Fée d'Hiver

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le Mar 9 Avr 2019 - 19:03



L'hiver est installé sur les rues de Londres. Le vent glacé souffle dans les rues blanches de neige. Il fait sombre, la nuit est tombée. Ce soir est le dernier jour de l'année.  La petite fille marche dans la rue. Elle n'a rien sur la tête et avance pieds nus. Des flocons de neige s’éparpillent sur sa longue chevelure blonde. Elle se couvre de son mieux avec son petit châle de laine, elle se courbe devant les rafales, enfouit son nez dans le col de son gilet. Mais elle n'y trouve nulle chaleur pour la réconforter.

Dans son vieux tablier, elle porte des allumettes. Elle en tient à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde avait été affairé. Personne ne s'était arrêté pour considérer l'air suppliant de la petite.
De toute la journée, elle n'a pas vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traîne de trottoir en trottoir.  Elle finit par s'arrêter au coin d'une rue. Marcher ici ou ailleurs, qu'est ce que ça change ? Sa silhouette est a peine éclairée par un réverbère qui diffuse une lumière palote.

Au bout de la rue quasiment désertée, un couple distingué finit par faire son apparition. Ils sont beaux, bien habillés, ils marchent sur le trottoirs d'en face. Persuadés d'être seuls, il parlent. Rient. Un col en fourrure et des bijoux ornent le cou de la dame. Ils se tiennent par le bras et se regardent, les yeux brillants. Il avancent. Au dernier moment changent de trottoir, ils évitent une large flaque gelée aux allures de patinoires. L'enfant prostrée lève son regard vers eux, tend la main vers eux et essaye d'attirer leur attention par un faible murmure.

La femme voit l'enfant, lui jette un rapide coups d’œil et choisit de l'ignorer. Ils passent leur chemin devant elle comme si la petite n'existait pas. L’écho de leurs pas et de leur conversation résonnent un moment ... Ils n'ont pas une pensée pour elle, seul le verglas sur lequel ils manquent encore de déraper occupe leur attention.

La petite cligne des yeux, elle retient ses larmes et les réprime à force de volonté. Elle frisonne ... Tente de trouver un peu de chaleur en frottant ses mains l'une contre l'autre ... Sans beaucoup de succès. L'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépasse un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit. Elle tire à elle ses petits pieds. L'abri sera maigre, mais elle n'a plus le courage de faire plus. Elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie et son père la battrait.

«-Si je prenais une allumette, une seule pour réchauffer mes doigts? »

C'est ce qu'elle fait. Elle prend la petite allumette entre ses doigts engourdis, la frotte contre le grattoir du paquet. Soudain une belle lueur orangée naît entre ses doigts.

Quelle flamme merveilleuse ! Chaude et douce. Il semble tout à coup à la petite fille qu'elle se trouve devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite va étendre ses pieds pour les réchauffer. La chaleur montre, elle oublie le froid, l'inquiétude, la fatigue. Mais l'allumette finit par se consumer. La petite flamme s'éteint. Le poêle disparaît. Ses crépitements chaleureux sont remplacés par le bruissement de la neige qui s'est remise à tomber. Elle sent le poids des flocons s'accumuler sur son châle. Et l'enfant reste là, tenant entre ses doigts un petit morceau de bois à moitié brûlé.

Seule, abandonnée, gelée, elle ne résiste pas à la tentation de frotter une seconde allumette. De nouveau, la belle fleur rouge éclot entre ses doigts. Elle projette une lueur sur le mur a côté d'elle et soudain il devient transparent. Le mur s'ouvre une belle salle à manger. La table est mise.  Elle est couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brille une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étale une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes. Elle se sent légère. Elle se voit flotter vers la table, attirée par elle. Portée jusqu'au merveilleux buffet. Et ... la fleur rouge entre ses doigts se fane de nouveau.

Elle ne sent plus ses pieds ni ses jambes. Ses yeux piquent à cause de ses larmes qui ont gelé cruellement. L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillent mille bougies de couleurs: de tous côtés, pend une foule de merveilles. La petite étend la main pour saisir la moins belle. L'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles. Il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu.

