Le Dévoué

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le Jeu 20 Juin 2019 - 19:30
Ce guerrier n'est peut-être pas si fatigué que ça, au final.

Il a fallu du temps pour se reposer, et surtout "rester assis à rien faire". Quand un air pur empli les poumons, ça fait du bien, l'activité d'après guerre. Enterrer les morts, leur rendre respect qui leurs sont dû, diriger les prisonniers, rebâtir, manger... Un truc qui me démange sur le visage, c'est le sourire en coin je crois. Je peux pas m'arrêter et pourtant c'est pas le moment. Mon petit luxe privé était ce café que j'avais ramené de port... Enfin, c'est jusqu'à ce qu'Ambre me gaule et que pour garder le secret, il fallait partager la tasse de café. Elle m'a demandé si j'avais mangé, j'ai préféré taire sa question en prétextant que oui, elle est gentille, mais celui qui va partir l'instant d'après c'est moi. Faut garder les rations pour ceux qui vont rester !

Je penses que mon travail ici est terminé. Si on peut parler d'un travail, la Générale avait parlé d'une récompense. Est-ce que je mérites vraiment d'être payé? L'expérience c'est une bonne paye en soit, cela me rends un peu nostalgique, est-ce que c'est le destin de nouveau qui joue des tours? En l'espace de, je ne saurais dire, j'ai combattu avec de vaillants alliés, j'ai supporté une cause, j'ai douté, j'ai crié, j'ai saigné...

J'ai combattu alors que ce n'était pas mon problème...

Je me redressais et je sortais, m'éloignant un peu du mouvement, des bruits et des travaux, beaucoup se dirigent vers Notthingam, sûrement pour déblayer et piller. Je cherchais un petit endroit à l'écart, où je pourrais méditer en paix. La forêt me semble être une bonne idée. Je m'asseyais en tailleur, ma hache déposée devant moi sur le sol - jamais sans elle, on sait jamais ce qui peut arriver ! - et je fermais les yeux.

Il était là, peut-être temps. Dans ce calme, de prendre un peu de temps.

Angeal, tu sais que j'ai jamais cru en dieu, ni aux éternels, je ne sais pas si les morts sont là et écoutent, mais dans ce cas, je penserais.
Est-ce que tu as vu? Est-ce que tu as écouté? Ai-je inconsciemment repris le rôle que je tenais au Sanctum, le maître d'arme? Le clameur? Celui qui épaule ce qui lui semble juste? Suis-je sur la bonne voie?
Eh .... je sais que tu ne peux pas me répondre. Je ne sais pas parler et encore moins aux morts. Mais je tenais à te remercier maintenant. Pour la voie que tu m'as permis de tracer.

Xaldin,
La force des coups, la maîtrise de mon arme, de mon corps, la rage.
Je suis un combattant, mais aujourd'hui je suis redevenu un guerrier.
Un guerrier qui se bat pour une cause, avec une forte conviction. Je n'ai jamais su vraiment les garder sur le long terme...

Et c'est très bien comme ça.

Je devrais vous remercier, et remercier ceux qui me forgent et m'affutent à chaque rencontre. Mais le moment n'est pas venu, pas encore. Je souhaiterais continuer à faire de telles rencontre et à aller de l'avant, je veux continuer à devenir plus fort. Pourquoi ?

Par amour.

Par amour pour ces gens qui combattent sans cesse.

Je pense que la vengeance joue, aussi. Je dois vaincre mon père, mais si je devenais plus fort pour me venger, alors ma force s'envolera avec ma raison d'être.

Je me redressais. Et je m'en retournais au campement, je voulais remercier la Générale et tout ceux qui avaient combattus.
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le Mar 2 Juil 2019 - 13:11
Elle ne l’avait pas vraiment regardé durant cet échange. Sora lui paraissait brusquement trop… éprouvé par la guerre. Comme s’il n’avait connu qu’elle toute sa vie. Il paraissait moins choqué que profondément désabusé et… pour certaines raisons, la générale avait des raisons d’en supporter la responsabilité. Oui. D’une certaine façon, c’était un peu de sa faute. Elle était peut-être la personne qui avait brisé les rêves et idéaux du légendaire élu de la keyblade. Parce qu’elle avait dû combattre selon les vieilles méthodes, armée contre armée, durant un siège faisant de nombreuses victimes. Elle n’était pas partie au combat accompagnée seulement par Sang-Bleu et Ambre, un sourire aux lèvres et quelques triomphantes causeries disséminées dans le vent. Bien sûr, la générale ne pouvait prétendre ne pas craindre l’opinion publique. Elle agissait sans la prendre en compte mais demeurait touchée par ce qu’on pouvait dire d’elle. Et pour une fois, elle aurait aimé ne pas être « la folle et arriérée générale de la lumière ».

Son regard suivit timidement l’élu de la keyblade alors que celui-ci quittait la tente du commandement. Quand la toile de celle-ci recouvrit de nouveau l’entrée, Will l’Écarlate reprit. Avec lui, il y avait bien sûr le Shérif, Robin des Bois, Frère Tuck. L’absence de Petit Jean était pour eux une piqûre de rappel régulière qu’ils subissaient chaque fois qu’ils en venaient à se dire qu’ils étaient peu nombreux autour de cette table qui les avait tant de fois entendus discuter ces quatre dernières années.


« Donc le Roi Richard revient. Et ? On le remercie d’être venu, on lui rend son trône et oudelali ? »

Elle se tût. Cela ne la concernait pas vraiment, bien qu’elle eût son mot à dire, ou du moins un conseil à formuler.

