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« Vous vous sentez prête, chef ? »

Bien sûr que non.

Malgré le prestige que j’ai acquis, malgré les ennemis que j’ai affrontés, malgré ma position actuelle, je me sens comme une jeune fille qui se rend pour la première fois chez la marieuse. En tant qu’Ambassadrice du Consulat en Terre des Dragons, j’ai l’immense privilège d’avoir l’occasion de rencontrer Sa Majesté l’Empereur de Chine, le « maître du monde » comme nous l’appelions autrefois avant que nous prenions connaissance des autres terres des Routes Stellaires.

Je vais me présenter spontanément auprès de lui, comme un simple sujet. Bien sûr, j’ai sorti une belle tenue, les bijoux, les accessoires. Tout. S’il y a bien un jour où il faut être parfaite, c’est celui-ci.


« Absolument pas. Mais je n’ai pas le choix, je dois bien le rencontrer un jour. »

Le Consulat est officiellement un protecteur de l’Empire. Cependant, de nombreux consuls ont des statuts officiels dans les ministères et globalement, l’Empereur n’a pas fait grand chose ces derniers temps. L’équilibre politique global est maintenu grâce aux consulaires de mon point de vue.

C’est une chance qu’avec les deux dragons morts, dont Tianlong, il n’y ait pas eu de rébellion. Malgré une brève évocation de l’idée avec Genesis, il ne semble toujours pas vraiment comprendre le fond du problème soulevé par le décès des reptiles célestes. Le Mandat du Ciel est fragile désormais. L’Empereur est vieux. S’il n’y avait pas une ingérence étrangère dans la politique impériale, il y aurait déjà eu une guerre civile. Des dynasties ont déjà été renversées pour moins que ça.

Mais ce n’est pas vraiment le sujet d’aujourd’hui, non. Je veux prendre la mesure de l’homme, voir son regard. Comprendre ce qu’il veut. Est-ce qu’il a des affaires dont il souhaiterait me parler ? Comment voit-il l’organisation que je représente ? Comment puis-je en faire un allié pour le profit des peuples de l’Empire ? Voici ce que nous allons faire d’ici quelques instants : répondre à ces interrogations. Pour le Consulat, pour l’Empire, pour le Peuple.

Nous posons l’appareil dans l’astroport de la Shinra. Francis restera ici. Il n’a pas besoin de voir le Fils du Ciel, et honnêtement… Je préfère être seule pour cette tâche. Je veux avoir toute mon attention concentrée sur Sa Majesté, il faut que ma lecture soit parfaite, remarquer tous les petits détails qui m’aideront à comprendre qui il est et ce qu’il pense.

Nous atterrissons. Je laisse Francis s’occuper du vaisseau tandis que je prends une forme de corbeau pour me déplacer rapidement jusqu’à la porte principale de la Cité Interdite : Tiananmen. La Porte du Ciel. Je survole l’imposante capitale du nord qui grouille d’activités. Lorsque j’approche de mon objectif, je reprends forme humaine dans une des rues adjacentes à la grande place.

Mon passage dans les rues n’est pas invisible. Rapidement, les gens se pressent pour voir cette femme particulièrement bien habillée se diriger vers la résidence des empereurs de Chine. Une patrouille de gardes me remarque également et vient à ma rencontre.


« Honorables salutations, Madame. Pouvez-vous décliner votre identité je vous prie ?
- Bien sûr. Je suis Songzi Huayan. Consule de l’Étiquette, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat en Terre des Dragons, Gouverneur et Dame de Chengdu. » dis-je suffisamment fort pour que les badauds autour de nous entendent.

Il faut bien améliorer ma réputation.


« Je viens demander une audience auprès de Sa Majesté l’Empereur. Je me rends à 天安门.
- Pardonnez-nous de vous avoir arrêté aussi... Brusquement. Nous allons vous escorter jusqu’à la porte de la Cité Interdite, Dame Song. »

Les gardes sont bien disciplinés ici. Très professionnels. On sent que c’est le siège du pouvoir impérial. Il faudra prendre exemple pour notre future « garde Song étendue ». Nous quittons bien vite les faubourgs de la population pour arriver devant l’imposante entrée du Palais impérial.

