Derniers sujets
Le Chien noir

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
58/0  (58/0)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 11 Fév 2019 - 18:13
« Bon… déjà, on va… vous allez tous m'attaquer en même temps avec tout ce que vous avez, j'ai un truc à tester. »

Ca n'attends pas. La poussière se soulève. L'on entend un troupeau d'une dizaine de mammifères enragés qui chargent aux galops ; des gardes noirs aux armes levés. Tous convergent vers Jack, baton de struggle sortit à l'occasion de l'entrainement… immobile, l'intendant ne fait pas un pas. Rapidement, de manière un peu brouillon, le Chien Noir mime pour la deuxième fois la même posture que Narantuyaa. Sa première imitation, bien trop précipité et improvisé dans un flash avait déjà suffit à repousser des sans-cœurs ! Ici l'esprit clair, Jack corrige sa posture : sur ses appuis, jambes fléchis et la posture en vrille pour, d'une impulsion sauvage des deux pieds, tournoyer soudain à toute vitesse. Une courte mais brutale mini-tornade, localisé sur Jack, repousse les assauts des larbins et ces derniers avec. A faire valdinguer les plus fragiles à l'impact, au moins à repousser les autres. L'intendant lui-même ayant disparu dans sa propre attaque, ne devenant qu'un long pilier de couleurs tourbillonnantes le temps de sa technique.
Soudain, on croit le voir chavirer à la fin de sa technique. La démarche en chaloupe à marcher comme bourré, pris une nouvelle fois d'un tournis qui l'assomme impitoyablement. Le temps que la poussière retombe, que les gardes noirs se relèvent, le Chien Noir retrouve enfin ses esprits.

« Et bien, ma technique est au point… on dirait ? » Dit-il, encore un peu secoué et pris d'un maigre vertige, bien malicieux ici de laisser à ses larbins le temps de se remettre du choc. L'air de rien puisque oui… le coup de la tornade permet de punir sévèrement un adversaire qui charge. Et ils peuvent être dix à charger ! Ca ne change pas grand-chose. Par contre, juste après ça, le tournis frappe et laisse si vulnérable… une technique qui ne vaut que son timing d'utilisation. Une défense imparable, sans faille ni angle mort mais… on peut toujours passer au travers par la force brute, si on en a les moyens. Et même sans ça, c'est une contre-attaque très facile à nullifier quand on en connait le principe. Il suffit de retenir son coup pendant la tornade et frapper juste après.
Narantuyaa n'avait pas le tournis elle, si ? Ses jambes étaient faibles mais non, de mémoire, elle n'avait pas l'air d'avoir un tournis aussi fracassant… alors ca va être très simple.

Jack va utiliser cette technique à répétition jusqu'à pouvoir en encaisser le tournis sans que cette technique ne le laisse parfaitement vulnérable. S'il a le temps, on verra bien. Pour l'instant, il faut entrainer les gars… et Jack est seul disponible pour ça, aujourd'hui. D'ordinaire, Vald s'en charge, étant le plus endurant de tous et toujours le dernier à court de souffle, s'entrainant de lui-même à la moindre occasion. Sauf que ce responsable est astreint à la sécurité de l'ingénieur et de sa femme. En raison du chantier, de nombreux gardes noirs ont été réquisitionnés, nottament à la Cité du Crépuscule ; Lamont et Skinner ont beaucoup trop à faire en ville pour s'occuper d'un entrainement avec cette dernière réduction d'effectif dans les pattes. Three est au chantier, en forêt et semble faire l'affaire alors il reste là-bas. Quand à Septimus, il est en mission avec l'exécutant Kuro à la Dark City d'Illusiopolis. L'occasion d'en apprendre plus sur cet exécutant qui commence à se faire remarquer, via Septimus.
Plus important ! Ces deux blondinets vont peut-être rendre réalité le paradis rêvé de Jack, son utopie : un monde serein et tranquille où tout le monde serait trop stone pour pouvoir être un danger. Ou même en danger.

