Kingdom Hearts RPGConnexion

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    Le soleil était éclatant et faisait dorer sa peau, il fermait les yeux par réflexe, pour ne pas être ébloui par cette lumière et malgré lui, sourit en sentant ce contact si chaleureux des rayons de l’astre qui caressaient ses joues creuses. Une voix qui sonnait comme l’écoute d’une guitare désaccordée arriva jusqu’à ses oreilles pointues, il rouvrit les yeux, les plissant un peu face au soleil. Braig et sa façon trop confiante de vivre, moqueur et sournois… Il le haïssait, n’était pas digne d’être considéré comme un apprenti… Ce Braig, c’était un renard déguisé en mouton dans une immense bergerie… L’homme qui détruirait tout un jour ou l’autre.
    Dilan lui répondit froidement mais poliment… Il était un symbole de rigueur, son uniforme noir était impeccable, ses cheveux tirés en arrière ne le laissaient pas s’aveugler en cas de coup dur… C’était un guerrier.

    Une douleur le surprit… En pleine poitrine, au niveau du cœur… Ca devait être une pointe, il avait déjà produit beaucoup d’efforts avant cette minute-ci. Il se concentra sur le visage amoché de Braig, borgne depuis quelques mois. Et c’est sans vous dire à quel point Dilan fut satisfait d’apprendre que cet homme là avait perdu son œil dans un combat car pour un tireur d’élite, un angle mort est une chose pénible.
    Il ne répondit point une nouvelle fois, la douleur à la poitrine se reprit plus violemment, le faisant ployer, le dos voûté et se tenant au niveau de son pectoral. Braig avait disparu… Dilan émit un grognement avant d’hurler d’une douleur aussi brusque qu’une hache, qui vint transpercer son cœur… Il sentait ce dernier disparaître, s’envoler…

    Xaldin ouvrit brusquement les yeux… Hors de question…

    C’était hors de question qu’il revive le moment où il perdit le bien le plus cher de Dilan… Même si la vérité était déformée dans les songes, c’était trop désagréable, il ne voulait guère combattre ce démon là. C’était pour cela qu’il était mitigé vis-à-vis des rêves… Souvent, c’est le moment de la journée que le simili standard préfère… Une petite chance de revenir en arrière et d’avoir l’impression d’avoir un cœur. Mais cela tournait si facilement en cauchemar quand l’accident se produisait que cela aurait pu en devenir traumatisant s’ils avaient eu un cœur.

    Il leva sa main droite et la mit sur son visage, pressant un peu ce dernier contre ses doigts, sentant un contact rassurant. C’était sa quatrième nuit dans ce cachot et il s’y était habitué avec la plus grande facilité. La veille, un médecin était venu s’occuper de lui et avait bien réduit quelques douleurs, s’occupant des plaies fraîches… C’est dans ce genre de cas qu’on différencie un scientifique guerrier comme Xaldin d’un médecin… Il n’y a rien à faire, ça n’était pas comparable. Néanmoins ses muscles lui faisaient toujours aussi mal, il pouvait sentir les nerfs dans son dos, durs comme du bois tandis que son visage était pâle et cerné… Mais la douleur qu’il ne regretterait pas le moins du monde : Son cuir chevelu qui avait pris un coup dur dans son combat datant déjà d’il y a un mois, contre ce clone de Marluxia. Ca pouvait sembler bête mais il avait été méchamment amoché et c’en était très désagréable puisqu’il ne savait rien y changer.
    Il n’était pas du tout mécontent d’être débarrassé de cette plaie là.

    Le lit n’était pas bien confortable… Sur une planche de bois en guise de sommier accrochée au mur. Il leva son buste pour se mettre doit sur son lit et mit ses jambes à terre avant de glisser sa main jusqu’à son front et comme la dernière fois, d’appuyer son visage tout contre ses doigts.
    Il était fatigué mais n’avait plus envie de dormir… Il avait assez dormi… Il n’y avait pas beaucoup de choses pour le distraire, autour de lui. Pas loin, il y avait un homme en noir dans une cellule et encore plus loin, un homme aux cheveux verts et habillé en costume noir… Et il n’aimait pas sa façon de sourire…


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Le Quatrième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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Et me voila moi, à partir au Château Disney.

On m'avait dit qu'un des serviteurs du Sanctum s'était foutu dans de sales draps, il aurait fait une connerie et il aurait été jeté dans les cachots, je pensais pouvoir aller le récupérer et le ramener, on reste solidaire hein? Tout de même je me demande ce qu'il a fait pour se retrouver là dedans, mais oui un cachot c'est fait pour... Ben pour garder des trucs qui ont fait des machins pas biens. Ou des êtres ou n'importe quoi.

Je posais le pied dans le Hangar du vaisseau gummi, le mec' de la Shin'ra disant qu'il attendrait mon retour, et qu'il allait taper un somme pendant ce temps, bah, du moment qu'il a fait son travail il fait ce qu'il lui chante. Je marchais de mon pas plus léger que d'habitude, comme ce n'est qu'un objectif diplomatique j'y allais sans mon armure, un pantalon de toile pas mal amoché et pas mal de bandages pour me remettre des blessures du combat, je montais les marches et arrivait dans le jardin, certes petit mais bien entretenu... J'avançais dans ce qui semblait être la salle d'audience, un homme posé derrière une table avec tout un tas de papier qui semblait être des papiers administratifs "alacon", je m'approchais et il leva la tête, comme gêné dans son travail, "Que voulez-vous?!" il était direct, je lui fis un petit "Euh c'est pour aller dans les cachots voir... Quelqu'un", il me pointa la direction, comme offensé qu'on lui demande ça à lui, "C'est par là, mais la magie est annulée dans les cachots!", je lui répondis "Je m'en fou je suis guerrier, j'ai pas un chapeau de mage non plus! En plus si j'en avais un il serait bleu avec des étoiles!", je crois qu'il me regardait d'un air méchant quand je suivis la direction.

Je descendis alors dans les cachots, sombre, humide, noir, comme un cachot quoi, comment dire qu'à l’extérieur c'est tout clair et là dedans c'est aussi noir qu'une botte pleine de boue. J'avançais, les seules sources de lumières étaient les petites fenêtres, je sais plus comment ça s’appelle et je m'en fou... Il y avait un homme en noir avec des cheveux vert, qui souriait malicieusement, mais il y avait... Cette autre personne... Cheveux noir, ce visage ne m'était pas inconnu... Où l'avais-je aperçu? Je crois que c'était étant plus jeune... Beaucoup plus jeune, peut être...

