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    Il ne put être plus satisfait de ne pas avoir de cœur à ce moment là… Si sa vie tombait en morceaux, il pouvait le supporter et cela grâce à ce fardeau lourd de sens… Pas de regrets de ce qu’il laisserait derrière lui quand le dernier clairon sonnerait. Ni cela ni rien d’ailleurs. La peur était un sentiment oublié, la nostalgie l’avait assez consolé… Et les doutes étaient partis avec Henri… Certes il ne le combattrait probablement pas avant qu’ils ne se rencontrent à nouveau dans l’au-delà. Mais ils étaient des hommes de paroles, nul doute qu’ils pourraient un jour croiser un fer plus hargneux que jadis.



    Xaldin était debout, face aux barreaux de sa cellule, donnant sur l’extérieur, sur une vue agréable et tranquille de la ville de Disney, abandonnée depuis longtemps. D’ici, elle n’avait rien perdu. Cette ouverture sur le monde extérieure était petite et haute, mise de façon à ce que durant une bonne partie de la journée, le soleil puisse envahir la cellule. En somme, les barreaux étaient à 1 mètre quatre-vingt… Fort heureusement, il était grand et l’intervalle entre chaque barreau était assez large pour qu’il puisse y glisser une main. Il rapprocha son visage des barreaux.

    Il ne regardait rien… Ses yeux étaient fermés, sans le besoin de se souvenir de l’allure d’un soleil arrogant qui trône sur une galaxie… Ses yeux étaient fermés.

    Mais il sentait… Cette légère brise qui arrivait à se faufiler entre les barreaux, effleurant son visage avec timidité et retournant dans la liberté qui lui convenait. Une brise rare. Comme un enfant à son étoile filante, il attendait l’exceptionnel… Qui à son insu avait lieu si souvent, ailleurs, pour d’autres gens.

    C’était le treizième jour qu’il était en train d’entamer, dans cette cage qu’il usait de par sa présence. Lui n’avait pas grand-chose à faire dans un lieu aussi peu intéressant mais ce fut tel un réfugié qu’il avait été traité… Sans trop d’égards, certes mais pas de quoi se plaindre.

    Cela faisait quelques dizaines d’heures qu’il avait arrêté d’attendre le moment… S’étant fait une raison, il accepterait le gage quand le temps serait venu… Il le saurait car jusque là, il avait toujours su. Et il était sûr de ne pas se tromper… Il n’avait plus besoin d’attendre… Les choses seraient faciles pour lui.

    Curieusement… Le seul souvenir dont il voulait encore s’embarrasser, c’était celui du vent caressant le visage d’un homme libre, compliqué certes mais heureux. Il pouvait presque s’en rappeler… Avec cela, le nombre de nuages qu’il y avait lors de ces instants ne semblait pas si futile… Manipuler le vent, il avait passé des années à faire ça depuis qu’il devint un simili mais profiter de sa caresse… Ca non, même s’il s’en était donné les moyens, il n’aurait pas vraiment pu… Encore maintenant, ce n’est pas la même chose.
    Encore une ironie à ajouter à la somme des malédictions des similis. De son vivant, il n’avait pas assez profité de vent et lorsqu’il eut le pouvoir de le manipuler à tout usage… Il ne pouvait plus profiter.



    Être prêt à mourir. Vue de l’extérieur, pour toute personne ayant un cœur et des émotions dignes d’un être humain… Sans même parler de similis, en prenant un quidam qui est prêt à mourir… C’est tout de même et certainement l’une des choses les plus tristes qui puissent lui arriver. Se préparer à passer de l’autre côté… Lugubre et en fait, terriblement désespérant. On dit que survivant à la perte de tout… Des proches, de la richesse, de l’honneur, l’espoir doit toujours rester dernier rempart au cœur d’un homme.

    Ne plus avoir de cœur, c’était ne plus avoir d’espoir.

    Il ne pensait plus à tout cela, il ne se posait plus la moindre question sur ce qu’il était…A l’aube d’un jour aussi triste, pourquoi remettre son existence en cause alors qu’elle ne tenait plus qu’à quelques jours. Ne plus penser à rien, ne faire qu’observer, que sentir… A la rigueur parler, oui mais avec qui ? Les autres prisonniers étaient des marginaux… Des imbéciles ou des fous…

    En voyant Henri lui tournant le dos, il avait accepté, le quatrième jour, d’être seul désormais… Il n’y avait personne pour l’aider car il n’avait plus besoin d’aide. Maintenant que tout doute est perdu… On dit bien que celui qui n’a rien à perdre est dangereux, sauf que dans son cas, il n’avait rien à gagner non plus, si ce n’est de mourir comme il l’avait souhaité mais même cela, dans une cellule, cela semblait si dérisoire…

    Il détacha enfin sa main des barreaux de la fenêtre, il recula d’un pas… Pivota légèrement vers la droite et balaya rapidement les autres cellules. Son visage était tout ce qu’il y a de plus neutre mais il était encore assez pâle, bien que les grosses cernes présentes il y a une dizaine de jours avaient disparues avec le temps. Il arrivait de nouveau à dormir, les cauchemars se taisaient et pour cela, il serait reconnaissant envers Henri jusqu’à son dernier soupir… Et il n’avait plus mal nulle part. Ses cicatrices s’étaient refermées, ses os ne le faisaient plus souffrir. Quand l’heure sonnerait, il serait décidément prêt.


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Le Treizième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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    On s'attend que le Château Disney, quartier Général de la lumière soit constamment pleins à craquer des puissants fiers et nobles guerriers de la lumière ! Mais non, il n'y a au château de la lumière guère que les habitants du château et le personnel... Ah bien sur, il ne faut pas oublier la pierre angulaire sans qui tout ce beau monde aurait déjà surement été croqué par d'horribles sans-cœurs. Mais alors, où sont les défenseurs des valeurs de la lumière s'ils ne sont pas dans leur quartier général ?! Partit sauver la veuve et l'orphelin aux quatre coins de l'univers évidement ! Mais il y a deux moments où le puissants et nobles chevaliers de la lumière rentre au château et aussi vaillant et courageux soient-ils, ils doivent forcément rentrer à la maison...

    La première raison peut être simplement d'aller chercher une autre mission périlleuse ! Et la deuxième c'est qu'on ne peut pas retourner de suite dans une mission périlleuse ! Car oui, aussi vaillant et courageux que soit le guerrier de la lumière, il n'échappe pas aux horribles griffes de l'infirmière qui impose parfois une période de repos !

