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le Ven 4 Jan 2019 - 10:07


Le voyage a été plutôt silencieux.

Nous n’avons pas vraiment échangé suite à notre départ du repaire de Death. Je suis autant stressée que curieuse d’aller au Palais des Rêves. Un monde avec « palais » dans son nom ne doit pas être si horrible.

J’ai modifié mon apparence pour me rendre moins féminine, j’ai fait presque disparaître ma poitrine et j’ai changé mes cordes vocales pour avoir une voix androgyne. Même si Lenore se rend compte que j’ai altéré mon corps, mon but sera accompli : impossible de savoir ma vraie identité. Même le « Song » lancé impunément par Death ne sera pas suffisant : c’est un nom de famille des plus courants en Chine et ailleurs.

Nous volons à travers le vide stellaire. Bientôt, il sera trop tard pour faire demi-tour. Nous allons entrer dans le royaume des ténèbres : la Fin des Mondes. Cela me fait froid dans le dos, même si cela ne se voit pas derrière mon casque.

Je suis tendue, les mains crispées sur les commandes du vaisseau. J’ai dû couper tous mes capteurs. Ils s’affolaient à l’approche de l’océan de ténèbres. J’avais l’impression d’avoir un plan de casino de la Costa devant moi tellement il y avait de couleurs différentes qui brillaient.

Je ne saisis pas bien les tenants et les aboutissants de cet « espace » où la vie semble si lointaine. Une dimension obscure où l’on voit des mondes qui furent. Je vois sur mon radar de nombreux sans-cœurs. Heureusement que mon vaisseau est petit, sinon je crois qu’ils seraient déjà légions à se jeter sur notre coque pour nous faire sortir.

Nous voltigeons au-dessus de cette étendue peu attirante, nous ne sommes ni sur les routes stellaires ni vraiment… « Ailleurs ».  C’est spécial, je n’ai jamais vu ça de ma vie. Je ne me rends pas bien compte de ce qui se passe. Je suis concentrée sur l’objectif de trouver les restes du Palais des Rêves que je puisse récupérer la faux et partir d’ici avec la défunte qui siège à mes côtés.

Je n’imaginais pas me lever aujourd’hui en me disant que je serai dans un endroit pareil avec un mort-vivant perfectionné et une mission aussi périlleuse. Ce n’est plus un royaume de ténèbres mais un empire de sans-cœurs ici.

J’ai des sueurs froides sous mon masque en pensant à tous les innocents qui étaient là-bas quand tout a basculé de l’autre côté. A ce stade, je ne peux qu’espérer pour eux que le passage ne fut pas trop violent et douloureux…

Je soupire en tâchant d’être discrète. Je dois rester de marbre pour « Lenore ». Si c’est bien son vrai nom.

Allez. Il faut me ressaisir. Je dois accomplir cette tâche. Elle vaut quatre âmes, quatre âmes sur vingt, c’est presque un quart. Je dois réduire cet apprentissage extrême au temps le plus raisonnable possible.

Si j’arrive à survivre d’ici la fin du pacte. Enfin oui, je survivrai forcément, même morte je deviendrais comme Lenore peut-être. Un corps sans vie avec une âme damnée. Que de joie en perspective. Espérons que je n’arrive pas à cette situation, cela serait synonyme d’un échec.

Pour me changer les idées, je me tourne vers ma voisine. Je ne sais pas si c’est une excellente idée. Moi qui aurais préféré l’humeur rassurante de Francis, je me retrouve avec un cadavre qui bouge. Même si en l’occurrence, elle n’a pas l’air très agité.

J’avoue ne pas tellement savoir comment me comporter avec elle. Autant par rapport à son statut que son état. Je parie que peu de gens ont des accompagnateurs déjà morts.

Quelle mission stressante.

Alors que nous naviguons à vive allure dans les étendues vides. Enfin, vides. C’est vite dit. De petits amas de rochers flottent sans aucun respect des lois de la gravité, à l’horizon, des restes de mondes. Des ruines du passé, perdues ici. Quelques heures de recherches, en vain pour le moment.


« On ne devrait pas tarder. » lancé-je, pour rompre le silence.

Devant nous, un archipel volant au milieu des ténèbres, un reste de clocher le surplombant. La couleur très claire est encore bien visible : cela semble être une bonne correspondance avec ce que je sais du Palais des Rêves. Un château bien blanc. Merci l’Eclaireur.

Autour, quelques restes épars de forêt, quelques ruelles et habitations de la ville subsistent, se berçant au milieu de l’inconnu. Aucun signe d’activité de ce que je vois. Des brumes noires d’une origine inconnue enserre certains endroits, rendant le tout lugubre, inquiétant.

Abandonné aux ténèbres, ces quelques ruines ont été victimes d’un déferlement apocalyptique : c’est tout ce qu’il reste de lui, un vain clocher de château rappelant sa splendeur d’antan.

Est-ce cela la promesse de l’obscurité ? Sommes-nous tous condamnés à ne devenir que des ombres de nous-mêmes ? De frêles reflets de ce qui fut autrefois ?

Ma venue est un apprentissage en soi. Qu’importe ce que je vais trouver ici, j’en tirerai des leçons.


« Une suggestion de zone d’atterrissage pour retrouver la faux de notre Maître ? Autant nous poser au plus près. » demandé-je, froide.

A vrai dire, ce n’est pas vraiment la faux de Death qui me préoccupe pour le moment. Quelque chose n’est pas bien ici. Un tort doit être réparé. Mon peuple a des us et coutumes très stricts lorsqu’on vient à parler des morts et de l’au-delà.

Aucun rite n’a été accordé à toutes ces âmes qui sont mortes ici. Aucun enterrement digne. Aucune statue pour se rappeler de leur martyr.

Si j’ai l’opportunité de faire quelque chose pour réparer ce tort, je le ferai même si modeste. Au stade où en sont les restes de ce monde, même la plus petite flamme peut réconforter ceux qui furent avec ce monde.

Espérons que notre présence… Passe inaperçue.

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le Ven 4 Jan 2019 - 13:38
« Ici. » Lenore désignait une ruine, dépassant à peine des cimes d’un bois noir.

Le clocher du palais du Prince attirait le regard comme une lampe pouvait attirer des insectes nocturnes. Sa pâleur brillait parmi les ténèbres, malgré ses fissures comme autant de veines noires, emblème de ce monde au-delà même de sa destruction. Mais ce n’était pas leur destination. Lenore l’ignora, concentrée sur ses souvenirs pour désigner le manoir ayant abrité le bal de la Coalition Noire.

Parmi les restes épars de ce monde, figé dans son explosion, le temps lui-même était renié et enlisé par les ténèbres. Le bois autour de la ruine semblait presque impénétrable. Les branches avaient perdues leurs verdures, mises à nues par les ténèbres telles une nuit d’hivers éternels et pourtant tellement intriquées de façon tortueuse qu’ils auraient presque pu atterrir à leur cime. Elle imaginait la scène et le craquement des branches sous le poids du vaisseau semblable à des os séché sous la botte d’un géant. Il aurait été logique que le vaisseau chute, alors autant le poser sur un bout de terre cendreuse dégagée.

Elle se souvenait d’une rivière, désormais asséchée, d’un portillon qu’ils avaient forcé et qui désormais bayait en grinçant sa détresse douloureuse aux vents pourtant inexistants qui faisaient également vaciller les arbres en un balancement lent et lugubre. Le sol couvert de brindilles et d’humus asséché craquait sous chacun de leur pas.

Voilà qui meublerait le silence angoissé de celle qu’elle escortait au nom de Death. Si loin de la Cité du Crépuscule, les pensées de la rousse étaient libres de courir d’un sujet à un autre en toute liberté. Elle remarquait que la grande majorité de ceux qu’elle croisait était mal à l’aise en sa présence et n’osait lui parler, encore moins la questionner. Étrange. Elle ne faisait pourtant rien pour les repousser. Mais cela n’avait pas vraiment d’importance.

Ce qui comptait, était de retrouver La faux avec l’Apprentie qui passait son temps à changer son apparence et sa voix. A croire qu’elle ne se sentait pas réellement dans le même camp que son maitre. Il allait falloir se méfier d’elle à proximité de Death. Homme, femme ou autre, elle avait la faiblesse de la chair. Ce besoin de respirer, de faire battre son cœur, des détails que la rousse viserait si besoin de la neutraliser. Des détails qui, en toute logique, attirerait dans ce monde des hordes de sans-cœur. Elle-même était morte, cela devait vraisemblablement lui être un atout non négligeable. Elle ne serait pas la proie, l’appât, en ce lieu. Peut-être serait-elle-même ignorée par ces monstres affamés, de la même façon que les vivant cherchait à nié son existence par malaise.



Lenore prenait la tête, serpentant sur un chemin qu’elle seule pouvait voir. Elle se retournait régulièrement pour vérifier la position de celle qu’elle escortait, en profitait pour guettait les êtres peuplant l’endroit, les sens à l’affût. Ses instincts de chasse, de survie, aiguisait son regard tout comme avant, habitudes ancrées dans son corps. Ils étaient là. Partout. Elle le ressentait au plus profond d’elle-même sans même les voir. Il y avait une tension dans l’air qui le rendait épais, difficile à respirer. Mais elle, n’avait pas ce besoin. Encore un regard vers la vivante. Certainement la seule que ce monde possédait à l’heure actuelle. Evidemment qu’ils étaient là, autour d’elle, prêt à en faire un festin, aussi peu lumineux que puisse être son cœur, encore plus s’il possède au contraire cette flamme éblouissante.


« Il va falloir courir. » Lui adressa-t-elle comme une évidence. Ils devaient gagner au plus vite le manoir, malgré le sol soulever par endroit, les crevasses profondes par d’autres et les innombrables arbres dressés ou couchés sur leurs passage, les racines aussi menaçante et tortueuses que les branches, comme si même le haut et le bas n’avait plus de réel sens ici. Elle ne pouvait les laisser se faire submergé par le nombre qui rôdait dans les bois, même si la sécurité des murs de la ruine n’était pas confirmée.

Et comme pour confirmer ses dires, un craquement sec, violent, soudain, résonna. Les arbres étaient arrachés, couchés, sous le poids d’un géant s’approchant d’eux. Lenore n’aperçut que de long et gigantesque doigts enserrant un tronc. Sa mémoire lui rappela l’une des invocations de Death pour la torturer dans sa cellule, ces darksides dont les mains armées de pieux avaient pénétrer sa chair, la plaquant comme une poupée de chiffon contre les barreaux de sa prison.


