Maître des Enfers

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le Mer 13 Mar 2019 - 17:00
Un lac de brume violette entoure le Colisée des Enfers. Quiconque s'y enfonce n'en reviendra pas.. le seul moyen de passer est la navette RERC (Réseau des Enfers à Retour Conditionnel) installée pour la ré-inauguration de l'édifice. Elle part de l'entrée des Enfers et flotte sur la brume. Elle est toujours bondée, ça ne sent pas très bon car elle passe par de poisseux marécages et le chauffage ne fonctionne pas. Parfois elle s'arrête et on ne sait pas pourquoi.

Elle finit quand même par vous déposer devant le Colisée qui est accueillant ou non, selon le point de vue. L'enceinte est faite d'os, de cartilage et de piques montantes. Une gueule monstrueuse de démon vous contemple, ses dents acérées surplombant la grande porte violette. Quatre projecteurs de part et d'autre de l'entrée éclairent un peu le chasme obscur tout autour d'une lumière blanche et froide. Des Commis Ressuscités de Sécurité, le genre teigneux, sont disposés un peu partout pour s'assurer qu'il n'y ait pas de grabuge.

En entrant, vous voyez l'arène droit devant vous. Elle fait une cinquantaine de mètres au carré, le sol est en marbre poli, les murs étrangement spongieux sont contenus par de hauts piliers de cartilage. Mais vous n'allez pas par là. Des panneaux vous indiquent ou vous rendre.

Les participants vont à droite, accueillis par le diablotin rouge Peine qui, après avoir vérifié leur identité, les mène dans un couloir ténébreux creusé sous les os et qui fait le tour de l'arène. Il les arrête devant leur porte (il y en a deux, une de chaque côté de l'arène) et leur dit d'attendre là, dans la pénombre. Quand ce sera à eux, ils entendront leur nom et pourront passer leur porte à deux battants pour commencer leur combat ; les adversaires se feront ainsi face dès le début.

Les spectateurs sont salués par le diablotin bleu Panique et peuvent gravir les gradins sur la gauche. Un monte-charge est disponible pour les personnes à mobilité réduite ou ceux qui sont déjà trop fatigués. La plèbe morte et vivante se retrouve un poil en hauteur, c'est spartiate et surtout il n'y a pas de buffet. Mais VOUS ! Ah, vous êtes important, oui. Vous montez encore plus haut dans la zone VIP avec une vue surplombante sur les combats à venir. De toutes petits statues d'Hephaistos sont disposées ça et là, elles peinent sous le poids de leur lourd et large bol qu'elles portent sur le dos. Surtout, il y a un buffet. Il est indiqué de ne pas trop s'approcher du bord et que l'administration n'est pas responsable en cas de non respect des consignes.

Quand tout le monde ou presque est en place, les projecteurs s'animent, dessinant un ballet lumineux dans le gouffre noir au dessus de vos têtes. Une voix gutturale et profonde surgit des profondeurs, intimant à tout le monde de se taire par sa seule puissance.

"Chers êtres vivants. Merci de réserver un vacarme de tous les diables à votre généreux hôte, le Gardien du Tartare, le Veilleur du pré des Asphodèles, le Protecteur des Champs-Elysées, l'éternel, l'incommensurable... HADES !"

Dans les gradins, de grandes flammes bleues apparaissent dans les larges bols que portent les minuscules Hephaistos, aveuglant momentanément tout le monde. Une musique retentit, très cadencée, avec de la caisse claire et de la grosse caisse en alternance. Au milieu de l'arène, un bonhomme bleu en toge vient d'apparaître. Des flammes bleues dansent sur son crâne chauve. Il a placé son visage dans le pli de son coude en pointant le ciel noir dans l'autre direction, ses deux bras en parallèle.

Il faut applaudir. Ce serait mieux.
Non, vraiment, applaudissez. Vous ne voulez quand même pas vous éterniser ici ?

passif  passif  passif

Hades finit par ouvrir grand ses bras et leva la tête comme pour accueillir en son sein tout le bonheur qu'avaient les gens à être là. La musique ne cessa pas, il chemina autour de l'arène, ses pas calés sur le rythme, l'air cool et posé.

"Salut, moi c'est Hades, Dieu des Enfers
Si tu vois ma tête, t'as plus l'temps de t'en faire
Ta vie est foutue, finie, t'es pas au paradis
Mais ici, mon âme-i, ahhhh, ca va etre ta fête."


Il se déhancha un peu, produisit quelques "han-han" et "hon", toujours en rythme, le public commençant à le suivre en tapant dans les mains.

"J'te consomme, j'te consume, j'te conserve la dans la brume,
je te plonge dans le Styx et si tu t'en plains j'te fume,
tu sanglotes, tu gémis, c'est une vraie tragédie,
mais c'est la tienne, eh. Fallait y penser, mon âme-i."


Le rythme de la musique s'intensifia et Hades alla se replacer au centre de l'arène, pointant du doigt les gradins.

"Les têtes tetues ici valent pas tripette
Les héros obtus sont sur la selette
Et si être, avoir été, c'est du pareil au même,
Vous, le pouce levé, n'avez qu'à dire : J'aime."


Il leva son propre pouce pour montrer l'exemple, l'air blasé. A cet instant, un spectacle pyrotechnique fut tiré, les contours d'un coeur d'artifice bleu se dessinèrent dans le néant au dessus de l'arène. Une petite couronne jaune scintilla au dessus du coeur, resplendissante, avant de se transformer en tête de mort. Le coeur se mit à baver et à fondre, ne restait que la tête de mort. Elle finit par disparaître à son tour et la musique cessa brutalement.