    Et c'était mon cas ! Je revenais d'Agrabah où j'avais quand même sévèrement dégustée... Et l'infirmière m'a imposée du repos. J'ai franchement pas à me plaindre, la vie au château est sympa. Je bois un thé sur un banc du jardin, ou un café d'ailleurs, ou quoique ce soit ! Y a souvent Pluto qui vient me voir et je m'amuse un peu avec lui, j'arrive à faire passer le temps. Mais là ce n'est pas comme d'habitude en fait... Il y a dans les cachots l'homme qui m'a sauvé la vie et sans lui, je ne serais plus là. Il dors dans le cachot comme à l'hôtel et même si j'ai demandé à ce qu'il est un peu plus de confort, ca n'a pas été accepter. Enfin...

    Si je veux le voir c'est pour le remercier, demandez comment il va... Prendre des nouvelles. Mais c'est un simili, quelqu'un qui n'a pas de sentiment. Personnellement je me fiche qu'il est des sentiments ou non, c'est simplement triste pour lui... Juste que...

    C'est un ennemi ! Il a fait du mal, des choses qui ne se font pas et autres de ce genre... Et j'ai un peur que lui est décidé de toujours être notre ennemi... Je ne peux pas battre quelqu'un qui m'a sauvé la vie, non, je devrais même lui rendre l'appareil ! Mais je ne peux pas non plus aider un ennemi... Enfin, si ca me pose un dur dilemme, je sais très bien qu'à la première occasion je lui retournerais l'ascenseur ! J'ai été élevée comme ça, j'ai vécue comme ça et ca m'a toujours convenue !

    Simplement j'appréhende de voir ce dilemme en face de moi. Puis s'il n'a pas de sentiment, est-ce qu'il en a juste quelque chose à faire de moi... ? Est-ce qu'au moment où je lui parlerais il ne lâcheras simplement pas un "Oh, cool."...

    « De toute façon, ca sert à rien de trop réfléchir ! Je fonce. »

    D'un pas décidé j'avance vers le cachot, j'ouvre la porte. Je faits deux pas et je m'arrête... J'étais complètement à cotés. Ce qui me refroidissait à l'idée de lui rendre visite ce n'était pas Xaldin en lui-même... C'était le simili qu'il est, l'organisation à laquelle appartient ce simili... C'était cet endroit où j'avais déjà rencontré un autre simili de cette organisation... Un mauvais souvenir qui s'appelle Saïx et que je n'ai toujours pas digérer... Finalement, je suis contente de voir Xaldin et de le remercier... Ça lui fera un peu de compagnie, le pauvre ! J'arrive devant la cellule, les mains jointes dans mon dos, au niveau du bassin. Je suis légèrement pensée et je le regarde d'un air souriant !

    «Hey Xaldin, salut ! Ça fait un bail non ? J'ai pas encore eut l'occasion de te remercier... Ah mais j'oubliais... Je suis arrivée à l'infirmerie en tapis volant ! »

    Bien qu'ironique, ca ne se voulait aucunement cassant et jamais au grand jamais ca ne devait avoir un quelconque effet négatif sur le moral de Xaldin... Ça se voulait léger et j'ai dit ca avec un ton presque enfantin, ca fait toujours plaisir de voir son sauveur en face de soit... Ca me rappelle que quelqu'un a pris la peine de me sauver la vie, alors que ce quelqu'un est suposé ne pas avoir de coeur !
    Autant cas, ca me fait chaud au cœur, moi qui en est un !

    Et alors que je souriais, que j'étais sur le point de le remercier... Mon visage se fige et se glace presque d'effroi... Ce fier guerrier qu'est Xaldin est devenu manchot et n'a plus de bras. Ça... Fait un manque oui et le plus étrange c'est que ca ne m'a sauté aux yeux qu'après de longues secondes. Perdre un bras pour un combattant, c'est dur... Pour n'importe qui c'est dur... Je vois ces cernes, ses quelques blessures et cicatrices... Il est un peu sale aussi... Par contre, je n'arrive pas à voir un homme épuisé... Il n'y a aucune homme abattu ou résigné... Au fond, il n'a pas changé depuis la dernière fois...

    En fait si, quelque chose a changé et je ne parle pas que du physique... Je sens comme quelque chose en lui qui n'est plus pareil mais je ne sais pas quoi...

    J'essaye de plaisanter un peu, sans me moquer et en ayant l'air compatissante car je le suis vraiment ! Choquée ? Oui, certainement. J'ai peur de gaffer, je suis nerveuse et fatalement, je parle un peu maladroitement...

    « C'est pas la grande forme hein... ? Je tenais à te remercier de m'avoir sauvé de vive voix... Tu sais, j'aurais aimé être là au moment où t'as perdu ton bras, comme ca j'aurais fait en sorte que tu l'es toujours ! »

    Peut-être qu'il veut juste être seul, en fait... Même si ca m'arrive rarement, vouloir être seule m'arrive et peut-être qu'il a besoin de tout sauf de compagnie...

    « Hey, si tu as besoin d'être seul, t'hésites pas à me le dire et je m'en vais ! »
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    «Hey Xaldin, salut ! Ça fait un bail non ? J'ai pas encore eut l'occasion de te remercier... Ah mais j'oubliais... Je suis arrivée à l'infirmerie en tapis volant ! »

    Sa tête se tourna dès qu’il entendit son nom… Il était tellement absorbé par les quelques évènements qui avaient lieu autour de lui qu’il n’avait entendu personne arriver. Il l’observa les sourcils froncés, la regardant de la tête aux pieds comme s’il la découvrait pour la première fois… Son regard s’arrêta sur le sol, son visage resta figé, impassible… On aurait même pu croire qu’il était contrarié de la voir.

    Son esprit était si vide, il était tellement prêt à tout qu’il n’était pas en mesure de réagir comme il le fallait… En répondant à la jeune femme, en lui rendant son salut, en forçant un sourire et en s’approchant d’avantage. Mais ses yeux restaient rivés sur le sol, comme s’il contemplait les bottes de la guerrière.

    Il n’avait regardé que quelques secondes son visage… Il n’avait pas changé et croyez bien que malgré les apparences, ça le rassurait… Pas de balafres, pas de cernes, juste un joli sourire… Le genre d’attention qu’elle lui avait offert, à leur première rencontre, alors qu’ils venaient tout deux de baisser leur garde, résous à ne pas se combattre…

    Il resta une bonne dizaine de secondes ainsi, sans bouger… Il n’avait pas l’air malheureux mais sûr de lui… Néanmoins sa tête restait baissée… Quand il la releva, posant ses yeux bleus sur Tifa, il vit qu’elle paraissait comme choquée tout en regardant son propre bras manquant. Il ne baissa pas une nouvelle fois les yeux, supporta sa pitié. Il devait être d’une laideur sans pareil… C’en était pathétique de se voir si bas. Il en avait honte… Elle avait plus d’importance à ses yeux que tous les similis et que beaucoup d’hommes et de femmes… Être vu comme ça par une personne qui aurait pu garder une bonne image de lui… C’était une vraie honte.

