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le Mar 6 Aoû 2019 - 11:44



« -Et bien il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon courage pour la suite Eglantine. Etro vous garde, vous et les vôtres.
-Merci pour tout Justine, prenez soin de vous et de ceux qui reste. »


D’une voix que j’aurai aimée un  peu moins ému j’adresse alors mes adieux aux quatre jeunes lapins qui attendent près de leur mère le départ du vaisseau ShinRa. Arrivée à la petite dernière celle-ci s’adresse à moi, quelques larmes au coin des yeux.

« -T’es sûr que tu veux pas venir Mamie ? Je suis sûr qu’il y a encore plein de place dans notre maison, hein maman?

-Allons ma chérie, allons, ne met pas ta mère dans l’embarras tu sais bien que j’ai choisie de rester.

-Mais moi j’ai pas envie…Et puis Sherwood c’est chez toi aussi, non ?

-Crois moi Blandine c’est mieux ainsi, tu en aurais vite marre d’entendre mes ronflements à faire trembler les murs. Et puis il faut une force et un courage que je n’ai plus pour décider de déménager une fois de plus. Mais que ça ne t’empêche pas de m’écrire surtout, je veux pouvoir constater les progrès que tu feras en orthographe.

-Et tu me répondras à chaque fois ?

-A chaque fois ma puce, c’est promis.

-Bon…ça va alors. »


Et de l’air déterminé propres aux petites filles de six ans qui s’empêche de pleurer elle prit les jupes de sa mère. Un dernier geste de la main de toutes la famille et ils partirent ensemble vers le concessionnaire.

Et voila…une famille de plus qui s’en va.

Pris d’une soudaine nostalgie je décidai de m’asseoir sur une pierre à proximité, dans l’espoir de voir la navette décoller et de leur adresser un dernier adieu. Il y avait peu de chance qu’ils me voient et ce n’était probablement pas très utile mais à mon âge les choses peu utiles sont parfois celles qui revêtent le plus d’importance.

Eglantine, Eléonore, Thomas, Sophie et Blandine Chandelier. Une bien jolie famille pensais-je dans un soupir. Tous plein de joie et d’énergie, ne manquant pas de courage face aux situations délicates. Soudainement leur arrivée au Domaine Enchantée me revient à l’esprit. Eglantine tenant d’un bras une petite d’à peine un an et donnant la main à une fille à peine plus vieille, les deux aînés la suivant malgré la fatigue qui pouvait se lire sur leurs traits.

Combien de fois j’avais fait la nourrice pour les petits alors que la mère tentait d’assurer seule la stabilité de sa famille ? J’étais là quand Blandine a fait ses premiers pas ou quand Sophie a perdue sa première dent. Je les ai rassuré je ne sais combien de fois quand ils faisaient des cauchemars ou quand ils demandaient où était leur père. Que vont-ils faire sans leur mamie ? Et moi que vais-je faire sans eux ?

Brusquement l’envie de me précipiter dans l’astroport et de les rejoindre en courant monte en moi, mais une fois de plus je me contiens.
Comme en réponse à mes pensées une fusée décolle soudain, emportant ses passagers avec elle. Tant bien que mal je plaque un sourire sur mes lèvres et secoue l’air de ma vieille main usée. Adieu.

Réprimant un gémissement devant la raideur de mes articulations je me redresse alors et reprend la route vers la Citadelle. C’était la quinzième famille à partir. La quinzième fois que j’avais failli ne pas me résoudre à les laisser s’en aller. Et pourtant malgré la tristesse qui m’étreignait je ne pus m’empêcher de sourire en pensant à ce que ces départs signifiaient.

Sherwood libéré. Enfin.

Nous l’attendions depuis si longtemps que beaucoup avaient arrêté d’y croire et pourtant ça avait fini par arriver. Le règne de terreur de Kefka avait cessé nous pouvions enfin revenir.
La nouvelle avait fait grand bruit dans la Citadelle et les scènes de liesses qui s’en étaient suivi en firent au moins autant. J’étais d’ailleurs ravi de voir que beaucoup d’habitant du Domaine partageaient notre joie comme de vrais amis l’auraient fait.

