Erik Woods
Erik Woods
 

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le Lun 6 Mai 2019 - 17:58
Jimbo fronça les sourcils, le regard mauvais.

« Vous vous rendez compte que c’est d’la merde, votre histoire, hein ? »

Ca, oui, ils s’en rendaient compte. Bien ennuyés, Alphonse l’ours, Klaus le zombie et Erik le malchanceux se regardèrent l’un-l’autre. Ce fut le dernier des trois qui prit la parole : « On te dit que c’est c’qui s’est passé. Tu veux quoi d’plus ? 
- Ma cargaison. »

Les yeux de l’escroc glissèrent jusqu’à un buste de marbre éclaté contre le sol, ainsi que les morceaux épars de poteries qui, peu de temps auparavant, avaient le charme délicat de l’artisanat de Thèbes. Ce n’était plus le cas ; du moins, pour qui ne chercherait pas à compléter un puzzle 3D.

« Ma cargaison en bon état, » se sentit devoir préciser leur patron.

De tous les dangers du multivers, les sans-cœur auraient dû être le plus effrayant. C’étaient, après tout, des créatures s’essayant à manger le cœur de tout ce qu’elles croisaient ; des bêtes sauvages et mystérieuses, guidées par une faim qui ne tarit pas. Pourtant, force était de constater que la majorité de ceux-ci étaient devenus une nuisance, plus que le présage d’une mort prochaine et certaine. Les mondes exposés à la menace depuis longtemps, s’étaient adaptés. Si même une Ombre pouvait causer quelques sueurs froides, il était tout à fait connu que les combattre était possible, ou à défaut, les fuir.

Aussi, d’autres monstres avaient pris leur place : des monstres qui avaient le même visage que ceux qu’ils exploitaient, tyrannisaient, ou autre.

Ce n’était pas contre un sans-cœur que l’on se battait à Sherwood : c’était contre le terrible Kefka.
Ce n’était pas un tsunami d’Ombres que l’on repoussait au Royaume du Jouet : c’était une armée de commandos.
Ce n’était pas aux ténèbres, pas à leur engeance aux yeux d’or, que le Sanctum avait déclaré la guerre : c’était au Consulat.

Etc.

Il y avait une vérité simple qui guidait les actions des sans-cœur. Une vérité qui les rendait presque réconfortants pour les plus aguerris, car ils en devenaient prévisibles — contrairement aux autres humains, hybrides, ou plus largement : « êtres doués de cœur et de conscience. » Ce que le multivers peut rendre ces explications complexes !

Un sans-cœur veut dévorer votre cœur. Tout simplement.

Quelques experts auraient pu expliquer au tout venant que certains adoptaient des comportements plus complexes, mais ce n’était pas une information tout à fait répandue auprès du quidam moyen.

Aussi, Jimbo peinait à croire qu’un sans-cœur soit simplement apparu dans son repaire pour mettre le bazar, chevaucher un chocobo, tenter d’écraser l’un de ses employés, puis disparaître dans une flaque. Ce narratif ressemblait plus à une farce de bien piètre qualité. La seule chose qui le retenait de cracher son feu à la figure de nos trois larrons, c’était qu’Alphonse, l’un des vigiles, était le pire des menteurs qu’il ait jamais rencontré. Or, ce dernier avait l’air sincèrement dépassé par la situation. Mais tout de même ! Un sans-cœur qui agirait ainsi ?! Où vont les mondes ?! Et pourquoi pas un Darkside pâtissier pendant qu’on y était ?! — Il serra les poings. Ses trois sous-fifres eurent un subtil mouvement de recul.

« — Ouais, eh b —
- Ce sera retenu sur vos salaires, la question est réglée, » l’arrêta une voix sèche.

Angelica — Angie — Staten, connue comme « la comptable. » Elle était pourtant bien plus : la dame avait maintenu, à elle seule, une relative cohésion au sein du réseau, lorsque les rênes furent passées de Jimbo père, à Jimbo fils. Il y avait eu des accrocs, c’était certain, mais nul ne doutait que cela aurait été plus sanglant sans sa supervision. Grande, un peu d’embonpoint, elle avait délaissé les longues boucles blondes qu’elle arborait par le passé, pour une coupe courte. Elle maintenait une certaine coquetterie, que l’on retrouvait dans ses parures, mais le cœur n’y était plus. Pour Erik, qui l’avait connue lorsqu’ils vivaient tout deux à la Cité du Crépuscule, avant que leur monde ne soit ouvert au multivers, il était évident que les temps l’avaient changée.