Hades disparut dans un écran de fumée grisatre et réapparut dans sa tribune, encore plus haute que l'espace VIP. De la, il pouvait voir, contrôler tout ce qui se passe.

"Ahem. Bienvenue, bienvenue à tous au Grand Tournoi de la Coupe Noire. J'espère que votre voyage jusqu'ici n'a pas été trop.. épuisant. Les bien braves combattants de ce jour vont avoir besoin de vos encouragements." Hades se frotta les mains, approuvant ses propres paroles.

"Mais avant de vous les présenter, j'attire votre attention sur... ceci !" Son bras pointait maintenant un objet volant qui émettait un fin bourdonnement dans le silence. "Souriez, vous êtes filmés !" Il adressa un sourire canin et un petit coucou de la main à la caméra. "Cet événement majeur est retransmis dans beaucoup de mondes, et en exclusivité, grâce aux moyens techniques de l'Eclaireur. L'Eclaireur.. euh..." Il fit apparaitre dans ses mains un bout de parchemin et le lit comme s'il découvrait le texte, "L'Eclaireur : L'information sur les Mondes 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ne manquez pas le dernier éditorial de Lulu qui réagit aux événements du Palais des Rêves. A quel groupe se fier ? Bla bla bla..." Il jeta négligemment le parchemin : "J'ai bien ma petite idée, et je pense qu'elle traverse aussi votre esprit. A celui qui peut vous protéger. Au plus fort ! Celui dont le représentant remportera le tournoi, bien entendu."

Il fit oui de la tête, plusieurs fois, encourageant la foule a réagir. Dommage pour ces groupes qui n'avaient pas pensé à envoyer de participants.

"J'espère que vous avez misé avec discernement. Discutez entre vous, haranguez les glorieux combattants qui se battent la dessous, commentez tant les actions géniales que les échecs cuisants. Vous pouvez un peu voir ça comme... notre petit forum à nous." Clin d'oeil, clin d'oeil. "Et mangez ! Régalez vous de ce buffet gratis, offert par nos soins. Mais ne touchez SURTOUT pas à la réglisse. Conseil d'ami."

Il sentait la foule s'impatienter un peu. C'était parfait.

"Laissez-moi vous présenter une vraie déesse, celle pour qui tous les participants n'ont aucun secret car elle lit dans le moût d'orge ! Venue tout droit de Mésopotamie, devant vos yeux ébahis, mes âmes, mes sieurs... la Déesse Siris !"

Apparut alors au côté d'Hades une femme d'âge mur mais encore belle, fine, le nez aquilin, drapée de riches étoffes brodées. Elle avait la tête baissée, son regard plongeant dans la grosse chope en fer qu'elle tenait dans la main droite. Tous les spectateurs purent constater qu'elle avait le hoquet.

Hades frappa dans ses mains. Incroyable. Il arrivait encore à s'auto-exciter. "J'ai toujours voulu faire ça" dit-il en aparté avant de crier : "Je déclare le Tournoi de la Coupe Noire Ouvert !"

Une musique épique et métallique surgit des profondeurs et une clameur s'éleva du Colisée pour célébrer l'instant. Le bruit assourdissant résonna dans tous les Enfers (sauf le Tartare) et dans tous les lieux du Cosmos avec une TV allumée.


Les Quarts de Finale:
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le Dim 7 Avr 2019 - 17:00
A la fin de chaque quart de finale, le diablotin Peine rentrait sur l'arène. Sa tâche : débarasser le marbre des combattants qui n'avaient plus la force de s'exfiltrer d'eux-mêmes. Peine aurait pu dire à Hadès qu'il n'était pas la personne la plus indiquée pour ce travail au vu de sa stature, mais non. Il aurait pu se le dire à lui-même, mais non. Heureusement, il avait avec lui un brancard-treuil qui lévitait. Il n'avait qu'à déplacer les gisants dessus et tourner la manivelle, le brancard faisait le reste. Ca se passa plutôt bien pour Riku et Kuro. Ils étaient lourds mais songer à l'engueulade qu'il subirait s'il faillissait donnait de la force au diablotin. Pour Famfrit, ce fut une autre affaire. Le vieux et son armure devaient faire plus de cent fois sa masse. La douleur s'imprimait sur son facies alors qu'il tentait tant mal que bien de le faire glisser. Mais, par un heureux miracle, ce fut à l'instant où il pensait qu'il était indigne de son Maître que l'armure se releva d'elle-même. Peine l'encouragea avec des "youhou", ses bras dansant en l'air.

A cet instant, les rideaux de la tribune d'Hades s'ouvrirent, dévoilant une scène improvisée que des lumières venant des piliers vinrent éclairer. Une table triangulaire du plus beau marbre de Paros était plantée là. Autour d'elle, trois personnages étaient assis. Au milieu, face au public, un homme l'air sage, cheveux courts et barbe grisonnante. C'est lui qui prit le premier la parole d'une voix posée d'historien.

"Après l'action vient le temps de l'analyse, le temps des observateurs que nous sommes tous ici, dans les tribunes, derrière les écrans et autour de cette table. Nous vous proposons, amis de toutes contrées, une analyse circonstanciée et stylistique des événements qui viennent de se dérouler."

Sur les panneaux s'afficha COMMENTAIRE.

"Pour confronter nos perceptions et les inscrire à la postérité, moi, Hérodote d'Halicarnasse, ai fait appel au regard avisé du philosophe Anacharsis" à sa droite, un homme d'age mur, bedonnant, mal fagoté, qui se gratte une barbe noire fournie, "et à la verve passionnée du sophiste Eugenemenes", à sa gauche, un monsieur sec et d'air teigneux penché sur la table. Il sentait l'aftershave et le houblon mal fermenté.