« Maintenant » Précisa-t-elle sans urgence. Celle qu’elle escortait comprendrait bien assez la situation pour ne pas traîner en ce lieu. Fuir était la solution la plus efficace, même en ignorant les réelles capacités de l’être vivant à ses côtés. Elle vérifia la mise en marche de l’Apprentie qui préféra se transformer en corbeau, volant au dessus de sa tête. Voilà qui serait bien plus facile à gérer, elle n'avait plus vraiment à s'inquiéter pour elle tant qu’elle ne l'entendait pas crier. La rousse se mit à courir sans gêne ni retenue si ce n'était pour réguler sa vitesse et ne pas perdre son alliée, guidant avec aisance à travers ce labyrinthe de végétaux morts. Derrière elles, le craquement sinistre se poursuivait sans réussir à les rejoindre, accompagnés de petits bruits excités, jappements et autres témoins de la présence en nombre de l’ennemi autour d’eux.


Dernière édition par Lenore le Ven 4 Jan 2019 - 17:21, édité 1 fois
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le Ven 4 Jan 2019 - 14:53


Les abominations hantant les lieux n’ont pas tardé à sortir de leurs trous à rats.

Lenore est peut-être morte, mais manifestement elle arrive toujours à courir. Heureusement que je peux me déplacer plus vite en corbeau, sinon je crois que je serai déjà à la merci des créatures ténébreuses de la forêt.

Je ne sais pas réellement où nous allons. Je me contente de suivre la création de Death. Elle connaît les lieux manifestement. Je n’aime pas miser tout sur le même cheval, mais vu la situation, je crois que je vais devoir faire une exception.

La situation est assez chaotique dans les airs aussi. Je dois tâcher d’esquiver les branches meurtries des arbres, tout en gardant un œil sur la chevelure rousse qui court suivie par de petits sans-cœurs.

Mais ils ne sont pas vraiment le pire de nos soucis pour le moment. Ils sont frêles, faibles et stupides. Tout le contraire de l’énorme masse noire qui nous poursuit en défonçant les arbres sur son passage.

L’adrénaline commence à sérieusement monter.

Branche après branche, je me rapproche du sol dans le sillage de Lenore pour avoir moins de végétations à esquiver. J’essaye de conserver mes forces au maximum, personne ne peut imaginer combien de temps nous allons devoir fuir dans ce monde.

De plus en plus de sans-cœurs se massent sur nos flancs, certains commencent à s’approcher dangereusement de nous. Ce n’est pas bon du tout. Surtout que je ne peux rien faire sous cette forme à part voler.

Lenore retire son collier et s’en sert de fouet pour taper ceux qui daignent être trop ambitieux. Je vais essayer de nous donner un peu de répit. Je donne un violent coup d’ailes pour rejoindre un arbre légèrement devant nous rapidement. Je reprends forme humaine.

« Prenez ça, créatures inférieures. », pensé-je.

Avec un peu de concentration, je soulève plusieurs souches d’arbres qui jonchent le sol accidenté de la forêt. Je les transforme en lances de fortune, les envoyant en direction des sans-cœurs pour les écraser comme de vulgaires insectes.

Même si le gros continue de suivre nos traces et que les petits sont encore à notre poursuite, il y en a un peu moins. Pour l’instant. Je peux peut-être tenter quelque chose : je ne peux pas lancer des torrents de flammes… Mais je peux largement lancer un petit feu qui avec le temps et le manque d’eau… Peut peut-être ralentir un peu les sans-cœurs.

Non. Si cela se propage trop, le vaisseau serait en danger. Va pour l’explosion magique alors.

Je tends la main dans la direction où je crois le géant ténébreux est. Une sphère de feu se forme dans ma paume et je la jette au milieu des bois. En espérant que cela touche quelque chose de pertinent.
Je me laisse tomber en arrière et je reprends ma forme de corbeau pour rejoindre Lenore dans sa course.

Quelques temps après, une explosion retentit derrière nous. Bien, au moins j’ai touché quelque chose.

Vite, vite ! Nous devons rejoindre le manoir. Les sans-cœurs sont toujours là en nombre. J’ai beau en avoir écrasé, ils reviennent toujours plus nombreux. Il va falloir nous dépêcher.

Ce n’est certainement pas très glorieux, mais nous fuyons du mieux que nous pouvons. Lenore ne s’arrête sous aucune circonstance. Elle plonge soudainement dans un fossé, j’abaisse ma hauteur pour rester près d’elle.

On esquive les racines trompeuses, les branches pouvant nous ralentir. Pas de détours, notre chemin se trace à travers cette forêt maudite, condamnée aux ténèbres à l’image de ce monde brisé.

La terre continue de trembler sous l’avancée du géant. Nous l’avons un peu distancé, mais il est toujours en chasse. La cime des arbres s’affaisse sous ses pas dévastateurs et sous les coups de ses bras que j’imagine particulièrement puissants.

Quatre âmes… Il aurait pu monter à cinq.

Lenore continue de donner des coups dans sa course lorsque des créatures s’interposent. Ils disparaissent en volant en éclats. Très bien. Faites place.

Devant nous, j’aperçois quelque chose qui peut s’apparenter à la lisière de la forêt : un bâtiment se dresse. Je crois. Nous sommes presque sortis ! Encore un petit effort !

Je lâche quelques bruits vocaux très identifiables des corbeaux pour indiquer à Lenore ce que je vois. J’imagine qu’elle l’a vu aussi, mais sait-on jamais. Je pars devant pour préparer le terrain. Je passe volontairement devant ses yeux pour qu’elle me voit avancer.

Un manoir se dresse. Ou du moins, le peu qu’il en reste. Une aile délabrée est clairement visible tandis que les murs de toute la bâtisse sont fissurés à de multiples endroits, prêts à s’effondrer pour faire place nette.

Devant ces lieux peu attractifs, se trouvent des jardins particulièrement bien entretenus si vous voulez mon avis. Une allée avec des gravillons conduit vers la porte principale. Plusieurs fontaines agrémentent le tout, apportant un équilibre certain à l’endroit. Dommage que tout ceci donne un rendu particulièrement lugubre et inquiétant.

Je reprends forme humaine devant le grand portail en fer forgé. D’un geste de la main, j’ouvre largement la grille pour nous laisser rentrer. Je vais même avoir l’occasion de faire un vilain tour à ces sans-cœurs.

J’ouvre mes bras vers l’extérieur et fait lever les gravillons dans les airs pour les maintenir en suspension. De petits cailloux en apparence inoffensifs mais… Quid de si je les lance à grande vitesse sur des sans-cœurs un peu trop pressés de nous suivre ?

Je regarde Lenore arriver en courant, toujours suivie par nos adversaires. Ce serait tout de même une prouesse athlétique si elle avait fait ça de son vivant. Une douzaine la poursuivent à vue de nez.

En évitant de toucher Lenore, je pousse vers l’avant, les paumes bien ouvertes vers les ennemis qui se voient assaillis d’une multitude de petits gravillons qui viennent les griffer, leur percer la peau, les yeux. Je maintiens le sort plusieurs secondes pour créer une vague continue de petits cailloux assassins jusqu’à ce que les plus proches soient tous éliminer.

Après cela, je continue mon chemin aux côtés de Lenore, cette fois en forme humaine. J’en profite d’ailleurs pour rechanger de nouveau de forme. Cette fois-ci, j’ai une carrure plus masculine, plus musclée, beaucoup moins élégante qu’avant. Autant jouer le jeu au maximum.

Je referme derrière nous les grilles de métal, en espérant vainement que cela retardera les plus petits des sans-cœurs tandis que l’ombre du géant pointe déjà le bout de son nez à la lisière de la forêt.


« Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous. La faux est-elle dans l’aile démolie ? » lancé-je à ma partenaire d’un jour.

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le Ven 4 Jan 2019 - 16:47
La personne que Lenore accompagnait était donc capable de Télé-qui-n’hésite, d’une certaine puissance, suffisante pour soulever une souche d’arbre, mais incapable de garder un physique particulier. Ou en changeait-elle volontairement ? Dans quel intérêt ? La rousse avait du mal à comprendre. Pourtant elle ne devait pas se permettre de se focaliser longtemps sur le sujet dans tous les cas.

« Oui » Il était évident que la faux se trouverait sous les décombres, tout ceci aurait été bien trop facile sinon. Lenore se souvenait du bal avec exactitude. L'enchaînement de désastres qui avait conduit à la tourmente de ses sentiments et à la catastrophe finale. La faux qu’elle avait utilisé pour planter la cuisse de Death sous sa forme de dragon. Restée au sol alors qu’une attaque lumineuse avait frôlé celui-ci et le maréchal de la lumière sous frénésie ténébreuse. Restée à cette même place alors que le manoir s’effondrait sur eux.

Elle devait se trouver logiquement en plein milieu de la salle de bal, exactement sous le tas de pierre de l’aile effondrée qui recouvrait le cratère qui avait terminé de briser ce monde.

La rousse et la changeforme gagnèrent rapidement la porte de la demeure. Dégondée, entravant le passage de toute la lourdeur du chêne dont elle était faite, posée contre un morceau de plafond aux moulures de plâtre pour contrarier leur entrée. Celle qu’elle escortait reprenait son souffle, contrairement à Lenore qui poussait sur la porte suffisamment pour se ménager un passage. L’ouvrir totalement aurait été facilité l’invasion dans leur dos de davantage de sans-cœur. Ce n’était pas une option raisonnable. Elle ne s’inquiéta pas pour l’autre personne qui pouvait visiblement se transformer suffisamment pour se faufiler là où elle-même avait réussis à passer.

A l’intérieur, la lumière était faible, l’odeur de mort omniprésente. Lenore s’attendait à ce que les cadavres jonchent encore le sol, statut de chair de ceux mort avant d’être devenus sans-cœur. Piétinés sous la panique de la foule, écrasés par un morceau de plafond, des traces de balles, leurs beaux atours défraîchis par le sang et la poussière. Il n’y avait pourtant rien que poussière et débris de pierres. Un escalier de marbre menait vers l’étage, mais ce n’était pas par là qu’elles devaient se rendre. La salle de bal se trouvait au bout du couloir sur le côté, là, derrière cette porte fermée qui laissait s’échapper une étrange musique, gardée par des armures et des lances qui soudain quittaient leur posture immobile.

Les soldats s’étaient retourné vers eux, leurs yeux luisant fixés à l’unisson sur les deux intruses. L’endurance de celle qu’elle escortait allait être mise durement à l’épreuve au cours de cette mission. Pourtant elles devaient ramener la faux coûte que coûte.