Tiananmen est une gigantesque porte qui garde l’accès principal à la Cité Interdite. Elle ne porte pas son nom pour rien : des douves l’entourent, des murailles protègent et la garde impériale directement sous la direction de l’Empereur veille aux grains. Chaque section a des murs les séparant des autres. Tout est structuré, tout est ordonné.

La patrouille m’escorte jusqu’à l’entrée. Puis le chef s’éloigne pour aller parler à garde impérial. Je ne perds pas de temps, je m’avance lentement pour me séparer du groupe. Je me mets à genou à même la pierre. Je joins mes mains devant ma poitrine et je dis fort et très distinctement :


« Moi Songzi Huayan, demande solennellement et très modestement une audience auprès de Sa Majesté l’Empereur ! »

Puis je me prosterne devant le petit pont qui donne accès aux grandes et lourdes portes. L’Empereur est déjà là, par les symboles. La Cité Interdite a un caractère sacré quelque part : le Fils du Ciel vit à l’intérieur. Même si j’arrive à rentrer aujourd’hui, je ne pourrai que voir le hall où Sa Majesté reçoit les gens comme moi et le peuple. Les jardins, les concubines, les salles d’études et les cuisines… Peu de chance que je puisse ne serait-ce que les entrevoir. Le protocole est lourd en Chine, particulièrement ici.

Les gardes de la patrouille disparaissent pour retourner à leur mission, tandis que je demeure prosternée devant l’entrée. Il va falloir que j’attende un moment. Le temps qu’un garde trouve l’Empereur, lui dise que je suis déjà entrain d’attendre, qu’il revienne, qu’ils ouvrent les portes… J’en ai pour un petit moment et j’ai déjà mal aux genoux.

C’est long. Dix minutes, un quart d’heure, une demie heure… Le temps file tandis que je suis toujours sur le sol à attendre la réponse de l’Empereur. Il pourrait refuser de me voir, s’il est occupé avec une de ses femmes ou s’il a une réunion importante, c’est son droit. Il ne le fera probablement pas vu que je ne suis pas une simple « sujet » mais il y a cette idée.

Après une heure d’attente, les lourdes portes s’entrouvrent. J’entends le mécanisme tourné. Je relève la tête, deux gardes impériaux -on les reconnaît à leurs armures beaucoup plus impressionnantes que la moyenne-, se dirigent vers moi. Ils me permettent de me remettre sur pieds.


« L’Empereur va vous recevoir, suivez-nous s’il vous plaît ma Dame. » lance-t-il, froid et imperturbable.

Ça y est. C’est le moment. Moi, Song Huayan, je vais rentrer dans le palais des cieux. La résidence impériale. C’est à la fois émouvant et impressionnant pour moi. C’est tellement immense et grandiose, ça ne paraît pas réel. Le pouvoir de l’Empire est ici, on peut le sentir, on peut le « vivre » à travers ces édifices de pierres magnifiques à la gloire de notre culture !

Je franchis le pont des douves. Je passe Tiananmen. Je suis dans la Cité Interdite. J’y suis.

Nous avançons dans un long couloir à ciel ouvert avec de nombreux gardes. En face de moi, une seconde porte que nous passons rapidement. Après cela, nous continuons notre chemin pour arriver devant la Porte du Méridien. Nous y sommes. Le vrai accès à la Cité Interdite. Les portes s'ouvrent, nous pouvons entrer.

J'arrive dans une grande cour où plusieurs ponts de pierre traversent un fin cours d’eau. En face de moi, la Porte de l’Harmonie Suprême. Il y a de nombreux gardes partout, des demoiselles et un vaste nombre d’eunuques vaquent à leurs occupations tandis que certains me guettent du regard : qui est cette femme seule qui vient demander une audience auprès de l’Empereur ?

Tout le monde sait que pour les femmes impériales, la Cité Interdite est une prison dorée. Elles ne peuvent sortir qu’en faisant une demande directement à l’Empereur lui-même, sous certaines conditions. Chacune ayant un rang différent avec des privilèges allant avec, elles se battent sans cesse pour briller le plus possible aux yeux de leur mari. Malgré le nombre considérable de femmes, seule l’Impératrice a le statut d’épouse et de femme légitime. C’est elle qui règne sur le palais intérieur.

