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    « Que tu es… Belle ?... »

    Ce qui était alors un compliment s’était muté en une question, Genesis frôla à peine son visage, attrapa une mèche d’un doigt et la mit sur le côté du visage de son aimé. L’admirant dans un silence éphémère. Elle semblait avoir le sommeil profond, en ce début de jour. C’était à peine l’aube et un délicieux rayon de soleil s’engouffrait paresseusement dans la tour de la Tragédie, caressant la silhouette de la femme des Neiges, la rendant plus radieuse qu’il ne la trouvait déjà.

    « Fascinante… »

    Elle le fascinait, c’était bien là le mot, sa présence même en sa couche faisait de lui l’homme le plus chanceux de ce monde. Cette flamme en lui, de vengeance et de vice, s’était définitivement tue en sa compagnie, en son contact et en cette chaleur charnelle qu’elle dégageait. Elle avait inéluctablement gardé cette sucette en bouche, même durant la nuit, mais c’était tout ce qu’il y avait sur ce grand lit avec les deux consuls et un drap les recouvrant. Elle était nue, tout comme lui, malgré leurs bonnes résolutions du départ, aucun des deux ne put résister à la tentation de l’un pour l’autre. Cette nuit en avait donc été très courte pour cette nymphe des neiges tandis qu’en son cas, il n’avait pas eu la chance ou la malchance de dormir. Mais il appréciait ces instants, la contempler dans la tenue de Eve, admirer sa poitrine, son ventre, ses bras, ses hanches et le plaisir de voir que le drap s’arrêtait un peu en dessous de son nombril, ne dévoilant que l’idée de tout ce qui y était dissimulé. Il contemplait mais uniquement avec les yeux. Sa main droite était en train de remettre en place quelques unes des mèches de Mizore, tandis que la main gauche se tenait en dessous de la consul, bloquée sous ce corps léger, effleurant son dos. La nuit s’était achevée en même temps que leur ébat amoureux, cela ne faisait peut-être qu’une heure…

    Il se surprit à rougir, encore maintenant mais sans honte, c’était pour lui ce signe de bonheur nouveau, encore récent… La connaissait-il depuis ne serait-ce qu’une semaine ? Cela faisait-il tant de temps depuis le premier baiser pour qu’ils ne puissent plus résister ? Elle était arrivée et avait tout chamboulé, perturbé pour au final, être la meilleure chose qui lui soit arrivée.

    Son désir de rester encore moult heures en cette position, était réel mais son frère, Frollo, lui avait assigné une mission la veille pour le lendemain alors que le Tragédien n’ait su encore ce que lui préparait l’avenir. Il se leva ainsi mais avec une bonne résolution…


    « Rien ne pourra gâcher ma journée, quels que soient les maléfices qui m’attendent. »

    Ainsi posa-t-il un premier pas à terre. Il se dirigea, bien décidé à en finir au plus vite, vers sa garde-robe où l’attendait sa panoplie. En commençant par les dessous de vêtement, par son pantalon, son polo, sa cuirasse légère, ses gants, ses bottes et avant d’enfiler son manteau qu’il tenu par-dessous le bras, il s’approcha de son amante… Il posa un genou sur le lit pour s’approcher de son amante, ainsi pouvait-il l’appeler, et tout en frôlant sa gorge avec amour, déposa un léger baiser sur sa joue.
    Et prenant sa rapière, enfilant son manteau rouge, il prit enfin la route vers la place commerçante du Jardin Radieux.

    Ce serait ainsi une très belle journée et rien ne pourrait la gâcher, comme il l’eut promis. Et comme pour précipiter les choses, il fit surgir son aile noire de son omoplate gauche avant de prendre son envol tandis que la city n’était pas bien loin.
    Il atterrit exactement là ou il le voulut, devant la boutique de glace de l’Oncle Picsou, le multimilliardaire. Ce dernier et le consul n’avaient pas une trop mauvaise entente, pour cause, Genesis était lui-même natif de ce monde, de bonne famille et sa différence physiologique n’avait fait qu’étonner ce vieillard. Simplement, le Tragédien ne pouvait toujours supporter la langue trop pendue de cet homme. Il l’aperçut en train de guetter les environs, comme à la recherche d’un voleur.


