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le Sam 1 Juin 2019 - 14:07
« … Et ce serait un véritable plaisir de vous rencontrer à Chengdu pour que nous puissions parler des grands projets qui nous attendent sur ce monde. Je vous ferai goûter l’un de mes meilleurs thés, je vous en fais la promesse.

A très bientôt cher Consul,


Songzi Huayan, Ambassadrice du Consulat en Terre des Dragons, Consule de l’Étiquette, Gouverneur et Dame de Chengdu. »


J’appose mon sceau et voilà enfin un nouveau message de prêt à être envoyé.

« Xupeng.
- Présent, ma Dame.
- Envoie ce courrier avec les autres. Rejoins-moi dans la salle de réunion côté nord ensuite.
- Très bien. »

Il s’approche le dos incliné et les mains tendues vers l’avant. Je lui confie ce que je viens d’écrire puis il se retire immédiatement. Il fait exprès d’être aussi cérémonieux devant ma garde personnelle qui protège les accès à mon bureau. Depuis la bataille de Chengdu -et surtout la cérémonie de nominations qui a suivi-, ils ont tendance à être très tendues sur le protocole.

Bien sûr, ils ne sauteraient pas sur Xupeng pour le blesser. Cependant, tout comme mon cher eunuque, ils aiment qu’on respecte l’étiquette. Ce qui tombe plutôt bien vu mon nouveau statut au sein du Consulat.

Je me lève, prenant soin de bien ranger mon bureau avant de le quitter pour la salle de réunion. Tâchons de ne pas être en retard. J’ai horreur d’être en retard. Honnêtement, je ne sais pas d’où cela vient. Peut-être que c’était toujours en moi et que cela s’est aggravé récemment avec les employés du service marketing de la Shinra. Enfin, bref.

Je quitte la pièce, toujours escortée par mes gardes personnelles. Les soldats dévoués au Consulat par l’Empire ne sont pas encore arrivés à Chengdu. Je n’ai pas demandé leur présence d’ailleurs. Il n’y aurait pas réellement d’utilité : c’est beaucoup plus pratique pour moi d’utiliser la garnison de la cité, étant gouverneur ils me doivent obéissance de toute façon.

Et voilà comment on économise des dépenses inutiles grâce à du bon sens.

Aujourd’hui, notre réunion a beaucoup de sujets à aborder. Entre les dossiers consulaires et les affaires de la ville, j’ai un emploi du temps particulièrement chargé. Je n’ai même pas eu le temps de prendre dix minutes pour jouer avec ma nouvelle paire de boucles d’oreilles. La vie est difficile parfois avec nous.

Un des principes fondamentaux en Chine pour toutes les affaires liées avec les gouvernements est basé sur les réunions des personnes importantes de l’Etat. J’ai bien entendu le dernier mot sur tout, mais disons que plusieurs avis éclairés en valent mieux qu’un. Merci la collégialité.

Plusieurs édits que j’ai préparés doivent être vus pendant cette séance qui j’espère se passera sans problèmes. Disons que j’espère que nous arriverons tous à trouver un équilibre qui bénéficiera à notre chère ville qui nous a poussé à livrer une bataille particulièrement sanglante. Mon frère en a reçu tous les crédits et c’est lui dont on chante les louanges dans l’Empire… Même si je fais partie des chansons avec un rôle secondaire.

A vrai dire, je n’ai pas spécialement cherché la gloire avec ce fait d’armes. Ce que les gens ont retenu c’était qu’il ne fallait pas se mettre en moi et la terre de mes aïeux, cela me semble suffisant : « Le Lotus Doré pousse fort, promesse harmonieuse pour les faibles, annonce funeste pour les malhonnêtes. ». Le message est clair. Cela rend mieux en mandarin, je ne vous le cache pas. Il faudrait que je demande à quelqu'un de plus talentueux d'écrire au sujet de cette bataille épique...

Nous arrivons dans la salle de réunion, je fais signe à Wuhan et aux autres de se disperser pour fermer les trois portes d’accès et veiller à ce que personne ne nous dérange. A priori il n’y a pas de retardataires, je suis la dernière personne qui est sensée arriver aujourd’hui. Xupeng nous rejoindra plus tard, mais c’était déjà prévu.

Je prends place dans un fauteuil légèrement surélevé, est-ce que c’est pour rappeler mon rang ? Oui, tout à fait. Nous ne sommes pas des bêtes et nous avons une hiérarchie stricte à respecter. Du moins en théorie, vu que je suis plutôt tolérante envers les écarts de Francis et assez permissive avec les serviteurs tant qu’ils ne font rien de dommageable.

