Kingdom Hearts RPGConnexion

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C'était louche. Y'avait un truc qu'allait pas. J'te fais le topo : on était au Palais des Rêves pour faire bouffer ses dents à Bernkastel, la fameuse sorcière des miracles. Pourquoi aujourd'hui ? Aqua. Aqua devait se rendre à un bal, et comme la présence coalisée était assez fréquente ici, on était venus en backup au cas où que y'ait un problème. Quoi qu'on en dise, la Coa c'était loin d'être des cons... et comme c'était pas la première fois qu'Aqua foutait les pieds ici et que sa trombine était quand même un peu connue... Y'avait moyen que ça tourne mal.

Mais y'avait autre chose. Le Palais des Rêves, c'était là où créchait l'autre pute de sorcière. J'avais une revanche à prendre et j'allais profiter de la moindre occase pour lui en mettre plein la gueule. Ouais... j'étais à cran, mais... tu t'imagines même pas. Cissneï était avec moi aussi, à la fois pour me filer un coup de main, et pour intervenir si jamais Aqua était dans la merde. Ça avait été folklo de faire la route depuis la station pour rejoindre le bosquet où on était planqués, mais on s'était démerdés comme des chefs. J'crois pas qu'on nous ait remarqué, du moins, personne n'avait dû pouvoir nous identifier.

Donc ouais... On était là, assis sur le sol, à regarder au loin l'immense palais qui faisait de ce monde ce qu'il était. J'faisais gaffe à rien dégueulasser, qu'il s'agisse de ma chemise noire ou de mon jean gris. Cissneï avait son oreillette de mise et pouvait discuter avec Aqua à tout moment, ce qui nous permettait de rester informés. Elle tarda pas à arriver d'ailleurs, nous annonçant sa rentrée prochaine dans l'enceinte du manoir de Tulyp avant de gravir les quelques marches et de disparaître de notre champ de vision. Elle était rentrée... il restait plus qu'à prier pour qu'elle arrive à en ressortir sans problèmes avec une connasse pareille dans les parages.

Aux côtés de Cissneï, je me mis à fermer les yeux, essayant de trouver la présence de Bernkastel. Elle était forcément là, mais elle n'avait pas encore fait d'apparition en public. Du moins, c'est ce que je pensais. Un rapide me permit de distinguer plusieurs présences indésirées. Tout d'abord.. il y avait... Cendrillon ? Qu'est-ce que c'était que ce bordel ? Elle n'était pas censée avoir disparu ? On l'aurait su si elle avait refait surface non ? Un évenement comme ça, ça se relaye. Ça commençait à pas m'amuser tant que ça.

Ciss'. Y'a Cendrillon là d'dans. J'pige pas. Elle était pas censée avoir dispa...

Putain. De. Merde. Aqua était en danger.

Ok, laisse tomber Cendrillon. Ce putain de bal était un gros piège. Là d'dans, y'a Death et d'autres coalisés dont j'ai oublié le nom. Préviens Aqua, grouille ! Dis-lui de rester prudente au moins.

Trois présences connues m’interpellèrent alors. Elles n'avaient rien de coalisé, c'était autre chose. Une m'était familière, mais il m'était impossible de remettre un visage dessus, la seconde... la seconde me fit soupirer. Il s'agissait de... Oula ! la troisième présence, j'pouvais la reconnaître entre mille. C'était...


Bernkastel...

La sorcière était là, dans le manoir, au niveau des étages supérieurs. J'pouvais escalader la façade sans problème, m'introduire dans le manoir en pétant une fenêtre et défoncer la gamine... Mais faire ça, ça serait perdre tout contact direct avec Aqua et Ciss'. Y aller seul, ça me semblait pas être la meilleure idée qu'il soit. Putain... D'un autre côté, avec toute la lumière qu'elle dégageait, Aqua allait peut-être être la cible de la sorcière...

Ciss'... J'crois qu'Aqua va être rapidement dans la merde.
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Le ciel était d'un noir d'encre mais les bâtiments illuminés bloquaient le scintillement des étoiles. Le lieu était empli de contradictions, tout était étrange. Quelques secondes plus tôt, Cissneï avait observé Aqua entrer dans le manoir de Monsieur de la Tulyp. Il n'avait fallu que quelques secondes supplémentaires pour que Roxas, caché avec elle à proximité, ne réalise.

« Aqua, reste sur tes gardes. La Coalition est présente au bal. » commença-t-elle, communiquant avec le Maître de la Keyblade grâce à son oreillette. « Recontacte-moi dès que possible. Cissneï, terminé. »

Le Gotha de la vilainie avait donc décidé de venir se murger dans un des plus charmants lieux qui était.

Si elle écoutait Roxas, il semblait que Bernkastel était également présente, mais en plus d'elle s'ajoutaient d'autres personnes de la connaissance du Maréchal. Observant le manoir, Cissneï fit l'inventaire des possibilités, combattant une torpeur qui essayait de se faire une place dans son esprit ainsi que dans son corps. A la manière d'une poigne de glace le long de son échine.

