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le Mer 2 Jan 2019 - 22:56
« Oh purée… » J’souffle dans mon écharpe dans laquelle tout mon visage est emmitouflé, pour sentir un peu de chaleur et purée… pour me cacher un peu. Trop zarb’. J’ai 20 ans, je ressemble à une ado. Et je suis à la sortie de l’école pour l’heure des parents, entourée d’une quarantaine de mères et de pères qui ont tous la bonne trentaine. 100%, ils penseront jamais que je suis une mère, je sais bien. Ils vont croire que je suis la grande sœur d’un môme ou un truc comme ça. Mais même pas ! En vrai, dans ma tête, je suis maman, là.
Ca fait déjà quelques jours que je dois faire ça et… bilan ? Je sais pas. Ouiiiiii super merci Di pour tout ce que tu partages avec nous !
Ouais bah sérieux ! Sérieux, je sais pas, ça m’angoisse. Quand je suis chez moi, je suis vraiment contente. Quand on fait des trucs, c’est trop cool. Mais dans la rue ou quand ils sont à l’école, je suis juste dans l’angoisse la plus totale. Et y a des moments, je pleure tellement je stresse. Et pour plein de raisons. Donc si, je sais c’est quoi, ces raisons, oui. Je sais. Mais du coup, est-ce que le bilan est cool ou non ?


« Ah c’est vous ! »

Une trentenaire asiatique m’attrape délicatement la manche alors que j’ai les mains dans les poches de mon sweet bleu, avec mon logo. Au-dessus, j’ai une veste de la Shinra, cuir noir style uniforme à la Soldat 2ème classe, ouvverte pour me laisser réfugier mes mains dans mon pull et pour laisser les gens voir le logo. Je suis jamais incognito, maintenant. C’est une volonté, je fais pas ma star qui veut pas être reconnue ! Je me tourne vers la jeune femme qui a un chignon vraiment mignon et une peau super belle pour son… âge. Oui elle a que trente ans mais je peux pas m’empêcher de me comparer !

« Bonjour. » dis-je aimablement. « Je ne sais pas, vous faites référence à… » Je rigole nerveusement tout en relevant légèrement le bec de la casquette noire, logo rose dessus, que j’ai sur la tête.

« Mes jumeaux, Ayaki et Asato, sont dans la classe d’Hendamé, vous êtes bien sa tutrice ? »

« Hengameh. » corrigé-je en hochant la tête. « Oui c’est moi ! »

« Olala… elle a l’air vraiment incroyable, cette petite. Alors, elle sait à peine lire, c’est ça ? »

« Oui elle vient d’Agrabah. Mais elle progresse ! »

La petite femme me fait un large sourire assez asymétrique, et… elle a un vrai style, elle est jolie et classe, une mère comme ça, ça doit vraiment déchirer.

« C’est ce qu’ils m’ont dit ! Et franchement… incroyable ce qu’ils peuvent apporter comme culture. » « Je… » « Elle est d’une autonomie. Je ne sais pas si vous avez pu l’observer, lors d’un jour de parents mais… » « Ah non, je n’ai pas pu. » Ouf, j’ai l’air mauvaise, tout à coup, ça m’angoisse. Je vois quelques autres parents qui écoutent un peu la conversation comme ça et… s’agirait d’avoir l’air bien ! « Oh ne vous en faîtes pas, on est tous très occupés. Les jumeaux m’ont dit ce que vous faisiez dans la vie, en plus, c’est… c’est original ! »

Je hoche la tête en lâchant un petit rire. « Après, je suis avant tout une employée de la Shinra, tout ce que je fais ici est au nom de la compagnie. »

« Ca c’est le plus dingue. » La dame me touche le bras comme pour me féliciter. « Moi je ne pourrais pas vivre comme vous le faites. Le danger, la célébrité, les fans, le dirigeable. »

« Oui le dirigeable c’est… » Je lève les yeux, machinalement, elle aussi. Non, on n’arrive pas à le voir d’ici, il est resté au-dessus de l’immeuble où j’habite. « quelque chose. »

« Mais ce que vous êtes jolie, en tous cas. »

« Oh arrêtez ! Moi c’est… » je cale un peu. Elle me regarde genre curieuse. Va pas bourder, Di. « Très petite fille, comme style ! »

Elle rigole, mais classe et pas trop bruyant parce qu’elle gère le truc, je suis sûr qu’elle vit dans un appartement à neuf étages et que même là, elle rit doucement. « Pourtant les photos en maillot de bain de vous, c’est pas vraiment petite fille ! »

« Non, c’est vrai. » A mon tour, je lui touche le bras pour lui donner raison encore plus ! « Mais je fais starlette. Vous vous êtes vraiment classe. Moi, jamais un journaliste ou un intellectuel regardera une photo de moi en combinaison moulante et dira « Woah. Classe » »

Elle rigole à ma plaisanterie et moi aussi du coup. « Mais si vous voulez tout savoir… » La sonnerie retentit, je me retourne vers l’entrée. De là, ça traîne pas des masses, des vagues d’enfants sortent, conduits par des instituteurs, comment dire… au taquet. Moi, au Jardin Radieux, c’était pas du tout ça l’enseignement. Ici, ils sortent en rang, ils chuchotent en rang, c’est limite s’ils chantent pas une chanson militaire pour donner la cadence ! Les enfants sont libérés dans la cour, et ils se cherchent entre eux, par famille. Je vois Fahimeh tenir la main de Jila, finalement rejointes par Hengameh. Je souris en redécouvrant les tenues que j’ai choisies pour les trois. Franchement, elles ont une bête de style. Là-dedans, je connais aucun autre gamin mais y en a plein, surtout des petites filles, qui me font des signes après m’avoir cherchée pendant dix bonnes secondes parmi les adultes. Je réponds chaleureusement, mais quand même un peu…

« Ca m’intéresse, que disiez-vous ? » m’appelle la maman des jumeaux. Je pivote légèrement vers elle en appelant les filles. « Ecoutez, je parlais de ça avec madame la maire. » La maman sourit légèrement, genre amusée.   « Ouais ça fait prétentieux. »

« Non non, mais ça ne me surprend pas, continuez. »

« Et j’aimerais toucher un public plus… mature, en essayant peut-être de faire des featurings avec des femmes stylées comme elle ou comme vous. Moi ça… me semble tellement logique. »

« Oui ce serait pas mal, après… vous êtes jeune et vous plairez aux jeunes, c’est normal. »