Malheureusement une guerre, même gagnée, ne saurait apporter que des bonnes nouvelles. La dernière bataille qui précéda la victoire des rebelles dut être des plus meurtrières car peu de temps après beaucoup apprirent la mort d’un être cher. Et il fallut remplacer les rires par les sanglots. Une fois de plus.

Mais si la vie nous a bien appris quelque chose c’est à sécher nos larmes et à agir, alors des lettres furent envoyées, certaines pour s’assurer de la santé d’un proche, d’autres pour en savoir plus sur la situation et une fois chaque familles plus éclairées sur ce qu’ils allaient devoir affronter, décision fut prise de partir ou non.

Et  la situation est loin d’être évidente pour tout le monde. Au moins le mari d’Eglantine Chandelier est il encore en vie et, avec un peu de courage, leur ferme pourra bientôt être remise debout. Et c’est en réalité ça qui a déterminé la plupart des départ : avions nous encore « un peu de courage » en nous ?
Pouvions nous quitter une Citadelle qui venait à peine d’être reconstruite pour rejoindre un nouveau champ de ruine ? Pouvions nous supporter de nouvelles privations dans des lieux dévastés qui nous rappelleraient inlassablement l’absence des personnes disparues durant ces années sombres ?

Je n’avais plus ce courage.

Dès que j’avais quitté Sherwood je savais que je n’aurai personne pour m’accueillir quand je reviendrais, ça n’avait pas été facile à réaliser mais c’est ce qui m’avait décidé à partir. Le chagrin. Et aujourd’hui c’est ce même chagrin qui m’empêchait de revenir.
A mon âge j’avais bien mérité ma retraite.

Alors que j’approchais du grand pont qui permettait d’accéder à la Citadelle je vis un ours labourer courageusement un arpent de terre. Me forçant à m’extraire de mes pensées je lui adressai un signe de main aussi joyeux que possible.

« -Courage Firmin ! La journée touche à sa fin.

-Raison de plus pour pas traîner Mamie.
Me réplique-t-il sans s’arrêter de travailler. Les Chandelier sont bien partis ?
-Oui da, enfin aussi bien que le permettent les navettes de la ShinRa en tout cas.

-Haha oui, j’me souviens quand on est arrivée ici : notre tacot tremblait comme un possédé. Ma petite Lucie a pas lâché ma patte de tout le trajet !

-Ça ne m’étonne pas. Espérons qu’ils aient amélioré le confort de leurs vaisseaux depuis lors.

-Ha ! Autant espérer que la garde noir devienne une œuvre de charité.

-héhé, probablement, oui. Bon j’vous laisse en paix, ne vous surmenez pas Firmin !

-Z’en faites pas Mamie, bonne soirée. »

Passant devant l’ours je lui adresse un sourire d’encouragement et je continue ma route. Lui aussi a décidé de rester, « Elles sont toutes les trois enterrées ici, je ne laisserais à personnes d’autre l’honneur de veiller sur leurs tombes »m’a-t-il dit quand je lui ai posé la question. Un sacré courage.

Passant la grande porte d’entrée je marque un temps d’arrêt, comme à chaque fois. C’est ici que le dragon est apparu et que les dégâts furent le plus considérables. Aujourd’hui bien malin celui qui pourrait deviner l’ampleur de la catastrophe. Bon j’exagère tout de même un peu comme toutes les vieilles, l’urgence des réparations a amené son lot de concessions.
Les maisons aux chaumes colorées et aux tuiles luisantes d’autrefois ont laissé place à des maisons de bois toute simple aux toits de pailles. Il faudra encore un peu de temps pour que chacun insuffle un peu de lui-même dans son logis et en fasse des maisons et des rues aussi vivantes qu’avant.

Mais enfin tout le monde a un toit sur la tête et il n’y a plus la moindre trace de débris ou de structures carbonisées : la Citadelle inaugure une nouvelle page de son histoire !  Et tout ceci grâce aux efforts de toutes les personnes qui y ont contribué.

Des efforts qui ont d’ailleurs permis de supprimer la séparation qui a pu exister entre habitants originaire du Domaine ou de Sherwood, ou en tout cas de réduire énormément ce qu’elle avait pu être.

