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le Jeu 4 Déc 2014 - 15:08
Suite de : Un deuxième foudroyé

L'air de Port Royal n'avait jamais été aussi agréable et il lui sembla qu'enfin, elle pouvait apprécier ce monde pour ses saveurs. Ses pensées étaient trop souvent obscurcies par ses grands principes sur lesquels elle ne dérogeait jamais. Alors non, elle ne regardait jamais un paysage et ne profitait jamais de la beauté d'une ville.

Oakley avait le don de tout changer. Quand la jeune garde était ainsi blottie tout contre elle, dans ses bras, elle en arrivait à oublier le monde et le reste. Couchées dans le lit d'Oakley, allongées sur la couverture dont elles n'avaient pas besoin lorsqu'elles étaient aussi proches l'une de l'autre, Ravness se laissait border par sa belle amie. Son souffle tout contre sa nuque, ses mains sur son ventre et les jambes nues de l'une et de l'autre qui semblaient se caresser. La lumière du jour entrait par la fenêtre ouverte et réchauffait leurs pieds, tandis qu'elles fermaient les yeux sans oser dormir. Elles ne se voyaient que trop peu.

Ravness avait presque oublié l'odeur de son aimée.


" Dame Ravness ! "

La garde se réveilla en sursaut, se redressa sur son lit de stupeur, tandis qu'une voix féminine vint à ses oreilles.

" Plusieurs dizaines de gardes de Kefka se dirigent vers le campement ! "

" Plusieurs dizaines ?... "

Oui c'était un grand groupe, c'était même un danger tout à fait sérieux mais... Un tel nombre ne pouvait espérer survivre à une attaque frontale contre les brigands. Ce qu'elle avait craint ces derniers jours semblait donc se réaliser. A l'instar de Roc, tous ceux qui avaient déçu le régent étaient envoyés pour mourir face aux brigands.

" Entrez et fermez les pans de la tente. "

" Mademoiselle ? "

La garde fit alors ce qu'elle ne crut jamais faire un jour, et ce qu'elle se jura de ne jamais reproduire, s'extirpant de sa couette et enlevant sa robe de nuit. Ainsi dans son plus simple appareil face à une autre femme, elle la regarda froidement.

" Aidez-moi à enfiler mon armure. "

Ravness enfila rapidement son short et son haut, cachant du mieux qu'elle le put sa nudité, tandis que la femme-belette amena sur le chevet de la garde les bottes et les genouillères en acier, confectionnées par Ulthane. Cette dernière s'assit ensuite sur son lit, s'emparant et mettant à son pied nu sa botte tandis que son assistante d'infortune s'occupait de l'autre.

" Par où arrivent-ils ? "

" Par le nord-est-nord. Ils arriveront à nos barricades de sapins dans dix minutes. "

" Dix minutes ?... Ils sont lents. "

" En effet. Pouvez-vous vous lever, ma Dame ? "

Ravness s'exécuta et laissa la femme-belette attacher ses genouillères.

" Ma jument est prête ? "

" Oui. Tout le monde est sur le pied de guerre. Un homme s'occupe de votre cheval. "

Avec son aide, elle vêtit son plastron dont elles fixèrent les attaches ensemble, avant de s'occuper des épaulières et enfin des brassières. L'idée de la bataille n'effrayait pas la jeune garde, mais elle ne put se retenir de ressentir une certaine appréhension. Elle ne savait définir cette boule dans le ventre qu'elle ressentait, ce stress qui grandissait... Etait-ce de perdre des hommes ou... plus égoïstement, le fait de s'être réveillée dans un lit moins confortable que les seuls bras de son amie ?

" Vous êtes prête. "

Dame Ravness ravala sa salive tandis que son regard se fit plus dur. Elle sortit de sa tente sans prêter attention à la femme-belette, et d'un pas pressé, elle se dirigea vers les écuries. Un homme sortit inopinément sa jument, Beth, de son enclos et lui confia ses rênes.

" Une centaine d'hommes y sont déjà. Hâtez-vous. "

Elle acquiesça simplement et partit au galop dans le campement. Il n'y avait que six cent mètres à faire de là où elle était pour apercevoir la masse des brigands rassemblés là, attendant les ordres... a vrai dire, elle n'avait pris son cheval que pour y être au plus vite. Elle ne se permettrait pas de la chevaucher dans une bataille contre des ennemis dont elle ne savait rien. Aussi, aussitôt fut-elle arrivée qu'elle descendit de sa monture et attacha les rênes de celui-ci à une branche solide d'un arbre avant de rejoindre enfin les hommes.

" Commandant ! "

Robin sortit des rangs, un sourire poli au visage, et se dirigea vers elle.

" Que sait-on ? "

" Ils sont à deux cent mètres d'ici. Ils sont entre cinquante et cent.  Ils marchent très lentement, n'ont pas d'armes en mains. Et ils parlent entre eux... "

" ... Ce sont bien des ennemis ? "

" Sans le moindre doute, ma Dame. "

" Quel est le plan ? "

" Il est trop tard pour les avoir par surprise. On va sortir immédiatement du campement, allons nous déployer et nous refermer sur eux. On les encercle... on sera à peu près une centaine. On peut les avoir avec un minimum de pertes. "

" Et les patrouilles présentes dans le quartier nord-est-nord ? "

" Ils vont suivre discrètement les assaillants en sautant d'arbres en arbres. Quand on les encerclera, ils les abattront du ciel. "

" Bien. Vous devriez attaquer par les arbres vous aussi, avec quelques hommes. C'est faisable ? "

" Sans le moindre problème. "

" Vous donnerez l'ordre de tirer. Partez maintenant. On vous laisse vingt secondes d'avance. "

Suite à cela, un murmure se répandit parmi la foule silencieuse et très vite, une dizaine d'hommes disparut derrière la barrière de séquoias, s'engoufrant dans la forêt de Sherwood. Les brigands étaient des grimpeurs hors-pairs et les meilleurs archers que Ravness rencontra... ce qui n'était pas le cas des hommes de feu le Prince Jean.
C'est pour cette raison qu'ils avaient bati leur campement dans la forêt, et cela malgré l'incendie qui avait détruit leur précédent quartier général. C'était leur milieu, et ici ils étaient imbattables.


" Allez on y va. On se sépare, on se déploie autour des ennemis et nous les mettons en joue. "

Ils sortirent comme un seul homme du mur de sapins... et sans essayer d'être discrets, ils coururent bruyamment dans des directions différentes mais avec comme seul objectif cette masse informe et désorganisée de gardes du régent. Et comme un océan sur la butte, avec la même violence, ils fondirent sur eux. Quelques-uns des assaillants dégainèrent leur arbalète sans trop y croire. D'autres sortirent de petite dague et attaquèrent, avec plus de terreur dans le regard que d'envie de tuer.
Ravness comprit vite, en s'approchant en première ligne d'eux... Tous étaient des vautours, et tous étaient des arbalètriers. Une dizaine de cuisiniers connaissant ces bois aurait eu l'avantage sur un tel groupe...
Un des vautours s'approcha d'elle, dague à la main. Elle le regarda à peine... attrapa son poignet d'une main, le tordant l'instant d'après, son autre main attrapa le col de l'audacieux, tandis qu'elle plaça une jambe derrière lui et... le fit simplement chuter avant de le sonner d'un coup de talon dans le visage.

Elle fit apparaître sa hallebarde dans les mains, ne faisant pas attention aux quelques combats que menaient certains des brigands sans difficulté... et avec le reste des hommes, elle coinça les vautours qui ne résistèrent pas. En levant le regard, elle put voir une vingtaine d'hommes perchés avec agilité sur les solides branches des arbres de la forêt, une flèche encochée et l'arc bandé. Robin était là, souriant, et avec vigueur il s'exprima en premier.


" C'est déjà le jour de quête, shérif ? Hélas, j'ai égaré mon argent ! Promis, je te l'apporterai demain sans faute ! "

Shérif ?... A ce mot, les sourcils de la garde se froncèrent plus vite qu'elle ne comprit elle-même le mot. Notthingham avait eu de nombreux shérifs, mais aucun n'avait été plus odieux que l'actuel. Une voix horripilante sortit de la troupe et adressa à l'éloquent Robin une réponse vulgaire.

" Ferme-la puceau, je refuse de te parler à toi. "

" Oh mais c'est qu'ici, tu es chez moi, compagnon ! Et toi et tes amis devriez ôter vos couvre-chefs, essuyer vos pieds sur le parterre de feuilles et enfin être polis avec le charitable hôte que je suis. "

De nombreux rires s'échappèrent du groupe des brigands. Ravness, elle, écoutait à peine ce spectacle que donnait le prince des voleurs, trop occupée à chercher du regard le lévrier, ce nouveau shérif, qu'elle haïssait tant. Mais... il était trop lâche pour se mettre trop à découvert.

" Va te faire mettre. Je suis pas venu pour écouter tes conneries. "

" Et pourquoi êtes-vous venus, toi et tes moinaux ? Une soudaine envie d'offrir quelques pièces à notre cause ? Ou est-ce pour te rendre ? "

" Jamais je me rendrai, lopette ! "

" Quelle humeur, dis-moi ! Que s'est-il passé ?... Les vingt femmes que tu as outragées ce matin n'ont pas crié assez fort pour t'offrir du plaisir ? "

Elle regarda Robin qui... malgré son ton toujours aussi chantant, fixait le lévrier avec des yeux plus sombres, inquisiteurs.

" Je veux parler à la vierge de fer ! "

" ... Je ne sais pas de qui tu parles. "

" Que me veux-tu ? "

Elle sentit quelques regards se poser sur elle. Sans y prêter attention, elle fixa juste les vautours, desquels s'extirpa au bout de quelques secondes le lévrier dans des accoutrements... ridicules. Enfin, elle supposa que pour le pays de sherwood, ce furent des vêtements tout à fait acceptables, mais même pour elle qui était d'un monde moins à la pointe comparé au jardin radieux ou à la cité du crépuscule, c'était beaucoup trop chargé.

" Te rejoindre... "

Ses yeux s'écarquillèrent. Elle jeta un oeil aux brigands à sa droite, dubitative, en quête de réponse, avant de regarder une nouvelle fois le lévrier avec un air sincèrement interrogateur.

" dans la vie et dans la mort ! Je veux être à tes côtés jusqu'à la fin des temps ! Traîte-moi comme un chien ou comme un amant, j'en ferai mon bonheur. "

Elle défit sa garde et fit un pas vers l'avant. D'une main elle s'empara du col du lévrier pour le mettre à terre d'un coup de genoux dans le ventre... mais avant qu'elle ne s'exécute, le shérif lui sourit avec une... sincérité feinte, et se mit à genoux, les deux bras ouverts.

" Oui, frappe-moi ! Je n'ai pas pris d'arme ! Comme tu le vois, je suis tout à ta disposition ! "

Avec violence elle se mordit la lèvre, tandis que son visage ne put dissimuler plus longtemps sa colère.

" Si tu es venu parader, lévrier, sache qu'on ne se moque pas de moi impunément ! "

" Je... n'ai jamais été plus honnête... mon amour. "

Il insista sur chacune des syllabes de ce dernier mot. Elle eut presque l'impression qu'il avança ses lèvres et tendit son cou jusqu'à elle. Autour d'elle, Ravness jura entendre des brigands pouffer...
Son cerveau ne contrôlait plus ses muscles, elle le savait. Elle sentit les muscles de son bras se raidir avec comme seule idée d'asséner à cet imbécile le plus incroyable coup de poing qu'il ait jamais connu. Mais avant qu'elle ne le fasse, une voix interrompit ce dialogue.


" Ok... les gars. Capturez le shérif et ses guignols, mettez-les aux cachots et retournez à votre poste. "

Elle lâcha aussitôt le lévrier et fit volte-face tout en faisant disparaître sa hallebarde. Qu'importe la suite des événements, les chantages ou les menaces, elle ne tolérerait pas que ce monstre soit une nouvelle fois libéré par les brigands. Il n'avait ni pitié, ni valeurs. C'était le meilleur instrument de Kefka pour martyriser le peuple... Non ce n'était pas uniquement personnel.

Quand elle fut rentrée dans le campement, elle n'eut le temps de rejoindre sa tente pour finir sa nuit, car très vite un des rebelles la rejoignit et lui apprit que le shérif (le vrai) avait ordonné une réunion sur le champ.
Pour dire vrai, la conception d'immédiat du shérif ne se révéla pas aussi immédiate que promis. Lorsqu'elle entra dans la tente de l'ours, dont l'intérieur n'était que faiblement éclairé par les quelques bougies disposées sur la table, seuls Robin et Petit Jean étaient présents. Elle s'assit autour de la table, saluant au préalable Petit Jean d'un hochement de tête, et attendit les autres sans parler.

Très vite, Frère Tuck arriva, suivi de près par Will l'Ecarlate, un loup maigre, un air malade au visage et pourvu d'habits qui reflétaient une pauvreté qui n'était pas la sienne. Finalement, au bout d'une quinzaine de minutes, le shérif entra dans sa tente.


" Bon... En premier lieu, merci d'être venus à cette réunion impromptue. Nous n'avons que peu de choses à voir, mais chacune mérite toute notre attention. "

Ravness croisa les bras et, fronçant les sourcils, jeta un regard à ses compagnons. Le Shérif était debout et paraissait éreinté par son propre discours. Une longue épée à la ceinture, il semblait désormais incapable de s'en servir. Les attaques de Kefka l'avaient meurtri au point qu'il ne pouvait plus utiliser son bras gauche... ce qui n'aurait pas du empêcher un ours aussi décidé que lui de se battre. Hélas, ses souffrances étaient, dit-il, insoutenables. Aussi ce devait être pour lui trop pénible de faire quoi que ce soit.
Malgré tout, il était encore l'homme le plus influent parmi les rebelles.

Il commença naturellement par expliquer les faits concernant le lévrier à Frère Tuck, seul ici, à part lui-même, à ne pas avoir participé à cette attaque menée contre les vautours. Il était un vieil homme d'église mais dans le campement des brigands, il avait toute son importance. Il avait nettement mérité sa place parmi les généraux de la rébellion, ne serait-ce que pour ses prières et son soutien. Et même si les pensées de la jeune femmes pouvaient être trop martiales pour bon nombres d'hommes et de femmes, elle n'eut jamais la sottise de croire qu'un homme de foi n'avait pas droit au chapitre lorsque l'on parlait de guerre et de politique. Le Frère Tuck hocha simplement la tête lorsque le shérif eut fini d'expliquer la situation.