« Oui. Mais bon, vous, que faîtes-vous ? Hengameh m’avait parlé de jumeaux, ça me fait plaisir de vous rencontrer. »

« Je suis cuisinière, je travaille dans la banlieue, je… « Vous avez une carte ? » Elle s’immobilise, sourit et cherche dans son sac à main avant de m’en tendre une. « Nice, merci, j’essaierai trop de venir avec des potes ou avec les petits. »

« Ah n’hésitez pas à prévenir, ça me ferait plaisir ! »

« Bonjour Di ! » dit joyeusement Fahimeh en me prenant la main. « Salut les filles ! » On s’est déjà vus le matin mais l’école, c’est tellement long que… Je prends Jila dans mes bras et l’embrasse sur la joue avant de faire un clin d’œil à Hengameh qui me lâche un « Salut Di. »

« On va y aller !  Super sympa de vous avoir parlé ! »

« De même ! »

On prend la route, à pied, vers l’université où se donnent les cours de cinéma ou que sais-je, toujours Jila dans les bras. Les petites ont… vraiment du mal avec ce froid, donc je fais vraiment attention à les charger en tissus chauds. Mais voilà, je veux pas faire payer des frais supplémentaires à la Shinra pour nous transporter tous les jours de l’école à l’université et de l’université à mon immeuble, comment ça passerait trop pas. Et les petites sont… vraiment pas du genre à se plaindre. C’est Babak qui a plutôt un tempérament de pleureur parmi ces enfants. Et justement, on va l’trouver.

Pour ceux qui savent pas, j’héberge ces quatre orphelins d’Agrabah jusqu’à ce que le projet étudiant d’une réalisatrice en herbe soit fini. Et donc pour eux, même si c’est pas facile, c’est quand même la belle vie. Babak, c’est le seul garçon et c’est le seul qui a été embauché pour le film. Du coup, il ne va pas à l’école, ses sœurs bien. Ca semble pas très correct mais en vrai, c’est quand même une grosse opportunité que je lui donne.


« J’ai écrit mon nom plusieurs fois ! On a vu le code de la route. » Je soupire en écoutant Jila. Voilà un truc qui va leur être bieeeeeeen utile à Agrabah, tiens. « Quand c’est rouge, on s’arrête. Quand c’est orange, on s’arrête. Quand c’est verte, on avance. »

« Quand c’est vert, mon coeur. Et la récréation, tu n’as pas eu trop froid ? »

« Si. »

« Moi, madame Akasha, elle m’a laissé rester avec Hana dans la classe parce qu’elle sait que c’est difficile comme on vient d’un pays très chaud ! » répond Fahimeh spontanément. Je lui souris avant de regarder à nouveau Jila, toujours sur moi, plus pour longtemps parce que jpp. « Et ensuite ? »

« On a vu paire et pas paire. »

« Pas paire ? »

« Impaire. » corrige Hengameh sans même me regarder.

« Madame a amené plein de chaussettes, y en avait qui allaient par deux, y en a qui étaient seules. Et on a vu que quand on compte, y en a elles vont par deux, donc des paires, et des autres pas. Et puis on a vu le son « é » ! »

« Oui. » Je souffle et repose Jila à terre. Mince, mes mains sont gelées, à moi aussi ! J’espère que ça va vite se réchauffer, ça devient… pénible. « Et toi Fahimeh ? »

Elle commence à raconter.

Je suis mal à l’aise par rapport à tout ça, genre vraiment. Parce que… c’est pas un acte généreux, c’est, comme je l’ai dit à la maman des jumeaux, totalement pour la Shinra ! Bon oui, je me console en me disant que j’aurais pu juste prendre le gamin ici, j’aurais pu le faire héberger quelque part d’autre que chez moi, j’aurais pu juste les héberger et m’occuper d’elles vite fait parce qu’elles sont super débrouillardes ! Donc j’ai été sympa mais c’est aussi…

J’en sais rien, en fait. C’est quand même moi, toute seule, qui ai décidé d’aider une go à faire son projet d’étudiant en cinéma, et donc d’aller chercher des orphelins à Agrabah ! Donc, si, c’est quand même moi derrière toute l’aide proposée ! Et je prends des risques !

Mais ça n’empêche ! Ca n’empêche que dans deux mois, ils retournent d’où ils viennent, dans leur misère, dans un monde qui les traite mal ! Et que moi, bah je peux pas adopter définitivement quatre gosses d’un coup ! Même un ! C’est im-po-ssi-ble !


« Oui ? »

« Oui ! » Fahimeh continue de me raconter son histoire. Bon, j’essaie d’écouter, je corrige ce qu’elle dit et… « Et toi Hengameh ? »

Elle me regarde intensément. C’est ce que j’aime chez eux, ils sont très regard. Quand je leur parle, ils me regardent directement droit dans les yeux, qu’ils veuillent protester, me sourire ou me répondre, c’est toujours : les yeux. Mais Hengameh, elle doit avoir douze ans. Elle est avec des gamins de onze ans, et… même sans ça, elle a une maturité de fou donc elle a l’air d’en faire bien plus. Du reste, les autres enfants de sa classe sont intelligents comme des Asiatiques, donc… sans compter le fait qu’elle est jamais allée à l’école avant, l’écart est énorme. Et malgré ses qualités, Hengameh est aussi difficile que facile à vivre. Dès que je lui dis un truc, elle le fait, dès que je lui fais une remarque, elle corrige ! Mais… je la sens toujours méfiante, sur ses gardes et contrairement aux trois autres, elle joue pas le jeu. Jila, Fahimeh et moi nous entendons super bien, et Babak est trop crevé quand il finit sa journée pour poser un souci à qui que ce soit. Hengameh, elle veut pas être traitée comme un enfant. Et bien, malgré ça, cette difficulté, Hengameh est la petite étincelle qui me redonne espoir sur leur avenir. Parce que cette gamine, je peux pas croire qu’elle puisse pas se sortir de n’importe quelle situation ! Genre. Genre, la Fin des mondes, elle passe le niveau easy.

« Un autre professeur est venu m’entraîner à la lecture toute la journée. »

« Ok, c’est pas plus mal. T’es pas triste de pas avoir passé la journée avec les autres enfants ? »

Elle fait non de la tête. Booooon… Bah je vais pas insister.

Au bout d’une dizaine de minutes supplémentaires de marche, on arrive à l’université, non pas celle de robotique, mais celle des filières littéraires et artistiques ! Et donc c’est pas ici que j’ai ma permanence. D’ailleurs, je vous parle de mon horaire ? Alley.

