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Au coin de la rue, auditrice dans l’ignorance du chant des oiseaux, Irelia marquait son retard à chaque tour de la trotteuse.

Son père allait-être furieux.

Nerveuse, elle s’aventurait d’un embranchement à l’autre. Interrompant sa marche, oscillant d’un bout de rue au second, en quête d’un nom ou d’un plan.

Voici qu’elle était perdue au cœur d’une ville inconnue.

Les gouttes ne cessaient de tomber, s’acharnant sur le pavé, faisant chuter les mèches de l’adolescente sur son visage. Un geste incessant en l’absence d’un quelconque rythme. Elle cherchait sans cesse après cette ruelle qui hantait ses souvenirs. Il ne manquait plus que l’éclat d’un orage, la lumière d’un éclair pour conclure cette scène à la crainte de la Danseuse.

- Pardon !
Une silhouette au col relevé et au chapeau gonflé par les eaux. Irelia l’avait découvert, une aubaine du hasard, et s’en allait déjà à le rejoindre. Haletante, les épaules trempées, elle reprenait un souffle alors que ses iris se glissaient vers l’inconnu. Un homme, âgé ? Les traits camouflés sous la cape rivale au mauvais temps. Il ne glissait qu’un augure curieux.

- Il y a un problème, mademoiselle ?
- Oui, en fait…

Elle en allait à s’agripper à l’une de ses mèches de charbon, enlisant son doigt à la tignasse humide.

- Je suis perdue. Vous savez me dire où se trouve la rue Cézanne ? C’est mon premier jour ici et…
- C’est de l’autre côté de la ville.
- Ah… Merci…

Honteuse, elle baissait le regard et s’en allait à tourner les talons et à suivre le chemin qu’elle empruntait dans son erreur.

- Attendez ! Vous ne voulez pas que je vous accompagne ou que…
- Merci, non. Il faut que j’y aille !

Oubliant les politesses, guidé par l’esprit de s’en retrouver sa famille, elle s’engouffrait dans le dédale de maison dont ses souvenirs se mêlaient au chemin à suivre.

Il y avait ce pot de fleurs, aux couleurs s’agrippant à l’éclat du soleil. L’appui de fenêtre au volet de bois, une tourte y reposait alors qu’elle se joignait au jeu de la fontaine. Un dessin de craie gisait à ses pieds, battu par les flots, rejoignant le canal en bas de la pente. Quelques mégots, laissant encore l’odeur du tabac froid à l’air qui s’alourdissait du jeu de la pluie. Finalement, elle retrouvait cette terrasse au musicien de cabaret, désormais abandonné de toute futilité alors qu’un serveur s’en allait la débarrasser.

Était-ce vraiment d’ici, qu’elle était partie ?

Au centre de cette place, Irelia se tournait et recherchait à capter l’étincelle d’un souvenir la ramenant à sa réalité. Ce qui se transposait par le réacteur d’un vaisseau passant par-delà les canaux.

Les deux iris tournèrent sur elles-mêmes, faisant pivoter la Danseuse et l’arrêtant à une nouvelle embouchure. La maison au moulin à vent. L’idée de voir ses parents s’y engouffrer lui revenait telle une fatalité. Initiant un nouveau rythme, celui de guider ses mèches à ses oreilles, elle entamait cette nouvelle chorégraphie et se dirigeait vers le chemin qu’elle imaginait être celui de sa nouvelle maison.

Il y avait cette fresque au mur, sculpté aux éclats de verre dont le reflet des gouttes détonnant à cette nuance de vert. L’appui de fenêtre aux carreaux noircis de suie au doux feu d’une forge. Le chevalet de fer rivé à son sol, théâtre d’une peinture inachevé et s’en allant peinturlurer le pavé à ses pieds. L’odeur du pain, semblable à un arôme inimitable de dimsum. Enfin, elle redécouvrait cette petite maison en toit de tuile et aux fenêtres obstruées par l’ombre des cartons de sa vie ancienne.

Galvanisée par cette franche réussite, elle se glissait sous le portique et guidait sa main jusqu’à la poignée de ce nouvel élan de fraîcheur.

Il faisait chaud, elle se retrouvait loin des murs des plâtres de la maison ayant découvert sa vie. Le bois respirait, exaltait un air qui pouvait la faire chavirer et l’enivrer. Un carrelage  de pierres blanches gisait à ses pieds et s’engorgeait des flots l’accompagnant à sa course contre le temps. Rien qu’une entrée et elle redécouvrait le goût de l’inédit.

- Irelia, c’est toi ?
- Oui maman !

Une voix douce, mielleuse et le raclement des pieds d’une chaise en bois. Le martellement d’un talon. Et voici qu’au détour d’un battant, la carrure d’un père se dessinait et adressait sa froideur.