    Quand elle l’avait rencontré, il était en plein entraînement dans une forêt depuis quelques jours… Il avait pris l’habitude d’entraîner son endurance par la survie dans ce genre d’endroits pour une bonne semaine… Ca le faisait vivre, en quelques sortes… Loin de l’Organisation XIII et de leurs conflits ridicules, loin des missions, il pouvait faire ce qu’il aimait le plus…
    Revoir Tifa lui rappelait ce souvenir aussi doux que douloureux. Mais ça aussi lui faisait plaisir.


    « C'est pas la grande forme hein... ? Je tenais à te remercier de m'avoir sauvé de vive voix... Tu sais, j'aurais aimé être là au moment où t'as perdu ton bras, comme ça j'aurais fait en sorte que tu l'es toujours ! »

    Et il fit une chose qui l’étonna lui-même… Il détourna la tête et regarda une nouvelle fois le sol… Comme s’il n’osait pas la regarder parler ou même lui répondre… Poser ses yeux sur son visage. Son esprit savait qu’il ferait de la peine à Tifa, en continuant à l’ignorer comme une inconnue mais en lui… Il ne s’en rendait pas compte. Et c’était encore plus étrange puisqu’il n’était même pas certain d’avoir quelque chose en lui… Juste une âme…

    Quel imbécile…


    « Hey, si tu as besoin d'être seul, t'hésites pas à me le dire et je m'en vais ! »

    Il releva la tête et dit alors spontanément :

    « Reste. »

    Il se surprit lui-même à avoir dit ça d’une voix froide, sec. C’était presque un ordre. C’était sorti du plus profond de lui, de son instinct et… C’était probablement parce qu’il n’avait pas eu l’habitude dans sa vie de simili, d’être tendre et cordial… Alors il l’avait dit ainsi. Et il regretta de suite si possible il est qu’il ait des regrets... Il inclina la tête, la regardant dans les yeux, en guise d’excuses.

    « J’aimerais que tu restes… Tifa. »

    Il insista sur le Tifa, le prononçant distinctement, lentement mais respectueusement… A vrai dire depuis qu’ils s’étaient rencontrés, il n’avait pas une seule fois prononcé son nom… A qui aurait-il pu le dire ?

    Il s’approcha des barreaux et d’elle par la même occasion… Pour mieux la voir, soupçonnant sa vue d’être défectueuse depuis son dernier combat. Il s’approcha jusqu’à n’être plus qu’à un petit mètres de la porte de cette cage et il adressa enfin un vrai regard à Tifa.


    « Je crois que c’était mieux comme ça… Que tu n’aies pas été là. C’était une soirée horrible, il faisait un temps… Affreux… Et il faisait très froid et… Il pleuvait beaucoup. Tu n’aurais pas aimé, Tifa. »

    Changeant radicalement d’attitude mais gardant la même voix neutre, il avait quand même dit ça sur le ton de la plaisanterie et il ponctua même par un petit sourire au coin. Au dernier Tifa, il avait encore une fois insisté sur le prénom. Dans sa tête, il avait déjà le pressentiment qu’il n’arrêterait pas de lui rappeler son prénom.

    « Nous sommes quittes… Tu penses m’être redevable et je te suis reconnaissant de venir me parler, aujourd’hui. Je suis content de te voir, je pensais que je n’aurais jamais plus cette chance. »

    Il disait ça avec cette même voix… Pas très passionnante mais sincère ou du moins, c’est ce qu’il pensait… C’est surtout ce qu’il voulait penser. Et sans aucune gêne, il parlait… Un simili n’est jamais gêné de dire la vérité.

    « Je vais mieux qu’il n’y paraît… Et j’ai toujours détesté Agrabah… Qu’as-tu eu à y faire, Tifa ? »

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Le Treizième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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    « Reste. »

    Ce mot retentit avec froideur et dureté à travers les cachots... L'ordre résonnait aussi dans ma tête à vrai dire. J'aurais put être vexé qu'il me donne des ordres, qu'il ne me laisse pas le choix et qu'il se prenne pour le chef... Mais cet homme m'avait quand même sauvé la vie ! Et mine de rien, ca me faisait vachement plaisir ! Il veut que je reste et j'avais envie de rester, donc tout roule pour le mieux ! Et que quelqu'un veuille que je reste avec lui... Et bien ca fait toujours plaisir, mais si c'est de la père d'un réfugié politique isolé dans une prison et qui n'a pas grand chose d'autre à faire. Xaldin était quelqu'un de froid et dur, y a pas à dire. Et cette espèce de rictus qui lui arrive parfois de faire... Le rend effrayant. Mais à mes yeux, il m'est assez sympathique. Peut-être que d'avoir combattu à ses cotés m'a appris à le connaitre et à déceler un homme bien derrière ce manteau d'homme de mal. J'ai peut-être aussi un peu de pitié en le voyant dans cet état car même si sa posture digne et fier me rappel les plus grands guerriers que j'ai connu, il n'en a pas moins perdu un bras et avec une mine épuisée... Le fait qu'il m'est sauvé la vie doit jouer aussi sur la sympathie que j'ai pour lui... Ou peut-être que je l'aime bien, tout simplement !

    « J’aimerais que tu restes… Tifa. »

    Y a pas à dire, c'est vachement plus agréable dis comme ça !

    « Je crois que c’était mieux comme ça… Que tu n’aies pas été là. C’était une soirée horrible, il faisait un temps… Affreux… Et il faisait très froid et… Il pleuvait beaucoup. Tu n’aurais pas aimé, Tifa. »coin... Dans mon souvenir, Xaldin ne m'avait surtout adressé en guise de sourire qu'un rictus moqueur, sadique et presque diabolique. Et même s'il y avait toujours ce coté moqueur, son sourire était beaucoup plus sympathique. A croire que faire de la prison l'avait remis de bonne humeur ! Quand on a pas beaucoup de visite, on soigne ses visiteurs pour ne pas les fuir ? C'était ca non ? Difficile à dire... Difficile de savoir ce qui se cache derrière le masque de Xaldin. Je me suis mise à sourire, un peu tristement par contre... Je n'aurais pas aimé être là, ca c'est sur...