Autant vous dire que toutes ces dames riches et en quête d’influence vont savoir d’une manière ou d’une autre que je suis venue… Et en vérité, cela ne me dérange pas vraiment. Toute femme de l’Empire peut devenir une concubine de l’Empereur, quel que soit la famille de naissance, noble ou roturier. Cependant, la plupart de ces dames viennent de familles instruites, riches, nobles ou de fonctionnaires. Si certaines d’entre elles cherchent un soutien politique venant de l’extérieur de la Cité Interdite… Elle pourrait me voir comme une opportunité d’alliance intéressante.

Et si je suis alliée avec des femmes de l’Empereur, je pourrais gagner en influence auprès de puissantes familles. Des fonctionnaires, parfois des ministres, des généraux. Nous ne sommes pas sur de la mauvaise qualité relationnelle, loin de là. Mais je m’avance un peu trop pour le moment, restons concentrés sur l’objectif du jour.

Nous passons la Porte de l’Harmonie Suprême pour arriver dans l’immense cour Tianhedian. A l’autre extrémité de cet espace gigantesque où de nombreux gardes sont là aussi en faction, il y a le Hall de l’Harmonie Suprême. C’est là que l’Empereur reçoit le peuple et les dignitaires comme moi pour les audiences. Comme je l’ai annoncé au début, tout est verrouillé : les autres portes et accès menant au reste de la Cité Interdite sont fermés ou lourdement gardés.

Personne n’a envie qu’un invité indésirable aille voir les concubines ou sème la pagaille dans le palais. Je descends les marches de pierre lentement et continue mon trajet, droite, les épaules lourdes et le cœur qui bat la chamade. Il n’y a pas un bruit, si ce n’est les pas lourds des hommes derrière moi et le frottement de leurs plaques de métal sur leurs corps.

Je gravis lentement les marches menant au Hall de l’Harmonie Suprême. Les portes s’ouvrent lentement, je passe la marche pour rentrer dans le bâtiment. Je fais un, deux, trois, quatre, cinq, six pas de plus.


« Songzi Huayan ! Consule de l’Étiquette, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Gouverneur et Dame de Chengdu ! » crie un eunuque impérial, les plus hauts gradés. Ce serait un rêve pour Xupeng de porter leur coiffe légendaire.

Je me prosterne à nouveau sur le sol, à l’exception que cette fois-ci, il y a un tapis rouge épais posé sur le bois du hall et il y a l’Empereur sur son trône. Je ne bouge pas, je ne tremble pas, je reste fixe. Comme toute personne bien éduquée le ferait, seul l’Empereur peut me laisser la chance de me redresser.

Après quelques instants, il m’intime de le faire avec une voix calme et détendue :


« Relevez-vous, Dame de Chengdu.
- Merci Votre Grâce. »

Je me relève pour me remettre sur mes deux jambes. Son hanfu jaune et sa coiffe sont magnifiques. Une fine mais longue barbe blanche montre qu’il a vu passer des jours lumineux comme sombres, calmes comme tempétueux. Il tend la main doucement, pour me faire signe d’approcher. Son fauteuil est légèrement en hauteur, plusieurs marches me séparent de lui. Il est au-dessus de moi et c’est symbolisé par cette différence.

« Vous êtes l’Ambassadrice du Consulat, Songzi Huayan. Vous avez un statut qui vous permet de prendre rendez-vous directement avec le Secrétariat Impérial, pourquoi vous présentez aux portes de la façon la plus… Simple et traditionnelle à la fois ? » demande t-il tout en caressant sa barbe.

J’exécute une légère révérence devant lui avant de parler.


« Je suis certes l’Ambassadrice du Consulat en Terre des Dragons, Votre Grâce. Cependant, avant d’avoir un statut, je suis une Han, une fille du Dragon. Je suis autant votre sujet que n’importe quel homme, femme ou enfant de ce monde. J’ai pensé qu’il serait plus approprié de me présenter ainsi auprès de Son Altesse Impérial. » dis-je, calme et mesurée.

S’il y a bien une personne que je ne veux pas froisser, c’est bien lui.