- Nous t’attendions.
Il ne prononçait d’autres mots, le ton suffisait à faire défiler la partition. Pareil au mistral, le froid s’agrippait aux vêtements de la Danseuse qui s’en allait rejoindre la pièce illuminée. Menton bas, épaules lourdes, elle s’en allait à regretter l’agressivité du crachin. Monticule de carton, table en laiton, elle se retrouvait en face d’une chaise vide qui n’attendait que sa présence. Une mère aux traits figés par la fatigue, un père aux tons ronchons

- Désolé ?
- Irelia.
- Nous nous sommes fait un sang d’encre.
- Mais… Je n’ai qu’une demi-heure de retard ! Et puis, il ne m’est rien arrivé.

La main réconfortante d’une mère, le soupir agacé d’un père.

- Là n’est pas la question, Irelia. Une fois encore, tu n’écoutes pas ce que nous te disons !
- Ce que ton père tient à dire est que…
- Arrête de lui parler comme ça ! Elle se tue à nous dire qu’elle sera bientôt une adulte, il est temps qu’elle agisse comme tel.
- Papa, je n’ai pas vu l’heure passer et…
- Ce ne sont pas des excuses que je veux entendre.

Elle baissa alors la tête, ajoutant aux gouttes à son visage une saveur salée.

- Ça n’arrivera plus.
- J’espère.

Le tonnerre cessait de gronder, il s’en allait à une autre porte menant à l’inconnue alors qu’un regard attendrissant se plongeait aux iris de la rêveuse.

- Viens, nous allons te sècher, c’est un coup à attirer les kamis.
- Merci.

Une teinte charbon, gagnant progressivement jusqu’à la disparition d’un père, s’en allait à dissiper les nuages naissant à la nuque de l’adolescente. Quittant une emprise, détachant la peur à l’esprit.

Au bruit des pas détrempé, mère et fille rejoignaient l’étage jusqu’à une salle à la baignoire de porcelaine. Le cœur de l’adolescente bondie à cette découverte, quittant le couvert réconfortant pour se glisser à découvrir la douceur du luxe. L’hilarité s’invitait au visage d’Airi, refermant la porte à la curiosité et glissant un drap aux mains d’Irelia.

- Vite, sèches-toi. Rien ne va disparaitre dans les cinq minutes.
Elle hochait brièvement la tête, opérant à se débarrasser de ce qui était alourdi par les eaux. Profitant de l’intimité pour enfin de changer suite aux caprices des cieux.

- Maman ?
- Oui, ma chérie.

La serviette enroulé à ses cheveux, Irelia mimait la honte avec cette nouvelle question qui surgissait à son esprit. Les jeux, la fontaine, Arthur. Bien de raisonnement sans réponses et une question qui obstruait toutes réflexions.

- Est-ce que tu es réellement ma mère ?
- Pardon ?

Elle s’ne mordait dorénavant les lèvres, jugeant trop tard de l’idiotie de cette question. Interloquée, Airi s’avançait et allait se poser auprès de sa fille, offrant son épaule à accueillir la tête lourde de la rêveuse.

- C’est… C’est compliqué.
- Tu sais que je serais toujours là.

Elle s’en mordit une seconde fois les lèvres.

- Si je suis en retard, c’est parce que j’ai rencontré quelqu’un, un homme.
- Déjà ? tu ne perds pas de temps.
- Maman…
- Tu es prié de ne pas prendre cet air, surtout avec moi.
- Donc, j’ai été jusqu’au grand dôme et je me suis assise sur la fontaine. Il y avait cette vue et… Woah. Il n’y a rien de tel à la maison. Ensuite ? J’ai été, distraite jusqu’à ce que cet homme m’accoste et discute avec moi.
- Il ne t’a rien demandé, j’espère.

Irelia se relevait, fixant le regard de sa mère avant d’abandonner un rire à la remarque

- Tu te fais des films. Enfin, nous avons discuté et il m’a annoncé qu’en réalité, je serais une fille de Muse comme il serait fils de Muse.
- Pardon.

D’abord la crainte, ensuite l’incompréhension se glissait sur le visage d’Airi alors qu’elle demandait silencieusement des réponses à sa fille.

- Il a dit que mon nom se murmurait chez les Muses, et que celui-ci valse et valsera.
- Qu’est-ce que ça veut dire.
- La Muse de la Danse, Terpsychore, m’aurait choisi pour être sa fille. Est-ce que tu es bien ma mère, ce n’est pas elle ?

Le silence guidait la dernière parole d’Irelia, alourdissant l’air d’une chape invisible qui semblait ensevelir la pièce. Une peur s’invitait, elle aussi, obscurcissant le visage de l’adolescente. Alors un éclat, une perle pointait aux yeux d’Airi, la guidant à enlacer sa fille et offrir tout ce qu’elle pouvait sur l’instant.

- C’est magnifique, ma chérie.
Elle se redressait, en pleure, glissant une mèche à l’oreille de la rêveuse.

