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le Mar 11 Oct 2011 - 1:53
    Un sourire mal placé


    « Monsieur… »

    Zack, adossé contre un vieux chêne, ne leva même pas le regard pour voir à qui il avait affaire. À vrai dire, il n’avait même pas entendu la voix. Pour l’instant, quelque chose de plus grand pesait sur son âme, quelque chose qu’il n’arrivait pas à cerner. Pourquoi s’était-il retrouvé à la forêt de Sherwood sans même s’en apercevoir? Et comment? Il n’en avait malheureusement pas l’ombre d’une idée.

    « Monsieur, s’il vous plaît… »

    Cette fois-ci, il leva lentement les yeux. Devant lui se dressait un louveteau bipède. Son pelage était argenté, et les rayons du soleil donnaient à sa fourrure un aspect absolument mystique. Il scintillait, comme si son corps entier n’était qu’une source de lumière intense et ambulante. Zack fut tout d’abord étonné de voir un tel louveteau, et crut ensuite qu’il ne s’agissait que d’une illusion, ou d’un mirage. Mais lorsque la petite bête interloqua Zack pour la troisième fois, ce dernier répondit d’un simple murmure.

    « Écoute gamin, j’ai autre chose à faire. Va voir ailleurs… »

    Zack toisa le louveteau, qui resta sur place sans ne rien ajouter, comme s’il cherchait à le convaincre du regard. Mais Zack, rapidement agacé, se remit durement sur pieds et chercha un autre tronc d’arbre sur lequel il pourrait s’avachir. Dans l’immédiat, il n’était pas véritablement d’humeur à jouer avec un enfant, ou à le réconforter. Pourtant, dans d’autres circonstances, il aurait fait complètement autre chose…

    Mais lorsque Zack entendit des pleurs au loin, il comprit aussitôt l’erreur qu’il venait de commettre. Égoïste, maugréa-t-il à voix-basse, alors qu’il se relevait et qu’il se dirigeait vers le louveteau. L’enfant avait enfoncé son visage dans les paumes de ses pattes, et sanglotait bruyamment. Affecté par cette scène, le Chiot s’approcha de son interlocuteur, s’accroupit à ses côtés et déposa l’une de ses mains sur son épaule.

    « Hé… Sèche tes larmes. C’est inutile de pleurer. »

    Cette réplique, aussi hésitante soit-elle, attira l’attention du louveteau, qui stoppa net de pleurer et qui s’essuya grossièrement les joues. Il y eut un silence réconfortant. Zack et le louveteau se regardaient sans ne rien dire, perçant chacun l’esprit de l’autre. Le regard de la petite bête reflétait d’une réelle tristesse, d’une inquiétude sans précédent.

    « Pourquoi tu pleures? »

    Le louveteau renifla exagérément et répondit d’une voix brisée par le chagrin.

    « Je… je suis perdu. »

    Scène banale, mais qui toucha Zack au plus profond de ses entrailles. Ce gamin semblait réellement éprouver une angoisse qu’un enfant ne devrait pas vivre. À cet âge, on devrait courir dans les champs sans s’inquiéter du temps qui passe; on devrait s’amuser, se divertir et faire des découvertes incroyables… on ne devrait pas pleurer. Par instinct, Zack ramena le louveteau vers lui, sourit à pleines dents et lui répondit :

    « Eh bien, t’es tombé sur la bonne personne gamin. J’suis un expert en orientation et j’me suis jamais perdu. On m’appelle Zack l’explorateur! »

    Ce discours parut rassurer le jouvenceau, qui se détacha du bras de Zack et qui, comme fier d’être sauvé par un explorateur, leva le menton et se mit à courir quelques secondes. Zack le rejoignit aussitôt et lui demanda avec le ton d’un capitaine d’un navire : grave et fort :

    « Alors p’tit bonhomme, t’habites où? »

    Le louveteau se gratta longuement la tête, les yeux levés vers le ciel. Il semblait durement réfléchir, comme si donner la réponse à cette question lui demandait toute la concentration du monde. Il ouvrit finalement la bouche, mais aucun son n’en sortit. Il se contenta de hausser les épaules en guise d’unique réplique. Le pauvre ne savait pas où il résidait… Zack non plus, d’ailleurs.