Autour de la table, plusieurs personnalités sont présentes.


L’ancien juge Shi Wu que j’ai nommé grand officier des affaires judiciaires de Chengdu. C’est à la fois sa récompense et son nouveau devoir : appliquez scrupuleusement les lois impériales et les édits locaux que nous allons mettre en place. Il est également en charge des enquêtes concernant les crimes, délits, etc. J’ai confiance en lui, il ne fera pas de cadeaux aux malhonnêtes et aux criminels.

Lin Meng, le fils du vieux Lin Yong, que j’ai nommé chef de la garde de la ville après le décès du précédent – Zi Qiu- pendant la bataille de Chengdu. Son père est bien trop vieux pour pouvoir continuer d’assurer des fonctions militaires aussi importantes. Cela s’est bien vu sur le champ de bataille : sa blessure n’était pas si grave que ça et il est tombé bien vite dans les pommes. Il est courageux certes, mais ce n’est pas la bravoure qui fera que la garde fonctionne convenablement. Par conséquence, son fils travaille à ce poste et cela m’assure la fidélité d’une des familles les plus respectées de la ville. Tout le monde est content.

Pour rester dans le thème des gardes, nous aurons le privilège d’avoir le nouveau Duc du Sichuan : mon frère Gao parmi nous. Il présidera de l’autre côté de la table, en face de moi. Il faut respecter les convenances. Je lui ai demandé de venir pour deux raisons, la première est en lien avec l’armée impériale -dont il a le contrôle par son titre dans toute la province du Sichuan-, la seconde est plus… un mélange de politique et de privée.

Fan Chun, l’ancien secrétaire du gouverneur déchu qui a… Conservé son poste. Disons qu’il s’est montré particulièrement coopératif pour nous rejoindre secrètement lorsqu’il a senti le vent tourner en notre faveur. Je lui ai fait comprendre qu’il avait intérêt à être particulièrement loyal après ça. Il fait partie de ces gens qui ont toujours au moins un corbeau qui les surveille. Au moindre faux pas ou au moindre doute, je le fais sauter pour le remplacer. Je crois qu’il l’a compris. En vérité, même si je ne lui fais pas extrêmement confiance, c’est un excellent secrétaire qui sait gérer l’administration du palais. C’est une aide considérable pour Xupeng.

Au trésor, Ma Lin qui a également été promu par mes soins. Il est dévoué, honnête et n’hésitera pas à me faire savoir si nous manquons de fonds en provenance de l’Empire. Heureusement, le grand projet de construction de l’ambassade de Chengdu ne sera pas financé par les deniers des contribuables.

Un autre membre du nouveau gouvernement local est Yin Yazhu. C’est un noble d’un rang inférieur qui est aussi originaire de Chengdu. Il est plutôt jeune, marié, père de famille et est resté en dehors des enjeux politiques jusqu’à présent. Pas nécessairement par envie, mais plus du fait qu’il avait peu à apporter aux uns ou aux autres. Ce que je sais cependant, c’est que c’est un homme lettré qui a déjà travaillé avec le gouverneur sur d’anciens projets d’urbanisation. C’est la seule personne qui a des compétences dans ce domaine dans mon entourage à part moi-même. Il fait donc un assistant de choix : avec la « paix social » retrouvée après la bataille, il n’a pas fallu longtemps pour le convaincre de venir travailler avec nous.

Il nous manque encore Xupeng, il n’est pas vraiment nécessaire pour cette réunion. Ce n’est pas un membre « officiel ». Il a un rôle beaucoup plus important que certains ici à vrai dire… Mais peu se rendent vraiment compte de cela, à part Gao qui le connaît depuis l’enfance et qui sait qu’il est devenu bien plus qu’un simple eunuque.


« Bien, messieurs, madame la Gouverneure, nous pouvons commencer. » lance Gao avec un léger sourire sûr de lui.

Il est le plus puissant ici théoriquement, d’où le fait qu’il lance la réunion.

« Nous commencerons par voir l’emplacement du futur Temple des Arts du Consulat. C’est une affaire importante qui doit être menée dans les meilleurs délais. » commencé-je, leur faisant comprendre que j’attendais leurs réactions et avis.

