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Lulu



Identité

  • Nom  : /

  • Prénom : Lulu

  • Titre  :  La Sorcière

  • Âge :  28 ans

  • Camp :  

  • Monde d'Origine : Le Domaine enchanté

  • Race  : Humaine

  • Grade désiré : Maximum Général




Caractère et Physique


Je frappai à la porte de trois coups agités, et inspirai longuement après avoir fermé les yeux... Mes doigts se déplièrent et touchèrent doucement le chêne de la porte. Mes yeux à nouveau ouverts, je me surpris à sursauter en voyant mes doigts, ou plutôt mes ongles… bien limés, réguliers mais dépourvus de vernis. Ca ne m’arrive jamais, en fait… Si j’avais oublié, c’était à cause du stress. Et si j’ai sursauté pour cela… c’était encore à cause du stress.
J’étais… bien plus que stressée. J’avais envie de retourner là d’où je venais. Heureusement, l’angoisse chez moi a deux atouts. D’une, elle est rare, et de deux… elle n’est pas visible.
Je me tournai sur ma gauche, contente du temps que prenait l’hôte, et regardai mon reflet dans la vitre de la chambre de la bonne, située juste à côté de la porte d’entrée. A cet instant-là, je chassai toute autre pensée pour me concentrer quelques secondes sur mon maquillage.  Mes lèvres embellies d’un joli rouge-à-lèvres violet clair, un peu de fond de teint, et du fard sur mes cils et paupières… Hormis ces ongles, je n’avais rien oublié.
Ces choses, pourtant, ne m’inquiètent pas tant. Je me maquille beaucoup, surtout comparé à ce monde, mais en grande partie par habitude, et sinon parce que j’ai envie d’être présentable. J’ai du maintien, malgré ce que certains disent.
Je me redressai et reportai mon regard sur la porte qui tardait à s’ouvrir…  Et alors que je baissais les bras, les longues manches de ma robe tombèrent sur mes mains, les dissimulant presque. Malgré mon air très calme, je m’apprêtais à toquer une nouvelle fois à la porte quand enfin elle s’ouvrit. Je vis ce petit homme que je connaissais avec un air toujours triste. Ici, il n’avait pas cette mine, c’était bien pire. Toute la misère du monde semblait l'accabler mais pour quelques petites secondes, un rayon de surprise sembla percer ce nuage morose…

« Oh Lulu, tu as pu venir ! »

« Evidemment, papa. »

« Tu as beaucoup changé, Lulu. Entre, je t’en prie. »

Je franchis le seuil de la porte et me retrouvai juste à côté de lui. Il est un petit peu plus petit que moi, d’un mètre septante. Face à ma mère, il semblait minuscule, elle qui était grande, impressionnante, sévère. Tout le monde semblait minable à ses côtés, en fait. Mes doigts attrapèrent doucement son avant-bras pour attirer son attention, je l’embrassai avant de me redresser. Je croisai alors ses yeux rouges… et qui ne sont pas du aux larmes, mais à la génétique. De lui j’avais hérité ces  même iris rouges et… un point de beauté sur mon menton, les seuls points communs que nous ayons.

« Et Aline ? »

« Aline ? Ah oui, et bien, ta mère l’a renvoyée il y a quelques semaines. »

« Pour quelle raison ? »

Je ne semblais pas surprise et mon ton était à peine interrogateur mais je ne me fichais pas d’Aline. Sans dire non plus qu’elle fut importante dans ma vie ou qu’elle me manquera, je l’apprécie.

« Je ne sais pas… C’est elle qui s’occupait de tout ça, je n’ai pas demandé. »

Une petite pause et…

« Je n’en sais rien. »

Je pensais être stressée… Lui cumulait toutes les peines, anxiété, chagrin, solitude. Il se sentait abandonné et même si j’avais du mal à lui prouver, j’avais de l’empathie.

« Tes tantes sont dans le salon… Tu serais gentille de prendre le relai, je n’en peux plus. »

Nos chemins divergèrent, et sans joie je me dirigeai vers le salon de cette belle et froide maison. Et dans la pièce, il y a beaucoup trop de monde. Correction : Beaucoup trop de monde que je ne peux vraiment pas supporter. Qu’il y ait beaucoup de gens m’importe tellement peu, tout ça n’est qu’une question de communication. Ces personnes que je n’aime pas vont forcément me parler, et je suis certaine d’être énervée.

« Lulu, ma chère, comme vous avez grandi ! »

« J’ai failli ne pas vous reconnaître ! Vous êtes tellement différente de Josie ! »

« Oui. Ca fait longtemps. »

« Votre tenue est si… »

Elle n’avait pas besoin de finir. Elle pouvait dire « jolie », comme « spéciale », « rustique » ou « originale », le discours était le même. Je déteste ces femmes et je déteste ce qu’elles disent. Leurs paroles sont attendues, comme tout droit sorties d’un film, comme volées à cent autres idiotes.

« La mode dans la Forteresse Oubliée est tellement différente d’ici ! Mais ce qui m’étonne, c’est que Josie vous ait laissée exhiber à chacun votre gorge ! »

« Ca m’étonne même que le roi Stéphane n’interdise pas  cela, vous savez. Je veux dire, Lulu, ce n’est pas contre vous, mais pourquoi cet accoutrement ? »

« Au revoir… »

C’était évidemment contre moi. Mes tantes adoraient ma mère mais me détestent. Pour beaucoup, je lui ressemble. Pour elles deux, rien ne pouvait ressembler à ma mère. 
J’ai tourné mon menton, puis ma tête et mon corps ont suivi le mouvement, laissant mes longues tresses voler légèrement dans le cliquetis harmonieux des grigris qui s’entrechoquent dans mes cheveux. Je les ai quittées brusquement et sans politesse. Je ne suis pas provocante, pourtant j’aurais pu l’être cent fois. Dans cette famille, toutes les femmes ont la même souche.  Elles sont dignes, savent se tenir, brillantes, trouvent toujours un mari qu’elles jugent moins intelligent qu’elles mais plus riche. Et nous sommes froides à un point tel qu’on nous respecte pour ça.
En fait, toutes les femmes présentes ici, y compris moi, sont comblées de défauts. Ce n’est même pas une quelconque modestie, nous sommes toutes pareilles et sans doute suis-je aussi autoritaire et imbuvable que les autres.

… Pourquoi cet accoutrement… Un côté pudique et l’autre pas, une facette sobre et une autre extravagante. Je porte en fait une très longue robe tombant de mes épaules jusqu’au sol, les pans de celle-ci frôlant le sol dans mon dos. Elle est presque totalement noire, hormis un col de fourrure qui dessine les contours de mon décolleté. Et c’est ce décolleté qui est le plus remarqué, pour le dire poliment. J’ai beaucoup trop souvent droit à des remarques  sur ce décolleté, et elles sont rarement aussi flatteuses qu’on ne le pense. C’est tout de même une très jolie robe qui, je dois l’admettre, m’a vraiment couté cher. En-dehors de cette fourrure et du décolleté, une grande partie de la robe est en soie. Les manches très amples au niveau du poignet sont ornées de très jolies coutures florales grises. En général, elles recouvrent en grande partie mes mains, laissant voir uniquement mes doigts dont les ongles sont la plupart du temps maquillés d’un vernis mauve, et oui je trouve que ça donne vraiment bien.

Extravagante, dis-je, parce que mes bras sont aussi serrés à un niveau légèrement au-dessus de mon coude, par deux ceintures noires. Les ceintures n’ont pas de sens particulier mais sont omniprésentes dans ma tenue. Et c’est précisément pour ces ceintures que le Jardin Radieux n’a aucunement influencé mon style vestimentaire… Ici  comme ailleurs, mon accoutrement est toujours extrêmement différent des autres. Au niveau de ma taille, je portai et je porte encore une sorte de corset noir, donnant vraiment à mon corps une sacrée silhouette et maintenant correctement ma poitrine, en plus de donner l’impression de la grossir.

En-dessous, encore de la soie, tombant jusqu’à mes pieds dans mon dos, s’arrêtant toutefois juste en-dessous du bassin pour le devant… et laissant place à une incroyable collection de ceintures recouvrant, enserrant mes jambes. Elles sont toutes dans un angle différent, toutes de couleurs ou de modèles différents, toutes plus ou moins longues, il y en a des dizaines. Certaines sont presque cachées sous des couches de ceintures, tandis que d’autres sont vraiment impressionnantes. Ca attire l’attention… Ma tenue entière est plutôt peu commune.