    [color=steelblue]« Nous sommes quittes… Tu penses m’être redevable et je te suis reconnaissant de venir me parler, aujourd’hui. Je suis content de te voir, je pensais que je n’aurais jamais plus cette chance. »


    « Vil flatteur va ! »

    Oui, c'est vrai, je pensais ce que je disais mais... Les flatteries, nous les filles, on adore ça... Aucune ne le montre mais au fond ca fait toujours plaisir ! J'avais pris un petit air moqueur en disant ca.

    « Je vais mieux qu’il n’y paraît… Et j’ai toujours détesté Agrabah… Qu’as-tu eu à y faire, Tifa ? »

    Par où commencer... ? C'est une longue histoire, Agrabah. Pas tant que ca est duré longtemps, simplement qu'il s'est passé pas mal de choses, des tas et en peu de temps ! Je ne garde pas vraiment un bon souvenir de ce qui s'est passé là-bas... Mais bon, ca s'est bien finit et c'est ca qui importe le plus ! Parce que, plus important encore que la victoire de la lumière... La défaite de la Coalition ! Si cette bande de taré perd du terrain, c'est tout ce qui importe ! Plus ils perdront de terrain... Moins ils feront de mal. Et je me suis rappeler que Xaldin faisait partie d'une bande de taré dans ce genre-là... Enfin !

    « C'est une longue histoire tu sais, tu permets que je me rapproche ? »

    J'ai attrapé deux barreaux et comme s'ils venaient d'être chauffé à moult et moult centaines de degrés, sans le moindre effort j'ai attrapé un barreau dans chaque main et... Je les ai séparé jusqu'à ce que l'espace entre les deux barreaux soit assez grands pour que j'entre. En fait j'ai tordu le métal avec ma seule force pour me faire un passage ! C'est Primus qui va m'en vouloir... Mais bon, j'ai pas les clefs et on a pas à faire à un prisonnier ! Car oui, Xaldin est venu de lui-même si je me souvient bien de toute l'histoire. Je me suis assise sur le sommier au sol, un matelas assez confortable... Un matelas quoi, sans plus sans moins. Assise sur les fesses et les genoux repliés, je regardais un instant dans le vide avec les bras posés sur mes genoux.

    Une longue histoire oui...

    « Il se trouve que nos ennemis ont attaqués Agrabah... La Coalition Noire a envahit le palais, pris possession du monde et enfermé la famille royale dans les cachots. Évidement, il voulait la princesse de cœur Jasmine. La lumière devait organiser une opération mais bon... Je ne sais pas comment ca se passait chez les XIII mais chez nous, avec la paperasse, le choix de stratégie et le reste, ca peut aller lentement, très lentement... »

    J'ai penché légèrement la tête sur le coté et ai mordu ma lèvre inférieure le regard un peu sérieux. De cette bataille j'ai gardé un souvenir.... Comment dire... On a gagner et sauver la famille royale mais... Je garde encore en moi le souvenir d'une escarmouche sale et pénible... Et le souvenir de ce clown me glace encore le sang.

    « Le Roi Mickey, je sais pas si tu le connais, était en mission là-bas pendant l'attaque alors il n'a pas hésité et plutôt que de rentrer est partit au contact de l'ennemi... Tidus, un ami à moi a foncé tête baissé là-bas et vu que je m'en faisais pour un peu tout le monde, j'y suis allé aussi. J'ai escorter la famille royale jusqu'à un vaisseau Gummi et je les ai protégés d'un clown malade mentale de la Coalition, un mage assez puissant... Le pauvre a traversé une maison. Ensuite je suis arrivé au palais où Tidus et Mickey se sont battus contre la Coalition et on est repartit... Depuis je déteste ce monde, c'était un sale moment et tu n'aurais pas aimé être là. »

    J'ai ricané un peu, les yeux légèrement fermés alors que je me suis mise à sourire.

    « Le Clown s'appelait Kefka... Et avant de traverser la maison, juste avant alors qu'il voyait le coup venir en sachant bien qu'il ne l'éviterait pas... Il portait le masque du désespoir ! »

    Je me suis levée avant, les mains jointes derrière le dos à regarder Xaldin. Je l'ai regardé dans les yeux un moment. Je n'ai peur de rien ni personne, mais j'ai peur de ce qu'il va lui arriver... Il a cette lumière dans les yeux. Cette lumière je l'ai vu chez de nombreuses personne mais jamais avec la même teinte... Quelle est cette lumière ? La détermination. Mais cette lumière que je voyais chez lui... Était sombre, une sombre détermination. J'ai même crut voir à un moment... Un homme mort, qui ne vit plus car il a accepté l'idée même de la mort et que ca ne l'effraie... Moi-même je n'ai pas vraiment peur de la mort car je n'y pense que rarement, je suis trop optimiste pour envisager un tel cas mais l'idée même mourir... Ne plus avoir peur de mourir c'est si... triste... Je m'en faits pour lui, peut-être un peu trop par contre ? Allez savoir, avec ses amis, mieux vaut prévenir que guérir...

    « Dis moi, tu as prévus quoi de beau pour l'avenir ? »
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    « Vil flatteur va ! »

    Il guetta le sourire de Tifa et à l’instant où il l’aperçut, un sourire au coin vint aussi joindre son visage. Il n’avait pas fait ça pour la flatter, non du tout… Mais si elle le croyait et que ça lui faisait plaisir, pour lui ça ne changeait rien.
    Et il attendait la réponse à sa question, cette question qu’il avait posée pour démarrer sur un autre sujet, pour que la discussion se prolonge, pour qu’elle se finisse bien, espérait-il. Elle eut l’air de réflechir et cela le rassura aussitôt… Si elle réfléchissait, c’est qu’elle comptait lui répondre d’une manière ou d’une autre, il pourrait souffler… S’imaginer ailleurs, dans un autre contexte. Son visage était neutre mais son regard semblait tout à fait patient.


    « C'est une longue histoire tu sais, tu permets que je me rapproche ? »



    « Que tu te rapproches ?... »

    Quelle étrange idée, si c’était pour gagner quelques centimètres et presque se coller à la cage de la cellule, autant qu’elle lui demande de se… Rapprocher.
    Elle s’était rapprochée oui et avait mis ses mains sur deux barreaux comme pour passer à travers les barreaux… Mais sans la moindre banalité tout en restant dans une certaine simplicité… Elle écarta les barreaux, produisant un très sonore bruit métallique, comme si l’on avait déchiré du métal. Et elle franchit cette ouverture sans le moindre scrupule pour le responsable des cachots… C’était impressionnant, lui n’était pas du tout certain d’être capable d’accomplir un tel fait.