" Nous avons interrogé quelques vautours ainsi que le Lévrier lui-même. Les vautours ont suivi le shérif dans sa rébellion. A la différence que les vautours désirent rejoindre la rébellion, tandis que le lévrier a émis le désir d'être pour nous un agent double. Il a proposé de repartir vers le chateau de Nothingham sur le champ pour espionner à notre solde Kefka. Il a précisé que le simple fait d'avoir apporté avec lui la totalité des arbalétriers du royaume devrait nous convaincre de sa sincérité. Ah et évidemment, il a cité votre nom une trentaine de fois, Dame Ravness... L'idée, en gros, c'est qu'il vous aime et qu'il veut vivre à vos côtés. "

Le visage de la garde resta neutre. Ce n'était pas la première fois qu'un homme l'approchait de manière aussi indécente mais... cela était inédit puisque jamais auparavant un homme ne lui avait ainsi déclaré sa flamme. A vrai dire, cela ne changeait rien pour elle, si ce n'est qu'elle ressentit peut-être encore un peu plus de dégoût à l'idée que cette expérience nouvelle se fasse grâce à un être aussi répugnant.

" ... Il a des informations. J'ai beau... détester ce type, j'ai l'impression qu'il est sincère. "

" Sin... sincère ? Non mais vous rigolez, compagnon ! Ce type violente femmes et enfants plus que le temps ne lui permet depuis qu'il a accédé à son poste de shérif ! Personne ne me fera croire qu'il est capable de garder un amour platonique envers la Commandante, quand chaque matin il se réveille plus souillé que la veille ! "

" Arrête, Robin. Qui est-ce que ça intéresse, ça ? Non mais au fond, je ne vois même pas pourquoi nous discutons de son amour impromptu. Si même il était venu parce qu'il est allergique au maquillage de Kefka... la seule chose qui devrait nous intéresser, c'est à quel point il peut nous être utile ! "

" Donc à présent, il suffit de présenter ses excuses pour être accepté parmi nous ? Demande donc au Shérif, ce type est une ordure démentielle, il n'y a rien à sauver chez lui. Et c'est ce genre d'hommes  qui sera libre et récompensé lorsque nous aurons gagné la guerre ? "

" Encore faut-il la gagner cette guerre ! Ne pense pas que j'apprécie le lévrier... mais force est de constater qu'à présent, le chateau de Nothingham est incapable de se défendre convenablement ! Sans arbalétriers, ça va être du gateau ! Et ça c'est grâce à ce violeur que tu décris. "

" Peut-être que Kefka s'est rendu compte qu'ils n'étaient pas très bons et qu'il les a renvoyés... "

Petit Jean rigola à sa propre blague, bientôt soutenu par un rire étouffé du Frère Tuck.

" Sans parler des informations qu'il pourra nous fournir. "

" Quel genre d'informations pensez-vous recevoir, Will ? "

" Les plans de Kefka... "

" Il les garde pour lui, soyez en sûr. "

" A-t-il seulement des plans ? Je parierais cher sur sa capacité à improviser... parfois il se ridiculise, parfois ça marche. "

" Qui plus est... j'ai dans l'idée que Kefka n'attaquera pas... ou en tout cas, pas avec son armée. Dans la forêt, nous aurons un avantage démentiel. Il attendra que nous prenions d'assaut son chateau ou s'aventurera dans nos bois tout seul. En somme, rien que nous puissions prévoir. "

" Très bien... Les tours de garde doivent être consignés quelque part. Il pourrait même les trafiquer pour nous. Et... vous pouvez être certains qu'il a un registre des convois qui partent et qui arrivent à Nothingham. Juste en connaissant les détails de ce registre, nous pourrions imposer un embargo à Kefka et ses hommes... "

Après quelques secondes de réflexion, elle acquiesça simplement. Il n'avait pas tort... A vrai dire, c'était une excellente idée, bien qu'elle fut certaine que Kefka était on ne peut plus capable de trouver une solution à une famine. Finalement... Nothingham avait les moyens de sustenir à ses propres moyens pendant quelques années. Et même en mettant à malle ces moyens, elle refusait en âme et conscience d'infliger des mois de souffrance au peuple qui vivait là-bas.

" Vous ne pouvez ignorer le genre d'espion qu'il sera. En admettant quelques secondes qu'il puisse nous être fidèle, ou en tout cas obéir aux souhaits de Dame Ravness... alors, pour ne pas se trahir, il devra être à Nothingham comme à son habitude, un monstre dépourvu de morale, torturant les villageois... uniquement pour ne pas éveiller les soupçons. Et cela, je vous le rappelle, en notre nom. Je refuse de cautionner cela. "

Elle acquiesça simplement. Les brigands devaient se passer de certaines méthodes. Leur but n'était pas d'assurer la victoire mais d'assurer la paix.

" Faisons-en un prisonnier de guerre. En fait je propose que les vautours et lui soient tous faits prisonniers. "

" Je trouve normal que les vautours soient libérés lorsque la guerre sera gagnée. Ils feraient certes une formidable armée mais... nous ignorons leurs réelles intentions. Si l'un d'eux s'avérait être un traître, il pourrait suffire à nous faire perdre toutes les batailles. Ils sont mauvais tireurs mais... si l'un d'eux touchait l'un d'entre nous, nous en serions meurtris. "

Ravness baissa simplement les yeux sur la flamme d'une bougie. Elle... ne voulait pas des vautours parmi l'armée, en premier lieu parce qu'ils avaient trahi leur ancien camp à un moment trop opportun. Par sa simple haine des traîtres, elle se faisait une raison de refuser ce genre d'hommes à ses côtés. Néanmoins, elle n'était pas d'accord sur le reste... La guerre ne dépendait d'aucun des hommes présents ici. Seule la suite de la bataille nécessiterait d'hommes pour porter tous les autres;

" Je propose l'exécution du Lévrier. "

Relevant son regard, elle vit plusieurs des hommes autour de la table soupirer. Elle se doutait bien sûr qu'aucun d'entre eux n'était surpris... et c'était pour cette raison qu'elle osa proposer cela. A vrai dire, elle était sûre que chacun des généraux des brigands y avait pensé...

" Je comprends pourquoi ils t'appellent la vierge de fer... "

" Je vous demande pardon ? "

" Tu tues tous tes prétendants ou c'est juste ceux qui te font la cour en public ? Si tu continues, tu vas finir vieille fille. "

" Je ne tue pas uniquement mes prétendants... Vous voulez que je vous montre ça dehors ? "

Elle serra un poing tout en regardant furieusement l'Ecarlate. Il avait gagné jadis son respect en se dévouant à la cause, lors de la crémation du Prince Jean, mais à présent il avait perdu toutes ses chances de lui plaire à nouveau.

" Hola, prends pas la mouche. Je plaisante. "

" Moi jamais. "

Elle le regarda encore quelques secondes avant de détourner les yeux.

" Ce n'est pas qu'une affaire de haine. Certes je déteste cet homme autant que Kefka, mais cela n'influence aucunement mon opinion sur le sujet. Que faîtes-vous des prisonniers de guerre, à la fin d'un conflit, dans ce pays ? "

" Nous libérons la plupart des troupes ou les intégrons à notre armée. Le Roi et ses conseillers jugent ensuite tous les cas plus complexes. "

" Anticipez donc... Lorsque nous aurons vaincu, lorsque le lévrier sera jugé, que retiendront-ils de ses actes ? Qu'il a été incroyablement courageux d'avoir ainsi tourné le dos à Kefka, le délestant d'une grande partie de ses troupes, rendant ses murailles vulnérables. "

" Et ce n'est pas le cas, peut-être ? Enfin...  mis à part le courage, qu'y a-t-il de faux là-dedans ? "

" Rien. Seulement, il sera relâché. Peut-être même réintègrera-t-il un grade dans l'armée. Je ne serais même pas étonnée de le voir devenir shérif ici-même. Tous ceux qui ne l'auront pas connu avant aujourd'hui le considéreront comme un héros. Seulement, nous savons quel monstre il est. Rappelez-vous qu'il est le pire opportuniste de votre royaume. L'avez-vous seulement déjà vu se battre ? Et pourtant il fait partie de la Meute, il est peut-être même le favori de Kefka. Qu'il nous trahisse aujourd'hui ou qu'il devienne un héros demain, il va être un problème. "

" En raison d'une éventualité, nous devrions donc tuer un homme ? "

" Non. En raison de ses crimes, nous devons tuer un homme. Vous voulez laisser votre prochain roi juger des choses dont il n'a pas connaissance ? Aujourd'hui, nous sommes les seuls à décider de ces choses-là... car vous n'avez pas de roi. Donc, vous avez la possibilité d'être les juges. Considérez tous les crimes qu'il a commis. "

" Je suis assez d'accord avec elle. Depuis tout à l'heure, nous envisageons le futur du lévrier en cas de victoire... Malgré toute ma foi en notre cause, je ne peux m'empêcher de penser à ce qui se passera si nous échouons. Il vivra et martyrisera les ruines de notre monde... "

" Et bien si c'est un vote, je m'y oppose. "

" Pareil. "

" Le simple fait que nous discutions de son sort prouve à quel point le lévrier a été courageux ce soir. Quand il est venu, il savait qu'il avait de grandes chances de mourir. Cela devrait vous faire reconsidérer l'opportunisme du bonhomme. "

" Personne ne peut changer aussi vite. Je pense qu'il est aussi fou que Kefka... Nous n'avons pas à saluer sa bravoure, nous devons profiter de son erreur. "

" Frère Tuck... Quel est votre avis ? "

" Je pense que nous ne pouvons pas... juger la culpabilité du lévrier. Mais nous n'avons pas plus le droit de prendre de risques. Je rejoins l'avis de Dame Ravness. "

Le shérif soupira légèrement et s'exclama finalement :

" Bien. Nous l'exécuterons demain, vers midi. "

A cet instant, ils osèrent à peine se regarder. Il n'y avait aucune joie éprouvée à cet instant... juste pour certains l'impression d'avoir fait ce qui était profitable pour la paix.

" Avant de vous laisser vous recoucher, nous avons encore quelques points à voir. Tout d'abord, une nouvelle qu'un des vautours vient de m'apprendre, et qui l'aurait influencé, dit-il, à rejoindre la rébellion. Le Roi Richard Coeur-de-Lion revient de croisade. Il devrait être ici dans quelques semaines, peut-être quelques mois. "

Tous parurent bien sûr étonnés. Ravness elle-même ne put masquer sa surprise. D'aussi loin qu'elle se souvint, le Prince Jean fut le seul souverain que le royaume ait connu depuis des années. Le Roi Richard était comme... une sorte de légende, à ses yeux. Tout le monde en disait du bien et espérait son retour.

" C'est une bonne chose non ? "

" Difficile à dire. "

Robin arborait à présent un regard préoccupé, une main sur son menton et l'autre grattant la table...

" Il est clair que le Roi Richard n'appréciera pas de voir Kefka diriger une partie de son royaume. Il ne fait aucun doute que s'il n'abdique pas, notre bon roi abattra ses troupes contre Nothingham, quitte à tout raser. Qui plus est... s'il pense comme nous que le bouffon a tué son frère, malgré l'aversion qu'ils avaient l'un pour l'autre, il sera furieux. "

" Mais nous avons commis un sacré boxon ici. Certes notre guerre a commencé parce que Kefka a capturé Robin, mais dans les faits, c'est bien contre le Prince Jean que nous avons d'abord pris les armes. Nous combattons la royauté depuis quelques mois, bien qu'elle ne soit plus représentée. "

" En somme, vous pensez qu'il sera contre la rébellion et contre la régence ? "

" Non. Je pense qu'il va rapidement se mettre de notre côté quand il aura compris la situation. Mais... je pense que cela pose un problème pour les brigands. "

" Nous apprécions vraiment le roi richard mais... s'il nous rejoint, il ne va pas se contenter de donner son avis. Il va sûrement imposer ses décisions. Je pense que par la simple force de sa popularité, il va nous soumettre. Très vite, il dirigera la rébellion et négociera cette guerre d'une manière différente de la nôtre. "

" Je vois. "

" Non, le plus gros problème, c'est que nous sommes des brigands. Sous ses ordres, nous perdrons la possibilité de combattre l'injustice par des chemins que lui ne peut emprunter. S'il soumet nos gars, par la parole ou la force, on sera aussitôt intégrés dans son royaume. Il a toujours été question de rendre son trône à Richard, quand on aura gagné la guerre... Comme ça, il est à la tête de sa nation et nous restons dans la forêt, à vivre dans le monde que nous avons choisi. C'est ici notre place et la sienne, c'est son trône. Faut que ça reste comme ça. "

" Donc... nous devons finir cette guerre avant qu'il n'arrive. "

Tous acquiescèrent. Cela pouvait sembler puéril mais Ravness pouvait comprendre. A vrai dire, elle-même ne pouvait que douter de ce Roi qui n'était pas revenu alors que son peuple était torturé par son frère cadet.

" Et pour les hommes ? On leur dit ? "

" Oui bien sûr. Ils seront heureux de l'apprendre et vont se battre avec d'autant plus d'ardeur. Leur cauchemar semblera prendre fin. "

" Bien. Finalement, je dois vous faire part d'une observation faite par un des villageois. Il est sûr d'avoir vu un dragon partir du chateau. "

" Un d... Un dragon ?! "

" Oui... Il serait noir. Il n'a rien détruit. Il est arrivé et est reparti. "

" C'est déjà arrivé avant ? "

" Jamais. Ca vous dit quelque chose, Dame Ravness ? "

" Et bien... Il y a deux personnes qui combattent avec des dragons, que je sache, dans les différents mondes. Tout d'abord, il y a un dénommé Raido... Il est très dangereux et bien plus fort que moi. Il a trahi la lumière et semble détenteur d'un grand pouvoir procuré par un serpent à huit têtes. Je peux vous dire que c'est un humain qui a des oreilles et une queue de chat... Mais c'est tout ce qu'il a d'animal. "

" Ok et l'autre ? "

" Ariez. Ma supérieure a assisté à l'invocation de son dragon. C'est ce dernier qui a abattu la chef des mercenaires. "

" Ce serait elle qui est venue voir Kefka ? "

" Peut-être. De ce que je sais, Raido aussi aurait pu venir. On sait qu'ils sont tous les deux liés par ce serpent à huit têtes dont je vous parlais. Quoi qu'il en soit, c'est un très mauvais signe. Si la Coalition noire ou un être aussi puissant que Raido se mêle à cette guerre... "

Ravness ne finit pas sa phrase. Si la Coalition noire décidait de commencer la guerre ici, la lumière et tous les groupes devraient répliquer... et si les batailles éclataient dans la forêt de sherwood, il ne ferait nul doute que le royaume ne se relèverait jamais.
Non... Cela ne pouvait arriver. Elle ne pouvait pas leur annoncer de but en blanc, mais pour leur bien, sans doute devrait-elle ordonner le retrait de la lumière de la guerre de sherwood, une fois que Kefka serait tué et les laisser entre les mains de la Coalition noire.