Ma Lin est le premier à s’exprimer :


« Avant de parler de l’emplacement, le projet est financé par qui ?
- Une partie par l’Empire, la majorité des fonds viendra du Consulat vu que c’est une de leurs ambassades. Le trésor de la ville demeurera presque intact pour cette partie de la construction. Il y aura d’autres dépenses à prévoir qui elles seront couvertes à nos frais.
- Lesquelles ?
- Nous allons y venir. D’abord nous devons confirmer l’emplacement. »

Yin Yazhu se redresse un peu :

« Quel emplacement avez-vous retenu ma Dame ?
- Deux possibilités s’offrent à nous. La première : construire le Temple des Arts au sud de ce palais : cela va nécessiter de raser le quartier d’habitations existant et de reloger ses habitants ailleurs. Cette proposition inclut aussi la construction de plusieurs nouvelles zones urbaines pour agrandir la ville. La population va grossir d’ici peu selon mes prévisions.
- Quelle est la seconde ?
- Construire le Temple des Arts en dehors des limites actuelles de la ville, préférablement au sud puisque le terrain a déjà été en partie dégagé par la bataille de Chengdu et le feu grégeois. Cependant, il faudra aussi agrandir la ville malgré tout.
- Pourquoi vouloir faire croître la population ?
- Construire le Temple des Arts va nécessiter une grande quantité de mains d’œuvres. Aussi, Chengdu devenant une capitale consulaire, beaucoup de civils vont être attirés par le potentiel économique de la ville. Il faut donc loger tous ces gens, qui viendront probablement avec leurs familles.
- Exactement. »

Ma préférence va pour la première option, il sera beaucoup plus impressionnant et ordonné de mettre l’Ambassade dans le centre de la ville plutôt qu’à l’extérieur. Je n’ai pas envie que nous fassions de l’urbanisme sauvage à tout bout de champ : ces grands travaux vont amener de nombreux migrants du Sichuan et des provinces voisines, voir même de plus loin, il faut que toutes ces personnes soient logées et que tous les réseaux routiers et fluviaux soient opérationnels au plus vite pour que la croissance se maintienne à bon rythme.

« Je ne vous cache pas messieurs que je préfère la première option. Elle est certes plus coûteuse car nous devons reloger tout un quartier dans un nouveau à construire mais je pense que sur le long terme, c’est un bon choix.
- Quelles procédures recommandez-vous ? Expropriation au nom de l’État ou compensation financière ?
- Certainement pas l’expropriation. Vos officiers se chargeront de négocier une compensation financière accompagnée d’un relogement gratuit dans un quartier neuf de la ville. Veillez à ne pas avoir la main trop lourde sur les compensations. Nous allons les reloger après tout.
- Je prends note.
- Bien… Des questions ?
- Oui. Tu as déjà l’architecture en tête pour le « Temple des Arts » ? Raser un quartier pour ça, j’imagine qu’il va être immense.
- En effet, la plus grande structure de la ville. Cependant, je n’ai pas encore les plans en tête. Lorsque nous aurons la taille exacte des futurs bâtiments du Temple, nous lancerons les procédures officiellement. En attendant, nous nous préparons pour la quantité folle documents administratifs que nous devrons tous remplir. A part toi Gao, bien sûr. »

Encore une chose à faire tiens… Notre discussion est interrompue par Xupeng qui nous rejoint. Il prend place à côté de moi en silence, légèrement en retrait de la table. Gao le salue discrètement d’un signe de tête et un sourire amical.

« Bien. Xupeng, vous tombez bien. Je veux que l’on envoie des messagers et des pigeons à toutes les villes d’importance de l’Empire. Nous appelons tout architecte disponible et volontaire à nous envoyer des plans détaillés de ce qui pour lui est le futur Temple des Arts. Qu’il soit consul ou non, je ne vois aucune différence : je veux la perfection. Aussi, rajoutez qu’il doit être capable de nous faire une estimation des travaux et de leur durée. La récompense se montrera à la hauteur de la gloire du Consulat.
- Très bien, ma Dame. »

Bien, maintenant que le sujet de l’emplacement est enterré, passons au reste.

« Xupeng, la carte. »

L’eunuque tire de sous la table une grande carte qu’il déplie dessus. Il s’agit de Chengdu bien entendu avec les démarcations actuelles. Différents tracés ont été ajoutés au nord, à l’est et au sud de la ville.