Je ne m'empêchais pas de me tourner vers lui, quitte à ce que l'autre trouduc' attende de crever de faim, j'adressais la parole à "l'inconnu", qui fixait le sol.

<< Salutations.

Il tourna la tête vers moi, je n'ai pas bien vu son regard, je ne sais pas quel "sentiment" pouvait-on traduire là dessus, il faisait assez clair pour voir les formes du visage, mais pas les yeux...

-Hm... Je peux vous importuner quelques minutes? Si vous n'y voyez pas d'inconvénient. malgré ces mots, je continuais quand même. Mais, je vous ai déjà croisé quelque part, je pense... Je pense que c'était à Radiant Garden... Vous n'étiez pas... Euh... Enfin vous habitiez à Radiant Garden, fut-un temps, non? >>

J'attendais ça réponse, je pensais à mon monde Natal, je repensais à ma famille te mes passes-temps, je repensais au Consulat et... C'était vraiment un passage mélancolique... Je le regardais, il me regardait, je ne sais pas si il se souvient autant que moi je me souviens de lui. J'entendais l'autre idiot que je devais sortir, il avait sans doute reconnu ma voix, une voix qui disait du genre "Hé! Henri! Fait moi sortir d'ici s'teuplaît! La bouffe est dégeu et y'a un clou qui dépasse de ma planche!". Je l'ignorais, car après tout pour être prisonnier de la Lumière il fallait bien avoir fait quelque chose... Comme l'Homme en face de moi.

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<< Arracher une tête à la simple force de mes poings?>>
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    C’était une étrange sensation… Un ennui mortel qui se mariait avec un esprit dubitatif… Xaldin ressentait ça depuis maintenant quelques jours, bien que les doutes furent présents et le rongèrent depuis qu’il avait perdu son bras. C’est dans des situations similaires qu’on conseille souvent au héro d’écouter son cœur… Pas de chance.
    Des pas résonnaient et s’approchaient doucement des cachots… Probablement un garde, Xaldin ne leva guère la tête, laissant son regard plongé sur le sol, pour maintenir sa réflexion intacte.
    Il ne se serait jamais permis d’engager la conversation avec un garde de la lumière, même si c’était pour combler l’ennui. Il était accueilli, certes mal mais il avait tout ce qu’il demandait… Mais avant ça, il avait commis des crimes aux yeux de la lumière, s’il jouait à ignorer tout cela en parlant à un garde par qui il était peut-être détesté… Il aurait été plus qu’irrespectueux. Et même si vous croyez bien que le respect est une chose qui ne préoccupe pas tant le simili, il n’aurait rien à gagner à torturer un garde par ses paroles cruelles… Il ne faisait jamais cela pour le plaisir.

    Les pas se rapprochaient et au même moment, une voix agaçante fit son entrée dans les cachots, un homme qui se trouvait dans une cellule loin derrière Xaldin, qui répétait inlassablement au nouveau venu de le sortir de là… Ce n’était pas un garde, ainsi ?


    « Salutations. »

    Une voix d’homme, c’était plus qu’évident… Ou alors… Une femme très testostéroné… Ce qui revenait à dire que c’était un homme. Xaldin lâcha un léger soupir, que quelqu’un vienne lui parler quand il se meurt d’ennui, c’était presque trop prévisible… Mais il ne crachait pas sur une parole.
    Il tourna la tête vers l’homme en question… Qui était bien un homme. Du point de vue de Xaldin, il semblait même faire deux bons mètres et sa carrure était impressionnante. Pourtant il ne portait pas des habits bien épais qui suffisaient à rendre n’importe qui impressionnants. Il était couvert de bandage et habillé d’un pantalon léger et d’un t-shirt… Son visage était… ou plutôt aurait pu être effrayant pour n’importe qui. Un teint cadavérique, le visage tatoué d’un signe étrange au niveau d’une de ses tempes. Ses cheveux étaient blancs… Il avait l’air assez vieux.


    « Je peux vous importuner quelques minutes? Si vous n'y voyez pas d'inconvénient. »

    Cela pouvait sembler étonnant mais le simili n’eut même pas l’idée d’y trouver quelque chose à dire… Qu’un homme aussi robuste, au visage aussi « atroce » veuille lui parler de sa propre initiative, ça forçait l’intérêt. Et c’est avec intérêt que le simili observa cet homme, le jaugeant, tandis qu’il parlait.

    « Mais, je vous ai déjà croisé quelque part, je pense... Je pense que c'était à Radiant Garden... Vous n'étiez pas... Euh... Enfin vous habitiez à Radiant Garden, fut-un temps, non? >>

    Le visage du simili ne changea pas et quand bien même, son regard était voilé par l’obscurité des lieux… Son esprit s’allégeait de tous ses tourments, il ne pensait plus à rien d’autre qu’à cette question et à la réponse.
    L’envie de rire l’avait effleuré quelques secondes. Qu’on lui demande où il habite, qu’on demande ça à un simili, c’était probablement la première fois.


    « Je suis un simili, ex-membre de l’Organisation XIII, tu t’en rends bien compte ?... »

    Le simili chercha les yeux de l’homme en question… Et ce regard exprimait une question : Est-ce qu’il savait seulement ce qu’était l’Organisation XIII ?

    « Tout ce qui se rapporte de près ou de loin à une vie tranquille dans un coin tranquille, les similis n’y ont pas droit… Non, moi je n’ai jamais habité dans un coin aussi paisible que le Jardin Radieux. »

    Derrière eux, cet homme parlait encore à l’interlocuteur de Xaldin. Il se répétait et parlait si bruyamment, d’une voix si horripilante. Pour couvrir sa voix, le simili n’attendit pas pour poursuivre.

    « Mais avant d’être simili, j’ai vécu au Jardin Radieux, c’est vrai. Et si tu m’y as vu, c’est que tu étais là quand tout était plus beau. Mais désolé, je ne me souviens pas du visage des hommes que je croise. »

    Xaldin se redressa et se mit dos au mur, il ne regardait plus le récent arrivé mais les barreaux qui le séparaient de la liberté. Il n’avait pas besoin du nom de cet homme, juste d’une chose. Et il n’hésiterait pas à être brusque. Cet homme était un guerrier, ça se voyait, il ne serait peut-être pas tant étonné.

    « Si tu n’es pas un garde… Tu n’aurais pas une arme sur toi ? De préférence, une petite que je pourrai cacher sans problèmes ? En fait… L’idéal serait que tu en aies deux mais une, ce serait déjà un grand service que tu me rendrais. »


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Le Quatrième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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L'Organisation XIII?

