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Nous sommes quatorze ans après les évènements de Kingdom Hearts 2. En tant d’années, les choses ont considérablement changé. Les dangers d’hier sont des soucis bénins aujourd’hui, et au fil du temps, les héros ont surgi de là où on ne les attendait pas. Ce sont les membres de la lumière qui combattent jour après jour contre les ténèbres.

Ce n’est plus une quête solitaire qui ne concerne que certains élus. C’est une guerre de factions. Chaque groupe est terré dans son quartier général, se fait des ennemis comme des alliés. Vivre dehors est devenu trop dangereux. Être seul est suicidaire. A vous de choisir.

La guerre est imminente... chaque camp s'organise avec cette même certitude pour la bataille.

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Bon. Là, j’dois la jouer fine. J’suis pas chez moi, ce n’est pas mon monde et encore moins mes habitudes. Il est là, devant moi, le teint un peu basané et couvert d’un duvet aussi noir que la nuit. Il s’appelle Yvan et il me juge. Son r’gards et le mien se confondent un instant, comme le reflet dans un miroir. Il bouge sur la gauche, j’fais la même chose. Il hausse un sourcil ? Pareil. C’est un duel que nous livrons, et croyez-moi, j’vais pas abandonner.

Si j’suis là, c’est pour gagner ! Cette victoire, il faut la mériter, le public qui nous entoure en est la preuve.

Eux aussi, semblable à des démons multicolores et à la chevelure noire comme la nuit, me jugent. À mon pelage ? Non. À mon poids ? Non. Ils cherchent tous cette petite chose qui me distingue d’un autre. Il semblerait même que les crânes ornants les murs des catacombes m’observent dans ce duel.

— Alors ?
La voix d’Yvan m’rappel à l’ordre, j’redresse légèrement ma tête avant d’plisser les yeux, c’est le moment d’agir. Refermant mon poing, serrant la boule de couleur dans le creux de celle-ci, j’hausse brièvement un sourcil pour la provocation.

— Cinq boules, pendant une minute.
— Oh… Tu penses pouvoir…?

Toutes les personnes présentes retiennent leur souffle, passant du visage du panda que je suis à celui du gitan, la tension était palpable. Yvan souffle un instant, attrape deux balles supplémentaires et les poses sur la petite table séparant les deux personnes.

— Aucune difficulté.
— Prouve-le…

J’attrape les boules et j’me relève, faisant chuter ma chaise derrière moi, le bruit résonne dans les catacombes. Cinq boules dans les pattes, j’remarque que mon adversaire pose ses pieds sur la table et m’observe dans un air de défi.

Il ne faut pas que j’me loupe, sinon, c’est fini.

Craquant mes articulations, j’lance une première boule en l’air suivie d’une seconde à l’aide de ma patte gauche. La boucle commence. De ma patte gauche, j’lance une balle rapide vers la droite que j’réceptionne et expédie directement avec les deux autres. L’opération est simple, j’dois être le meilleur jongleur à cet instant ! Quatrième balle en l’air, j’attrape la première de ma patte gauche et je relance !

Pas de problème, j’arrive à jouer de mes cinq balles, un bruit traverse l’audience devant ma performance. Et là ? Un sourire barre mon visage. Le clou du spectacle est pour maintenant !

Toujours en jonglant avec mes balles, je saute en arrière et atterris en équilibre sur la chaise précédemment à terre ! Mon poids fait qu’elle craque un peu, mais elle tient. En équilibre, manquant de chuter, je continue mon numéro de jongleur sous le regard médusé d’Yvan. Il a compris qui j’suis pas venue ici pour des prunes.

— Alors… Surpris ?!
Oui, j’me pavane ! Mais il en est de ma mission, les Gitans doivent être impressionné pour accepter ce que j’demande à la Cour des Miracles. Seulement, Yvan m’observe avec un regard mesquin avant de faire apparaître deux balles de ses manches, les lançant dans ma chorégraphie. Équilibre rompu, j’tourne sur moi-même pour les attraper et continuer le spectacle et tombe de ma chaise pour tomber sur le dos.

Foutu pour foutu, j’suis un animal de cirque !