" Bon je vais avertir ma supérieure. Et espérons que ça ne se reproduise pas. "

" Bien... Je pense qu'on en a fini. "

" Laisse-t-on dormir les hommes une heure de plus cette nuit ? "

" Ce n'est pas nécessaire. C'était un bon exercice et... je suis sûr qu'avoir capturé soixante arbalétriers ainsi que le shérif de Nothingham va les rendre fous de joie pour au moins une semaine. "

Ravness acquiesça. Ils en avaient presque oublié de se réjouir. Elle ne comptait pas sous-estimer Kefka, et cela même si tous ses hommes le quittaient de la même façon... Mais si la bataille de la crémation du Prince Jean avait servi à quelque chose, c'était d'en savoir un peu plus sur l'affreux. Kefka était un mage très puissant et un lâche fini. Loin d'être résistant ou capable de mener un combat au corps à corps, il regretterait amèrement ces hommes capables de tenir les brigands à distance.

" N'oubliez pas l'entrainement de demain. On commence dès le réveil. "

Sur ces mots ils se quittèrent. Comparé à toutes les autres, cette soirée parût... presque bonne, cela malgré le réveil difficile et les difficultés éprouvées. Non... on n'a rien sans rien, Ravness le savait. Elle n'aurait pas osé se plaindre en cet instant.
La capitaine de la garde fit une courte prière et se recoucha bien vite, ou tout du moins dès l'instant où elle enleva son armure qu'elle attacha rigoureusement au petit mannequin en paille disposé dans sa chambre.

Elle se réveilla d'elle-même, quelques heures plus tard. De l'extérieur, elle n'entendait aucun bruit, que le vent du matin. Il devait être à peine cinq heures et... si tôt, seules les patrouilles cachées dans la forêt autour du campement étaient éveillées. Et quand bien même auraient-ils parlé fort, ce qu'ils n'avaient pas vraiment intérêt à faire, elle ne les aurait pas entendus. Durant quelques minutes à vrai dire, elle se sentit seule et paisible. D'apparence, elle ne changeait pourtant pas. Ses sourcils étaient constamment froncés, lorsqu'elle était dans ce monde. Les occasions d'être seule étaient si rares qu'elle subissait sa propre anxiété à longueur de journée. Mais à nouveau en y pensant... elle se plaignait, et elle se reprit, essayant de profiter de cet instant, se levant de son lit et se préparant dans le plus grand silence, désireuse de ne pas réveiller les occupants des tentes voisines, pour que quelques instants encore elle ait cette sensation d'être derrière des murs de pierre et non de toiles.


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le Jeu 4 Déc 2014 - 15:12
Un dernier soupir et elle sortit. Il était alors six heures. Elle n'attendrait pas le chant du coq pour voir les premiers brigands se lever... car un chant rituel bien moins agréable retentissait déjà.
Armée de deux casseroles trouvées là, elle fit un vacarme invraisemblable en les frappant l'une contre l'autre et en marchant à travers tout le campement rebelle.


" Réveillez-vous ! Je veux tout le monde devant la tente principale dans quinze minutes ! "

Tout en marchant, elle tenta de distinguer dans son tintamarre les voix des brigands provenant des différentes tentes. A part la sienne, celle de Robin et de Marianne et enfin celle du shérif, tous les rebelles partageaient leur luxueux palace avec d'autres de leurs confrères... ce qui permettait entre autres qu'aucun ne puisse prétendre ne pas avoir entendu le réveil.

" Ca vous laisse cinq minutes pour lever votre popotin en maudissant mon nom... "

Sans hésiter, elle entra dans une des grandes tentes où somnolaient une trentaine de brigands, et continuant son brouhaha, elle cria avec le même ton agaçant :

" Cinq minutes pour vous équipier en maudissant le jour où vous avez décidé de rejoindre nos troupes... "

Elle sortit de la tente, mit les deux casseroles sur une souche et cria encore un peu plus fort, se dirigeant vers la place où le cuisiner distribuait la pitance de chaque homme.

" Et cinq minutes pour engloutir votre repas en priant Dieu pour survivre à l'entrainement d'aujourd'hui que j'ai réfléchi afin que la moitié d'entre vous soit découragée par la vie. Je vous attends déjà. "

Quinze minutes plus tard, elle les retrouva plus ou moins tous. Non à vrai dire, il n'y avait pas la moitié du tiers des brigands attendus. C'est dans le silence et le stoïcisme qu'elle les attendit, tandis que les troupes déjà présentes commentaient leur nuit, leur matin, et autant de choses possibles pourvu qu'ils puissent discuter longtemps.
Ce n'est que six minutes après la minute M qu'elle eut le semblant de la totalité des soldats. Ils se turent... relativement vite, mais pas assez, bien entendu, pour qu'elle puisse enfin parler.
Il est important de préciser que devant elle se trouvaient le corps quasiment entier de l'armée des brigands. C'était... d'abord pour cette tâche qu'elle était là : Entraîner les troupes. Pour la plupart d'entre eux, il n'y avait jamais eu de problèmes à se faire. Deux cents étaient d'anciens hommes de l'armée royale, ayant rejoint plus ou moins tard les brigands. Ils n'étaient pas d'excellents combattants mais étaient des soldats corrects.
Cinquante de ces têtes étaient des brigands aguerris, étant depuis fort longtemps hors-la-loi, très à l'aise dans les bois et fort capables avec un arc.
Mais finalement, cent hommes étaient jadis des paysans, artisans, forgerons, meuniers... A ceux-là, elle dut tout apprendre et ils étaient encore loin d'être au point.

Elle les entraînait toujours plus durement depuis des mois, mais depuis quelques semaines, c'était devenu tout à fait extrême. Chaque matin, cinq heures d'entrainement intensif les attendaient.
Et chaque matin, elle leur faisait un petit discours.


" De toute ma vie, il m'a été donné de voir des bataillons en tout genre. J'ai vu une centaine de gardes parader avec une telle minutie que j'en ai été émue... J'ai moi-même entraîné des hommes qui sont devenus de véritables champions. Mais jamais je n'avais vu pire armée que celle du Prince Jean. "

Les hommes rirent franchement en se regardant et en... donnant des frappes viriles de toutes les couleurs à leurs voisins pour partager cet agréable moment. Ce n'était pas l'effet escompté mais elle avait parlé sans compter sur cette coûtume qu'avaient les gens d'ici de se moquer du Prince Jean à longueur de journée. Cela pouvait alimenter leurs discussions des heures durant. A croire que sa mort les peinerait davantage que de le savoir en vie.

" Ils sont mauvais tireurs, mauvais combattants... Ils ne connaissent pas le sens du mot cohésion, et cela, l'incident d'hier nous le prouve encore.  Quand je les ai moi-même combattus à maintes reprises, je me suis dit... que vous aviez vraiment de la chance. "

Elle fronça les sourcils en balayant les troupes de son regard.

" Car si au lieu de ces ruffians, vous aviez trouvé face à vous une cinquantaine d'enfants à qui l'on avait appris à tirer au lance-pierres, vous seriez déjà morts et enterrés tant vous êtes navrants. "

Ils se turent. Peu parurent impressionnés, pensant évidemment qu'elle tentait de toucher leur égo.

" J'ai annulé la messe de ce matin. Que le Frère Tuck me pardonne mais je n'ai pas eu le choix. J'aurais eu trop honte de vous désigner à notre Seigneur et de le prier de vous aider. Si je l'avais fait, j'aurais été certaine d'être humiliée par Saint-Pierre lui-même qui, pour me punir, m'aurait rappelée devant les portes du paradis ô combien Dieu a perdu son temps avec vous !  A vrai dire je suis persuadée que tous vos actes n'existent que pour me rendre folle. Individuellement vous êtes bons mais vous êtes une armée déplorable. "

Elle commença à marcher en dessinant de grands cercles devant les quelques centaines d'hommes, l'air songeuse. Aujourd'hui elle faisait fort... mais c'était, ici comme au chateau de la lumière, un point sur lequel elle n'était obligée d'écouter personne. Entraîner les hommes... c'était son rôle, pas celui du Shérif ou de Robin.

" A se demander ce qui ne va pas... La cohésion ? Impossible. Vous buvez et fêtez votre camaraderie chaque soir jusqu'à la dernière heure. Je n'ai jamais vu armée plus dégoulinante d'amitié que celle-ci. Alors est-ce un problème d'entrainement ? Non ceci voudrait dire que le soucis vient de moi, or vous n'oseriez pas le prétendre. Alors il reste la motivation... Est-ce ça ? "

Elle s'arrêta un instant, le visage neutre, et fixa quelques hommes sans réellement attendre de réponse. Ces hommes étaient là pour leur vie mais encore davantage pour leur famille et leur liberté. Plus noble cause n'existait que dans les livres.

" Bien sûr que non. Ce qui vous manque sont ces deux mots : discipline et concentration. Vous ne vous fixez aucune règle, vous n'avez aucun respect, vous n'obéissez pas aux ordres.  Donc... en ce bon matin, je vais si durement vous traîter que vous déciderez à raison de me haïr mais aussi de m'obéir. Quand vous aurez compris que je suis là pour vous entraîner et non pour devenir votre bonne amie, peut-être arriverons-nous à quelque chose. Bien, sur ce, je vous annonce qu'aujourd'hui à midi, nous nous arrêterons un peu plus tôt pour assister à l'exécution du shérif de Nothingham. En somme, nous aurons un peu moins de temps. A vous de redoubler d'efforts pour être au moins autant éreinté qu'en temps normal à  la fin de cette matinée. "

Elle divisa aussitôt l'armée en quatre groupes, cela à contre-coeur. Dame Ravness devait être réaliste, elle ne pouvait gérer trois centaines d'hommes en même temps. A vrai dire, dans le chateau, elle faisait ses entraînements à des groupes de trente maximum. Ici c'était plus difficile. Les brigands étaient deux fois plus nombreux que ses gardes et deux fois moins disciplinés. En contre-partie, elle bénéficiait de plus de temps et plus d'espace. La forêt toute entière était à eux, pourvu qu'ils se déplacent un peu.  

Les trois autres groupes étaient menés par trois hommes plus expérimentés de l'armée, qui pouvaient rivaliser sans problème avec quelques officiers de la lumière. Quant à Robin, Petit Jean, Will et quelques autres, ils participaient aussi mais... en tant qu'entraîneur à atelier. Ils restaient à leur stand dans lesquels ils pouvaient entraîner les hommes plus spécifiquement. Robin ne s'occupait que de l'enseignement de l'arc et de l'arbalète, par exemple.

Quoi qu'il en soit, c'était un système qui ne lui allait guère. Elle était bien forcée de faire avec ce qu'elle avait, mais les faiblesses de cet entrainement étaient plus que flagrantes... à commencer par les trois autres chefs de groupes. La seule solution qu'elle avait trouvée pour remédier à cela était de faire venir cinq de ses gardes de la lumière pour qu'ils l'aident à gérer l'entrainement des troupes rebelles. Qui plus est, cela ferait un excellent entrainement aux trois élus. Avec cela, Ravness pourrait... diviser l'armée en six groupes  dont trois s'entraîneraient le matin, et trois l'après-midi.


" Bien. On va commencer par de l'endurance. Je cours fort lentement, comme certains le savent... néanmoins interdiction de me dépasser. J'impose le rythme. Pas de pause, pas de marche. Gardez vos armes avec vous, nous allons dans la forêt. "

Ils commencèrent à courir aussitôt. La vitesse faisait partie des nombreuses faiblesses de la garde. Elle avait des jambes fort courtes et une foulée que des experts auraient sans doute grandement critiquée... malgré ça, elle pouvait tenir la même vitesse durant des heures sans jamais se reposer, de son endurance exceptionnelle... Et comme elle se donnait quasiment toujours à fond en courant pour en arriver à cette vitesse ridicule, elle était relativement constante.

Les hommes derrière elle trouveraient sans doute cet exercice des plus simples, bien qu'il promettait d'être long. Et pourtant, si elle avait retenu une chose de son père, c'était bien celle-là : La course à pied est le plus utile des sports. Il travaille l'endurance plus que tout autre, pousse à bout n'importe qui le pratique assez longtemps et muscle de nombreuses parties du corps. On n'en fait jamais trop.
Assez fort et tout en courant, elle s'exprima, alors que sa troupe et elle entrèrent plus profondément dans la forêt.


" Bon... Nous sommes certes en gros comité mais je vous demanderai de voir cet exercice comme étant individuel. Si ça peut vous aider, imaginez que vous êtes seul en pleine nuit et que vous approchez de la lisière la plus proche de Nothingham pour rejoindre votre groupe. La moindre brindille que vous piétinez peut vous condamner à être repéré par les gardes du régent. Vous ne devez pas parler. La plupart d'entre vous n'a pas d'armure. Tirez-en parti, ayez le pas le plus léger possible. Tout ce que je dois entendre, c'est le tintement de mon armure. Votre discrétion sera facilement trois fois plus importante que votre rapidité. "

Ils continuèrent ainsi sans ralentir. Ils firent des efforts, ou en tout cas essayèrent. A vrai dire, l'important était davantage qu'ils y pensent. De la même façon, chacun devait être indépendant sur sa consommation d'eau, aussi bien sur le moment opportun pour boire que sur la quantité à liquider. La ration avait été prévue pour être à peine suffisante... Pour tout dire, c'était pour renforcer l'immersion qu'elle avait ordonné cela, car elle n'avait aucun doute sur la capacité des gens du coin à trouver des points d'eau dans la forêt de sherwood en temps normal. Les mettre sous pression, c'était son seul but.