Lenore prit position, jouant toujours de ses chaines d’or pour se protéger et dévier les coups. Son premier objectif était avant tout de se saisir d’une de ces lances, bien plus utiles et efficaces pour se battre contre ces cinq sans-cœur. Mais elle n’était pas seule et devait adapter son style de combat, ils avaient des armures d’apparence solide.


« Des suggestions ? » Proposa-t-elle à sa camarade de fortune avant que les soldats ne se chargent d’elles. Déjà elle se préparait à esquiver et à guetter le moment opportun pour arracher l'arme des mains de ceux qui devaient être les anciens gardes du manoir ou du Prince, sombrer dans les ténèbres dans cette tragédie.
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le Ven 4 Jan 2019 - 18:18


Encore des sans-cœurs, comme c’est original… Et particulièrement embêtant qui plus est.

Cinq adversaires, apparemment mieux protégés que les petits êtres que je viens de tuer il y a quelques instants. Cela s’annonce plus complexe. Je doute pouvoir les maintenir tous dans les airs trop longtemps, il va falloir ruser.

J’espère qu’elle est efficace au corps-à-corps car moi non.


« On les prend entre deux feux, je passe de l’autre côté. Tâchez de les attaquer du mieux que vous pouvez. Je vais casser leur formation, mettez-vous à terre. » dis-je, tout en invoquant une nouvelle fois ma sphère de flammes explosives.

Alors que les ennemis s’apprêtent à nous charger et commencent à prendre leur élan, je leur envoie mon attaque magique sur eux. J’en profite pour me glisser sur le côté de la salle, près du sol pour ne pas être trop soufflée par l’explosion.

L’impact est rapide, le couloir n’est pas aussi immense que la forêt. Les vitraux qui tenaient encore explosent aux fenêtres tandis que le peu de restes d’avant la catastrophe qui s’est abattue sur ce monde vole en éclats.

Je suis plaquée violemment entre la paroi et le sol et je mets les mains sur la tête pour tenter de protéger le seul moyen que j’ai de sortir d’ici vivante : mon esprit accompagné de son délicat cerveau.

Je suis légèrement perturbée par la violence de la déflagration, et malgré le fait que je n’entende plus grand chose dans mon oreille gauche, j’ai encore la possibilité de me remettre debout. Je cherche à voir où sont les sans-cœurs : certains sont à terre, d’autres commencent à se relever. Ils sont toujours au nombre de cinq.

Dès que je vois une des lances traînée par terre, je tends la main pour l’attirer vers Lenore, qu’elle puisse s’en servir comme arme, ce sera certainement plus pratique que ses chaînes face à ces créatures beaucoup mieux armées et préparées que ceux de dehors.

Je plonge par une des fenêtres du couloir en me changeant en corbeau et après un virage très serré, je réapparais de l’autre côté du couloir. Ils vont être pris entre deux feux et vont devoir se diviser, cela devrait nous offrir plus d’opportunités.

Deux gardes se mettent à me charger. Mes couteaux ne serviront à rien avec leurs armures, je vais devoir user d’autres choses. Je serre le poing gauche et le fait monter vers le plafond, un des sans-cœurs change radicalement de trajectoire pour perforer l’étage au-dessus et y rester coincé. Il lâche son arme qui tombe par terre.

L’autre arrive sur moi et tente de me transpercer. J’esquive maladroitement et il me blesse au niveau de l’épaule gauche. Il n’a pas percé ma chair mais il m’a coupé, sa lame est terriblement aiguisée. C’est impardonnable.

La première action qui me vient est de le pousser violemment grâce à la télékinésie vers le milieu du couloir où Lenore a déjà rejoint le combat. Il tient encore debout et va retenter un assaut. Cette fois-ci, je me tiens prête. Il ne me blessera pas deux fois.

Il fonce vers moi, la lance orientée vers ma poitrine.

J’attends qu’il atteigne une bonne vitesse pour lui envoyer en pleine tête des pierres issues de l’explosion que je viens de faire. Cela perturbe suffisamment sa concentration pour me rater et planter sa lance à côté de moi.

Avec mes deux mains, je le soulève dans les airs le forçant à lâcher son arme. Puis je le jette par une des grandes fenêtres brisées. Maintenant, j’ai deux armes à moi.

Je reprends de l’assurance et un peu d’élégance en ramassant les deux armes d’hast laissées à terre et à côté de moi pour m’en servir de parfaites prolongations de moi-même et mon premier geste symbolique sera d’achever l’une de ses abominations.

Le sans-cœur bloqué manipule son corps pour se dégager du trou et revenir dans le combat.

Je l’accueille chaleureusement en plantant mes deux lances dans ce que j’imagine être son torse. Je les pousse au maximum dans ce corps ténébreux avant que ce dernier ne s’effrite et retourne au néant. Une des deux armes disparaît.

Il m’en reste une que je garde précieusement dans les airs à côté de moi.

Je vais aider Lenore.

Il y a, je crois, une étoffe par terre, c’est un tapis. Ou du moins ce qu’il en reste qui fait la longueur du couloir. Je vais l’utiliser. Je tire le tapis, arrachant la moitié sous les poids des armures des sans-cœurs, légèrement perturbés par ce qu’ils éprouvent au niveau de leurs jambes.

Je fais un geste circulaire dans les airs avec ma main droite et voilà que le tapis s’enroule autour de la tête d’un des gardes qui voit sa vision bien réduite. Un bon petit tour de passe-passe qui devrait laisser le temps à Lenore de le tuer aisément.

Ce qui me préoccupe désormais, c’est celui que j’ai forcé à sauter par la fenêtre. Je le vois déjà enjamber pour revenir dans le combat. Et je crois qu’il n’est pas très content que j’ai tué son copain. Il me charge directement, même sans arme. C’est certain qu’avec le poids de son armure, il peut m’écraser et me casser un bras ou pire.

Avant que j’ai eu assez le temps de me concentrer, il effectue un mouvement que je n’avais pas prévu : au lieu de m’écraser il me blesse avec ses griffes au niveau de la poitrine. Je suis projetée à terre, ma combinaison de cuir en partie abîmée par cet assaut.


« Argh ! » crié-je, forcée.

Je me reconcentre et je projette la lance en plein dans son cœur noir. Cela me fait une cible de choix. La créature s’évapore à son tour, l’arme avec. J'aurai bien besoin de Francis... Jamais là quand il faut lui !

Cela me laisse le temps de me relever et d’aller aider Lenore avec les soldats restants.


Dernière édition par Huayan Song le Ven 4 Jan 2019 - 19:39, édité 1 fois (Raison : Grammaire)

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le Sam 5 Jan 2019 - 11:17
L’explosion fut violente et l’Apprentie se sépara de Lenore pour se battre de son côté. C’est qu’elle devait penser être capable de survivre seule. La rousse choisit de faire confiance à son assurance. Il lui fallait juste occuper suffisamment les trois soldats restant de son côté pour qu’il se désintéresse de ce cœur vivant. Elle ramassa rapidement la lance glissant au sol vers elle avant de provoquer les sans cœur reprenant leur posture droite.

C’était elle, leur adversaire, et ils auraient été stupides de lui tourner le dos. Elle engagea le combat d’un mouvement ample et circulaire, provoquant une réaction immédiate de ses opposants. Les mains écartées sur la hampe de sa lance, elle dévia l’attaque des deux sans cœur encore armés et s’approcha d’eux en la glissant contre leur équipement. Leur force combinée dépassait à peine la sienne, et lorsqu’elle esquiva le coup de griffes du sans cœur ayant perdu sa lance à son profit, elle laissa les deux autres forcer davantage et se déséquilibrer. Au moins gardait-elle leur attention sur elle désormais.

Elle attaqua aussitôt dans le dos du plus proche qui disparut en un nuage de fumée noire. Ses collègues loin d’être perturbé par sa perte combinèrent leurs attaques. L’un au corps à corps empêchant les mouvements de la lance de la mercenaire l’obligeant à se défendre, l’autre à petite distance avec son arme d’hast, visant ses bras, ses jambes et ce cœur qu’elle avait perdu. Elle recula sous l’insistance des attaques, sans perdre son sang-froid. Elle étudiait ses mouvements tout en se défendant. Lorsque le désarmé vit sa tête mystérieusement enrobée de tissu, ilmit trop de force dans son geste, ample, certains de pouvoir la blesser, Lenore planta sa lance au sol juste sous son épaule afin de lui couper le geste et de le propulser d’un violent coup de pied contre la lance de son camarade. Deux de moins.

Cependant la lance sur laquelle, elle s’était appuyée, celle qui avait appartenu aux derniers disparus, se volatilisa également. Lenore en perdit son équilibre. Son dernier adversaire en profita. La rousse eut juste le temps de saisir la lance pour la dévier. Elle tomba sur le dos, se rattrapant à mi hauteur à l'arme dont la lame se plantait dans le sol, dans sa cape, à côté de son épaule.Elle dut se laisser finalement glisser vers le sol lorsque le sans-coeur donna un violent coup de griffe qui brisa la hampe, à l'endroit où elle s'était trouvée. Elle ne pouvait plus se relever mais n’était pas encore à la merci de ces êtres de ténèbres.

Elle saisit l’une de ses aiguilles, cachées dans son corset, et la lança dans l’œil du sans-cœur. Puis une deuxième qui s’enfonça dans son coup sous son casque. Ce fut suffisant pour l’occuper le temps qu’elle saisisse la lance, se libère et se redresse pour l’embrocher avec sa propre arme.

Derrière les volutes noires qui se dissipèrent, elle put retrouver l’Apprentie, saine et sauve, à peine abîmée. Lenore récupéra ses aiguilles qu’elle rangea de nouveau à leur place avant d’hocher la tête vers celle qu’elle escortait. Il n’y avait pas besoin de grand discours. Ils n’en avaient pas le temps.



La rousse dépassa sa camarade pour se rapprocher de la double porte de la salle de bal. Une étrange musique filtrait à travers cette dernière. Ses mains sur les poignées s’attardèrent à une intense sensation de froid. Pourtant ils n’avaient guère le choix, l’arme tant désirée de Death se trouvait là derrière. Elle poussa les portes en grand, fermant les yeux sur la vague violente de froid et de musique qui les submergea.



Le sol de marbre blanc et gris était enfoncé dans le sol par un cratère au fond duquel trônait une faux. Les vitres morcelées étaient givrées, autant de dents acérées encerclant la pièce. Au fond de la pièce sur une estrade en vrac, des instruments de musiques noirs comme l’encre, gigotait au rythme qu’ils imposaient faisant danser dans les airs des débris de verre, d’assiettes, de chandelier, des tables encore drapées de blanc.
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le Mer 9 Jan 2019 - 16:31


Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?