L’allumette s'éteint. Le monde redevient froid ... sans couleurs ... Où est elle ? Il ne reste que le blanc autour d'elle. Elle ne sent plus son corps. Au loin le bruit de lointains carillons lui rappelle que ailleurs, il y a une vie ...  Mais pour elle, il n'existe rien que le froid et ses allumettes ... Tremblante de froid, elle essaye d'en sortir une du paquet ... Elle pense qu'elle lui échappe des mains et pourtant elle parvient finalement à la saisir. Elle lutte un moment pour la craquer ...

Et de nouveau cette merveilleuse chaleur apparaît. Devant elle, apparaît alors sa vieille grand mère. Le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps.  Ses cheveux blancs, son air doux, son grand bonnet blanc, elles les reconnaissaient.

-" S'il te plait ! S'il te plait, emmène-moi." Elle s'écrie "Oh ! Tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte. Tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi."


La grand-mère lui adresse un sourire  tendre. Elle prend la petite par la main et elle la porte bien haut. L'allumette s'éteint. Il n'y a plus ni froid, ni faim, ni chagrin. La petite est montée au ciel.








"-Non non non ! Cette histoire est trop triste ... Elle commence mal, elle finit mal ! C'est nul, nul nul !  

A moins que ..."



[Adapté, vous l'aurez reconnu, du célèbre conte d'Andersen.]

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le Mar 16 Avr 2019 - 11:25
"-L'histoire que moi je vais vous raconter est beaucoup moins triste. Elle est même plutôt chouette. C'était il y a longtemps ! Longtemps combien ... ? J'ai oublié de compter les jours ... Mais je m'en souviens comme si c'était hier ! Ecoutez bien ..."



L'histoire commence un jour d'hiver. Mon tout premier depuis ma naissance.  C'est la première fois que je sors avec les autres fées de la forêt blanche.  L'Hiver a commencé depuis peu. Les autres se sont chargées du gros du travail. Elles sont habituées, c'est des professionnelles !  La neige, les étangs gelés, les congères, les souffles glacés. Zip zap, Tout a été prévu ! Tout avait été fait en temps et en heure ! Un hiver parfait ! Moi comme je suis nouvelle, on m'a donné quelques trucs à faire. Mais pas grand chose ! Je dois apprendre !

J'ai passé ma journée à geler quelques belles toiles d'araignées.  J'aime bien geler les toiles. Je pense en avoir fait .. je sais pas ... dix ou quinze ?  Le paysage commence à s'assombrir. Au loin on commence à voir les lumières de la grande ville s'allumer. Celle dont je n'ai pas le droit de m'approcher !  Il parait que c'est un endroit très dangereux pour une jeune fée !  Il y a plein d'humains (Ceux qui doivent surtout pas nous voir !), des chats (Ceux qui doivent surtout pas nous croquer !) et des tas d'autres dangers (Enfin à ce qu'il parait ... Moi je les ai pas vus).

J'observe de loin ces belles lumières ... Je me pose sur la branche d'un arbre et j'hésite. J'aurais bien envie de m'y balader. Je vois qu'au loin la ville semble couverte de neige. C'est donc que des fées y sont déjà allées pour l'y déposer, non ? Ce n'est donc pas si dangereux. Logique élémentaire. Je pèse le pour et le contre, je réfléchis longuement (Pendant au moins cinq secondes !) et zou je me décide ! Comme on me surveille pas trop, je fausse compagnie au reste du groupe. Je m'approche, je m'approche, jusqu'à distinguer avec plus de précisions les belles grandes boites qu'ils utilisent comme maisons ! L'obscurité s'installe à mesure que le soleil se couche. La température baisse, ce n'est pas pour me déplaire.