    « … Oui bien sûr, fais à ton aise. »

    Il regardait les barreaux, perplexe… Il ne pouvait toujours pas utiliser sa magie mais là, il pouvait fuir à son aise, il lui suffirait juste de semer Tifa. Non bien sûr, ce n’était pas son but, il était venu ici dans un contexte bien précis et avait toujours besoin d’y rester mais tout de même, qu’elle l’ait fait alors que Xaldin devait tout de même être vu comme un ennemi par le château entier et les gardes… Comme si elle lui accordait sa confiance et en cela, elle était bien la seule.

    Elle s’était assise, lui resta debout… Pourquoi ? Lui-même n’en était pas certain mais il s’y était tellement peu attendu. Xaldin, la Lance Tourbillonnante ne s’était jamais assis avec quelqu’un pour discuter ! Autrefois, parfois, oui il est vrai que certains similis s’asseyaient respectueusement devant lui, similis à qui il s’empressait de faire une remarque cynique… Car très peu des membres de l’Organisation XIII avaient réellement son efficacité et son expérience. Il l’observa de haut, elle était d’une vulnérabilité presque déchirante, assise sur son matelas, les yeux dans le vide, dans l’état le plus éloigné de la garde…


    « Il se trouve que nos ennemis ont attaqué Agrabah... La Coalition Noire a envahi le palais, pris possession du monde et enfermé la famille royale dans les cachots. Évidement, il voulait la princesse de cœur Jasmine. La lumière devait organiser une opération mais bon... Je ne sais pas comment ca se passait chez les XIII mais chez nous, avec la paperasse, le choix de stratégie et le reste, ca peut aller lentement, très lentement... »

    … C’était l’avantage d’une autocratie comme celle de la défunte Organisation XIII… Tout allait vite, les ordres tombaient et on était partis la seconde d’après avec à la rigueur, le luxe de quelques minutes pour s’y préparer… Une toute autre efficacité et hiérarchie que celle de la lumière, sans aucun doute.

    Il regarda à travers la fenêtre alors qu’elle faisait une pause. Sans sourire, il trouvait cela amusant. La Coalition Noire avait toujours été un groupe de fous, de susceptibles, de stupides gamins orgueilleux… Et d’égoïste mais en tant que simili, il était trop mal placé pour donner son avis sur la question. Mais les princesses de cœur, ils n’avaient jamais essayé jusque là… Pourtant le passé avait démontré une erreur dans le calcul. Quand il posa de nouveau ses yeux bleus sur la guerrière, elle se mordait la lèvre inférieure tandis qu’il haussait un sourcil.


    « Le Roi Mickey, je sais pas si tu le connais, était en mission là-bas pendant l'attaque alors il n'a pas hésité et plutôt que de rentrer est partit au contact de l'ennemi... Tidus, un ami à moi a foncé tête baissé là-bas et vu que je m'en faisais pour un peu tout le monde, j'y suis allé aussi. J'ai escorté la famille royale jusqu'à un vaisseau Gummi et je les ai protégés d'un clown malade mental de la Coalition, un mage assez puissant... Le pauvre a traversé une maison. Ensuite je suis arrivé au palais où Tidus et Mickey se sont battus contre la Coalition et on est repartit... Depuis je déteste ce monde, c'était un sale moment et tu n'aurais pas aimé être là. »

    Cette fois-ci, il fut le premier à rire, c’était léger contrairement à tous les rires cruels qu’il avait pu faire jusque là… Lui-même s’étonnait et ne savait du tout quoi en penser. Tout ce qu’il savait, c’est que jusque là, il ne s’était pas trompé.
    En tout cas, oui, il connaissait sa Majesté le Roi Mickey… Avec Sora, ses acolytes et la bête, cet homme avait réussi à triomphé de lui… C’était tout à l’honneur du roi, Xaldin ne lui en portait plus aucune amertume…


    « Le Clown s'appelait Kefka... Et avant de traverser la maison, juste avant alors qu'il voyait le coup venir en sachant bien qu'il ne l'éviterait pas... Il portait le masque du désespoir ! »

    Un sourire plus franc apparut sur le visage de Xaldin et il enchaîna directement à sa remarque triomphante.

    « Ils le portent tous ! Cette panoplie d’idiots de la Coalition Noire… Leur visage s’immortalise toujours dans le désespoir, au dernier moment. C’est pour ça qu’ils perdent, d’ailleurs. »

    Après la réponse de Xaldin, elle se releva et se mit face à lui, les yeux dans les siens… Et elle semblait chercher quelque chose dans son visage neutre et profondément posé.

    « Dis moi, tu as prévu quoi de beau pour l'avenir ? »

    … Il n’arrêta pas de la regarder malgré la question et ce fut comme s’il n’avait pas entendu, il cligna juste des yeux, seul signe de sa surprise… Si peu.
    Et elle l’avait coincée… Elle ne le lâcha pas de ses yeux légèrement rouges, pour une fois, une personne avait réussi à lire en lui, ce qui le perturbait… Tout en le rassurant, peut-être. Le ton du simili ne changea pas, ne marquait pas la moindre trace de perturbation.


    « Rien de beau. »

    … Il marqua une pause, ne la lâchant pas du regard, ne voyant alors que ses yeux. D’une certaine façon, il avait transmis le message à Tifa, ce qui l’attendait, quand il partirait. Et il n’avait pas aimé le lui dire de ce même regard, elle n’était là que depuis cinq ou six minutes, lui annoncer ça, c’était mettre les pieds dans le plat… C’était trop tôt. Mais c'était l'une des rares personnes qu'il respectait dans cet univers et pour cette raison, il devait lui dire.

    « Pour un simili, la mort est un dernier espoir, c’est ce que j’ai compris durant ces derniers jours. Et puis… A chaque guerre, il y a des morts, c’est aussi à garder à l’esprit pour ne pas partir trop… Mal. »

    Il détourna son regard sur les barreaux que Tifa avait forcés… Et il avait cette désagréable impression qu’elle pourrait bien avoir l’envie de le frapper assez fort pour qu’il ne puisse plus bouger l’espace de quelques dérisoires décennies.

    « Je ne sais pas quand, ni pourquoi mais c’est de plus en plus évident… Dans quelques jours, je m’évaderai d’ici… Je sais déjà comment… Et j’irai… »

    Il ne termina pas sa phrase, préférant se raviser plutôt que de lui dire quelque chose de trop douloureux. Il n’avait en tête que quelques mots qu’elle pourrait comprendre, si elle s’en donnait la peine.