- J’ai eu raison de t’amener ici, c’est magnifique. Laisse-moi te regarder encore un peu.
- Maman, qu’est-ce qu’il y a ?
- Ce n’est rien, tu comprendras un jour. Quand tu seras aussi la mère d’une splendide petite fille.

Les yeux de la Danseuse s’embrouillaient eux aussi, se guidant à la joie. Et d’un geste simple, la mère prenait sa fille une nouvelle fois dans ses bras. Elle n’allait pas à demander d’explication, Irelia se contentait de profiter de cette étreinte et à respect le silence solennel. Elle n’avait qu’une seule mère et elle savait dire laquelle avec certitude.


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Exploit accompli.

Alors... Cet rp a souligné certaines choses qui confortent quelques critiques que j'ai pu faire. Typiquement, pour commencer par les critiques, on voit une Irélia qui, en gros, y connait pas grand chose en Consulat. Elle sait ce que tout le monde sait : ce sont des artistes, y a des élus des Muses, le Moulin Rouge, le Sommet des Arts. Mais... on s'aperçoit qu'elle ne comprend pas vraiment l'implication du fait qu'elle soit fille de Muse. Genre... sa question sur "qui est ma mère ?" le prouve assez bien, puisque quelqu'un de renseigné saurait que par fils de Muse, on entend "élu de Muse". Donc... Pas de souci, en soi (on va y revenir dans un instant, quand même), mais... du coup, qu'Irélia s'affole quand un consul lui dise "Hey, je suis le fils d'Erato", c'est vraiment plus très cohérent.

Enfin bref, passons, ici je ne critique pas cet rp-ci mais plutôt le petit raccourci que tu as fait précédemment.

Mais par rapport à cette confusion, je... sais pas trop. En fait je trouve que c'est une super question, mais tu l'as amenée un poil bizarrement. Là comme ça, on dirait que tu as écrit ton rp... et que tu voulais qu'il y ait une scène un peu plus détendue avec la mère. On dirait que t'as voulu qu'Irélia parle de sa rencontre avec Arthur et donc "Ah beh je vais la faire questionner sur sa mère, puisqu'elle a appris qu'elle était la fille d'une autre".

Alors je dis "on dirait". Moi d'intuition, je pense que tu savais quand tu as commencé cet rp, voire encore plus tôt. Mais. Le coup de "qui est ma mère" arrive comme un cheveu dans la soupe, on l'a pas du tout vu venir et c'est pas très harmonieux. Le fait est que si tu veux nous faire croire que ça tourmente Irélia, tu dois... montrer qu'elle est tourmentée avant, et genre pas le dire deux secondes avant sa question. Limite, ce tourment devait arriver dès la révélation de Arthur, dans "à l'ombre d'une rotonde". Même ici au début du rp, avec l'émotion qui retombe, ça aurait été bien. Je trouve que... ça débarque de nulle part, ici.

Non sinon le rp est vraiment bien, y a juste ça qui m'a gêné. Les descriptions sont chouettes, légères, et pour le coup j'adore le contraste avec toutes les scènes avec son père et sa mère, qui sont hyper lourdes... Mais lourdes dans le bon sens, l'atmosphère est juste pesante. Non j'aime vraiment tous les moments avec la famille. Attention de toujours essayer, hrp, de te mettre dans la peau de chacun des personnages et te demander ce qui va les amener à réagir comme ça. Y a rien d'automatique et rien d'absolu dans la construction d'un caractère tel que celui du père. Mais enfin pour l'instant y a vraiment rien qui a sonné faux.

J'aime de manière générale l'idée du rp, la suite directe de la rotonde, pour rester cohérent avec le début de cet rp-là... Et puis bon, la description de sa nouvelle maison devait clairement se faire ici, c'était un bon choix.

On finit sur une remarque orthographique ? Alley, si tu y tiens.

"Elle en allait à s’agripper à l’une de ses mèches de charbon, enlisant son doigt à la tignasse humide."

Ici, c'est pas vraiment de l'orthographe, juste de l'usage. "S'en aller à" c'est une expression que tu utilises tout le temps, c'est un truc de dingue. Alors c'est pas faux, mais c'est pas joli, parce que ça se dit pas... vraiment, en fait.

Soit tu dis "Elle en venait à s'agripper à l'une de ses mèches." donc l'utilisation de "en venir à"

Soit tu dis "Elle en allait jusqu'à s'agripper à l'une de ses mèches".

Mais ton "en aller à" bouerf. En aller à, tu vas plutôt utiliser un lieu, genre "Elle s'en alla à son cours de piano", là oui.

Des constructions un peu spéciales, inattendues, qui frisent la faute... pourquoi pas. Mais pas tout le temps. Ca doit surprendre et ça doit être fait consciemment.

Très facile : 6 xp, 60 munnies, 1 PS en vitesse.
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