7h30, je me lève, je prépare le petit-déjeuner. Bon ça en vrai, ils mangent des céréales tous les matins, j’ai la flemme. 8h00 on part pour l’école ! Ensuite, vers 8h40, je rentre, ou je fais des trucs pour la Shinra, style aller vérifier des casernes ou ce que tu veux. Mais généralement, j’ai quartier libre puisque je suis ici pour le côté « social » ! A 12h30, je me dirige vers la faculté robotique pour, de 13 à 15h00 faire ma permanence pour la Shinra. Là, le pire. Pile à 15h00, je dois foncer comme une malade vers l’école, pour être là à la sortie à 15h20 ! Ensuite, et là c’est ce qu’on fait, on va chercher Babak sur le tournage. S’il a fini ! Hier, on a du attendre une heure.
Ensuite, on rentre, il faut… goûter. Et on doit bosser sur les devoirs et comment dire ? Bosser encore. Moi, je veux que Hengameh et Fahimeh sachent lire en revenant à Agrabah, et qu’elles soient des lectrices correctes, et tant pis si c’est presque impossible ! Ils doivent manger le soir, et alors là, c’est… la honte. Je commande quasi tous les jours depuis qu’ils sont arrivés, c’est-à-dire il y a six jours !

Ils dorment à 21h00, Hengameh peut rester jusque 22h00 et moi, bah je dois pas me coucher trop tard non plus, pour pouvoir me lever pour l’école le lendemain, donc je live max jusque 1h00 !

J’ai l’air de me plaindre ou ?...

On marche dans les couloirs dans l’unif, et franchement, c’est un truc à faire. Se promener avec trois enfants dans une université, ça se remarque !


« J’ai eu la meilleure note en éducation physique. »

Je me tourne vers Fahimeh mais… Non c’est Hengameh qui vient de parler ?

« Sérieux ? »

« Hengameh est la best en gym ! » répond fièrement Fahimeh ! Celle-là, c’est… horrible à quel point je suis fan d’elle. De base, je l’ai recueillie, et même si elle était crasseuse à mourir, purée ce qu’elle était mignonne ! Maintenant, non seulement elle a un style de ma-la-de, je la fringue super bien, même si bon, je suis deg qu’on soit en hiver, je suis sûre qu’elle tuerait le game en robe. Sa peau est un tout petit peu plus claire que celle des autres et qui est parfaite, elle a un petit nez retroussé, comme ses frères et sœurs d’ailleurs, et des cheveux qui lui tombent aux épaules, coupés maintenant. Je bosse sur Jila aussi le matin, mais bon elle a six ans donc… Fahimeh, c’est ma mascotte. Et elle est là depuis huit jours, je l’ai déjà tellement mise en avant qu’elle a chopé certaines de mes mimiques !

« Tu me montreras ça ? »

« Pourquoi est-ce que ça t’intéresse ? » me dit-elle. C’est pas… de l’insolence, elle a vraiment l’air de se poser la question et je crois que ça me vexe encore plus que si elle me l’avait dit pour me provoquer. Alors bon, je suis rien pour elle mais… autant lui répondre pour ce que je suis, indépendamment d’elle. Je lui attrape délicatement le poignet et je m’arrête. Elle est pas beaucoup plus petite que moi, donc je me penche pas mais je la regarde droit dans les yeux, sous ma casquette. « La moitié de mon boulot, à la Shinra ou sur les réseaux sociaux, c’est de promouvoir. Si t’es douée, tu seras contente que je m’y intéresse. » J’essaie de sourire mais ça passe dur.

« D’accord. »

« Promouvoir ça veut dire que je mets en avant des produits, des talents, des gens ou même moi. »

« J’ai compris. »

« Oui mais… » Je me décrispe et penche légèrement ma tête sur le côté pour lui faire un autre sourire. « Je te force pas et je me fache pas sur toi, tu comprends ? »

« Merci. » Elle reste assez neutre mais… son merci est sincère ou pas ? Trop spéc’ cette gamine. Je la lâche et on continue de marcher jusqu’au studio d’Etsuya, l’étudiante qui réalise le film dans lequel Babak joue ! J’entre sans frapper, les enfants savent qu’il faut pas faire de bruit mais…

« Ah ! D.Va ! »

Babak vient vers moi, suivie de près par Etsuya, toujours dans une de ses robes bien amples. Même quand elle marche, on dirait un poulet, c’est incroy…

« Une catastrophe ! Voilà ce que Babak nous a offert aujourd’hui ! »

« Il s’est passé quoi ? » Je me penche vers Babak pour lui saisir la main et l’amener vers moi.

« Son texte, D.Va. Tu dois le faire réviser son texte. »

« Sérieusement ? Mais Babak le connaissait super bien hier ! »

« Pas assez, visiblement ! Tu dois… » J’ai même pas écouté la suite. J’ai levé une main devant moi genre parle à ma main, même moi ça m’aurait trop énervée. Je l’ai baissée quand elle s’est tue. « Hengameh, Fahim’, vous allez dans le couloir avec les petits deux minutes ? » Je continue à regarder Etsuya, en souriant poliment, jusqu’à ce que mes gamins soient dehors. Elle fait déjà moins sa star. J’attends et puis calmement, je lui dis :   « Je ne dois rien. Calme-toi un peu sur les caprices de réal’. T’as un gamin super, il est beau à croquer et il a l’air triste comme un dimanche, c’est tout ce que tu voulais, donc t’es patiente. Je vais bosser avec Babak sur son texte, mais les ordres, ça se calme, j’ai déjà un patron. » Je sors mon appareil, je vérifie vite fait que j’ai pas de mail de la Shinra, justement, tout en lui parlant. En ce moment, je… ploie sous les contrats, les plans de remboursement et tous les délires… C’est genre tellement pas mon boulot, mais je dois forcément mettre ma signature avant que la Shinra étudie le truc. Et normal, la plupart du temps, c’est moi qui conçois les contrats pour que la Shinra accepte ! « On est ok ? »

« Oui, excuse-moi, je me suis emballée. »

Je la regarde enfin et lui souris. C’est ce que je voulais entendre ! « T’es une artiste, c’est ton futur business de t’emballer, je t’en veux pas ! Bon. Quelles pages pour demain ? »

« J’ai fluoré tout ce qu’on travaille demain, on doit refaire la scène où sa mère tombe dans le puits. »