Des rumeurs... Non, pas de rumeurs, juste des faits, d'énormes faits... Il parait que c'était une Organisation Malfaisante, distinguée par ses... Vêtements particulier, tels celui qu'il portait : fermetures éclaires, couleurs d'obsidienne aussi noire que la nuit, un habit qui vous rend invisible dans le noir, avec cette capuche... Ce serait parfait pour les infiltrations, et puis ces manches... Mais l'Organisation fut dangereuse, elle et ses similis, ils en vinrent à utiliser ce môme particulier et recréer un Kingdom Hearts... Il fut détruit par un certains "En-Sème le Sage" (mais quel nom à la con... Je vous jure), pour que leur Big-Boss a la fin en découse avec deux mômes... Triste fin pour un homme qui souhaitait réaliser son rêve.

Mon partenaire de mots m'avoua "qu'avant" il y avait habité... Mais si c'est un Simili, alors ce n'est plus que le reflet de lui même, mais sa carrure de guerrier, restait la même... Je sentais toujours l'expérience sur son visage, ces mêmes marques qui se sentent sur le visage d'un guerrier, d'un... Vétéran, j'étais toujours aussi impressionné, je pouvais me remémorer la scène... Un jour je l'avais regardé, il était debout et me fixait, je faisais de même, la tête levée, il avait sa lance, moi, j'avais mon épée en bois... Nous n'avions pas échangé un mot, mais il m'inspirait, m’impressionnait... J'étais en face d'un colosse qui savait se battre, alors que moi je pouvais me battre mais vaguement...

Il me fit une demande, un peu spéciale, lui donner un truc... Je savais qu'il tenterais de s'enfuir...

Je pris de ma ceinture une dague que j'avais emporté au cas où cela tourne au vinaigre (Prudence est mère de Sureté, comme on dit) c'était une dague assez basique , avec une simple lame en fer, forgée par mes soins, nous pouvions voir la lame principale, dentelée, et une plus petite, au cas où elle soit plantée assez profondément, le manche était d'un bois bien taillé et le bout du manche en or, où était gravé le mot "Rédemption" . Je lui tendis, il la pris rapidement, et la cacha dans sa manche.

Pourquoi avais-je fais cela? Alors que je pensais que les membres de l'Organisation étaient Dangereux? Eh bien...

C'est la voie du Guerrier.

C'était peut être un espoir, un infime espoir, une goute d'eau dans un océan, une miette de pain dans une baguette...
J’espérais... Oui... J’espérais vraiment qu'un jour, j'affronterais cet Homme... Que j'affronterais celui qui m'a passionné...

<< Ce n'est pas si grave, au final, que vous ne vous souveniez plus de moi... Laissez moi vous raconter, vous ne vous remémorerez peut être pas, mais moi, je me souviens comme si c'était hier... Et pourtant cela s'est passé il y a si longtemps...

Vous étiez Garde de ce qu'on apelle "La Forteresse Oubliée" maintenant... J'étais pas plus grand que mon Tibia, j'aimais bien me balader autour de cette forteresse... La zone était assez sécurisée, mais, sans un bruit de fracas, d'un mortel silence, une attaque de ... Comment ça s'appellait? Ne... Nésc... NAs... Nescient! Sur la ville, je fis vite de me cacher derrière une pile de caisse... Pour pas que l'on me voie, certes il y avait d'autres personnes pour affronter ces choses, mais vous étiez là, vous aussi, vous combattiez vaillamment... Avec votre ami au Tomahawk... Vous faisiez face à ces bêtes, je me souviendrais de ce que vous aviez dit, ce jour là... :


<< Vous Ne Passerez Pas, Nescient... >>

Je crois que, cette phrase là scella totalement mon destin, un destin sans fin, un destin... Un destin renouvelé chaque jour, un destin tel que seul les forts l'empruntent, un destin... >>

C'est avec le cœur, plein d'émotion que je prononçais ces derniers mots

<< Un Destin... De Guerrier! >>

Mélancolie, mes souvenirs remontaient, je ne sais pas si il s'en moquait ou qu'il m'écoutait... J'étais totalement perdu dans mes pensées qui jaillissaient du passé, tels des geysers...

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<< Arracher une tête à la simple force de mes poings?>>
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    Ce guerrier de près de deux mètres lui tendait sans paroles une dague… Une petite lame facile à cacher mais tout en étant rigoureusement redoutable. Ce guerrier venait de lui donner les clés de sa fugue, son billet retour à la liberté. Mais à quoi pensait-il… Comment pouvait-il donner une arme, quelque chose de dangereux à un homme plus redoutable qu’un dragon si on lui en donnait les moyens ? Xaldin le regarda dans les yeux mais son caractère lui ordonnait de prendre au plus tôt cette arme tendue… Parce que rien n’empêchait que cet homme ne se rende compte de la bêtise de son acte. Xaldin se leva rapidement et prit en un geste rapide le couteau par le manche. Il n’observa que quelques secondes l’arme… Il n’avait pas besoin d’une arme très affûtée, une aiguille lui aurait suffie. Mais il était resté un guerrier, un homme d’armes qui aime la qualité de ce avec quoi il combat. Il la cacha en un éclair dans sa manche. Dans cette zone, la magie n’était pas praticable… Autant dire que personne ne s’apercevrait qu’il est armé.
    Xaldin recula de quelques pas mais il resta à proximité des barreaux. Il réfléchissait, se demandait quel genre d’homme celui-là pouvait bien être. Pourtant il avait ce qu’il voulait… Il avait tout ce qu’il aurait voulu obtenir de cet homme.


    << Ce n'est pas si grave, au final, que vous ne vous souveniez plus de moi... Laissez moi vous raconter, vous ne vous remémorerez peut être pas, mais moi, je me souviens comme si c'était hier... Et pourtant cela s'est passé il y a si longtemps... » »

    Il y a si longtemps… C’était tout ce qui le séparait de sa vie, de ces jours où il avait vraiment l’impression de vivre, où l’air qu’il respirait lui disait « Hey, profite de la vie. » Et il obéissait bien volontiers, à sa façon, même si c’était assez singulier. En soi, il n’a jamais regretté durant son existence de simili, de ne pas avoir profité autant qu’il l’eut voulu de la vie avec un cœur. Parce qu’en son sens, c’était faux, pour lui, il en avait profité à chaque inspiration. Cet homme l’invitait dans le passé… Là où tout était mieux, là où Xaldin aurait voulu être figé jusqu’à la fin des temps.