    « Je ne porte pas le masque du désespoir, Tifa… C’est pour ça que je vais gagner. »

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Le Treizième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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    « Je ne porte pas le masque du désespoir, Tifa… C’est pour ça que je vais gagner. »

    Je ne savait pas trop quoi dire... J'hésitais et réfléchissait. Moi qui n'aime pas l'idée que les gens meurt, non vraiment, c'est une idée que je ne peux pas supporter... Voilà que l'homme qui m'a sauvé la vie, pour qui j'ai du respect et de la sympathie me sort qu'il veut allez se battre une dernière fois et mourir dans la gloire et les honneurs du guerrier ! Ou en tout cas, c'est ce que j'ai compris du peu qu'il m'a dit... Je ne suis pas une guerrière, je ne l'ai jamais étée et jamais on ne m'appellera "Tifa la guerrière !" même si ca sonne vachement bien ! J'ai du mal à comprendre, du mal à voir en quoi la mort est une bonne fin... Parce qu'en fin de compte, je suis simplement une combattante... Oui, je crois que c'est le bon mot !

    Mon regard devient soudain triste et même si j'y met tout ce que j'ai en moi pour qu'il ne le soit plus... Mais je ne peux pas, mon regard reste éperdument triste. J'esquisse simplement un petit sourire... Qui lui aussi reste éperdument triste.

    Je suis mal à l'aise, je sais plus vraiment quoi faire... D'un coté j'aimerais faire tout ce que je peux pour qu'il ne puisse faire ce mystérieux combat qu'il doit gagner... L'enfermer pour lui changer les idées, l'empêcher de sortir... De l'autre, je me dis que c'est son choix, c'est à lui de décider, on ne décide pas pour les autres. Mais surtout, ce qui va faire pencher la balance et me convaincre de le laisser s'en aller... Outre le fait que je ne suis pas sa mère... Ce sont ses yeux. Ses yeux m'ont convaincues. Pour quelqu'un censé n'avoir ni cœur, ni émotion, ni sentiment, Xaldin dégage une intensité et une détermination incroyable !

    Et ses yeux me disent de le laisser suivre sa voie... Ça me rend triste et joyeuse à la fois. Et... Je vais faire semblant ! Semblant que je ne m'en fait pas pour lui, semblant que tant qu'il fait ce qu'il veut faire sans faire le mal et bien il a le droit ! ...

    Non, je crois que je vais juste être sincère.

    « Je t'avoue que je ne comprends pas tout ! Les trucs de guerriers c'est pas mon truc, d'ailleurs, je déteste toutes les armes... Les armes sont faites pour tuer, c'est pour ça que je me bat sans armes ! »

    Est-ce que ca l'intéresse au moins ? De toute façon, ca ne coute rien de le dire !

    « Mais du peu que je comprends... Ça ne me plait pas vraiment tu sais. Mais si c'est ce que tu veux au plus profond de ton coeu...»

    La boulette, la gaffe... Argh ! Je suis trop bête ! Le mieux c'est de faire comme si de rien n'était et de continuer... J'aurais pas put être plus gênée.

    « Si c'est vraiment ce que tu veux, que tu es sur de le vouloir de le faire... Et bien tu dois le faire ! Mais si tu n'es pas sur à cent pour cent de vouloir le faire... Alors tu devras me passer sur le corps avant de sortir ! »

    Je me retourne pour prendre une grande bouffée d'air et je me remets face à Xaldin... Je ne suis plus ni gênée, ni triste, ni mal à l'aise ou quoique ce soit...

    « Moi aussi il y a quelque chose que je dois faire ! C'est pas du tout la même chose que toi mais bon, au fond c'est la même chose... On doit tout les deux faire quelque chose. On veut le faire, on peut le faire, on doit le faire et... On va le faire ! »

    Oui, je dois chercher un blond avec des cheveux en pétard et une énorme épée... Le traqueur, le chasser, le débusquer et une fois trouvé... Je lui dirais. Je laisserais parler mon cœur et lui dirait à quel point je tiens à lui, à quel point je l'aime... Simplement le trouver. Le trouver et être à ses cotés me suffira... Et s'il est le seul à pouvoir se sortir des ténèbres et du désespoir, je serais là ! Oui je serais là à lui tendre un main pour l'aider ! Et je n'ai pas le droit de penser à de mauvaises choses comme sa mort... Si Xaldin fonce droit vers la mort sans hésiter alors je n'ai pas le droit de craindre que Cloud soit mort ! Il est fort et a survécu !

    Je m'approche de Xaldin et l'enlace comme on enlacerais un ami. Oui, un ami. Je le lâche et je laisse les barreaux encore droit me soutenir pendant que je m'adosse à eux.

    « Merci Xaldin. Et saches qu'au moment où tu voudras t'en aller... Pas besoin de t'évader. Tu n'es pas un prisonnier et je refuse qu'on te considère comme ça ! Tu n'auras qu'à demander à me voir, ou dire que tu as mon autorisation... Et s'ils veulent pas que tu sortes, je te ferais sortir moi ! »

    Je lui sourit, simplement. Je passe un bon moment à discuter, simplement. Je suis aussi un peu triste, simplement...

    « J'ai le droit d'en savoir plus sur la grande bataille finale de Xaldin la Lance Tourbillonnante ? »
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    « Je t'avoue que je ne comprends pas tout ! Les trucs de guerriers ce n’est pas mon truc, d'ailleurs, je déteste toutes les armes... Les armes sont faites pour tuer, c'est pour ça que je me bats sans armes ! »

    Et quand elle parla, le simili put voir à quel point ce sujet était important à ses yeux… Pour elle, l’honneur d’un guerrier ne devait sûrement pas être un prétexte pour sa propre mort... A vrai dire, il n’avait pas vraiment pensé à son honneur, jusque là, ou tout du moins, ça ne l’avait pas frappé. Pour Xaldin, ce n’était pas son honneur de guerrier, c’était juste la seule voie possible… Comme l’avait dit Henri, c’était une très belle mort et… probablement une sorte de rédemption pour le simili, la seule façon de quitter paisiblement ce monde… Si la paix pouvait être autorisée à sa race.

    Son regard était joli… Oui, drôle de mot sortant de la tête d’un homme aussi dur que l’acier mais c’était le seul qui lui était venu à l’esprit… Des yeux qui ne réussissaient pas à chasser la tristesse, s’incombant d’une profonde sincérité et d’une aimable empathie… Pour le simili, ces yeux là faisaient déjà partie de la fin de sa vie… De sa rédemption, comme il l’avait pensé plus tôt. Avec cela, elle lui enfonçait un poignard dans le corps dont la douleur lui faisait beaucoup plus de bien que de mal… Comme une sorte de fatalité qui devait se produire, but pour lequel tous les évènements du monde se battraient… Ce regard et ce sourire devaient sans doute être la première pierre.