    Le Chiot soupira laconiquement avant de prendre l’enfant dans ses bras, de le lever haut dans les airs et de le faire planer jusqu’à ses épaules. Ainsi positionné, il ne risquait pas d’être attaqué par quelconques bêtes de la forêt.

    « Allez bonhomme. De là où tu es, tu pourras voir plus loin! »

    … Dans le feu de l’action, Zack avait presque oublié tout ce qui s’était passé avant son arrivée fortuite dans la Forêt de Sherwood. Peut-être ce gamin était-il envoyé des cieux, comme un messager pour faire comprendre à Zack qu’il ne devait pas s’en faire avec toute cette histoire? Ou peut-être était-ce seulement un autre coup du destin, un concours de circonstances? Pour tout vous avouer, le Chiot n’y pensait pas réellement. C’était comme si tout cela s’était évaporé de son esprit, et que cette vapeur spirituelle avait été emportée par le vent.

    Soit. Zack se mit à marcher dans une direction au hasard… Au nord. Quand on est égaré, il faut toujours se diriger vers le nord, c’est inévitable. Intérieurement, il se répétait qu’il allait bientôt atteindre un petit village, ou du moins la chaumière d’un vieil ermite. Il l’espérait fortement en tout cas. Bref, gambadant pour dissiper la peine du pauvre garçon, Zack s’engouffra encore plus profondément dans la forêt… Les arbres devenaient de plus en plus fréquents… La lumière était de plus en plus filtrée par cette authentique jungle…

    « Dis gamin… T’as vraiment aucune idée de où on est? »

    Le louveteau marmonna qu’il n’en savait rien. Zack, pendant un moment, voulut faire demi-tour, mais un peu plus loin dans la forêt, il aperçut quelque chose qui brillait. C’était comme une demi-lune lactescente qui scintillait sous les dernières lueurs du soleil… C’était comme un dentier ambulant sans maître… C’était comme un sourire mal placé.

    « … Espérons qu’ce soit pas le grand méchant loup. »

    Le gamin laissa échapper un cri de terreur qui résonna.

    « Hé bonhomme! Je rigolais! »

    Non… Il ne rigolait pas tellement.
Maître Aqua
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Éclat de l'Océan

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le Mar 11 Oct 2011 - 2:23
    Longtemps, le Chat du Cheshire avait hésité entre laisser apparaître un sourire sans visage ou un visage sans sourire. Mais hélas pour lui, ne pas sourire était impossible et il avait donc dû se résigner à prendre la seconde alternative face à ce problème sans queue ni tête. Et c'était ainsi qu'il s'était matérialisé par ailleurs : sans queue ni tête. Laissant simplement voir sa bouche en forme de croissant de lune qui scintillait presque au milieu de l'obscurité. L'obscurité qui était par ailleurs causée par les feuilles des nombreux arbres de la Forêt de Sherwood. Le Chat était un habitué des forêts. Il aurait pu les apprécier pour leur calme, c'était bien vrai, mais tout le monde savait que lorsqu'on parler de forer, cela faisait toujours un boucan monstrueux. Il aurait pu aussi les apprécier la verdure, mais pas le moins du monde. En effet, en tant que chat, il trouvait plus confortable ce qui était mou, et peu importait la couleur. Ce qui le séduisait vraiment dans ces lieux, c'était qu'on y faisait les rencontres les plus intrigantes, et que parfois on y croisait plus de monde que dans une ville. Paradoxal ? Peut-être. Mais il avait une explication à cela. En ville, tout était carré, et donc on ne croisait personne car cela était géométriquement impossible.