Au début pourtant les campements avaient mit en exergue toutes les tensions que chacun avait accumulé et nous sommes passé au bord de l’émeute à plusieurs reprises. Mais les travaux avançant les échanges et le temps passé ensembles ont permit à des amitiés de se nouer et a beaucoup de gens de passer aux dessus de leur préjugés.
Et bien entendu le fait de voir patrouiller plus d’habitant de Sherwood avec l’insigne du Sanctum y a aussi énormément contribué.

J’étais d’ailleurs très contente de voir passer ces nouvelles têtes. La plupart faisaient partis d’une bande d’orphelin qui était auparavant livré à eux même et passaient leur temps à faire les quatre cent coups dans la Citadelle. La mission de Fiathen avait été l’occasion que je recherchais de leur donner une situation pus stable.
Ca n’avait pas été facile de les convaincre d’aller écouter le vieux templier mais par respect pour moi et par volonté de mieux protéger les plus petits de la bande ils y avaient été. Et heureusement Varrick et Fiathen avaient su se montrer persuasif.

Je savais d’ailleurs qu’ils avaient presque tous décidé de rester, il n’avait pas de vie à Sherwood et pour beaucoup d’entre eux pas vraiment de souvenir. Ici au moins ils avaient un but et des amis. Ou tout du moins un toit et trois repas par jour ce qui était plus que ce que leur monde natal n’avait à leur…

« -Bouh !

-Oh la ! »


Cherchant celui qui a mit fin si brusquement à mes rêveries j’aperçois à mes pieds un jeune renardeau occupé à rire aux éclats.

« -Hé bien jeune homme tu ne sais donc pas que les vieilles dames ont le cœur fragile ?

-Hahaha mais voyons Mamie t’es pas une vieille dame toi, c’est même toi qu’arrête pas de le dire.

-Ça c’est encore à moi de le décider jeune garnement…et aujourd’hui j’ai un peu envie de me sentir vieille.
Lâchais-je dans un soupir. Brusquement fatigué des derniers événements.
-Oh…toi aussi t’es triste parce que Lucie est partie ? »
Me dit il d’un ton soudainement moins joyeux.

Ah lalala secoue toi vieille sénile regarde donc un peu ce que l’âge te fait faire ! Tu en viens à rendre les petits garçons tristes ! Reprenant un air plus joyeux je tente de répondre mais il me prend de vitesse.

« -C’est nul que tout le monde parte. Pognes et Klem aussi ils sont partis hier et j’ai entendu les parents de Mathias dire qu’ils allaient s’en aller bientôt. Pfff, pourquoi ils veulent pas rester ? Pourtant on est bien ici, non ? »


Sa mère avait décidé de rester car elle jugeait plus simple d’élever seul un enfant à la Citadelle qu’à Sherwood. Mais voir tout ses amis partir ne devait pas être facile pour un si jeune garçon.

« -Allons allons ils ne sont pas mort, tu pourras toujours leurs écrire si il te manque trop. Et puis tout le monde ne part pas. Il reste Arnaud, Tobby, Manna et Blaise, tu les aime bien eux aussi, non ? Ce serait quand même dommage que vous passiez votre temps à être triste alors que vous pourriez jouer, d’autant que l’école reprend dans deux jours alors profitez-en.

-Pfff, ça aussi c’est nul. Pourquoi il y a plus la garderie ? C’était mieux quand on était tous mélangé ensemble, et puis ce sera plus toi qui s’occuperas de nous.

-Tu sais bien que c’était juste temporaire, maintenant les classes sont réparées et les instituteurs peuvent redonner cours. Crois moi il vaut mieux que ce soit eux plutôt qu’une vieille sotte comme moi.

-Oh, dis pas ça ! Tes histoires étaient géniales, presque autant que celle de Varrick ! D’ailleurs Mamie…toi tu pars pas hein ? »

Le regard qu’il m’adresse aurait fait fondre une pierre. Ne sachant que faire d’autre je le prends dans mes bras
« -Non mon chérie. Moi je ne partirai pas. Je serai toujours là si tu as besoin de ta vieille Mamie, toujours.

-Merci Mamie…il déglutit et tente de raffermir sa voix. Tu peux me lâcher tu sais, je suis grand.

-Je sais, grand et courageux.
Dis-je en desserrant mon étreinte. »

Pendant un instant nous ne disons rien, je sens qu’il hésite à me demander quelque chose d’autre mais je ne veux pas le presser. D’autant que je me doute de sa question et que je ne suis pas vraiment pressé d’y répondre. Soudain il fixe ses pieds et reprend d’une voix un peu hésitante.