« Ok. La mère, ça marche ? »

« Oui, Chadia est vraiment incroyable. »

« Ah chouette ! » Et vu le prix qu’elle nous coûte, j’espère bien ! J’ai dû envoyer une lettre, manuscrite et tout, au Moulin Rouge pour celle-là, c’est une danseuse vedette qui fait partie d’un trio et… c’est le Moulin Rouge. Ça coûte cher. Mais tout ça, c’est pour l’apparence ! Je veux soutenir les étudiants du cinéma, pour ça je fais un premier très gros coup avec Etsuya, donc… des acteurs venant d’autres mondes, une danseuse du Moulin Rouge, un garde noir que je dois encore aller recruter ! J’aurai aussi un rôle, comme ça… le film aura, s’il est bien fait, une renommée au moins à SF, on verra le tampon Shinra, on verra qu’on est à fond derrière les jeunes et… Une nouvelle bourse à mon nom ? Peut-être pas ! Le président est un visionnaire. J’ai proposé pas mal de ces décisions, elles ont été acceptées mais j’ai pas eu son sentiment à lui, personnel, et ça se trouve il est pas au courant et ça se trouve, il va m’appeler pour me virer mais… c’est un génie de l’entreprenariat. Je vais pas rapporter du fric à la compagnie, je vais lui rapporter de l’amour. La Shinra produisait pas de films ? Maintenant si. En plus… collaboration avec le Consulat, ça fait vraiment ouvert d’esprit.

« J’oublie pas le garde noir. Etsuya, à demain ? Ah et est-ce que Terry peut venir demain ? Finalement, jeudi, ça l’arrange pas. »

« Oui pas de souci, il me dérangera pas, au contraire. »

« Normalement, il te peindra toi… Chadia… et ton caméraman. »

Bon allez, je lui fais la bise et je retourne aux enfants. Direct, Hengameh me demande : « Tu t’es fâchée sur elle ? »

Je la regarde dans les yeux en réfléchissant. Puis allez… Cette petite respecte ça, je crois. Je vais derrière Babak et couvre ses oreilles avec mes mains, je veux pas qu’il prenne Etsuya pour une guignole, c’est quand même la réal’. « Oui, chérie. Elle doit se rappeler que c’est moi qui gère l’argent de son projet et qu’à tout moment, je peux arrêter les frais. » J’enlève mes mains. Hengameh acquiesce et… c’est une victoire !

« Une fois, j’ai volé un milicien. Il m’a attrapée mais j’ai assumé. Je l’ai regardé, je me suis excusée, et je lui ai montré que je le respectais même si je le volais. Il m’a laissé partir. »

« Ouais… » On a commencé à marcher. Hard, quand même. J’aurais tellement mal réagi à sa place !

« Il ne faut jamais oublier à qui on doit du respect. La Seyyede nous le dit toujours. »

« Il ne faut pas respecter les chefs du palais, parce qu’ils changent trop. Mais il faut respecter celui qui nous donne de l’argent. » Continue Fahimeh, genre elle récite la leçon la plus bizarre du monde. « Mais pas forcément celui à qui appartient cet argent. Si moi je te donne de l’argent, Di, tu dois me respecter. Mais si j’en donne à ma oukhty. » Elle désigne Fahimeh. « Si elle te donne l’argent, même si je lui dis de le faire, tu la respectes elle. »

« Il faut respecter celui qui nous héberge, celui qui nous donne à manger. Et quand on nettoie chez quelqu’un, chez un milicien, on doit le respecter parce que c’est sa maison. »

« C’est la Seyyede qui nous a appris tout ça. » répète Jila en me souriant. Je… sais pas trop quoi dire, donc j’acquiesce, je montre que je suis d’accord. Oui, je le suis, je suppose. Après, ça me gêne de les imaginer faire le ménage de gros cinglés de la cimeterre mais… oui pour le reste, je suis plutôt open au délire du respect. En tant que… tutrice temporaire, je leur dis jamais des trucs genre faut pas voler. Please, quoi. Quand je vais les rendre à Agrabah, c’est sûr qu’elles s’en ficheront de ce que j’ai dit dans mon confort de première classe. Par contre, je veux vraiment qu’ils soient gentils, qu’ils ne jurent pas trop, mais ça, ça va ils le font pas ! On rentre… enfin. Je lance le trio gagnant : bouilloire, ordi et musique de fond !

Et surtout on lance les devoirs. Je leur fais un plat genre avec plein de crasses, pâtisseries et tout, je leur prépare un cacao chaud mais on s’y met ! Babak fait une sieste direct, lui il peut, parce qu’il est à chaque moi hyper mort en rentrant du taf. Parce que on l’emploie, quoi, c’est réellement un job. Et… je vais à côté de Jila pour commencer.


« Les filles, je lance la cam pour le vlog. » Je sors mon appareil et je commence à filmer. « Yo les gars ! Dites bonjour, les filles ! » Je filme une par une les trois filles qui répondent poliment bonjour, souvent avec un geste naturel, et… même Hengameh le fait, donc ça c’est cool. « On se retrouve pour les devoirs des filles. J’ai une heure pour Jila là maintenant, on va bosser comme des tarées, ensuite… je la libère, je m’occupe une demi-heure des grandes si elles ont pas compris un truc. Quand Babak arrive, on répète son texte jusqu’à ce que ce soit ok. Et on rebossera encore une heure de plus avec les grandes quand on aura fini, donc sans doute juste avant de manger. Vous êtes prêtes les filles ? »

« Oui ! » disent ensemble Jila et Fahimeh. « Nice ! » Je pose la caméra sur la table de la salle à manger et on commence Jila et moi, révision sur le son « ou ». C’est tout un savoir-faire. Evidemment, je fais du montage le soir-même donc le vlog, je prends que les moments un peu intéressants, et il y en a, l’air de rien ! Non franchement, j’en doutais grave mais première fois qu’on a fait les devoirs, je l’ai fait sans la cam, en me disant que c’est super nul de filmer ça. Non, quand tu bosses en 1v1 avec un enfant, il te sort de ces trucs drôles ou parfois super mignons ! Moi en deux secondes je suis agacée quand Jila comprend rien mais les viewers, ils kiffent.
Et donc, dès qu’une des filles parle, je dois être prête à changer l’angle de vue de la caméra alors que je suis en train de bosser sur les devoirs, je rappelle ! J’ai même pensé à mettre plusieurs caméras pour plusieurs angles mais ce serait nul.
Et justement, ça fait dix minutes qu’on bosse quand…


« Kotetsu va venir ? »

Je fronce les sourcils et filme Fahimeh. On la verra pas poser la question sur le vlog, mais on l’entendra, je refuse de lui demander de reposer la question devant la cam. « Pourquoi il viendrait ? »

« Parce que tu l’aimes bien ! » Elle me fait un sourire de charmeuse, pleines dents, trop d’assurance. Pfiou, elle m’éblouit. « Oui c’est un pote. » La cam est pas sur moi donc faut mettre l’intonation, sans que ça fasse too much.