Une mise en scène musicale grotesque ? Ou serait-ce une nouvelle comédie musicale de mauvais goût du Consulat ? Francis aurait certainement beaucoup plus de sagesse que moi dans ses mots pour deviner ce que ce petit arrangement d’instruments et d’objets tente de… Créer ?

Bien vite, j’aperçois l’objet de ma quête ici : la faux de Death. Quelque chose me dit que c’est bien trop simple.

A peine un pied dans la salle que les objets vivants sont rejoints par de petits sans-cœurs semblables à ceux de la forêt. Ils sont de plus en plus nombreux. A chaque instant, plusieurs apparaissent à différents endroits de la grande pièce.

Je comprends bien vite que les créatures hantant ce bout déchiqueté de monde ne laisseront pas la faux partir sans se battre pour elle. Très bien. Il va donc falloir adopter une posture plus… Agressive.

Je remarque les nombreux débris présents au sol. L’affrontement a dû être particulièrement violent ici. Peut-être même que toutes ces cicatrices sont à l’origine de la destruction de cet endroit. En tout cas, toutes ces choses seront particulièrement utiles pour repousser la vermine. Et éventuellement faire taire cette musique macabre vu l’ambiance.

Je tourne mon regard un instant vers Lenore :


« Je vais tenter de briser leurs rangs. Je vais vous couvrir en les écrasant, tâchez de les neutraliser au plus vite. Vu le nombre, nous serons rapidement submergés. »

Je soulève en faisant un léger geste de la main un peu de marbre. Je monte dessus et prend de la hauteur en me concentrant sur tous les ennemis qui nous entourent. Impossible pour moi de tous les soulever en même pour les faire disparaître par le toit à moitié effondré… Mais je peux faire autrement.

Tandis que Lenore va se charger de vaincre les ennemis au sol, je vais m’occuper de… De faire de mon mieux.

J’aurai préféré utiliser d’autres pouvoirs ou techniques mais bon… Au point où nous en sommes, la finesse n’est plus de mise. Sans compter que le géant ténébreux ne devrait pas non plus attendre des années pour venir nous chercher dans le coin.

En levant les bras, dans une posture qui pourrait ressembler à un accueil chaleureux d’une personne aimée, des gravats se dressent à la manière des différents objets mouvants dans la pièce. Ils gravitent dans les airs jusqu’à moi et dans un léger sourire dissimulé derrière mon masque, je les abats un par un sur les sans-cœurs.

Je les écrase pour les faire disparaître alors que la musique se poursuit et que les bruits du combat commencent à se faire entendre avec fracas. Je me maintiens toujours dans les airs, tandis que nos ennemis apparaissent toujours, j’essaye de réduire leur nombre du mieux que je peux en créant un périmètre de manœuvre suffisamment stable pour que Lenore puisse se battre sans être submergée par les créatures noires.

Je remarque de nouveaux adversaires qui apparaissent : semblables aux petites ombres, ornés d’un chapeau de magicien et d’un petit bâton. Cela va se compliquer.

Accompagnant les magiciens, d’autres sans-cœurs, semblables à ceux que nous avons vaincu dans le couloir précédent arrivent, sans lances cette fois-ci. Je continue de pilonner la salle qui ressemble de moins en moins à une salle de bal.

Les gravats font beaucoup de dommages aux petits et gênent les plus gros. Je fais de mon mieux pour les faire disparaître tout en faisant attention de sauver suffisamment d’énergie pour les combats à venir, car je doute honnêtement que cela est tout ce dont les créatures sont capables.

Je relâche un instant la pression sur les gravats pour me concentrer sur les morceaux de verre et de cristal acérés qui sont aux fenêtres ou par terre. Je joins mes deux mains et je les rassemble à mon niveau pour déverser un ruisseau tranchant et coupant les sans-cœurs. Ils s’infiltrent entre leurs armures pour leur infliger de petits dégâts qui cumulés, les affaiblissent.

Soudain, alors que je pense avoir un peu de répit de mon côté, une boule de feu m’arrive dessus. Je n’ai pas le temps de me protéger et même si l’impact n’est pas des plus douloureux, je suis déséquilibré et tombe de ma plateforme aérienne pour atterrir par terre.

Un garde sans-cœur s’approche aussitôt de moi pour me ramasser. Il me saisit par la gorge et me soulève du sol. Avec sa main droite, il me donne des coups de poing dans le ventre, ça fait assez mal… Après plusieurs coups, je commence à cracher légèrement du sang par la bouche.

C’est assez répugnant car à cause du masque, le liquide écarlate ne part pas correctement à l’extérieur, j’en garde une partie qui coule désormais le long de mon cou. Assez.

Je ne vais pas me laisser humilier de la sorte par une simple créature des ténèbres, un rebut de l’existence !

Je tends la main vers son visage d’infinis ténèbres et je lance une déflagration électrique suffisamment piquante pour qu’il relâche sa prise sur moi. J’arrive sur mes fesses et je cherche à reprendre désespérément de l’air tandis que je le repousse au loin par la pensée.


« J’étais décidément mieux en haut, moi… », pensé-je.

Tant d’abominations… Jusqu’à quand vont-ils venir nous harceler de la sorte ?!

Je me relève, toujours légèrement désorientée à cause de la suffocation. Cette horrible musique est encore en marche et je remarque que les objets qui flottaient presque innocemment auparavant désormais voltigent agressivement autour de Lenore sous différentes formes.

Je ne suis pas une experte, mais je sens que cette frénésie musicale n’est pas uniquement artistique. Je vais y mettre fin.

Je tends la main gauche vers l’orchestre. Une sphère de flammes infernales se dessine dans ma paume, prête à faire une nouvelle fois son œuvre. Elle grossit peu à peu.


« Vous allez brûler. » murmuré-je.

Je relâche mon sort et le voici partit à travers la salle jusqu’à atteindre les musiciens sans-cœurs qui, toujours plongés dans leur transe macabre, ne voient pas le coup venir. Je déclenche l’impact en claquant des doigts, créant une explosion similaire à celle d’auparavant.

Ils sont soufflés, projetés dans les airs. Certains sont morts, disparus à jamais, d’autres allongés sur le sol, ne comprenant pas qui a bien pu arrêter leur spectacle.

Voilà un peu de répit pour ma partenaire de mission.

Un garde sans-cœur profite de ma distraction pour me saisir par la taille et me lancer dans les airs, non loin de la faux au centre du cratère. Je roule sur moi-même sur plusieurs mètres avant d’arrêter de chuter.

Je relève les yeux sur mon ennemi qui descend peu à peu à moi.

Je me concentre et sors de ma manche droite un petit couteau qui devrait faire l’affaire. Je le lance à pleine vitesse vers les yeux du sans-cœur qui finit par s’évanouir à son tour. Je fais revenir mon projectile à moi tandis que je me demande comment ce combat va se finir.

Et alors que je me redresse pour continuer le combat avec Lenore, je remarque que la faux commence à émettre un léger grincement inquiétant…

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le Ven 11 Jan 2019 - 20:26
Chacun ses capacités, chacun sa place. L’apprentie prenait de la hauteur et dégageait l’environnement de la rousse avec ses talents de télé-qui-n’hésite. Le moindre débris lui servait d’arme. Lenore n’avait aucun mal à reconnaître tout l’intérêt de pareille magie d’un point de vue tactique. Un instant, elle pensa devoir s’y pencher avec sérieux. Après tout, elle avait montré les prémices de telles capacités dans les geôles, faisant voler bien maladroitement quelques bris de verre, bien loin de la précision et du large nombre que montrait celle qu’elle accompagnait.

Mais plus tard. Pour le moment, elle se concentrait sur sa danse. Ses acrobaties au milieu d’un flot sans fin de sans-cœur lui permettait d’esquiver les coups, de trancher leur chair de ténèbres avec les lames de sa jupe déployée dans ses tours. Sa chaine toujours dans ses mains frappait et s’enroulait autour de poignets aux griffes acérées, pour les attirer ou les bloquer. Sa place, à elle pour l’heure, était au corps-à-corps. Elle avançait, coûte que coûte, pour attirer l’attention du plus grand nombre et libéré la vivante de leur attention envieuse. Quitte à ne pas systématiquement éliminé son adversaire, quitte à cumuler les griffures, les entailles et les déchirures de sa cape. Le sang ne coulait pourtant plus, coagulé à même ses veines, en une gelée sombre. Son souffle ne fuyait plus, les poumons inutiles ne l’empêchant plus de continuer de se battre au-delà de la fatigue. Seuls ses muscles ralentissaient leurs efforts sous la douleur qui s’insinuait.

Et les volutes ténébreuses se formaient, encore et encore, dans le sillon de Lenore. Et pourtant la salle était toujours aussi peuplée. Les sans-cœur réapparaissaient toujours plus nombreux. Jamais ils n’arriveraient à éliminer les ténèbres de ce monde ayant sombré, il était donc parfaitement inutile, impossible de nettoyer cette pièce. Il devait se concentrer sur leur objectif, la faux de Death et partir.

Le souffle d’une explosion proche la déstabilisa, tombant dans les bras d’un soldat noir aussi surpris qu’elle. L’une des aiguilles de son corset se planta à répétition dans son cou avant qu’il ne se dissipe en fumée sombre. Le silence était revenu, étonnement immaculé. Elle en avait oublié la musique, ou peut-être avait-elle callé ses pas sur son rythme frénétique, instinctivement et maintenant qu’elle n’était plus, son absence se manifestait. La chute des débris de verre et couverts qui l’agressaient jusqu’alors également. Ce qui restait de l’orchestre tenta bien de reprendre son entêtante musique, mais la discordance de leur harmonie brisée ne permettait plus la magie qui emplissait la pièce. Elle ne faisait que vriller les oreilles. La rousse grimaça avant d’aller achever les derniers instruments entêtés. Le bois éclata sous ses bottes, les cordes se brisèrent et le silence salvateur revint. Un souci de réglé.

Lenore chercha du regard Song, désormais au fond du cratère de marbre dans laquelle semblait prendre source toutes les fissures de ce monde comme le centre d’une toile d’araignée. Et autour s’amassait les êtres des ténèbres, spectateur de son combat, n’attendant qu’un instant pour déferler. Elle devait la rejoindre et changer de tactique. Elle s’était bien trop éloignée d’elle. La rousse reprit son chemin, frappant sans retenu dans le dos les monstres qui avaient osés l’oublier pour se concentrer sur la vivante au centre de la toile. Comme un piège prêt à se refermer sur la proie. Les sans-cœur posèrent de nouveaux les yeux et les griffes sur Lenore, forçant le passage à travers leur rang. Elle se laissa glisser le long du cratère, les yeux sur la faux qui se mit soudain à bouger, à racler le sol en un grincement désagréable. Puis se lever dans les airs, dans le dos de l’Apprentie venant de vaincre son ennemi.