    « Vous êtes bien matinal, Monsieur Picsou. »

    « Ah, mon très cher Genesis, vous tombez au plus juste, ce maudit voleur va bientôt venir, restez donc. »

    « C’est pour cela que je viens, ça tombe bien… Dîtes moi donc, qu’en savez-vous ? »

    « Il est 5 : 48, et à précisément 5 : 50, cette bête arrivera ! »

    Une belle journée en perspective, oui, il n’aurait pas besoin de chercher. Seulement, ses devoirs en tant que consul le forçaient à frapper le sans-cœur avant qu’il n’arrive chez cette montagne d’argent qu’était le pingre.
    Il reprit ainsi son envol et tout en fermant les yeux, sonda les environs à la recherche du dit sans-cœur et il le sentit, il perçut sa taille et son importance ainsi que la puissance de ses ténèbres… Il se dirigea vers lui et en quelques secondes, l’aperçut… Le sans-cœur faisait la taille de deux hommes et la largeur de quatre. Autant dire qu’il valait sa mission difficile. Il avait une apparence simiesque, il en avait d’ailleurs tout le corps mais ses bras tombaient à terre, longs et fins comme s’ils ne les utilisaient jamais. Genesis remarqua aussitôt ses minuscules jambes. Il atterrit près du monstre et sous un rictus non dissimulé, leva sa main gauche et envoya déjà deux sorts de feu puissant sur la bête tandis que sa rapière était au repos… Les brasiers touchèrent l’adversaire sans le moindre problème, créant une explosion importante, faisant virevolter le manteau et les cheveux de Genesis sous l’onde de choc mais en son cas, le sourire persistait.

    La bête surgit des flammes sans pour autant en souffrir, elle continuait sa route et apercevant Genesis, elle fit tournoyer ses fins bras qui fouettèrent le Tragédien. Celui-ci ploya quelques secondes, certes surpris mais non trop blessé pour continuer… Ne lui avait-on dit la veille que ce sans-cœur n’était pas agressif. Certes, cela pouvait dire qu’il n’attaquait pas tant qu’on ne l’attaquait pas, que n’y avait-il pas pensé. Il se releva avec un nouveau sourire plus ironique cette fois et se tournant vers le sans-cœur, vit qu’il s’en allait vers la banque de Picsou, ignorant de façon magistrale son supposé adversaire. Le sourire disparut quelques instants pour laisser le visage de Genesis montrer à quel point ça l’eut vexé. Il fronça un sourcil et mit sa main gauche au sol… Quelques secondes se passèrent avant qu’une explosion de flammes ne retentisse aux pieds du gorille, le secouant légèrement mais ne l’empêchant pas d’avancer à nouveau…


    « … C’en est assez ! »

    Pour ce qui était de la journée de bonheur, cela n’était pas encore fichu mais Genesis n’était guère patient, il se rua vers la créature lui tournant le dos et la frappe d’une estoc violente. L’épée rebondit vulgairement sur le corps de la bête, faisant perdre l’équilibre au Consul, ce dernier se réceptionnant tant bien que mal et en se concentrant, fit apparaître des flammes sous ses bottes… Ainsi fit-il deux glissades pour contourner le sans-cœur et arriver devant lui… Ainsi fait, il fit un grand saut et une attaque tranchante au niveau de la tête du sans-cœur, attaque une nouvelle fois vaine, suivi d’un coup de pied désespérément inutile… L’ennemi récidiva son attaque et tout en faisant tournoyer ses longs bras autour de lui, a pénétré dans le feu créé par la glissade, ne semblant pas affecté par lui… Genesis évita tant bien que mal l’attaque quand soudain, le gorille ouvrit sa bouche qui devint aussi grosse que le Tragédien pour essayer de le gober. Ce dernier se replia d’un bond, suivant son instinct et trébuchant maladroitement lors de sa réception, intimidé par l’opulence de sa gueule.

    Le gorille arrivait enfin à la banque de Picsou dont les plaintes se faisaient déjà entendre, le consul perçut un son sourd comme si un mur venait d’être brisé… Et accourant, après s’être relevé, il contempla une façade de la propriété de l’avare complètement détruite. Non loin, l’homme canard était couché, comme sonné et gémissait.