« Il n’y a pas de trône à rendre, Will. » prononça le shérif du bout des lèvres. Malgré la moitié de son corps paralysé, il semblait, de tous ceux présents ici, le mieux portant. Elle avait espéré que la victoire lui rendrait une certaine joie de vivre, mais il semblait, jour après jour, plus fatigué, depuis la fin de la bataille. Sans doute étaient-ils vraiment semblables, incapables d’être heureux dans un monde comme celui-là. « Nous n’avons jamais eu la prétention de diriger. Nous avons… chassé l’assassin du Prince Jean. Le Roi Richard va revenir et… sera bien content que nous ayons combattu pour lui. »

« L’important est que le peuple ne pâtisse plus de toutes ces querelles idiotes. » dit Robin, à moitié assis sur la table de commandement, les bras croisés, les yeux rivés sur la bribe de lumière pénétrant dans la tente par une ouverture laissée par Sora. « Nous resterons des brigands. Nous vivrons la vie telle que nous l’avons voulue. Et nous serons encore dirigés par des têtes couronnées. Plus sympathiques, cette fois. »

« C’est tellement… hypocrite. » rugit Will. Il s’assit avec un dégoût très clairement visible sur ses traits, sur la première chaise à sa portée. « Pour moi, c’était évident que nous lui rendrions le pouvoir sans hésitation mais… vu tout ce qu’on a fait… on mérite mieux. »

« Tu voudrais une récompense ? »

« Non, Shérif. » cracha Will avec agacement, il défia ensuite le regard de chacun des hommes et femmes présents. « Mais tous ceux qui sont morts, dehors, eux ils mériteraient quelque chose. »

« Il ramènera avec lui des troupes armées qui auront connu plus de batailles que les nôtres. » coupa Ravness. Le problème souligné par l’Écarlate était intéressant mais pas prioritaire. « Non seulement il faudra lui laisser toute la place qu’il désirera, mais il faudra impérativement avoir dissous la rébellion. Tous les fermiers, forgerons, vautours et tous ceux qui ne sont pas de ta compagnie, Robin, devront quitter la forêt. Le Roi Richard tolérera la présence des brigands dans Sherwood si leur nombre n’est pas une menace. »

« Je comprends. »

« Je resterai près de Nottingham avec tous les civils. Nous ferons de notre mieux pour construire des logis et… j’accueillerai le Roi. Je lui dirai que les compagnons de Robin nous ont permis de renverser le fou. »

« Et la vie reprend pour nous. » poursuivit Will en regardant Robin qui lui rendit un hochement de tête.

« Bon. Concernant la Coalition noire. Impossible d’en être certain, toutefois il reste cohérent que celle-ci s’intéresse encore à la forêt de Sherwood. »

« Oui on se souvient. Vous ne voulez pas nous défendre d’eux. »

La jeune femme soutint le regard du Shérif dont les traits ne laissaient pas vraiment transparaître une émotion. « Je récapitule. Ce monde ne supportera pas une deuxième guerre. Il ne doit plus y avoir d’affrontements, ici. Les sans-cœurs qui sont apparus à la fin de la bataille en sont la preuve. Si la Coalition noire vient, vous ne devrez pas lutter. Vous vous soumettrez, vous cacherez ou à la rigueur, quitterez la forêt pour me rejoindre. J’enverrai une dizaine de lances d’ici peu pour… maintenir un contact et pour vous aider à vous organiser. »

« Sans armure, sans armes, générale. » dit Robin d’une voix assurée.

« Bon. Cinq rejoindront tes hommes, Shérif. Cinq rejoindront les compagnons. Vous inventerez une excuse pour expliquer que des étrangers sont parmi vous. La Coalition noire ne doit pas comprendre qu’ils sont de la lumière. Si celle-ci commence à s’étendre ici, neuf reviendront, un seul restera. Celui-ci nous tiendra au courant et… vous serez vraiment libres quand nous aurons remporté cette guerre. »

« Quelle belle perspective. »

« Désolée. Sincèrement. »

« Bon, Générale, ne tardez pas trop. Le prochain vol est dans trois heures. Vous n’avez que trop traîné ici. »

Elle hocha simplement la tête et se dirigea vers les pans de la tente avant de se retourner. « Adieu à ceux que je ne reverrai pas d’ici mon départ. » La générale inclina la tête et sortit. À vrai dire, toutes ses affaires étaient prêtes. Et pourtant elle était seulement sortie de son lit la veille au soir, à peine guérie de ses nombreuses blessures, alors que même le poids de son armure lui était impossible à porter. Aussi se baladait-elle avec, au-dessus de ses vêtements, une cape grise en meilleur état que celle qu’elle avait portée lors de la bataille. Son bras gauche était maintenu immobile contre son torse à l’aide de bandages, sous sa cape, ce qui faisait que seule sa main droite était visible. Il ne lui restait qu’une affaire à régler avant de pouvoir partir sereinement. Elle reviendrait sûrement. Une partie d’elle s’imaginait même que lorsque tout serait terminé, il serait agréable de revenir sur ces terres pour y vieillir paisiblement. Mais elle n’avait pas la naïveté de croire qu’une telle occasion se présenterait un jour.

Ravness le trouva finalement quand leurs regards se croisèrent. À en voir l’expression du guerrier, celui-ci la cherchait lui aussi. Elle sourit poliment en s’approchant, s’arrêtant à quelques pas du massif errant qui les avait rejoints le jour-même de la bataille.
« Bonjour, Heinrich. Accordez-moi quelques minutes, j’aimerais vous parler. »

D’un geste de la main, elle l’invita à s’asseoir à ses côtés sur des sacs de farine à quelques mètres d’eux, entreposés là pour le moment. Sa cheville lui faisait encore trop mal pour lui permettre de rester debout bien longtemps et… Heinrich était tout aussi blessé qu’elle après tout. Ils se retrouvèrent assis comme ils l’avaient été un instant avant de combattre Kefka, non loin l’un de l’autre. Cette fois-ci, toutefois, elle le regardait.