La rousse fit bouger davantage ses muscles, puisant dans l’adrénaline, coulant en une décharge électrique la force et la vitesse nécessaire pour plaquer à temps Song au sol, alors que la lame de la faux fendait la cape, et enfonçait sa pointe dans le sol. D’une roulade, elle se repositionna rapidement sur ses pieds, couvant l’Apprentie de son surplomb pour la protéger en gardant les yeux sur la faux. Un frisson d’excitation et de hâte parcouru les spectateurs ténébreux. La vivante avait failli offrir son cœur. La faim les rendait fiévreux comme une meute prête à passer à l'attaque.


« On se contente de prendre la faux, et on s’en va. » Il était plus sûr, plus logique de valoriser la vie de celle qu’elle escortait. Ils n’avaient plus qu’à tendre la main, même si l’arme elle-même ne semblait pas volontaire. Au bout de la hampe, une ombre noir se dessinait lentement, jusqu’à prendre une forme humanoïde, une allure qu’elle reconnaissait.
Lenore pencha la tête de côté avec curiosité, perplexité. La silhouette lui rappelait Death, sans que pour autant, elle ne l’identifie comme lui. Il manquait beaucoup de chose, notamment cette étrange sensation en sa présence. Et si c’était un sans-cœur, il lui manquait quelque chose d’essentiel, que tous partageaient.


« Où sont ses yeux ? » Lâcha-t-elle sans y penser, alors que contrairement à la silhouette d’ombre face à elles, la masse de sans-cœur autour du cratère avaient rivés leurs prunelles de souffre sur Song.
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le Sam 12 Jan 2019 - 14:29


Namtar est un sacré farceur. Il devait probablement savoir que cela arriverait et pourtant, il n’a rien dit. Quelle créature pleine de mystères. La faux est animée, son manche tenue par une forme ténébreuse rappelant son maître. Comme un souvenir propre de l’arme.

Lenore vient de me sauver d’une très vilaine attaque et je suis encore sonnée de son plaquage au sol. Sacrée force pour une décédée. En tout cas, elle a une remarque très pertinente : la créature n’a pas les yeux jaunes caractéristiques des sans-cœurs. Au-delà du mystère, c’est assez perturbant.


« L’objet doit être possédé. En tapant sur l’ombre nous devrions affaiblir suffisamment la bête pour la faire sortir ! » dis-je, tout en me redressant un peu maladroitement.

Un rapide coup d’œil de la situation indique que nous sommes en mauvaise posture : surtout moi d’ailleurs. Nous sommes encerclés par une vague de sans-cœurs qui en se tarit pas et nous avons en plus une faux possédée que nous devons ramener au Maître.


« Je suggère que vous vous concentriez sur la créature de la faux, je reste en soutien et je maintiens les sans-cœurs à distance vu qu’ils en ont après moi ! »

Je lance cette consigne tout en faisant remarquer à ma comparse qu’une nouvelle attaque va nous arriver dessus. La faux s’abat entre nous deux, nous séparant brièvement. Quelques sans-cœurs commencent à tâter le terrain et s’avancer par petits pas.

Par réflexe à cet assaut qui endommage encore les dalles déjà bien abîmées, je tends les doigts de la main gauche vers l’ombre et laisse déferler de petits éclairs bleutés qui viennent le toucher, faisant ressembler son corps en un nuage pris dans le tonnerre. Il recule sans broncher, préparant sa prochaine attaque sur nous.

Je vais venir à moi un bout de dalle suffisamment grand pour me mettre dessus et me voici repartie dans les airs. Tournoyant à vitesse moyenne autour du cratère, les sans-cœurs me suivent du regard comme des enfants essayant d’attraper la queue du Mickey dans un carrousel.

Lenore s’élance vers le porteur de la faux pour éviter de nous laisser le rôle d’uniques défenseurs. Elle a raison, nous devons être offensifs. Certains sans-cœurs commencent à s’entasser pour créer une petite montagne de ténèbres cherchant à arriver à ma hauteur. Je vais faire taire leur rêve de grandeur.

Je me stabilise et force sur les restes du plafond de la salle. Je tends les mains comme pour étendre ma portée vers la ruine, l’agrippant et la tordant pour la faire tomber sur les créatures ténébreuses.

Je perds patience et redouble d’efforts, cette fois-ci, le plafond s’écroule sur la montagne de petites ombres qui disparaissent sous les débris. Le ciel noir du néant dans lequel nage les restes de ce monde se dévoile à nous, nous laissant entrevoir ce qui nous attend pour l’éternité si nous restons ici.

Mon attaque profitant de l’environnement a légèrement perturbé les sans-cœurs, qui deviennent de plus en plus actifs, de plus en plus nerveux et donc de plus en plus agressifs. Il va falloir vraiment faire vite.

Je fais un moulinet avec les bras et je les joins enfin pour former de petits projectiles magiques entre le rose et le blanc, qui s’élancent vers le porteur de la faux. Combinés aux assauts de Lenore sur la créature, nous arrivons à l’affaiblir, mais manifestement, cela ne suffit pas encore.

Soudainement, je sens quelque chose qui me tombe dessus et s’agrippe à mon dos. Je perds momentanément le contrôle parfait de ma plateforme et je pars un peu dans tous les sens dans la salle.


« Ah ! C’est quoi ça encore ?! » crié-je, surprise.

Je sens que la chose essaye de me griffer, ça fait mal ! Elle déchiquette les tissus de ma manche droite, dévoilant ma belle peau blanche.


« N’y pense même pas ! »

Je dégage une lame qui vient poignarder à de multiples reprises la créature qui s’évapore enfin, me laissant l’opportunité de reprendre le contrôle. Pas pour très longtemps.

En effet, des sans-cœurs ont profité que le toit soit largement effondré pour monter dessus et sauter sur nous ! Mais laissez-nous tranquilles ! Sales bêtes immondes ! Je maintiens mon mouvement pour éviter qu’ils ne sautent trop facilement sur la plateforme.

Ah ! Je dois continuer de soutenir Lenore aussi ! Il y a trop d’ennemis !

Je vais devoir appeler du renfort.

Je me stabilise un instant et me met à genoux. Je vais changer légèrement le rituel pour éviter d’être trop facilement identifiée à l’avenir.


« Frères de la Guerre, entendez mon appel ! »

Un cercle apparaît autour de moi, légèrement luminescent. Des symboles y apparaissant suite au début de l’invocation.

« Le temps du Sang est venu ! Levez-vous et accomplissez votre devoir sanglant ! »

Cinq chevaliers en armure apparaissent sur ma petite plateforme, légèrement à l’étroit je vous l’accorde. Toujours à genoux, je me rapproche du sol et leur fait signe de descendre combattre les ennemis avec Lenore.

Ils vont surtout servir à maintenir les créatures des ténèbres à distance, le temps que nous puissions récupérer l’objet de notre mission.

Lenore se bat admirablement bien. La non-mort lui offre cette capacité formidable de combattre presque sans fin, ne ressentant pas la fatigue de manière traditionnelle et ne souffrant que beaucoup moins des blessures. Quand je vois que je me sens moins bien dès qu’on m’attaque physiquement… J’ai encore du chemin pour m’endurcir.

Je me place au-dessus du combat acharné entre Lenore, les chevaliers et les bêtes des ténèbres. J’ouvre largement les bras et je me concentre en cherchant un peu de répit. Je reprends le pilonnage de la salle en soulevant des débris et les lâchant au-dessus des sans-cœurs.

Mais après les sans-cœurs sauteurs-grimpeurs qui nous tombent dessus, c’est au tour des magiciens de jeter leurs boules de feu et de ténèbres. J’en esquive une de peu et je réponds en faisant valser vers eux une grande table à moitié brisée. Cela ne les tue pas, mais au moins je gagne du temps.

Je suis une cible trop facile maintenant, je vais devoir rejoindre l’arène en bas. Deux de mes chevaliers sont déjà disparus. Les trois autres font de leur mieux, mais ils semblent avoir du souci, vu le nombre de sans-cœurs.

Je quitte ma plateforme en la projetant dans la salle, créant une brèche se refermant aussitôt. Je rejoins les autres en bas. Je dégaine des lames que je fais voler autour de moi, tranchant les créatures s’approchant de trop près.

Lorsque j’ai l’occasion, je lance des éclairs avec mes mains sur le porteur de la faux. Ma magie n’est pas puissante pour cela, mais avec le temps cela devrait bien finir par l’affaiblir !

La créature de la faux est rapide, elle esquive bien et fait en sorte de conserver une certaine distance de sécurité avec la morte-vivante. Il faut percer cette défense ferme par un assaut qui sera suffisamment original pour ne pas être anticipée par la créature affamée de cœurs, mais pas suicidaire pour autant.


« Lenore ! Faites-le souffrir ! »

Je projette trois lames en direction de l’ombre de Death et en même temps, je soulève Lenore pour la propulser du mieux que je peux vers notre cible ! Même si la bête arrive à parer Lenore, elle se prendra les lames qui j’espère lui feront mal.

Il faut faire vite.

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le Mer 16 Jan 2019 - 11:10
Le faire souffrir. Est-ce qu’une ombre peut seulement connaitre la douleur ? Lenore propulsée par une force informe, planta les lames métalliques de son gant dans l’épaule de la silhouette, griffa, déchira sa matière même si celle-ci se recomposait systématiquement comme s’il s’agissait d’une flaque d’encre. Même si cette chose parait certains coups de la rousse, maintenant au corps à corps empêchant les mouvements de la faux, il ne semblait en rien souffrir. Elle-même, pourtant encore pourvu d’un corps et d’une chair, cherchait à ignorer la douleur et la fatigue, les déchirures sur sa peau, les marques de coup, loin de ce qu’elle avait connu de son vivant, tant qu’elle pouvait encore utiliser ce corps, bouger ses membres tout juste ralenti par la puissance décroissante de ses muscles.

Mais pourquoi le faire souffrir ? Cela n’avait aucun intérêt. Il ne serait pas capable de peur, ni de crainte de la mort. Ce n’était qu’une ombre. C’était également une perte de temps. Ils ne devaient que la détruire et saisir l’objet qu’ils convoitaient. Rien de plus. Lenore restait concentrée sur cet unique objectif. Et pourtant ce n’était pas si simple. Cette chose ne périssait pas. Toujours à se reformer quel que soit son attaque.