    « Vous étiez Garde de ce qu'on appelle "La Forteresse Oubliée" maintenant... J'étais pas plus grand que mon Tibia, j'aimais bien me balader autour de cette forteresse... La zone était assez sécurisée, mais, sans un bruit de fracas, d'un mortel silence, une attaque de ... Comment ça s'appelait? Ne... Nésc... NAs... Nescient! Sur la ville, je fis vite de me cacher derrière une pile de caisse... Pour pas que l'on me voie, certes il y avait d'autres personnes pour affronter ces choses, mais vous étiez là, vous aussi, vous combattiez vaillamment... Avec votre ami au Tomahawk... Vous faisiez face à ces bêtes, je me souviendrais de ce que vous aviez dit, ce jour là... »

    Lui aussi s’en souvenait… L’homme face à lui prononça les paroles et au même moment, le simili forma les mots en remuant les lèvres, tout en fermant les yeux. Il n’oublierait jamais ses mots. Pourtant il en avait dits dans d’autres, des semblables à ceux-ci. Mais c’était comme s’il savait ce que ce guerrier avait vu. Cependant, il était étrange de voir qu’il ne se souvenait tout de même pas de ce jour. Les paroles étaient… Venues d’elles-mêmes, sans qu’ils ne puissent les expliquer. « Vous ne passerez pas, Nescients… ». On dit que les paroles s’envolent mais que les écrits restent. Mais dans l’esprit du simili… Cette seule chose qu’il lui restait, ces paroles étaient gravées à jamais.

    « Je crois que, cette phrase là scella totalement mon destin, un destin sans fin, un destin... Un destin renouvelé chaque jour, un destin tel que seul les forts l'empruntent, un destin... >>

    Pour la première fois depuis son existence de simili, Xaldin écoutait. Et c’était presque de la passion qui se lisait sur son visage. C’était presque de la joie qui dissimulait ses cernes, de l’ardeur qui réchauffait son corps faible… C’était presque un cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Il écoutait avec une attention infinie et si quelque chose avait interrompue les paroles de cet homme, Xaldin aurait aussitôt trouvé l’utilité du poignard qu’il venait de recevoir.
    Pour la première fois depuis longtemps, Xaldin se sentait comme Dilan.


    << Un Destin... De Guerrier! >>

    Ce colosse ne regardait pas Xaldin, il regardait tout ailleurs, quelque part entre l’infini et l’inexistant, beaucoup plus profondément que la mélancolie. Le Simili fit volte-face, tournant le dos à cet homme… Il avait envie de pleurer et de rire. Et c’était pour essayer, peut-être, qu’il ne montrait plus son visage à Henri.
    Il se souvenait de toutes ces choses. Des Nescients, ces créatures obscures qui avaient bousculé les mondes l’espace de quelques semaines. Il en revenait à Dilan de les abattre avant qu’elle n’entre dans le manoir d’Ansem.
    Il se souvenait très bien d’Aeleus. Comment pourrait-il un jour l’oublier, lui plus fort que tout ? Leur amitié lui manquait autant qu’un cœur.

    Le Lancier se retourna au bout d’une petite minute, son visage était… Serein, oui.


    « Si tu savais comme… J’ai envie de revenir à ce temps-là. Me battre à l’époque, c’était ma seule raison d’exister ! Je chargeais sans pitié, faisais tournoyer ma lance dans mes mains et là… La tension était si forte… Je ne pouvais m’empêcher de pousser un cri de rage et de pourfendre violemment mon adversaire, quitte à me faire transpercer ! Ca m’était égale de me prendre des coups ! »

    Xaldin laissa un sourire différent apparaître sur son visage, s’étonnant lui-même. C’était tellement vrai, Dilan aimait tellement le combat. Il laissa un silence se placer dans la conversation, regardant le sol, comme mélancolique.

    « Ma raison de vivre, c’était de mourir au combat… Dans une bataille aussi longue que difficile, dans laquelle j’aurais tout donné, où j’aurais lâché mon dernier souffle et ou un ennemi aussi fatigué que moi m’aurait achevé avec soulagement, fierté mais aussi du respect. Pour que je sache que je suis mort en ayant combattu comme un dragon ! »

    Mais qui parlait ? Un manchot, complètement usé par les batailles, désespérément détruit par la fatigue ? Sans son bras gauche, il n’était plus que l’ombre de Dilan. Mais ça, il s’en fichait. Et même s’il avait choisi la voie qui lui permettrait de vivre… Et de se reposer. Le rêve resterait. A cet homme à qui il parlait d’égal à égal, ce qu’il n’avait fait qu’avec Lexaeus et la jeune guerrière de la lumière, il posa une question des plus simples mais surprenante de sa part.

    « Je m’appelle Xaldin et toi ? »


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Le Quatrième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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Je le regardais, raconter ses souvenirs qu'il avait de lui, ses souvenirs d'avant, ses faits d'armes, comme il disait si bien :
Se lancer dans la bataille, arme en main! Charger sans se soucier de la victoire ni de la défaite, pourfendre son ennemi dans un élan et dans un cri de rage! Une envie soudaine de se montrer surhomme, de vaincre son adversaire et de remporter le combat! Si la mort nous prend dans son étreinte glacée, ce n'était pas grave : Nous allions volontiers, nous mourrons en guerrier! C'est notre destin! Nos noms ne seront remémorés que parce que nous étions sanglant, si nous avions des armées, elles hurleraient nos noms comme cris de guerre, même si un jour la mort nous prend, nous serons remémorés par le combat éternel. La paix éternelle n'existera jamais, juste des temps de répit, seul la guerre est éternel, les mondes ne connaîtront jamais la paix. La seule fin est la mort.

Il s'arrêta pour me poser une question, banale en soit, mais elle prouve quand même une chose.

<< Enchanté Xaldin.

Qu'une amitiée est forgée.

- Je m'apelle Henri. >>

Je lui tendais la main, il la serra, je le regardais et il me regardait, avais-je autre chose à dire? Je l'ignore, peut être parler de combats épiques? De parler d'actualités?... Ce fut un blanc de quelques minutes, on avait peut être plein de chose à parler... Mais j'eu une idée, une idée qui briserait le silence... Pourquoi ne pas lui parler de ce projet...

<< En tant que Guerrier, cela vous intéressera... Je comptais un jour partir au Colisée de l'Olympe, c'est un Colisée, mais son activité avec ce "Héros" qu'on appelle Hercule fut réduite, je trouve, imaginez...

Mon idée... D'un certain point de vue était un vrai fantasme...