« J’apprécie votre démarche, Songzi Huayan. C’est important de se rappeler d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Quel est le motif de votre visite aujourd’hui ?
- Je souhaitais me présenter humblement devant Votre Grâce et également aborder de récents développements dans le sud du pays ainsi que quelques affaires en lien avec le Consulat.
- Fort bien. Sachez avant que nous commencions que j’ai été très touché par votre dévouement à protéger votre ville natale d’une attaque scandaleuse de bandits et autres pilleurs. La bannière de l’Empire a flotté haut ce jour-là d’après les témoins. J’aimerais que mes généraux soient tous faits de la même étoffe que vous et votre frère le nouveau Duc du Sichuan.
- Nous n’avons fait que notre devoir, Majesté. La famille Song vous ait grandement redevable quant aux récompenses que vous lui avez accordé. »

Le début du plan semble bien fonctionner. J’aimerais créer une relation de confiance avec lui. Je veux qu’il ressente que oui, il traite avec le Consulat à travers moi mais qu’il peut s’en remettre à moi : je ne suis pas une étrangère, je me suis battue sous sa bannière, ma famille est extrêmement reconnaissante envers sa personne et mon frère est sous ses ordres directs. Il a donc des moyens de pression ou d’influence sur moi éventuellement, de son point de vue.

« Je vous écoute, Songzi Huayan. » lance-t-il enfin avec un léger sourire.

Un eunuque m’apporte un épais coussin sur lequel je peux m’asseoir. C’est bien plus confortable que le tapis sur le parquet. Je prends place élégamment et commence à parler :


« La Bataille de Chengdu a été remporté brillamment par les forces fidèles à Sa Majesté. Cependant, cette affaire a révélé un grave problème de corruption dans le sud de l’Empire. De plus, une secte de fanatiques religieux serait à l’origine de cette gangrène politique. Nous avons coupé une tête sur le champ de bataille, mais il en reste probablement d’autres que nous n’avons pas identifié.
- C’est extrêmement préoccupant en effet. J’ai lu ces rapports concernant cela. J’ai ordonné aux gouverneurs des provinces du sud d’enquêter et de supprimer les corrompus au plus tôt.
- Cela nous a apporté un soutien très fort, Majesté. Les habitants du sud vous remercient pour cela. Je souhaiterai également vous demander s’il serait possible que le Ministère de la Justice dépêche des enquêteurs de la capitale pour aider les fonctionnaires locaux ? Certains corrompus sont des agents de l’Etat et j’ai peur qu’ils ralentissent les enquêtes au profit des malhonnêtes.
- Je vais voir cela avec le Ministre concerné. C’est un problème grave qu’il faut résoudre rapidement. Votre aide est très précieuse en la matière. »

J’incline légèrement la tête pour le remercier.

« Concernant le Consulat, je crois avoir compris que Chengdu va accueillir une ambassade consulaire c’est bien cela ?
- En effet, Votre Majesté.
- Pourquoi l’installer là-bas et non pas à Beijing ? Le Consulat a peur de faire moins bien que la Cité Interdite et nos magnifiques temples ? » demande-t-il sur un ton un peu moqueur.

Une question particulièrement avisée. Heureusement que je l’avais prévu.


« Nous pensons que Beijing demeure la capitale politique, administrative et militaire de l’Empire, Votre Grâce. Le Consulat, par ma voix, respecte l’autorité de l’Empereur. Nous n’oserions pas faire ombrage à votre personne en construisant maladroitement une ambassade au cœur de la ville du Fils du Ciel. » commencé-je.

Je prends un bol d’air frais et continue.

« Nous avons pensé qu’il était plus judicieux de la placer dans une ville au sud de l’Empire dans le but d’apporter une nouvelle dynamique aux provinces alentours et apporter à terme une plus grande stabilité politique et économique en Terre des Dragons. Avec l’ambassade à Chengdu, les échanges entre le nord et le sud vont augmenter drastiquement et à terme, cette prospérité rayonnera sur tous les territoires impériaux.
- Je vois. C’est une bonne idée, je l’admets. »

Il répond, mais je peux sentir à sa voix qu’il a senti mon petit tour de passe-passe. Il se lève de son trône, je ne m’attendais pas vraiment à cela et je me relève donc aussi. Un eunuque impérial s’approche pour suivre son maître tandis que les gardes ont les yeux fixés sur moi.