Lenore dû reculer pour éviter un coup de griffe. L’ombre avait également tenté de la déchirer et reprit les mouvements de la faux maintenant que l’espace entre elle et son opposant le lui permettait de nouveau.

Elle jeta un regard rapide à celle qu’elle escortait. Song devenait impatiente, imprécise, se faisant momentanément submerger. Elle ne pouvait qu’imaginer la sueur sur son visage caché par le masque qu’elle arborait. Elle-même fatiguait. La rousse regarda rapidement son propre corps, plus abîmé qu’elle n’y pensait. La faux avait mordu ses flancs, laissant voir un sang coagulé qui ne coulait plus. Elle allait devoir surement se recoudre dès que possible. Sa cape n’était plus que des haillons flottant à la suite de ses mouvements. Il allait falloir encore en changer.

Lenore reculait encore un peu devant les assauts de la faux, jusqu’à ce que la chaleur soudaine d’une boule de feu ne passe devant elle. Les sans-cœurs leur mettaient la pression à toute deux, les mages notamment s’impatientaient tout autant qu’elles. Song finit par la rejoindre avec des invocations en armures, comprenant que s’isoler devenait trop dangereux. Pourtant, ce n’était pas sur elle que la rousse fixait le regard. Tant qu’elle ne réclamait pas son aide, c’était la preuve que l’Apprentie savait encore gérer son propre combat.

Non, le regard de la mercenaire se portait sur le fil de la lame de la faux, dont le reflet du passage des flammes s’était évanoui en un tremblement subtile. Elle y avait perçu un rien, un sursaut, un mouvement qui avait été tout aussi surpris qu’elle par l’attaque des mages sans-cœurs. L’image ardente disparue, la lame de la faux reprit son aspect métallique et mordant.
L’attention fixée de Lenore cru y percevoir malgré tout la persistance de deux lumières soufrés.


« Je les ai trouvé. » Dis simplement la rousse en revenant à la charge.

Les yeux étaient là. Lenore se rapprocha vivement de l’ombre en esquivant le balancement agressif de son arme et une fois au corps à corps, elle fit volte face, lui tournant le dos sans craindre une attaque, un débordement, une invasion de ténèbres qui l’aurait englouti. Elle saisit le manche pour l’arracher de cette main ombreuse de toutes ses forces, étirant comme un élastique la matière noire dont elle était faite et qui ne voulait pas céder l’arme. Elle fit appel à l’Apprentie en un seul mot pour que celle-ci envoie un sort vers le bras anormalement étiré de l’ombre. L’explosion sépara définitivement la rousse de l’être ténébreux qui disparut.

Lenore soufflée, se releva rapidement, passant les lames de sa main meurtrie contre la faux, du milieu de la hampe vers la lame, griffant le manche et faisant trembler de rage les yeux de souffre. Puis elle continua son mouvement vers l’extérieur le long du fil du couperet, chassant la présence du sans-cœur de la lame de la faux en un bruit métallique strident. Il préféra fuir plutôt que d’être détruit. Un nuage noir aux yeux de souffre flottant maladroitement devant elle avant d’aller se saisir de la dernière armure invoquée par Song encore debout.

La rousse rejoignit l’Apprentie, lui montrant la faux désormais inerte dans sa main, signal qu’ils pouvaient repartir désormais. A condition de pouvoir percé la foule de sans-cœur amassée qui se déversait désormais dans le cratère en une curée vers la vivante maintenant que le combat était terminé. Les premiers s’arrêtèrent vite devant les mouvements amples que faisait Lenore avec sa nouvelle arme autour de celle qu’elle devait escorter.

Puis la visibilité diminua soudainement, la pièce fut plongée dans une pénombre plus importante encore que le ciel d’encre sans étoile qui perçait par le plafond effondré. Les sans-cœur s’en réjouissaient comme des bêtes sentant leurs forces augmenter. Un bras géant arracha davantage encore les débris de la salle. Le darkside de la forêt surplombait les décombres cherchant sa proie vivante inlassablement.

Song eut la rapidité d’esprit de faire venir à elles une large plaque de marbre pour monture une fois de plus, suffisamment large pour y accueillir Lenore et la faux également. Le décollage se fit à la hâte, en cherchant à esquiver la main aux griffes gigantesques qui plongeaient déjà vers elle et qui écrasa sans retenue une poignée de sans-cœur une fois percutant l’endroit où elles s’étaient tenues.

Les combattantes s’élevèrent rapidement, contournant les sorts de mages et les attaques désespérées ne pouvant faire autrement que de traverser le trou en forme de cœur du géant ténébreux en baissant la tête. Elles atterrirent rapidement dans les graviers de l’allée du jardin, alors que les tours de l’Apprentie venaient à bout de son énergie.


« Rejoignons votre vaisseau. Il faut partir. » La rousse lui rendit l’arme de Death, après tout c’était à elle qu’était confiée cette mission. Une fois l’Apprentie en sécurité, elle pourrait aller chercher son propre objectif. Mais ils leur fallait encore retraverser la forêt et fuir davantage ce darkside qui se retournait déjà vers elles avec appétit.
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le Mer 16 Jan 2019 - 12:37

C’est ce qu’on appelle, une belle sortie dans le jargon.

Maintenant, il va falloir courir, et vite. Et le problème, c’est que je ne cours pas vite sous forme humaine. Pour une fois, j’aurai dû écouter Francis : faire des sprints de temps en temps pour les entraînements, c’est utile même quand on a des pouvoirs.

Alors que je me redresse à peine, l’ombre du géant noir ne va pas tarder à nous suivre. Il faut vraiment que je m’active sinon je vais servir de repas à ces créatures de malheur. Je serre la faux de Death entre les mains – qui n’est pas l’arme la plus légère du monde- et je me mets à courir du mieux que je peux vers la forêt.

Lenore me suit, la non-mort lui donne comme avantage de ne pas ressentir la fatigue de la pauvre vivante que je suis. Nous courrons donc, repassant par le portail des jardins qui a été défoncé par le géant sans-cœur et pénétrant de nouveau les bois obscurs et leurs branches semblables à des tentacules prêtes à nous étreindre les jambes ou les pieds pour nous faire tomber et perdre un temps précieux.

C’était plus facile sous forme de corbeau. Sans compter que la faux de Death a la fâcheuse tendance de se prendre dans la végétation : quelle idée d’utiliser une arme comme celle-ci ?

Les pas du sans-cœur résonnent et grondent derrière nous, tandis que les crissements des petites créatures noires le devancent pour nous attraper. Ah ! Quelle horreur ! Lâchez-nous bande d’êtres inférieurs !

Ils commencent à dangereusement nous rattraper, il faut une diversion ! Ou les ralentir ! N’importe quoi ! Il faut une idée, vite ! Quelque chose pour les perturber et les séparer de nous, rapidement ! Hum…

Faire tomber les arbres sur eux ? Non, cela prendrait trop de temps et je ne pourrai pas courir correctement. Tuer le géant ? Non, il resterait les petits. Lâchez Lenore comme appât le temps de s’enfuir ? Non, ce ne serait pas du tout honorable. Hum…

Je sais. Le feu !

Les bois sont morts, pourris par les ténèbres. Ainsi, ils sont très poreux à l’air et est donc très facile à brûler ! Le feu de forêt pourrait ainsi grandir très rapidement avec la magie et créer suffisamment de dégâts pour ralentir les sans-cœurs et ainsi pouvoir nous enfuir avec plus de sérénité.

C’est parti.

Tout en courant, j’invoque une nouvelle fois dans ma main une sphère explosive enflammée que je ne jette pas derrière moi, mais sur mon avant-droite. Lorsqu’elle est là où je le souhaite, c’est-à-dire près d’un bel arbre avec plein de branches : je la fais exploser.

Bien sûr, les dégâts sont importants, mais de petites flammèches vont pouvoir commencer à faire leur œuvre. Et tandis qu’on peut voir de petites lueurs s’allumer, je fais apparaître une boule de feu dans ma paume droite que je vais lâcher juste derrière moi. Le sort ne dure pas très longtemps, mais le feu qui démarre lui, va pouvoir prospérer plus longuement.

J’essaye de maintenir la cadence de la course, mais c’est de plus en plus difficile avec la faux à tenir et les sorts à jeter : j’espère que ma stratégie avec les petites boules de feu va finir par payer. C’est peut-être mon seul espoir.

Les sans-cœurs arrivent, ils sont juste derrière nous. Certains sont suffisamment proches pour que Lenore les frappe avec ses chaînes pour calmer leurs ardeurs. Vite, je veux partir de ce monde pourri !

Nous essayons de parcourir la zone qui n’a pas été dévasté par le géant, histoire qu’il s’attarde toujours à déraciner la végétation pour nous courir après. Malgré tout, il semble suffisamment en colère pour gagner en vitesse et faire le travail rapidement. Je commence à retrouver un peu de mon énergie psychique, je vais pouvoir faire quelque chose, bientôt.


« Allez chercher ce que vous devez trouver ! Je vous retrouve plus tard avec mon vaisseau ! »

Nos chemins se séparent, avec pour honnête espoir qu’ils la poursuivront elle, et pas moi. L’idée me traverse à peine l’esprit que j’entends toujours les sans-cœurs derrière moi. C’est regrettable.

Je décide de manipuler la faux par l’esprit plutôt que de devoir courir avec dans les mains, restreignant ma course. J’arrive à gagner un tout petit peu en vitesse, mais ce ne sera pas suffisant. Je me concentre et j’allume deux boules de feu dans mes mains. Il me faut des flammes, et vite ! Je suis presque à mon vaisseau !

Je les jette devant moi, à plusieurs mètres. Leurs impacts répandent des flammes sur le sol, qui commencent à consumer les bois morts autour de d’eux, créant de nouveaux feux qui continuent de s’étendre au-delà de leur zone initiale. Peut-être que mon répit viendra d’elles.

Je saute par-dessus les brasiers naissants et maintiens ma course. Après quelques instants de plus, j’atteins enfin mon appareil, toujours en état de marche manifestement. C’est parfait ! J’ouvre le sas pour y déposer la faux. J’allume le moteur à distance tandis que j’observe si les sans-cœurs m’ont suivi et malheureusement, ils ont si faim qu’ils vont s’abattre sur le vaisseau si je monte tout de suite dedans.

Alors que mon regard observe la marée de sans-cœurs en approche, je vois les flammes consumer la forêt derrière eux. Mon plan a marché, même si l’incendie forestier sera bref, il devrait me donner suffisamment de temps pour faire décoller l’appareil.