« Toute leur attention est sur l'entrée des invités, sur le bal. On s'en tiens au plan, la Sorcière d'abord. Mais on va devoir faire vite. Laisser Aqua seule là dedans... »

Il ne fallait pas être doué de troisième vue pour voir que Roxas était tendu. Cissneï ne l'avait jamais vu dans un état pareil, bien qu'il lui soit arrivé quelques fois déjà de le voir dans un énervement palpable. Il ne fallait pas rester là, il fallait avancer, ne pas s'attarder. Chaque seconde était des plus précieuses, car tout pouvait se jouer en l'espace de cette soirée seule.

Une musique entêtante s'échappait du palais, ce qui s'ajoutait au ciel et aux lumières perçant la nuit. Cissneï se sentait comme dans un rêve, sans pour autant être endormie. Elle était bien trop éveillée pour cela. Au contraire, elle avait l'impression d'être en visite, de n'être qu'un passager, une étrangère observant tout ce qui se déroulait au dehors de sa cachette. Elle ne portait pas de robe, sous son habituelle veste, il y avait son pistolet. Sous sa chemise, un vieux t-shirt. Ses cheveux étaient attachés en un chignon serré.

« Je garde contact avec Aqua, je viens avec toi. La Sorcière n'est pas avec eux, c'est ça ? »

Cissneï n'avait pas manqué le regard de Roxas qui s'était levé alors qu'il avait senti la présence de Bernkastel. La sorcière n'avait peut-être pas envie de se mêler à la populace. C'était leur chance de faire d'une pierre deux coups, en l'éliminant sans se faire remarquer.

Elle observa Roxas quelques secondes. Pressée par le temps, par cette soirée où la réalité se fondait dans un rêve, elle posasa main sur l'épaule du Maréchal.

« Nous avons encore de bonnes cartes en main, Roxas. Tout va bien se passer. »
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Ciss me parlait, mais je l'écoutais pas. Mes yeux étaient rivés sur la petite silhouette qui se dessinait petit à petit, à mesure qu'elle avançait plus ou moins dans notre direction. Des cheveux d'une couleur violacée, une robe de dentelle noire et blanche, un nœud de la même couleur que ses cheveux l'ornant... Aucun doute c'était elle.

Et alors quoi ? Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Que j'invoque mes keyblades et que je la découpe ? Que je la contourne ? Et Cissneï dans tout ça ? Elle risquait gros.... Putain ! Toutes ces pensées me retenaient alors que j'aurai peut-être pu en finir d'un coup d'un seul. Qu'est-ce qu'il m'arrivait ? Est-ce que c'était... de la peur ? Non. J'avais peur de rien. J'avais peur de rien putain !


Roxaaaaas. Je sais que tu es dans le coin, viens me voir s'il te plaît !

Merde. Merde, merde, merde. Je tourne le regard vers Cissneï genre « putain, on fait quoi ? » mais ce qu'elle dût voir n'était qu'un rictus de douleur déformant mon visage. La marque qu'elle m'avait posée... elle me lançait. Une douleur vive, répétée, atroce qui prenait tout mon bras. Je ne pouvais faire autrement que de le serrer avec mon autre main.

Sors de ce bosquet. Maintenant. A moins que tu t’accommodes à la souffrance ?

J'ai posé un pied au sol, puis l'autre, et je me suis relevé d'un coup. Elle regardait dans ma direction, et son visage s'illumina dès l'instant où elle m'aperçut. Mais ce n'était pas de la joie, c'était tout autre chose. Un sourire malsain était placardé sur son visage, tandis que ses sourcils étaient faussement haussés.

C'est une aubaine que tu sois ici ! C'est comme si tu savais ce qui allait se passer. Dis-moi... Tu vas m'aider à récupérer le Prince, non ?

Elle tendit le bras et ma marque s'illumina d'une couleur vive. Les douleurs s'accentuèrent aussi. C'était... presque insurmontable. Je pouvais pas m'empêcher de rager contre moi-même. Tout ça, c'était de ma faute. J'avais été trop faible... mais ce n'était plus le cas.

Il fallait que j'expulse la douleur. Il ne fallait plus que j'y pense, ou celle-ci finirait par me rendre fou. Je jetai un coup d’œil à Cissneï, plus pour m'assurer de sa présence que pour la rassurer, comme le voulait ce pouce levé à son encontre. J'étais content qu'elle soit là. Je sais pas si elle pourrait faire grand chose, mais... j'avais du soutien. J'invoquai une keyblade, incapable de tenir quoi que ce soit dans la main terminant mon bras meurtri. La douleur était tellement forte que je commençais à sentir comme une anesthésie.


Je ne t'obéirai pas. Pas cette fois. Je vais plutôt te tuer, histoire d'en finir une bonne fois pour toutes.

Elle me regarda avec un air de défi. Je levai mon arme et fonçai dessus pour la frapper de deux coups de clé. Je fis une pirouette en arrière pour esquiver un sort de glace avant de foncer depuis les airs dans sa direction pour lui asséner deux autres coups. Je frappais comme je le pouvais à vrai dire, soucieux de la toucher. Malheureusement, elle esquiva les coups suivants en se téléportant sur de courtes distances. Finalement, elle me rit au visage.