"Messieurs, commençons par le combat entre Jack Inersse, pour la Coalition Noire, et Riku, pour la Lumière.
"Un très beau match, mon Dodo. Très beau match. J'y ai pris du plaisir." Le sophiste avait un accent chantant du sud. Sud de quoi, on ne savait pas. Mais c'était définitivement un accent du sud.
"Ah, le Bien contre le Mal", exagérait Anacharsis de sa voix profonde. Il avait la diction lente, ça lui permettait de mieux penser. "Nous, les philosophes, nous posons sans cesse la question. Et nous avons eu ici un début de réponse."
"On a été é-blou-is. Et pas que figurativement, hein. Le Riku la, avec ses ondes de lumière..."
"Une manifestation physique de son moi profond."
"Et le Jack, on aurait dit un animal parfois, à crier comme ça, RAAAAARGH"
"Refaites le pour voir ?" fit Herodote, les sourcils ironiques.
"Euh.. RRROOOAAAAAARGH."
"Pas mal. Ca manque un peu de corps."
"Une manifestation physique de son moi profond", insistait le philosophe qui débordait un peu sur la psychologie.
"Non mais attends. Les deux, c'était des bêtes sauvages."
"Le retour à l'état de nature. Un message envoyé à notre société."
"A se tourner autour là, se jeter des regards, des petites provocs ici et la. Tu la sentais la tension, c'était dans l'air."
"Un symbole évident des enjeux qui dépassent même cette confrontation."
"Un combat d'alphas comme on les aime bien chez nous. Mais bon, ca se sentait au début que Jack il manquait de préparation."
"L'habit ne fait pas le moine."
"Oui, il est arrivé comme un clodo mais.. eh.. il a gagné. Comme quoi."

Sentant qu'ils arrivaient à bout d'arguments, Hérodote relança le débat. "Que pensez-vous du fait qu'ils semblaient tous deux un peu distraits, comme s'il y avait autre chose dans l'arène ?"
"L'oeil est le miroir de l'âme", justifiait le philosophe.
"Mais je les ai senti moi les bestioles, Anach ! Y'avait trop de joueurs sur le terrain, c'est évident."
"Cela pourrait être des sans-coeur. Les sans coeur sont attirés entre autres par les ténèbres", récita Hérodote d'un ton docte. "Les Enfers et cette arène ne font pas exception. Je suis certain que la passion du combat et les sentiments contradictoires des combattants, les enjeux ont fait que l'un comme l'autre auraient pu les faire venir, sans même le vouloir. Mais passons. Des actions marquantes à retenir, des surprises ?"
"Ah je pensais que Riku allait l'emporter hein, il avait la volonté et le mental dans ce genre de match, c'est important. Il faisait bien le pressing, mais Jack a fait une remontada spectaculaire avec ses volées de pied."
"La force de l'espoir et la force du désespoir."
"Finalement, le héros s'est incliné, mais il a tout donné jusqu'au bout, tout et même plus. Je pense qu'il peut rentrer au vestiaire le coeur content."
"Une notation pour ce combat ?" s'enquit l'historien.
"Je lui mets huit RRROAAAARGH sur dix. Vraiment du beau jeu."
"Deux sur dix."
"Vous êtes dur, Anacharsis", s'étonna à peine Herodote en notant tout cela sur son papyrus.
"Nous qui pensons beaucoup sommes d'éternels insatisfaits."

A ces mots, Herodote eut un fin sourire. "Bien bien bien, passons au deuxième combat, et c'était Kuro contre Septimus, tous les deux à la Coalition Noire."
"Je ne commente pas ce match", s'insurgea Eugenemenes en cognant du poing sur la table. "Non mais ça rime à quoi ? Non mais je demande, hein. On aurait dit un vulgaire entraînement."
"D'ailleurs, petite digression, il me semble qu'il existe un endroit beaucoup plus approprié pour ce genre d'échauffement, le Colysée de l'Olympe. On peut même y casser des pots, parait-il qu'ils en ont des myriades en stock."
"Non mais ce qu'on veut nous, le public, les gens simples, c'est du spectacle, des sensations. Que la fête soit folle ! Et là le Septimus, non seulement il lui donne son arme au Kuro..."
"Il y a derrière cet acte d'apparence amical et juste une volonté d'humiliation."
"... et en plus il respecte pas les installations ? Non mais, vous avez vu il a transformé toute l'arène en montagnes grecques !"
"On peut tout de même douter de la qualité du marbre pour qu'il soit aussi mall..." Herodote avisa du coin de l'oeil Hades, qui l'observait intensément de son petit fauteuil en retrait des caméras. "Non, en effet, ce n'était pas respectueux de la part de Septimus."
"Le cri de rage de son adversaire démontrait une volonté de surpasser les limites que lui imposaient son corps."
"Oui mais bon, ca a rien donné, hein, il était pas au niveau le Kuro. Et la paf, alors qu'il a l'ascendant, la possession du terrain, Septimus il déclare forfait ? Si le public était pas invité, il demanderait un remboursement ! Et puis le Kuro", s'emportait Eugenemenes qui avait finalement décidé de commenter, "je donne pas cher de sa peau au prochain combat. Il a même fallu qu'on le sorte de l'arène à la fin tellement il en pouvait plus."
"Je suis en total désaccord. Les combats se jouent aussi dans le regard. La victoire fut logiquement cédée."