Le Chien Noir s'endort une trentaine de seconde debout, à peine plus, le visage plus serein et doux qu'un angelot à l'idée. Pris en embuscade par Morphée, lui rêve voir des gardes noirs patrouiller sur d'heureux citoyens tout content, tout joyeux mais surtout, tout tranquille… le tout dans les mêmes vieilles rues recouvertes d'un doux voile de brume chimérique. Et des chiens surveillent les gardes noirs pour s'assurer qu'ils ne fassent pas de bêtises ; un paradis où rien ne peut allez de travers. Puis ca vire au cauchemar ! Au loin, d'abords on le voit : un sinistre éclair vert de sorcellerie. Puis on l'entend, harmonieux comme la note la plus grave et lourde d'un orgue -effroyable annonce d'une catastrophe- l'univers tout entier tremble ; gros plan sur ce monstre qui ne quitte plus ses sommeils, au loin dans l'obscurité. L'observe et semble s'en amuser.
L'intendant se réveille en sursaut, en sueur, déjà sur ses appuis fléchis prêt à bondir et les mains qui patrouillent paumes ouvertes pour former une garde flexible. Le coeur à l'arrêt. Il se tord le cou à inspecter son environnement immédiat !

Où est-il ? Une longue étendue de terre, de sables… un peu d'herbes folles qu'on laisse pousser à droite et à gauche, des ronces et chardons en modestes champs… des mannequins dont on voit les cicatrices d'entrainements quotidien à l'épée ou à l'arme à feux. Dans les coins et le long des bordures, cultivée par l'infirmière en chef en personne, quelques fleurs colorés émergent de broussailles brouillonnes. Le terrain d'entrainement de la caserne de la garde noire ! Et Jack, moins paniqué mais pas forcément rassuré, comprend l'attente perplexe de ses larbins.
L'air de rien, bras croisés et mine aigrie, l'entrainement va peut-être enfin pouvoir commencer alors que l'intendant retrouve une sérénité superficielle.

« Aujourd'hui c'est moi qui m'occupe de l'entrainement. »

Il revient dans ses terreurs nocturnes… systématiquement… et… des gardes noirs, exécutants, civils… le Chien Noir n'est pas le seul à le revoir systématiquement dans ses terreurs nocturnes. Et jusqu'à peu, c'était bien le seul à avoir de réels problèmes liés à l'insomnie ou aux terreurs nocturnes. Ces dernières se développant doucement chez les gens de cette contrée. Est-ce que ça pourrait avoir un rapport avec la recrudescence d'apparitions des sans-cœurs ? Oh mon dieu ! Jack n'a jamais aimé dormir et… ne dort quasiment pas alors… quoique ce soit ce bordel, ca ne peut pas l'atteindre. Si ? En véritée, l'intendant noir ne dort plus, sinon quelques micro-sieste par-ci par-la avec beaucoup de café. Et ça lui suffit… ? Ca a un prix que l'on paye en humeurs et tempérament.
Un prix que l'esprit paye lourdement. Jack fixe un à un les gardes noirs prêt pour l'entrainement… s'imagine les tuer, se rassurant qu'ils ne pourront plus jamais tenter quoique ce soit à son encotre. Cette idée de tout plaquer, de tout quitter. De se déchainer sans but ni raison pour un massacre éternel jusqu'à ce qu'on daigne le tuer. Dans un soupir, Jack préfère finalement continuer le long de sa route déjà toute tracée.

Bloqué, enchainé… mais résigné… puisque Charon doit pousser son rocher. C'est ainsi.

Jack a besoin de puissance. Quoiqu'on veuille faire, il faut pouvoir le faire. Le pouvoir et la puissance, en gagner toujours plus, ne serait-ce qu'un peu plus qu'hier, un peu moins que demain. Cette question de pouvoir et de puissance reste présente chez chaque coalisé, les rapports de forces sont dans ce groupe… primordiaux. La question se transforme en illumination pour Jack, soudain fanatisé par l'idée que plus il sera puissant, moins il aura peur.

Un pâté de maison a été démoli pour construire ce terrain d'entrainement… vaguement végétalisé de fleurs colorés dans les mauvaises herbes; aussi encombré par des piles de débris. De quoi simuler un champ de bataille encombrer… mais qui, peu à peu, devient familier. Les gardes noirs prennent leurs habitudes, forcément : les mêmes pierres et les mêmes plantes toujours au même endroit. De même pour les lignes de mannequins.