Si c'est tout ce que tu as... Je suis désolée, mais je vais devoir te tuer ! Un pantin qui se rebelle ne m'est plus d'aucune utilité !

Je ne suis le pantin de personne !

Oh si... Tu étais mon pantin. Mais tu restes celui de la Lumière, celui de la Coalition... Celui de ta chère amie aux cheveux de sang.

J'ai pas réfléchi. J'ai foncé dans le tas pour la frapper encore et encore. Elle, elle continuait de rire. Un rire agaçant, faussement enfantin. Un rire qui aurait pu glacer le sang dans un film d'horreur, mais qui, à l'heure actuelle, ne faisait que de m'énerver encore plus.

Je peinais à prendre le dessus. La dernière fois que j'avais eu à la combattre, c'était la lumière qui m'avait aidé. Mais aujourd'hui... on savait tous qu'utiliser un tel pouvoir était une mauvaise idée. Il ne suffisait de penser qu'à cette personne que j'avais tué à la Fin des Mondes, à ce que j'avais fait à cette mercenaire plus tôt dans ce monde... Oui, ça avait été nécessaire, mais...


Avant de te tuer... Je pense que je vais m'amuser un peu. La soirée n'a pas été dans mon sens, j'estime avoir le droit à un peu de divertissement. Ensuite, je vous tuerai !

Et sans que l'on ait le temps de réagir, une épaisse brume envahissait les environs. Une brume âcre, aux odeurs de ténèbres les plus sombres qui puissent être. L'on ne distinguait plus rien à un mètre de nous. Pourtant je sentais que Ciss était toujours présente, la Sorcière n'en avait pas profité pour s'en prendre à elle.

Alors que j'avançais, perdu dans cette brume, plusieurs formes semblaient prendre vie ici. Je voyais Cissneï au loin. Je courus dans sa direction pour vérifier qu'elle allait bien. Elle tourna la tête vers moi, lentement.


Roxas... Elle m'a eue. Tu n'étais pas là pour me protéger, je suis morte... Par ta faute !

C'était une illusion. Je sentais la présence de Cissneï derrière moi, à quelques mètres. J'espère qu'elle arrivait à faire le discernement elle aussi.
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Il n'y avait plus de barrière entre le monde dans lequel elle se trouvait et les illusions de cette créature. Cissneï avait tout d'abord vu Roxas s'éloigner d'elle ; son état l'inquiétait. Bientôt, il avait disparu et elle se retrouvait seule. L'inquiétude, l'angoisse prenaient le pas sur sa raison alors qu'elle entendait la voix de Bernkastel, claire comme si elle se trouvait à un mètre d'elle. Mais comme Roxas désormais, elle demeurait invisible.

Elle était maintenant debout, sans se souvenir de s'être levée. Sans chercher à se demander pourquoi. Le froid s'insinuait dans son échine, elle dégaina son arme. Le shuriken que lui avait offert Roxas, si semblable à l'arme qu'elle avait toujours connu, mais pourtant plus légère. Sortie de la forge, ou tout comme. La sensation du métal froid dans sa main la rassurait et lui laissait une ancre dans la réalité. Elle était dans la réalité et, comme l'avait prévenu Roxas, elle s'attendait au pire. Observant silencieusement les alentours, rien ne venait. Mais pourtant, elle guettait une forme dans la brume.

« Roxas ne l'écoute pas, quoi qu'elle te dise ! »

Elle jetait un coup d’œil sur la droite, sur la gauche. La voix...la voix de cette sorcière était un murmure venant de tous côtés à la fois.

« Oh ma petite, viens, viens, tu es perdue ? Regardez, je suis juste ici voyons ! »

Cissneï ne répondait pas ; la voix continuait. Elle appelait quelqu'un. Peut-être elle. Peut-être.

Sa respiration était une traînée glacée de sa bouche à ses poumons. La brume s'assimilait à une fumée, dense de ténèbres, opaque et glaciale. La jeune femme se sentait trembler ; faisant quelques pas dans la direction d'où était venue la voix de Roxas quelques instants plus tôt. Elle le cherchait, allant de pas hésitants vers une démarche plus assurée, toujours sur ses gardes.

Mais rien ne bougeait, aussi continuait-elle d'avancer. Elle n'atteignait rien, le sol n'était qu'un vaste parterre d'herbe bien taillée. Pas un brin ne dépassait. Il n'y avait plus l'ombre d'un buisson, plus une lumière ; les étoiles étaient cachées par cette brume irréelle. Aussi, elle se savait piégée. Mais elle accueillait la pensée avec une inquiétude diffuse, une vague pensée peut-être. Elle n'y songeait pas vraiment et, même si son for intérieur lui hurlait de s'enfuir, de trouver une échappatoire, elle ne cherchait pas, elle-même, à partir.

« Tu as accompli ta mission, c'est très bien. Tu ne devrais pas attendre, et disposer des corps avant que le sang ne sèche. »

C'était une voix qu'elle connaissait bien.

Désormais habituée au silence, son ouïe aux aguets, elle se retourna vivement, surprise par cette voix si proche.