Hades, sur son fauteuil en retrait, cachait mal sa furiosité en repensant à ce qu'avait fait Septimus. En déclarant forfait, l'ancien maître de la keyblade l'avait privé d'un petit bonheur. Ah, comme Hades aurait aimé le voir perdre, sinon contre Kuro, au moins au combat suivant !

"Quelque-chose à ajouter, messieurs ?"
"J'ai dit que je ne commentais pas ce match", assurait Eugenemenes.
"Déclarer forfait, c'est reconnaître son état de mortel, et le temps qui passe", philosophait Anacharsis.
"Une notation, peut-être ?"
"Oh, tu es sourd Dodo ? Pas de note ! Tiens, allez, deux !"
"Dix sur dix. Parfait."

"Très bien", annotait Herodote, toujours aussi calme. "Passons au troisième combat : Kurt Brown des Mercenaires contre Fabrizio Valeri du Sanctum."
"Halleluiah, j'ai envie de dire. La c'était beau, la c'était propre. Bon, je reproche aux deux participants d'avoir manqué un peu de latéralité mais.. ouais.. y'a eu du contact et j'ai pu remarquer de belles qualités offensives, d'un côté comme de l'autre. Déjà rien que la compo, le choix de l'équipement sont essentiels hein, si vous regardez. L'épée, le bouclier contre le fusil et la magie ! Ca ouvre la voie a un jeu très stratégique."
"Ils se sont beaucoup violentés. C'est ce que l'on aime dans le sport", ironisait le philosophe.
"Oué. J'ai quand même cru a un moment que le Kurt allait un peu loin, hein. Voilà t'il pas qu'il pointe le canon de son arme sur la nuque de mon gars Fab, prêt à tirer, ouïaïah. Contrevenir comme ça à la seule règle qu'on connait, c'est disqualification directe !"
"L'avantage de Kurt m'a semblé assez évident ?" tenta Herodote.
"Faut dire qu'il a une approche tactique transcisciplinaire, forcément ça aide."
"J'ai cru penser que ce monsieur avait confondu le tournoi avec un tournoi de danse."
"Non mais c'est de la capouéra. Ca vient du Sud, t'inquiète. Et c'est diablement efficace, demande a Valeri !"
"D'autres actions marquantes, messieurs ?"
"Plein, mon Dodo, plein. L'armure de Valeri qui rouille et se défait, et la je suis sur que les spectateurs étaient penchés sur leur écran pour mieux se délecter des petits détails."
"Herodote écrira bien une petite fiction autour de cet instant ?" se gaussait déjà Anacharsis.
"L'Histoire ne serait rien sans quelques anecdotes", se contenta de répondre l'enquêteur.
"Ah, et puis", enchaina Eugenemenes, "bonne tactique de Fabrizio d'approcher Kurt du côté de son mauvais oeil. Et puis, on parle du saladier ? Franchement ! Franchement !" Il s'énervait un peu. "Je sais pas qui a lancé le saladier sur mon Kurt..."
"Et la petite culotte..." glissa le philosophe en levant l'index droit.
"Mais ça se fait pas ! C'est de l'irrespect. faudrait qu'on le retrouve et s'il a parié sur le gagnant, hé bien on lui prend tout à ce gugusse. Ca lui fera les pieds."
"Ne vous inquiétez pas, les caméras de l'Eclaireur ont sûrement enregistré ce moment."
"Mais bon, le gros retournement de situation, le moment QQPBS, "qu'est ce qui se passe, bon sang", c'est quand Fabrizio sort sa belle ki-blède, là, son gros machin en forme de clef. Tiens, ça va intéresser une streameuse réputée du côté de San Fransokyo, la petite D.Va qui a bien du talent au passage."

Les deux autres le regardaient sans commenter. "Ben quoi ? Oui, je regarde son strimeuh. C'est pas que pour les midinettes et les puceaux, hein. Y'a de la géopolitique aussi."
"Dommage tout de même qu'il n'ait rien fait d'autre avec cette keyblade que d'endommager encore plus l'arène", constata Herodote.
"A croire qu'ils se sont donnés le mot ! Est-ce que les combattants pensent aux équipes de maintenance et d'entretien qui sont en train de s'activer en ce moment même, pendant qu'on papote tranquilou, pour que le terrain reste praticable ?"

Si on plissait les yeux, on pouvait apercevoir en contrebas le petit diablotin rouge, Peine, peiner à nettoyer l'arène en trainant difficilement une serpillere géante gorgée de rouge.

"Un peu de respect, quand même", achevait Eugenemenes en se redressant sur sa chaise, bras croisés.
"Deux porteurs de keyblade, deux perdants", constatait Anacharsis. "A croire que la force du coeur ne suffit pas toujours. Je me demande..."
"Bon", coupa Herodote Présentateur, au grand dam d'Hades qui affichait jusque la un grand sourire. "Je vois que le public s'impatiente et veut voir la suite, alors je vous demanderai votre notation, s'il vous plaît."
"Huit giclées de sang sur dix. Kurt a cherché, il a tenté, il a mené et c'est bien normal."
"Deux sur dix."
"Très bien, je consigne et... nous passons au dernier combat, à savoir L'Innommable contre Famfrit de la Lumière."