" Ok, c'est mieux. Nouvelle consigne, à présent... Vous devez tous trouver dans votre champ de vision un animal chacun, excepté les insectes. Lorsque vous l'aurez trouvé, vous me le situerez. "

Il fallut... une vingtaine de secondes avant que le premier animal soit cité. Elle tourna la tête vers la direction désignée et acquiesça brièvement. Leur rythme ne décèlerait pas, c'était important pour l'exercice. Toutefois, elle dut régulièrement leur rappeler d'avoir le pas plus léger, quand bien même ils continuaient pour la plupart à faire attention à leur discrétion, cela juste pour que courir le plus doucement possible devienne un réflexe.
Au bout de quelques minutes, une dizaines d'animaux furent trouvés, mais elle n'arrêta pas encore l'exercice.
Comme cela, il paraissait affreusement bête... mais elle l'avait suffisamment réfléchi pour qu'il améliore la concentration de ses hommes. Un brigand dans sa forêt doit constamment être aux aguets. Si une ombre apparaît dans le périmètre, elle doit être vue. Prendre l'habitude de chercher une présence autour de soi dans un lieu où le champ de vision est aussi jalonné d'obstacles leur servirait sûrement.
Qui plus est, le simple fait qu'ils courent en étant aussi nombreux les rendait de toutes façons très bruyants. Les animaux ne pouvaient qu'avoir fui bien avant l'arrivée des brigands, rendant l'exercice beaucoup plus difficile qu'il semblerait.


" Nous y sommes. N'arrêtez pas de courir trop brusquement, ralentissez progressivement. "

Devant cette grande troupe se dressait à présent six grands troncs en bois d'une dizaine de mètres de hauteur, dénués de toute écorce, mais plantés dans le sol tels d'imposants poteaux. Sur les troncs étaient fixées de solides branches plus ou moins longues sur toute sa hauteur. Les troncs étaient en ligne, avec un intervalle d'un mètre entre chacun d'eux, que les branches comblaient presque, de sorte qu'il était très faisable de passer d'un arbre à un autre d'une grande enjambée ou d'un saut plus risqué.
Sur le sol, dans les intervalles entres les poteaux, avaient été placés quelques bottes de paille.


" L'exercice n'est pas simple. Vous devez monter au sommet d'un de ces faux arbres. Une fois là-haut, vous aurez à rejoindre un arbre voisin de la façon qui vous semblera la plus adéquate, et vous devrez finalement redescendre. C'est un exercice obligatoire. Les meilleurs brigands l'accomplissent en une quarantaine de secondes. Si vous le faisiez en soixante secondes, vous pourriez être contents de vous. En attendant, je vous laisse trois minutes comme c'est votre première fois. Comptez pour moi. "

Elle s'avança vers l'arbre pour ouvrir l'exercice. D'un petit saut, elle attrapa une branche à un peu moins de deux mètres de hauteur, et sans vraiment de grâce, elle resta à bout de bras hissée à celui-ci quelques petites secondes avant de se balancer et de poser pieds sur le troncs... tirant sur ses bras et gagnant quelques centimètres grâce à ses jambes, elle put bientôt enrouler ses jambes autour de la branche visée et s'asseoir enfin dessus. Elle se leva en s'aidant d'une branche qui arrivait à son buste et tout en posant son autre main sur le tronc rugueux, elle mit un pied sur la deuxième branche et d'une impulsion, s'y trouva debout. Prudemment elle escalada l'arbre en armure, se servant de toutes les prises pour progresser...  
Lorsqu'elle fut arrivée au sommet, elle s'étonna elle-même. Il y a encore de cela un an, elle était incapable d'escalader une grille de trois mètres... à présent, elle avait les gestes assez sûrs pour l'emmener au sommet des arbres. Elle avait progressé. Sherwood l'avait forcée à s'adapter... La Commandante Ravness qui avait tout d'un roc, de sa solidité à sa souplesse, avait laissé place à une Dame beaucoup plus dégourdie.
Ainsi elle se mit debout sur une branche et visa l'arbre en face d'elle... son objectif n'était pas loin mais les prises possibles étaient peu nombreuses. En somme, dès qu'elle arriverait à saisir quelque chose, elle devrait s'y tenir, qu'importent les chocs.

Sans perdre plus de temps, elle fit un petit bond vers une branche... Ses mains s'y aggripèrent avec force alors que son corps fut balancé, encore dans l'élan du saut, et s'écrasa contre le tronc. Elle fut surprise un instant mais n'eut pas mal... L'armure avait tout pris. A partir de là, ce fut plus facile. Ravness tira sur ses bras, fléchit les jambes et les enroula autour d'une branche qui lui faisait face alors qu'elle était suspendue à la plus haute branche. Là-dessus, elle lâcha juste la première branche et se laissa porter par ses jambes... Cela pouvait paraître impressionnant mais ce n'était qu'une affaire de confiance. Pourvu que les jambes puissent supporter son poids, ce qui était évidemment le cas , elle pouvait tenir quelques secondes la tête en bas.

Tenue par les jambes à la branche, elle écarta simplement ses genoux l'un de l'autre et se redressa le plus possible, de façon à attraper la branche, mettant ses mains entre ses deux cuisses... Bon et... elle fut bien entendu dans une position à la fois délicate et ridicule. En théorie ça avait l'air facile mais elle se rendit compte que son plan était fort ambitieux. Elle n'avait que trois choix : Soit elle lâchait prise de ses jambes, ce qui était impossible vu qu'elle n'était tout de même pas assez souple... soit elle tirait sur ses bras, se hissait jusqu'à la branche et se laissait basculer en avant, performance plutôt ambitieuse mais qui était ironiquement la seule dans ses capacités, ou finalement relâcher les bras et chercher une autre solution la tête en bas.
Quoi qu'il en soit, il ne lui restait pas beaucoup de temps. Elle se hissa donc et... bascula. Elle crut lâcher, non pas à cause du choc mais trop surprise par son propre mouvement.

Elle soupira longuement et jeta un regard en bas. Certains hommes grimpaient déjà sur des arbres différents mais d'autres la regardaient faire. Certes, elle était lente mais pour l'instant, elle était satisfaite d'elle-même.
Ravness descendit encore quelques branches avant de sauter de l'arbre lorsqu'elle fut à quatre mètres de hauteur.


" Combien ai-je pris de temps ? "

" Deux minutes et vingt secondes. "

Elle acquiesça. C'était un score dont elle restait fière, mais elle ne laisserait aucun des brigands se limiter à cela. Eux devaient être meilleurs qu'elle, puisqu'en y pensant, elle n'avait aucune utilité à se trouver dans les arbres... Certes ce n'était pas la seule. Jamais un homme-hippopotame n'avait sa place perché au sommet d'un chêne.

" Excusez-moi ? "

Elle soupira aussitôt. Cela devait arriver au moins une fois. Elle tourna son visage vers sa droite et leva les yeux pour fixer un homme-tortue au visage doux et craintif.

" Oui, soldat ? "

" Je regrette mais j'ai le vertige. Puis-je être dispensé de cet exercice ? "

" ... Pourquoi seriez-vous dispensé ? "

" Car j'ai le vertige, Dame Ravness. "

" Ah... non désolé, vous montez. "

Il parût s'agiter. Elle savait bien entendu qu'il n'allait pas se contenter de cette réponse, néanmoins elle détourna ses yeux du brigand et les leva sur les faux-arbres où grimpaient les autres gars.

" Dame Ravness, je suis infiniment désolé mais je n'y arriverai pas. "

" Pourquoi cela ? ", répondit-elle sans plus accorder un regard à la tortue, se contentant de froncer les sourcils en suivant des yeux un homme-rhinocéros qui semblait décidément trop lourd pour la branche qu'il négociait. " Vous avez deux bras, deux jambes et la peur au ventre. Il ne vous faut rien de plus. Allez maintenant, montez. Quand vous serez redescendu, vous serez fier de vous. "

" Comment ma peur de la hauteur pourrait m'aider à escalader un arbre ?! "

" C'est impossible, en effet. ", répliqua-t-elle froidement avant de se retourner dans sa direction. " Quel genre de peur pourrait donc vous y pousser, dans ce cas ? "

" Je... je ne sais pas, Dame Ravness. "

" Non non non... surtout ne faîtes pas l'idiot, vous risquez de me mettre en colère. Répondez. Je vous ai demandé quelle peur pourrait vous pousser à monter au sommet de cet arbre. ", répondit-elle avec une voix plus forte, plus sévère.

" La... la peur d'un ennemi ? "

" Oui... Une plus grande peur, en fait. Vous ne pouvez donc pas vous imaginer que vous êtes en ce moment-même poursuivi par un ennemi, pour ainsi combattre votre peur et monter sur cet arbre ? "

" Je... "

" Grimpez. " dit-elle plus calmement en hochant la tête. " C'est un ordre. "

Elle avait au moins réussi à le faire s'approcher du tronc... Et il lui fallut un certain temps mais il réussit à se hisser à la première branche, ainsi qu'à la deuxième. A cet instant, il posa une main sur une troisième prise et s'immobilisa quelques secondes...

" Lancez-vous. Celle-là est facile. "

Il acquiesça lentement mais... il regardait davantage le sol que son objectif. Elle le laissa hésiter une minute supplémentaire avant de s'exprimer en parlant plus fort que nécessaire.

" Vous êtes à un mètre quatre-vingt du sol, soldat... Si vous tombiez, vous ne vous feriez pas mal. "

" Je... j'y arrive pas. "

" Si un ennemi vous poursuit, là en ce moment, il peut vous atteindre sans difficulté. "

" Oui mais je n'y parviens pas ! "

Sa voix se faisait plus obligée. Soit, elle s'approcha, se mit sur la pointe des pieds et mit sa main autour de son pied.

" Un ennemi de ma taille saurait vous tirer par le pied... Vous avez l'impression d'être en sécurité ? "

" Non mais... "

" Grimpez. "

" Je... j'peux pas. "

Brusquement elle renforça sa prise sur son pied et tira violemment la tortue qui s'écrasa au sol, à ses pieds. Il n'en fallut pas plus pour attirer l'attention de tous les brigands.

" Tu ne parviens toujours pas à imaginer qu'un ennemi va s'en prendre à toi ?! "

Il parût aussi choqué qu'effrayé. Elle avait l'impression de s'en prendre à un enfant... Il se releva comme il put et s'approcha de l'arbre sans rien dire. La main de Ravness saisit aussitôt la carapace de l'homme-tortue, juste derrière sa nuque. Elle tira violemment et fit tomber l'hybride sur le dos. Ravness s'avança alors vers lui, d'une main s'agrippa au plastron de la tortue, au niveau de la gorge, et de l'autre asséna un rude coup de poing à la mâchoire du reptile.

" Dame Ravness, qu'est-ce que vous faîtes ?! "

" Continuez l'exercice ! "

La jeune femme frappa une nouvelle fois la tortue d'un revers de sa main sur la joue avant de le regarder quelques secondes sans plus bouger. Elle eut la nette impression qu'il allait pleurer et... non ça ne lui faisait pas du tout plaisir. Elle n'était pas cruelle, tout cela était nécessaire... La seule différence, c'est qu'elle n'allait que très rarement aussi loin.

" Arrêtez ! "

" C'est ce que tu diras à Kefka !? "

Elle se redressa tout en tirant sur le plastron de l'hybride une nouvelle fois, le forçant à se relever.

" Quand vous serez devant Kefka, là vous aurez peur. Vos camarades seront pour la plupart morts à vos côtés, vous n'aurez qu'une envie : vous prosterner à ses pieds et implorer son pardon ! Mais si vous le faîtes, vous serez des lâches ! Et quand toi tu me dis que tu as peur d'un arbre de dix mètres alors que c'est la vie de tous tes camarades qui est en jeu... "

Nul besoin de continuer. S'ils n'étaient pas capables d'affronter leurs plus insignifiantes peurs, ils ne pouvaient prétendre pouvoir affronter Kefka.

" Ce n'est pas une question de capacité, tout est dans la volonté ! Je vais te donner un avant-goût de ce que tu ressentiras devant le régent. "

Elle poussa une nouvelle fois la tortue, sur le côté cette fois. L'homme s'écrasa et commença à ramper à terre vers ses camarades, paniqué.

" Relève-toi ! "

Lentement, Ravness le suivit, s'approchant à petits pas, attendant qu'il se remette sur ses jambes. Quand il fut enfin sur pattes, elle le poussa une nouvelle fois, plus fort, le laissant s'écraser sur son ventre dans l'herbe...

" Je t'ai dit de te relever ! "

Là, il y était... cette peur tétanisante, il l'avait sur son visage. Cet arbre ne devait plus représenter le moindre danger à ses yeux, mais encore aurait-il fallu qu'il soit à même de bouger. Ravness devait aller encore plus loin, jusqu'à l'instant où fuir est la seule option. Elle attrapa sa carapace de ses deux mains et l'aida à se relever avant de le pousser une nouvelle fois.

" Tu vas m'obéir ?! "

Elle hurlait, paraissait plus furieuse qu'un ciel orageux.
Cette fois-ci, il n'osa plus se relever... et il rentra chacun de ses membres à l'intérieur de sa coquille.


" Ca c'est un instinct de survie... C'est presque bien. ", dit-elle en tendant sa main vers le brigand le plus proche. " Toi, donne-moi ton poignard. "

" Qu... quoi ?! Mon poignard ? Vous êtes folle ? "

Elle n'eut le temps de répondre. La tortue sortit de sa forteresse en hurlant

" Non ! Ca va ! ". Et se relevant péniblement, elle se dirigea vers un des arbres sous les yeux d'une Ravness immobile. Et il monta, lentement, mais qu'importe. Il avait trouvé la peur suffisante pour combattre toutes ses autres peurs... et sans doute la détesterait-il le reste de sa vie, mais tant pis, cela valut le coup.