« J’ai pris la liberté de suggérer les emplacements des nouveaux quartiers potentiels. Bien sûr, c’est approximatif, mais cela nous donne des pistes de réflexions.
- Quels sont les spécificités de ces zones ?
- Au nord, un quartier militaire. La caserne actuelle est trop petite. Nous avons besoin de plus d’hommes et de place pour qu’ils s’entraînent et vivent : cela servira aussi de place forte au cas où les barbares tentent un jour de nous envahir. A l’Est, le quartier de relogement pour les déplacés du centre-ville et le second pour les futurs migrants qui viendront vivre à Chengdu. Au sud, nous placerons le futur district des touristes. Ce n’est pas la priorité du moment puisque la ville n’est pas encore prête de les accueillir. Au sud-est nous placerons le long du fleuve une zone économique, elle se construira au fur et à mesure que notre cité émerge et devienne un hypercentre d’activités en Chine.
- Je vois qu’il y a aussi des tracés dans la ville actuelle ?
- Oui. Je veux que vous réfléchissiez à certains axes qui pourraient être améliorer pour avoir une meilleure facilité de circulation en ville. J’aimerais aussi dégager une place ici pour y faire construire une statue en hommage aux héros de la Bataille de Chengdu. Vous me ferez parvenir les plans des tailleurs de pierre avant de lancer le travail Yinzi Yazhu.
- Certainement, ma Dame.
- Ma Lin, en parallèle d’un suivi des projets que nous lançons, je veux également que vous vous occupiez d’auditer nos dépenses en cours pour voir s’il y a un moyen de les rationaliser.
- Très bien, j’en prends note immédiatement. »

Chacun prend des notes sur des papiers tandis que Gao et moi nous nous regardons dans les yeux. Une légère complicité maline entre nous. Je souris. Ça fait du bien d’être le maître de sa maison. Après quelques échanges concernant les dispositions que nous venons de prendre, j’aborde l’un des premiers édits que nous allons mettre en application dès demain.

« Cet édit concerne les terres et les biens immobiliers des habitants de Chengdu et des alentours. A partir de demain, seuls les sujets de Sa Majesté l’Empereur appartenant à une ethnie reconnue par le gouvernement impérial -soit les Hans, Mandchous, etc.- seront autorisés à posséder pleinement un bien immobilier ou des terres dans la zone sous ma responsabilité en tant que Gouverneur. Si des étrangers souhaitent acheter ce type de biens chez nous, ils devront s’associer avec un sujet impérial qui possédera cinquante-et-un pourcent dudit bien.
- Je prends note ma Dame, mais quelle est l’utilité puisqu’à ma connaissance, il n’y a quasiment aucun étranger à Chengdu pour le moment… Encore moins qui possède des terres ?
- Je mets en place cet édit pour le futur. Chengdu, grâce au Temple des Arts, va devenir une merveille interstellaire que les touristes se presseront d’admirer. Sans compter toutes les magnifiques choses que les Arts nous permettront d’avoir ici. Il est hors de question que cette opportunité locale passe sous le nez des habitants locaux. Nous sommes chez nous et bien que nous soyons accueillants, tout le monde -et je dis bien tout le monde- doit pouvoir profiter de cette chance au détriment des autres. Tâchez de faire la parution dès demain matin Fan Chun.
- Oui, ma Dame. »

La réunion se poursuit sur des dispositions mineures. Lorsque la séance est terminée, je congédie les participants. Je vais revoir Xupeng plus tard concernant d’autres affaires urgentes. En attendant, il ne reste plus que mon frère et moi autour de la table. Il sourit et se sert un verre d’alcool de riz.

« Alors ? Comment se passe le quotidien du nouveau gouverneur de Chengdu ?
- Aussi complexe que prévu. Malgré tout, je devrais m’en sortir plus facilement lorsque les différents projets urbains seront lancés.
- Tu as fait un remarquable travail jusque-là, il n’y a pas de raisons que tu t’arrêtes maintenant. »

Même s’il ne parle pas de cela, sa phrase fait écho à une pensée que j’ai eu dernièrement : qu’est-ce que je fais maintenant ?

J’ai passé plus d’un an à préparer l’avenir de la famille Song. Nous avons conquis le pouvoir, nous avons gagné et nous avons émergé victorieux de cette Bataille de Chengdu qui n’était pas vraiment à l’ordre du jour à la base.

J’ai rejoint le Consulat sous l’invitation de Genesis Rhapsodos. Sa démarche m’a surprise au début, puis en y réfléchissant, je me suis dit qu’il avait raison. De l’extérieur, c’était difficile de savoir où est-ce que je comptais m’arrêter : Chengdu, la région du Sichuan, le sud de la Chine, l’Empire ? Laisser un électron libre sans faction en circulation dans l’un de ses mondes principaux serait une grave faute de stratégie. En m’invitant, les consuls tournent un risque à leur avantage : maintenant, il n’y a plus que le Consulat en Terre des Dragons, si on évite de parler des sauvages mongols d’au-delà la Grande Muraille.