Eugenemenes mit un coude sur la table et tendit la main à l'horizontale. "Alors la, comme chacun sait, l'élément déclencheur dans un match, c'est quand on pousse l'adversaire à l'erreur. Tu quadrilles le terrain, tu attends l'erreur technique, tu évites le contact quand c'est le seul atout de l'adversaire, tu demandes du soutien tactique et voilà. C'est dans la poche. Bonne lecture de l'Innommable, c'était très valable."
"L'important, c'est de participer."
"Tu l'as dit Anach ! Et le Famfrit, on sentait qu'il allait pas faire de vieux os mais il a bien tenu hein, pour son âge et vu la lourdeur de son équipement ! J'ai vu de belles embardées avec le bouclier et la lance, le coup du clone d'eau, c'était propre."
"L'humain a finalement fendu l'armure. Laissant transparaître la vérité."
"Et moi ce que j'ai aimé dans ce match, c'est l'ambiance. Le public était en feu et des deux côtés, hein. On aurait dit un classico !"
"Et le coup dans le dos de l'Innommable, qui a achevé le combat ?" demanda Herodote a ses compères.
"J'ai cru voir dans sa traitrise une certaine forme de compassion."
"Traitrise, ho ! Tout de suite les grands mots. Y'a pas de règles contre ça, si ?"

Ils se tournèrent tous les trois vers Hades qui, tout en caressant distraitement un petit lapin blanc, fit un non très prononcé de la tête.

"Tu vois. Et toi mon Dodo, donne nous un peu ton opinion bon sang !"
"Si je devais comparer les approches des combattants avec la bataille des Thermopyles, alors Sparte a perdu. Quant à l'analyse du système politique, il me semble que L'Innommable serait plutôt partisan d'un système monarchique teinté de tyrannie tandis que..."
"NON AU TRAVAIL FORCE DES AMES !" s'insurgea soudain Anacharsis en se levant et en beuglant fort. Les deux autres le regardèrent un instant, et vu qu'il se calmait déjà et se rasseyait, Herodote reprit : "... tandis que Famfrit serait plutôt pour un système oligarchique et collectiviste."
"Oké. Rappelle moi de ne plus te demander ton opinion, Dodo."
Herodote se lissa la barbe, visiblement insensible aux critiques. "Donnez moi vos notes, donc ?"
"Huit abominations sur dix."
"Deux sur dix."

La plume d'Herodote gratta le parchemin et il releva la tête, l'air toujours aussi impassible. "Voilà qui conclut notre analyse. Bien entendu, ce ne sont que nos commentaires et chacun appréciera les actions des uns et des autres à la valeur qu'il veut bien accorder. Nul doute que tous les combattants, gagnants comme perdants, ont quoi qu'il en soit acquis de l'expérience et consolidé leurs compétences. Merci messieurs, merci à tous, le tournoi et l'Histoire continuent, ici au Colisée des Enfers."

Les rideaux se refermèrent sur la tribune d'Hades, bloquant le champ de vue des spectateurs et caméras, mais visiblement un technicien, mal payé ou incompétent, avait oublié de couper le son.

"Hades.. Seigneur..."
"Oui, super les gars. Du bon boulot, vraiment bravo, tout ça." A son ton rapide et las, on devinait qu'Hades voulait passer à autre chose.
"Hé, Dedes, la prochaine fois on pourrait faire un vote du public, non ? Le participatif, c'est imp..."
"VOUS VOUS CROYEZ EN DEMOCRATIE ?"
Un silence de mort plana quelques secondes.
"Alors toi, le philosophe, tu retournes au Tartare. Le sophiste, débarasse moi le plancher, tu m'énerves. Et toi l'historien... tu es content ? tu t'es bien amusé ? Ca en est où ce livre sur moi ?"
"Hé bien..." Herodote était aussi calme et posé que d'habitude, "ça risque de prendre un peu de temps. Il y a tellement à raconter."
"Oui enfin, tu ne vas pas y passer toute ta vie non pl-"

Le son coupa à cet instant et les projecteurs se tournèrent vers le centre de l'arène, enfin propre, plus ou moins plate, carrément fissurée et prête à accueillir un petit spectacle musical proposé par un groupe de musique traditionnelle barbare.

Les panneaux indiquaient
κενδηι γιρακ
κλαυδιο καπεο


Deux êtres mal rasés, sûrement des musiciens, et une guitare étaient au centre de l'arène. Le premier commençait à gratter, l'autre à chanter  :

Il faudrait faire le fier
Comme si baisser les bras
C’est pour celui qui perd
Il faudrait cogner
Et puis bomber le torse
Etre le premier à crier, plus fort
Mais que Dieu me pardonne
J’ai tout fait à l’instinct
Moi je ne suis qu’un homme
Peut-être un bon à rien
Mais que Dieu me pardonne


Les paroles étaient ce qu'elles étaient mais le rythme tectonique de la guitare emportait l'adhésion d'âmes qui manquaient cruellement de divertissement depuis longtemps. D'autres chansons suivirent. Malheureusement pour ceux parmi les VIP qui auraient voulu lancer des tomates aux musiciens, elles étaient dans le saladier qui avait volé.

A la fin de ces simagrées, les combats purent enfin reprendre.


Les Demi-Finales:
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le Dim 12 Mai 2019 - 17:00
"Quel émoi. Voilà deux combats qui resteront dans les annales, et dont on reparlera longtemps. Surtout, commentez, commentez en bien ou en mal, du moment que vous en parlez tout autour de vous !"

Hadès pérorait du haut de sa tribune, un sourire faussement serein aux lèvres.Tout se déroulait comme prévu. Du moins, c'était absolument ce qu'il devait faire croire aux spectateurs. Il n'était pas question qu'on le soupçonne de ne pas maîtriser le moindre aspect de son tournoi.

"L'illusioniste Innommable a joué avec l'esprit de Kurt Brown, et j'ai bien cru un moment qu'il allait emporter cette bataille, couper les cordes sensibles de notre sympathique mercenaire. Ah, l'amour..."