Il y a juste une sorte de trou dans cet océan de ceintures. Un vide au niveau de ma cuisse droite, laissant voir le haut de mes bas se démarquer de ma peau. Ce sont de très jolis bas et je dois dire que même si on en voit que quelques centimètres, je suis très soigneuse en les enfilant… Mais ça, ça n’intéresse personne.
On ne voit que ça de mes jambes, et uniquement la peau de mes mains au niveau des bras. Il est rare, voir impossible de distinguer la couleur de mes chaussures, alors que mes épaules sont complètement nues et que je suis fardée d’un très impressionnant décolleté.

Une troisième fois : Pourquoi cet accoutrement ?

Ca déplait à certaines mais aussi à certains. Ca plait vraiment à quelques-uns. Et moi, ça me plait beaucoup. Je me sens plus belle et surtout, je me trouve vraiment dans un style qui m’est propre.
Je me fiche complètement de ce qu’elles pensent de moi, en conclusion. Le Domaine enchanté est un  très beau monde, et mon cœur y restera toujours un peu, mais sans dire que ce monde est dépassé par les évènements ou même obsolète, ses habitants sont… souvent des imbéciles.

En revanche, j’ai appris à détester cette maison et… pour être honnête, j’en ai peut-être oublié la raison. Mais elle est trop froide, sans doute ce qui représente le pire dans la famille de ma mère.

Nous étions en deuil, tous. Josie, ma mère, était décédée deux jours avant. Et tout ça, c’était une réception que je ne comprenais pas. Je n’imaginais pas papa avoir une idée aussi stupide. Ca ne lui ressemblait pas et c’est ce qui m’énervait. Sur certains aspects, il est comme moi. Il n’a pas besoin des autres pour pleurer.

Moi je n’étais pas très triste. Un peu effrayée par mon avenir, touchée par l’état de mon père et inquiète pour lui… Stressée par cette réunion, aussi… mais pas triste. J’étais devenue trop détachée des choses pour encore être touchée par ce qui arrivait.

J’ai croisé juste après mon père dans les couloirs de sa propre maison. Il m’a regardé, a voulu dire quelque chose… Une de ces paroles comme ça, qu’on prononce juste pour parler. Sans trop savoir pourquoi, par réflexe, je l’ai coupé dans son élan.

« Je vais dans ma chambre. »

Il acquiesça et me regarda monter les escaliers, avant de ponctuer ma marche par une parole que je devais avouer rassurante.

« On n’a rien touché. »

« Merci. »

C’était la meilleure nouvelle de la soirée. Je savais bien qu’ils ne changeraient rien dans ma chambre mais ça restait toujours… une bonne chose. Ma chambre, quand j’y suis rentrée, m’a rappelé à quel point je l’aimais.
Je dois l’admettre, elle a l’air d’une chambre d’enfant. Pourtant jusqu’à mes vingt ans, j’ai plus ou moins habité dedans, sans jamais m’en plaindre. Le lit, les armoires, le tapis et le bureau font tous très adultes, et ce depuis toujours, mais hormis sur les bibliothèques et sur ce même bureau, chaque recoin de la pièce, chaque morceau de table soutient une peluche. Elles sont toutes différentes, et elles sont toutes liées à moi. Elles sont toute ma vie. Chacune m’est aussi précieuse qu’une année d'existence, que tous les joyaux du monde, que le château qui le domine. Ces peluches sont ma passion.
Je m’assis prudemment sur mon lit, faisant bien attention à n’en écraser aucune, et je les contemplai comme des œuvres d’art.
Il y en  a une cinquantaine, toutes de la même taille. Beaucoup représentent des mogs, bien sûr, bien que toujours avec un thème différent. Par exemple, une de mes peluches mog porte un uniforme de facteur , tandis qu’un autre est paré d’une jolie tenue de mage rouge.

M’en offrir est vraiment la manière de me faire plaisir et pour être honnête, je ne suis pas difficile.

Ce qui est amusant, quand je repense à l’histoire de ces peluches, c’est que jusqu’à mes douze ans, je les considérais comme des jouets, tout en les aimant au moins autant qu’aujourd’hui… Mais passé cet âge, il m’est devenu insupportable qu’on m’infantilise en les appelant « des jouets ». L’enfant a  le droit d’avoir des jouets, l’adulte a le droit d’avoir des passions… Ces peluches sont mes passions, c'est ainsi.
Je pris ma peluche tomberry dans mes mains et la serrai contre ma poitrine, me laissant tomber en arrière doucement sur mon lit. Mes yeux fixèrent le plafond avant de se fermer. Je ne savais pas quoi penser de tout ça.

Ma mère ne me manquerait pas… Au contraire, j’ai de la peine de devoir dire ça mais j’avais le sentiment qu’elle réussirait à me faire du mal même morte. J’avais une intuition, cette fin était trop calme pour elle.
Je lâche prise, le tomberry est libre de ses mouvements… Et quand j’ouvre les yeux, je vois le tomberry agiter son couteau comme un salut d’encouragement, et tendre vers moi sa lanterne accrochée à son bras de laine… Sa tête bouge un peu, bien que son visage soit totalement figé. Je sais que c’est une part de moi qui la fait bouger, mais cette poupée réussit à m’apaiser dans une certaine mesure. Disons que je pense à autre chose l’espace de… dix secondes ?

Je ne vis plus dans cette maison depuis des années. J’ai vingt-huit ans. Tout prouve que je suis une femme accomplie… aussi bien mon corps que mon emploi et que mes études. Certes loin d’être parfaite, je suis puissante et intelligente, et pourtant dans cette maison, c’est comme si je n’avais jamais rien prouvé à ma mère. Et sa mort ne suffit pas à alléger ce devoir moral que j’ai pour elle.

Je n’aurais sans doute pas dû venir dans ma chambre. Mon père avait besoin de moi et je le laissais après vingt secondes passées au rez-de-chaussée, comme déjà fatiguée par le dixième de ce qu’il avait dû supporter ces derniers jours. J’avais mal agi, et décidai donc de retourner près des invités et près de lui.
Je reposai le tomberry sur le lit et m’approchai de la coquette table près de mon lit, tout contre un mur, et sur laquelle reposaient autant de peluches que de produits de beauté, ainsi qu’un miroir. Je m’assis sur la table qui lui faisait face et me vis dans la glace. Sans tarder, j’arrangeai un peu mes cheveux. Ils sont noirs et lisses, bien que la coiffure soit plus compliquée que ça. Je les attache d’abord en chignon assez haut sur mon crane, et le chignon est beaucoup trop compliqué à expliquer. J’aurais même du mal à apprendre ça à quelqu’un d’autre, j’attache mes cheveux avec un automatisme efficace sans plus comprendre tout ce que je leur fais subir. D’ailleurs, pour maintenir ce chignon, pas moins de quatre barrettes, non choisies au hasard. Mais malgré ce chignon, je laisse autant de cheveux libres à l’avant qu’à l’arrière de mon crane. Je me fais ensuite quatre tresses qui tombent dans mon dos et au bout de ces tresses j’attache quelques grigris métalliques, ce qui fait qu’à chacun de mes mouvements, on entend comme une sorte de carillon provenant de mes cheveux.

J’ai autant d’affection pour mon maquillage, que pour ma coiffure, que pour ma robe, et enfin que pour mes bijoux. J’en ai vraiment énormément ! J’ai toujours des barrettes dans les cheveux, ces grigris, des boucles d’oreille qui peuvent vraiment varier de mon humeur et par exemple, là elles sont ovales et roses. J’ai toujours autour de mon cou mes trois colliers. Un très grand mauve qui tombe dans mon décolleté, un beaucoup plus petit blanc qui serre  ma gorge et un dernier rouge et bleu, en cuir, un peu plus grand que le blanc. Tout ça pour habiller ma gorge nue.
Sinon j’ai quelques bracelets, très peu souvent visibles, et quelques anneaux. Bien sûr je ne suis pas marié, mais je ne me prive pas de quelques bagues en général dans un ton mauve-bleu.