- Organiser un tournoi... Réunir des combattants, de toute part de notre univers... Les réunir dans un lieu unique, pour participer à un tournoi, un tournoi de guerrier, Un tournoi tel que l'essence même des mondes en frémirait, pendant une journée, peut être, oublier les différents entre certains groupes et se battre, livrer une journée, consacrée au combat éternel, affronter de tout : humain et monstre, valeureux ou lâche, même si nous proclamerons un ou des vainqueurs, l'intérêt serait aux novices de goûter à une part du combat, aux combattants de prouver qu'ils sont des guerriers, et aux guerriers de s'améliorer sans cesse... Si maintenant les gens se battent c'est pour des causes, même moi : personne ne se bas pour soit même! C'est ce qui est dommage, c'est même quelque chose qu'il ne devrait pas exister... C'est quelque chose qu'il faut corriger! Vous n'êtes pas d'accord? Se battre pour soit même, ou pour rien...>>

Il est vrai, si nous combattons, c'est pour des causes, mais le guerrier se bat avant tout pour lui et pour son expérience, il se bat pour que son nom fasse trembler la terre, ou il se bas car il n'a d'autre choix, parce que ce choix est le sien. Des pensées qui en reviendraient même à amener un terme philosophique : Devrais-je continuer à servir les Éternels et le Sanctum dans une servitude éternelle? Ou alors devrais-je continuer à perpétuer mon adoration dans le combat éternel? Mais ils me fournissent en combat... Et ils doivent s'en servir, je penses que je le sais maintenant.

<< Je pense que si jamais un tel tournoi s'organise, vous y serez Xaldin, n'est-ce pas? >>

Deux questions en peu de temps... Mais je sais qu'il pourra y répondre. L'heure tourne et moi il ne me reste plus beaucoup de temps, l'autre idiot s'est tût, il savait peut être que j'étais trop occupé pour ça...

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<< Arracher une tête à la simple force de mes poings?>>
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    « Je m'apelle Henri. »

    Xaldin serra la main qui lui était tendue. Ce genre de gestes, on n’y a plus vraiment droit quand on est un simili. Le simple fait de faire une rencontre devient risible. Un simili ne pense plus que pour son cœur, tout le reste est secondaire. Dans le cas de Xaldin, qu’est-ce qui pouvait être plus important que l’instant présent ? Il ne se faisait pas de fausses idées… Ne vous en faîtes pas à son sujet. Il savait qu’il allait mourir dans quelques temps… Des jours, des mois peut-être. Il avait dès lors compris qu’un cœur… Il n’en aurait plus. Il avait eu sa chance et avait échoué plus que nécessaire pour le comprendre. Alors un cœur, c’était tout juste un rêve. Comme un rêve d’enfant en fait, c’était probablement la seule trace d’innocence qui ornait son âme. Alors même s’il n’avait pas la chance de s’adonner à l’épicurisme, il pouvait profiter comme il le pouvait de cet instant là… Une poignée de main forte.

    Il lui avait donné trois choses en l’espace de quelques minutes… Un couteau, une quiétude et son prénom. Un couteau pour le futur, une quiétude pour le passé et un prénom pour le présent. Ces choses, il n’aurait pu dire celle qui avait le plus de valeur pour lui. Il avait besoin des trois et seulement de ces trois choses.
    Je ne vous l’apprends plus, Xaldin était alors un manchot. Il avait perdu son bras gauche et depuis… Rares étaient les fois où on le traitait comme… Un guerrier. Henri n’avait pas soulevé la question, pour lui comme pour Xaldin, on ne cessait pas d’être un guerrier aussi facilement.
    Après quelques petites minutes d’un silence tranquille, Henri reprit la parole, ce qui aurait sans doute agacé Xaldin en temps normal « Quel besoin de parler ? » mais en l’occurrence, non.


    « En tant que Guerrier, cela vous intéressera... Je comptais un jour partir au Colisée de l'Olympe, c'est un Colisée, mais son activité avec ce "Héros" qu'on appelle Hercule fut réduite, je trouve, imaginez... »

    Oh oui il connaissait, il y était allé… Plusieurs fois et y avait même combattu un homme d’exception dans son domaine. Homme dont le nom était connu de tous, à présent, alors qu’à l’époque, c’était juste un guerrier ambitieux. Le Modéré Noir qu’il appelait pour une bonne raison « Loz ». Ils avaient mené un combat dans l’arène… Combat très serré fini par la défaite du lancier mais soit, ce n’était pas là le sujet… Il n’y pensait plus… En fait il préférait ne plus penser du tout à cette longue époque en simili dans l’Organisation XIII…

    Henri lui expliqua avec précision ce qu’il envisageait. C’était pour le moins ambitieux, c’était même un peu utopiste… Aux yeux des autres groupes, ça l’aurait probablement été. Ce n’était probablement pas le moment mais… En fait, il se pourrait bien que si… Henri ne voulait pas la paix…


    « Si maintenant les gens se battent c'est pour des causes, même moi : personne ne se bas pour soit même! C'est ce qui est dommage, c'est même quelque chose qu'il ne devrait pas exister... C'est quelque chose qu'il faut corriger! Vous n'êtes pas d'accord? Se battre pour soit même, ou pour rien... »

    Difficile de dire que c’était une noble cause et pourtant, Xaldin le croyait. Pourquoi se battre pour autre chose que soi-même ? Cela avait le mérite d’être clair.

    « Je me suis battu pour moi, au début, quand je suis entré à l’armée. Jusqu’à ce que je devienne un garde du corps pour le Maire. »

    Cela remontait à loin, cela avait duré cinq années et tout avait commencé quand il eut quinze ans. Il ne s’en souvenait pas aussi bien qu’il l’aurait voulu… C’est vrai… Tout le monde combat pour une cause mais il est tellement rare de voir le contraire. C’était ça, visiblement, le rêve d’Henri. C’était utopiste mais s’il y croyait, s’il persévérait, il arriverait à ses fins. Qu’importe Hadès, qu’importe l’Organisation ou la Coalition Noire…

    « Tu as raison… Il y a un tel nombre de guerriers plus redoutables que toi ou moi, des chefs de groupe, des errants, des mercenaires… Il y a tellement de guerriers qui pourraient comprendre ton but, ton objectif et s’y lancer. »

    Lexaeus aurait voulu en être, sans le moindre doute, se lancer dans cet affrontement… Et il aurait brillé. Le Simili ne pouvait s’empêcher de s’imaginer dans ce tournoi, aux côtés d’un guerrier de l’acabit du Héros Silencieux. Une seule lance à la main et des monstres affreux qui arrivent sur le terrain… Au départ, ils auraient plongé sur leurs ennemis et les auraient tailladés, abattus sans la moindre pitié, un sourire aux lèvres, peut-être. Ou même… Il s’imaginait se battre contre Henri… Il n’avait pas la moindre idée de son style de combat mais ça ne pouvait être qu’un beau combat.