J'opte pour un survol prudent de ces grandes rivières entre les boites à humains, que les gens appellent des "rues". Je volette au dessus de tout le monde. Pas un de ces balourds d'humains ne lève le nez. Discrétion maximum, sécurité garantie !  Je volette de ci de là.  J'ai un premier aperçu de la ville. C'est immense ! C'est beau ! Je remarque que les humains ont mis de belles lumières colorées partout. C'est à coups sûr pour mieux pouvoir admirer la neige et le verglas depuis l'intérieur de leurs boites-maisons. Ça me rend très fière de constater que  notre travail est apprécié. Il y a une grande rivière qui traverse la ville. (Une vraie, avec de l'eau !). Elle est gelée. La fée qui a fait ça est une vraie artiste, elle est magnifique ! Voir l'onde figée me donne une envie folle d'aller patiner dessus. Mais je me retient de justesse ! J'ai d'autres choses à découvrir !

Je fait plutôt une petite partie de saute-mouton sur les grandes fleurs de lumières que les humains ont planté partout au dessus des rues. (J'apprendrai plus tard que ça s’appelle des "réverbères" et qu'il est inutile de les arroser pour qu'ils poussent. C'est épatant, non ?). C'est drôle, et ça me permet de regarder en dessous à chaque petit saut, surveillant l'activité des rues !

Hop hop .. Ohla ! Pardon monsieur le pigeon. C'est moi que tu regardes comme ça ? Tiens voilà une grimace pour toi ! C'est ça, envoles-toi, va le dire aux autres. On reprend ... hop ... hop ...

Et puis c'est là que je la vois ! Une humaine miniature, une enfant perdue !  Je m'arrête au milieu d'un petit bond et m'approche pour trottiner le long d'une corniche au dessus d'elle. Je laisse de toutes petites empreintes dans la neige qui s'est accumulée dessus. Personne ne les verra. Une pensée me frappe.

"-Ah non c'est vrai ... Les enfants perdus sont ceux qui n'ont pas de maman ! C'est une enfant pas perdue ! Celle là doit avoir une maman quelque part, dans une des boites."

Poussée par la curiosité, Je la suit donc. J'alterne entre des petits "sauts planés" qui me permettent de bondir de cachette en cachette et des petites cavalcades le long des corniches et des tuiles.  J'ai tout le loisir d'observer ma petite humaine. J'épie ses faits et gestes, curieuse. Elle semble jouer à un jeu dont je ne saisis pas toutes les règles : Elle parcourt les rues et propose aux grands qu'elle croise des petites boites. Un petit coups d’œil furtif me permet de découvrir que ces boites contiennent des réverbères miniatures qu'elle appelle des "allumettes".

"-Ah ! Très bien ! Ça a l'air amusant ! "

Sauf que ... Aucun adulte ne semble vouloir jouer avec elle et prendre une des boites. C'est dommage.  Plus le temps passe, plus ma petite donneuse d'allumette a l'air triste ...  Plus le temps passe, plus il fait sombre et froid. Plus le temps passe et plus je commence à me dire que quelque chose cloche. Petit à petit je crois comprendre sa situation ... Peut-être que cette pauvre petite ne joue pas tout compte fait ... Elle semble avoir froid. Elle est toute seule. Mais plutôt qu'abandonner elle semble se raccrocher à l'espoir que quelqu'un lui prenne ses allumettes, comme si c'était vital pour elle.  Plus le temps passe, plus les gens rentrent s'enfermer dans leurs maisons. Les rues se vident de plus en plus ... Bientôt il n'y aurait plus personne.

"-Pourquoi tu ne rentres pas petite ? Tu n'as pas de maison-boite , avec un toit et une belle cheminée ? Tu n'as pas de maman ? On m'avait que vous tous vous en aviez une ..."

La petite s'arrête finalement a côté d'un réverbère et n'avance plus. Je me mordille la lèvre, embêtée pour elle. Sa situation me fait mal au cœur et je ne sais pas comment l'aider sans me montrer. Je volette jusqu'au réverbère au dessus d'elle, je m'y pose et l'utilise comme poste d'observation.  Même si je ne comprend pas vraiment pourquoi, j'ai une envie folle de l'aider. Mon cœur se serre rien qu'à la regarder. Là toute seule, abandonnée. J'aurais voulu descendre lui faire un groooos câlin. Lui dire "-T'en fais pas ma grande, c'est tous des idiots de pas vouloir jouer avec toi. Rentres donc au chaud !"  Mais ... Non ... Elle ne doit pas me voir, ce n'est juste pas possible.