Ainsi donc, ce fantôme qui l'avait dérangé quelques jours plus tôt, s'était permis de squatter dans son domaine sans être pour autant son servant, lui avait même demandé Hercule, ce fantôme attirant dont l'Innommable avait pris un moment l'apparence s'appelait Lenore. Et le Kurt en pinçait pour elle. Intéressant.

"Et que dire du combat d'avant ? La surprise était de taille. Enfin, l'intervenant est plutôt petit, convenons-en, mais... vous me comprenez." Il tendit les bras en V. "Je vous rassure : Jack Inersse et Kuro n'ont que quelques bleus." Un mensonge pour les caméras, il avait vu leur état quand Peine les avait traîné en dehors de l'arène. "Ils seront de nouveau sur pied en un rien de temps pour.. faire ce que font les gens de la Coalition Noire quand ils ne sont pas occupés à vouloir devenir chef. Cracher leur pâte à mâcher par terre et faire peur aux grands-mères, je suppose ?" Au moins, par miracle, ils n'étaient pas morts. Ca aurait fait tâche. "Ils se sont bien battus tous les deux et méritent vos éloges. Pour Kurt et pour Jack hip-hip"

"Hourra !" répondit la foule avec un enthousiasme relatif.
"Hip-hip !" insista Hades.
"Hourra !" fit la foule, convaincue par les flammes qui dansaient sur le crâne du Dieu.
"A évènement exceptionnel, public exceptionnel. Vous êtes parfaits." Hadès rajusta sa broche avant de poursuivre : "La finale commencera sous peu. N'oubliez pas de parier et de vous hydrater. Et pour vous faire patienter, nous avons préparé avec les équipes de l'Eclaireur un documentaire exceptionnel que nous vous présentons maintenant en avant-première multi-mondiale !"

Hades claqua des doigts et un écran géant incurvé surgit du bord de l'arène, remontant le long de la facade en cartilage. Le projecteur fixé sur lui s'éteignit et une musique entraînante, inspirante, parfaitement calculée pour donner envie, retentit.



Sur l'écran se succédaient des travelling parfaitement maitrisés de paysages idylliques. On pouvait presque sentir le parfum des innombrables fleurs qui jonchaient les champs ensoleillés, et les branches des arbres millénaires, majestueux, bercées par la douce brise semblaient danser sur la musique. Une voix off, une voix de baroudeur commentait : "Bonjour les amis et bienvenue. Je suis Bear Grylls. Vous m'avez vu arpenter les forêts du monde primal d'Oerba, et bien d'autres lieux où ce que vous ne connaissez pas peut vous tuer. Aujourd'hui, voici une émission très spéciale, dans un endroit encore plus dangereux encore. Du moins, c'est ce que je pensais au départ ! Mais les Enfers, c'est le -"

L'écran devint noir et la musique stoppa net.

"Qu'est ce qui se passe encore ?", gronda Hades. Le film s'était coupé en pleine envolée, au meilleur moment, et il ne repartait pas ! Il fulminait en entendant l'arène maugréer. "Que fait le projectionniste ?" Pas le temps de râler, il fallait improviser, divertir ! Il savait faire, il le faisait jour après jour pour le public le plus moribond qui soit. "Peine, va me chercher une trompette dans l'orchestre. Panique, des .. des palmiers. En plastique. Dans la réserve. Deux, ça suffira. Tu les amènes sur l'arène. Siris, un bon danseur, vite. Y'en a forcément un, vérifie la liste des invités."

"Trouvée." La déesse hoquetante montra le fond de sa chope de bière à Hades qui sourit de toutes ses dents. "Je reviens fissa." Il claqua des doigts et se retrouva au beau milieu de la loge VIP. Ignorant les cris de surprise et d'extase que son apparition avait suscitée, il chercha le visage qu'il lui fallait.

Elle. C'était elle. Longs cheveux noirs, yeux bleus, visage doux et air songeur. Elle n'avait clairement pas sa place ici. Raison de plus pour la mettre en vendette. Il agrippa le bras de la fille et lui fit son plus beau sourire : "Ca vous dirait, une petite danse en mondiovision ?"

La question était rhétorique, il se fichait bien qu'elle accepte ou non. Un portail des ténèbres les amena tous les deux au centre de l'arène. Le brouhaha venant des tribunes s'intensifiait. La fille, elle, regardait ses pieds, visiblement intimidée. Hades lui tapa l'épaule.

"Très bien, ma jolie, à toi de jouer. Improvise, laisse la musique te porter, ne fais qu'une avec.. tu sais. Bref, fais ton truc." Peine trottinait, essouflé, pour lui amener une trompette. Hades la saisit, claqua des doigts pour éteindre les lumières sauf le projecteur de la scène, provoquant une réaction de satisfaction chez le public. Il écarta légèrement les jambes et se mit à jouer quelques notes, instrument bien à l'horizontale.

Derrière lui et la danseuse, Panique déposait les mini-palmiers en plastique. Il suffisait d'un rien pour donner une ambiance. Les quelques notes de trompette firent leur effet. Dans l'orchestre invisible du Colisée, on entendit des percussions et un petit piano qui lançait une mélodie légère, gorgée de soleil. Ce fut à ce moment que, sous les yeux ébahis des spectateurs, tel une apparition, un preux chevalier rejoignit la danseuse, mèches blondes flottant au vent. Le premier projecteur étant déjà sur la fille, un deuxième s'alluma pour présenter l'homme à la foule, sous les vivats. En retrait, Hades contempla l'intrus et décida que non, le sweat-shirt bleu "Coupe des Enfers 2019" n'était pas l'accoutrement idéal. En un claquement de doigts, le blondinet se vit affublé d'un smoking noir, d'une chemise blanche en flanelle et d'un noeud papillon.