« Il explique bien. » dit Hengameh, simplement. Je la filme. « Ouais mais vous êtes là depuis huit jours, et il est venu quatre fois plusieurs heures, c’est hard pour lui. Il est aussi étudiant, et… j’ai peur de lui prendre trop de temps. »

« Si tu lui demandes, il dit oui. Donc demande, Di. »

Woh. Je me filme en gros plan, visage tourmenté. « Quel pragmatisme ! »

Bon, je tente. Je lui envoie vite fait un texto et… un peu plus tard. « Ok il va venir. »

« Surprenant ! » Je regarde Fahimeh, sans nous filmer, et lui tire la langue en riant ! Le langage de miss qu’elle s’est trouvée, la petite, c’est hallucinant !! Du reste… je suis contente de la séance pour le vlog, Jila a été franchement merveilleusement… à côté de la plaque, et j’ai plein de moments où elle comprend pas dans la boîte. En plus, rolala, c’est le meilleur piège à conseils. Je vais avoir des milliers de com’s qui vont me conseiller d’expliquer ça comme ça et pas comme ceci, ce qui gonfle mes stats ! Mais sans blague, cela dit, Jila est vraiment super et elle comprend plutôt bien, c’est juste que « ou » après huit jours, franchement c’est un délire. Et juste avant qu’arrive Kotetsu, j’en ai fini avec elle ! La petite va lui ouvrir, il nous rejoint à table après avoir posé sa maison.

« Tu vas bien ? » Il me fait la bise, je lui fais un grand sourire. « T’es le meilleur, merci de venir, je tiendrais pas deux minutes sans toi. »

« Y a pas de souci, tu sais que ça me fait plaisir. » Je le détaille un peu pendant qu’il s’installe. Son visage super jeune, carré, n’a pas eu le temps de changer depuis que je le connais mais ses cheveux bleu électrique, par contre ! « Tu devrais refaire ta couleur. »

« Hum. En hiver, j’ai pas vraiment la motivation. Et puis, je suis occupé avec Emna, l’air de rien. J’essaie de la relier au réseau internet mais c’est à chaque fois une catastrophe, je dois la dupliquer et supprimer toutes ses copies une fois qu’elles ont touché internet. »

« Pourquoi ? »

« En une heure, la mémoire de Emna, qui est franchement exceptionnelle, est saturée et… purée, pas du meilleur. »

« Ah c’est chiant. Mais c’est pas un problème de venir ici ? »

« Ca me change les idées et… le prof de nanotechnologie t’a en fond d’écran sur son portable. Et ses écouteurs sont de ta marque donc, plus j’apparais dans tes vidéos, plus il m’a à la bonne. »

« Roh le coquin. » Avec ça, je me rends même pas compte que je le filme. « Comme si t’avais besoin de ça. Bon allez ! Rentabilise la bourse que JE t’ai fait gagner ! Hengameh doit me ramener les félicitations du doyen en rentrant de l’école demain ! » Et on s’y remet, moi avec Fahimeh, oui mais pas longtemps. Babak arrive, complètement stone par le sommeil. Je le cagole dix minutes sur mes genoux, avant de lui donner son goûter et tout le bazar et… on s’installe tous les deux sur le divan. C’est… super chiant pour deux raisons, de répéter avec lui. Déjà, je peux pas trop filmer parce que la réalisatrice pense que ça va nuire à l’image du film que de voir les acteurs répéter. Bon ça…
Mais ensuite et surtout, Babak ne sait pas du tout lire donc je dois vraiment lui dire mot à mot sa réplique, et il doit la répéter, jusqu’à la connaître par cœur ! Après, on a créé notre système, j’enregistre sur un microphone toute la scène en jouant tous les rôles, et il écoute ça et répète avec. Non pendant ce temps-là, la cam est sur Hengameh, Fahimeh et Kotetsu, plan assez large. L’aînée est vraiment bien avec lui, on sent qu’elle se force pas du tout comme elle le fait pour moi. Elle agit genre c’est son pote. Et j’aimerais bien avoir la même relation mais enfin !

Et ça m’obsède un peu trop, tant qu’on en parle !

Revenons à ce qui vous intéresse : l’éducation des immigrés ! Donc on bosse ! Ca se passe super bien, un de ces moments super bien, quand je suis pas seule avec les filles (et Babak) qui me fait dire que j’ai de la chance de vivre cette expérience de blanche riche ! Et on arrive… bien plus tard, notre soirée bien avancée, le repas du soir avalé, juste Kotetsu, Hengameh et moi sur le divan en U devant l’énorme télévision qui diffuse une de ces pubs trop bizarres de SF. Et bon elles sont trop bizarres mais quand tu vois ça et la renommée que j’ai ici maintenant, je peux pas m’empêcher de me dire. Meh… A quand ma pub bizarre ?! Bon il suffirait que je paie. Ouais c’est clair. T’sais, comme si on allait m’en offrir une. Comme si celles qui étaient diffusée l’avaient mérité. Ouais non je suis bête, cette réflexion est vraiment dumb.


« Toujours pas de nouvelles de Nakada ? »

Je fais une moue dépitée et soupire tout en ramenant mes pieds près de moi, sous une couverture que je partage avec Henga’. Entre temps j’ai enfilé un pyjama, un pantalon en training et un pull pilou-pilou rouge, sachant que depuis l’épisode Malkhouth, je la joue plutôt sobre niveau pyj’. Ah ! Pile le souvenir que je voulais pas avoir dans la tête juste après celui de Nakada ! Parfaiiiiiiiiiiiiiiiiit.

« Non écoute. Je sais pas quoi faire. »

« Il s’est passé quoi ? » demande Hengameh, genre… d’habitude qu’en a rien à kicker de ma vie personnelle et de mes plans hyper cools. Je la regarde longuement en fronçant les sourcils, genre je jauge, tu sais. « Tu es trop jeune, Hengameh. » répond Kotetsu à ma place. Erf.