« Vous rétablissez-vous ? » Son sourire avait disparu. Son visage était neutre mais la question semblait sincère. Son regard se posa distraitement sur la hache de l’errant. Elle ne devait pas lui appartenir vraiment, tout comme l’épée qu’elle détenait à présent, appartenait en vérité à un homme mort, et pas le moindre. Ainsi fonctionnaient les lois des hommes. « Où comptez-vous aller ? »

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le Mer 3 Juil 2019 - 10:50
<< Bonjour Générale. >>

Elle était arrivé. M'invitant à m'asseoir, le cul sur les sacs de farines, mes jambes me faisaient encore mal. Je n'étais pas complètement rétabli, j'esquissais un petit sourire à ses questions, secouant doucement la tête.

<< Ne vous inquiétez pas pour moi Générale, ce corps en a subi bien pire, je tirais une petite grimace, il ne faut pas trop forcer sur les jambes.

Ce conflit est terminé, ainsi que mon travail. J'imagine que maintenant je m'envolerais au grè des vents, peu importe où j'irais, quelqu'un aura besoin de ma lame et de ma force. >>

Je rigolais un petit instant, cela sonnait bien trop bienveillant et pompeux, je ne suis pas le plus fort, loin de là. J'ai encore tant à apprendre, à maîtriser... J'avais une idée en tête, ceci dit.

<< Je dois continuer à m'entrainer. J'aspire à devenir un véritable maître d'arme et... Disons que pour l'instant, il y a certaines armes que je ne maîtrise pas. J'aimerais bien développer un style spécifiquement prévu contre la magie. On peut agiter une épée et une hache tant qu'on veut, s'il suffit d'un claquement de doigt pour nous mettre à mal, ce serait jeter des années d'expériences à la poubelle. Non? >>

Accompagné d'un petit soupir, il est vrai que si j'arrivais à trouver des outils pour combattre les mages, la vie n'en serait que bien plus simple pour les affronter. Je pense que sous prétexte que je trouve la magie ridicule, ni la connaître, ni la manier, ferait de moi un gros con... Pas d'excuses.

<< Ce ne serait que la deuxième fois qu'un magicien me met à mal après tout. Une longue pause. Mais je souhaitais vous remercier Générale, d'avoir accepté ma lame à votre service... Et pour m'avoir sauvé la peau. >>

Il faut dire ce qui est. Même si je considère toujours que Petit Jean méritait plus que moi, après tout qui pleurerait un mercenaire? La fatigue se lisait sur le visage de la Générale.

<< Générale, vous nous avez guidés sur le champ de bataille, vaillement. Et pour cela aussi, je souhaiterais vous remercier. >>

Je m'étais redressé sur ses mots, et je me suis agenouillé.

<< Vous méritez un peu de repos. Mais nous savons tout deux qu'un guerrier ne peut jamais se reposer bien trop longtemps. >>
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le Mer 3 Juil 2019 - 15:14
Elle mordilla légèrement sa lèvre inférieure, les yeux rivés sur Heinrich. À ne pas en douter, il était… aussi valeureux que détestable. Dans un autre contexte, elle l’aurait très certainement traité comme n’importe quel idiot prenant une lance pour autre chose que la défense de la paix… donc comme un prisonnier. Mais dans celui-ci… La générale de la lumière se trouvait en train d’entendre un homme d’âge mûr discuter de son désir de renforcer son style de combat. Quelques jours après cette grande bataille, Ravness ne s’imaginait pourtant pas discuter d’autre chose que de l’après, que de ce qu’il restait à faire aux hommes qui voulaient réellement construire quelque chose des cendres qui faisaient ce monde. Cependant, elle ne pouvait dénigrer l’attitude de l’errant. En effet, une nouvelle bataille ferait bientôt irruption dans sa vie. Finalement, la seule chose sur laquelle elle pouvait compter pour lutter, c’était sa propre force. Plusieurs fois lors de cette guerre, elle s’était imaginée ne jamais en échapper vivante. Si la victoire des capes grises n’avait jamais été un doute, pour elle, sa propre survie en avait toujours été plus douteuse. Qui sait. Si Petit Jean avait été plus visible, si elle avait réussi à établir avec lui ce lien de douleur, peut-être serait-elle celle qu’on pleurerait aujourd’hui.
Enfin… qu’on pleurerait ?


« C’est à moi de vous remercier. » Bien sûr, Heinrich était un homme poli, somme toute assez élégant dans ses manières. Il avait hérité des errants l’aura et l’apparence peu soignée mais… elle-même était défigurée par un nez tordu, précédemment cassé. Elle ne jugerait pas l’apparence d’autrui ce jour-là. « Je n’aurais pas pu envoyer un autre que vous dans la cour, ce jour-là. Sans votre arrivée, nous aurions sûrement perdu l’élu de la keyblade en plus de la capitaine. Ce n’est pas une chose que je pouvais me permettre. J’aurais sacrifié ma vie… » au lieu de la vôtre, sous-entendit-elle. « si cela avait été envisageable. Du reste… »

Elle posa un index sur sa tempe, regardant toujours intensément le guerrier. Celui-ci s’était drôlement installé, les genoux au sol. Ses dernières marques de sollicitude étaient légèrement déplacées aux yeux de la générale. Leur relation était pour le moment professionnelle. Certes, ils avaient affronté Kefka côte à côte, et il l’avait sûrement vu plus fatiguée que quiconque, mais de là à lui conseiller ou lui souhaiter quelques temps pour se remettre…

« Contre la magie, vous devez avant tout développer votre esprit. Vous n’êtes pas assez discipliné. » critiqua-t-elle, sans vraie méchanceté. Pouvait-on espérer d’un mercenaire vagabond une rigueur d’esprit ? L’homme devait sans doute se lever à 15h00 tous les jours et boire plus qu’à son compte. À vrai dire, plus qu’un jugement, il lui arrivait de penser qu’ailleurs que dans les cités dorées, c’était une tendance coutumière. « Dans ma profession, j’ai autant à combattre qu’à organiser des hommes et du matériel. Une activité intellectuelle de ce genre pourrait combler vos lacunes. »

Ravness souffla du nez. Elle n’était guère là pour parler de cela. D’autres, au château de la lumière, attendaient ses conseils. À vrai dire, elle n’attendait que d’y retourner, bien que beaucoup la méprisassent là-bas. La générale y avait sa place, la reprendrait, et continuerait d’améliorer les choses. Cela étant, Heinrich avait mérité qu’elle investît du temps pour lui.