Au coin de la rue arrivent alors un humain et une humaine. Des grands.  Bras dessus bras dessous. Ils parlent fort, rient. Ils sont certainement gentils ! Mais ils marchent de l'autre côté de la rue. Ils ne verront pas la petite. Sans prendre le temps de réfléchir, je retrousse mon petit nez, j'agite un peu les ailes. Zip zap, il faut deux secondes pour qu'une grande flaque devant eux gèle et prenne une apparence très glissante.  Lisse comme un miroir ! ... Un peu trop lisse peut être ? Ils le remarqueront ?  Trop tard pour changer de toutes façons ... Ils arrivent sur la flaque gelée et la voient ! Ils s'arrêtent avant de marcher, changent de trottoir. Et ça y est il avancent et vont passer devant la petite.

"-Allez, cette fois c'est la bonne !" Mon coeur s'emballe, peut-être qu'involontairement j’émets un peu de lumière. Mais ça va, personne ne pense à lever le nez et ma lumière se confond avec celle du réverbéré.  Ils approchent, ils approchent et ... Bingo ! Ça y est la femme la voit !

Mais non ! Elle détourne le regard ... Les deux adultes passent devant et s'éloignent.  J'y crois pas ! Je me sens déçue, triste, blessée ... Je regarde la petite. Pauvre Choupette. Elle a l'air aussi effondrée que moi. Un pauvre petit choux comme elle, comment on pouvait ne pas vouloir la prendre dans ses bras ?

Je sens peu à peu une bouffée de colère qui monte et s'empare de moi. D'une impulsion soudaine, je remue le nez, j'agite mes ailes et je sens mon pouvoir déferler. La neige écrasée sous les pieds de ces deux vilaines personnes  change soudainement, elle se solidifie, gèle ! Patatras, l'une manque de tomber, elle se rattrape au bras de l'autre. Ils dérapent, glissent mais parviennent à rester debout in extremis. Je suis en colère, ils auraient mérité de finir les quatre fers en l'air ! C'est pas juste !

Ma colère retombe quand je baisse de nouveau les yeux ... La petite s'est traînée jusqu'à un coin entre deux maisons. Elle s'y blottit, toute petite, toute frêle.

"-Non non, tu ne dois pas rester là ! Il fait trop froid pour toi ici !"

Je la vois, ouvrir un de ses paquets d'allumettes ... Et elle parvient à en sortir une et à l'allumer. Mais la flamme est si petite ... La petite ferme les yeux. Un sourire fugace orne ses lèvres bleutées. Elle semble ailleurs, heureuse l'espace d'un court instant ... Mais L'allumette finit par s'éteindre, plongeant de nouveau la petite dans le froid et les ténèbres. J'hésite ... Je lève le nez et regarde autour. Personne dans la rue ... Je prend le risque de descendre et de tout doucement venir me poser sur ses épaules où déjà la neige commence à s'accumuler. Mon coeur bat la chamade. Je ne suis pas supposée m'approcher si près des humains !

Elle ne semble pourtant pas me remarquer. Elle allume une deuxième allumette. Elle tourne la tête vers le mur contre lequel elle est blottie et semble entrer dans un état second. Elle tend une main devant elle ... et ... se met à  ...flotter ?? Presque rien, quelques centimètres à peine mais ça me choque. Interloquée, je baisse le nez et constate avec surprise que mon sac de poussière de fée s'était entrouvert et avait déversé sur les épaules de la petite quelques pincées ! La petite rêvait, ça la faisait voler ... Un peu ...

Mais oui, c'est ça ! On peut la sortir de là en la faisant voler ! Allez viens petite ! Je t'emmène dans un endroit où t'auras plus jamais froid, d'accord ? Où les gens voudront bien jouer avec toi !  J'ouvre plus grand mon sac de poussière de fée et en saupoudre généreusement ses épaules. Je me dépêche parce que elle craque quasiment aussi sec sa troisième allumette.