Habillé de blanc, comme à son habitude, le Président s'avançait vers elle. Il souriait, très finement. Incapable d'esquisser un mouvement de recul ; où fuir ? Elle était acculée, un mur se tenait derrière elle.

Elle ne voulait pas fuir non plus, elle venait d'accomplir sa première mission. Des résultats forts honorables, elle avait peut-être attendu un peu avant de presser la détente. Il lui rendait son arme, à ce moment-même. Il y avait un peu de sang sur le canon. Sans chercher ; elle prit le pistolet. Il était dans son holster un moment plus tôt. Mais elle le nettoya et le rangea sans chercher à comprendre.

« J'ai agi trop tard. Je ne ferai plus ce genre d'erreur. »

Le Président disparut, s'éloignant d'une démarche calme.

Autour d'elle, des murs. Sous ses pieds, un carrelage dont elle connaissait quelques marques. Une dalle formait presque un lagon, lorsqu'on la regardait assez longtemps. Une autre était ébréchée, sur le côté, elle ne l'avait jamais vue intacte. C'était comme ça.

Elle soupira, incapable de contenir son émotion. Un large sourire s'étendait sur ses lèvres ; elle était rentrée chez elle.

Quelques pas de plus. Une forme sur le sol. Elle en reconnaissait les cheveux sombres, sans pour autant les replacer. Elle se tenait près d'un homme qui, couché sur le ventre, avait trois impacts de balles dans le dos.

Une autre forme était affalée contre un mur, une explosion de sang rougissait un mur, partant de l'arrière de son crâne. C'était une petite fille aux cheveux aussi roux que les siens, beaucoup, beaucoup plus longs. Son petit uniforme était encore propre.

Elle s'approcha, ne contrôlant plus ses mouvement. N'ayant aucune envie de s'arrêter, mais ne voulant pas aller plus avant. Elle n'avait pas envie de voir ça mais s'en rendait compte bien trop tard. Aussi s'avança-t-elle vers le corps de sa petite sœur, dépassant ceux de ses parents, enjambant celui de sa mère en deux pas silencieux.

Et une voix claqua, résonnant contre la brume.

« Regarde ce que tu as fait ! »

La petite voix enfantine. Sa sœur avait levé la tête ; d'un unique œil, elle la regardait et parlait de la voix de la sorcière.

Cissneï se figea. Comprenant tout.

« Tu te souviens pas ? Non ? Mais j'ai tout vu, la magie ne peux mentir. C'est incroyable ce que quelques années dans un vaisseau au milieu des étoiles peut faire aux souvenirs, non ? »

« Tu es une menteuse, la maison a été détruite, ce sont des sans-cœur qui les ont tués ! »

Sa voix était rauque, elle avait craché cette vérité qu'elle connaissait de mémoire.

De mémoire, oui.

« Hah ! Et je me demande encore pourquoi j'essaie. C'est catastrophique. Mais oui, des sans-cœur, ils sont quand même une excellente excuse je dois admettre. Mais non ma petite. Tu ne te souviens pas de ta première mission ? Quand même... c'est honteux mais cela vaut quand même la peine de s'en souvenir ! »

L'horreur s'insinuait dans ses veines. Alors qu'elle se souvenait de longues entrevues avec des médecins. Ils lui disaient de ne pas s'inquiéter, que jamais les sans-cœur ne monteraient dans le vaisseau avec elle. Qu'ici, elle était en sécurité. Peut-être n'y avait-il jamais eu de sans-cœur.

La jeune femme regardait le corps de sa sœur, sa tête roulait sur ses épaules, désarticulée. Du sang coulait sur sa poitrine, depuis l'impact qui avait déchiré une partie de son nez et son œil gauche. Ses bras tentaient de soutenir son corps alors qu'elle tentait de se relever, mais glissaient sur le carrelage ensanglanté.

Une poigne lourde s'abattit sur son épaule ; elle se retourna.

Elle avait toujours eu les yeux de sa mère. Elle s'en rapella alors que son regard plongea dans les yeux torves de cette dernière.

« Cissneï, c'est le nom qu'il t'ont donné ? Tu n'aimais pas le tien ? Pourquoi ? Tu sais que tu peux tout me dire.»

Elle hurla, levant son arme.
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Des ténèbres à perte de vue. Je continuais de marcher, m'efforçant de garder un rythme soutenu. J'essayais de porter le moins d'attention possible à ces illusions. Je devais garder le contrôle. Elle savait de quoi j'étais capable, la perte de contrôle c'est ce qu'elle cherchait. Elle voulait que je pète un câble, que je me lance à corps perdu dans la bataille. A ce moment-ci seulement, elle aurait l'avantage.

Je finis par apercevoir des silhouettes au loin, perdues dans la brume. Pour autant, je ne cherchais pas à changer de direction. A mesure que je m'approchais d'elles, le sol sur lequel je marchais changeait. Je ne foulais plus le gazon de chez de la Tulyp, mais bel et bien carrelage d'un blanc le plus pur. Un blanc presque aveuglant tant il tranchait avec la brume qui nous entourait. Ce carrelage, j'aurais pu le reconnaître entre mille : c'était celui du Château Disney.