« Pour commencer, on va réunir les piles de débris en une seule pile, au milieu du terrain d'entrainement. » Et évidement, Jack fut le premier à trainer un bout de mur jusqu'au centre du terrain. « Et attention aux plantes ! Nos infirmières y font pousser des trucs pour Salazar et… pour nous aussi, du coup. » Peut-être est-ce dû à l'effort. Le Chien Noir n'est pas si certain de pouvoir crier haut et fort que la garde noire se sert sans demander. D'abords ? Une première et dernière fois, un cas d'urgence… puis, de fil en aiguille, une sale habitude très difficile à défaire. Pas vu pas pris, dirons-nous mais il… faudrait vite se calmer avant que Salazar ne s'en aperçoive. Bref, de toute façon, Jack se sent capable de discuter avec l'alchimiste entre hommes urbains ; sous la protection de Death, impossible d'user de violence. Enfin, on peut mais… le scientifique doit rester en vie et capable de travailler. Bref, ca peut vite devenir complexe.

Sous un soleil d'un violet froid et distant, à peine apercu dérrière des nuages grisâtres, il pleut à fines gouttes alors que tous s'affèrent à déplacer les débris en une gigantesque pile. Certains retenus par des ronces, herbes ou autres saloperies de verdures suffisement tenaces pour s'adapter à un soleil noir. Une fois fait, Jack ordonne à ce qu'on les place de sorte à former des murs, collines et autres éléments de décor vaguement urbain. Avec ça, qu'on déplace aussi les mannequins un peu partout dans la zone mais par pitié, qu'on n'abime pas les fleurs ! Enfin, quand tout cela est fait, Jack laisse ses hommes se reposer les bras et courir à travers le terrain, le temps qu'il ait une vague idée d'un exercice à improviser. L'environnement est primordial parce que… c'est le participant bonus à touts les combats. S'il reste neutre alors aucun des adversaires n'est véritablement habile. Faire du décor son allié, c'est en faire l'ennemi de son adversaire. Et l'adversaire peut faire de même.
Alors voilà… ce test va aussi entrainer la capacitée qu'ont les gardes noirs à bien "saisir" l'environnement, à l'analyser et l'exploiter aussi vite que faire se peut. Pour ça que le temps presse, pour Jack, qui ne souhaite pas laisser à ses sbires le temps de connaitre la zone.

Et pendant qu'ils courent tous, Jack s'auto-mutile. Pour impressionner les larbins, pour chasser ses bribes de cauchemars… pour, par la douleur, atteindre une sorte de transe ou que-sais-je. La puissance… est-ce que recouvrir ses bras de ronces entrelacés l'aidera à en obtenir ? Ca lui semble parfait pour apprendre à subir la douleur au moins un peu… pour faire une saignée et purifier son sang de saloperies attrapés sur des zombies… pour faire peur à ses gars… pour avoir l'air fou et d'une certaine façon, essayer de le devenir. Alors des griffes de ronces sur les bras, déjà en sang et accrochés bien serrés, l'intendant grimace en ordonnant à tous de se réunir face à lui.
Lui, déjà les bras rouge de sang mais le reste de sa peau pâle, un regard déterminé au visage face aux différents gardes noirs. En bordure du terrain d'entrainement, à l'écart du décor improvisé sur un trône improvisée avec de la caillasse.

« Très bien… pour commencer, vous posez toutes vos armes à mes pieds. » Jack… n'est pas juste un chef comme un autre. Il est le grand chef en personne. Désireux d'affirmer cette position encore et toujours plus, le Chien Noir laisse l'équipement s'accumuler à ses pieds. La tête posée, fatiguée, sur un poignet tordu se tenant sur un coude calé comme pour ne plus jamais. Aujourd'hui, c'est un test… une examination… et pour en juger de la réussite, un seul moyen, les sortir de leurs zones de conforts. En théorie, ils ont révisés ça avec Septimus donc ca ne devrait pas être trop catastrophique pour aujourd'hui. « Ordre de l'intendant ! » Il le hurle, momentanément furieux… provoquant un déplacement d'air inoffensif, le début d'un danger à venir, qui secoue touts les gardes noirs en face… il le hurle momentanément furieux pour graver sa position dans leurs crânes. Stoïques, ils se tiennent droits, la plupart impassibles mais Jack se jure qu'il sent leurs peurs et qu'à l'intérieur, ils tremblent face à lui. Celui-là, dans le fond, a une jambe qui tremble… sous l'effet de l'adrénaline ? On est pas un putain de cours de science, il flippe sa race ! Quelques uns ont même reculer face à ce simple cri mais tous se sont tendus comme des piquets face à celui-ci.