« Une vie d’errance n’a pas de sens aujourd’hui, Heinrich. Vous pouvez avoir de nobles intentions, vous sauverez un village d’un ravisseur, vous partirez, et un deuxième viendra. » Elle fronça les sourcils. C’était peut-être la première fois qu’elle accordait réellement du temps à l’un de ceux qu’elle appelait « faiseur de guerre ». Sinon cela, elle ne discutait qu’avec des civils et des soldats de la lumière. « Regardez la Coalition noire. Savez-vous que la Princesse Ariez a été défaite et aussitôt remplacée ? » demanda-t-elle, un grain de fureur dans les yeux. Oui. Sans doute le savait-il. Peu de gens étaient aussi reclus qu’elle. « Le Sanctum a été imbécile, en pensant enrayer un mal de cette manière. Actuellement, il y aura toujours un suppléant au mal : l’ambitieux. » Elle hocha la tête pour conforter son opinion. « Quand on chasse l’oppresseur, il faut maintenir sa position, instaurer des règles, changer les choses de l’intérieur. » À vrai dire, elle ne demanderait pas à Heinrich s’il était d’accord. La guerre n’avait pas changé sa tendance à refuser des pensées contraires.

« Rejoignez-moi, Heinrich. Il y a une place pour vous parmi mes gardes. Votre force nous aiderait beaucoup. »

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le Mer 3 Juil 2019 - 16:01
J'écoutais les paroles de la Générale avec attention, réprimant un petit sourire après m'être redressé.

Ce que disait la Générale avait énormément de sens et je ne le nierais pas. Mais... Gérer des hommes, au delà de l'entrainement est extrêmement dur. Trop impulsif, pas assez discipliné comme elle le disait. Mais ce n'est pas de cette discipline là dont j'ai besoin. J'estime que... Il faut que je renforce mon esprit, la volonté. Si un homme qui pense pouvoir déplacer des montagnes le peu... Alors un homme qui pense pouvoir arrêter un sort devrait pouvoir aussi.

Parler du Sanctum m'a provoqué un petit pincement au cœur.

J'écoutais. Et elle avait raison, si on ne fait que tondre, les mauvaises herbes repoussent, il faut les arracher. Rejoindre la garde de la lumière. Hein... Ce n'était pas une proposition déplaisante.

Je secouais la tête.

<< Je comprends ce que vous voulez dire Générale. Mais... Si je puis ajouter. >>

Elle méritait tout de même de savoir, je me suis réinstallé sur les sacs, les coudes sur les jambes. En la regardant l'air sérieux.

<< Générale, je ne suis personne. J'ai fait partie du Centurio, j'ai rejoint le Sanctum non par conviction mais pour rendre service. J'ai grimpé les échelons, Angeal était un proche ami jusqu'à sa mort. J'ai accompli mon devoir, et je m'en suis allé. J'ai marqué une petite pause, je me souvenais des flammes, je dois être honnête avec vous, le problème de ce groupe est que l'ambitieux se croit touché d'une mission divine, les fidèles gobent... Parce qu'ils sont incapables d'avoir confiance en eux. Je ne crois pas aux éternels, ils existent peut être mais c'est notre volonté et notre corps qui font que nous sommes fort, pas d'avoir été désigné par un divin qui vient de je ne sais d'où. Le problème quand il n'y a plus d'ennemi à combattre est que la corruption vient de l'intérieur, il y a eu une folle qui pensait faire brûler les infidèles, l'autre voulait tout simplement le pouvoir. >>

Une seconde pause.

<< Saviez-vous quel était le problème? La hiérarchie. Le primarque prends les décisions, le chef des templiers ne fait qu'appliquer la force. Si je veux régler un problème je dois attendre... Alors, au lieu d'attendre, j'ai préféré recouvrer ma liberté qui me manquait tant. Je suis un homme d'action, bien sûr jamais sans un minimum de réflexion. Ne trouvez-vous pas stupide que, quand vous constatez qu'une menace est imminente, de ne pouvoir agir sur le coup parce que vous n'êtes pas en position de force? Pire encore, si votre supérieur ferme les yeux? Les règles sont des chaines qui manquent de sens. >>

Je secouais la tête de nouveau, je faisais trop sérieux à mon goût mais... Il est vrai. Fallait que ça sorte, un jour.

<< Votre proposition m'honore Générale, mais je devrais refuser pour l'instant. Rejoindre la garde à vos côtés serait prendre position et je souhaites... Une petite inspiration, je souhaites continuer à voyager pour parfaire mon art, rencontrer d'autres groupes, me battre à l'amicale et continuer à progresser, en l'état actuel des choses, si ce n'est que des muscles je ne vous apporterais pas grand chose et... Je souhaiterais revenir avec bien plus. >>

J'esquissais un petit sourire, cela me satisfait comme réponse. Et... Une idée venait de naître.