Je pus enfin commencer à discerner l'une des silhouettes. C'était une femme en armure, d'une taille raisonnable. Son visage dur était entouré de cheveux ternes. A ses côtés se trouvait une autre silhouette que je connaissais bien. Il s'agissait de mon double. De Sora.

Sans un mot, Ravness dégaina sa lance et transperça mon double, le faisant chuter au sol. La Générale de la Lumière retira alors sa lance de son corps avant de le perforer de nouveau. Elle répétait le geste, de plus en plus fort, et alors je pus voir un sourire se dessiner sur son visage. Celui-ci s'élargissait de plus en plus à mesure que son visage se voyait tâché du sang de sa victime. Elle finit par tourner la tête dans ma direction, sans pour autant arrêter son massacre.

Roxas... Il faut que tu nous protèges.

Une sensation de chaleur commença à s'emparer de mon corps. Les bras de Maddie commencèrent à envelopper ma taille. Sa voix, en larmes mais pourtant toujours aussi douce, me chuchotait diverses choses à l'oreille. Elle avait peur, elle avait besoin de moi. Ravness avait décidé d'en finir avec moi et s'était donc attaquée à tout ceux que j'aimais. Je me retournais pour voir le visage de Maddie, mais dès lors que mon regard se plongeait dans le sien, des larmes de sang se mirent à couler de ses yeux violacés. Finalement, elle émit un gargouillis semblable à celui que font les égorgés avant de commencer à baver de son sang. Ses yeux tremblèrent en des mouvements chaotiques, probablement à la recherche de mon visage avant d'enfin perdre de leur couleur et de s'éteindre.

Elle chuta dans mes bras de tout son poids. Son sang commençait à se répandre sur moi et à tâcher mes vêtements. Et puis ce fut le visage de Ravness que je vis dans l'ombre de Maddie, toujours souriante, peut-être même heureuse de son forfait.


Enfin tu te montres, Simili. Regarde tout ceux qui sont tombés par ta faute, dit-elle avant de s'écarter et de montrer une des scènes les plus macabres qu'il m'ait été données de voir.

Maddie toujours dans mes bras, je vis la Salle d'Audience vide de toute vie. Plusieurs corps jonchaient le sol, tous sans vie et charcutés au bon plaisir de la Générale. La tête d'Axel n'était plus attachée au reste de son corps ; Naminé avait été démembrée ; D.Va avait été compressée à l'extrême à tel point que seuls quelques indices permettaient son identification ; Chen avait été brûlé vif ; Jecht était empalé sur sa claymore, les yeux vides et la barbe souillée de sang séché.

Tu aurais pu les sauver, Simili. Mais au lieu de me donner ta vie, tu as choisi de rester caché. Tu les as trahis.

Maintenant elle riait. Un rire dérangeant, empreint de folie. Et celui-ci avait maintenant toute liberté de raisonner dans la Salle d'Audience.

Roxas... Pourquoi n'as-tu rien fait ?

C'était la voix de Maddie. Elle n'était plus dans mes bras, le son venait de derrière moi. Tous étaient debout, devant moi, pareils à des zombies. Pourtant, en dépit de leurs yeux vides de toute vie, de leurs blessures mortelles, ils se tenaient tous là, à m'observer. Et alors... ils se mirent tous à parler d'un coup d'un seul.

Roxas, je pensais que tu serais toujours là pour nous.
Hey, j'pensais qu'on était potes !
Tu me déçois, Rox.
Roxas, pourquoi ?
Moi qui t'avais offert un super porte clé !
J'pensais représenter quelque chose pour toi.
Tu nous a abandonnés.
T'es vraiment une pauvre merde Roxas.
Tu n'as pas de cœur.
Egoïste.
Tu ferais mieux de laisser la Générale te tuer.
Un connard de moins dans l'univers.

Tu nous as trahi, Roxas.

Ils ne s'arrêtaient pas. Ils continuaient de me fixer de leurs yeux blanchis par la mort à réciter les mêmes paroles. Ils m'en voulaient. J'avais été trop faible, j'avais pas réussi à tous les protéger. Ils étaient morts. Par ma faute. Leurs voix résonnaient dans ma tête. Je ne savais plus laquelle de mes victimes regarder. Je pouvais plus soutenir leurs regards accusateurs. J'avais échoué.

La peur des derniers instants se remplaça par une colère vive. Je ne pensais plus qu'à retrouver Bernkastel, et la faire souffrir. Mon souffle se faisait plus rapide, mes membres en tremblaient. Je sentais des spasmes parcourir mon échine à mesure que je sombrais de plus en plus....

J'ai hurlé.
Et puis tout devint noir.
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Elle devait se débarasser de tout ce sang.

Le sien, son sang. Celui qu'elle venait de faire couler, se débarrassant de cette femme qui s'était approchée trop près. Cissneï avait reculé, avait trébuché ; son arme lui avait échappé. A genoux, elle retirait sa veste, se débattant ; sa chemise suivit. Son t shirt noir, presque intact, n'était pas aussi marqué par le sang que le reste de ses affaires.