« -Au fait….tu es sûr que Fiathen ne me déteste pas ? »

Le vieux templier allait mal, tout le monde le savait. Mais quand j’ai apprit qu’il avait failli tuer le petit dans un accès de démence j’ai comprit que son état l’avait atteint à un point que personne n’avait imaginé. Pendant un moment il avait semblé aller mieux et j’avais espérer qu’il finirait tout de même par s’en remettre mais depuis deux jours apparemment il avait fait une rechute terrible et se laissait mourir sur son lit d’hôpital.
Je connaissais ce genre d’état de choc pour l’avoir vu plusieurs fois chez des personnes perdant brusquement un être cher et je savais que seul le temps et sa force de caractère pouvait le sauver. Mais comment en parler à un garçon de sept ans qui se demandait s’il n’avait pas perdu l’amitié d’une personne qu’il admirait ?

M’agenouillant malgré la raideur de mes articulations je me mis à sa hauteur et posa une main rassurante sur son épaule.

« -Ne t’inquiète pas pour ça. Comme je te l’ai déjà dit il est très très malade et parfois les malades agissent d’une façon qu’ils regrettent. Je suis sûr qu’il ne te déteste pas et que la première chose qu’il fera sera de venir te voir. Mais pour le moment  il vaut mieux le laisser se reposer, d’accord ? Aller tu devrais aller retrouver ta mère, il se fait tard et il vaut mieux ne pas l’inquiéter. »

Le regardant s’en aller quelques instants je finis par trouver le courage de relever lentement ma carcasse et de rejoindre ma propre maison. Une petite bicoque à un étage, pas très spacieuse mais plus facile à chauffer qu’une tente. Et , petit détail qui m’avait fait sourire, encadrée par deux maisons habitées par des familles originaires du Domaine Enchanté. Plus de quartier fauve depuis la reconstruction, ceux qui n’avait plus de logis s’étaient simplement installé dans une maison libre sans vraiment faire attention à l’origine de ses voisins.

Fermant la porte de ma maison je m’arrête sur le seuil un instant. Le silence de qui y règne me fait toujours un certain effet après l’agitation constante des campements, le fait de m’y sentir seule aussi. Mettant ma bouilloire sur le feu je ne peux m’empêcher de faire une fois de plus le compte.

Les départs tiraient sur la fin et nous commencions à savoir qui allait partir ou rester précisément.  De la centaine de personne à être arrivée ici nous étions une trentaine à rester. Une trentaine de Belette fatiguée, d’ours solitaire, de maman courageuse, d’orphelin vigoureux et d’enfant à élever. Finalement une trentaine de personnes qui se sentaient plus habitant du Domaine Enchantée qu’habitant de Sherwood. Certains étaient agriculteurs, d’autres couturiers ou boulangers, certain protégeaient le monde et ses habitants et moi…

Toc toc.

Laissant ma bouilloire se chauffer seule j’ouvre la porte, découvrant une jeune femme originaire du Domaine. Grande, les cheveux roux et des yeux noisette pétillants qui semblaient un peu gênés. Je souris en sachant déjà le motif de sa visite.

« -Oui Selene que puis-je pour vous ?

-Heu…Désolé de vous déranger Mamie je sais que c’est un peu soudain mais…

-Votre tour de garde a été avancé c’est ça ?
Compétais-je dans un sourire.
-Exactement oui, pour demain matin, et comme ma mère est encore malade je me demandais si vous pouviez, enfin si ça ne vous dérange pas…

-Je serai ravi de m’occuper de Maxime, amenez le moi quand vous voudrez.

-Merci infiniment mamie et euh….David m’a demandé si lui aussi pouvait profiter de votre disponibilité ?

-Camille et Sylvie sont les bienvenues ne vous en faites pas.

-Merci encore Mamie, vous nous sauvez la vie.

-Tout le plaisir est pour moi Selene, vraiment. A demain matin. »

Et alors qu’elle s’en va, je ferme la porte en souriant à la bouilloire qui s’était mit à chanter.

Moi j’étais  Mamie Belette, la grand-mère de tous ceux qui en voulait une.
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