Ils l’avaient ternie.

« — Mais… voulut protester Klaus, la voix mourante.
- Mais quoi ? l’interrompit-elle, d’un ton faussement léger. Préconisez-vous de poursuivre un sans-cœur, afin qu’il paie pour les dégâts, et pertes de profits, que nos vigiles n’ont pas su prévenir ?
- Je…
- T’aurais pas un peu l’impression d’me saper mon autorité là ? »

Jimbo fronçait toujours les sourcils, étirant un sourire peu convainquant. Et merde… Erik soupira. Leurs tempéraments s’accordaient parfois bien peu. Leurs disputes étaient la musique de fond de nombreuses journées passées à la planque. Le contrebandier et sa comptable parvenaient à avancer, ensemble — un miracle que les croyants prêtaient à leurs dieux, et que les autres accueillaient simplement avec bienvenue — mais cela n’épargnait à personne leurs échanges houleux.

Aussi loin qu’Erik était concerné, tout ceci était une question de contrôle : l’un, comme l’autre, semblaient en avoir besoin. Et l’un, comme l’autre, rognaient régulièrement sur les plates-bandes de leur partenaire. Aussi, si Jimbo s’estimait avoir tout pouvoir sur ses employés, Angie prenait ses propres initiatives, pour le bien des comptes. Et inversement, la comptable se sentait pouvoir prendre des décisions de gestion courante… quand le contrebandier se donnait les pleins pouvoirs, et se voulait bon seigneur, chamboulant quotidiennement toutes ses prévisions.

Aussi, sur l’heure, Angie se figea. Puis, ne pouvant laisser un bambin moitié moins âgé qu’elle lui parler ainsi, elle opta pour un « Pardon ? » sans équivoque. Les trois pauvres âmes qui se trouvèrent plantées devant eux regardèrent leurs chaussures.

« — D’où tu décides comment la situation s’règle ? renchérit le contrebandier. C’est mes gars.
- Oh, oui ! Tu as raison. Je t’en prie. Dis-moi, comment vas-tu gérer cette situation ? »

Même Erik se sentit agacé par son ton affable mais contrefait, et il n’en était pas la cible. Alors… son regard se perdit sur leur patron, Jimbo. Oh putain.

Son cerveau lui cria de chercher un endroit où se planquer : les yeux du blondin viraient braises.

Un effet impressionnant ! — Mais guère rassurant. L’escroc connaissait la suite : les veines qui ressortent, les mains en feu… il avait déjà vu tout ça, et ne se sentait pas le besoin d’une rediffusion. Hélas, il ne pouvait pas éteindre la télévision, ou sortir de la salle de cinéma.

Il était le figurant de la 39e minute. Et comme le figurant de la 39e minute, il se la fermerait.

Erik commençait à connaître Jimbo : s’il parlait maintenant, le contrebandier s’agacerait que l’on s’immisce dans la conversation. Il fallait le laisser décanter. Toute aussi brave qu’Angie pouvait être, elle le savait aussi. Son silence, et le resserrement nerveux de ses mains, parlaient pour elle. Bien que le patron ne l’ait jamais violentée au-delà des mots — du moins, de ce qu’Erik en avait vu — il ne fallait pas tenter le feu. Il était, déjà, bien plus indulgent avec elle qu’avec toute autre.

Comme prévu, le contrebandier prit quelques respirations afin de se calmer, réfléchir — puis il balaya l’air de la main, détournant le regard de la comptable. « Ouais, c’est bon. Les gars, le prix de revente qu’on avait estimé sera retenu sur vos salaires. Allez-y, » fit-il pour les congédier. « Enfin, pas toi. »

Pas Erik Woods, donc. Jimbo lui faisait signe de suivre. J’aurais dû m’y attendre à celle-là, tiens. L’escroc avisa rapidement ses deux confrères, puis la comptable, avec un haussement d’épaules. Il s’esquiva, le pas fatigué.