Erf.

J’aime pas trop bien qu’on décide à ma place. Même avec lui, je suis quand même… tu sais. Mon pseudo, tout ça.


« Non. » Je pose une main sur le bras maigre d’Henga et le serre affectueusement, mais je souris quand même à Kotetsu pour pas qu’il le prenne mal. « Hengameh a genre douze ans, elle est carrément assez mature. Puis… l’âge a rien à voir. Je suis sûre qu’elle a déjà fait des trucs ouf, genre… manger des rats. »

La petite prend un air dégoûté. « Non, c’est dégueulasse, tu rigoles ? C’est un coup à tomber malade ! »

« Pourquoi des rats, au juste ? C’est une preuve de maturité que de « Oui bon ça va, taisez-vous. » Rah foutue jeunesse insolente ! « Nakada, c’est le frère de Kotetsu. »

« Ca, oui je sais. »

« Et... » Je retiens une grimace parce que… elle pourrait aussi me laisser parler tranquille hein. Mais bon. « On s’entendait très bien. D’ailleurs ça n’a pas changé, je l’apprécie encore énormément. Il créchait souvent ici, sur ce fauteuil et » je fais une pause et fais bien attention à ne pas regarder Kotetsu dans les yeux. « Et bon je lui plaisais, il me l’a dit, c’était une très gentille proposition mais je ne voulais pas, et je ne veux toujours pas, fin de l’histoire. »

« Ah. » Elle me regarde fixement. Purée, la petite a pas de parents, vit dans la misère à Agrabah et mange des r… purée mais oui, qu’est-ce que j’ai avec cette histoire de rat ! Bref. Je suis la reine des idiotes avec mes problèmes de rien face à elle. « Et il a disparu ? »

« Oui !!!! » J’explose ! Je me lève et agite mes bras comme une idiote ! « Comment ça m’énerve ! Il a quoi, ton frère, six ans ? Il sait pas accepter un refus ?! Le type, il se la joue Dark Sasuke trois quarts du temps, et quand il a une peine de cœur, il se taille ?! » Je grogne et pars brusquement de la pièce pour revenir avec de la sangria bon marché. « Je p… ? »

« Non c’est contraire à ta religion ! » Du moins… je c… je crois ? Y a trop de trucs à retenir, dans la sienne ! Puis elle a douze ans, elle boit pas d’alcool, ça aurait dû être ça ma première réponse ! « Mais moi j’ai besoin de lui, je rappelle ! C’est mon binôme pour le tournoi de combats de robots ! »

« C’est quand déjà ? »

« Ca n’a aucune importance ! » Je sers un verre à Kotetsu, en sachant bien que ce sera le seul parce qu’il est Asiatique. Mais moi, tout est à prouver !

« Tu vas faire comment s’il ne revient pas d’ici là ? »

« Oh la déprime. J’espère qu’il va revenir. » Je soupire et je me calme, leur souriant, de manière forcée, à tous les deux pour leur montrer que malgré ma frustration de voir le résultat d’une amitié avec un mec, je les aime quand même, tous les deux. Mais c’est ça. Je sais, je me répète mais… et j’aimerais vraiment en parler en vlog, vlog que j’ai coupé par ailleurs, super transition.  Voilà. On était des amis, on s’éclatait, et une personne a décidé de tout gâcher.

« Tu as quelqu’un ? »

« Pour le remplacer ? Mouais. J’ai peut-être une piste mais ce sera à l’arrache. Nakada et moi avons quand même construit des moves de fou. »

« Je ne comprends plus grand-chose, je vais me coucher. »

On dit au revoir à la petite et on se retrouve tous les deux, avec Kotetsu. Je m’approche un peu pour me permettre de chuchoter et pas réveiller les filles. Et Babak. Je l’oublie un peu trop, lui.

« En vrai, même s’il revient… Je l’ai blessé. On est d’accord, j’ai rien fait de mal mais n’empêche que je l’ai blessé. J’étais… tellement contente de nous trois, tu sais. »

« Moi aussi. Ca me faisait vraiment bizarre. Non seulement par rapport à toi. »

« Ah oui ? » Je fronce les sourcils en me redressant un peu.

« Et Nakada, qui avait coupé les ponts avec moi et mes parents. Et me retrouver, du jour au lendemain, comme ça, avec vous deux, le duo le plus cool du monde,  à trainer et jouer aux jeux vidéos… Ca a duré un peu plus d’un mois ? »

« J’ai souvenir deux. »

Je le regarde fixer la box internet avec ses cheveux déteints et sa cravate franchement bon marché, ça se voit. En plus il la porte avec une chemise un peu chiffonnée, pas sûr que ça serve à grand-chose de tenter de rendre ça chic mais… y a rien à faire, le style insensé, c’est un style.  

« En tous cas, c’était dingue. »

« Mais ouais, c’est vrai qu’au niveau de l’attitude… » Je le regarde fixement. « Nakada et moi, on est quand même hyper chill. Je pense qu’on a redéfini le mot jeunesse dans ce monde franchement ringard. »

Il rigole, moi je fais semblant d’être sérieuse en réfléchissant déjà à ce que je veux dire.

« Un jour, tu sais ce qu’il m’a dit ? Que j’étais quand même sympa de traîner avec toi. » Je lui souris d’un air sincèrement amusé mais… aie. Lui il sourit plus. Il me regarde l’air de deviner si je rigole ou pas. « Sérieusement ? Il a dit ça ? »

« Euh… » Oui j’avais pas réfléchi au côté vexant de la révélation. « Ouais mais. Attends, je te dis ça en mode hey c’est marrant comme ton frère était à côté de la plaque, hein. »

« Il est incroyable ! » Il semble vexé. Purée, j’ai tout géré. Limite, le super souvenir qu’il avait de notre trio, maintenant il va toujours être accompagné de la mention D.Va, un autre truc à mon nom, qui précise que l’une des personnes du trio le prenait de haut. « Comme si… Franchement il s’est vu ? Attends mais. C’est grâce à moi qu’il a commencé à traîner avec toi ! Et il était content de tout ça, à la base ! »

Moui, je dis rien mais ça me fait mal dans la mesure où à la base-base-base, c’est moi qui ai accepté de donner sa chance aux frères Dupont, donc bon, l’héroine de l’histoire, ça reste m... « Il vivait isolé, comme un criminel, et c’est moi qui suis le petit fragile qui a la chance qu’une fille veuille bien traîner avec lui ? » Mon sourire se crispe drôlement. J’aime de moins en moins la manière dont on parle de moi. Alors égocentrique, je sais, oui. Mais franchement, je me fais des films ou il parle comme si on s’en secouait de mon avis ?