Pour en revenir à mes cheveux, au niveau du visage, ils longent mon profil droit et forment une longue et large mèche sur mon profil gauche, le dissimulant en grande partie, occultant souvent mon œil gauche.
Ma coiffure est empruntée à celles des natives de la terre des dragons. Les hommes eux aussi ont régulièrement les cheveux très longs et souvent tressés ou coiffés d’un chignon. Pour eux, ce sont finalement moins des coiffures qu’un moyen de ne pas être gêné par les cheveux devant les yeux, mais très clairement, mon chignon ne sert pas du tout ce but. Mes cheveux en gêneraient beaucoup, et les dieux savent que même si je ne combats pas souvent, voire jamais, je ne saurais être que gênée par ce demi-masque capillaire…
La vérité, c’est que cette coiffure me prend énormément de temps chaque matin. Aussi surprenant que cela paraisse, j’ai même besoin de l’aide de deux  peluches pour ne pas prendre trop de temps. Et rien dans ces cheveux ne pourrait me gêner davantage que tout ce temps que je perds chaque jour.


J’ai fini de me préparer, ou presque. J’ouvre un flacon de vernis à ongle mauve, je tends mes doigts et de quelques coups de pinceau, je corrige mon erreur. Doucement la porte de ma chambre s’ouvre dans un grincement timide. Mes yeux croisent ceux de mon père à travers le reflet du miroir. Il me fixe à l’ouvrage et sans attendre, je lui adresse un simple « Oui ? ».

« C…comment s’est passé ton voyage ? »

« Pas très confortable et cher. »

« Ah si tu veux que… je peux te rembourser, si tu veux. »

Je profitais de sa présence pour parfaire mon maquillage et remettre une couche de rouge-à-lèvres, avant d’enfin lui répondre un peu froidement.

« Ne sois pas ridicule. »

« C’est comme tu veux. Et comment vont les enfants ? »

A cet instant, il s’est assis sur mon lit tout en regardant les peluches… Il était embarrassé.

« Si tu veux me demander quelque chose, fais-le. »

Comme je le regardais, j’ai pu le voir hésiter quelques petites secondes. L’ennui, c’est que je ne suis pas du tout patiente.
La relation que mon père et moi avons  est plutôt compliquée. Depuis que ma mère est partie, il est à peu près la personne la plus chère qu’il me reste, et ce n'est pas différent de son côté… Mais nous ne nous sommes jamais ressemblé. Il est timide et je ne le suis pas du tout… Il est poli, alors que je n’hésite pas à utiliser les mots les plus frappants pour me battre, sans pour autant parler comme une fermière ou même être impudente. Je ne suis pas vraiment méchante mais à côté de lui, j’ai l’air d’un monstre. Ma façon de lui parler est trop froide alors qu’il fait tous les efforts du monde à chacune de ses phrases.
En revanche, je suis totalement maître de moi. Je ne me laisse jamais emporter par mes émotions, ne suis en aucun cas victime de ma peur ou de ma trop grande excitation, tandis qu’il est, et c’est son plus grand défaut, beaucoup trop sensible. Mon père était d’ailleurs sur le point de craquer émotionnellement. Je me sentais responsable mais sans savoir pourquoi.
Ce qui en découle une autre de nos nombreuses différences. Mon  père est un dépendant. Il n’a certainement pas besoin de la foule, mais il avait besoin de ma mère et de moi… juste pour se sentir bien ou en tout cas en confiance. Il est très capable et pourtant panique quand c’est à lui de prendre une initiative.
Ce que ma mère aurait pu faire de mieux et de pire à la fois, comme cadeau de départ, c’est une liste de tout ce que sa mort impliquait. Il aurait été tellement trépidé d’inquiétude mais aurait su quoi faire.

« Ca… je crois que ça peut att… »

« Assez. »

Je me suis levé et ai parlé d’un ton autoritaire, me déplaçant jusque devant lui, et les sourcils froncés l’ai fixé d’un air sévère. 

« Je n’ai rien de mieux à faire, alors parle, je t’écoute. »

« D’accord… C’est à propos des d…dernières volontés de Josie. »

« Que disent-elles ? »

« Ne te mets pas en colère mais… elle exige que tu entres dans les ordres. »


Abasourdie, je l’ai regardé fixement, comme attendant la chute à la plaisanterie. Alors je fermai les yeux, soupirai et d’un air froid et indifférent, lui ai répondu avec beaucoup de sarcasme.

« Elle exige… Et tu voudrais que je reste calme ? »

Ce que je n’ai pas dit, c’est que malgré tout mon self-contrôle, je me mets très facilement en colère contre les autres, et je suis assez susceptible, si bien que les gens prennent souvent le temps de bien choisir leurs mots en ma présence.
Je l’ai vu tenter de dire quelque chose, j’ai brassé l’air d’un geste de la main pour le faire taire.

« Après toutes ces années d’étude, j’irais prier habillée en bonne-sœur, c’est bien ce que tu suggères ? »

« C’est ta mère qui… »

« Hors de question. »

« Ecoute, tu te méprends ! Elle n’attendait pas de toi que tu vives recluse dans un sombre monastère… Le Sanctum a des cultes vraiment différents et… tes capacités feront de toi une personne indispensable à notre religion ! »

Je croyais entendre ma mère… mais il avait l’air sincère. Et cette fois, c’est lui qui me coupa dans mon élan pour parler.

« Tu as bien la foi ? ».




Histoire


Mon histoire ne se caractérise certainement pas par son originalité ou sa beauté. Sans dire que ma vie a été un long fleuve tranquille, ou commune à toute autre, et bien je dois reconnaître, sans peine, qu’elle n’a rien d’une histoire à proprement parler. On ne raconterait jamais mes exploits à des enfants… parce qu’il n’y a pas d’exploit. Mon histoire n’est certes pas finie mais actuellement, n’a rien d’exemplaire, rien qui mérite des éloges.

Je n’ai pas de point de départ moins poétique que celui-ci : Trois axes qui se confondent mais qui résument plutôt bien ce que j’ai fait jusque-là. L’attention, l’étude et la magie. Tout part de l’attention, d’une des seules choses vraiment innées en moi .

Je suis née au Domaine Enchanté… Pour faire court, mon père, architecte, avait réussi à s’enrichir et avait rencontré ma mère qui était pour ainsi dire une matrone. Elle était belle, téméraire et avait beaucoup plus de caractère que mon père, ce qui lui plaisait… De fait, elle fut une sorte de tyran pour la maison. C’est elle dans le monde que je craignais le plus, et pour cause, elle était vraiment autoritaire, exigeante, sévère, ce qui m’a pourvu d’une enfance plutôt fatigante.  Une chose était claire, pour elle je devais être brillante. Toute ma vie, elle n’avait cure d’autre chose, et c’est curieux parce que jamais elle ne me fit une réflexion quant à ma solitude sentimentale, ou mon caractère glacial. J’ai pu être impolie, cassante, impatiente, seule et cumuler tous les défauts, tant que je restai la meilleure dans les études. Elle ne m’apprenait pas tellement à être sérieuse, elle l’exigeait avec une telle force que j’ai toujours du répondre à cette demande en ne comptant que sur moi.

Et c’est par l’attention que j’ai réussi.

Tous les dieux savent à quel point j’ai eu du mal, même quand une matière était simple, pour à chaque fois la réussir mieux qu’un autre… pourtant je ne peux vraiment pas la haïr, maintenant, pour cette éducation si stricte. Probablement serai-je aussi dure avec mes enfants, aussi exigeante. Si je suis peut-être devenue comme elle, je ne peux pas l’en blâmer, car j’ai appris à sincèrement apprécier l’étude. Un peu simplement, on dit que c’est en mangeant que vient l’appétit… mais dans mon cas, c’est à une autre échelle. Je n’ai pas besoin de l’étude pour me sentir bien mais j’aime m’y sentir proche, pouvoir travailler avec cette capacité d’étude et d’attention.

Donc pour revenir à mes années d’enfance, à l’école, j’avais déjà cette réelle capacité à être toujours concentrée sur la voix du maître d’école, d’écrire avec un automatisme millimétré ce qu’il disait, mais aussi de comprendre tout à fait normalement. Je sais d’ailleurs que si je n’ai pas eu de vrais amis d’enfance, jamais je ne me suis sentie seule, étrangement et sans doute parce que j’étais toujours concentrée sur autre chose.