Hades recula dans l'ombre, trompette à la bouche. C'était leur moment.


Dernière édition par Hadès le Dim 12 Mai 2019 - 17:07, édité 1 fois
La Danseuse

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le Dim 12 Mai 2019 - 17:02

Maintenant happé au-devant des hostilités, seule sur ce terrain de marbre abîmé et aux séquelles des combats passés, la Danseuse partait en controverse en réponse à l’exigence du maître des lieux. Un sourcil dressé, guidant le regard à la fosse jusqu’aux gradins, Irelia se perdait sur sa comparse au teint pâle en ne réalisant sur le tard où elle se trouvait.

Ses idées se perdaient à l’appel du cuivre, au spectacle propre d’Hadès et voici que l’encre à ses bras s’en allait et se réfugiait au creux de ses reins.

Note et acoustique, piano et violon, tout un orchestre que les morts semblaient s’adonner en sa présence. Fluide, guide à elle-même, la Danseuse laissait ses bras le long du corps alors que pieds et jambes dessinaient le tracé de ses pas. Elle quittait la quiétude de sa fièvre à l’appel d’un compère imprévu.

- Sais-tu danser la Carioca ?
- Non.

Il semblait en forme et d’âge, une chevelure d'ange endigué dans un trois-pièces. Irelia le toisait, l’affectionnait avant que ses yeux et ses gestes ne s’accélèrent à l’invitation de ses paroles à la danse. Finalement, elle avait cette danse avec ce preux chevalier.

- Ce n’est pas un fox trot ou une polka.
- Ce n’est pas vraiment très compliqué.
- Pour la comprendre, suis bien mes pas.

Ils se retrouvaient en milieu de scène, l’un et l’autre à se contempler jusqu’à ce que la rêveuse s’adonne au rôle confié d’une Muse. Figée à ce corps, épaule droite et pied parallèle, elle guidait sa parole aux mouvements. Mains jointes au bassin, elle se retournait sur le gauche dans un mouvement bipolaire où pieds et poignes se refusaient à la réflexion. Maître d’orchestre, les deux extrémités s’en allaient et guidaient épaule et regard à poursuivre le mouvement.

- Ce n’est pas un tango ou un chacha.
- Encore moins une bossa nova.
- Quand t’as goûté à cette danse là.
- Tu ne peux plus faire que ça.

Glissant de côté, un jumeau suivant le second, Irelia s’effaçait à l’offre de l’un des diablotins à son partenaire. Deux instruments, plus grand que des micros, joignait les mains de l’homme qui réfléchissait à ses pas pour la carioca.

Mimant les gestes des pas, il jouait de ses cadeaux et s’apprêtait à s’enlacer sous les acrobaties d’Irelia en son dos.

- Youpi !
- Dansons la Carioca.
- C’est bien, faisez tous comme moi.

La Danseuse se guidait au-devant du partenaire, s’immisçant à une valse inversée où tous deux s’en allaient en guide. Paumes refermées, dos à son invité, Irelia ressentait l’emprise à son torse pendant qu’il s’unissait d’une même voix à leur parcours éphémère. Brisant l’avancée, elle s’attardait à cette seconde main et l’empoignait au rythme d’une vrille et s’élançant sur un pied. Figeant la scène sur une scène avant se perdre à ses bras une seconde fois.

- Youpi !
- Avec la Carioca.
- Tant pis s’il fait dire aux autres danses… Au revoir…

Une farandole brisait alors le couple, bras tendu dans une gigue continue pour qu’ils se retrouvent côte à côte dans une nouvelle dualité. L’un ne s’adonnait jamais au regard de l’autre. Offrant ce moment d’intimité à la timidité de la prochaine confrontation.

Un doux sourire se confiait à son visage, s’attardant d’un coin de l’oeil à la copie de l’intervenant jusqu’à ce que la musique impose son ton.

- Maintenant que tu danses la Carioca.
- Ça tu t’en fiche bien de la polka.
- Tu n’en veux plus de la rumba.
- Du hula hoop et du chacha !

Le claquement des mains se répercutait à la fosse. Irelia et son second ne se quittant plus des yeux l’un à l’autre. L’étreinte des doigts se refermait. Les regards se confondaient et les danseurs s’en allaient d’un pas à l’autre, sans jamais s’interposer.

C'était un solo où, à deux, ils composaient leurs pas. Tels une seule entité sinueuse et éprise de liberté, là sous les profondeurs de la terre.

La caresse d’une toupie quand ils se tournaient le dos, reprenant leur synergie et poussant l’un au retranchement du second.

- Tous les matins dès le lever
- La Carioca te fait bouger
- Et quand tu danses chaque petit pas
- Te met en joie pour la journée

Irelia s’en allait, seulement il la retenait, emprisonnant celle-ci et lovant la Danseuse à ses bras. Ils s’accompagnaient sur quelques distances pendant qu’il murmurait les douceurs à ses oreilles et ne libère la rêveuse. Il la libérait comme on relâchait un oiseau.

Miroir l’un de l’autre, ils s’emportaient et retournaient en face des gradins en quelques vrilles à l’élévation de leurs bras.

- Youpi
- Dansons la Carioca
- C'est bien, faisez tous comme moi
- Youpi
- Avec la Carioca


Épaule contre épaule, il s’adonnait à un dernier regard avant qu’ils n’offrent leurs mains au confort de leur poche. Jambes tendues, il offrait le nouveau pas à un talon qui s’en allait d’un côté à l’autre et offrait le repos pour qu’ils s’élancent de nouveau.