« A chaque début d'entrainement, désormais, on réuni touts les débris en une seule pile au centre du terrain et ensuite, on refait tout le décor. Idem pour les mannequins qui doivent changer de position à chaque fois. Plus y a de ronces, de chardons et de mauvaises herbes sur notre terrain d'entrainement, mieux c'est… surtout que touts les barbelés de la caserne ou presque vont être amené au chantier des bois. »

Comme ça, on reste en alerte, on ne peut plus se reposer sur -pire que des lauriers- des habitudes. On doit s'adapter à chaque session, continuellement. De plus en plus tranquille, Jack se sent avec un doux vertige qui menace de l'évanouir, au moins de l'endormir. Qui l'assoupit déjà, d'un pâle à en inquiéter le personnel médical. Pourtant, se sentant léger et lourd à la fois, l'intendant signe et persiste malgré le feu des ronces sur ses bras devenus rouges. Ce même rouge sombre qui suinte le long de ce trône de pierre.

« Des armes à feux qui s'enrayent aux explosifs qui fonctionnent mal ; des armes blanches et contondantes que l'on se fait voler, qu'on perd, qu'on oublie, qu'on doit trimballer. » Essoufflé de cette liste survoltée, pas le temps de respirer, Jack reprend avec le souci de garder l'attention de son auditoire. Cette fois-ci avec une lenteure bienveillante, un fort murmure qui parait parlé ; la puissance de sa voix peu à peu maitrisé. « Bien que nous utilisons armes, explosifs et équipements divers, nous ne devons pas en être dépendant. Dix gardes noirs doivent pouvoir raser une village et pouvoir bricoler une mini-caserne des fruits de son pillage. Eparpillez vos armes partout sur le champ de bataille, dispersez les tas en débris un peu partout… et au pas de courses. On abime toujours pas les fleurs ! »

Ils s'exécutent… et ca prend un peu de temps ; Jack fait accélérer la cadence depuis son tas de débris, le seul qui restera debout… mais ses hurlements n'ont pas de pouvoirs magiques non plus, les gardes noirs vont aussi vite qu'ils peuvent. Pas plus vite néanmoins. On raconte que Septimus peut forcer les gens à danser en chantant… peut-être que Jack pourrait copier ça ? Honnêtement, il ne s'imagine pas chanter mais… a-t-on vraiment besoin de magie pour chanter à en faire danser les gens ? Chanter à leur en faire oublier leurs soucis ? La musique n'adoucit-elle pas les mœurs ? Bien qu'enchainé de corps, d'esprit, de coeur et d'âme à la Coalition Noire, Jack croit au pouvoir de l'art en lui-même.
Alors oui, ca parait… très grossier de prétendre jouer les sirènes comme sait le faire Septimus. Et c'était relativement insolent de pouvoir prétendre copier la bulle protectrice de vent électrifié appartenant à Narantuyaa.

Assis sur son trône, royal et impérieux, l'air d'avoir tout un royaume à gérer tant il parait fatigué. A se vider de son sang sans raison sur ce trône de caillasse… pas très confortable et encore moins quand on a des ronces encastrés, noués, serrés autour des bras. Une image presque biblique… pour ce que ca veut dire par ici. En plein trip, trop crevé et fatigué, secoué par des visions terrifiantes dès qu'il ose essayer de dormir… mais simplement immobile, passif face à ses larbins qui s'entrainent sous ses ordres.
Juste concentrer à bien respirer, longuement et profondément, pour récupérer des forces en même temps qu'elles s'écoulaient en hémoglobine. Presque à méditer, le temps que ses gardes noirs s'affairent à l'exercice.