    « Mais du peu que je comprends... Ça ne me plait pas vraiment tu sais. Mais si c'est ce que tu veux au plus profond de ton coeu...»

    Le simili fronça les sourcils… Si ça avait été une plaisanterie, il n’aurait vraiment pas apprécié cet humour noir, même cela venant de Tifa… Mais justement, de sa bouche, il lui laissa tout son temps pour passer à autre chose. Il ne lui ferait pas le reproche et à voir ses joues se pourprer, il ne s’agissait que d’une erreur… Il est vrai qu’on a rarement l’occasion de parler avec un simili et il est dur de penser constamment à éviter de prononcer… les mots qui fâchent.

    « Si c'est vraiment ce que tu veux, que tu es sur de le vouloir de le faire... Et bien tu dois le faire ! Mais si tu n'es pas sur à cent pour cent de vouloir le faire... Alors tu devras me passer sur le corps avant de sortir ! »

    Et tandis qu’elle se retourne, un sourire discret apparaît sur le visage du simili… Un sourire à la fois forcé et sincère… Il n’était qu’un simili qui ne connaissait pas la joie mais il pouvait la feindre assez naturellement. Il pouvait donner cette idée de barbare et sa violence en combat était son plus grand atout mais malgré ça, il n’était pas un impulsif… S’il avait pris une décision, c’était en y réfléchissant sereinement… Surtout qu’il était dans cette cellule depuis treize jours et donc que ça le rendait fatalement maître de ses « émotions » quant à sa propre mort.

    « Moi aussi il y a quelque chose que je dois faire ! C'est pas du tout la même chose que toi mais bon, au fond c'est la même chose... On doit tout les deux faire quelque chose. On veut le faire, on peut le faire, on doit le faire et... On va le faire ! »
    Ca résumait bien la situation… Il n’était pas vraiment motivé à accomplir cet acte tandis qu’elle bien… Mais néanmoins, il y avait cette même idée, cette obligation en eux… Un devoir qui devient peu à peu une vraie volonté. Elle s’approcha alors, encore et encore, d’avantage, avant de faire un geste insoupçonné… L’enlacer amicalement…

    « Euh… »

    « Merci Xaldin. Et saches qu'au moment où tu voudras t'en aller... Pas besoin de t'évader. Tu n'es pas un prisonnier et je refuse qu'on te considère comme ça ! Tu n'auras qu'à demander à me voir, ou dire que tu as mon autorisation... Et s'ils veulent pas que tu sortes, je te ferais sortir moi ! »

    Il ne savait pas pourquoi elle l’enlaçait… Il ne savait pas plus pourquoi elle le remerciait.
    En clair, ce qu’on pouvait dire de Tifa Lockheart, c’est qu’il ne savait rien d’elle… Elle l’aidait, supportait ses remarques parfois cruelles, lui faisait croire qu’il lui manquerait, lui donnait presque l’impression d’être chez lui… Parmi les siens. Pourquoi était-elle venue ? Et quel évènement fit qu’elle resta autant de temps à ses côtés ?... Henri et lui avaient établi un contact qu’il avait compris, une sorte d’amitié, de grand respect entre de grands guerriers… Mais elle n’était pas une guerrière, sa place dans cette guerre ne se justifiait pas forcément et ainsi, rien ne les unissait, si ce n’est un panier de pommes… sujet d’une mission pour son groupe.

    Sa marque d’affection lui fit se poser ces questions là… Plus personne ne s’était approché de lui de cette manière depuis qu’il était né simili… Et il ne fallait pas se mentir, peu de gens prenaient Dilan dans leurs bras.

    S’il allait utiliser l’argument « Tifa » pour se sortir de cette cellule ? Certainement pas… Dans le cas contraire, il ne pourrait probablement pas partir seul… Et ça ne marcherait jamais mais pour lui faire au moins ce plaisir, il mentit.


    « C’est noté, Tifa. »

    Elle s’éloigna alors, maintenant son regard sur lui… Ce simili soulagé de voir qu’elle s’était très facilement habituée à ce bras qui lui manquait.

    « J'ai le droit d'en savoir plus sur la grande bataille finale de Xaldin la Lance Tourbillonnante ? »

    Son visage resta de marbre, ce n’était pas de l’ennui, juste un visage dénué de toutes émotions… Il sembla tout de même réfléchir avant de commencer ce petit récit.

    « Je n’en sais pas beaucoup plus que toi, à vrai dire… C’est une sensation qui parcourt mon corps et mon âme depuis quelques temps… Depuis que j’ai trahi l’Organisation XIII, en fait. Je sais juste qu’un jour approche et que ce jour sera mon dernier… Mais étrangement, je ressens cela comme une bonne chose, un chemin trop sinueux qui s’achève enfin. J’ignore où, j’ignore quand… »

    Il marqua une pause, contrairement au début, son visage se déforma, les sourcils froncés, l’esprit concentré sur une cause.

    « C’est en écoutant cette sensation que j’ai décidé de sauver un gamin de la lumière et de me rendre à Yen Sid… Les deux fois j’aurais pu être tué, ou par la Coalition Noire, ou par vous… Mais je savais qu’il fallait que je puisse me reposer en prévision de ce jour là. »

    Une nouvelle pause ou même un arrêt… Il baissa le regard et réfléchit, laissant le silence s’installer confortablement dans la pièce. Il n’avait pas répondu de manière fort convenable… Elle s’était montrée curieuse et loquace tandis qu’il avait répondu assez froidement et très sérieusement… Cependant, comme la dernière fois, il développa une idée dans sa tête, faisant sa propre psychologie, tentant de se comprendre lui-même.

    Il finit par briser ce silence et la regarda fixement avec un visage au moins aussi sérieux.


    « Je suis un simili. Je ne mérite, à vrai dire, aucune forme de compassion, étant absolument incapable d’en éprouver pour toi ou pour quiconque. Il me reste une conscience, pervertie par l’Organisation XIII et par mon esprit cruel, sec et détestable. Je crois vraiment que vous avez tous fait une erreur, en me laissant en vie… J’ai combattu votre clan sans pitié et comme le meilleur des soldats. »

    Encore une pause mais une vraie cette fois-ci, il n’avait pas du tout fini de parler, presque ennuyé de devoir agacer Tifa d’un si long discours.