« Venez avec moi, Songzi Huayan. Marchons ensemble. » m’invite t-il très poliment.

Bien entendu et sans aucune discussion, je me tiens à ses côtés et marche à son rythme. On peut sentir qu’il a un certain âge, il ne marche pas aussi vite qu’un homme mûr et j’imagine que la tenue, la coiffe et les bijoux n’aident pas nécessairement. Malheureusement, c’est le protocole : il n’a pas le droit de s’habiller autrement.

Nous marchons donc dans le Hall de l’Harmonie Suprême avant que les portes s’ouvrent de nouveau pour que nous retournions à Tianhedian. Nous n’allons pas au milieu de la cour, là où il n’y a rien à voir, nous restons sur les côtés, à l’ombre des murs pour avancer tranquillement au milieu des gardes.


« J’ai une question pour vous, Songzi Huayan. Une question que je pose souvent aux gens que je rencontre ou à mes proches.
- Je vous écoute, Majesté.
- Que voulez-vous ? »

Ce n’est pas un « que voulez-vous » négatif ou agressif. Non. C’est vraiment une question simple, qui pourtant est un grand piège de la rhétorique. Les gens expriment tout le temps ce qu’ils veulent, parfois de façon plus claire que d’autres. Si vous savez ce que les personnes souhaitent, vous avez un accès plus facile pour les manipuler, en faire vos alliés. Ou vos ennemis, selon les allégeances j’imagine.

Je me tourne vers lui, en souriant légèrement. Je reste polie. Et pour une fois, je vais répondre honnêtement.


« Le bien du peuple et que ma famille soit heureuse, en sécurité. »

C’est peut-être mes deux motivations les plus profondes. Les plus ancrées en moi. Je n’ai aucun intérêt à mentir là-dessus. L’Empereur lâche un petit sourire rapide.

« Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi simple, mais c’est une volonté plutôt noble. Tout le monde veut protéger sa famille et le sens commun préfère la paix à la guerre, c’est certain. »

Nous marchons encore un petit peu, à l’ombre des murs. Nous nous arrêtons. Il se tourne vers la cour, observant l’ensemble architectural avec un œil avisé.

« Vous êtes une femme remarquable, Dame Song. Une femme forte. Je comprends pourquoi le Consulat vous a nommé à ce poste. Je comprends aussi votre attachement pour votre foyer et votre peuple. Si vous n’étiez pas intéressée par tout cela : auriez-vous livrer bataille vous-même au risque de votre vie ? Je ne le crois pas. » continue-t-il.

« Empereur, paysan, soldat, concubine, homme, femme… Nous avons tous un rôle à jouer. J’ai fait mes recherches avant de nommer votre mari gouverneur et vous « dame ». Vous venez d’une famille de marchands, fortunée, honnête. Aucun antécédent fâcheux, aucun noble dans votre famille non plus. Et par des évènements qui se sont enchaînés, vous voilà devenue l’une des femmes les plus puissantes de ce monde et ce en quelques années.
- Croyez-moi Votre Altesse, parfois je me dis que j’aurai préféré que rien de tout ceci ne se produise. Et pourtant me voilà devant vous aujourd’hui.
- Vous avez un destin singulier pour une femme chinoise. Vous devriez remercier les dieux et vos ancêtres avec une grande ferveur.
- Je le ferai Votre Grâce.
- Venez. Allons par là-bas. » dit-il en désignant un autre endroit de la cour.

Tout en marchant, il me demande un peu plus de précisions sur ce que je souhaite faire à Chengdu. Il n’approuve ni ne désapprouve vraiment. Il s’informe, il réfléchit. Je peux voir que certaines idées lui plaisent plus que d’autres, il faudra donc que j’adapte quelques « détails » pour être en phase avec les pouvoirs impérial et consulaire.