Nonchalamment, Jack retire ses chaussures puis ses chaussettes, n'étant plus qu'en treillis camouflage vert violacé et un t-shirt noir avec l'emblème de la Garde Noire sur le coeur. C'est une assez mauvaise nouvelle pour les sous-fifres, qu'il le remarque ou le comprenne.

« Ca avance… et je vois bien que vous faites de votre mieux. » Jack déclare cela, pas satisfait pour un sous et ne s'en cachant pas le moins du monde. Depuis son trône, préssé de retourner à ses réflèxions, Jack soupoudre l'entrainement d'un peu de piment. « Les ronces et chardons, la caillasse en masse, les débris, les armes et autres… continuez l'exercice pieds nus. Mains nus, aussi… »

Les premiers pas, après ça, sont ridicules d'appréhensions… mais très vite, les solides gaillards s'habituent et, si simplement, font un peu plus attention où ils mettent les pieds. C'est sur la longueur que le piment va vraiment se faire sentir, à termes, leurs pieds souffriront le martyrs. Une accumulation de petites tortures. De la manutentions de charges lourdes, sans gants… sur des mannequins hérissonnés d'échardes et projectiles incrustrés… sur de la lourde caillasse, des briques. Toutes les joies des morceaux de murs perforés de tuyau.
Tout en éclats, éparpillés ici et là… très vite, les premiers éclats de céramiques tranchent, les pierres écorche les peaux, les bouts de verres… à marcher en long et en large ? Ca fait déjà une heure et les gardes noirs, très clairement, ont ralentis la cadence. Parce qu'ils sont à l'approche de la fin ? Ou parce qu'ils n'en peuvent plus d'avoir pieds et mains rudement ravagés ? Ou touts ces débris sont trop lourds à leurs bras et jambes ?

« Aujourd'hui, j'entends purger vos corps par l'effort et lavez vos coeurs par la souffrance. » Un soupir… sans espoir mais pourtant curieux. Personne n'est à l'abri d'une surprise, si ? « Une fois le corps pur de vos faiblesses et le coeur propre de vos appréhensions, on pourra enfin commencer l'entrainement. J'ai énormément de choses à vous apprendre mais tellement plus à vous faire comprendre. »

Quand enfin, les gardes noirs pensent avoir fini après s'être appliqué à imiter une zone de combat vaguement humaine, Jack voit les premiers sourires satisfaits et des yeux briller. Ce fut ardu, un travail de plusieurs heures mais enfin, c'est terminé ! Non… ce n'est pas ça la vie d'un garde noire.

« Quand il n'y en a plus… il y en a encore… notre labeur ne prend jamais fin. Recommencez l'exercice. »

Toujours sur son trône, Jack sent le picotement de sa chair cicatrisant à même les épines des ronces qui lui enlacent les bras. Le saignement c'est plus ou moins arrêté… et continuant de travailler sur sa respiration, l'intendant se fait enfin l'effet de recouvrer des forces. Quelque chose… le fait se sentir mieux ; il a produit un équivalent de la technique de Narantuyaa, clairement magique, sans lui-même avoir besoin d'un quelconque surnaturel. Son souffle, aussi, peut déjà s'apparenter à un sort de vent.
Et quand bien même ça n'a pas vraiment la même classe, Jack peut tout aussi asphyxier les gens que Lenore avec ses mains.

Au final, bien que toujours si effrayé par la magie, Jack s'imagine peut-être pouvoir… un jour… lui faire concurence par ses simples capacités physiques et techniques. L'épiphanie de savoir Septimus capable de faire danser les gens en chantant… Jack ne chante pas mais ne fait-il pas, à sa manière, danser toute la garde noire ?

L'exercice a désormais été répéter… dix fois ? Peut-être même un peu plus ? Jack, finalement, se lève, ses cheveux mouillés coulant en algues noirs sur un visage épuisé mais bien loin de dormir.

« La paix est un mensonge ; il n'y a que la volonté. A travers la volonté, j'obtiens la puissance. A travers la puissance, j'obtiens le pouvoir. A travers le pouvoir, j'obtiens la victoire. Par la victoire, je brise mes chaines… et enfin, j'obtiens la libertée véritable. » Solennel et sombre, presque sinistre, il reprend soudain très terre-à-terre face à un auditoire trop casser pour réagir. Pourtant, vidés comme ils le sont, Jack se jure que ses paroles sont assimilés sans la moindre résistance. « Ceci est un test d'endurance et de volonté… il n'a même pas encore commencé, en réalité. »

Jack croise les bras, pour avoir l'air cool puisque pas peu fier de son idée… mais se lacère son t-shirt en même temps que sa peau, grinçant des dents en faisant comme si de rien n'était.