<< Je compte retourner chez moi. Au jardin radieux. J'ai une vieille bicoque à réparer, mais dans quelques temps, je compte le transformer en... Comment ils appellent ça, dojo ? Un petit rire, je me doute que vous avez encore beaucoup de choses à accomplir. Mais si vous avez du temps, j'apprécierais une visite, et bien sûr si vous avez une jeune recrue qui a besoin de se faire remettre à niveau. >>

J'hochais la tête. Heinrich Maître d'arme... Voilà quelque chose qui plaît.
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le Sam 6 Juil 2019 - 4:07
Le Général Primus n’avait pas bronché à la mention du Centurio. À vrai dire, une partie d’elle s’était demandé s’il n’en était pas encore un des membres. Les mercenaires se regroupaient le plus souvent sous le drapeau de ces truands, de ces fous. À vrai dire, la nouvelle était bonne. Heinrich n’en faisait donc plus partie, ce qui était rassurant. Elle n’était pas particulièrement orgueilleuse, toutefois, que la victoire à Nottingham puisse être attribuée de près ou de loin au Centurio, cette organisation qui avait abandonné ce monde, qui l’avait délaissé pour le vendre au plus offrant alors qu’il ne lui appartenait pas… c’était une idée révoltante. Au-delà de cela, si la générale détestait le Centurio, détestait sa lâcheté et ses valeurs, elle n’avait pas autant de ressentiments envers ses membres. Pas autant. Bien sûr, elle pensait à Oakley. Le mercenaire, Natsu Dragneel, lui-même, lorsqu’elle avait dû faire équipe avec lui pour une enquête, ne lui avait pas semblé totalement haïssable.

La jeune femme n’avait pas non plus réagi lorsqu’il avait dit avoir été une personne importante au sein du Sanctum, si l’on oubliait son haussement de sourcils. Disons qu’elle se retint au moins de faire un commentaire. Mais elle avait bel et bien le souvenir, non pas d’un Heinrich, mais d’un Henri dans les rangs de ce groupe. À la réunion des dirigeants de faction, le garde accompagnant Angeal Hewley, portait ce nom assez proche tout de même. Ils pouvaient être une seule et même personne. Quoi qu’il en soit, elle écouta avec une relative attention les propos et détours détaillés par le guerrier errant sans vraiment deviner où il voulait en venir. Les sourcils toujours froncés, sa seule main valide posée sur sa cuisse, les deux pieds fermement posés sur le sol.
Quand il fit une pause, elle voulut intervenir mais… se ravisa.

Son esprit fut bien davantage éprouvé lorsqu’il refusa sa proposition. Mais compte tenu de son implication et application dans la bataille, elle eut la politesse d’attendre la fin de son explication.
« Idioties. » dit-elle en se levant brusquement, au moment-même où Heinrich reprit son souffle suite à son annonce. Elle s’approcha du guerrier qu’elle surpassait à présent qu’il était assis, et qui plus est ployé sur lui-même. « Vous ne pouvez pas refuser. Vos muscles me suffiront, je n’ai pas besoin de plus. C’est la guerre, Heinrich. » Ses yeux brûlèrent d’une intense colère à peine contenue, bien que sa voix restât d’un volume mesuré. Elle ne savait pas ce qu’était un dojo, et s’en fichait éperdument si bien qu’elle ne risquait pas de poser la moindre question. « Je ne ferme jamais les yeux. Je punis la moindre exaction, je suis incorruptible, soldat. » prononça-t-elle sans s’empêcher de l’appeler par cette mauvaise nomination. Si la lumière était bel et bien corrompue, ce dont elle ne doutait pas dans une certaine mesure… jamais elle n’agirait différemment de ses principes par ambition, haine ou envie. « J’attends la même attitude de mes soldats. » Mais cet homme était tout son contraire. La façon dont il avait défini les règles était la somme de tout ce qu’elle détestait. Les règles organisent les hommes, leur permet de vivre ensemble. Dès lors qu’on ne les respecte plus, on fait du mal à autrui.

« Je n’ai pas de temps pour votre dojo. » cracha-t-elle avec un certain dégoût, tout en s’approchant, occupant de plus en plus d’espace devant le guerrier. « La guerre nous menace et touchera le peuple bien trop tôt. Et aucune de ces vermines, que ce soit ces cinoques du Sanctum ou ces cloportes du Centurio, n’arrangera les choses. Nous sommes seuls, à la Lumière, à combattre pour le bien. » Une terrible envie de le secouer et de le frapper la titilla soudain mais elle se retint. Il changerait d’avis avant qu’elle ne le menace. « Alors ne me fatiguez pas avec votre besoin de devenir un homme meilleur. Vous et moi… » Elle pointa son index vers le crane du vieillard, les traits déformés par l’agacement et la fatigue. « Nous avons des choses à nous faire pardonner auprès du Seigneur.  Nous avons exécuté beaucoup trop d’hommes. Oubliez-vous. Nous ne comptons pas dans toute cette histoire. Vous pouvez être la troisième épée des gardes de la lumière. Vous pouvez être un capitaine, avoir des hommes à vos ordres et changer les choses. » Non, ce n’était pas un honneur qu’elle lui faisait mais une chance qu’elle lui offrait. Mais il était fort, terriblement puissant. Les choses pourraient grandement changer s’il acceptait d’écouter sa raison. « Et j’accepte les prises d’initiative. »


Dernière édition par Général Primus le Lun 19 Aoû 2019 - 17:28, édité 2 fois

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le Sam 6 Juil 2019 - 6:19
La Générale s'était rapprochée, elle venait... De cracher à mon visage, mes désirs, mon ambition. C'est une sacrée femme qui vient de faire quelque chose qui est difficile à accomplir. Me vexer.

Je m'étais redressé, me disant qu'on avait tué trop d'hommes, que je pouvais être un capitaine, une épée, qu'elle avait besoin de mes muscles, il y avait cette sensation de n'être qu'un outil, mon refus l'a agacée, raconter ma vie aussi, ce n'était peut-être pas le moment de lui en parler mais j'ai senti le besoin d'être honnête. Alors rien que quand nos regards ce sont croisés, je me suis permis de lui envoyer un message. Les mots ne suffisaient pas ou tombaient dans l'oreille d'un sourd, juste ce dont elle a été témoin n'était encore qu'un potentiel qui demandait à être travaillé.

C'est...

<< J'ai envie de vous coller une baffe. Générale. >>

Je me fis craquer la nuque.

