c’était à moi de faire le premier pas. A moi de dire que je regrettais, que je les aimais, que…

« -Je suis désolé Fiathen. Sincérement. »

Ma respiration se bloque dans mes poumons et je ne peux que regarder Mamie avec des yeux ronds. Une Mamie qui à l’air d’avoir autant de peine que moi à trouver ses mots.

« -Je…je sais que vous avez dû passer par des étapes très difficiles. Et dans ce genre de cas parfois…j’ai cru remarquer qu’il valait mieux laisser un peu de temps et d’espace aux gens pour se reconstruire. Pour qu’ils puissent se retrouver. C’est pour ça que je ne suis pas revenu vous voir, je ne voulais pas vous imposer ma présence alors que vous deviez accepter tellement de chose.
Mais je…je suis désolé quand j’ai appris que vous…que vous alliez vraiment très mal j’aurais dû venir quand même. J’aurais dû être là et...oh Fiathen ! Je suis tellement désolé, vous aviez dû croire que je vous avez abandonné et je…je… »

Et voila qu’elle chiale maintenant ! Mamie Belette qui chiale, c’est pas possible j’dois rêver ! Et moi qui fous rien ! Mais vas-y, bouge bourrique ! Fais un truc, n’importe quoi, mais reste pas planter là à les regarder en tremblant les dents serrées ! Faisant un effort monumental je prends une inspiration tout en essayant de rassembler mes idées. Ok je crois que je sais quoi dire.

« -Je suis désolé aussi grand père. »

Mais…mais non ! Attends je…

« -Je voulais pas vous énerver mais j’ai pas vu que vous étiez pas bien. Je…j’aurai pas dû vous…j’veux dire faire…je…désolé grand père j’voulais pas qu’vous me détestiez ! »

Mais arrêtez de chialer ! C’est moi qui doit m’excuser, moi qui doit me sentir mal, moi qui doit…qui doit…
Et alors je me rends compte qu’il n’y a jamais eu besoin de pardon, d’excuse ou même de mots. J’arrête de penser, j’arrête de prendre des inspirations à la con, j’arrête de chercher quoi dire ou quoi faire, j’arrête de vouloir faire parler cette conne de raison.
D’un coup je laisse mon instinct prendre ces deux abrutis dans mes bras et je laisse mes larmes couler avec les leurs. Parce que plus qu’aucune autre chose l’amour et l’amitié n’ont parfois besoin d’aucune stratégie pour s’exprimer.

Enfermé dans ce cocon où règne une harmonie parfaite, le souvenir de la terreur que j’ai éprouvé plus tôt me parait soudainement si faible, si ridiculement dérisoire comparé à tout l’amour que je ressens alors. Car à ce moment je ne suis plus seul. J’ai retrouvé ma famille.

Je ne sais plus exactement ce qui s’est passé après et je n’ai pas vraiment envie de m’en souvenir. Quand j’y repense je ressens de l’amour donné et reçu, c’est tout.

Et c’est parfait.
Maître brasseur

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le Mar 27 Aoû 2019 - 19:22
Père Fiathen, raconte-nous une histoire ! Maintenant, j’me pose la question de savoir si Fiathen serait vraiment un castor si la Forêt de Sherwood était un monde à transformation.

Et puis, une Belette et un Castor, ça colle. Pas pour le fils Renard, par contre.

Donc, qu’est-ce que j’dois raconter de cet exploit-ci ! Du bien, déjà. Parce que, bon, j’me répète souvent en disant : « Les gars, j’adore les rp ou vous parler des nouvelles compétences que vous venez d’acquérir et donc c’est bien ! ». Alors, est-ce que j’vais expliquer ce point de vue une fois encore… ? Oui ! Parce qu’il n’y a rien de plus chiant que les trucs qui arrive sans explication.

Bon, aussi, j’en viens à m’demander la réalité des choses.

C’est aussi le point fort du texte. Tu décides de raconter l’entraînement sur une discussion et pas en nous le faisans ressentir. Du coup, nous en venont à nous poser la question de savoir le vrai du faux. Par exemple, est-ce qu’il y a vraiment eu le Glacier X ? Et le lien-d ? Nous avons la certitude de la zone de silence, mais du reste ? C’est ici qu’une fois de plus, le texte est possible d’en devenir un outil ou non.

Genre, nous parler de Fiathen capable de moduler le son ! De deceler le puce sur le dos d’un chien ou de se transformer lui-même en glace ! Enfin, comme tout bon mytho, il faut savoir moduler ses propos. J’dis ça, mais j’aime cette idée de narration, c’est une autre façon de décrire un entraînement / découverte de capacité.

Pour ce qui est des critiques ? La seule viendrait de la conclusion du rp, qui pour moi est un peu trop « rapide ». J’en aurais vu un peu plus avant que les excuses n’arrivent. En même temps, il y a eu un build-up avant cette rencontre et ça pouvais ce passer sans préparation dans ce texte. Mais, j’sais pas, j’ai un arrière goût de « trop peu »

Mais j’en demande toujours beaucoup !

Autrement, oui, voilà. J’ai pas grand-chose à dire de plus ! C’était sympa et il serait temps de faire une sieste ou de demander une paire de jambes à Etro.



Normal : 23 points d'expérience + 200 munnies + 3 PS en Défense !

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