Ses mains en étaient couvertes, elle n'avait rien pour le fair partir. Il séchait déjà, s'obscurcissant. Elle sentait son goût ferreux sur sa langue. Son odeur rance souillait l'air.

La brule était revenue, des plus acres et épaisses. Les meubles avaient disparus. Envolés les dessins sur les murs, le carrelae si particulier. Ce livre aux pages cornées dont elle avait oublié le titre.

Ses cheveUx pendaient, longs, très longs sur ses épaules, comme elle ne les avait plus eus depuis son enfance. Et elle essayait de s'en débarrasser. Dans une cascade de feu, elle coupait les mèches alors que rien ne changeait, se servant d'un couteau trouvé par hasard. Il était aussi trempé de sang.

« Tu avais les cheveux longs. » lui disait Aqua. « Je ne savais pas. »

« Elle n'a jamais rien dit sur elle. Ce n'est pas surprenant. »

Ravness.

Le cœur de Cissneï se serra de plus belle et ses sanglots redoublaient. Elle était prisonnière, quoi qu'elle fasse, rien ne changeait. Elle n'avait jamais rien dit. Et ses pires craintes se révélaient désormais. Elle n'avait plus la confiance de personne.

« Regardez-la. Votre Générale ! »

De dos, Genesis haranguait la foule. Elle le voyait, grand, la dominant de toute sa hauteur, la voix pareille à un océan déferlant sur les brisants. Comme la houle et l'écume tout à la fois. Comme elle l'avait toujours craint, se disait-elle. Cissneï avait toujours tu ses pensées, était restée objective. Les digues cédaient. Et déjà, la brume s'éclaircissait par bancs. L'herbe bien taillée réapparaissaient.

Et des cris. Des cris déchirants se faisaient entendre tout autour d'elle.

Cissneï fixait le vide ; l'écho de ces voix connues dans son esprit. Celles de ses parents, un murmure. Celles qu'elle leur avait imaginées. Des gestes et des sons réconfortants. Mais il y avait celles, plus claires, de personnes qu'elle connaissait avec une certitude plate. Une raison froide. Amis ou ennemis, mais présents dans sa mémoire.

Des ondes de choc la frappaient, mais elle restait là ; ses mains vides empoignaient ses cheveux intacts. Par terre, sa chemise blanche, sa veste noire. Le logo de son t shirt frottait contre la chair de ses avants bras, qu'elle avait relevés devant son visage. Derrière ses paupières, une lumière glaciale.

C'était ainsi que, spectatrice, elle assistait au ballet qui ouvrait son retour à la réalité.

Vif comme un éclair, comme dansant autour de sa proie, l'être portait une keyblade dans chaque main. Bernkastel était là, petite fille frêle hors de sa brume, qu'elle essayait de garder comme l'écharpe d'une demi mondaine dévoilée au grand jour dans les bras de son dernier amant. De grands halos blancs tentaient de la rejoindre. Mais Roxas.

Roxas était trop rapide.

Ses contours étaient flous, mais, d'un méthodisme lui étant revenu si naturellement qu'elle l'ignora, Cissneï le détaillait à ses moments. Les jointures de ses bras, de ses poignets, de ses mans alors qu'il tournait ses armes. Les gouttes de sang qui pleuvaient sur son visage après un coup ayant touché sa cible.

Des illusions éparses, corps ignorés, volant en charpie, brume redevenant brume. Disparaissant avant de toucher le sol.

Roxas, lui, était tangible. Le métal étincelant à ses bras, ses yeux couleur d'or. Il scintillait, vêtu de noir. Il parlait et parlait encore, comme un faucon narguant sa proie sans chercher à faire de zèle. Il se vengeait. Chacun de ses coups faisait trembler le sol.

Cissneï ne se releva pas, et restait immobile, observant, écoutant, sentant chaque vibration de l'air alors que Roxas, ou l'être sans cœur et sans raison aucune se mouvait avec la grâce de l'onde et la force d'une lame de fond. Il frappait la brume, encore encore et encore jusqu'à ce que la lame de sa clef toucha son but, et Bernkastel poussa un râle. Repoussée, elle s'écroula.

Là alors s'arrêta-t-il, faisant disparaître une de ses lames. Ses contours étaient nets, ses cheveux parcourus d'électricité statique. Il s'approcha sans hésiter une seule seconde de la petite sorcière.

La brume avait disparu, seul restait l'herbe verte et humide d'une soirée d'automne.

Il la redressa, à genoux avec une force sourde, contenue. Cissneï se figea, une curiosité morbide était née dans son esprit où plus rien ne faisait loi. Ses yeux brûlaient mais elle ne voulait pas quitter ces deux formes du regard. Chaque mouvement, chaque geste lui rappelaient les minutes qu'elles venait de passer. Tout coexistait dans son esprit dans un ordre bouillant qu'elle n'osait toucher. L'air était glacial. Elle brûlait.

De sa main libre, Roxas dégagea les cheveux de la sorcière. Ils pendaient sur ses épaules. Elle haletait.

Il planta le bout de sa lame dans son dos, une fois, deux fois. De manière presque délicate. La keyblade eut bientôt disparu.