<< Vous venez tout simplement de m'insulter, de dire de m'oublier et ensuite d'appâter en me promettant un grade, des hommes, un rêve. Je croisais les bras, elle me rendait dingue. si je dois être raisonnable, je devrais vous cracher au visage et m'en aller en vous disant merde. >>

Néanmoins, sa proposition était attrayante. Je ne suis juste... Pas prêt. Je secouais la tête. Si éloigné, si différent et pourtant... Nous sommes pareil.

<< En l'état actuel Générale, je ne suis qu'un tas de muscle. Je compte revenir en étant bien plus, vous me direz que si je n'agis pas maintenant je ne suis qu'un sot et je ne vaudrais pas mieux qu'un civil. Je la pointais du doigt, votre guerre se fait pour des personnes qui ne diront pas merci, qui ne sauront pas votre nom, qui n'apporterons pas de fleurs sur votre tombe. Ensuite, je me pointais du pouce. La mienne se fait au sein des gens, qui ont des noms, des histoires, des ambitions, au nom de ces gens, je me suis battu tout les jours! J'ai porté un fardeau qui ne m'était pas destiné, mon plus proche ami a été tué par un homme que j'ai sauvé, mon mentor pourrissait dans vos cachots et a disparu de la surface des mondes. >>

Je m'éloignais de quelques pas, me rapprochant d'un arbre. Saisissant ma hache à deux mains

<< Ne me parlez pas de pardon, ne me parlez pas d'avoir trop tué! Vous le savez très bien, qui vit par l'épée périra par la lame, si on veut la vie sauve il faut l'enterrer! Tout ceux qui se sont dressés jusqu'au bout, peu importe leur histoire, les contraintes, avait cette ultime liberté d'arrêter de se battre. Je peux haïr mon pire ennemi, mais pour s'être dressé devant moi, s'être battu férocement, d'être tombé sous mes coups, je porterai avec moi sa mémoire, et il aura acquis mon respect! >>

J'abattais l'arbre d'un coup formidable qui allongera tout de même mon temps de repos de quelques jours, tout au plus. Ce n'était pas un coup pour impressionner non, c'était bel et bien un coup de rage qui aurait pu lui être destinée! Je la pointais de la hampe de mon arme.

<< Je suis parfaitement conscient de vos besoins Générale, j'ai vu sur le champs de bataille, j'ai constaté la rage et l'arrogance de la jeunesse. Vous avez besoin de quelqu'un qui a la tête haute, qui ne regrette rien, qui puisse frapper fort et bien et en l'état actuel des choses... J'avalais ma salive, ça allait faire un poil mal, vous n'avez pas avancé de véritable argument de pourquoi je devrais. Vous êtes une Générale, une Soldate, une Guerrière. Mais derrière l'acier se cache une personne qui a un passé, des raisons d'en être là, de faire ce qu'elle fait, ce qui lui semble juste. Je ne suis pas intéressé par les louanges, les armoiries, les grades, et j'en passe le reste. >>

Je fronçais les sourcils en la regardant, si là n'était pas l'air le plus sérieux que je puisse prendre. Que tout ce qu'il y a de plus sacré m'en damne.

<< Je veux savoir pourquoi vous faites tout ça. Pas comment, pas où, pourquoi... Et avant que vous ne répondiez "Je fais ce qui est juste" ou "Par principe", ce genre de réponses ne me donneront pas satisfaction, et il me faudra des détails. >>
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le Lun 19 Aoû 2019 - 19:15
Le bouleau s’effondra à la lisière entre la forêt et la clairière, appelant l’attention de nombreux civils, brigands et soldats. La générale balaya les environs d’un regard alors que la dizaine de spectateurs gardaient un œil attentif sur la situation. Elle siffla entre ses dents d’agacement tout en écoutant l’errant sans le regarder dans les yeux, trop fière pour subir sa défense et ses interrogations romanesques. C’était par reconnaissance que Ravness n’avait pas sévi en l’entendant à plusieurs reprises parler de la frapper ou de lui cracher au visage. Il était bien certain qu’il eût été bien sage de ne pas céder à cette tentation, toutefois, si la guerrière avait l’habitude de déplaire, elle entendait rarement des personnes oser lui parler de la sorte. Une étincelle de tristesse déforma légèrement les traits de son visage, un instant. D’un geste de la tête, elle redevint la femme que le monde semblait voir en elle : une autocrate dépassée et hystérique.

« Générale ? » prononça un brigand derrière son épaule, sans doute inquiet devant cette situation.

« C’est ça que vous ne comprenez pas, Heinrich ! » répondit-elle avec une voix forte, sans se soucier de remettre tout le campement en état de guerre, si cela était nécessaire pour asseoir son propos. « Vous êtes un bougre d’imbécile à penser que le monde se soucie, ou devrait se soucier, de vous, de moi, de votre mentor ou de votre ami. Les raisons qui m’ont emmenée jusqu’ici n’ont aucune importance, pas plus que le nom et l’histoire de ceux qu’on sauve. » À son tour, elle pointa du doigt son vis-à-vis, le visage altéré par sa colère et sa déception. Elle avait tant fait pour cette guerre et pour ce peuple, et tous ceux qu’elle avait rencontrés la traitaient finalement comme un animal enragé, une bête aux propos et aux desseins incompréhensibles. « Si vous tenez vraiment à ces personnes, oubliez-vous, oubliez votre lien avec chacune d’entre elles et l’importance que vous pourrez avoir à leurs yeux. Aucun citoyen de la cité du crépuscule n’est en sûreté. Pas même si vous en sauvez deux, dix ou mille demain. »

Cet homme avait tout ce qu’elle s’était imaginé de l’errant ou du mercenaire. Pour commencer, il avait cette propension à ne voir le monde qu’à travers son point de vue, sans se questionner sur ce qui était bon ou pas. Si elle-même ne se targuait pas de ses opinions philosophiques, elle avait appris qu’en ces temps et en ces mondes, nul ne sortait vraiment indemne de son passé. Elle n’avait plus de famille, plus de mentor. Même la femme qu’elle aimait lui avait été enlevée. Mais aucune de ces pertes ne pouvait justifier une vie égoïste et de complaisance. Il était plus vieux, certes. Il avait vécu une vie de mercenaire et de fanatique et à présent, persistait à vouloir rester solitaire, riche de ses petites actions du quotidien. En somme, son histoire ne l’avait mené qu’à une existence personnelle… pour des intérêts personnels, des convictions personnelles ou une estime personnelle.