- Tant pis s'il faut dire aux autres danses... Au revoir...
Les Danseurs valsaient alors, s’offrant la fosse à leur pas pendant que les talents d’Hadès se répercutaient sur le marbre. Cuivre de la trompette et souffle d’athlète, ils étaient à trois sous le regard d’un public silencieux devant ce spectacle inhabituel.

- You-hou-pi
- Dansons la Carioca
- C'est bien, faisez tous comme moi

À l’ombre de l’une des entrées, un diablotin à la peau bleue s’en allait en sursaut et en grand geste jusqu’à capter l’attention de la rêveuse. Son partenaire ne le remarquait pas, pris dans la danse corps et âme qu'il était. Les mondes pouvaient s'effondrer, il continuerait de danser.

Un hochement de tête entendu, elle se redressait en offrant sa main à l’épaule du partenaire d’une scène. Souriante, elle glissait ses doigts le long du bras jusqu’à empoigner la main et devenir guide à cette carioca dans l’invitation d’une fin de représentation. Fabrizio se laissa faire, elle était la danseuse après-tout.

- Oh oui, youpi !
- Dansons la Carioca
- Tant pis s'il faut dire à tous le monde... Au revoir…

Quelques échanges de plus, le crescendo des pianos s’en allaient et interrogeait les Danseurs à briser le rythme et opérer à un revers final.

Deux heures plus tôt il se battait dans cette arène ; il menait désormais tout un autre combat qui était, bien que plus calme et plaisant, tout aussi complexe. Happé par la mélodie, il suivait le rythme de sa jeune partenaire. Elle le guidait tout comme la musique, cette dernière s'intensifiant alors qu'ils se rapprochaient.

Vraiment, s'il avait su, il aurait descendu une troisième canette de café des enfers – Hadès seul savait ce que c'était. Le Dieu des Enfers qui jouait superbement bien, d'ailleurs. Etais-ce cette sensation, ce risque d'accident vasculaire cérébral aggravé, qu'il ressentait ? C'était ce que la surconsommation de la boisson énergisante des Enfers semblait causer.

Il ceuillit la petite danseuse au vol, elle qui s'était élancé dans les derniers sons de la mélodie alors que le public retenait son souffle. Il la laissa se poser dans ses bras, une jambe levée en l'air, basculant presque en arrière alors que le public applaudissait.


Maître des Enfers

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le Dim 12 Mai 2019 - 17:03
Hades fut le premier à applaudir devant ce spectacle improvisé que la danseuse et le chevalier venaient d'offrir. Il fut vite rejoint par une clameur phénoménale qui surprit le Dieu des Enfers lui-même. Et dire qu'il n'allait même pas les payer pour ça. Bah, ils devaient déjà s'estimer heureux d'avoir eu leur petite heure de gloire. Peut-être même que ça allait redorer le blason de Valéri après sa défaite et qu'on se souviendrait de cette performance plus que de son combat.

Il alla s'immiscer sous les projecteurs, au beau milieu du couple acclamé, prit une main de chaque et les leva avant de s'incliner avec eux. Ca avait duré un peu trop longtemps à son goût, mais il n'allait pas râler vu les retours enthousiastes à ses oreilles. Et, bonne nouvelle, on l'avait averti au beau milieu de la chanson que le film était prêt à repartir.

"Vous avez mis le feu", glissa-t-il aux danseurs, tout sourire. "Vous savez, avec un bon agent, en trois mois, vous montez une tournée. Ah, et le Colisée prend 40% sur les autographes que vous faites payer." Ses dents se refermèrent. "Bon allez, on s'est bien amusés, ouste maintenant ! J'ai une pub à faire passer." On avait pas assez parlé des Enfers dans tout ça. Il créa un portail et les poussa gentiment dedans par l'épaule, puis s'épousseta les mains en regardant le portail se refermer.

Les applaudissements s'éclaircissaient. Hades se frotta le menton, satisfait, et claqua des doigts. Aussitôt, la lumière s'éteignit de nouveau et l'écran géant se ralluma. La voix de Bear Grylls, aventurier de l'extrême, résonna.

"- paradis. Ca y ressemble, en tout cas. Les apparences sont souvent trompeuses, je vous l'ai déjà montré et expliqué beaucoup de fois. Alors, quels dangers ces si beaux paysages de carte postale nous cachent-ils ? Suivez-moi dans les champs élyséens et découvrons-le ensemble."

La suite du documentaire se déroula sans encombre de chaque côté de l'écran. Grylls parcourut majestueuses forêts aux fruits abondants, bocages embaumés, verdoyantes plaines fleuries de rossignols, berges aux ondes vivifiantes du Léthé, sans rien trouver de bien méchant. Il regretta juste que la température des geysers était un peu chaude et qu'il fallait bien quelques secondes pour s'y habituer. Lorsque vint le temps de conclure, quarante minutes plus tard, un sourire marquait son visage buriné par l'exploration.

"C'est sous cette magnifique et rafraichissante canopée, là, tout près de la porte d'ivoire, que s'achève notre émission du jour. Un vrai plaisir que de se balader par ici, et je le recommande à tous ceux qui ont l'autorisation d'y venir. Les bienheureux. Nous regrettons simplement que l'administration des Enfers n'ait pas accepté ma présence et nos caméras au Tar-"

PIM PIM POUIIIIIIN


Une fanfare couvrit malencontreusement la fin de la phrase de Grylls et l'écran géant s'éteignit avant de rejoindre les profondeurs.

PIM POUINNN POUINNN PIM POUINNNN

C'était l'heure de la finale.


La Finale:
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