Attentive au cours et doucement, je suis devenue attentive à beaucoup d’autres choses. Et ma curiosité titillée, je tenais à m’informer sur ces choses. Si je suis loin d’être un génie, j’ai trois qualités qui servent mon attention :  je suis curieuse, j’écoute et j’observe.
Toutes ces choses qui font que, comme je l’ai dit plus tôt, je ne suis ni timide, ni enfermée dans ma bulle. Rien ne me fait moins peur que les autres ou leur regard… et je ne refuse pas une amitié (bien qu’à ce moment de mon enfance, je répète avoir été solitaire) mais étant très exigeante quant à mes fréquentations… manifestant très bien mon désir de voir partir une personne. Soit…

C’était une école tout à fait normale, donc. Mais c’est le monde où je suis né qui fait la différence, qui a tout déclenché. Le domaine enchanté, ce n’est pas simplement un château et son suzerain, c’est avant tout un monde de magie, plus qu’ailleurs. Tous les jours, on entend parler de sorcellerie, de créatures des ténèbres arrivées avant les sans-cœurs eux-mêmes.
Il se trouve que j’ai à peu près le même âge qu’Aurore, la princesse du château, qui est maintenant reconnue comme une princesse de cœur. Et bien que je ne lui aie jamais parlée, j’ai entendu toute l’histoire de son baptême, de Maléfique qui lui promit la mort pour son seizième anniversaire, et d’une fée qui atténua la puissance de la malédiction… comme tout le monde.
C’est un univers qui n’est pas témoin de la magie chaque jour, mais qui est façonné par elle. Sans la côtoyer, on la connait. Et comme tout le monde j’ai attendu que le triste sort de Maléfique s’abatte sur notre princesse.

Si je prends la peine d’expliquer cela, c’est parce que ma mère ne voyait pas mon avenir ailleurs que dans la magie. Et à cela, il y a deux raisons… D’une, elle était certaine qu’elle aurait pu être une grande fée si elle l’avait voulu. Mais la raison principale, c’est qu’elle voulait que je sauve la princesse de son destin, grâce à une magie encore plus puissante que celle de Maléfique. C’est encore une chose qu’il faut savoir à propos de ma mère… Elle aimait le château, aimait le roi et la reine, et les aurait suivi jusqu’à la tombe sans même s’être présentée à eux.

Son plan pour moi était… très théorique. Mais malgré tout, je pus étudier la magie dans la seule école de magie du pays, l’Institut de la Féerie et de la sorcellerie.
J’ai eu conscience qu’à certaines oreilles, une école de magie sonnait drôle, que personne n’imaginait ça comme cela. Mais il m’a semblé tellement évident que la magie ne puisse être apprise que par l’étude dans un établissement officiel. Dans d’autres mondes, plus tard, j’ai rencontré des magies parfois innées aux personnes ou acquises via un enseignement particulier, de maître à élève…
Mais dans le Domaine Enchanté, c’était comme cela, et je n’aurais pas mieux réussi ailleurs.

C’était un enseignement de huit ans au sein d’un internat, et mes deux premières années d’étude n’ont été que théorique… Une sorte de sélection naturelle chez les élèves qui n’étaient déjà pas très nombreux, mais aussi l’apprentissage de la magie dans toutes ses formes, des sciences qui servent la magie, et des forces de l’esprit.  Mais il n’y avait rien de pratique, aucun de nous ne savait invoquer un lutin ou créer une flammèche… disons que c’était pour aiguiser notre connaissance, nous parfaire en tant que savants.

La magie du domaine enchanté ne peut être dissociée de l’intelligence et de l’acharnement. Si on ne comprend pas la magie, on n’a pas la moindre chance de l’utiliser correctement. Comprendre l’essence de la magie, c’est comprendre le flux de magie dans un corps,  c’est pouvoir contrôler, après exercice, ce flux… Et finalement lancer un sort mais pas seulement… Etre capable de canaliser la magie dans chaque partie de son corps, augmenter sa puissance et sa portée, et finalement il ne s’agit plus de lancer un brasier de sa paume, mais de faire tomber la foudre du ciel. Et ce n’est qu’un exemple, bien entendu, de l’étendue d’une magie bien contrôlée.

La troisième année fut une préparation plus pratique à un choix à venir… Une préparation d’un an, sans échec ou réussite, pour ce choix qui changerait l’entièreté de notre vie : Sorcellerie ou Féerie ?
Être une sorcière ou une fée… Nous étions tous influencés par les rumeurs et les faits.
Les fées sont les marraines de ce monde, le protègent en tout temps, sont aimées. La magie des fées est profondément bonne, fondée sur la création, l’enchantement. Tandis que les sorcières manient entre autres une magie destructrice, puissante… la magie noire.
Dans le domaine enchanté, la magie noire avait gagné une mauvaise réputation, à ce moment-là, faute à Maléfique, et bien que les nombreux professeurs qui étaient autant de fées que de sorciers, nous expliquaient toute la puissance dissuasive d’un sorcier, le choix des étudiants fut souvent la féerie.
J’étais jeune, âgée de quinze ans, mais je me fichais éperdument de ce que le royaume penserait de moi… cependant ce n’est quand même pas par provocation, ni par vanité que je choisis de devenir une sorcière.
Une fée, c’est… une femme profondément bonne, généreuse, capable de sacrifier jusqu’à toutes les heures de sa vie pour la personne qu’elle protège. Je pensais à l’abnégation des trois bonnes fées d’Aurore, et je me disais que je n’en étais pas capable. Il se peut que j’aie eu tort, en fait. Beaucoup plus tard dans ma vie, j’ai découvert en moi un semblant de cette abnégation… Je pouvais être maternelle avec certains (ou plutôt certaines, pour être honnête), et complètement oublier ma propre personne pour eux, sans trop m’y forcer.
Une autre raison à mon choix, c’est peut-être aussi inconsciemment que je ne voulais pas apprendre que tout mon acharnement à l’étude était dispensable… J’avais l’impression qu’au moins, en sorcellerie, j’aurais vraiment besoin de toute mon intelligence, pour négliger peut-être la bonté qui caractérise les fées. Mais là je ne fais que spéculer.

Mes raisons n’étaient pas excellentes mais l’issue contentait tout le monde… mes professeurs, ma mère et mon père bien sûr. Et je ne regrette absolument pas.

Si je devais avoir un regret, en fait, ce serait peut-être le fait d’avoir « voulu » apprendre la magie, tout simplement… mais ça je l’expliquerai peut-être plus tard.

La sorcellerie changea du tout au tout mon programme, et mes liens avec les élèves de l’autre branche se tarirent. De mon année, nous étions à peine quatre étudiants en sorcellerie, contre douze futures fées… enfin je m’égare.

La sorcellerie est, contrairement à ce que j’ai pu laisser entendre, très vaste, ne se limitant pas qu’à la magie noire. Elle regroupe des domaines comme la divination, la psychokinésie, la métamorphose, l’art des malédictions, l’envoûtement, la nécromancie et bien d’autres… c’est vous dire son éminence. Il n’existe pas, ou alors très peu, de vrais sorciers, maîtrisant très bien les dizaines de possibilité que lui ouvre son art. Et la plupart de mes professeurs semblaient penser qu’un tel sorcier serait profondément mauvais ou fou, puisque certaines magies sont extrêmement sombres, voir inhumaines.
La magie est plus difficile qu’il n’y paraît et est différente pour chacun de nous… J’ai rapidement prouvé mon efficacité dans les magies noires et de façon plus anecdotique dans le contrôle des marionnettes… Toutefois, la magie blanche m’est totalement étrangère, ainsi que la plupart des voies de la symbiose. Dans certains cas, je n’ai pas essayé… Dans d’autres, je ne suis absolument pas douée et me heurte à un mur.

J’avais l’assiduité, l’attention et l’intelligence… mais je manquais de motivation, d’entrain, n’ayant pas vraiment de but, au final… Aussi mon ascension dans la magie ne fut pas parfaite. Et c’est plutôt étrange mais au début, je ne parvenais pas à dissocier mon énergie psychique de mon énergie magique. Jusqu’à mes dix-huit ans, donc durant tout de même trois ans, je n’ai pas réussi à lancer un seul sort si je n’avais pas au même moment un corps non vivant sous mon contrôle psychique. Ces corps, c’était mes peluches que j’avais emmenées en nombre. J’en prenais absolument toujours une avec moi en cours, et lors de la pratique de la magie noire, elle reproduisait le moindre de mes mouvements d’incantation.