    << Je pense que si jamais un tel tournoi s'organise, vous y seriez Xaldin, n'est-ce pas? >>

    « … »

    Il fronça les sourcils, s’écartant des barreaux et laissant son regard balayer la pièce pour se poser distraitement sur un détail insignifiant…

    « J’aimerais… Mais non, Henri, si tu réalisais ce rêve, je ne pourrais quand même pas être avec toi à ce moment là pour combattre aussi... Jamais nous ne pourrons croiser le fer, Henri. Mes jours sont comptés, bientôt, je mourrai et disparaîtrai dans les ténèbres. Je ne sais ni quand, ni comment mais j’en ai la certitude. »

    Il ferma les yeux… Il n’arrivait pas à chasser cette certitude, elle était ancrée en lui. Ici, il pourrait trouver beaucoup de manières de détruire sa vie comme… Etre exécuté ou mourir de ses blessures ou même de fatigue. Mais il sentait que ce n’était rien de tout cela… Il n’avait qu’une intuition. Quelque chose allait se passer, bientôt.

    « Il y a quelque chose de bien plus fort que moi qui me tuera… Et c’est inévitable. »


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Le Quatrième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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Je lui fis un sourire.

<< Hé! Vous avez deviné mes pensées. >>

Mais bien sûr, sa déclaration ne me laissa pas indifférent... Étant un guerrier je ne pouvais pas dire "Non c'est qu'une mauvaise impression", c'est ini... Non, c'est Impossible! Quand un guerrier dit que la mort va arriver, c'est qu'il la sent... Il est dit, qu'on peut même la voir au moment fatal, au moment propice... Qu'on l'aperçoit au moment où la lame pénètre dans la chair et qu'elle tranche la vie, pour certains c'est une vision terrifiante, pour d'autre c'est une vision apaisante, les gens qui tuent ne la craignent pas non plus... Celui qui laisse son ennemi vivre craint la mort, de peur qu'elle arrive pour lui aussi. Je songe à une entité surpuissante qui peut tuer des gens en un éclair... Mais c'est totalement philosophique.

<< Je ne vais pas vous contredire sur ce point, Xaldin, si vous dites que vous allez mourir, c'est que vous mourrez, c'est inévitable. >>

Je fermais les yeux, imaginant quelque choses. Si Xaldin devait mourir, quelle fin aurait-il? Serait-ce tué par un membre de la lumière, après qu'il se soit échappé? Tué... Par la Coalition, eux et leurs menaces? Périra-t-il de la main d'un fou? Ou même d'un errant? La façon dont meurt un guerrier défini sa joie ou sa tristesse, mourir par le suicide est lâche et déprimant, mourir de la main d'un être humain, soit-il bon ou mauvais prouve toujours cette fugue! Si j'avais une barbe, je serais peut-être entrain de la tirer pendant ce moment même, mais... Si Xaldin doit mourir, son expérience devrait servir, un peu comme les maîtres et les élèves.

<< Dites moi, Xaldin, nous avons encore du temps devant nous, pourriez vous raconter... Certains de vos faits d'armes? Que ce soient des victoires ou des défaites? >>

Je lui fis un sourire, de nouveau.

<< Xaldin, malgré que je sois un peu grisé, j'ai encore tant à apprendre. >>

J'étais tout ouïe, je ne manquerais pas un détail... Ni rien.

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<< Arracher une tête à la simple force de mes poings?>>
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    Pressentir une mort très prochaine, c’était pour Xaldin comme s’il savait qu’il lui restait vingt-quatre heures à vivre… Ajoutez une cage et des cachots et c’est tout à fait cela… Et il venait de lui dire, à cet homme bizarre, certes mais terriblement intéressant pour le simili. Et d’un intérêt sincère était née une amitié, aussi impossible que cela puisse paraître. Tout son personnage avait été depuis sa naissance, traité de manipulateur, cruel et sadique… On disait aussi de lui qu’il était intelligent, compétent mais surtout solitaire… Xaldin était le soldat parfait qui ne posait pas trop de questions… Depuis quelques temps, il avait perdu toute identité… Diminué, exilé… Et tous ceux qui le connaissaient étaient morts, disparus ou des ennemis qu’il aurait tout donné pour ne plus revoir… Le genre d’ennemis que lui-même craignait.

    En somme, il n’était plus rien. Ca engage plein de défauts et de problèmes, vous vous en doutez… Perdre son identité, son passé, c’est perdre un sens à sa vie. Mais cela lui donnait un avantage… Il pouvait recommencer à zéro et pouvait s’offrir le luxe d’avoir un ami.



    Lorsqu’Henri répondit à cette annonce, ce fut d’autant plus intéressant. Il devait être le seul homme sur terre à réagir comme ça dans des cas pareils… Mais il avait raison et son groupe, quel qu’il soit, devait avoir bien de la chance… Il était quelqu’un de bien, trop bien pour accorder quelques minutes à un simili. Il risquait surtout de perdre ce caractère.

    Une histoire à raconter, une anecdote intéressante, c’était une demande bien spéciale qui aurait bien fait sourire Xaldin s’il avait eu un cœur… La plus récente, c’était sa rencontre avec Henri et ensuite, comment il s’y est pris pour faire accepter à ce vieil hibou de le laisser entrer dans le château. Sa ruse contre Ariez, sa survie dans la cité du crépuscule ou même son évasion d’Illusiopolis juste après avoir neutralisé Larxene et Vexen avec sa violence habituelle… Toutes ces histoires n’étaient pas palpitantes mais elles étaient authentiques et à chaque fois, il avait risqué sa vie. Mais…

    Même s’il savait que c’était un mauvais souvenir, il y avait une histoire, un exploit qu’il n’oublierait jamais… Même à travers la mort et des siècles…


    « Oui, je peux t’en raconter une qui vaut le détour… »

    Il regarda autour de lui, dans le couloir à la recherche d’un garde… Et comme si ça allait l’aider à raconter son histoire, il fit glisser de sa manche son poignard qu’il attrapa de sa main par le manche, jouant un peu avec, l’admirant et se laissant plonger dans ses souvenirs.