    « Le fait est qu’en tant que traître… Pour une raison que je ne puis expliquer… Je me rends compte enfin et vraiment à quel point Dilan, l’homme duquel je suis issu, était quelqu’un de profondément... »

    Bien n’aurait pas été le bon mot, sage non plus… Intelligent, Xaldin l’était resté. Le simili finit tout de même par se décider.

    « Admirable… Bien que je suivis l’Organisation, doté de cette ambition partagée de retrouver notre cœur… Je n’ai réellement ce besoin qu’à présent et je ne cesse d’essayer de me souvenir de cette vie-là et de penser comme il le faisait. »

    Il savait où il voulait en venir et sans faire de détours, il continua directement.

    « Même de mon vrai vivant, je n’étais pas timide et ce n’est pas depuis que je suis un simili que je ne ressens pas la moindre gêne… Dilan était à son tour certain de ce qu’il voulait… Et si c’était lui que tu avais devant toi, à ma place, je sais qu’il te dirait sans hésiter qu’il a des véritables sentiments pour toi. »

    Malgré cette déclaration plus qu’étrange, son regard et son visage étaient stoïques. Il savait que des tas d’hommes munis de deux superbes bras, devaient sûrement l’aimer au moins autant qu’il l’aurait aimé s’il était resté Dilan… Et de toutes manières, cela n’avait rien d’une véritable déclaration d’amour, il ne ressentait malheureusement rien pour Tifa.

    « C’est pour ça que c’est moi, Tifa, qui te remercie… »

    Et comme d’habitude, il se demanda ce que Dilan en aurait pensé et il en vint à cette conclusion réfléchie et sage… Il était ridicule.

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J'étais profondément troublée par ce que venait de dire Xaldin... Est-ce que c'était une sorte de déclaration d'amour ? De quels genre de sentiments parlait-il... ? Peut importe au fond du sens exact... Ça n'en restait pas moins extrêmement touchant.

« Et si une fille qui s'appelait Tifa se trouvait devant toi, elle te dirait sans hésiter que tu es quelqu'un d'admirable ! Oui Xaldin, tu es quelqu'un d'admirable. Nous autres combattants de la lumière on se bat parce qu'on aime, parce qu'on réclame vengeance, parce qu'on tient aux choses et aux gens... Si nous devenions des simili, plus aucun de nous ne se battrait encore mais toi tu continues, et mieux encore, tu ne te bats pas pour le mal. Ta détermination est si forte... Aucun d'entre nous ne peut rivaliser avec ta détermination. Un modèle pour nous tous ! »

Et je disais ça avec sincérité.

« Ce n'est pas ce que nous sommes qui nous définis, mais ce que nous faisons... On ne tue pas des simili pour le plaisir tout comme on ne tue pas des sans-cœurs parce qu'ils sont laids... D'ailleurs on a même Roxas, un ancien de l'organisation dans nos rangs. Nos actes nous définisses, ce qui fait de toi plus que quiconque un guerrier honorable. Je ferais tout pour que personne n'oublie à quel point Xaldin était un guerrier courageux, fort et valeureux. Que personne n'oublie quelle homme il était ! »

Par pitié, empêchez moi de parler ! Je suis en train de lui déballer tous ce que j'ai sur le cœur et c'est plus fort que moi ! Son histoire, ce qu'il est a fait et va faire... Tout ça me touche profondément à tel point que je n'arrive pas à retenir cette petite pointe de tristesse dans ma voix quand je parle de sa mémoire... Tous ce qu'il restera de lui. Ça me dépasse mais j'ai compris, qu'essayer de le retenir ne changerait rien et ne rendrais ça que plus douloureux... L'ambiance est très lourde, je vais essayer de détendre l'atmosphère !

« Je raconterais mon histoire à mes enfants quand j'aurais pour qu'ils dorment ! Et s'ils ne sont pas sage, je leur dirais que le méchant Xaldin viendras les chercher ! »

Et j'ai sourit, en espérant que ca l'amuse.
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    Un rictus s’afficha sur le visage du simili, les yeux plongés dans ceux de Tifa.

    « Le méchant Xaldin… Ca me plait assez. »

    Elle était très gentille et bien qu’il ne puisse pas en éprouver, ça lui faisait tout de même plaisir. Cette façon un peu naïve qu’elle avait de le considérer, c’était une fraicheur et un sentiment de nostalgie l’embaumait. Il avait l’impression de revoir un gamin convaincu qu’être garde du Jardin Radieux était un travail honorifique et ô combien admirable. Mais c’était plus compliqué… Ca l’est toujours.

    Qu’elle le fasse vivre dans les mémoires des prochaines générations… C’était une belle intention (bien que pas très morale) qui le faisait plus rire qu’espérer. Il se fichait bien du souvenir… Et il n’avait pas cherché à redevenir quelqu’un de bien, ce n’est pas comme s’il pensait que quelques actes pourraient rattraper toute une vie. Son seul vœu était de partir convenablement.

    Assez parlé… Il avait accompli en quelques sortes la plupart de ses dernières volontés et il n’en restait plus qu’une à réaliser de lui-même… Etre arrivé jusque là, c’était déjà désespéré, il ne faisait plus aucun doute qu’il atteindrait son but, le dénouement parfait.

    Il y avait l’ultime regret des mortels, qu’il ne goûterait jamais. Lui ne réfléchirait pas à tout ce qu’il aurait voulu faire, à ce temps dont il n’a pas assez profité… Pour ça il lui aurait fallu un cœur. Quelle bêtise… Xaldin n’en voulait plus à présent ! Cela aurait été particulièrement infecte et outrageusement ironique qu’à l’aube de son dernier jour, il se lève avec un cœur dans la poitrine ! Son destin n’allait pas changer pour autant, il ne voulait plus donner bénéfice au doute.

    Elle était toujours en face de lui et baissait les yeux… Songeuse.


    « Adieu, Tifa. »

    Cela la surprit mais lorsqu’elle leva son regard, il souriait… Pas un sourire joyeux ou chaleureux, parce que même au bord de la mort, il restait Xaldin, pas un héros de seconde classe… Non, c’était un sourire plein d’assurance. Un sourire qui disait « Bien sûr que ça va bien se passer ». Et s’il ne la chassait pas, il n’en pensait pas moins qu’elle devait passer à autre chose, passer au travers de ces grilles et en chercher de nouvelles… Sauver quelqu’un qui peut être sauvé et être sauvée par quelqu’un qui en est capable.

    Elle s’en alla… Sa beauté et son charme intactes… Et avant que les gardes n’arrivent et se rendent compte que les barreaux de sa cellule avaient été rendus légèrement inutilisables. Ils le reprochèrent au simili qui après tout, n’en était pas à son premier crime.


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