Lorsqu’on lance un sort, la magie présente dans le corps doit se condenser, former un flux et voyager dans le corps pour être expulsée sous la forme d’un sort. Et pour une raison obscure, je ne parvenais à contrôler ce flux que si j’imaginais qu’il passait à travers le corps de la peluche plutôt qu’à travers le mien. Encore maintenant, pour les sorts les plus compliqués à appréhender, je ne puis me passer d’une de mes peluches… Et de fait, ça a renforcé cette affection que j’avais pour elles.

Je respectais et j’appréciais mes professeurs. Ils savaient outrepasser la magie et nous instruire plus que d’autres, et surtout, malgré leur puissance incroyable, avaient décidé de rester dans une école, à transmettre ce qu’ils connaissaient, plutôt qu’à l’utiliser. Cela me plaisait beaucoup et peut-être, maintenant que j’y repense, que c’était déjà une forme de sacrifice de ma part que de vouloir être comme eux.

Etre au premier plan ne m’a jamais attiré, au contraire… mais je ne supporterais pas d’être inutile.

J’y pense, je ne sais pas pourquoi… J’ai rarement pu prouver ma capacité à être protectrice, gentille et une personne de confiance, durant ma vie. J’ai vraiment eu peu d’amis, je m’en rends compte. Maintenant je ne dirais plus que je m’en fiche, car en effet, c’est peut-être un vide dans ma vie, mais pour autant, jamais je ne voudrais avoir des amis pour le simple but d’en avoir.
Je dois admettre que j’ai eu du mal avec les garçons et les hommes. Si bien qu’envers l’un d’eux, je ne serai jamais maternelle comme je peux étonnamment l’être parfois. Je sais en tout cas qu’un ami, garçon ou fille, il est impossible que je le laisse tomber.

Mais soit, passons…
Je suis partie de l’institut à mes vingt ans, non sans avoir réfléchi à mon avenir, et en étant une redoutable élémentaliste et une bonne mage noire plus globalement. A la question : Etais-je capable de combattre Maléfique ? La réponse était et est encore non. Comme je l’ai répété plusieurs fois, la magie n’est rien d’autre qu’une forme pointue de l’intelligence, aussi, une femme qui a su prolonger sa vie, qui est beaucoup plus âgée que je ne le suis, a eu tout le temps de se parfaire. Je ne peux la battre, pour l’instant, et j’avoue avoir abandonné tout espoir de pouvoir rivaliser avec elle. A l’heure actuelle, plus de puissance ne m’intéresse plus du tout.

Et à ce moment-là de ma vie, il y a huit ans donc, je commençais à me rendre compte que la magie, aussi stupide que cela puisse paraître, n’était peut-être pas ce que j’envisageais comme avenir.

Aurore avait été... réveillée par un prince. A cela, je n’aurais rien pu faire, d’ailleurs. Elle était heureuse et hors de danger depuis des années déjà.
Maléfique était toujours vivante mais ne se faisait plus remarquer, et certains disaient à raison qu’elle préparait un plan bien plus terrible pour une puissance inimaginable.

Ces choses-là ont fait que le faible but qui m’avait menée jusque-là, n’existait plus. J’étais là, dans ma maison d’enfance, diplômée en sorcellerie et sans idée de ce que je pouvais en faire.
Ma mère n’avait pas souvent tort et donc détestait être en tort, fatalement… Aussi, pour rassurer son choix de m’avoir trainée dans l’apprentissage de la magie, me convainquit que je pourrais défendre le royaume.
Et une année durant, je suivis son avis, restant au domaine enchanté.
Ce fut terriblement ennuyeux, je l’avoue… Mon seul réconfort, loin de l’étude, c’était de m’informer sur… absolument tout. J’ai commencé à me renseigner sur la situation globale de mon monde, mais aussi des autres mondes dont on venait à peine d’apprendre l’existence. Sans même en connaître la couleur, j’avais une envie irrépressible de m’informer à leur sujet.

Et quand l’année fut passée, avec cette nouvelle passion pour les journaux et les livres… je fus attirée par la perspective d’un voyage. Ainsi je fus l’une des premières habitantes du domaine enchanté à quitter son monde pour vivre ailleurs.
Ce fut la première et unique fois que je sentis toute la déception que j’infligeais à ma mère.
C’est anecdotique mais quelques semaines après mon départ, Aurore fut enlevée par Maléfique… Et ça a donné raison à ma mère, alors que je n’aurais évidemment pas pu empêcher cela… mais elle devint à partir de cela vraiment infernale, convaincue à tort que si j’avais été là…
Enfin soit.

Je suis partie pour la ville de Traverse, chose assez spéciale puisque le monde n’était habité que par des expulsés d’autres mondes, et que j’étais une sorte de touriste.
Pour être honnête, ça ne m’a pas plu, il n’y avait pas de place pour moi qui avais eu le choix. Mais là-bas au moins j’ai pu pendant quelques mois réfléchir à ce que j’allais faire, concrètement.

Et je voulais enseigner, j’en étais sûre.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai alors découvert que la magie, dans les autres mondes, était apprise sur le tas, par n’importe quel guerrier désireux de lancer un sort. Ces aventuriers ou ces soldats ne prenaient jamais le temps de comprendre ce qu’ils faisaient… et c’était bien dommage… Personne n’étudiait la magie, je ne pouvais donc pas l’enseigner.

Dommage mais finalement, ça ne m’a pas déplu.

Je décidai alors brusquement de « recommencer » mes études, de faire abstraction de mon état de sorcière et de faire des études pour devenir institutrice. Je pus le faire quand la Forteresse oubliée fut de nouveau ouverte et habitée. La ville était alors comme toute jeune et devait lutter contre mille problèmes, en passant évidemment par sa reconstruction toute entière, mais je ne craignais à vrai dire pas vraiment les sans-cœurs.

J’avais peur, en commençant mes études d’institutrice, d’être… complètement attardée pour ce qui est de mes compétences. Je n’avais pas suivi une éducation orthodoxe, on ne m’avait jamais profondément appris le calcul ou l’histoire…
Mais je me trompais, ce fut vraiment très facile. Alors qu’à l’institut de sorcellerie, tout mon acharnement ne faisait pas de moi la meilleure, ici je pouvais tout faire avec comme seule arme l’assiduité et encore une fois ma capacité à toujours rester attentive.
Ma formation de sorcière m’avait mystérieusement bien préparée.

Et ainsi, en cours comme dans un minuscule appartement, j’appris la géographie des mondes, leur histoire, la magie (oui il y avait un cours là-dessus, et bien sûr je n’ai vraiment rien appris de nouveau… Les bons mages dans ces mondes nouveaux étaient tellement rares) et je devins capable d’enseigner à des enfants allant jusqu’à onze/douze ans. C’était pour moi, je dois dire, une grande joie. Ma formation me permettait de faire tout de même un peu plus, j'en profite pour le dire, et de donner cours à des adolescents allant jusqu'à quinze ans, mais ça ne m'a jamais intéressé... Cette tranche d'âge est désolante de stupidité...

Et ce fut à mes vingt-quatre ans que je donnai cours pour la première fois. Et je dois dire qu’encore actuellement, je n’ai pas plus grande réjouissance que ce métier… Car j’apprends des choses sur les autres mondes, de jour en jour, nourrissant ma soif de connaissance, mais surtout parce que j'apprends ces choses à d'autres.  Mes cours sont difficiles, disent les élèves. Et à vrai dire je ne puis assurer que ma méthode est excellente, puisque cela ne fait que quatre ans que j'enseigne.

Je me suis habitué au Jardin Radieux, et sans avoir oublié le domaine enchanté, c'est peut-être là que j'avais une vraie place. J'étais autonome et libre de mes choix, n'ayant pas besoin de me servir de ma magie. Le Consulat protégeait son monde sans trop altérer mon quotidien...

A m'entendre parler, je me trouve amère concernant la magie. Ce n'est pas comme si je la détestais, au contraire, je suis plutôt fière d'être une sorcière... mais que je sache, elle ne m'a pas servie. C'est une sorte d'alliée rassurante mais inutile. Je ne voudrais pas être au front pour pouvoir l'utiliser, mais j'aurais aimé l'apprendre pour une bonne raison, ce qui manquait finalement dans mon enfance.