« Je veux être tenu au courant de vos développements. Envoyez-moi des rapports détaillés à une cadence régulière.
- Il sera fait selon vos ordres, Votre Grâce.
- Notre collaboration, vous en tant qu’Ambassadrice du Consulat et moi, Empereur de la Chine, est vitale pour l’avenir de notre pays. Notre peuple gouverne ces terres et nos enfants doivent prospérer dessus. Vous, vous devez travailler avec moi pour accomplir cet objectif. Il en sera de même pour mon fils le Prince héritier après moi.
- Je servirai cette noble cause de tout mon cœur, Votre Majesté.
- Bien. »

Bien, bien. Globalement, la rencontre s’est plutôt bien passée. Je me suis volontairement mise dans une attitude « soumise » pour lui faire comprendre qu’il avait l’ascendant sur moi. J’ai eu en face de moi Death le chef de la Coalition Noire. Je respecte l’Empereur, mais il n’a pas vraiment ce quelque chose d’effrayant que l’on peut trouver chez certains êtres des Routes Stellaires.

Si cette collaboration fonctionne comme je l’espère, nous pourrons apporter beaucoup de bien aux peuples de Chine. Sans compter le développement artistique et économique qui bénéficiera autant au Consulat qu’à l’Empire. Avec cette nouvelle force collaborative, je peux espérer un « meilleur » pour tous les sujets impériaux sur le long terme au lieu d’une stagnation.

J’ai de grands projets, ambitieux certes, mais peuvent offrir beaucoup au plus grand nombre. Avec la famille Song, le Consulat par mon intermédiaire et l’Empereur, nous pouvons former trois piliers qui permettront une croissance raisonnée et qui mènera l’Empire vers un nouvel âge d’or. Pour le bien de tous les honnêtes gens.

L’Empereur est concerné comme moi par le peuple et les progrès que nous pourrions faire ensemble. Un moyen aussi de rappeler « qui est le chef » également selon moi. Mes réussites rejailliront également sur le pouvoir central. Le mieux que je puisse faire pour entrer dans sa confiance et bénéficier de son soutien est de travailler à remplir les premiers objectifs que je me suis déjà fixée.

Je quitte la Cité Interdite avec la promesse faite à l’Empereur de venir le voir quand nécessaire, en plus des rapports réguliers que je devrais lui envoyer. Cette coopération débute sous les meilleurs auspices. Les lourdes portes du palais se referment derrière moi et je repars de là en jetant un bref regard aimant vers le Ciel.


« Chers ancêtres, votre fille a aujourd’hui parlé avec l’Empereur. Je crois que je vais pouvoir faire beaucoup de bien avec cette nouvelle mission. J’espère que vous êtes fiers de moi, là où vous êtes. »

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Audience à la Cour Impériale Signat10

"So much power in the mind, Yes divine
Take your chance, you'll never be next in line"









Impératrice Céleste Éternelle Meng Tian -蒙天-, Fondatrice de la Dynastie Song, Porteuse du Mandat Divin, Reine des Hans, des Mandchous et des Peuples du Sud, Grande Magistrice des Arts Magiques, Protectrice de la Terre des Dragons, Souveraine Légitime de toutes les Terres sous le Ciel, Ambassadrice des Cités Dorées du Consulat, Consule de l’Étiquette et Dame de Chengdu






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Exploit accompli.

Alors... Vraiment un rp intéressant.

Techniquement, il est pas mal du tout. Y a des fautes, des oublis, mais pas beaucoup.

"- Nous n’avons fait que notre devoir, Majesté. La famille Song vous ait grandement redevable quant aux récompenses que vous lui avez accordé. "

La famille Song vous ait grandement redevable... Y a un souci. Si c'était le verbe avoir que tu devais utiliser, tu te rendrais compte qu'en changeant le sujet à la première personne du pluriel "nous", il y aurait un souci. "Nous vous avons grandement redevable", ou si on garde le subjonctif que tu as utilisé : "Nous vous ayons grandement redevables".
Donc ce n'est pas l'auxiliaire avoir mais être, bien entendu.

"les récompenses que vous lui avez accordé".

Ici, c'est un accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir. Il s'accorde avec le complément d'objet (complément direct du verbe) si ce dernier se trouve avant le verbe. Ici... "Qu'a-t-il accordé ?" => Les récompenses. Les récompenses est donc le cdv du verbe "avez accordé". Il se trouve avant le verbe... donc on accorde le participe passé "accordé" avec le cdv.