Huit minutes plus tard, il fut descendu... et tomba aussitôt à genoux, éreinté par l'émotion plus que par son escalade. Le visage de la garde était redevenu neutre, et sa voix semblait dénué de tous souvenirs de colère.

Elle commenta à peine les autres performances. Pourvu qu'ils fassent moins que le temps imparti, elle ne critiquait pas la manière... Si quelqu'un avait descendu le deuxième arbre en dégringolant, pourvu qu'il l'ait fait discrètement, elle aurait toléré la technique.


Dernière édition par Dame Ravness le Jeu 4 Déc 2014 - 15:23, édité 3 fois

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le Jeu 4 Déc 2014 - 15:12
" A présent nous allons courir une petite demi-heure, le temps d'arriver au stand de Robin. Gardez le silence. "

Ils avaient déjà perdu dix minutes avec les quelques complications, cependant Ravness ne regrettait rien. Elle avait montré à quatre-vingt hommes que ne pas obéir à ses ordres était proscrit, et davantage qu'ils devaient avoir peur d'elle autant que de Kefka.
Ils reprirent donc la course. La pause avait été longue pour la plupart, aussi aucun d'entre eux ne semblait déjà à bout de souffle. Pour sa quiétude, durant cette demi-heure, les troupes furent plus silencieuses que le vent... Sans doute devaient-ils tous être tourmentés par leurs ressentiments envers elle. Elle ne pouvait les en blâmer, au contraire. C'était une bonne chose... et être l'ennemi public numéro un à l'instar de Kefka ne la dérangeait pas outre mesure. Elle n'avait cure d'être aimée.

Ils rentrèrent dans le campement, mais sans s'arrêter, le traversèrent jusqu'à atteindre le stand de tir de Robin... encerclé de barrières en bois. La structure était fort simple... Des cibles étaient disposées l'une à côté de l'autre et de plus ou moins loin les archers devaient tirer. Plus loin, il y avait aussi un parcours de tir à faire en cavalier, mais ce n'était guère dans le programme d'aujourd'hui.

Elle laissa les hommes s'approcher de Robin tandis qu'elle resta tout de même fort loin, ici davantage présente pour s'assurer qu'ils ne se prélassent pas que pour les entraîner. Non pour les armes à distance, elle n'avait pour ainsi dire aucun talent. Ravness traîna donc autour du stand, rappelant à l'ordre certains brigands...


" Ne restez pas à rien faire, vous deux ! "

" C'est-à-dire qu'on n'a vraiment rien à faire ! Y a qu'une quinzaine de cibles alors qu'on est plus de cinquante, ma Dame. "

" Et bien... pourquoi ne pas vous entraîner sur les arbres, vous pourriez vous trouver une cible et tenter de l'att...

" Impossible. Robin nous a défendus de nous servir des arbres comme des cibles. Ca bousille trop souvent la pointe de la flèche, et on n'en a pas assez pour les gaspiller. "

" Ah... et bien dans ce cas... "

Elle s'écarta un peu du duo et d'une voix plus forte s'adressa à tous :

" Tous ceux qui attendent leur tour pour le stand de tir... trouvez-vous un adversaire. Exercices de selfdéfense. "

Quelques minutes plus tard, deux par deux, ils la regardèrent. Elle faisait face à l'homme-rhinocéros qu'elle avait repéré plus tôt, maladroitement perché sur les faux-arbres. Certains rires fusèrent, sans doute dus au contraste tout à fait voulu qu'ils affichaient... Une petite courte-sur-pattes face à un mastodonte naturellement surarmé.

" Bien. Pour rappel... Les quatre ennemis les plus communs de l'armée royale sont... les hallebardiers ou tout autres manieurs d'armes d'hast, les archers, les soldats d'infanterie légère et enfin les arbalétriers. Ces derniers ont quitté Nothingham hier... Quand bien même, ici on ne va voir que les combats à mains nues contre l'infanterie légère et l'infanterie lourde.  "

Ravness se mit en garde, légèrement voutée, tête un peu baissée, les deux mains devant son corps...

" Commençons par le hallebardier. Comme vous le savez, ils sont quasiment tous des rhinocéros, des hippopotames ou... pires encore, des éléphants. Quand vous les verrez s'approcher, vous paniquerez sûrement. Si vous n'avez que vos poings, vous serez en très mauvaise posture... Ils ont une arme de moyenne à longue portée, portent une armure et ils sont plus costauds que nous au combat rapproché. Son armure couvre... son thorax, son abdomen ainsi que ses hanches. Sa peau est, grâce à sa nature, plus dure que la votre. Les rhinocéros, comme dans mon exemple, ont en plus une corne qui malheureusement leur sert. "

Elle murmura un mot au rhinocéros qui dégaina sa hallebarde et se mit en garde. Ils se regardèrent ainsi en restant immobiles.

" Leurs points faibles sont... leur gorge, leur entre-jambe, leurs genoux mais surtout leur champ de vision. Si vous vous approchez suffisamment... "

Ravness fit un pas en avant, agitant légèrement ses bras devant elle. Le rhinocéros tenta de la repousser d'un coup de hallebarde qu'elle dévia en bloquant en premier lieu la trajectoire de la hallebarde de son poignet, au niveau de la hampe. Elle se rapprocha vivement et resta immobile devant le rhinocéros, à quelques centimètres de lui.

" Sa vue est truffée d'angles morts. J'exagère un peu mais en somme, s'il se tient droit, menton haut, il ne voit rien de ce qui se passe sous son nez à un mètre de lui. C'est à cet instant précis que vous devez frapper le plus fort. Dans quelques secondes, il va baisser la tête et vous combattra tête au niveau des épaules, ce qui rendra toute attaque au niveau de la gorge vaine. "

Son poing le plus proche du rhinocéros singea une frappe sur la gorge du rhinocéros. Elle recula ensuite à distance respectable, se remettant en garde.

" Revenons un peu en arrière... Le véritable moment décisif de votre combat face à un lancier, un piquier ou un hallebardier sera toujours le premier coup.  Avec ou sans arme, vous devez dévier ou esquiver cette première attaque. Ce n'est pas la peine d'essayer de frapper avant lui... Alors, la hallebarde frappe d'estoc pour percer et de taille pour trancher. La difficulté pour son manieur, c'est sa posture pour une attaque ou une autre. Le plus souvent, pour une attaque d'estoc optimale, votre ennemi va tenir sa hallebarde évidemment à deux mains... sa première sur l’extrémité de la hampe et sa deuxième au milieu de celle-ci. Ainsi, son allonge est tout simplement démentielle... et la puissance de l'attaque pourra vous transpercer très facilement. S'il tient sa hallebarde plus haute, donc s'il la tient en puissance plus proche de son corps, il va frapper de taille puissamment. Savoir comment il allait frapper m'a permis d'esquiver le premier coup. "

Elle reproduit l'action précédente un peu plus lentement, tout en regardant les autres brigands.

" Comme ils tiennent leur arme d'hast à deux mains, qu'ils frappent très fort et qui plus est que l'énergie cinétique  est elle-même assez exceptionnelle, les hallebardiers souffrent d'un instant de vulnérabilité après une attaque qui se voulait ample. Bien, sur ce, quand vous êtes proche de lui, que vous l'avez frappé à un endroit vulnérable, vous devez le désarmer ou le faire basculer.  Là c'est toujours à vous de voir... mais un hallebardier, davantage s'il est lourd, va garder une jambe en avant lors et quelques secondes après son attaque. Sa jambe va être fléchie... "

Elle fit un signe au rhinocéros qui à côté d'elle fit une attaque tranchante dans le vide et posa une jambe fort en avant, perdant quelques centimètres...

" N'essayez pas de faire un croc-en-jambes... non à ce prix-là, si vous l'avez attaqué en étant un peu désaxé par rapport à lui, un bon coup de talon dans le genoux de cette jambe en avant devrait le déséquilibrer suffisamment. "

Ravness frappa le genoux fléchi du rhinocéros, suffisamment violemment pour que sa jambe s'affaisse. Sa cible se rattrapa sur la pelouse d'une main, ne tenant désormais sa hallebarde que de l'autre. Elle saisit alors la hampe de son ennemi, la fit pivoter simplement en tordant la main de son partenaire jusqu'à ce qu'il lâche prise avant de pointer le fer sur sa gorge.
Lui rendant son arme, elle l'aida à se relever...


" Il n'y a pas d'enchaînement à reproduire, tout dépendra de la situation... Mais si vous esquivez la première attaque, si elle est assez ample, vous aurez au moins l'occasion de vous rapprocher une fois et de frapper une zone sensible. Dans la guerre, il n'y a pas de beau combat... Frappez les parties intîmes si elles sont proches de vos poings ou de vos pieds. Pas de frappe circulaire, de grands coups visibles, non. L'infanterie lourde vous voit à peine si vous êtes juste en face d'elle. Frappez rapidement, puissamment et directement. Aussi... n'oubliez pas que vos jambes sont votre arme la plus efficace. Personnellement, quand je dois assommer quelqu'un, c'est toujours d'un coup de talon sur son visage... Visez un maximum le genou avec vos pieds, ainsi que l'entrejambes. Bien maintenant... face à un adversaire plus grand et plus fort que vous et qui n'a pas d'arme. "

Le rhinocéros lâcha sa hallebarde deux mètres plus loin et se mit en garde, ce qu'elle fit aussi.

" Dans nonante pourcents des cas, sa première attaque sera un direct droit. Partez sur l'idée que ce sera sa plus puissante frappe, qu'il vous faut l'esquiver. Je vous donne deux moyens très simples qui marchent contre n'importe qui. Premièrement, vous vous désaxez vers la gauche et vous déviez le coup adverse. "

Le rhinocéros s'exécuta, à vitesse et à puissance réelle. Sa main gauche glissa sur le poing adverse et le maintint sur sa trajectoire tandis qu'elle plongea ses membres supérieurs vers la gauche, les jambes immobiles, proches de celles du rhinocéros. Sa main droite n'attendit pas la fin de l'esquive pour se claquer sur la machoire de l'assaillant. Elle s'arrêta nette, restant fixe quelques secondes.

" Là vous avancez votre hanche extérieure, donc vous vous mettez de profil face à lui... vous êtes plus proche de son visage. Votre poing gauche peut lui asséner un uppercut sous son propre direct droit. "

Elle mima l'action au ralenti, faisant un pas gauche vers lui, glissant son bras sous le sien et frappant sa mâchoire une nouvelle fois, lentement cette fois...

" Il va reculer. Jusque-là, il n'aura pas eu mal... C'est là que vous avancez et que vous frappez à la gorge. Ensuite vous le finissez comme vous pouvez. Deuxième méthode, plus simple et un peu plus libre. "

Elle se rapprocha encore, descendant légèrement sa garde.

" Il frappe d'un direct droit... vous vous penchez en avant et tournez votre corps légèrement sur le côté, rentrez la tête et le menton le plus possible, haussez votre épaule gauche... et lancez tout votre poids sur son torse. C'est exactement comme un plaquage mais en moins téméraire.  "

Ils s'exécutèrent à reproduire l'exercice... Le direct est dévié par l'épaule, touche à peine son crâne, elle fonce tête en avant et de tout son corps atteint le plastron de l'adversaire. Elle resta renfrognée mais s'adressa à tous.

" Là, il a une armure... donc mon poids ne l'a pas atteint, néanmoins, il est tout de même déséquilibré et surtout sur le recul. Comme je suis fort voûtée, je peux très facilement le rouer de coups au niveau du ventre, mais à nouveau c'est inutile vu son armure... ou par contre frapper son entre-jambes plusieurs fois aussi bien avec poings que genoux, et il ne s'en relèvera pas. Je neµ vais pas rester comme ça très longtemps car il peut facilement me saisir, notamment par les cheveux ou la nuque. "

Elle se redressa finalement et se tourna vers les brigands...

" Entraînez-vous sur les deux derniers exercices... Quand vous en aurez assez fait, faîtes de la lutte entre vous. La prochaine fois que nous viendrons, il faudra que nous voyions beaucoup plus en détail les clés de bras. Vous verrez que l'infanterie légère tentera d'utiliser discrètement une dague cachée contre vous. Pour cela, ils sont peut-être les pires ennemis que vous puissiez affronter. "

La jeune femme les laissa essayer les différentes techniques qu'elle-même avait apprises de... à vrai dire elle n'en était pas sûre. Son instructeur lui avait bien sûr appris la lutte et le selfdéfense mais ces techniques en particulier... C'était peut-être en voyant d'autres personnes les pratiquer, s'imagina-t-elle.

" Dame Ravness ! ", cria la voix claire et chaleureuse de Robin. Elle lui adressa un simple regard interrogateur qu'il interpréta bien malgré la distance. " Venez essayer l'arc ! ", ajouta-t-il... Cela ne l'arrangeait pas. Ayant été dure avec l'homme-tortue parce qu'il ne voulait pas monter sur un arbre, elle ne pouvait se permettre de réchigner à faire certains exercices par caprice. Aussi avança-t-elle, obligée, vers le prince des voleurs qui lui tendit un arc.

" Je pense que je préférerais encore une arbalète. "

" Parfait ! Tenez ! Vous savez encocher un carreau ? "

Elle acquiesça simplement. Pour devenir garde, elle avait du apprendre le maniement de la plupart des armes courantes dans la Cité des rêves. L'arbalète et l'arc en faisaient partie à la différence que sa précision était... tout à fait embarassante. De nombreux hivers étaient passés depuis mais elle ne pouvait se prétendre meilleure qu'en raison de l'expérience de la guerre.

" Je ne sais pas si dans votre monde, l'on considère différemment les arbalétriers des archers mais ici, ils estiment que c'est le jour et la nuit ! "

" Ah oui ? "

Elle mit la crosse à son épaule et visa, respirant calmement...

" Oh vous savez... les chevaliers trouvent cette arme méprisable car utilisable par le premier venu. Enfin c'était comme ça il y a encore quelques années. "

" L'arc est à ce point complexe ? "

" Pour tout vous dire, j'ai toujours été doué à l'arc donc je l'ignore. "

" J'imagine. "

Elle appuya sur la gachette au bout de quelques secondes. Le carreau se planta dans l'herbe, non loin d'une des cibles.