Pour la première fois, je ne me sentais pas loin d'être complète, au moins un peu heureuse, dotée d'un sens dans une communauté.

Je parle très peu des groupes qui régnaient depuis presque trois ans sur les différents mondes, y compris le Jardin radieux et le domaine enchanté. Aussi donnai-je l'impression d'être indifférente aux évènements, mais c'était l'exact opposé de cela, je m'y intéressai beaucoup, m'informai par tous les moyens possibles... Parfois même, je suis allée dans les mondes concernés pour faire le constat moi-même des rumeurs.

Et je n'étais pas totalement détachée de ces groupes.
Ca peut surprendre mais j'étais bel et bien croyante.
Tout avait commencé lors de la naissance d'un groupe religieux, mais qui a très rapidement perdu toute laïcité, quand il a converti le Roi et la Reine du domaine enchanté à sa religion. Rapidement, elle devint officielle et bientôt, partagée par la presque entièreté du royaume. Ce groupe se faisait appeler le Sanctum, et comme le Roi Stéphane partageait son royaume avec lui, ma mère... bondit sur l'occasion et se sentit une inspiration et une foi folle pour cette religion... et mon père la suivit.

Au début, je trouvais à mes parents une hypocrisie monstrueuse  de se convertir juste parce qu'un plus puissant qu'eux l'avait fait. Et pour être honnête, je méprisais leur foi que je jugeais fragile. Ma mère essaya fervemment de me convaincre mais j'étais au début aussi bornée que je peux l'être.
C'est par hasard que je m'intéressai au Sanctum, lorsqu'au Jardin Radieux j'appris qu'un bon pourcentage, peut-être dix, des citoyens partageaient cette religion.
J'ai étudié la question, toujours sceptique... Et ai rapidement eu vent d'une amitié entre le porte-parole du Consulat et le prêtre suprême, si j'ose dire, du Sanctum... Il y a une entraide, me suis-je dit, et le peuple suit le Consulat comme il suit son roi, de mon point de vue.

Quand j'ai appris tout ça, c'était en mars, il y a deux ans... et si je m'en souviens, c'est  que ma curiosité était titillée dans les premières semaines du mois, depuis que j'avais fait ces recherches... En mars, titillée... En avril, intriguée... En mai, tourmentée. Et en juin, je n'en pouvais plus, j'attendais impatiemment les vacances scolaires pour visiter le temple du Sanctum. Ce n'était pas de la foi, j'étais tout simplement intéressée par le sujet et sûrement insatisfaite de mon propre raisonnement sur le succès de la religion des Eternels.

Et en Juillet, je suis parti pour le domaine enchanté. J'ai bien sûr logé dans ma maison natale, mais sans pour autant leur expliquer la raison de ma présence. Une semaine durant, j'ai plus que vécu la vie d'un croyant, si pas d'un prêtre. J'ai passé trois jours entiers dans leur bibliothèque qui recensait évidemment tous leurs textes "bibliques", me suis informée plusieurs heures sur les différents cultes et pratiques des prêtres... ai visité des églises et des chapelles à travers le monde, et finalement, le dernier jour j'ai accompagné mes parents à la messe dans la basilique voisine du château...

Et peut-être est-ce du à tout mon intérêt ou à la réputation du Sanctum que j'avais jaugée tout ce temps... Sans doute ai-je été influencée par les quatre mois d'attente qui avaient précédé ce voyage... Mais quand je suis entrée dans la cathédrale, j'ai été assaillie et ébahie par la beauté de l'édifice, par la passion que partageaient les fidèles, par la pureté de la statue de cristal... Je me suis sentie jugée par une force impensable et invisible, jugée pour mes doutes et aussitôt j'ai regretté et ai renoncé à essayer de comprendre.

Je pense que j'ai compris à ce moment-là, et que oui…

"Bien entendu, j'ai la foi."

"Et qu'y a-t-il de si..."

Mon père s'est tu de lui-même alors que je m'approchai de lui et que je m'assis à ses côtés, sur mon lit, l'air sérieux. Cela ne servait à rien d'essayer de me convaincre... Je suis seule dans ma tête, et c'est ma tête qui commande.

C'était cruel. Pour une fois dans ma vie, je goûtais à un semblant de joie dans mes journées... Le fait d'enseigner me plaisait vraiment, et pour l'instant, rien n'arrivait à me motiver autant. La dernière volonté de ma mère, que j’entre dans les ordres, c’était comme sa façon la plus cruelle de me rappeler à elle, de me condamner à ne pas me sentir bien, pourvu que ça serve ses vœux.
J’avais le sentiment d’avoir déjà sacrifié tant pour elle, d’avoir exécuté des centaines de ses dernières volontés… Mais celle-là, c’était la vraie, la dernière.

Non, la foi ne suffit pas, me disais-je. Il n’y avait rien pour moi dans le Sanctum… Je ne pourrai pas entrer dans le Clergé, la branche des priants, parce que je n’y ai sans doute pas été préparée, et que je refusais de devenir une bonne sœur. L’ordre des Templiers, ces exécuteurs de l’ordre… je n’y avais pas ma place, c’était une évidence. Et enfin, être paladin, quelle bêtise… Je  n’étais pas faite pour être une guerrière, monter sur le front et mourir comme mille autres. Être une fidèle m’avait toujours suffi… et je ne me sentais pas redevable envers le sanctum pour m’avoir éclairé, car leur but n’est rien d’autre que de convertir chaque homme à sa religion… Aussi il me semble avoir déjà servi leur dessein.

Mais il s’agissait de ma mère et de mon père qui tous deux, morts ou vivants, attendaient cela de moi. Ils déterminaient ma vie et diable, je trouvais ça répugnant.

Un semblant de choix à peine. De mon point de vue, toutes les autres options étaient des voies plus sinueuses les unes que les autres. A mon âge, j’ai fait le constat de ma solitude et si ce jour-là je décidais d’insulter la mémoire de ma mère, je perdrai mon père, j’en étais sûre. Et je l’aimais trop pour lui faire ça…
J’avais une dette inexplicable envers ma mère. Et elle avait décidé que cette dette, je la devais au Sanctum, désormais.
Septembre arrivait et avec ça, la rentrée scolaire, ce moment qui fait naître un semblant d’excitation dans mon cœur insensible. Je ne pouvais ni renoncer à l’enseignement, ni à mon père, ni à ma foi.

« Je vais continuer à enseigner… »

« Enfin, Lou ! »

« Je vais commencer à chercher un poste ici… S’il le faut, je fonderai une petite école dans la citadelle, que tu m’aideras à financer. Et après mes heures de cours, je me consacrerai au Sanctum. »

« C’est formidable, Lou ! Ta mère…

« Je reviendrai dans trois jours pour me présenter au Sanctum, et je logerai ici quelques temps. En attendant, je vais régler mes affaires au jardin radieux, préparer le déménagement… »

« Parfait, c’est vraiment… »

« Arrête. »

Je me suis levée sans le regarder et me suis dirigée vers la porte de ma chambre. Je me suis alors retournée, le fixant d’un regard glacial…

« Rien n’excuse ce que toi et maman exigez de moi. Tu n’as pas à être fier de moi, tu devrais plutôt avoir honte de ce que tu me demandes. Je ne suis pas prête de te pardonner. »

Et j’ai claqué la porte derrière moi, sortant de cette maison prestement. J’allais définitivement m’acquitter de tout devoir envers eux.  




Questions diverses



1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?

Oui.

2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ?

Argos était chargé par Héra de surveiller Io, convoitée par Zeus. Argos est le géant aux cent yeux, capable de regarder de tous les côtés. Rien n'échappa à sa surveillance, hormis le malin Hermès, qui le tua. Héra pour remercier Argos, prit les yeux de sa dépouille et les donna à son animal fétiche, le paon.
Sans rapport avec toute la dignité ou la beauté du paon, ce sont les cent yeux qui ornent ses plumes, qui font que l'esprit de Lulu serait sûrement un paon.

3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?

Elle est fidèle, oui, mais pas aveugle.
Par contre, son esprit de camaraderie est... grand.

4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales.

Ce n'est pas facile. Et le plus dur est tout simplement de commencer une relation avec elle, quelle qu'elle soit. Mais au bout d'un moment, elle s'habituera à une présence et pourra l'envisager comme un ami.