De mes pieds, j’frappe bien plus fort pour que les sept boules s’envolent en direction du plafond, juste assez pour que j’puisse me relever et attraper une torche. Avalant de l’air, j’extirpe un immense rot de ma cage thoracique qui s’enflamme au contact de la flamme et réduit les balles de jongleur en cendres.

Un silence, suivit de cris de joie alors que j’tape sur mon torse pour faire passer l’odeur désagréable. L’improvisation était parfaite.

— Bravo gamin, tu as prouvé ta valeur.
— Ce n’était pas suffisant après vos trois verres de tord-boyaux…?

Ouais, l’alcool de gitan, ça passe pas bien dans mon ventre de gourmet. Là, j’ai Yvan qui m’tape sur l’dos, m’faisant roter une fois de plus et m’guide vers l’une des tentes qui ornent les salles des catacombes. Maintenant que le spectacle est terminé, chacun retourne à son activité alors que l’gars qui m’sert de contact s’pose sur une autre chaise et m’invite à m’asseoir.

— Un consul cracheur de flamme, ça ne c’est pas vu depuis Clopin… Que de souvenir…
— Il fallait bien attirer votre attention.
— C’est fait. Alors, mon ami, dit moi pour quel honneur l’ambassadeur vient se présenter à nous ?

Voilà, j’vais avoir une oreille rien que pour moi, les choses sont simplement maintenant. Un rien. Juste expliquer le concept de la journuit des méchants et proposer à ce qu’ils soient à une place de choix. Après c’que j’viens d’faire, Yvan va manger dans ma main.

Du coup, j’prends un air décontracté, laissant planer deux minutes avant d’répondre…

— Oh, Chen ?! Ça va…?
— Euh… Oui… Pardon.

Bon, j’ai loupé mon effet, pas la peine de continuer à jouer un rôle, j’ai juste besoin d’être moi.

— En fait, j’viens avec un contrat du Consulat pour la Cour des Miracles.
Il s’allonge sur sa chaise, attrapant une pipe et allumant celle-ci avant d’me proposer à continuer de parler.

— Nous organisons une grande fête, un truc mémorable que nous allons faire une fois par an. Un peu comme la Charivari. À la différence que le but ne sera pas de se moquer de l’église ou des rois, enfin, ce n’est pas loin… Tu comprends l’idée ?
— Oui, j’ai entendu l’annonce de votre gars.
— Parfait ! Donc, c’que nous voudrions, c’est que vous ayez aussi votre place dans cet évènement. Un truc bien à vous, que personne ne pourra vous enlever.

Yvan sourit, tirant sur sa pipe avant de la bourrer d’un peu de tabac et d’allumer de nouveau. Ensuite ? Il s’avance sur sa chaise, comme pour me murmurer quelque chose.

— Tu sais, fallait pas te tourner en ridicule pour nous demander de faire du spectacle de rue. Bon, j’vais saluer l’effort. Mais pas la peine de te mettre en quatre pour ça.
— Ah ! C’est déjà bien ça… Il y aura des cracheurs de feu ?

Il ricanait un instant, frappant sa main sur son genou avant d’me revenir.

— Autant que tu voudras. Après, j’dois en parler aux autres, sauf que ça devrait pas être trop difficile de les convaincre.
— Sauf qu’il y a un autre truc.
— Comment ça ?

Il a haussé un sourcil, curieux avant de se rasseoir dans sa chaise et d’amener la pipe à sa bouche. Moi, pendant c’temps là, j’aligne mes idées avant d’parler.

— Il nous faudrait une grande attraction, un truc dantesque pour caricaturer le Juge Frollo.
Le blanc, il plisse les yeux en me regardant. Pour peu, j’entends les bruits de crachat contre le sol de pierre. Voilà, j’me disais bien que ça serait pas bon d’dire.

— Donc, une attraction à l’honneur de Frollo.
— Oui et non.
— Explique.

Ça va, il est encore avec moi. Aller, j’respire un bon coup et j’me lance ! Ici, j’vais pas rattraper le coup en lançant deux balles et crachant des flammes. Sauf si j’le fais encore mieux qu’avant.