« Contrairement à lui, j’ai « Oh arrête ! » Je crie presque avant de redescendre d’un ton, mais genre catégorique, je lui dis quand même. « T’as deviné où j’habitais en regardant une de mes vidéos, en comparant mon balcon avec celui des autres immeubles, donc monsieur Psycho, viens quand même pas te faire passer pour le bon frère ! » Roh il me saoule ! Je prends son verre des mains et le pose sur la table basse. Il a l’air choqué. « Et vous étiez où le jour où les anges ont distribué les enzymes qui permettent d’absorber l’alcool ?! »

« Quand tu dis vous, tu parles des... « Oh t’as compris ce que je voulais dire ! C’est génétique ! »

Il se tait. Je… Ils commencent tous à me briser, les gens d’ici. Genre ils se sont tous ligué pour me faire passer un séjour pourri. Au début, c’était Candyland, tout le monde m’aimait ! Et puis, cet idiot de Nakada, et puis Malkhouth qui vient me dire qu’elle n’aime pas voir mes fesses dans sa zone, puis la maire qui ne m’aime pas, et puis le plus gentil des intellos qui transforme un moment mignon en un moment de tension énorme !

« Je voulais juste dire avant que tu partes en révolte, que… contrairement à ce que vous avez l’air de penser tous les deux, pour moi c’était pas un duo cool dans lequel tu t’es rajouté. Y a pas eu de Nakada + moi. Ca a commencé avec nous trois, y a pas de duo, en fait. »

« Pardon. »

« Et puis c’est quand il est pas là que tu te réveilles ? Ton frère a de base un caractère de chien, hyper prétentieux, et tu t’étonnes qu’il te considère parfois comme la troisième roue de la… moto ? »

« Tu devrais parler moins f… » J’écarquille les yeux et je le fais taire genre, comme ça ! Non mais ! « Bon, rentre chez toi, dors sur le canapé, je m’en fiche. » Je me lève, super déter’, et me dirige vers la porte du salon. « Attends, excuse-moi, Hana. » Je m’arrête, je me retourne pas, j’ai les poings serrés, je lève les yeux trente fois par sec. Heureusement que j’ai pas mon flingue, sinon je… ouais non, c’est peu probable. Même quand je l’ai, je l’utilise à 60% pour menacer et à 40% pour balancer des punchlines. « Frère, un moment. J’ai pas choisi le surnom D.Va pour qu’on m’appelle par mon prénom. » Rah ! Il a quoi ce soir à faire tout de travers ! J’ai envie de leur dire : Arrêtez tous de m’appeler Hana ! Ca n’a pas de sens ! Mes supérieurs qui m’appellent comme ça mais… c’est quoi le but ? Les gars, spoiler : Dans l’agence tous risques, y a aucun mec qu’on a baptisé Futé, Barracuda ou Hannibal, hein. Ce sont des surnoms, genre. Des sur-noms. Si t’appelles Barracuda Jean-Baptise, tu tues un peu le principe !

Woh. Je… je suis bien remontée aussi, ce soir ! En forme !


« Tu peux te retourner ? »

Je lève les yeux une ultime fois avant de faire volte-face. Et là je vois cet Asiatique anormalement grand s’approcher, approcher ses mains de mon visage, et son propre visage qui… « Mais ! » Ses lèvres à deux centimètres des miennes, je suis paralysée et puis… Je baisse le visage, je mets mes mains sur son torse pour l’empêcher d’approcher. Je sens, à ce moment précis, toute la tension qui passe dans son corps à lui, alors que moi, je suis…

« C’est quoi ton problème ? »

Je relève les yeux vers lui, toujours dans cette position hyper corps-à-corps, et on est immobiles. Je suis plus tellement fâchée, là, je suis juste… tétanisée par son énorme connerie. « Je croyais que

« Je crois que… tu as bu. » Je détache mes mains de son torse et je m’éloigne en croisant les bras par-dessus ma poitrine, en le regardant à peine. On est à un mètre l’un de l’autre, maintenant. Je soupire. Comment c’est possible que je sois contente que ça ne soit pas allé jusqu’au baiser ? Je devrais juste être furieuse, je me comprends pas moi-même ! Mais je le regarde et il est paumé de chez paumé. Il a l’air trop mal et j’ai même un peu de peine. Je ferme les yeux et d’une main, je masse mes paupières. Je suis idiote, je l’ai traitée comme si c’était son frère, en pensant qu’il pourrait supporter les reproches de star. Voilà. Le type, il se fait traiter comme une poubelle, et ça lui donne envie de m’embrasser.

Oh et puis qui est-ce que je convaincs, là ? Le mec, je lui avais parlé deux fois et il m’a stalké jusqu’à mon appart et m’a fait le grand jeu. Et j’ai trop… joué avec. Je l’ai considéré comme mon poney. Mais c’est un hétéro qui regarde mes vidéos et qui a pas de copine et qui… bon je vais pas continuer cette pensée.


« Je… » Cette fois-ci, je le coupe pas. Mais il dit plus rien. « Dors sur le canapé, Kotetsu. »

Je pars. Je sais pas pourquoi il accepte, parce que bon, ça peut pas réellement être l’alcool, je crois pas. Mais il déplie le fauteuil pour en faire un lit deux places et une minute plus tard, je le devine dans le noir sous sa couette et… un peu plus tard, je suis sous la mienne.

Bah oui. C’est ça, la leçon, D.Va. Avant, t’étais une miss insupportable qui gagnais des trophées. Maintenant, t’es une première classe en combinaison moulante, t’as une position de pouvoir mais tu fais un métier qui te rend cool et chaleureuse auprès des gens de ton âge, et… voilà. Tout ça fait que tu peux avoir des tas de potes, mais aucun ami. Je suis une peste avec les filles et je drague tous les mecs en me disant qu’ils m’aimeront plus comme ça, franchement je sais pas à quoi je m’attends. Je suis… la reine des gourdes. Non. Je suis exactement ce que disait Malkhouth, elle avait raison sur toute la ligne : une caméra et un juste-au-corps. Et tout ça, ça me définit, y a pas besoin de plus pour me comprendre parce que je suis un monstre de superficialité et que…

Rah ! Je me redresse et je m’assieds sur mon lit ! J’ai tellement envie de… d’hurler ! Comment est-ce que je peux être aussi nulle ? Y a pas un gramme de profondeur en moi, tout est méga… léger ! Les deux seuls mecs avec qui j’ai été suffisamment proche pour qu’ils deviennent mes amis, depuis que j’ai de la renommée, ils sont tombés amoureux de moi et je les ai repoussés !
Et Commor, oui, bon, mais lui c’est pas pareil, on n’est trop pas de la même espèce !