5) Quelle est la devise de votre personnage ?

Aussi sombre que soit la nuit, l'aube lui succède toujours.

6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points forts et points faibles?

En général je ne réponds plus... Mais ici je vais détourner la question pour dire ce que j'ai essayé de faire.
Plus que la qualité générale, j'ai vraiment essayé de comprendre Lulu et de la faire ressentir. Il est carrément possible que ce ne soit pas du tout aussi bon qu'un autre... mais je suis content de moi.

7) Pourquoi incarner ce personnage ?

Oh ! Lulu et moi, c'est une longue histoire. Beaucoup s'attendaient à ce que je finisse par l'incarner.
C'est un personnage que je trouve magnifique.


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Bon. Je cherchais un truc bien pour entamer mon commentaire... Genre "Salut !". Mais ça serait débile puisque je t'ai déjà salué. Ou bien "J'ai décidé de commenter ta fiche parce que", mais comme tu le sais déjà ça serait nul aussi. Donc comme il est absolument certain que je ne trouverais pas d'accroche susceptible de passer à la postérité, j'ai préféré m'auto-mettre en abyme en décrivant le processus que je suis en train d'accomplir et qui arrive ici à son terme.

... Ouais.

Là, je viens de lire la première partie de ta fiche. Physique/Caractère donc (au cas où tu ne le saurais pas...).

Pour être honnête, je ne suis pas franchement emballé. Le problème... Le problème de la partie physique, à mon sens, c'est un manque de fluidité. De subtilité un peu aussi. Et ça, ça vient avant tout de l'emploi de la première personne.

Exemple parlant : dès le début, Lulu est là, on la sent stressée, elle frappe à la porte, regarde sa main... et se dit que ses ongles sont décidément bien limés.

Bof.

En fait, l'impression que j'ai eu à beaucoup de moments, c'est que tu profitais des opportunités de l'action pour digresser sur de la description, ce qui brise totalement le rythme. Pareil pour un autre moment où, je crois, tu te mets à parler de la robe en long, en large et en travers, et ça n'a plus rien à voir avec la narration. Ouais en fait c'est plutôt ça le truc ! Il manque un lien entre la narration interne et la description, comme si les deux blocs racontés par Lulu ne s'enchainaient pas.

Et ça, je crois bien que ça vient de la première personne, parce que par exemple... Le coup de "le personnage se regarde dans le miroir pour qu'on puisse parler de son apparence" qui arrive juste après les ongles (et que tu as l'audace de réutiliser ensuite, gredin ! (Lulu passerait-elle son temps devant le miroir ?)). J'aurais presque envie de dire que c'est cliché, mais en fait c'est plus classique que cliché. Il me semble que je l'avais fait avec Aqua d'ailleurs tiens. Enfin bref ! Ce coup du miroir qui de toute façons ne sera jamais subtil, là il est mis en évidence parce que c'est Lulu qui parle. C'est elle qui raconte qu'elle se regarde dans le miroir et d'un coup boum : mon maquillage, mes cheveux, mon tour de poitrine, blabla.

Cependant... Surtout en fait. Si je suis déçu par ce physique, c'est parce qu'il y a des choses comme ça à côté : "Et alors que je baissais les bras, les longues manches de ma robe tombèrent sur mes mains, les dissimulant presque." ou "J’ai tourné mon menton, puis ma tête et mon corps ont suivi le mouvement, laissant mes longues tresses voler légèrement dans le cliquetis harmonieux des grigris qui s’entrechoquent dans mes cheveux.". Là on n'est plus dans la description, on est dans de l'image, dans du mouvement, et mine de rien ça dit des choses sur le physique. Et ce genre de phrases, je trouve ça très beau. Plus que de parler pendant un paragraphe de ses breloques.

Pour le caractère, tu me permettras d'éviter le côté "T'as trop bien compris Lulu !!" ^^ Parce que je m'en souviens pas trop du caractère de Lulu...

Et puis je m'en fous du caractère de Lulu ! Tu joues ton personnage comme tu veux bordel, c'est le texte qui m'intéresse !

Je... sais plus ce que je voulais dire sur le caractère. Il y a un truc que j'ai beaucoup aimé à un moment. C'est quand elle rentre dans sa chambre, c'est une très bonne idée de faire parler le décor pour elle, qu'on comprenne quelque chose d'elle sans que ça ne soit véritablement expliqué. Cela dit, tout l'aspect caractère n'a pas vraiment ce défaut. Un peu de temps en temps à trop vouloir l'expliciter, mais sinon ça reste de l'attitude qui en dit plus long que le reste. Ça manque juste d'inattendu. Ce caractère est clair, il se laisse suivre, mais il se laisse un peu trop suivre si tu vois ce que je veux dire (je ne suis pas certain de moi-même voir ce que je veux dire...). Il n'y a pas de prise de risque en fait.

...

Merde ! On en veut du risque ! Tu joues Lulu bordel, on attend ça depuis des générations ! On veut le grand frisson !

Ok, je crois que c'est tout ce que j'avais à dire. J'ai tout de même plutôt apprécié le caractère. Et l'histoire aussi. D'ailleurs c'est drôle, mais le moment où j'ai trouvé que cette partie s'enflammait vraiment, c'était la toute fin. Là où il n'y a plus ni physique ni caractère ^^ "Tu as bien la foi ?", c'est une conclusion terrible (tu ne verrais pas ça trop bien dans un Rp avec Primus ?). J'avais un autre truc à dire, sur la mise en situation qui est assez bien foutue. Mais j'ai oublié...

Ok, je vais lire l'histoire maintenant. Et par la magie du post, je vais écrire les lignes suivantes dans trente minutes alors que toi tu les liras dans deux secondes :

Voilà, j'ai fini l'histoire. Et créé un paradoxe de l'espace temporel aussi.

Donc donc donc... J'ai trouvé ça, pour reprendre ta formule... "très théorique" ^^ Mais c'est un bon point. Tu dis à la fin dans le questionnaire que tu voulais faire ressentir Lulu. Je pense que c'est à ce moment que j'ai ressenti quelque chose du personnage, dans la narration un peu froide, carré, qui évite la digression (je crois qu'elle se rappelle à l'ordre trois fois dans son récit, c'est l'esprit de ce que j'essaie de dire).

J'ai vraiment moins à dire sur l'histoire.

Le raccord avec la première partie à la toute fin est excellent. Ça c'est un truc qui m'a surpris en bien. Les dernières lignes envoient du pâté, on sent la rancœur.

Le souci... Le souci de cette histoire, elle tient dans les premières lignes, elle "ne se caractérise certainement pas par son originalité ou sa beauté". Le souci pour moi en fait, puisque ça élimine déjà un potentiel "Putain ! Hé, ce rebondissement il était trop bien !" ^^

Parce qu'en fait, que ça ne raconte pas grand chose ne me gêne pas, si ce pas grand chose est bien raconté. Là il l'est, mais à part l'aspect très ordonné de la narration, je ne vois pas quoi dire de plus.

Je vais... arrêter de chercher.

Commentaire terminé (et toutes conneries du style).

Ah, et à toutes fins utiles, si je devais te donner un grade, ça serait probablement Seigneur =)
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Vesper ? C'est bien moi ! C'est moi qui ai l'honneur de commenter cette fiche !

Premièrement, je dirai que je n'ai pas lu le commentaire de Minai pour rester neutre dans mon idée et pour ne pas remarquer des choses que je n'avais pas vues moi-même. Bref, ce sera donc ma seule appréciation.

Il est 9:45, nous sommes les 14 septembre 2013, la rentrée des classes sonne aux airs de Lulu. A l'heure où j'écris, je n'ai encore lu que physique/caractère. J'ignore ce qui est préférable mais au moins mes idées sont fraîches dans ma tête.

La première chose que je dirai sur ces premières descriptions, c'est que je déteste l'habit de Lulu. Ce décolleté d'abord, cette fourrure. Le pire je pense que c'est l'ouverture devant avec toutes ces ceintures qui me rappellent les pantalons (de gothiques ?) avec pleins de trucs qui tombent. Et je déteste ça. C'est trop ostentatoire, trop bizarre. En fait, je suis un peu comme ces bonnes tantes du domaine enchanté, j'ai le même regard critique sur le goût étrange et très prononcé de cette pourtant jolie Lulu.