Je lance de nouveaux des boules de feu autour de moi, de préférence sur les sans-cœurs proches des arbres. Et avec la force de l’esprit, je domine les flammes pour qu’elles forment un cercle autour de moi et du vaisseau, consumant les sans-cœurs venant trop près. C’est difficile de continuer à alimenter les boules de feu tout en contrôlant les flammes. Je vais finir par lâcher…


« Aaaaaargh… Pas maintenant ! Encore un peu ! »

Et ainsi je devins la zone la plus éclairée de ce monde perdu.

Les petits sans-cœurs sont dispersés… Je crois… Ou du moins repousser jusqu’à leur prochain assaut mais… Oh non.

Traversant les quelques flammes restantes au sol, une armure possédée par le sans-cœur de la faux vient réclamer son précédant corps. Il ne veut pas lâcher l’affaire celui-là. Je suis quasiment à sec en magie, il va falloir faire avec le reste.

Mais à peine ai-je le temps de réfléchir à la manière de m’en débarrasser qu’il me charge et me file un coup d’épée qui me transperce l’armure de cuir et vient trancher ma hanche gauche. Mais ça fait mal !

Je tombe au sol et je le projette à quelques mètres de moi.


« Laisse-moi partir, sale bête ! »

Je mets ma main sur le côté, il y a du sang. Pas mal de sang ! Merde ! Ça fait un mal de chien !

Pas le temps de le tuer, je vais décoller.

J’attends qu’il s’approche de nouveau de moi, et au moment où il va tenter de m’abattre, je tends les doigts vers lui et je lance une série de petits éclairs bleutés qui viennent électrocuter son armure de métal et le font bien griller à l’intérieur. Une fois ceci fait, je le repousse une nouvelle fois à plusieurs mètres.

Il met un genou à terre, il n’est pas mort mais je vais pouvoir décoller.

J’active le sas pour qu’il se ferme et je me jette presque sur les commandes pour ordonner le décollage d’urgence. Les moteurs rugissent avec fureur et nous prenons rapidement de l’altitude tandis que les flammes de la forêt s’éteignent.

Une fois dans les airs, je reste en orbite de ce monde gangréné par les ténèbres pour regarder un peu plus attentivement ma blessure. Aïe ! Je crois que c’est plus grave que ce que je pensais. Il m’a touché une partie de l’abdomen, la partie proche des hanches. Je perds pas mal de sang. Il faut que je stoppe l’hémorragie.

J’ouvre un petit placard et je sors des bandages que j’applique très grossièrement tout autour de ma taille. Je pose mes mains sur eux et je tente vaguement de ralentir les saignements avec ma magie de soins. Cela soulage un peu, mais il me faudra un peu de repos après ça…

Je remets rapidement ma tenue et je reprends le contrôle de l’appareil. Je ne vais pas abandonner Lenore ici. Même si elle est déjà morte, elle m’a tout de même aidée, ce ne serait pas honorable de la laisser ici face à un funeste sort.

Pourvu qu’elle s’en sorte. Je ne pourrai pas attendre une éternité pour aller me faire soigner par Xupeng.

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le Mer 16 Jan 2019 - 14:47
L’apprentie n’avait plus qu’à courir tout droit pour retrouver son vaisseau, alors elle pouvait bien la laisser faire seule malgré son rythme de course bien plus faible maintenant qu’elle ne volait plus et qui forçait Lenore à ralentir. Au moins pouvait-elle se reposer un minimum et récupérer un peu plus d’énergie pour le moment où ce qui rôdait encore au coin de son champ de vision se matérialiserait. Song, elle, s’entêtait à lancer des flammes dans tout les côtés. Non pas que déclarer leur position dans la forêt aurait changé quoi que ce soit à leur situation tellement il semblait que tous les sans-cœur restant dans ce monde était déjà à leur trousses.

Lenore accéléra donc bifurqua pour s’éloigner, laissant celle qu’elle escortait à son sort puisque c’était ce qu’elle voulait. Aucun ennemis ne sembla lui attribuer la moindre valeur, la laissant se perdre seule dans le dédale de branches aux doigts avides et de troncs vermoulus.

Enfin seule, pas vraiment…
Son regard restait concentré devant elle, mais ses instincts et autres sens lui annonçait des compagnons indésirables. Ce qui rôdait autour d’elles deux plus tôt et qu’elle seule pouvait ressentir, avait fait le pari de la suivre elle, celle qui avait fuis le troupeau.

Alors que les flammes couvaient en une lueur orangée comme un soleil dans son dos, deux ombres s’étirait de chaque côté de la rousse. Des loups transformés en sans-cœur avaient gardés leurs habitudes et leurs instincts de chasse. Ils peinaient à peine à maintenir la vitesse de la mercenaire, l’encadrant et l’observant sans bruit. Ils semblaient encore s’interroger sur sa nature. Après tout elle n’était pas vivante et n’avait plus rien à voir avec ce cœur battant qu’elle accompagnait et dont la lueur avait dû les attirer. Mais elle n’était pourtant pas un sans-cœur comme tout ce qui restait en ce monde désormais.

Un grognement, un coup de dent et un autre plus féroce en réponse pour le remettre à sa place. Ils se chamaillaient comme l’aurait fait de vrais loups, impatient, testant l’autorité du chef de meute. Lenore profita de cette diversion pour gagner les branches en hauteur d’un arbre, sautant de l’un à l’autre pour se mettre à l’abri de ses prédateurs.

C’était sans compter sur l’évolution par les ténèbres. Ces loups-ci en firent autant, continuant leur course au mépris de la pesanteur de branche en branche, avec une rage décuplée. Lenore nota son erreur. Elle serait à son désavantage à cette hauteur puisqu’eux même en étaient capables et elle préféra regagner le sol, s’évitant une mauvaise chute au mauvais moment.

Elle s’arrêta enroulant sa cape déchirée autour de son bras droit pour le protéger de méchante morsure. Ils n’auraient pas attendus longtemps avant de l’attaquer alors autant se préparer à se défendre convenablement.

Ils l’encerclèrent, attendant l’approbation du chef de meute, premier à bondir sur leur proie. Lenore le maintint à bout de bras avant de le projeter sous l’inertie de son bond vers un autre, derrière elle. Les autres n’attendirent guère plus. Elle se retourna juste à temps pour voir le plus impatient lui sauter à la gorge. Elle le renvoya contre un arbre d’un coup de botte, développé avec force.

Son bras parti en arrière, heureusement bien entouré de tissu, tiré par la mâchoire d’un de ces loups noirs. Il la déséquilibrait, la forçant à avancer d’un ou deux pas de ses mouvements brusques, pendant que ses deux autres comparses cherchaient à lui mordre les jambes pour l’immobiliser.

Mais Lenore lui laissa son bras en pâture, ce n’était pas lui le plus dangereux et au moins cela l’occupait pleinement. Elle se protégea surtout des morsures des deux autres avant de devenir incapables de se déplacer, agitant son autre bras ou donnant des coups de pieds.

Lorsque le loup à son bras desserra les mâchoires pour raffirmer sa prise, elle en profita pour s’éclipser de l’étau et tourner sur elle-même, développant sa jupe en corolle et les lames qui y étaient cousues entaillèrent leurs pattes suffisamment pour les forcer à reculer sur le coup.

Lenore put affirmer sa position et saisit les aiguilles cachées dans son corset pour les jeter sur ces monstres, en faisant disparaitre deux en volutes de fumée.


Alors qu’elle se retourna vers le dernier, celui qu’elle avait jeté contre l’arbre se jeta sur son dos et planta ses crocs dans son épaule. La douleur était brutale et le poids soudain la fit trébucher. Mais elle garda sa concentration sur le dernier, sacrifiant son épaule au prédateur pour l’occuper. Lorsque le dernier lui sauta dessus également, elle l’éventra de ses lames métalliques en plein vol, se laissant tomber sur le dos en écrasant l’affamé.

Elle resta quelques secondes allongées au sol baignées de volutes de fumées sombre à reprendre un peu de « souffle » et d’énergie, à se concentrer pour tuer la douleur de son corps et faire un minimum guérir ses blessures. Elle se rappelait les sensations de la chasse, de la course, des bois comme grisée par sa mémoire. Mais elle ne pouvait s’accorder plus de temps. Même si la tentation de rester là allongée à ressentir son corps meurtri la tentait étrangement, comme si elle regagnait en vie, comme si un étau s’était fragilisé pour lui laisser plus de liberté dans sa respiration.

Lenore se releva. Le soleil de flammes s’était éteint au loin, le bruit d’un vent violent et précipité se faisait entendre sans secouer les arbres morts. Celle qu’elle avait escortée avait décollé, enfin.

Il ne restait plus dans ce monde que la rousse, chose la plus semblable à un être vivant et elle devait encore récupérer l’objet de sa propre mission. Il lui fallait profiter de cette tranquillité relative pour finir sa course, droit devant elle.


Elle finit par déboucher sur une toute petite clairière qui semblait avoir été envahis par les branches avides qui se rejoignait au-dessus du Cavalier. Son vaisseau n’avait pas bougé. Pourquoi l’aurait-il fait sans personne à son bord.

Elle avança tranquillement vers lui, la mission touchait à sa fin. Elle laissa ses doigts glissés avec presque une certaine nostalgie sur son nom graver maladroitement au couteau. La sensation était étrange. Par le Soleil, pourquoi est-ce que ses entrailles figées dans la mort semblaient se nouer et se tordre en elle. Elle actionna l’ouverture du sas et pénétra dans le vaisseau lentement, prête à s’émerveiller de tout trésor entassé là dans son autre vie.

Un vrombissement sourd l’interpella dans sa presque rêverie. Elle gagne les commandes pour voir à travers la vitre du cockpit le vaisseau de Song parcourant lentement les cîmes de la forêt à sa recherche. Elle n’était donc pas encore rentrée auprès de Death.

A cette pensée, Lenore alluma les moteurs du Cavalier et décolla, brisant la cage de branches qui le surplombait pour passer prêt de l’autre véhicule stellaire, juste assez pour qu’elle la voit lui faire un hochement de la tête entendu. Elles pouvaient regagner la Cité du Crépuscule. Lenore devait encore l’escorter sur le retour après tout.

A peine sortaient-elles de l’orbite de ce monde brisé qu’une nuée de vaisseau sans-cœur croisa leur trajectoire. Le Cavalier était facile à manœuvrer comme si Lenore ne l’avait déposé dans cette clairière que la veille. Elle fit feu sans retenu sur ces monstres, faisant quelques vrilles autour de celle qu’elle devait escorter pour la couvrir suffisamment pour qu’elles puissent quitter cette partie de l’espace.
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le Mer 16 Jan 2019 - 16:42


Ainsi, ce qu’elle devait retrouver était un vaisseau. Que j’imagine être le sien. Tant mieux, au moins je n’aurai pas à tenir un faux visage pendant le trajet et ainsi concentrer mes efforts sur ma blessure au flanc.