Les deux hommes s’éloignèrent jusqu’à une table, où trônaient quelques bouteilles de bière. Le contrebandier se servit, observant son interlocuteur. « Alors, » l’interpella-t-il sans plus attendre, « tes recherches ? »
Erik prit une brève inspiration, sachant très bien à quelles « recherches » son patron faisait allusion. Il cherchait ses mots. « C’est compliqué, » tenta-t-il de temporiser. Mais Jimbo désamorça de suite. « J’ai du temps. Parles. » Bon. Bien. L’escroc prit appui contre l’une des colonnes du garage réaménagé leur servant de base. Il baissa d’un ton ; s’il pouvait s’éviter d’attirer l’attention, il ne s’en priverait guère. « Bah, comme tu disais, des disparitions louches. On est en train de monter une petite liste, mais… ça concerne pas que nous, clairement. »

Voilà un temps, que Jimbo l’avait chargé de se renseigner sur des enlèvements présumés. Il lui avait laissé pour acolyte le jeune (mais motivé) Charles : un petit gars recruté par le réseau, pour garder ses oreilles et ses yeux sur ce qui se disait, ou se faisait, dans le quartier. Les besoins de sécurité renforcée, tant à la base qu’à l’atelier, dues aux escapades de quelques gusses dans la Dark City, les avaient ralentis, mais ils avaient au moins pu confirmer qu’il ne s’agissait pas de départs massifs d’individus qui n’auraient pas prévenu leurs proches. L’inverse eut été surprenant, mais en un sens rassurant. Quelque chose se tramait. Quelque chose dont la perspective ne faisait pas plaisir à l’escroc… ni à son employeur, vu l’expression concernée flanquée sur ses traits, et qu’il n’arborait que rarement. Ce dernier hocha simplement la tête, pensif.

Si pensif qu’il en demeurait muet.

« Charles est bon tu sais, » commenta Erik pour s’éviter un silence. « Il s’attire facilement la sympathie des gens du coin. »

Jimbo releva la mine vers lui, l’air confus dans un premier temps. « Je sais, je sais, » balaya-t-il. Puis, souriant sans raison : « T’essaies de m’faire passer un message ?
- Non, pas spécialement. Juste, faut l’dire. »

Mais quel message aurait-il pu faire passer, sinon que le gamin faisait bien son travail ? Erik frissonna intérieurement : son esprit lui soufflait tous les angles peu flatteurs par lesquels on pouvait bien l’interpréter. Il se reprit toutefois — il n’avait rien dit de louche, après tout ! Rien. Du. Tout. Non mais c’est vrai ! Arrête de sourire comme ça crétin, tu me fais douter de moi-même !

Au moins le blondinet semblait-il prêt à reprendre la conversation. S’il s’amusa momentanément de l’embarras évident de son sous-fifre, il reprit bien vite son sérieux.
« — Vous avez quoi pour le moment ?
- Je vais être honnête avec toi, les gens qui disparaissent à Illusiopolis.. ça arrive. Mais c’est vrai que le nombre a l’air d’avoir augmenté par ici, et on a des témoignages inquiétants donc… il y a quelque chose je pense. »

L’escroc observa le contrebandier, veillant à ce qu’il suive ce qu’il avait à lui transmettre. « On a trois incidents qu’on voudrait creuser un peu plus mais… y’en a un qui est clairement pas de notre ressort. » Il marqua une pause. « Par là, j’veux dire que les types qui gèrent le coin vont pas aimer nous voir débarquer. »

D’un signe de la main, Jimbo l’invita à poursuivre.

« Bon, d’abord ceux où y’a pas d’soucis. Pour commencer, une jeune qui a disparu au Heartless. La boîte de nuit, je sais pas si tu connais ? » Le blondin haussa légèrement les épaules. Erik reprit. « Une de ses amies l’a aperçue avec un mec que personne n’avait vu auparavant. Elle a pas fait gaffe quelques minutes, et la petite s’était envolée. Ca pourrait être n’importe quoi mais… on a une description du gars, et ça rejoint ce que Charles a entendu d’autres personnes, par rapport à des disparitions pas claires.

On voudrait poser des questions à celui qui tient la boîte, ça m’étonnerait pas que le gars y soit venu quelques fois. Comme c’est chez nous, ça devrait aller.
 »

« — Ok. Les autres ? »
- On a aussi un ado, qui vit dans l’quartier. Disparu du jour au lendemain. On a un témoignage qui nous révèle l’avoir vu avec un petit groupe… qui était pas de chez nous. On sait pas trop quoi en penser encore, mais Charles a les coordonnées de sa sœur, alors on pensait lui faire une petite visite. 
- Et le dernier ?
- Enlèvement par fourgon. Ca colle avec quelques des incidents qu’on nous a rapportés, mais…
- Ca fait trop de modèles différents… et on peut pas s’intéresser à tout l’monde, » compléta le contrebandier. Erik acquiesça.