Et je savais tout le mal que je ferais à mes proches, quand j’ai choisi de faire ça. Je le sais bien. Je savais que je ferais du mal à beaucoup de gens. Parce que dans ce… foutu métier, on fait que deux choses : mystifier et décevoir. Et… y a pas de vie privée. Je l’ai complètement laissée tomber, ma vie privée. Et bon sang, j’arrive pas à trouver un sens à tout ça, une morale ou quoi que ce soit !

J’ai envie d’appeler Commor. Mais, il me dira quoi ? J’ai pas envie qu’on me fasse des reproches, j’ai pas envie qu’on décide pour moi et… si je dois me tromper, tant pis. C’est super de se tromper ! Mes meilleurs move, ils partaient d’une erreur !

Je me lève. Je réfléchis à la fois plus du tout et beaucoup trop. J’avance dans le noir, j’entre dans le salon depuis ma chambre. Je vois à peine Nakada là-dedans mais, avec une boule comme as dans le ventre, je soulève légèrement sa couette et je me glisse dessous. Je me couche devant lui, le visage à quelques centimètres du sien.


« J’ai dit à ton frère que c’est pour toi que j’ai des sentiments. »

« P… Pardon, Di, mais je le sais, c’est la seule chose qu’il m’a dite avant de disparaître. »

Je soupire. Trop bizarre, je suis si proche que je sens son souffle chaud qui descend jusque mon cou.

« Oui je me doute. C’est trop bizarre de me sauter dessus comme ça brusquement, forcément qu’il te l’avait dit. »

« Ca date quand même, cela dit, il ne me l’a pas dit hier. »

« Oui mais t’es pas vraiment… un fonceur. J’aime pas te parler méchamment, Kotetsu, je t’aime bien et je pense tout le bien que je raconte sur toi. Et je sais que tu es trop gentil pour accueillir tous mes reproches avec humour. »

« Non, ça va. »

Je vois pas vraiment son visage, avec tout qui est éteint autour de moi. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il raconte n’importe quoi.

« Bref. Me foncer dessus pour m’embrasser, c’est vraiment stupide, Kotetsu. Même si j’étais raide dingue de toi, y a au moins une trentaine de raisons qui font que je ne peux pas t’embrasser. »

« Mais… »

Ma main vient chercher la sienne sous la couette mais c’est super bizarre. Tant pis.

« Tu me plais beaucoup, j’ai pas menti à ton frère. Je vais pas te faire la liste des raisons, on n’est pas dans un film. Mais en résumé, je suis une fille superficielle et je kiffe comment t’aimes tous les trucs que je fais. J’ai trop d’égo pour accepter le fait que tu ne regardes plus mes vidéos, d’ailleurs, faut que tu le saches. »

« Je ne te trouve pas superficielle. »

Je souris. « Si. Honnêtement. Je le suis mais c’est gentil de prétendre le contraire. »

« Je continuerai à être ton fan, en tous cas, faut pas avoir peur de ça. » Sa voix est trop tremblante, c’est mignon et stressant à la fois. Genre. Arrête de faire semblant de savoir gérer le truc, mec.

« Et sinon, tu as des qualités que j’aime bien, c’est pas juste le fait que t’es un fanboy, hein. »

« Oui. »

« Mais… Y a rien qui peut arrêter ou même ralentir ma carrière. Et ma carrière, c’est la Shinra, c’est les vidéos et les lives et c’est toute ma réputation. Et je vais rien céder. Ma vie sociale, c’est ma carrière et donc. Je ne le dirai pas. »

« Tu ne le diras pas. » Il répète. Et genre je réalise plus ce que je lui dis en l’entendant de sa bouche.

« Et… » Je fais une grimace mais bon, il la voit pas. « C’est trop bizarre de dire ça direct, désolée, mais on va aller doucement. Enfin si tu veux touj « Oui. J’ai pas besoin que ce soit connu. Tu peux toujours dire que tu es célibataire, tu peux continuer à… faire ce que tu fais avec Roxas. »

« Être payée, essentiellement. »

« Ca va. »

« Et mon attitude. » Je rapproche un peu sa main de moi. « Ne va pas changer. » Je sens un drôle de contact sur mon poignet gauche et je m’arrête dans mon idée. « Euh, super important, la montre, c’est… pas touche. Tu pourrais appeler un méka qui détruirait l’immeuble pour arriver sur le lit. » Je fais une pause. « Désolée. Bref, Le côté mignon, déluré, qui fait des cœurs au public, ça restera.  »

« Oui. »

« Mais toi, par contre, tu dragues zéro à côté. » Comme pour faire croire que c’est pas si injuste que ça, je m’appuie sur un coude et je m’approche pour lui faire un bisou sur la joue. « C’était bizarre. » Il rigole, j’entends qu’il avale sa salive et « tu vas dormir avec moi ? »

Je rigole aussi. « Tu rêves. Jila se réveille à 5h00 grand max et Babak a une vessie naine. Je reste dix minutes parce que j’ai pitié de toi et que je viens de formuler quelque chose comme dix exigences. »
Rufus Shinra
Rufus Shinra
Playboy Milliardaire

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le Ven 29 Mar 2019 - 16:04
Comme c est mignoooon Very Happy

C est marrant parce que, a chaque fois tes rp font a peu près entre 60 et 78 pages et on pourrait facile les couper en deux.
Sauf que ca rendrait de la merde du coup, je comprends pas scratch

Si ouais ca donne la sensation de pas savoir dans quoi on fout les pieds quand on commence a te lire aussi c est rigolo. Ptete bien que ca attenue aussi la longueur. Hmm j'sais pas !

Bon sinon bah... c'est bien écrit toussa toussa. Je sais plus quoi dire moi. Tout est logique tout s enchaine, ton perso evolue elle a un mec et des gosses maintenant tu grandis trop vite

Et surtout... t as que 15 dans ta tete c est marrant.

Pfffff....acile ? 13 xp, 130 mun's et 1+1 PS en vitesse
Tu obtiens une feuille de menthe

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