Ravness se rapprocha d’Heinrich à grands pas, de ceux qui auraient secoué la terre et effrayé ses subalternes, dans un autre contexte, au milieu d’un couloir du château de la lumière. Elle parla subitement moins fort, gardant toutefois ce ton furieux, autoritaire. D’aucuns auraient pu l’entendre encore à ce moment-là, mais elle ne propagerait pas le secret jusqu’en terres consules. Sa main proche de la tunique du vétéran, comme prête à la saisir.
« C’est pour le salut que je suis ici, Heinrich. Et c’est le salut qui a guidé le moindre de mes pas depuis mes dix-huit ans, alors que j’étais une capitaine de l’armée du Consulat et que j’ai compris que ma vie entière n’était que crimes et souillures. » cracha-t-elle comme un aveu, les yeux peinant à regarder cet homme, mais les sourcils si froncés et le visage si crispé qu’ils en cachaient la peine qui la gagnait. Même en des termes équivoques, la générale de la lumière ne parlait jamais de son passé. « Vivez cette vie d’indifférence et sentez-vous libre de faire les choix qui vous accommoderont le plus. Une éternité de douleurs et de remords viendra à bout de vos os comme des miens si vous ne choisissez pas d’affronter le vrai problème aujourd’hui. » Elle prit une inspiration, sentant sa poitrine secouée par son souffle inconstant, court. La douleur de ses membres résonnait en elle comme ils l’avaient fait la veille à la fin de sa convalescence. « Quant aux détails… » La générale glissa sa main sous sa cape et en sortit sa bourse qu’elle ouvrit difficilement, de sa seule poigne, avant d’en tirer une poignée de munnies, quelque mille-cinq-cent, qu’elle flanqua dans la main d’Heinrich. Le nom Loxaerion ne représentait pas tant pour elle, mais Ravness savait qu’elle ne le bafouerait pas en refusant de dépenser de la fortune familiale pour un service rendu. « Je les emporterai dans ma tombe, avec l’idée que je m’étais faite de vous. »

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le Lun 19 Aoû 2019 - 20:34
Les sourcils froncés et la hampe de la hache sur le sol. Le jugement était au rendez-vous. Je crois que moi et la Générale, nous ne marchons pas sur le même plancher. Mais... Elle su tout de même, calmer un peu la fureur, par la compréhension. Ainsi... C'était une personne bienveillante, colérique certes, autoritaire. Mais bienveillante, peut-être était là cette pureté qui, malgré l'apparence des choses, me fis secouer la tête.

J'ai été persuadé d'avoir lu en elle comme un livre ouvert et hélas, je me suis bien trompé.

La bourse revint dans la main de celle qui l'offrait.

<< Je comprends ce que vous voulez dire Générale. >>

Même si là était le contrat, je me devais de le refuser, par principe.

<< Je refuse votre récompense. Si je devais l'accepter après cette discussion ce serait un peu être hypocrite et en désaccord avec ce pourquoi je viens de me battre. Mais vous avez parfaitement raison, la douleur viendra au bout de mes os mais... Je préfères les remords aux regrets. >>

Je pris une grande inspiration, puis je secouais la tête.

<< Je ne suis pas d'accord avec votre déclaration cependant. Si nous oublions qui nous sommes, nous ne devenons que des outils. Et votre vie ne se résume pas à l'épée que vous avez accrochée à la ceinture. Votre passé? Peut-être, nous n'avons pas vécu les mêmes tragédies, mais je peux dire que nous avons un même objectif en tête... Et c'est le moyen ou la motivation qui change. Je redressais un peu la tête, regardant le ciel. Pas de rêve de gloire, pas d'envie de reconnaissance... Et j'en ai même l'impression que vos propres alliés vous craignent plus qu'ils ne vous respectent. Je reposais mon regard sur elle, et malgré qu'elle ai du mal à fixer, le mien se faisait insistant, je trouve cela anormal, Générale, que vous vous déshumanisez à ce point pour mener votre guerre... Et que vous pensez que c'est la bonne façon d'agir. >>

Je fis quelques pas en arrière, me massant la nuque.

<< Désolé si vous vous êtes trompée sur ma personne. Croyez-moi que bien au delà de la colère, vous avez mon respect et mon admiration. >>

Un ange était passé. Je crois, et j'ai reposé mon regard sur la Générale. L'air sérieux.

<< C'est mon libre arbitre et mes choix qui m'ont menés à vos côtés aujourd'hui. J'aurais pu vivre une vie de responsabilité à combattre au Sanctum aux noms de faux-dieux, ou de me vendre aux plus offrants chez les Mercenaires sans se soucier de qui je tuais et pourquoi je le tuais. Mon existence a repris son sens dès que j'ai brisé mes chaines. A mon regard Générale, ce n'est pas une liberté que vous me proposez, ou l'occasion de faire pour un grand bien que je ne connais pas, c'est une autre paire de menottes... Un petit souffle, je refuse d'être enchainé de nouveau juste parce que ma force est un atout, c'est ignorer tout le reste. >>
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le Sam 24 Aoû 2019 - 23:33
Pour la générale, la réaction d’Heinrich fut une surprise, mais hélas, pas des plus agréables. Sans dire qu’elle était déçue de le voir se calmer subitement, devenir compréhensif, il est utile de rappeler que l’instant d’avant, elle crachait sa fureur et payait le mercenaire comme on paie un voleur. Ravness ne s’était donc attendue qu’à une surenchère dans l’agressivité et l’attaque de la part du guerrier. Non… romanesque, c’est bien le mot qui lui était venu à l’esprit plus tôt pour qualifier cet homme. Sa manière de vivre et de répondre n’avait rien à voir avec tout ce qu’elle avait connu. Une part d’elle, convaincue que ce personnage haut-en-couleur ne pouvait être que l’œuvre d’un écrivain, se demandait si ce chevalier au cœur pur n’était pas qu’un rôle que le guerrier jouait pour faire parler de lui.
Circonspecte, farouche, elle écouta ce qu’il avait à dire, reprenant l’argent qu’elle lui avait promis et donné. Bien sûr, il était hors de question qu’elle insistât. S’il renonçait à sa créance, l’argent servirait à quelque chose de plus utile. À vrai dire, rôle ou pas, le fait qu’il ait refusé arrangeait légèrement le portrait que la jeune femme faisait de lui au fur et à mesure de leur première vraie discussion.