Le problème d’Illusiopolis, c’était qu’attendu le taux de criminalité, s’intéresser à un crime, c’était en découvrir mille, que l’on avait fait semblant de ne pas voir. Isoler un individu douteux, dès lors que tous le devenaient à un degré ou un autre, s’avérait chose difficile. L’escroc n’avait pas menti : disparaître dans ce monde n’était pas une rare occurence. En l’espèce, seul leur nombre particulièrement important avait alerté les contrebandiers. Jimbo finit sa bouteille d’une traite, manifestement agacé. « Commencez par le môme de chez nous. » — « Yep. On est dessus. »

« — Juste…
- Quoi ? »

L’escroc prit un instant, saisissant une bière à son tour. « Charles se renseigne mais… les disparitions ont l’air d’être de plus en plus espacées. Alors… peut-être qu’ils vont se calmer un temps… » … et on risque de les perdre, continua-t-il en pensée. Il n’osa pas le dire, non… toutefois, son employeur sembla le comprendre. Son regard se plissa d’un énervement non dissimulé. « — Et quoi ? fit-il mine d’interroger, ne prenant même pas la peine de forcer un faux sourire.
- J’ai cru que tu aimerais le savoir.
- Je m’en fous qu’ils se calment. Ils sont v’nus faire les cons chez moi. Je vais leur faire récurer le sol avec leur visage. »

Erik se contenta d’opiner de politesse, avant de décapsuler sa bouteille. Il n’avait, de fait, rien à ajouter, et, ayant fini sa journée, ne serait pas celui qui subirait l’humeur de Jimbo par la suite. Une perspective réjouissante, s’il en était. « Allez, dégage, » le congédiait d’ailleurs ce dernier. « Dors un coup, puis arrange-toi avec Charles.
- ’Kay.
- Ah, et. T’es passé à La Salle ? T’entraîner ?
- Pas encore. 
- Sérieux ?! Mais bouges-toi putain ! »

Avec un sourire docile, l’escroc prit congé.
Chen Stormstout
Chen Stormstout
Maître brasseur

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le Mer 8 Mai 2019 - 23:25
Un jour, j’vais te linker l’image mental que j’me fais de Jimbo et nous pourrons rigoler de voir à quelle point nous n’avons pas la même vision du gars.

Sache déjà que, j’le vois fin comme une allumette ! Oui, c’était une blague. Comme il s’enflamme beaucoup… Hum… Bref !

Qu’est-ce que j’ai à dire ici ?

Ce que j’apprécie dans le rp, c’est de voir que la vie d’Erik s’ensuit d’un schéma et nous avons chaque morceau de celui-ci. De tête, depuis que tu endosses le rôle d’errant, nous avons peu d’ellipse dans son histoire. Mine de rien, c’est un truc qui commence à me tracasser et j’aime assez bien ce défi.

Dans l’idée où, si tu prends chronologiquement chacun des rp d’une personnage, tu te retrouves avec un livre et chaque intervention ce retrouve être un chapitre.

Bref, c’est ce concept là que j’aime bien. Avec l’idée aussi que, l’event d’avril de cet année, aura un impact sur la trame d’Erik. Cependant, est-ce que j’ai un truc de mal à conter ?! En vrai, oui. Pourtant, c’est un bête truc. C’est la simple question du suivit de l’histoire. Là, j’te commente en étant dans un état de fatigue plutôt évident et je t’avoue avec eu du mal à élucidé le mystère de la tâche d’Erik.

Bon, j’ai fini par me souvenir !

Mais, comme c’est la remarque que j’préfère dire, j’ai eu un souci de contexte par rapport à ce texte. Dans l’idée, on comprends rapidement les tenants et aboutissant. C’est juste lors d’un paragraphe et des premiers échanges que j’suis resté à me dire : « Qu’est-ce que c’est que ces simagrées ? » avant de faire un « Ah, oui. Qu’est-ce que j’suis bête ».

D’ailleurs, en écrivant ça, j’me suis fait une réflexion à moi-même. La façon dont tu amènes la chose m’a fait, personnellement, un temps de réflexion et d’adaptation. Du coup, j’me demande si nous ne pourrions pas créer une sorte d’outil au travers du rp pour y parvenir. Genre, parler d’un évènement si vieux que seuls les lecteurs assidues sont capable de comprendre et que nous soyons pris dans le jeu du « Attends, de quoi il parle » et que le personnage soit lui-même dans le cas.

Bref, je vis dans le future.

Donc, voilà ! C’était sympa, j’ai rien d’autre à ajouter.


Très Facile : 7 points d'expérience + 50 munnies + 1 PS en Vitesse !

Tiens, il y a un papier dans ta veste, c'est un rapport ! Envoi un MP à Primus et tu sauras de quoi il s'agit.

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