Ca donnera : Les récompenses que vous lui avez accordées.

Je dois dire que le style est fort bon, et la lecture est assez agréable, c'est pas du tout chiant.

Passons au fond =).

Honnêtement j'ai trouvé ça très intéressant, très méthodique. Tu nous décris bien tout le chemin jusqu'à l'empereur, toutes les pratiques auxquelles Huayan doit s'accorder. C'est vraiment instructif, fort immersif. Clairement, j'ai de loin préféré le moment "chemin" jusqu'à l'empereur à la discussion en elle-même. Ce qui est vraiment appréciable, c'est que ça nous donne une base vraiment solide pour savoir à l'avenir quelles sont les méthodes convenables pour l'atteindre. Donc c'est un rp assez utile. De plus, ça rentre tellement bien dans ton attribution de consul de l'étiquette, je dois dire que je suis content.

Mais je trouve un défaut dans ton rp, clairement. Le dialogue est pas mauvais mais il souffre vraiment d'un contrôle que je qualifierais de... scripté.
Tu vas me dire que c'est logique puisque c'est toi qui décides ce que va dire chaque intervenant. Mais globalement tout le rp me semble être construit autour de ce que Huayan veut et des questions auxquelles elle veut répondre. J'ai déjà lu qu'on te faisait la critique "Rien ne prend jamais ton personnage au dépourvu" donc je pense que cette critique n'aura pas l'air de tomber de nulle part. Le souci, je l'ai ressenti dès la première question.

L'Empereur pose LA question qui arrange à mort Huayan "Pourquoi être venue par le canal traditionnel et pas en profitant de vos avantages en tant qu'ambassadrice, gouverneure, etc ?"

Soyons d'accord. Huayan ne pouvait pas donner une mauvaise réponse. C'est tellement convenu qu'elle a fait ça pour des raisons d'humilité, d'apparence, montrer qu'elle se situe au même niveau que le peuple au regard de l'empereur... que je vois même pas pourquoi il pose la question. J'aurais mille fois préféré de la subtilité; Qu'il remarque l'effort et que ça rentre en jeu dans sa manière de communiquer avec Huayan, mais que le sujet ne soit pas clairement amené à l'oral.  Y a des moments bien meilleurs dans le dialogue. La discussion plus professionnelle concernant la localisation de l'ambassade, des échanges, de l'activité du sud... tout ça était intéressant. Mais à nouveau la question; "Que voulez-vous ?"...

Ca m'a pas fait lever les yeux parce que la question n'est pas mauvaise. En fait, on touche à une réalité : l'interprétation de l'Empereur est assez juste et pour ça je te félicite. Je le reconnais assez dans cette discussion. La réponse de Huayan est à nouveau toute convenue, mais là, ça passe parce que c'est limite logique de pas répondre "Avant tout ? La richesse et un millier de putes."

Mais : "« Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi simple, mais c’est une volonté plutôt noble."

Autant ce qu'il dit après est vraiment cool, autant cette phrase m'a vraiment crispé. Il ne s'attendait pas à quelque chose d'aussi simple ? Pardon mais Huayan vient de répondre à la question  comme une Miss au concours Miss France, je regrette. "La paix dans le monde, et que ma famille soit heureuse, Jean-Pierre."
Alors... C'est sincère de la part de Huayan. Ca n'enlève rien au fait que sa réponse n'a rien de surprenante.

Ca semble un peu dur mais ici... je pense qu'il est nécessaire pour un rpiste de se rappeler qu'il y a trois manières de penser une parole :

1) Comment le rpiste la voit.
2) Comment le personnage la pense.
3) Comment les autres personnages peuvent la recevoir.

Si l'opinion générale se cale sur les deux premières manières de penser une parole, ça ne va pas. Les PNJ ne sont pas nos faire-valoir. Alors tu as généralement une bonne gestion des PNJ, comme en témoigne cet rp d'ailleurs. Il est solide, l'Empereur est bien. Mais faut vraiment veiller à se poser continuellement la question : "comment est-ce que les autres personnages peuvent entendre et comprendre ce que mon personnage vient de dire."

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