" Oh rassurez-vous, ils réussissent rarement la première. "

" Je... fais surtout ça pour la forme. Réussir ou rater ne change rien au fait que je ne me battrai pas avec cette arme. "

Robin s'appuya sur son arc et soupira, tout en regardant la pose de la jeune femme.

" Dommage, ce serait une arme parfaite pour vous. Elle est puissante, précise et ne peut tirer qu'une fois... enfin vous me comprenez. Cela changerait à peine votre style de combat. "

" J'en ai une, pour tout vous dire. Je l'ai trouvée lors de la crémation... "

" Oh. "

Elle tira une nouvelle fois... et manqua sa cible, la flèche s'abattant au pied du mannequin.

" C'est déjà mieux. "

" Vous n'êtes pas censé donner des conseils ? ", dit Ravness avec un léger sourire et sous le ton de la plaisanterie.

" Oh si ! Pratiquez plus cette noble discipline ! "

Elle encocha un carreau à son arbalète avec un petit sourire aux lèvres, sans regarder Robin, tous les deux occupés à regarder les flèches et les cibles.

" Vous pourriez être bonne tireuse. "

Elle appuya sur la détente lorsqu'il finit sa phrase. Cette fois, la flèche se planta dans la cible... en un point fort éloigné du centre, mais il y avait un net progrès. Sans attendre elle rendit l'arbalète à Robin.

" Merci. "

Ravness retourna auprès de ses hommes, attendant la fin de l'exercice de Robin pour tout le monde. Sa présence ne suffisait pas à les rendre compétents, mais à défaut de parfois faire preuve de vivacité, ils se fatiguaient au moins autant qu'elle l'espérait. C'était l'avantage de la lutte... ils s'épuisaient à faire tomber leur adversaire mais n'étaient jamais blessés.
Après une petite heure, elle les arrêta et les invita à se relever. Sans dire quelle était leur nouvelle direction, Ravness partit en courant, suivie très vite par les dizaines de brigands déjà fort fatigués. Il devait leur rester deux bonnes heures, estima-t-elle... aussi les consacreraient-ils au profit de l'entrainement le plus primordial, tout en profitant d'un autre stand à proximité. A une quinzaine de minutes de là en pas de course se trouvait le stand de Will l'Ecarlate qui était indubitablement le meilleur épéiste de la bande de Robin. Elle l'avait vue à l'oeuvre lors d'un vulgaire entrainement et ne pouvait prétendre arriver à sa cheville. A le voir manier l'épée, elle aurait pu jurer qu'il avait appris à en connaître le moindre détail avant même de savoir marcher. Cela semblait pour lui... si naturel. Il était aussi connu pour être un redoutable lanceur de couteaux.

Le temps passa assez vite. Le soleil à présent haut dans le ciel réchauffait l'atmosphère et le temps passé rendait la perspective de la suite moins lourde pour les brigands. Ils se turent, ce qu'elle apprécia, durant le trajet. Elle devina que c'était davantage du à la fatigue qu'à leur simple obéissance, mais peu lui importait.

Quand ils arrivèrent au stand de Will, ils se mirent silencieusement en place. Certains rejoignirent des stands de lancer où étaient disposés quelques râteliers d'armes de petite facture, disposant de lances, de couteaux, de pierres et de fronde. Les autres, en attendant que des places se libèrent, se disposèrent une nouvelle fois deux par deux. Will, quant à lui, resta quelques temps auprès du stand avec les quelques volontaires.


" On va commencer par un exercice individuel. Regardez tous vers le nord et laissez un espace suffisamment grand entre chacun de vous. "

Ils se placèrent convenablement, bien qu'elle dut recadrer certains d'entre eux, avant de se dresser devant eux, dans une pose affirmée, les deux bras dans le dos, la tête haute, droite, mais marchant lentement devant leurs yeux.  

" Dégainez ! "

Ils s'exécutèrent, préparés à l'ordre... aussi bien les archers que les frondeur que les piquiers et le reste.

" Garde à vous ! "

Ce fut plus chaotique. Certains pointèrent leur arme vers le nord, d'autres semblaient prêts à attaquer. Bon à vrai dire, elle pouvait le comprendre. Pour la plupart, ils n'étaient que paysans ou brigands... le respect hiérarchique et la parade ne signifiaient rien à leurs yeux.

" D'accord... en garde ! "

Cette fois-ci, ils se mirent d'accord. Tous furent sous la défensive, dans une position plus ou moins réussie. Elle entra dans les rangs et corrigea quelques défauts dans la garde de certains des brigands. Les archers, pour la plupart, bandaient déjà la corde de leur arc et pointaient la pointe de leur flèche vers l'avant...

" Quel est le principe de la garde, soldats ? "

Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer entendre une seule et même réponse, prononcée à voix forte par des dizaines d'hommes, dans une harmonie puissante... au lieu de ça, elle eut peu de réponses tout à fait désordonnées, de telle sorte qu'aucune ne fut compréhensible. Pour finir elle décela dans le brouhaha ces quelques mots :

" Se préparer à l'attaque, oui c'est vrai... mais encore et surtout à la défense. C'est, comme vous le savez, votre position par défaut. L'idée est simple, vous êtes en cela prêt à agir. Les archers, arbalétriers et unités à distance peuvent-ils se mettre en garde ? "

" Non, Dame Ravness. En principe, c'est l'affaire de l'infanterie légère ou lourde, non celle de l'infanterie à distance.",dit un rhinocéros, ancien garde de la couronne.

" Cela paraît logique. L'archer peut difficilement être prêt à parer, à esquiver et à frapper au même moment.  Néanmoins les unités à distance doivent être prêtes, au même titre que les autres. Donc... dégainer son arme, c'est bien... encocher une flèche, c'est conseillé. De la même façon, Robin vous conseillerait sûrement de bander... légèrement votre arc. Regardez, si vous lâchiez prise, vous pourriez toucher un compagnon. "

Elle baissa l'arc d'un archer vers le sol et attendit qu'il débande son arme.

" Et vous devez rester mobiles, ou en tout cas prêts à bouger. Quand vous êtes en position de tir, vos pieds sont dans l'axe de votre flèche, vos jambes sont droites et votre corps est trop raide. Détendez tout... gardez votre arc bandé, oui, mais pas trop... et la flèche en direction du sol. Et surtout,  soyez prêts à courir. Le principe d'une garde, pour quelque combattant que ce soit, c'est qu'elle doit être relativement confortable. Or, bander la corde de son arc trop fort ou même... "

Elle se déplaça vers un lancier et baissa son bras...

" Hisser votre lance ou votre hallebarde au-dessus de votre tête vous fatiguera très vite. Gardez vos armes prêts du corps, fermez bien votre garde. Donc si vous tenez votre seule arme d'une main, gardez votre autre bras près du corps, ne soyez pas bras ballant. "

Ravness ajusta quelques autres positions avant de se diriger devant le groupe et de regarder l'ensemble.

" En position d'attaque ! "

Chacun fut cette fois correctement paré à l'attaque directe.

" Rengainez. "

Elle rentra une nouvelle fois dans les rangs mais cette fois-ci se positionna comme l'un d'entre eux... et cria :

" Chargez ! "

Elle courut avec eux vers le nord, où à une trentaine de mètres étaient disposés quelques ennemis en paille. Jetant de temps en temps un regard derrière son épaule, elle inspecta les troupes. Les archers étaient bien positionnés, gardaient l'oeil alerte... ceux qui étaient en position de se défendre durant la charge se protégeaient correctement. Elle vit devant de nombreux hommes quitter les rangs pour courir beaucoup plus vite, ainsi que d'autres se détachant des flancs pour négocier la trajectoire autrement. Ils dégainèrent leurs armes à des moments différents, alors qu'ils étaient assez proches de leur cible. D'un cri, elle les arrêta finalement et les invita à retourner à leur position initiale, tandis qu'elle commença à commenter la charge.

" Votre course est bonne, vos gestes sont corrects. Néanmoins vous avez dégainé vos armes trop tard, de manière à les avoir en main à l'instant de l'attaque. En théorie c'est bien, mais dans les faits, c'est risqué. Les imprévus, une simple maladresse, peuvent faire échouer votre tentative. En somme, c'est trop juste. Essayez d'avoir vos armes en main environ cinq secondes avant l'impact.  De plus... il est impératif que vous restiez dans le groupe. Ne vous détachez pas du reste de la charge. Que l'armée ne forme pas un rectangle parfaitement régulier lors de la course, on s'en moque... mais vous ne pouvez pas être seul en dehors de la charge. Donc... n'allez ni trop lentement ni trop vite. Être prudent affaiblira le groupe, être agressif vous exterminera. "

Elle s'immobilisa quelques secondes, jetant un regard derrière son épaule pour observer les quelques cibles de paille. Les rebelles auraient jusqu'à la fin la position d'attaquant. L'armée du régent serait sur la défensive, sur ses murailles... Aussi l'attaque devait être parfaite.

" Vous pourriez crier... Cela peut vous paraître bête mais... lors d'une charge sur des ennemis immobiles, un cri de rage commun a un effet tout à fait démesuré. Je vais vous dire... Une personne qui vous hurle dessus, vos sens l'interprètent déjà comme une agression. Alors une foule entière ?  Vous briserez les défenses avec la seule force de votre voix. Qui plus est, cela exhortera vos compagnons. Bien, à présent, formez des groupes de trois et répartissez-vous dans la plaine. "

Ravness ne s'occupa guère de la tournante du stand de Will, passa outre les quelques passages de soldats, et organisa son exercice, attendant pour cela que les groupes se forment.

" Dégainez vos armes. Comme je vous le disais ce matin, individuellement, vous êtes corrects. Face à des ennemis qui réussiraient à s'accorder quelques minutes, vous auriez par contre beaucoup de mal. L'exercice est simple mais extrêmement dangereux. Chacun à votre tour, vous allez affronter vos deux partenaires en même temps au corps à corps. Les unités à distance utiliseront leur épée courte ou autre arme à leur disposition. Les règles sont faciles : Votre but est de blesser, légèrement ou non, vos deux adversaires qui tenteront eux aussi de vous atteindre. Si vous les blessez tous les deux avant d'être touché, vous aurez réussi la leçon et pourrez vous consacrer à l'instruction de Will... Dans le cas contraire, les rôles seront inversés et le seront encore jusqu'à ce que vous ayez blessé vos deux adversaires. "

" ... C'est extrêmement barbare, vous êtes sûre ? "

" Certaine. "

" C'est une mauvaise idée, Dame Ravness ! Certains pourraient être grièvement blessés ! "

" C'est en effet le risque de la guerre. "

" Mais vous allez réussir à nous faire tuer ! "

" Croyez-en mon expérience... Aucun entrainement ne vous préparera mieux à la guerre que celui qui vous donnera le plus âpre avant-gout de la terreur qui vous attend. Il ne s'agit pas que de la peur de l'ennemi ou d'être blessé... Quand vous y serez, si vous n'avez pas déjà vécu ça, vous comprendrez ce que veut dire le désespoir. Voir un ami, un frère ou un compagnon d'arme mourir sans avoir pu combattre, après tant d'entrainement et de sacrifices... Ne pas pouvoir s'arrêter sur sa dépouille, l'aider à partir sereinement, prier pour son repos... La peur de voir un allié mourir, c'est cela qui commandera votre tête lors de la bataille. "

" Est-ce une raison pour prendre autant de risques ? Ne pouvez-vous pas compter sur nous pour assumer nos peurs lorsque l'heure viendra ? "

" Cet exercice vous inculquera trois leçons. Premièrement, vous apprendrez à vous battre sur deux fronts, à ne jamais ouvrir votre garde et cela même si vous êtes certain de tuer votre premier adversaire. Vous ne devez pas combattre pour tuer mais pour votre objectif. Se sacrifier pour occire un homme qui ne porterait pas du maquillage et un costume de clown, cela ne vaut pas le coup. Deuxièmement, vous combattrez de gré ou de force la peur la plus légitime de mourir, et cela en vous battant. En étant ainsi sous pression, si vous parvenez à agir en faisant fi de vos peurs, vous serez plus à même de supporter l'effroi d'un danger plus tard. Finalement, en devant combattre et blesser vos alliés, j'espère bien vous habituer à résister à l'envie d'abandonner en voyant vos alliés meurtris ou tombés. J'en ai assez dit. Combattez, à présent. "

Les plus vifs comprirent aussitôt. Si vraiment ils souhaitaient épargner à leurs compagnons des blessures trop graves, ils devaient tenter de réussir l'épreuve le plus vite possible, avant d'être eux-même touchés. Elle avait emporté assez de bandages pour momifier le bataillon entier, ce qui comblerait quelques temps au moins la présence d'un vrai médecin. Evidemment, elle connaissait les risques, oui. De tout coeur, Ravness espérait qu'aucun ne perdrait un bras ou pire... et pour cela, du mieux qu'elle le put, sans jamais détourner son attention, elle regarda les nombreux combats devant elle. Il y avait plus de vingt-cinq groupes à surveiller, soit beaucoup trop pour qu'elle puisse efficacement empêcher toute blessure grave, cela malgré sa force psychique.

En premier lieu, elle jeta un oeil sur les quelques gros gabarits de la rébellion... Les ours, les rhinocéros, les hippopotames étaient disposés à frapper plus forts que d'autres. Elle devait les surveiller, sans quoi involontairement ils pourraient trancher en deux un autre brigand.
Après cela, une attention toute particulière devait être portée sur les plus vaillants soldats. Ceux-là, elle ne pouvait les distinguer qu'à force d'observation...

Dans les trois premières minutes, quatre brigands réussirent à blesser leurs deux assaillants, et cela avec brio. Elle invita les vainqueurs à rester auprès d'elle et de soigner les autres rescapés à venir. Pour ceux qui avaient été blessés en deux contre un, la règle était simple puisqu'ils n'avaient qu'à se trouver, parmi les "vaincus", assez de compagnons pour reformer un groupe de trois et recommencer l'exercice jusqu'à la victoire de l'un d'entre eux, et ainsi de suite.