Les vaisseaux sans-cœurs sont nombreux, mais à l’aide des compétences de Lenore, nous pouvons tenir le cap et ne pas mourir bêtement. C’est parfait.

Nous zigzaguons entre les vaisseaux parfois terrifiants des sans-cœurs, amassés autour de ce caillou dont le regain d’activités a attiré leur attention. Nous ne sommes pas en mesure de tous les combattre à nous deux, nous privilégions la vitesse d’une évasion rapide avec nos deux appareils.

A pleine puissance, nous quittons le royaume des ténèbres pour rejoindre le vide plus rassurant des Routes Stellaires où nous pouvons passer en pilotage automatique. Ah… Enfin un peu de repos. Le peu de magie qu’il me reste est consacrée à ma blessure au flanc.

Je prends la voix de l’homme que je jouai pendant la mission pour envoyer un message radio à Lenore :


« Merci pour vos compétences, Lenore. Tâchons de rentrer rapidement pour rendre compte à notre Maître… Et que je récupère mon dû. Si vous voulez que nous fassions un débriefing en arrivant à la Cité du Crépuscule, n’hésitez pas. »

Message envoyé. Très bien.

Je tourne mon siège pour contempler la faux de Death. Cette arme n’a pas de propriétés magiques connues particulières. Elle n’est pas fait de matériaux nobles. Elle n’a, à vrai dire, rien pour elle. Et pourtant…

Et pourtant, cette arme dégage une aura, non pas dû à ce qu’elle est, mais à qui elle appartient. La faux de Death, le maître de la Coalition Noire. Le Boucher, le Démon, la Bête. Combien de personnes sont-elles mortes de cette sinistre lame ? Combien de cris a-t-elle étouffée par le sang ? Combien d’âmes a-t-elle fauchée avant de rester là-bas ?

Certaines personnes tueraient pour avoir en leur possession cette chose pourtant si banale. D’autres m’offriraient peut-être des montagnes de munnies. Hum ! C’est extrêmement tentant… Je pourrai vendre tellement de choses. Mais non. Il faut savoir être raisonnable et puis après tout, Death me donne déjà plusieurs âmes en échange de ce service.

Je suis sûre qu’il sera ravi d’entendre que nous avons survécu toutes les deux à cette mission. C’est un être complexe, difficile à lire de l’extérieur. Il me faut plus de temps pour l’appréhender, pour le comprendre.

En attendant… je vais me reposer et nous allons tranquillement rentrer au siège de la Coalition Noire où je suis certain que notre Maître attend avec une certaine impatience notre retour… Et sa précieuse Faux.


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le Sam 19 Jan 2019 - 15:47
Alors, il semblerait que c’est à votre tour d’être noté. Alors, qu’est-ce que j’vais bien pouvoir raconter ? En fait, j’fais monter la tension pour aucune raison, j’sais pertinemment ce que j’vais raconter depuis votre deuxième échange.

Formule habituelle, le négatif avant de parler du positif et un bisous sur la fesse pour terminer.

Donc, il y a deux critiques à vous annoncer, l’une et l’autre étant lié.

La première, il s’agit du rythme du rp et c’est le plus gros soucis à mes yeux. Ici, vous avez pris l’objectif de faire un rp quasi-totalement en combat. En soit ? J’ai vraiment rien contre cela. Néanmoins ? Nous passons un temps non-négligeable à relire ce qui a déjà été écrit. Là, c’est Lenore que j’vais pointer de mon doigt velu.

Le début de chacun de tes rp, c’est une réédition de ce qui est raconté dans le rp précédent pour décrire ce que tu fais exactement ainsi qu’une légère avancée de Lenore dans la narration.

Ainsi, la deuxième critique arrive et j’vais plutôt pointer Huayan pour celle-ci.

Les deux critiques sont liés, c’est pourquoi ce n’est pas détaillé plus haut. Sauf que les deux histoires se mêle et s’entremêle, induisant une critique et l’autre. Donc, la raison pour laquelle Huayan est dans mon viseur est la suivante : tu fonces à deux-cents à l’heure et on peine à t’attraper.

Avant de continuer, j’imagine bien que vous avez dû discuter l’un et l’autre de ce rp, il suffit de voir la première traversée des bois. D’ailleurs, j’me disais que d’avoir un rp entier où les combats sont décrit par l’autre serait super intéressant et vous aviez l’air de tendre vers ça. Bref, je m’égare.

Mais, vraiment, Huayan file à toute allure et annonce énormément de chose dans son rp. Ce qui induit Lenore à rattraper son retard pour plus de la moitié de son texte avant d’avancer. Pour l’image ? On dirait clairement l’histoire du lièvre et de la tortue. Dès que Lenore te rattrape ? Bam ! Tu fonces à la prochaine étape pour jouer de la flute pendant cinq minutes en attends qu’elle revienne à toi.

Ici, j’ai juste un oeil de lecture et j’ai clairement l’impression que les « tâches » sont mal distribué. Avant de noter, j’ai relu le rp et l’attention qui me reste est qu’Huayan fait 70% du rp et Lenore doit se charger du reste. D’accord que la condition de Lenore la limite dans les actions et qu’elle prend forcément moins d’initiative, mais mon ressenti me laisse l’idée que Lenore ne faisait rien d’autre que de suivre docilement Huayan.

Ici ? Le texte en fait que treize réponse, dont six pour Lenore et sept pour Huayan. En vous donnant cette mission, j’imaginais une bonne trentaine de réponses pour atteindre le but et revenir à la maison. Pourquoi ? Pas parce qu’il faut faire un maximum de réponse pour un maximum de plaisir. Plutôt, pour prendre le temps de poser les situations.

- Arriver dans le monde ? 1rp
- Traverser le bois ? 2rp
- Arriver dans la salle de bal ? 3rp
- Récupérer la faux ? 4rp
- Fuite du monde ? 3rp

Attention, j’suis pas en train de dire que j’allais faire mieux à votre place, il s’agit simplement de chiffre pour vous montrer et vous dire la façon dont votre rp à été structuré. Certes, la partie principale qui est de récupérer la faux est la partie la plus « importante » ! Mais elle n’est pas tellement plus importante que la fuite du monde où le chemin pour arriver dans la sale du bal.

Finalement, pourquoi est-ce qu’il y a aussi peu de rp ? Simplement parce que, j’le répète et prends pas ça pour une attaque, Huayan trace la balle dans ses textes.

Honnêtement, jamais j’irais attaquer la longueur d’un texte ou quoi que ce soit d’autre. Simplement, les gens ont toujours plus à dire ou non. Mais, ici, j’me dis vraiment que ça n’aurait pas été un mal de plus segmenter chacune des parties pour rendre cela beaucoup plus plaire et mieux rythmer. Et si j’insiste sur ça, c’est vraiment parce que j’ai eu une difficulté de visualisation et de repérage temporel durant ma lecture.

Donc, oui, j’parle encore de toi Huayan. Mais à l’avenir, tente toujours de partager tes réponses et donner plus de liberté aux personnes qui t’accompagnes. Tu te souviens pour notre rp de partie d’échec ? Il n’y a pas beaucoup plus de réponse, seulement cinq, mais nous avons pris le temps de poser les choses et de donner un temps d’action égale l’un pour l’autre. Si nous aurions pris moins de temps, du genre, décrire plus de dix actions chacun ? Le rythme aurait été horrible et la partie aurait encore plus difficile à appréhender que dans l’état actuel.

Allez, j’me répète une fois de plus pour la forme. L’important n’est pas la destination, c’est le chemin qui compte ! Et autant qu’il soit long et tortueux, avec de l’amour et des chèvres.

Cependant, Lenore, t’es pas en reste ! Là, j’viens de passer deux plombes à parler de Huayan, mais tu es autant responsable du rythme. Dans l’idée ? Il y avait la possibilité de reprendre le dessus sur Huayan ou de ne pas tenter à expliquer ce que tu faisais exactement. Attention, j’suis pas non-plus en train de dire que ma méthode est la meilleur. D’ailleurs ? Il y a deux écoles. L’une qui préfère dire ce qui se passe exactement et l’autre qui enchaîne l’action sur la dernière action du partie adverse.

Pour moi ? L’une où l’autre n’est pas parfaite et il faut savoir jongler entre l’un et l’autre. Mais clairement, j’avais du mal a retomber sur tes réponses pour ça, comme j’suis de la seconde école. Enfin, soyez heureux, j’vais arrêter de parler du rythme et à vous critiquer.

Enfin, j’ai quand même envie de glisser une remarque par rapport à l’utilisation de la télé qui n’hésite. Souvent, pour cette énergie, j’imagine la concentration de l’utilisateur. Ici ? J’vois plus l’effet que son application et j’suis plutôt mitigé. Après, j’suis le genre de personne à préférer de voir le développement à la place du résultat. Et sinon, le feu, calme down ! Natsu Dragneel.

Est-ce que j’vais parler du bon ? Bah, même si j’suis assez acerbe, il y a du bon dans votre rp.

Ce qui est bon, c’est la modélisation du monde à la Fin des Mondes. Certes, nous avons des images grâce à 0.2, mais vous allez chercher la bête qui rappel le bal en lui-même. Et puis, il y a une fleur de brume, c’est mon sans-coeur préférer.

C’est comme parler d’un de mes personnages dans vos rp, j’suis content et j’en demande pas plus.

Sauf que j’vais pas donner un bonus pour autant ! Bref, j’trouve que le rp est une mine à bonne idée, surtout dans le thème du bal et c’est vraiment ça que j’retiens de ce texte. Et puis, on parle de l’orchestre ! Mais j’crois que le truc supplémentaire que j’aurais adoré, c’est d’avoir eu en plus du sans-coeur dans la faux et d’avoir carrément le prince dans l’équation.

Surtout que, avec ses années à sombrer par manque de Cendrillon, il aurait put faire un superbe sans-coeur. D’autant que, avec Lenore, il y aurait eu le souvenir de cette personne au bal et ça aurait donné un truc. Bon

Bref, outre le problème de rythme, le rp reste assez intéressant. Ah oui, merci pour m’avoir ramené mon arme ! Elle me manquait, j’devais l’aiguiser, aussi. Tiens, une splendide mission pour Lenore…


Difficile : 37 points d'expérience + 350 munnies + 4 PS. Trois en Magie et un en Défense pour Huayan et Deux en Force et deux en Dextérité pour Lenore.

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