Par conséquent, maintenant que je fais partie du Consulat : qu’est-ce que je dois faire ? Quel est mon objectif, mon but ? C’est une grande question à laquelle je n’ai pour l’instant pas de réponses. Bien sûr, servir la volonté des consuls est un objectif intéressant mais il manque de perspective pour le moment. J’ai un pouvoir semblable à Genesis sur la Terre des Dragons de par mon titre. Je veux toujours renforcer cette influence, ce que je compte faire déjà par ailleurs, mais en soi… Je n’ai pas de grands projets personnels. Ma famille a gagné, c’est ce que je voulais.

Il y a bien une opportunité que j’ai vu.

Cependant, je dois encore y réfléchir très longuement. Ce n’est pas un projet dans lequel on peut sauter corps et âme d’un coup, je pourrais y risquer tout ce que j’ai déjà acquis pour mes proches. Non, non… C’est trop tôt encore. J’y pense mais je n’ai rien décidé.


« C’est certain. » répondis-je à sa dernière phrase.

« Tu as parlé d’un quartier militaire pendant la réunion, j’ai fait partie de l’armée impériale. Vu la taille, tu ne comptes pas y mettre uniquement la garde de la ville, je me trompe ? »

Je souris à sa remarque. Il écoutait donc bien pendant que nous parlions.

« J’aimerais que tu déplaces ton centre de commandement ici.
- Pour quelle raison ?
- La garde de la ville sera sous mon contrôle, si tu déplaces ton état-major ici, tu pourras superviser les régiments de l’armée impériale dans la région tout en gérant l’armée Song.
- L’armée Song ? Tu parles des groupes de soldats qui m’ont été attribués par mon titre ?
- Oui, en effet. Tu es un héros, tu les inspires par tes compétences martiales et le fait que tu ne sois pas un imbécile fini comme le précédent Duc. Ces hommes ont grandi dans notre région, sur nos terres. Notre nom inspire le respect autant qu’il fait transpirer nos détracteurs. Tâchons de leur donner de quoi avoir peur. Les soldats Song, plus les forces impériales, nous devrions avoir une force suffisante pour éviter d’avoir recours aux guerriers du Consulat pour assurer notre sécurité.
- Je suis d’accord avec toi. Malgré tout, pourquoi refuser des hommes supplémentaires ? Tu ne leur fais pas confiance ? »

Je me lève de mon siège pour détendre un peu mes jambes et pour me retrouver momentanément plus haute que mon frère.

« A ton avis, si des hommes déjà membres du Consulat sont dépêchés chez nous : qui vont-ils vraiment servir ? Moi, ou la personne qui les a envoyés ici avec des missions bien précises ?
- L’homme qui les a envoyés ici.  
- Voilà. Avec nos justifications de limiter les coûts inutiles et du fait que nous n’ayons pas besoin de renforts pour assurer l’ordre public, cela devrait éviter que des soldats dont nous n’avons pas l’entière fidélité se mettent à garder les portes de nos chambres et de nos maisons.
- Très bien. C'est vrai que vu sous cet angle...
- Aller viens, allons marcher un peu dans les jardins, il fait beau aujourd’hui. »

Nous quittons notre salle de réunion pour rejoindre les affreux espaces verts du palais du gouvernement. Vivement que je lance les travaux de rénovation et de décoration de cet endroit. C’est sans-goût, désordonné avec un objectif clair de dégoûter quiconque marcherait ici.

« Crois-moi bien que si je devais vivre ici sans jamais pouvoir changer ces jardins, je me jetterai du haut du toit pour éviter de devoir regarder ces horreurs toute ma vie.
- Ha ! Ha ! Ma sœur ne soit pas si dure avec le précédent locataire des lieux. Des arbres et des plantes, cela se change.
- Oui, oui. C’est vrai. »

Nous nous asseyons sous un petit pavillon, à côté d’un étang avec de jolis poissons rouges nageant au fil de nos conversations. Certains doivent être des vieux, vu leur taille. Il y en aurait assez pour faire quelques tapas pour Francis. Dommage pour lui que je lui ai interdit de toucher aux animaux du palais.