Un groupe se distingua, dans cette foule de batailles, puisqu'il comportait un homme-chat équipé d'une hache et d'une épée, un homme-hérisson portant une simple épée courte et finalement une femme-poule tenant dans ses mains un gourdin qui sembla bien lourd pour ses deux ailes... Chacun paraissait plus décidé que l'autre, rendant le spectacle plus qu'intéressant. Qui plus est, aucun n'avait véritablement une technique écrasant celle des autres. Quelques secondes, elle regarda la poule se démener face aux deux hommes, assénant à l'air quelques coups de gourdin téméraires, repoussant quelques secondes ses assaillants... Mais rapidement, elle fut blessée au bras d'un coup d'estoc du félin... Ce n'était qu'une blessure superficielle, heureusement.

Un autre combat la préoccupa davantage. Un ours... enfin, il devait s'agir d'un grizzli car il lui sembla plus gigantesque et terrifiant que tous les hommes-courses qu'elle avait croisés à Sherwood jusque-là... maniant avec talent un fléau d'armes à deux mains; Il ne dominait pas vraiment ses deux adversaires quand c'était à son tour de combattre en un contre deux, face à  d'une part un berger allemand armé d'une pique, et de l'autre un homme-lapin de moins d'un mètre tenant deux dagues. Néanmoins, elle n'osait pas imaginer les effets d'une attaque réussie de la part d'une telle arme contondante. Il n'y avait pas de demi-mesure pour cela... soit l'attaque échoue lamentablement, soit elle commet des dégâts létaux.

L'homme-lapin n'avait aucun mal à dominer ses adversaires, étant aussi agile que rapide, et difficile à toucher qui plus est. L'homme-chien n'avait pas trop de mal à lui asséner quelques violents coups de hampe ou de pieds pour le blesser le plus prudemment possible... néanmoins elle put deviner qu'avec un peu de chance, il sortirait vainqueur du un contre deux, à force d'esquive et d'attaques.

Mais ce fut finalement au grizzli d'affronter les deux hybrides. Le lapin crachait régulièrement du sang, donc il n'était que peu blessé, mais le chien avait reçu quelques coupures au niveau des jambes...
Ce fut ce dernier qui engagea le combat, tentant bien entendu d'atteindre le grizzli tant qu'il était encore loin de sa portée, de sa longue pique et d'un coup d'estoc. Ce dernier esquiva correctement, se rua sur ses deux ennemis et fit voler son fléau autour de lui, trop maladroitement toutefois... ses deux adversaires esquivèrent mais furent sans doute trop impressionnés et n'osèrent pas attaquer aussitôt. Une nouvelle fois l'ursidé tenta une attaque, mais l'échoua, le fléau s'abattant dans l'herbe et retournant celle-ci par la simple force du choc.
Le berger allemand frappa une nouvelle fois d'estoc, et eut toutes chances de réussir, sans compter les étonnants réflexes du grizzli. Ce dernier attrapa la hampe de l'arme d'hast d'une main... La suite fut trop rapide pour le piquier. Il tira violemment sur la hampe, força le brigand à se rapprocher et lui asséna un violent crochet à la mâchoire, l’assommant aussitôt.

Il se retourna alors vers le lapin. Ce dernier aurait eu, selon l'humble estimation de la garde, toutes ses chances face à son adversaire. Hélas, l'homme-ours était... plus grand, plus armé et bien sûr fichtrement plus terrifiant, venant à l'instant de mettre KO un bon combattant d'un seul coup de poing. Le lapin bougea, à la suite, beaucoup moins bien. Il parvint à esquiver la première et la deuxième attaque mais n'osa jamais attaquer. Lors de la troisième frappe du fléau, il parût évident pour Ravness qu'il ne pourrait esquiver. Vivement, elle pointa l'arme en mouvement d'une main, se concentrant aussi prestement qu'elle le put. La masse au bout de la chaîne d'acier s'immobilisa juste avant d'atteindre sa cible...


" D'accord, Gautier, vous avez réussi l'exercice. Venez par ici. "

Plus tard, elle put empêcher quelques blessures conséquentes mais bien entendu, moult plaies superficielles échappèrent, en toute logique, à son regard. Ce soir, ils reviendraient pour la plupart au camp plus escarpés que jamais. Elle ne comptait pas leur infliger une nouvelle fois cet exercice dorénavant... La leçon était assez percutante pour ne pas être répétée plus tard. Ravness voyait cet affrontement comme le plus intimidant des rites d'initiation...
Il y eut quelques blessés plus graves, ce dont elle ne se félicita pas, malgré son air neutre qui laissa penser qu'elle n'en avait cure. Elle ne put qu'ordonner les premiers soins et l'évacuation des quelques cas.  

Elle jeta un oeil sur le combat entre le hérisson, la poule et le chat, mais avec un timing un tout petit peu désaccordé, puisque l'affrontement venait de se finir. Le hérisson venait de remporter le combat, avec un tel étonnement que ce fut sûrement un coup du hasard. A croire qu'il avait trébuché et égratiné ses adversaire de ses poils piquants.

Bien entendu, la jeune femme arrêta l'exercice au bout d'un certain temps, alors qu'il restait aisément une quarantaine de brigands dans l'affrontement. D'une, parce que le temps manquait, et enfin car ces quelques dizaines de participants étaient trop blessés pour continuer sérieusement. Qui plus est, son but était accompli. Ils auraient à présent moins peur... et ils la détesteraient à tout jamais, sans doute.

Après avoir soigné les quelques blessures, ils repartirent au pas de course vers le campement. Elle ralentit toutefois son rythme, pour ne pas pousser à bout les quelques brigands... ce qui clôtura l'entrainement de son groupe.

Ils n'eurent pas le temps de souffler. Une foule se dessinait déjà aux alentours de la tente du shérif. Lorsqu'elle vit cela, la première chose qu'elle fit fut de ravaler sa salive et de soupirer avant de s'avancer vers le centre de l'attention. Malgré tout, elle ressentait un stress qu'elle ne pouvait ni expliquer, ni ignorer. Elle rejoignit la foule... quelques hommes la laissèrent passer devant eux, pour qu'elle puisse voir l'exécution, en raison de sa petite taille. Elle ne s'aventura guère plus loin, lorsqu'elle eut une certaine vue. Ils durent attendre quelques minutes avant que le shérif ne sorte de sa tente, un air dur au visage. Il se tut, tout d'abord, jusqu'à ce que du bruit se fasse entendre plus loin. Quatre brigands encerclaient le lévrier.

Toute la journée, elle avait pensé à ce moment. Et dans les nombreux scénarios qu'elle s'était imaginés, son prisonnier était maître de ses émotions, avançait d'un air arrogant et la regardait avec des yeux inquisiteurs.
Or, il paraissait ici absolument paniqué. Il regardait ses geôliers avec la terreur d'un gibier encerclé par des chasseurs. Il tenta de fuir, à plusieurs reprises, et ils durent s'y mettre à plusieurs pour le retenir.

Au final, il n'était qu'un homme comme les autres. Pourquoi s'était-elle imaginée qu'il agirait tel un sociopathe, comme on les décrit dans les vieilles histoires qui font peur, où leur seule raison est de sourire à la mort et de ne jamais partir sans avoir soufflé son haleine glacé sur les témoins ?
Il agissait tel un condamné à mort, avec plus de regrets dans les yeux qu'elle n'en eut jamais vu. Le lévrier restait un homme mauvais, elle le savait et le voyait. Combien d'insultes déversa-t-il sur les gardes, sur les brigands qui regardaient son supplice ? Quelle méchanceté épargna-t-il à la quête de liberté de cette compagnie ?

Malgré tout, elle détourna les regards de cet homme. Elle ne regrettait pas, non... Simplement, Ravness ressentait une pitié pour lui, une empathie telle qu'elle se crut capable d'annuler l'exécution d'un simple cri.
Et pourtant elle le détestait. A vrai dire, elle ne comprenait pas. Où était sa pitié lorsqu'elle tua les gitans sous les ordres de Frollo, jadis ? Qu'en était-il de sa compassion lorsqu'elle préféra la survie d'une communauté à celle de quelques enfants ? Sa vie avait été vouée à obéir aux ordres. De nombreuses fois elle avait tué des personnes qui ne le méritaient peut-être pas, car on le lui avait ordonné.
Qu'est-ce qui avait changé ?


" Slévin, dit le Lévrier, shérif de Nothingham, est coupable de trahison envers notre seul et légitime Roi Richard, d'outrages envers le peuple de Sherwood et complicité de meurtre. ", dit l'ex-shérif d'une voix sonore et sévère. Ravness releva son regard vers lui et fronça les sourcils, se forçant à chasser toutes ses pensées de sa tête... Elle devait être l'acier... Froide et impénétrable. " En raison des pouvoirs qui m'ont été conférés par les brigands et les rebelles, soutenu par le conseil de guerre, je condamne le Lévrier à mort par décapitation. "

Et elle comprit.
C'était elle qui avait exigé son exécution. Ils avaient été plusieurs à soutenir sa proposition, mais elle fut l'initiatrice de ce projet. De sang froid, elle avait jugé de la nécessité qu'un tel être soit supprimé...
Contre ces dizaines de fois où elle avait du tué pour garantir la paix, selon les ordres de ses supérieurs... une seule décision remettait toutes les choses en perspective.


" Slévin, le Frère Tuck va t'entendre, confesser tes crimes et te préparer à mourir. "

Un respect sinistre et religieux suivit cet instant. Les brigands assistèrent dans un silence austère aux moments que le lévrier partagea avec le Frère Tuck. Ravness, quant à elle, se jura de ne pas commettre le péché de juger la dévotion ou le manque de dévotion du condamné à mort, et d'offrir à l'homme la dignité dans la mort que tout homme méritait. Une vingtaine de minutes passa ainsi.
Le Lévrier se releva finalement. Elle ne crut pas qu'il était décidé à mourir, simplement qu'il s'était fait une raison.


" Slévin, as-tu une dernière volonté ? "

En premier lieu, il implora d'une voix faible la pitié de l'ours, ce que ce dernier refusa froidement en réitérant simplement la question. L'homme-chien baissa alors la tête quelques secondes, semblant marmonner quelques paroles nébuleuses et...

" Je veux que l'envoyée de la lumière s'en occupe. "

Elle se mordit la lèvre inférieure et détourna le regard quelques secondes, soudainement angoissée.

" De ton exécution ? "

" Ouais, c'est ça. "

Ravness sentit quelques regards posés sur elle, qui ne la dérangèrent pas tant que la peur qu'à travers la foule, le lévrier la distingue.

" Vous n'êtes pas obligée d'y aller, ma Dame. "

Elle tourna son visage vers l'origine de la voix. C'était Petit Jean qui la regardait avec un sourire sincère et cette façon de parler et de se comporter comme si la situation n'existait pas, comme s'il n'y avait que lui et son interlocutrice, dans ce monde... Avec une telle aisance. Rien ne semblait le gêner.

" Si. "

Bien sûr... elle devait le faire. Par simple pitié, elle devait devant Dieu accomplir la sentence qu'elle avait induite. La jeune femme n'aurait pas du douter... Si elle avait vraiment été pieuse, elle aurait accepté ses bons sentiments et accordé au Lévier une mort en paix. Elle devait être l'acier... froide et impénétrable.

Alors elle s'avança. La foule se fendit en deux devant elle, la laissant passer et la dévoilant au lévrier qui la regarda de manière familière comme si les dernières minutes eurent suffi à les rapprocher. Ravness s'arrêta alors à quelques mètres de lui et d'un visage sévère, se présenta.


" Tu vas le faire ? "

Elle ne dit rien et ne changea rien dans l'expression de son visage.

" J'étais sincère, sur tout ce que j'ai dit. Je t'ai...

Il s'interrompit, sans doute en voyant la jeune femme discrètement serrer les poings. Mais celle-ci regretta aussitôt et baissa légèrement le menton et les yeux sur les habits nobles mais salis du condamné.

" Je t'aime vraiment. "

Son regard se plongea sur le côté, posant son dévolu par hasard sur la souche d'un arbre dont elle devinait l'utilité future. " Moi pas. ", dit-elle sans cruauté.

" Je sais. "

Un silence se fit, oppressant. Le shérif avait assez de respect pour elle pour ne pas l'interrompre. Car si elle en avait eu assez, elle l'aurait fait savoir.

" Tu vas mourir comme ton compagnon... pour l'honneur, pour Alpha ou pour le régent ? "

" Non. "

Il s'approcha de la souche et se mit à genoux avant de ployer devant la foule, posant sa joue sur le bois... Un homme tendit une longue hache à Ravness qu'elle saisit sans un regard.

" Je vais mourir pour toi. "

Elle acquiesça, bien qu'il ne pût le voir.

" Et moi pour Dieu. Vois donc ta mort comme un sacrifice en son nom. "

Il sourit... ce rictus mauvais qu'elle l'avait vu porter en quelques occasions. Mais pourtant et cette fois, il ne dit rien, sinon :

" C'est quoi ton nom, au fait ? "

Elle s'avança jusqu'à lui, saisissant la hache de ses deux mains et inspirant une bouffée d'air.

" Dame Ravness. "

D'un coup sec, elle abattit sa hache sur la nuque du lévrier, détachant sa tête de sa fine gorge...

_______________________________
Comme l'acier... Signatureprimus
L'Aquilon

Feuille de personnage
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le Mar 16 Déc 2014 - 13:53
Désolé désolé ! J'ai voulu posté mon commentaire hier soir mais mon beau-père a décidé de couper la box...
Bref commençons !

Ce rp est très bien, comme d'habitude. Peut-être pas aussi géniallissime que certains le laissaient penser mais bon... C'est de ta faute ça, tu n'as qu'à en faire des nazes de temps en temps ! ^^
To niveau est présent, on sait que tu es parmi les meilleurs rpistes du forum.
Seule petite remarque, même si ça vient probablement de moi, lorsque tu as décrit le combat au corps-à-corps avec le Rhino, je n'ai absolument pas pu visualiser ce que tu faisais, ni pourquoi tu le faisais. C'est probablement les bons mouvements, mais je ne saurai le dire, aussi, dans mon commentaire détaillé, je n'y reviendrai pas (si ça vient de moi, pas la peine de le repréciser encore une fois).
J'ai trouvé le début de ton rp, où tu rappelles l'amour de Primus pour Oakley, et la fin, où tu replaces l'amour du lévrier pour toi dans la continuité du rp de Kefka, excellent. Ca crée une véritable différence entre les sentiments et ça reste un moment important, si ce n'est dans la guerre, au moins pour Primus (puis cette phrase... comment tu t'appelles ? Dame Ravness... Sors nous encore plus de classe veux tu?).
En revanche, je ne suis absolument pas satisfait du reste du rp. Comme je l'ai dis, c'est bien écrit, là n'est pas le problème. Il se situe dans la chronologie. Ça fait des mois que tu entraînes les mecs, et pourtant, on a l'impression que c'est la toute première fois que tu le fais. J'y reviendrai plus en détail dans ma seconde partie de commentaire, car nombre d'éléments doivent être mentionnés. C'est dommage vraiment, même si tu parles d'un assaut contre la forteresse de Kefka, on a plutôt l'impression que tu viens de rejoindre la rébellion, que tu commences tout juste à les préparer. Ce rp aurait du être fait au début de la guerre.