    « Monsieur Picsou, êtes-vous blessé ?! »

    « Mon… Mon arg… Mon argent ! »

    Le canard se leva en trombe et courut sans même se servir de sa cane avant de pénétrer dans le trou béant provoqué. Genesis le rejoignit discrètement sans trop oser parler et lorsqu’ils furent à l’intérieur d’une grande salle, ils virent le sans-cœur gober de son immense gueule des milliers de munnies en quelques bouchers. La salle, elle, était quasiment vide…

    « Quoi ! Mais elle était pleine ! »

    « Tout votre argent était ici ?! »

    « Oh dieu, non, il y a encore huit autres pièces comme celle-ci mais à ce rythme, ce vaurien m’aura tout volé ! »

    « Où se trouve la salle suivante ? »

    L’Oncle Picsou montra d’un doigt désespéré la porte vers la prochaine salle tandis que le sans-cœur achevait son repas. Genesis ne lui prêta pas un regard et après s’être dirigé vers la frontière entre les deux coffres-forts énormes, devant la porte en métal, il tourna la manivelle pour quitter ce lieu…

    Le deuxième coffre était lui, encore plein, il y avait probablement de quoi acheter un pays, des montagnes et piles de munnies à portée de main. Mais le Consul ne s’intéressait pas tant à l’argent qu’à sa réputation… Et il était trop occupé à élaborer un plan pour songer à cela… Le Tragédien leva sa main gauche et entendant déjà les coups de poings du sans-cœur sur la porte en vue de la défoncer, lança simultanément quatre sorts d’aimant, éloignant des montagnes et dunes de pièces, ne gardant qu’un dixième de la quantité totale derrière lui…

    Ceci fait et avec les mêmes sorts, il disposa ce dixième autour de lui, formant un grand cercle… Il ne manquait plus qu’une chose tandis que la porte de métal était sur le point de craquer sous les coups… Genesis chargea sa paume d’une substance qu’il n’avait guère l’habitude d’utiliser, une magie inédite… Ainsi il projeta de nombreux jets d’huile sur les pièces…

    La porte céda enfin tandis que le Consul se tournait lentement vers le sans-cœur qui était devenu bien plus grand, un sourire au coin… Il leva la main et créa un dôme recouvrant le cercle d’or entourant Genesis, ainsi que le sans-cœur, faisant bien soin de bloquer l’accès vers l’extérieur… Le dôme était de feu et tandis qu’une moindre étincelle suffisait à allumer un incendie, l’huile s’embrasa presque aussitôt, recouvrant l’entièreté des flammes…

    Le gorille s’avança, avide, vers les pièces cachées par les flammes… Et il les avala, tas par tas, se brûlant intérieurement… Et seulement lorsqu’il eut fini, crachant de la fumée de ses naseaux, il tomba et explosa dans une gerbe noire…


    « Maudit sois-tu avaricieux, tu mérites de t’être brûlé les ailes… »

    Ceci avait été finalement… Une belle journée…

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Splendeur, Optimisme, Avarice. 01
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Bon, faut avouer qu'un retard de presque deux mois, c'est moyen. Mais vu ta tâche d'admin, je te mettrai un malus léger.

Je t'avais donné ce scénar de mission au caractère assez grotesque(faut avouer, un gros Sans-coeur qui gobe des munnies, c'est pas aussi classe qu'un duel avec Sephiroth) pour voir ce que tu en ferais. Et j'avoue que de ce point de vue là, ça a été agréable à lire. Là où d'autres auraient fait un truc balourd et plat, ton combat est bien décrit et on se représente à merveille ce Sans-coeur singulier. Je te félicite également pour la fin, qui est une excellente trouvaille, et pour le petit incipit avec Mizore. Tu as bien dosé la difficulté correspondant à une mission de ce rang, t'as pas fait ton One Member Show(mais heureusement, j'ai vu que c'était jamais le cas avec tes rps).

Sir Genesis, tu as donc 30 points d'expérience, 360 munnies, et 4 PS de Vitesse que je t'ajoute de ce pas.

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