    Alors il était là sans vraiment l'être, perché sur une branche. Presque tout son corps était invisible, hormis son sourire. Cela ne lui aurait de toute façons servi à rien de faire apparaître le reste. Ses yeux ? Il n'en avait pas besoin pour voir. Ses oreilles ? Il n'y avait rien à entendre. Son corps ? Cela l'aurait essoufflé, et il n'était pas l'heure de la chasse. Mais alors vous demanderez-vous, pourquoi laisser son sourire flotter en l'air ? Et bien, il est avéré que l'on se doit de sourire à la vie, alors le Chat de Chester lui souriait. Et ainsi il paressa pendant de longues heures durant lesquelles tout et rien se passèrent. Tout occupait son temps, mais rien au contraire ne faisait que l'étirer inlassablement. Enfin, cela ne le gênait pas réellement, car le temps n'était important que pour deux choses : le thé et le thé. Curieux ? Pas du tout enfin! Il y avait un temps pour boire le thé, et un temps pour le boire, de préférence ensoleillé.

    Et c'est alors qu'à un moment donné, il sentit une odeur particulière. Chester s'en méfiait par avance, car un moment donné trop naturellement par une personne qu'il ne connaissait pas lui semblait un acte de générosité suspect. Mais quelle qu'ai été la vérité, ces odeurs se rapprochaient, et plutôt rapidement... Si rapidement d'ailleurs qu'il en aurait eu le museau frétillant si ce dernier n'était pas invisible. Et après une courte attente, il vit deux personnages étranges arriver dans sa direction. L'une d'elle, la plus grande, était un être humain de bonne stature. La seconde, perchée sur les épaules de la première, était un curieux spécimen de loup modèle réduit qui pourtant semblait agir le plus naturellement du monde. Cela ne le surprenait pas réellement, il avait vu des choses bien plus incroyables au Pays des Merveilles, mais tout de même... Enfin... On disait bien d'un homme qu'il portait la misère sur son dos, alors pourquoi pas un loup en fin de compte ?

    Cela étant, ils semblaient avoir cessé leur marche, et le Chat de Chester constata que leurs regards étaient rivés dans sa direction. Il ne se donna pas pour autant la peine d'apparaître, car eux-mêmes n'avaient pas eu la courtoisie de disparaître. Pourtant, il s'agissait là des premières personnes qu'il rencontrait dans ce monde, aussi sa curiosité le poussa-t-elle à les saluer. Sa bouche qui continuait de léviter seule remua alors pour former quelques mots.


    « Vous avez l'air perdus. » leur lança-t-il « Mais cela n'a aucune importance, je ne vois que très peu d'endroits où vous n'auriez pas l'air perdus. »

    Et son sourire se figea avant de s'étirer encore un peu plus. Il n'obtint pas de réponse. Ni de question, et encore moins d'affirmation! Fort heureusement pour lui, car il avait déjà oublié dans quel genre de lieux ces voyageurs n'auraient pas l'air perdus. Mais leur silence était encore plus vaste qu'une phrase, et cela fut suffisant pour susciter son intérêt. C'est pourquoi, en fin de compte, décida-t-il d'apparaître totalement. Ce fut d'abord ses deux grands yeux bleus qui apparurent, puis son corps tout en rondeurs et enfin sa longue queue qui battait l'air. Le Chat du Comté de Chester leur offrit un nouveau sourire. Son apparence rappelait celle qu'il arborait dans son ancien monde, et n'avait rien de menaçante. Sherwood devait donc être un endroit sûr s'il n'était pas affecté par les ténèbres.

    Puisqu'il en était d'ailleurs à songer à Sherwood et aux apparences, il devait bien s'avouer qu'il était quelque peu rebuté par celles de ses interlocuteurs. S'il en jugeait de ce qu'il savait, cet endroit était peuplé uniquement d'hybrides. Or l'homme n'avait rien d'un hybride, à moins qu'il ne prétende être un porc-épic. Ce qui, somme toute, aurait été une réponse satisfaisante. Le Chat était néanmoins curieux de savoir ce que faisait un être humain perdu dans une forêt elle même perdue au fin fond d'un monde qui n'était pas le sien. Il remua lentement, et posa finalement son imposante tête sur l'une de ses pattes sans les quitter des yeux avant de leur déclarer.


    « S'il suffisait d'être étrange pour être un étranger, je serais bien incapable de vous départager. Mais il semblerait que l'un de vous ne soit pas perdu que dans cette forêt. »

    Et son sourire s'élargit encore un peu plus à la fin de sa phrase.
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