Sitôt la flamme apparue, la petite devient légère, légère ! Elle se met à flotter ! Cette idée est idiote, spontanée, impulsive. Elle viole toutes les règles que je m'étais fixée mais ...  Je n'ai juste pas réfléchi ! Mon coeur me dit de le faire, alors vite je le fais ! Je démarre au quart de tour, j’agrippe un morceau du châle je tire de toutes ses maigres forces ! C'est dur ! On décolle toutes les deux, on dépasse les toits. Mais on ne va pas vite ! Je n'ose pas appeler le vent. Ça m'aiderait à aller plus vite mais ... D'un autre côté, le vent que j'appelle est glacial ! La petite n'aurait pas pu le supporter ... Et ça aurait soufflé sa petite flammèche.

Mais inévitablement, la flamme finit par s’éteindre ... Et là petite devient lourde ... lourde !! Saperlotte, c'est pas possible ! Je met à crier
"-Petite ! Petite tu m'entends ? Tu dois y croire ! Tu dois voler ! Rêves, voles, envoles toi ! Non non !"

Mais non, elle ne m'entend pas ... Bien sûr qu'elle ne m'entend pas, ma voix n'est qu'un petit tintement à ses oreilles ! Je parviens à la poser difficilement, au sommet d'une tour. On a perdu beaucoup d'altitude. Mais heureusement que le pouvoir de la poussière s'est dissipé peu à peu ...  La petite bouge, frissonne, se replie sur elle même. Les yeux mi clos, elle cherche de la main une nouvelle allumette mais la laisse tomber de ses doigts engourdis. Je me précipite pour l'aider et je la lui glisse entre les doigts ! Je contemple avec angoisse ses tentatives maladroites et ça y est, elle finit par l'allumer. La petite rouvre alors les yeux. Elle me voit. Toutes ces émotions m'ont totalement fait oublier mon désir de me cacher d'elle. Je n'arrive qu'à lui sourire quand je vois le reflet de la flamme ranimer son regard. Elle me parle ... Elle me sourit ... Elle me supplie de l'emmener loin. Mon coeur fond.

"-Mais oui Choupette, ne t'inquiètes pas ... On y va ! "

Ma petite main prend le bout de son doigt. Je n'ai plus besoin de la tirer, elle vole ! A peine je la guide et ça suffit. On s'envole ! L'allumette s’éteint. Ce n'est plus grave. Malgré le froid, malgré la fatigue. Elle y croit maintenant. Deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin ! Je connais le chemin ! "-Tiens bon, je te jures que là où on va, il fera chaud !".C'est ainsi que ma pauvre enfant perdue et moi sommes montées au ciel.

Vous voulez savoir la suite ? Et bien ... Puisqu'elle tenait encore une allumette noircie en mains quand ils la trouvèrent, les enfants perdus la surnommèrent "Allumette". Et l'adoptèrent (Bien sûr qu'ils l'adoptèrent !). Aujourd'hui Allumette va bien. Elle joue, elle est heureuse, elle n'a plus froid. Je viens souvent la regarder. Sans qu'elle le sache. Je dépose parfois des petites babioles sur son oreiller, quand elle dort. Elle les trouve le lendemain et est contente. Je sais qu'elle a peur du froid. L'hiver c'est un mauvais souvenir pour elle. Elle se couvre toujours trois fois plus que tous les autres enfants perdus. On la voit rarement sortir sans une bonne couverture ! Je ne pense pas qu'elle se souvienne de sa vie là en bas ... Ni de moi. Mais peu importe.

Accessoirement, moi je suis fait passer un savon pour cette histoire. Vous imaginez bien pourquoi. Les autres fées se sont inquiétées, elles m'ont cherchées, et tout ...

Mais l'important au final, n'est-ce pas d'avoir pu changer la vie d'une petite fille ? La vie d'une fée c'est ça ! On change le monde par petites touches. Des tout petits coups de pinceaux sur le grand tableau de la vie pour le rendre plus joli. Et personne d'autre  n'a besoin de le savoir !

Elle est quand même vachement plus chouette que l'autre mon histoire, vous ne trouvez pas ?

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