« Es-tu content de ta nouvelle femme ? J’ai entendu par mère que vous aviez l’air de vous entendre plutôt bien.
- Ça peut aller. Elle est mignonne, attentionnée… Plutôt belle femme aussi. Non, je n’ai rien à lui reprocher, mais c’est vrai que j’avais plus d’attirance pour Lihua.
- Oh, pourquoi as-tu besoin de mentionner les morts ? Lihua est malheureusement partie trop tôt c’est vrai, mais Mingming est une fille intéressante !
- L'est-elle vraiment ?
- Non, pas particulièrement. » dis-je, honnête.

Mingming n’est pas une femme particulièrement intéressante c’est vrai. Cependant, elle est largement mieux pour Gao que sa pétasse de grande sœur. Ce n’est pas une bonne chose qu’elle soit morte mais ce n’en pas une mauvaise non plus.


« Quel est le plan maintenant que nous avons le contrôle de la région ? Tu as la ville et le Consulat, une capacité de projection largement supérieure à la mienne et j’ai l’armée de la province et un nom honorable.
- Le plan ? Pour le moment, garder ce que nous avons acquis. Conquérir est facile, conserver est plus compliqué. Ce que je peux te dire de faire, c’est de chercher à te construire des liens forts avec tes camarades de l’armée. Renforce les armées qui nous sont loyales à nous et tâche d’avoir une bonne réputation auprès du peuple. Pour tout ce qui touche aux relations avec les Song, les autres familles et l’Empire, je m’en charge. Je suis plus douée que toi pour ce genre de choses. Ton devoir maintenant va être de faire des héritiers. Tu es l'héritier direct de notre famille. Met vite ta femme enceinte.
- Très bien. Pour les enfants... Je vais faire mon possible, mais tu sais que les femmes ont leur cycle...
- Je ne connais que trop bien cette affaire de "cycle". Tâche de donner de ta personne.
- Quelle est ta position actuelle vis-à-vis du Consulat ? Je me rappelle qu’il n’y a pas si longtemps que ça, tu étais assez hostile à leur égard. »

Ha ! Ça c’est bien vrai.

« La vie change. Je m’adapte. Le Consulat m’a offert l’opportunité de considérablement sécurisé la position des Song et de mon fils. Je ne pouvais pas la manquer, sans compter qu’ils m’ont offert bien plus que ce que j’aurai pu demander autrement. Ils ont probablement cherché à "acheter la paix" tout en se parant d’une femme d’expertise en plus dans les rangs des consuls.
- « Savoir, Beauté et Harmonie » alors ? Ha ! Ha !
- Arrête, tu vas me faire trembler de peur. »

Nous nous moquons gentiment. C’est avant tout pour rire, mais cela décrit bien la raison pour laquelle je sers le Consulat aujourd’hui : ils ont fait une belle offre, je l’ai prise. Maintenant, je suis rangée dans les rangs et je ne suis plus une force hors de leur contrôle. J’ai de la chance quelque part, je préfère largement servir cette faction plutôt que la Shinra ou la Coalition Noire.

Malgré mon lien d’apprentissage avec Death, je n’ai toujours pas de grande sympathie pour le gros de ses projets et de ses troupes. A l’exception peut-être de cette fameuse dame rousse transformée en mort-vivante : Lenore doit vraiment symboliser quelque chose de fort pour le chef coalisé pour qu’il dépense autant d’énergie pour la garder parmi les vivants.


« Combien de temps restes-tu en ville ?
- Deux jours. J’ai prévu de réorganiser les armées des réservistes après le problème que nous avons vu lors de la dernière bataille.
- Bien, bien. Je passerai te rendre visite plus tard. Je dois voir quelque chose avec Xupeng maintenant.
- Ça marche petite sœur ! »

Nous nous levons et nous nous inclinons respectueusement. Après cette salutation bien trop sérieuse pour nous, nous nous enlaçons affectueusement en rigolant un peu. Puis Gao me lâche un dernier sourire avant de partir vers le manoir Song, où il réside désormais quand il vient en ville.

Je reste un moment ici, à le regarder s’éloigner. Puis lorsqu’il disparaît au détour d’un arbre du jardin, je quitte le petit pavillon pour rejoindre Xupeng un peu plus loin, dans un espace presque abandonné du palais. Nous devons améliorer quelque chose.

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Préparer la terre Signat10

"My thorns are sharp"




Consule de l'Étiquette, Ambassadrice du Consulat en Terre des Dragons, Gouverneur et Dame de Chengdu



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