Comme je te l'ai dis, vu que ton rp est... un véritable roman, la partie détaillé du commentaire arrivera un peu plus tard^^
Donc pour finir, j'ai une très bonne impression de ton rp, c'est facile à lire, il y a énormément de bonnes choses (même dans la partie qui me déplaît Razz ), et puis ça prépare un peu la suite des événements, avec la possibilité pour les brigands de raser Nottingham !

Avancée : 30 points d'expérience + 300 munnies + 3 PS (2 en vitesse, 1 en dextérité)
Robin des bois t'offre une arbalète, faites par ses soins, ainsi que 3 douzaines de carreaux


Premier rp :
« L'air de Port Royal n'avait jamais été aussi agréable et il lui sembla qu'enfin, elle pouvait apprécier ce monde pour ses saveurs. »
Comme je l'ai dis, j'ai apprécié ton introduction, le fait qu'elle fasse suite au thème du précédent rp l'amour, et qu'elle diffère tellement de la conclusion qui est également centré sur le même thème. Pourtant je dois avouer que lorsque je l'ai lu, j'ai du vérifié que tu étais bien à Sherwood (après avoir été très confus) ! Jusqu'à présent, la guerre s'est vraiment cantonnée à Sherwoord, excluant tout et tout le monde. Ca m'a fait vraiment bizarre (et même encore maintenant, j'ai eu le réflexe de vérifié alors que je sais que Primus rêve ! XD)

« La garde fit alors ce qu'elle ne crut jamais faire un jour, et ce qu'elle se jura de ne jamais reproduire, s'extirpant de sa couette et enlevant sa robe de nuit. Ainsi dans son plus simple appareil face à une autre femme, elle la regarda froidement. »
Je dois dire que ce passage me semble toujours aussi bizarre... Le temps entre chaque lecture a beau être assez important, il me fait toujours tiqué. Je sais que Primus est pudique, mais elle fait fasse à une autre femme, ça doit un peu diminué son embarras. Qui plus est, je vois mal cette situation ne jamais s'être produit jusqu'à présent, que ce soit durant la guerre de Sherwood ou son passé. Il y a bien des moments où elle a été tiré du lit, sans son armure. Ce qui m'amène à la suite.
« " Aidez-moi à enfiler mon armure. " »
Jusqu'à présent, je n'ai jamais imaginé quelqu'un aidé Primus à s'équiper. Je pensais qu'elle se faisait un devoir presque religieux de le faire elle-même, pour que le travail soit fait vite et bien (et que personne ne puisse la voir sans armure, ou nue comme c'est le cas ici).

« Par le nord-est-nord.  »
C'est peut-être une différence entre la France et la Belgique, mais il me semble bien qu'on dit nord, nord-est et non l'inverse. On comprend le sens, mais je bute sur la direction que te donne la servante^^

« Elle ne savait définir cette boule dans le ventre qu'elle ressentait, ce stress qui grandissait... Etait-ce de perdre des hommes ou... plus égoïstement, le fait de s'être réveillée dans un lit moins confortable que les seuls bras de son amie ? »
Que tu stress à l'idée de perdre tes hommes, je peux le comprendre. Mais que tu ressentes une boule dans le ventre, du stress, simplement parce qu'on t'arrache à ton rêve ? Non, le ressentiment, la colère, l'irritation, ça ne provoque pas de stress^^ Une montée de la tension, mais pas une boule dans le ventre !

« " Une centaine d'hommes y sont déjà. Hâtez-vous. " »
J'y reviendrai encore et encore... Mais plus d'une fois, Ravness perd son statut de chef. Elle se fait donner des ordres, elle est assimilée au péquenot qui lui sert d'armée. C'est tellement peu la chef que tu nous as donné dans les précédents rps, tellement peu la dame de fer qui ne rechigne a aucune tâche aussi déplaisante soit-elle si elle est nécessaire.

« " Quel est le plan ? "»
Ravness parle à Robin, un de ses conseillers. C'est normal qu'elle puisse lui demander son avis. En revanche, avec cette simple phrase, tu présentes Primus comme n'ayant pas la moindre idée de ce qu'elle doit faire, comment elle doit réagir. Elle redevient un simple soldat, une sorte de marionnette tout juste bonne à approuver les décisions des autres. J'exagère le trait, mais c'est le ressentit que j'ai eu.

« On va sortir immédiatement du campement, allons nous déployer et nous refermer sur eux »
Je n'ai rien à dire sur la tactique. Par contre, fais attention aux personnes que tu utilises ! Choisis la 3è, ou la 1ère mais ne mélange pas les deux, ce n'est pas très harmonieux !

« " Ils vont suivre discrètement les assaillants en sautant d'arbres en arbres. Quand on les encerclera, ils les abattront du ciel. " »
Outre le fait que ça paraisse incroyablement difficile de faire ça à plusieurs et vite, ce qui me gêne dans cette phrase, c'est que Robin annonce qu'ils font tuer les vautours... Et le même Robin les tiendra ensuite en joue en attendant ton arrivée, et ta décision. Paradoxale pour un chef non ?

« Les brigands étaient des grimpeurs hors-pairs et les meilleurs archers que Ravness rencontra... »
Après les personnes, le temps^^
Ravness ne vient pas juste de les rencontrer, utiliser un plus-que-parfait semble approprier ! Je sais qu'on n'utilise peu ce temps, mais si on refuse de le faire quand il le faudrait, à quoi bon le garder ? Razz

« Elle le regarda à peine... attrapa son poignet d'une main, le tordant l'instant d'après, son autre main attrapa le col de l'audacieux, tandis qu'elle plaça une jambe derrière lui et... le fit simplement chuter avant de le sonner d'un coup de talon dans le visage. »
La première fois que je t'ai lu, ce passage m'a semblé bizarre donc je suis allé chercher une image de vautour dans le film Robin des bois. Les arbalétriers utilisent leurs ailes comme main, donc ils n'ont pas de poignet !

« " Quelle humeur, dis-moi ! Que s'est-il passé ?... Les vingt femmes que tu as outragées ce matin n'ont pas crié assez fort pour t'offrir du plaisir ? "

Elle regarda Robin qui... malgré son ton toujours aussi chantant, fixait le lévrier avec des yeux plus sombres, inquisiteurs.  »
Tu commences avec un Robin souriant, comme dans le dessin animé, et tu finis sur un Robin marqué par la guerre (mais qui n'est plus amorphe). C'est finement joué. Et si les réponses du lévrier sont... désastreuses, tu aurais pu mieux faire, celles de Robin sont exactement ce qu'il faut.

« Elle jeta un oeil aux brigands à sa droite, dubitative, en quête de réponse, avant de regarder une nouvelle fois le lévrier avec un air sincèrement interrogateur. »
On revient à cette déchéance, au masque que tu perds (alors même que tu l'avais durant l'attaque tandis que le poison te tuait à petit feu et que tes efforts t'épuisaient). Primus n'est plus le chef, elle est une jeune femme timide, qui cherche l'appuie et le réconfort auprès de n'importe qui.
Je comprends qu'elle est humaine, qu'elle puisse se laisser aller... Mais jusqu'à présent, elle le faisait dans l'intimité, elle se montrait forte pour ses hommes, elle se montrait décidé.

« Finalement, au bout d'une quinzaine de minutes, le shérif entra dans sa tente. »
Cette réunion... est bizarre. Le shériff, qui demande cette réunion, est le dernier a arrivé dans sa propre tente ? Il y a encore peu de temps, il était blessé, grognon, ne pouvant et ne voulant plus rien faire. Et ici, il récupère son rôle. C'est dommage que tu n'aies pas tiré profit de cette situation. Certes, ça aurait semblé être un copier-coller de ce que tu as fait avec Robin des bois, mais tu aurais pu apporter des scènes intéressantes. Et même si tu ne voulais pas faire durer la situation... Il aurait fallu un peu plus que 2 rps pour qu'il reprenne du poil de la bête. Il a bien fallu quelques semaines, voire quelques mois pour que Robin redevienne un leader.

« Et même si les pensées de la jeune femmes pouvaient être trop martiales pour bon nombres d'hommes et de femmes, elle n'eut jamais la sottise de croire qu'un homme de foi n'avait pas droit au chapitre lorsque l'on parlait de guerre et de politique. »
Et pourtant, si je ne dis pas de bêtise, il n'aura absolument rien dit durant cette réunion. Je dois t'avouer que je me perdais un peu avec les couleurs... Dans ces longues discussions, avec de nombreuses personnes, il peut être utile de régulièrement écrire un truc du style machin répondit et bidule répliqua. Ca aide pas mal à s'y retrouver^^

« Personne ne me fera croire qu'il est capable de garder un amour platonique envers la Commandante »
Robin défend ton honneur... Cependant, je ne comprends pas pourquoi il parle d'amour platonique. Il est vrai que le dévouement dont a parlé le lévrier pourrait être interprété ainsi, mais c'est plus probable qu'il cherche un amour plus physique, d'où les rires de brigands qui l'avaient compris.

« " Peut-être que Kefka s'est rendu compte qu'ils n'étaient pas très bons et qu'il les a renvoyés... "

Petit Jean rigola à sa propre blague, bientôt soutenu par un rire étouffé du Frère Tuck. »
Je sais que Petit Jean est le comique de la troupe mais... La situation et leur propos ne se prêtait pas à un comique de seconde zone (je ne vois d'ailleurs pas en quoi c'est drôle^^) ! L'ours a beau être un personnage un peu secondaire, il sait faire preuve de sérieux normalement !

« Juste en connaissant les détails de ce registre, nous pourrions imposer un embargo à Kefka et ses hommes... »
Le Will est plein d'idées, mais malheureusement, Primus ne les retient pas.
En revanche, cette phrase est... des plus inhabituelles. Certes, ses informations permettraient de mieux organisés des attaques éclairs contre les convois. Mais jusqu'à présent (donc depuis des mois), les brigands arrivent tout de même à le faire sans trop de mal (sauf l'incident de la nourriture empoisonnée). Donc qu'est-ce que le lévrier pourrait vraiment changer à ça ? Tu pilles déjà ses convois, et imposer un embargo demande plus de ressources que tu n'en as... si tu tiens à avoir suffisamment d'hommes pour résister à l'armée de Kefka.

« " Vous ne pouvez ignorer le genre d'espion qu'il sera. En admettant quelques secondes qu'il puisse nous être fidèle, ou en tout cas obéir aux souhaits de Dame Ravness... alors, pour ne pas se trahir, il devra être à Nothingham comme à son habitude, un monstre dépourvu de morale, torturant les villageois... uniquement pour ne pas éveiller les soupçons. Et cela, je vous le rappelle, en notre nom. Je refuse de cautionner cela. " »
Voila un des passages où je me perds (si ce n'est le seul, pour les autres, j'ai juste besoin de remonter un peu dans le texte pour savoir qui a quelle couleur). Pour moi c'est Will qui parle... contre lui-même. C'est la même couleur dans les deux cas (ou en tout cas, la différence n'est pas assez notable à mes yeux).

« Ils feraient certes une formidable armée mais... nous ignorons leurs réelles intentions. Si l'un d'eux s'avérait être un traître, il pourrait suffire à nous faire perdre toutes les batailles. Ils sont mauvais tireurs mais... si l'un d'eux touchait l'un d'entre nous, nous en serions meurtris.  »
Cette phrase est étrange... S'ils forment une grande armée, comment peuvent-ils être mauvais tireurs ? Leur boulot c'est arbalétrier. Même s'ils ont les bases en combat, ils ne remplaceront pas l'infanterie.

« Je ne tue pas uniquement mes prétendants... Vous voulez que je vous montre ça dehors ? »
Primus a perdu les pédales devant ses hommes, et là elle part au quart de tour devant un simple commentaire (peut-être une petite moquerie) de Will ? Ce n'est vraiment pas la Primus au sang-froid du début de la guerre. A vrai dire, si elle était une jeune femme indisciplinée, son attitude aurait été cohérente. Mais elle a pris de l'âge et des galons, elle a vécu bien des choses. Et maintenant, elle semble céder à toutes ses pulsions sans prendre le temps de réfléchir !

« Aujourd'hui, nous sommes les seuls à décider de ces choses-là... car vous n'avez pas de roi. Donc, vous avez la possibilité d'être les juges. »
Toujours la différence de personne.

« Il devrait être ici dans quelques semaines, peut-être quelques mois. »
Tout comme pour la direction, normalement on va du plus long, au plus court^^

« Tous parurent bien sûr étonnés. Ravness elle-même ne put masquer sa surprise. »
J'ai juste envie de rajouter qu'elle ne masque plus grand chose ces temps-ci Razz

« Cela pouvait sembler puéril mais Ravness pouvait comprendre. »
Je ne suis pas sur de te suivre... Leur décision, leur réflexion est mûrement réfléchie, en quoi ça pourrait être puéril ? Ils veulent garder leur vie de brigand, c'est leur droit. Après tout, même s'ils se battent contre l'injustice... Robin a commit de nombreux crimes contre la royauté, tout comme les autres. Ils pourraient être exécuté à la fin de la guerre.

« Si la Coalition noire décidait de commencer la guerre ici, la lumière et tous les groupes devraient répliquer... »
La lumière n'agit pour le moment qu'avec Ravness.... Probablement dans un soucis de discrétion. Et si le consulat, en tant qu'allié, pourrait l'aider (tout comme les mercenaires s'ils étaient payés), je ne vois pas pourquoi les autres devraient combattre la coalition sur un de ses propres mondes.

Deuxième rp :
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