Son cœur battait à ses oreilles. Le sang noya bientôt l'herbe sombre du jardin alors que Roxas achevait sa proie, les mains souillées de sang et de chair, ruisselants jusqu'aux coudes.

Le regard vide de la sorcière n'exprimait aucune émotion, juste la douleur la plus profonde. Elle s'écroulait, face contre terre. Son dernier cri était resté bloqué dans sa poitrine, ses poumons entourant son dos telle les ailes d'un aigle écarlate.

C'en était fini de la sorcière dans la brume. Les étoiles scintillaient désormais, loin dans le ciel.

Cissneï appela Roxas, faiblement d'abord. Hélant, puis hurlant son nom comme elle l'avait fait tant de fois. Lui confiant une mission, interrompant ses disputes avec Ravness, le rappelant à l'ordre. Elle espérait qu'il se souvienne, d'une quelconque manière. Que, humblement, elle puisse le ramener à la raison.
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Une soif inextinguible de sang. C'était tout ce qu'il était capable de ressentir à ce moment-là. Droit, immobile, les yeux fixés sur le cadavre de l'enfant auquel il venait d'ôter la vie, il ne disait mot. Il laissa tomber ses armes sur le sol. Souvenir Perdu disparut dans une effusion de brume noire, mais c'est Tendre Promesse qui annonça la noirceur qui s'était empreinte de lui lorsqu'elle aussi disparut, dans un éclat de lumière ternie.

Il leva ses mains pour les approcher un peu plus de son visage. La couleur du sang qui gouttait entre ses doigts ne le réconfortait pas, bien au contraire. Elle semblait le motiver. De sa vengeance, il n'en tirait aucune satisfaction, aucune sensation d'accomplissement. Non... cette puissance nouvelle qui l'habitait était comme un renouveau. Il lui fallait plus.

Ses pensées pouvaient aisément se résumer en un mot : « encore ». Au plus profond de lui, si tant est que cela lui fut encore possible, il ressentait cette envie irrépressible de continuer son massacre.

Une voix, lointaine, familière, l'appelait. C'était sa supérieure qui tentait de le rappeler à l'ordre. Il tourna la tête, lentement, dans sa direction avant de lui adresser un sourire carnassier. Son regard était dur, dénué de toute Lumière. Ses yeux jaunis par les ténèbres fixaient le corps de la rousse qui l'accompagnait. Il la toisait. Qu'allait-elle pouvoir lui faire, si ce n'est lui faire perdre son temps ? La jugeant inintéressante, il se contenta de détourner son regard afin de le poser sur le manoir de l'hôte la soirée.

Pars.

Il n'attendit pas de réaction de sa part. Il l'avait déjà oubliée, à ses yeux elle n'existait plus. Elle n'était qu'une pauvre petite chose insignifiante. Une chose fragile, brisée... sans aucun espoir d'un jour cotoyer sa grandeur. En rien n'était-elle un obstacle pour lui, et peut-être fut-ce la seule raison pour laquelle il se retint de lui ôter la vie.

Elle ne devait son salut qu'à sa faiblesse.

Il commença à se diriger vers le manoir, ne quittant ses portes des yeux sous aucun prétexte. De grandes choses se déroulaient en ces murs ; de nombreuses personnes s'y étaient rendues, pareille occasion ne devait se rater sous aucun prétexte. Il grimpa aisément les quelques volées de marches, seuls remparts entre lui et la fête, et s'approcha de la porte.

Plusieurs serviteurs étaient là pour l'accueillir. L'un d'eux s'approcha de lui, souriant... Mais ce sourire fut rapidement effacé pour laisser place à un rictus terrifié, déformant les traits de son visages tant ils étaient prononcés. Il se saisit de la gorge du serviteur avant de le soulever et de l'immoler par le feu. Son regard toujours rivé sur le visage du serviteur qui se débattait, il souriait.

Il n'eut pas le temps de voir le corps finir de se consumer ; les cris des autres serviteurs lui accaparèrent son attention. Ils fuyaient. Laissant son sourire retomber pour adopter une mine plus sérieuse, il s'affaira à punir leur couardise. Usant de toute sa vitesse, il les rattrapa dans le vestibule et se saisit de l'arrière de leurs cranes. Une simple poussée suffit à faire trembler les murs de la bâtisse alors que les deux cranes explosaient dans le creux de sa main, éclaboussant encore un peu plus son visage de ce nectar carmin.

La secousse avait peut-être provoqué une réaction dans la salle de bal. A vrai dire, tout cela l'importait peu. Il savait que dans quelques minutes, il en franchirait les portes. Son seul désir rejoignait sa peur. Il ne souhaitait pas être déçu quant à ce qui se trouverait derrière.

D'un pas lent, il continua sa progression. La fête allait enfin pouvoir commencer.
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Il avaient tué la sorcière. De manière ridicule. C'était déjà derrière eux désormais. Derrière elle ; Roxas avait disparu. Il s'en était allé vers le manoir. Quelle connerie, cette mission. Quelle stupidité. Cissneï n'arrivait pas à se le sortir de la tête. Ses pensées mises à nu, elle savait que c'était pour éviter de penser à toutes ces interrogations qui n'attendaient que de l'obséder. Elle avait envie de s'endormir, de ne jamais se réveiller et à la fois de hurler, de demander des réponses. N'importe quoi, mais pas rester ici.