— Ce serait une sorte de donjon, avec à l’entrée, un d’vos gars qui devrait ordonner des jugements complètements stupides pour envoyer les visiteurs en prison. Pas dans une vraie prison ! Une sorte de cachot à énigme, avec des salles remplies de piège où des caricatures de ce qu’était Frollo ! Une sorte de donjeux, pour le plaisir des petits et grands pour le prix d’une grande frayeur.
Il reste impassible, ouvrant régulièrement la bouche pour fumer dans sa pipe et continuant de me fixer. Il est resté, quoi, cinq minutes ?! Pendant c’temps là, j’ai attendu. C’était un peu gênant, d’ailleurs. Et enfin, il a recommencé à parler.

— C’est à nous de gérer ça ?
— Totalement !
— Et nous pouvons faire ce que nous voulons ?
— Du spectacle de marionnettes jusqu’aux répliques de notre Frollo du jour.

Il se retourne, se grattant l’oreille un instant avant d’me tendre la main dans un sourire mesquin.

— Ça marche ! Ici, il n’y a personne qui connaît mieux l’juge, nous allons en donner un goût amer dans la bouche aux visiteurs.
— Ils doivent vivre…
— T’inquiètes pas pour ça, Gabel va te faire le plus beau Frollo et j’vais m’occuper de ton jeu.

Il a l’air content, j’suis content. J’ai eu peur un instant qu’il refuse, et en plus, qui retire les Gitans des rues pour les spectacles. Parce que là, j’me serais bien fait engueuler à mon retour. Pas que nous ayons de mauvaises relations, mais là, ça aurait été compliqué. Ah oui ! Éclair de génie, j’reprends.

— Ça te dit que nous planchions sur ça maintenant ? Histoire que j’envoie le tout à l’architecte et qu’on construise le manger… Il nous reste un mois pour faire ça.
— Ok, mais tu r’prends un verre avec moi !
— C’est moi qui régale, j’vais pas boire une goutte supplémentaire de votre jus de chaussette.

* * *

Là, les choses ont été un peu moins linéaires. Déjà, pour confirmer l’idée, Yvan est allé demander l’avis à d’autres Gitans, expliquant bien la situation et ainsi de suite. Au moins, ça m’a laissé le temps de trouver un truc de potable à boire et de l’ouvrir. Et v’là qu’un quart d’heure plus tard, mon nouvel ami m’annonce que c’est bon, il ne reste plus qu’à préparer les plans.

Un crayon et deux feuilles, nous voilà prêt !

Donc, comment est-ce que ça s’déroule ? Déjà, il y a le pote d’Yvan qui est arrivé pour faire ses répliques. C’était hilarant. Il a pris deux bouts de tissu pour faire un costume à l’arrache et à commencer à enchainer les répliques, j’ai rarement aussi bien rigolé. Après, les choses sérieuses commençaient.

— Pour l’entrée, j’vois ça comme un tribunal ! Du parquet dans la rue, un Frollo au sommet de son perchoir et deux gars déguisé en garde pour trainer les gens dans les cachots.
L’idée est validée, on rigole un instant alors que des Gitans arrivent pour mimer les gardes et trainer un pauvre gars au fond d’la cour.

Deux notes et trois coups de crayon plus tard, nous imaginons la suite. Pour plus de réalisme, j’propose de vraie chaîne aux murs qui s’ouvrent avec un levier. Et le levier est à un mètre de toi. Déjà, les gars ont commencé à me vanner en disant qu’on ne faisait plus que ça à Agrabah. Là, j’ai un peu rigolé jaune, sauf que l’idée est passé. En rajoutant à partir de ce moment-là, la poursuite d’un bourreau à la hache.

— À la base, j’voyais plus un gars avec une torche pour te cramer le cul. Sauf qu’on va tous faire cramer.
Nouvelle rigolade, nouveau mime et il nous reste encore plein de chose à discuter ! Quelles énigmes nous pourrions faire ? Déjà, un gamin qui passait par-là à proposer le jeu du gobelet et m’a fait une démonstration. J’ai jamais gagné, le gars, il joue avec la bille comme moi avec un alambic. Bref, l’idée est validée, avec pour condition que ce ne soit pas le gamin.

Nouvelle idée, spectacle de marionnettes ! La scène de Paris sous les flammes avec Quasimodo qui sauve la belle, manque plus que l’accord de l’intéressé.