Si elle ne le regardait pas toujours dans les yeux, si elle demeurait silencieuse, Ravness n’en était pas moins en colère. Un changement de ton ne suffisait pas à la calmer, car avant tout, il était question d’actes et de principes. Cet homme était, pensait-elle, réellement une personne avec de très bonnes intentions. Pour autant, s’il prétendait avoir le même objectif qu’elle, celui-ci n’était pourtant qu’une idée. Car oui, Heinrich Ventrecroc avait parlé de ses desseins, la construction de ce… mot. Qu’importe. Elle ne savait pas ce que c’était, mais à première vue, l’infrastructure qu’il voulait construire était un lieu de combat au sein du Jardin Radieux. Des combats encadrés, sans doute. Quel genre de paix ce lieu servirait-il ? Cette question martelait les tempes de la générale, alors qu’elle constatait son échec. Elle ne parviendrait pas à le convaincre. Il n’était pas prêt à agir vraiment.


« J’ai compris. » répondit-elle sèchement. Son regard croisa celui du guerrier. Sans sourire, elle essaya de détendre son visage, de lui faire comprendre qu’elle acceptait de le quitter en des termes cordiaux. Il ne deviendrait son ennemi que lorsqu’il serait sur son chemin, pas avant, pas seulement pour quelques rêves bellicistes. « Je vous préviens parce que je vous estime, Heinrich. Un jour viendra où les gens comme vous se battront sous la bannière de la lumière, ou renonceront à se battre. Ce jour-là, ne soyez pas ridicule et rejoignez-moi. » Elle fit un sec mouvement de tête, comme l’ébauche d’un salut raté. « Je dois partir. Mes hommes m’attendent. Nous nous reverrons sûrement.» Une nouvelle fois, elle hocha la tête, et tourna les talons, fit volte-face, pour s’enfoncer une nouvelle fois dans le campement, laissant le guerrier seul, trônant sur un bouleau fatigué et sur ses blessures ouvertes. Ce n’était pas une cuisante déconvenue, simplement une déception. L’important était qu’ils avaient rétabli le calme, ou un semblant, dans la forêt de Sherwood. Heinrich avait évité aux brigands quelques pertes, et la mort de Sora à la générale. De cela, elle s’estimait heureuse. Mais avoir combattu aux côtés d’un homme qui n’appartenait pas à la lumière ou à un peuple allié, pour l’une des seules fois de sa vie, et pour au final le voir s’éloigner comme un vagabond vers sa misère, lui laissait un goût d’échec.

Une dizaine de minutes plus tard, elle atteignit un attroupement autour d’autant de chevaux. Ses yeux croisèrent aussitôt ceux de l’officier Ambre qui vint vers elle, un sourire éclatant au visage alors qu’un bandage recouvrait encore son front. La guerre l’avait touchée, et sur le moment, la générale avait craint qu’elle n’en sorte pas… ou mal.


« Officier. »

« Générale. Comment va votre bras ? Vous pourrez chevaucher ? »

La générale hocha la tête, sincèrement touchée par la sollicitude d’Ambre. Certes, elle avait été son aide de camp cette dernière année, mais… à l’heure de leur retour au château, elle était surprise de la voir songer à autre chose qu’à son bain. Car pour sa part, c’était la seule chose qui la maintenait dans un état psychologique stable.

Ravness dépassa la garde pour s’avancer vers les dix capes grises.
« Vous ne reviendrez pas avant longtemps. Je suis fière de vous et de votre choix. Mais celui-ci mettra vos proches en danger si vous rentrez ici tant que la situation avec la Coalition noire ne sera pas réglée. » Elle alla à la droite de son cheval, posa sa main intacte sur la selle de celui-ci avant de l’enfourcher d’un geste. Un sac en chanvre autour de son buste, les rênes entre ses doigts, elle regarda la dizaine de brigands hybrides, eux aussi à cheval. Ceux-ci étaient volontaires pour rejoindre la guerre plus globale qui continuait partout ailleurs. Tous les autres, ici, choisissaient la paix et le refuge d’un monde sur lequel tout devait s’arrêter. Ce qu’elle respectait. Pour la plupart, ces dix étaient d’habiles compagnons, des agiles grimpeurs et acrobates. Elle saurait les utiliser et les incorporer à son armée de gardes.

La jeune femme sentit une emprise sur son mollet. Ses yeux se posèrent sur la masse importante du Shérif. Le visage à moitié paralysé, s’il n’avait rien de très engageant, semblait sourire. Ravness sourit légèrement.
« Je crois que vous allez un peu me manquer, Shérif. »

« C’est plus ou moins ce que j’allais vous dire. » Un rire s’étouffa dans sa mâchoire. « Vous allez poursuivre Kefka ? »

« Non. » Son sourire se fit plus désolé. « C’est une promesse que je ne vais pas pouvoir tenir. » Ses talons heurtèrent les flancs du cheval. « Mais s’il réapparait, nous nous en occuperons. » Elle commença à s’éloigner au trot, faisant un geste de la tête à Ambre qui cria derrière elle : « En avant, les gars ! »

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