Se concentrer sur quelque chose était une tâche qui qui ne lui revint pas facilement. Il fallait concéder, accepter ce qu'elle n'était pas en capacité de faire. C'était à dire... la majorité des choses à faire. Respirer lui était difficile, penser impossible.

Et pourtant, le temps s'écoulait inexorablement.

Elle avisa son arme, à côté d'elle, la reprit. Des gestes qui étaient plus mécaniques que pensés, plus habituels que réfléchis. Ce qui lui permettait peut-être de s'en sortir. Elle s'en remettait entièrement à ses réflexes. Inspirant, expirant pour tenter de calmer les battements de son cœur, qui cognait dans sa poitrine. Elle n'avait rien, elle allait bien en tous points. Ramassant sa chemise et sa veste, elle les tint contre elle quelques instants, portant une main à son oreillette. Elle grésillait. Une fraction de seconde plus tard, ce fut la voix d'Aqua qu'elle tendit, comme en ancre dans la réalité.

« Cissneï, le Prince et Cendrillon sont ici. Nous devons à tout prix les mettre en sécurité ! Ainsi que... »

« Aqua, tu me reçois ? »

Qu'elle lui parle à cet instant signifiait maintes choses. Elle était en sécurité. Rien encore, aucun bruit, aucun choc ne pouvait alerter quiconque. Cissneï, elle, pouvait faire profil bas, l'attention n'était pas sur elle. Peut-être pour quelques minutes de plus pouvait-elle espérer rester ici ; elle ne craignait pas pour sa personne. Aussi sûr que Roxas avait toutes ses chances de s'en sortir. Aqua, elle, peut-être que son temps se comptait en secondes.

« Ta sécurité compte plus que tout le reste. Il faut que tu partes, que tu t'éloignes du manoir. »

Aqua connaissait Roxas, mais Roxas était, à l'heure actuelle, que l'ombre de lui-même. Il avait déchiré le corps de la sorcière sans ciller. Cette sorcière qui lui avait inspiré tant de crainte.

Cissneï craignait pour les vies de tous les participants à ce bal. Aqua y était allée de son plein chef, mais elle s'estimait responsable. Il était temps pour elle d'essayer de retirer ses pions du jeu. Ce n'était plus leur affaire.

« Aqua, si tu m'entends. Je répète, éloigne-toi du manoir. Roxas est... »

Aqua... elle avait un cœur rempli de lumière. Cissneï craignait le pire.

Parce qu'elles étaient si différentes. Aqua semblait ne rien craindre. Elle allait de l'avant avec sa lumière et sa keyblade. Il n'y avait aucun mal à ça, au contraire, mais ici, elle risquait sa vie. Cissneï pouvait bien lui dire de s'enfuir, le ferait-elle seulement ?

« Assure-toi que tu aies toujours un moyen de filer. Je vous attend au point de rendez-vous, je... »

Elle voulut se corriger. Elle ne voulait pas aggraver la situation. Elle était partagée entre considérer Roxas, ou l'ignorer. Comme si rien ne s'était passé, ou comme s'il était perdu. Un défaitisme noir lui serrait le cœur.

« Fais attention à toi. Cissneï, terminé. »

Cissneï resta sur son carré d'herbe pendant encore quelques secondes, espérant une réponse. Chaque seconde de plus faisait naître une nouvelle crainte, une nouvelle angoisse. Se battaient en elle différentes écoles, différentes vies, pensées, méthodes. Elle voulait les aider, Roxas, Aqua... Cendrillon, le Prince... Et toutes les personnes qui allaient croiser le chemin de Roxas. Mais elle savait qu'elle serait inutile. Sa force ne valait rien, elle seule ne serait que de peu de poids contre les forces qui s'opposaient au sein même de ce manoir. Elle devait partir. Mais au fond d'elle, elle espérait filer avec l'assurance d'avoir fait quelque chose. Un égoïsme sans borne l'avait toujours menée là où elle voulait, avec ce qu'elle avait. Pourquoi cette nuit ne serait-elle pas différente ?

Une fois assurée qu'elle n'avait rien laissé sur place – une fois avoir bien vérifié qu'elle n'avait pas de sang sur elle, que tout n'avait été qu'une illusion, elle se mit en route. Le rythme de sa marche étaient soutenu, ses joues étaient en feu, son cœur la menaçait de littéralement exploser. Elle réalisa en chemin que c'étaient ses propres ongles qui avaient tracés les sillons qui la brûlaient. Sur ses bras, son cou, sur son crâne, caché par ses cheveux. Et elle tremblait ; plus que jamais. Elle tremblait comme si a pluie tombait et que le vent battait la forêt.

Évitant les chemins, elle s'en retourna dans un silence complet vers le vaisseau de Roxas. Dans une petite clairière, au milieu des bois, l'engin semblait abandonné.
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