    « J’étais… Encore une fois, en prison, les bras enchainés, dans la bastille de Nottingham. En pleine nuit avec une température proche de zéro et une pluie abominable, dehors. Devant moi, mon ennemi, ma cible qui me faisait face. C’était un clone d’un membre de l’Organisation qui avait tout gardé de l’ambition et de la folie du simili d’origine… Ma mission était simple à comprendre, le tuer avant qu’il ne devienne trop puissant. Il m’avait mis dans un mauvais état et plus grave, je devais me libérer devant lui. »

    Le simili tourna la tête vers Henri, pour vérifier qu’il l’écoutait, d’une certaine façon… Pensant déjà à ce qu’il avait fait juste après pour se libérer. Pour imager l’attitude de Xaldin dans le combat, il suffisait tout simplement d’imaginer un dragon violent.

    « J’ai alors lancé mon plus puissant sort de vent au mur qui se trouvait derrière moi, le détruisant complètement, me libérant de mon entrave… Et je me suis précipité sur le clone… Mais il avait déjà prévu un coup en avance et avait… Miné, d’une certaine façon, le sol. Je me suis pris une explosion, un geyser d’un sort salement redoutable qui a sans pitié foutu mon corps en l’air, surtout au niveau du cuir chevelu… Mais avant même que l’explosion ne se finisse, je suis sorti du geyser à l’aveugle et ai lancé un deuxième sort de vent, expulsant l’ennemi sur le mur, le détruisant et tombant dans le vide… Trop aveugle et déséquilibré, je suis tombé avec. »

    Il était plutôt fier de son coup, même si sur l’instant, il n’avait pas vraiment l’avantage dans le combat. Néanmoins, s’il avait pu revoir cet affrontement, même après le dénouement, il aurait accepté de bon « cœur ». Paradoxalement, c’était le plus horrible de ses bons souvenirs.

    « Sur l’instant, je ne pouvais pas utiliser du mieux possible mes lances et mon pouvoir… J’ai du me contenter d’une lance pour l’affronter. Ce fut assez impitoyable, on profitait de la moindre faiblesse, du premier clignement d’œil de l’autre. Il m’a lacéré le dos, je lui ai donné de belles trempes. Mais pour tout t’avouer, il avait très clairement le dessus sur moi… J’étais trop faible et lui trop neuf. Les conditions ne s’y prêtaient pas, le terrain était trop vaste pour moi, je n’avais pas pu dormir en prison, je me suis pris des attaques de plein fouet avant même le combat… Mais bon, ce n’était pas une excuse pour perdre… »

    Il rangea son couteau et s’approcha à nouveau des barreaux, regardant Henri d’un air sévère… Il était lui-même pris dans cette rafale de souvenirs… Il n’avait rien oublié.

    « J’aurais pu disparaître en un clin d’œil et m’en sortir à bon compte… Envoyer des autres membres de l’Organisation finir un travail déjà bien accompli ou même une jolie centaine de reflets pour le condamner à mourir comme un chien. Mais sur l’instant, j’étais dans un combat et je n’avais jamais été aussi proche de la mort… Et rien que pour ça, je devais le mener et faire front…
    J’étais à une vingtaine de mètres de lui… Deux lances à la main, l’énergie magique à zero, mes sens complètement diminués. Et j’ai couru, menant un assaut rapide et violent… Quand je suis arrivé sur lui, j’ai sauté mais il était plus rapide que moi… Il m’a frappé de sa faux… Et avant même de ressentir la douleur, j’ai frappé avec ma lance… Un coup d’estoc et je lui ai transpercé la gorge, le tuant sur le coup. »


    Il recula, pointant du doigt son bras gauche.

    « Le clone a pris mon bras qui a disparu en même temps que le corps de mon ennemi… Il a disparu comme s’il savait que j’étais déjà mort… Mais je me suis quand même demandé… Et je me demande encore si j’ai bien fait d’être aussi borné et stupide. Ce n’était qu’un clone… Qu’une pâle copie qu’un autre aurait pu finir à ma place. Ce combat n’était pas si important. Oui j’ai été un guerrier mais à quel prix ? Parce que depuis, je ne combats plus aussi bien, je ne suis plus qu’une loque. Alors est-ce que j’ai bien fait ? »


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Le Quatrième Jour. Fa8a4550a89afaabf23a
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<< Xaldin!

C'était le poing levé, d'une détermination nouvelle, que je prononçais ces mots...

-Vous avez livré, un ultime combat, Xaldin! Vous êtes venu, vous avez vu, vous avez vaincu! Vous deviez accomplir votre devoir : le devoir de dépasser... Non, de surpasser vos limites! Xaldin! Dans ce combat, vous n'étiez pas que face à un ennemi : vous étiez face à votre existence de simili, qu'avez vous fait? Vous n'avez pas renoncé, vous avez continué là où d'autres auraient-jeté l'éponge, vous avez pulvérisé les limites imposé par la physique et tout le tsoin tsoin, vous êtes devenu beaucoup plus fort pour faire face à votre adversaire! Xaldin! La mort voulait vous emporter avec elle de son étreinte glacé et de sa faux tranchante, vous l'avez regardé, vous lui avez craché au visage et l'avez repoussé! Elle s'est enfuie, de peur que vous la pulvérisiez! Qu'aviez-vous dit, Xaldin? "Mais sur l’instant, j’étais dans un combat et je n’avais jamais été aussi proche de la mort… Et rien que pour ça, je devais le mener et faire front… " VOILA! Voila ce que j'appelle une réaction de guerrier! Nous sommes impitoyable, nous sommes fous, fous de quoi?! Fous de combat! Nous faisons face, la seule limite de notre existence est la mort elle même! Xaldin! L'humanité ainsi que tout le reste devrait être fier de vous! Vous n'avez pas abandonné, vous avez lutté! Se battre jusqu'à que quelque chose nous arrache le cœur! Nous n'avons pas le temps de vieillir! La mort nous prend tôt! Nous connaissons tous une fin, la notre? Elle est dans le combat, et pas dans un lit à périr lentement entouré de gens à qui on tiens, dans la mort, nous sommes solitaire! Quel est notre dernier souvenir? Le combat et la bataille! En vivant nous devons accomplir notre devoir, que faire ensuite? Mourir une fois le devoir accompli! Mais notre devoir à nous est éternel, notre combat est notre devoir! Et ce devoir ne connaîtra jamais une fin! Sincèrement, qu'est ce que je penses des jeunots qui font "Ouai ben moi je mourrais pour apporter la paix!" ? Ils ont des excès de zèles et d'arrogance! Rien n'y personne n'apportera la paix! Les mondes sont équilibré dans l'harmonie, laquelle? L'harmonie du combat! Car où que vous alliez, le combat est présent! Que ce soient les hommes, les sans-cœurs ou même vous, les Similis! Car Xaldin! Le combat est la seule chose réelle! Quand votre Leader a mis sont plan sur la Keyblade a exécution, qu'est ce qu'il y a suivit?! Des combats! Quelle est la dernière chose qui a apporté un semblant de paix? Un combat! Xaldin! Car même si votre victoire vous a couté votre bras, quel en est le signe? Que votre devoir est accompli! Vous avez combattu Xaldin! Combattu les sans-cœurs, combattu d'autre similis, combattu des gamins pubères, combattu encore et encore Xaldin! Combattu contre tout ce qui était possible... Mais sachez le Xaldin! Tel un guerrier vous connaîtrez une fin honorable, que ce soit en combat ou d'une chute mortelle dans les escaliers!... Le combat Xaldin! Le combat et rien d'autres! Voila ce que nous sommes : Nous ne profitons de nos vie que dans la bataille! Nous faisons le premier sang, et nous terminons le combat! Nous ne nous battons pas pour le plaisir de détruire, nous nous battons pour le plaisir de combattre! Nous montrons à de jeunes guerriers l'exemple! Et les guerriers eux, nous marquent de leurs expériences! Regardez moi Xaldin! Je suis couvert de cicatrices! Celle là, un maniant de la hache de guerre! Celle ci, c'est un voleur, celle là, un fou furieux qui se battait avec des Katars! Xaldin! Car même si l'histoire que vous m'avez raconté n'en est qu'une, votre corps recèle de savoir! Un savoir de guerrier! Un savoir que les scientifiques ne mettront jamais à profit! Un combat est une leçon! Chaque cicatrice un apprentissage! Xaldin!