Alors comment apprécier une description d'un style qui me laisse de marbre ?

Je t'ai suivi, en fait. J'ai essayé de comprendre ce qui pouvait pousser cette jeune femme à porter des vêtements comme ça, à porter une telle attention à se maquiller, à se coiffer si précisément. En bref, justifier le fait qu'une femme qui n'est pas "superficielle", perde autant de temps à soigner son apparence.

Finalement, il serait logique de penser que tous les personnages féminins du forum devraient toutes être négligées. Elles sont toutes tellement absorbées par leur quotidien, leur combat, leurs problèmes affreusement plus importants qu'une manucure et qu'un maquillage d'une demi heure tous les matins, sans parler de la coiffure (à part Ariez, qui a tout le temps qu'elle veut). Et pourtant non, elles sont toutes canons, disons le. Des chevelures magnifiques, des maquillages légers mais classes. Les filles, on est trop canons ! On est des miss, quoi ! Eh oui, même toi, Primus. Même toi, Henri.

Je vous l'avoue, c'est un sujet qui me complexe. Je n'ai pas pu justifier le fait que Vesper soit une femme (tellement) sexy malgré sa personnalité réservée.

Sans vouloir faire la séquence émotion du jour, je pense que ta description m'a fait comprendre que Lulu avait toutes ses raisons de continuer, chaque jour, à soigner son apparence. Elle aime ça et ne se le cache pas. Je pense que ce n'est pas seulement un désir d'identification comme certains le disent en parlant de leur style. Lulu aime être ce qu'elle est, ça lui plaît. Et elle est prête à perdre du temps chaque jour pour porter tout l'uniforme ! Pour moi ce n'était pas tant le style de l'écriture qui comptait mais sa cohérence, j'ai été convaincue.

J'avoue que l'entrée en matière m'a surprise. Je ne connais pas énormément Lulu, je suis loin d'avoir fini FFX, mais je ne me l'imaginais pas du tout dans un tel contexte familial, avec un père comme ça, et une mère « comme ça ». Je ne m'imaginais pas non plus Lulu, jeune femme assise dans sa chambre entourée de ses « passions » qu'elle aime tant, et en serrant une contre son coeur. C'est une image qui m'a semblé franchement atypique. Et finalement de phrase en phrase, je me suis habituée et je l'ai vraiment vue dans sa maison, en scène. Le tout m'est apparu logique, finalement. J'y ai cru. J'ai cru aux tantes exécrables, j'ai cru au père petit et impuissant, j'ai cru à la chambre d'adolescente. J'ai cru au caractère de Lulu, infiniment dissociable de celui des ses tantes et pourtant parfois si semblables.

Donc, en fait, j'ai aimé quoi. Pour dire les banalités habituelles, la lecture m'a semblé très naturelle. Je n'ai pas eu de ralentissement dans la lecture. Le style était sans fioritures, très simple (oserais-je dire).

Les choses que je n'ai finalement pas comprises et que je comprendrai peut-être en lisant l'histoire c'est comment Lulu peut réellement avoir un seul moment l'idée de respecter le vœu de sa mère (Et visiblement, ça arrivera). J'ai l'impression que cette femme doit être détestable, mais sans doute me trompe-je. Nous verrons bien.

La chose qui m'a peut-être un peu moins plu dans cette description, c'était qu'à mon sens, certaines descriptions physiques étaient vraiment trop précises. Je n'ai jamais été totalement fanatique de la description très très précise. Mais ça ne m'a vraiment que très peu gênée. C'était très ponctuel.

J'ai envie de donner la note maintenant pour cette partie. Je pense qu'elle mérite général. J'ai vraiment bien aimé cette contextualisation, l'idée de la veillée funèbre de sa mère était tout à fait bien choisie. Sans compter que comme je l'ai dit, j'ai vraiment l'impression que tu as rendu Lulu véritable.

Il est 10:48 le 14 septembre, et je m'apprête à commenter l'histoire de Lulu.

Ce qui m'a le plus intéressée dans cette histoire c'est l'école de magie. Premièrement, j'adore les écoles de magie. Je ne sais pas si c'est ta création, mais cette idée d'école de magie avec la féerie et la sorcellerie m'a enchantée (ah, quel jeu de mot!). Je trouve que le regard critique de Lulu pour la magie apprise sur le tas est vraiment révélatrice de son caractère. Elle a appris la magie en profondeur, a passé des années à la comprendre, à la manier, avec précision, avec acharnement, proprement. Je trouve que c'était la manière parfaite d'apprendre pour Lulu. Un enseignement de qualité. Ce qui à mon sens peut également justifier qu'elle sera une sorcière puissante.

Je ne suis pas certaine d'avoir compris en revanche l'aspect de la magie dans le monde. La magie au domaine enchanté est très présente. Mais puisque Lulu n'avait visiblement aucun pouvoir magique au départ, cela signifie-t-il que toute personne du Domaine Enchanté a un potentiel magique et qu'il peut exploiter ? Ou est-ce seulement réservé à une certaine élite ? La mère avait-elle réellement un potentiel magique ? Bref.

Je pense réellement que le thème de la sorcellerie et de la féerie ont été développées de façon intéressante et qu'ils correspondent parfaitement au monde qui les entoure. De plus, l'idée qu'il puisse y avoir d'autres personnages sortis de cette école est réjouissante.

Je trouve toujours la mère détestable. Je ne comprends pas la dette que Lulu a envers elle. Si ce n'est qu'elle l'a poussée à ambitionner de grandes études, la magie et aussi à aimer la religion. Bien qu'au final, Lulu aime ce qu'elle a appris, je ne comprends pas qu'elle s'en sente redevable. A mon sens, sa mère était une manipulatrice et monarchiste (ce qui est un grand défaut, comme chacun le sait).

Je comprends en revanche que pour ne pas peiner son père, elle accepte le vœu de sa mère.

Lulu, institutrice ? Là, par contre, je suis vraiment surprise. Je ne l'imaginais pas du tout dans ce rôle. Bien que tu dises régulièrement qu'elle peut se montrer maternelle, j'ai beaucoup de mal à l'imaginer en train d'apprendre patiemment aux enfants les mathématiques. Mais si l'enseignement lui plaît, pourquoi pas ?

Sa décision va lui permettre de concilier les deux, institutrice le jour, au Sanctum la nuit. Comme dans un film de super héros ! J'imagine que cette fonction t'empêchera également de pouvoir te déplacer vers les autres mondes au gré des chefs du Sanctum. De plus, l'accumulation de travail pourrait bien avoir raison de l'énergie de Lulu. Et ça me plaît. De telles contraintes peuvent enrichir le contenu du forum je pense.

Le cumul des fonctions n'est pas sans intérêt. Lulu restera en partie une personne « normale » avec une occupation en partie normale. Tu ne cherches pas à la rendre exceptionnelle, malgré tout son savoir, toutes ses capacités, sa force, et je trouve ça appréciable.

En ce qui concerne la narration, je l'ai trouvé traditionnelle, excepté à la fin où tu reviens sur la suite du caractère et du physique pour donner enfin une réponse aux demandes du lecteur. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle reste enseignante, donc j'ai été surprise en partie.

Je pense avoir préféré malgré tout ton caractère et ton physique. Le contenu de l'histoire est riche et l'aspect traditionnel de la narration ne m'embête pas du tout, mais malgré tout, j'ai cette préférence. Je pense cependant que cette histoire va t'ouvrir pas mal de chemins intéressants pour le rp, ce qui est le plus important.

J'estime que les descriptions méritaient largement Général, et pour ce qui est de l'histoire, j'ai quand même envie de mettre un Général (mais un général un peu moins fort, arhem).

Même si tu dis qu'il ne faut pas que Lulu soit trop puissante, je pense qu'après huit ans d'étude en profondeur où elle a tout donné pour être la meilleure, il me semble pertinent que sa force soit convaincante. Et pour moi, ce que tu as fait dans l'histoire, la recherche sur les chemins de Lulu, le travail sur sa personnalité, sur sa relation avec la magie, tout cela me parle. Lulu n'est pas encore prête pour détruire un être aussi fort que Maléfique, mais elle a tout de même son poids sur la balance. Et je pense que cela mérite bien ça.

Donc, pour moi, c'est Général.
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