Surtout, nouvelle idée ! À un moment, le bourreau tombe dans un piège dressé par les visiteurs. Après ? Les enfers sur terre ! Frollo débarque en hurlant des prières à tout va. Seul moyen de l’arrêter, une danse de la part des visiteurs. Attention, pas deux pas de danses, une vraie chorégraphie ! Sinon, le retour des gardes qui guide les visiteurs dans une nouvelle partie du donjon.

— Et là, plus moyen de rivaliser ! On appelle ça « L’enfer de Frollo » avec des démons, des squelettes et tout ce qui va avec.
L’idée m’fait rire. Et surtout, il y aura énormément de personne qui ne seront pas prêtes à danser. L’attraction durera des heures, pour peu que l’on se retrouve à tourner en rond.

Là, nous étions bien. Sauf que pour moi, il manquait un truc qui donne la banane. Genre, une fois après avoir fait ça, on sort dans la rue et ont ce dit que c’était génial. Sauf que j’ai pas d’idée et j’laisse mes copains Gitans dans le flou le temps que j’y pense. Un truc, la chose qui donne envie. Là ! L’inspiration divine ! Nous avons Frollo, fils de la rhétorique. Il faut créer un discours pour lui soumettre et être lavé de tous soupçons ou non. Ça, c’est un truc ! Sauf que bon, tout le monde n’a pas la même verve. Du coup, j’regarde les plans devant moi et j’vois le dossier qui grimpe de plus en plus.

Bref, j’expose l’idée, on rigole, on imagine la scène et on valide ! Boom ! Gros dossier à renvoyer, j’suis content, nous buvons et j’suis déjà en train de lutter pour que la pile de papiers ne chute pas au sol. Bref, nous avons tout ce que j’ai besoin, il ne reste plus qu’à remonter ! Sauf qu’avant, j’vais boire encore un petit coup et jouer aux cartes.

Ça ne peut pas m’faire du mal.



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Mission accomplie.
Je n'arrive pas a dormir donc...

Alors j'ai trouvé cette mission dans l'ensemble bonne. Elle est en deux parties : convaincre et réfléchir. La première, en parlant de convaincre, m'a plus convaincu que la deuxième. J'ai trouvé la prise de contact rigolote et dans le ton de ce que peut être la relation entre gitan et consul aujourd'hui. On a quand même eu pas mal de consuls gitans et ce sont beaucoup d'artistes.

La présentation du show était bien mais dès cette discussion, je me suis dit : de quoi ? Des caricatures de Frollo aux murs ? Des spectacles de marionnette ?

Et c'est plus ou moins (y en a une autre) la seule critique que j'ai a faire. D'un côté tu décris une attraction effrayante, avec un bourreau qui se promène dans les couloirs d'une escape room pour choper tous les prisonniers en-dehors de leur cellule... Tu decris des gardes, Frollo lui-même qui vient hurler ses répliques. Donc effrayant.

Et de l'autre, des danses, des discours, le jeu du gobelet ? J'imagine ça... Dans une ambiance de cachot, dans l'obscurité, et ça donne assez mal. Ça fait une grosse rupture de rythme dans l'attraction. Je dis pas que c'est une mauvaise idée parce qu'il doit y avoir des énigmes mais... Le problème est que tu n'as pas expliqué le contexte, les détails du déroulement. Genre le jeu du gobelet qui apparaît brusquement. Et le spectacle de marionnettes... Tu n'expliques pas du coup j'imagine tous les participants s'arrêter devant un spectacle de marionnette et rigoler tous ensemble avant de reprendre la course-poursuite.

Je trouve que ce sont de très très bonnes idées mais comme tu n'en expliques pas vraiment le sens, je... Comprends pas a quoi ressemble le tout.

La deuxième critique est en lien. Tu décris bien le tribunal, les chaînes , mais tu t'arretes quasiment la et je n'imagine pas l'ambiance que tu veux donner aux cachots d'où ils s'évaderont.
Oui donc j'aurais aimé plus de détails architecturaux, même sans recherche, juste comme ça de façon amatrice.

Donc bonne mission, clairement. Inspirée et marrante mais qui aurait mérité plus de développement !

Mission normale : 21 XP, 210 munnies et 3 PS en dex, si je me souviens bien
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