J'ai vraiment beaucoup parlé... Dans un excès de force, d'honneur, de courage! D'envie!

<< XALDIN! NOUS SOMMES DES GUERRIERS! ET MÊME SI LA MORT S'EMPARE DE NOUS ET NOUS MONTRE LE GOUT DE LA TERRE! NOUS RESTERONS DANS LA MÉMOIRE DES GENS! POUR NOTRE FÉROCITÉ AU COMBAT ET DANS NOS ACTES! >>

Cette phrase résonna dans le Château entier...
Oui...
Car les guerriers sont...
Éternels...

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<< Arracher une tête à la simple force de mes poings?>>
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    « Xaldin! »

    Le simili fut presque surpris par une telle détermination dans ce « Xaldin » d’Henri… Et le simili en était plutôt content, ayant peur de ne pas trouver la réponse qu’il cherchait de ce guerrier mais visiblement… Il savait s’il avait oui ou non été brave, s’il avait oui ou non été comme il le souhaitait.

    Et le Dévoué parla avec autant de cœur qu’il était possible d’en avoir. Il était un guerrier jusqu’au plus profond de ses entrailles. Il parlait de ce qu’avait fait le simili avec une certitude, comme s’il eut été là, le soir de cet affrontement… Il lui disait qu’il n’avait pas cédé à son existence, à sa demi-vie… Etait-ce bien vrai ? Au fond, Xaldin n’avait-il pas abandonné tout espoir de retrouver un jour un cœur ? Il ne savait pas mais les paroles d’Henri furent sages, furent… Fortifiantes et la brume des regrets, de l’incertitude et de la honte se dissipait peu à peu dans les yeux du simili.

    Pour Henri, il était… Un homme qui avait craché sur la mort, un homme qui malgré tout n’avait pas fui. Selon Henri… Il était devenu plus fort, même probablement invincible face à l’adversité car il était un guerrier… Parce qu’il ne craignait rien.

    Il avait une belle vision de la mort, si la beauté puit exister pour un tel mot. Pour le simili, bien qu’il n’ait pas de cœur, c’était une crainte intense… Il avait déjà connu la mort, sous des termes différents, certes mais quand il plongea à la fin de sa vie dans un puit de néant, il n’en ressortit plus pareil.
    Mais pour Cyb, c’était la façon de mourir qui se devait d’être impeccable et pourtant il n’en demandait pas tellement ! Mourir au combat pour que le combat reste immortel dans notre esprit, même ce dernier privé de son enveloppe charnelle.

    Il parla finalement d’une fin honorable…

    En fait, il parla de tellement de choses qu’il ôta tout doute au lancier, pas seulement sur cet évènement où il avait perdu son bras gauche mais aussi et surtout sur sa fin qu’il sentait proche… Dans quelques jours, il allait mourir et il savait que ce ne serait pas ici ou du moins… Pas comme ça… Dans quelques jours, il serait terrassé et il disparaîtrait comme de la poussière, comme s’il n’avait jamais été là… Le simili soupira et regarda Henri dans les yeux… Soit. Oui soit ! Il mourrait ainsi car de toutes manières, il ne pouvait en être autrement... C’était ce qu’il avait toujours souhaité alors pourquoi hésitait-il encore ? Mourir au combat… Se tenir devant un adversaire et respirer… L’oxygène qui, parcourant ses poumons, lui font mal. Quelle que soit l’issue de cet affrontement, il va bientôt s’éteindre…

    La situation pour les spectateurs devait être assez amusante. Un guerrier qui proclame un long discours à un autre guerrier simili, en proie aux doutes. Mais Xaldin était juste… Beaucoup plus libre que cinq minutes auparavant… La crainte de deux longs mois venait de se taire.


    << XALDIN! NOUS SOMMES DES GUERRIERS! ET MÊME SI LA MORT S'EMPARE DE NOUS ET NOUS MONTRE LE GOUT DE LA TERRE! NOUS RESTERONS DANS LA MÉMOIRE DES GENS! POUR NOTRE FÉROCITÉ AU COMBAT ET DANS NOS ACTES! >>

    Le Simili fut… Ebahi devant la puissance de ce cri qui résonna puissamment dans le cachot… Et au plus profond de lui, à travers ce vide et ce néant, une voix lui annonça « Je suis prêt » même s’il n’était pas humain, même si beaucoup de choses le différenciaient de Cyb… Il fronça les sourcils et s’approcha des barreaux, glissant sa main droite à travers pour serrer celle d’Henri.

    « C’était la première et la dernière fois que nous nous voyions, Henri. J’aurais voulu que mon existence soit un peu plus longue pour me battre avec vous… En fait, j’aurais voulu que ce soit en vous combattant que je disparaisse. »

    Il serra alors la main d’Henri, le regardant fixement dans les yeux, il ne souriait pas mais c’était tout comme… S’il avait eu un cœur, il aurait souri.

    « Merci beaucoup, Henri… Merci pour tout. »

    C’était la dernière fois qu’il le voyait… Dès qu’Henri quitterait les cachots, Xaldin n’aurait plus le moindre ami, dès qu’Henri quitterait les cachots, tout allait commencer. Xaldin était prêt…

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