« Vous allez recommencer l'exercice jusqu'à ce que la nuit soit tombée. Vous devez souffrir pour lavez vos coeurs du superflu, qu'il n'y reste plus que de la volontée. Et l'effort purgera vos faiblesses, fera vos corps fort ; performants. »

Clairement, l'intendant improvise mais… se sent plutôt inspiré.

« Car ainsi va la vie des Gardes Noirs pour qui le travail ne s'arrête jamais. »

A la nuit tombée, enfin, l'entrainement se termine et c'est pas trop tôt pour Jack qui… bah ! Après son laïus sur le travail qui ne s'arrête jamais, ça aurait été mal vu de le voir… heu… rester le cul sur son trône ? D'ailleurs, pour l'ironie de la chose, les gardes noirs qui trainaient la patte ce sont vu, eux aussi, affublés de ronces à la manière de Jack. Après tout, lui-même n'avait-il pas été feignant au début de la session d'entrainements ?!
Expert comptable

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: seigneur
XP:
6/500  (6/500)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
Hier à 10:01
La pluie avait cessé avec la tombée de la nuit et la fraicheur humide de l’air commençait à étreindre les corps épuisés de gardes noires poussés à l’extrême. Lenore avait eu tout le loisir de les observer des heures durant, dissimulée derrière un débris trop haut pour être déplacer, en bordures de terrain. Jack et son entrainement avait le mérite d’être original, et non dénué d’intérêts. Elle l’avait gardé dans son champ de vision, sans bouger, sans aucune autre intention, dissimulée sous sa cape grise pour ne pas trahir sa présence.

Il n’avait pas tout à fait tort sur le fond. Il augmentait leur endurance, aiguisait leurs réflexes et domptait leurs esprits à ses ordres. Ils l’avaient suivi instinctivement, obéis à ses ordres plus ou moins farfelus, pour sauver leur propre peau. Par contre, la rousse avait pu apprécier la forme et avait ressenti une sourde satisfaction à les voir souffrir sans raison, tailladés, blessés, ridiculement dominés par un roitelet sur un trône de détritus, lui-même attiré par une mort exsangue et volontaire. Stupide… il n’était même pas allé jusqu’au bout de sa démarche.

Est-ce que le pouvoir hiérarchique de Jack ne lui tournait pas un peu la tête ? Il aboyait ses ordres, maltraitait ses sous-fifres. Il dépassait même ses fonctions en amoindrissant les défenses de ce monde, déplaçant les forces vives qui en assurait la sécurité pour des lieux reculés, démantelant le « jeu » de la place des fêtes.

Douce Lenore.

Elle devait s’assurer qu’il ne prévoyait rien de dangereux, tuer dans l’œuf une éventuelle insurrection, démanteler une trahison possible. Il n’y avait qu’une personne à la tête de la Coalition Noire et elle devait le rester.
La mercenaire ne savait pas encore distinctement les réelles pensées de Jack sur son entrainement, ce que cachait sa volonté à écraser ou sublimer ses gardes noires, mais ce qu’elle savait, c’était qu’elle devait le remettre à sa place. Tester les résultats. Lui prouver qu’il avait tort.

Dix gardes noirs ne devaient pas suffire à raser un village. Une chaleur diffuse l’avait envahie lorsque l’intendant avait affirmé le contraire.

La volonté seule ne suffisait pas. Elle avait serré les poings, les deux griffes métalliques de son gantelet gauche refusant de se soumettre à cette pression dans ses muscles privés de vie et animés par la seule chaleur de flammes nécromantiques.
Il les avait affaiblis toute la journée durant. Et ils ne devaient rien retenir de plus que cela.

"A travers la volonté, j'obtiens la puissance. A travers la puissance, j'obtiens le pouvoir. A travers le pouvoir, j'obtiens la victoire. Par la victoire, je brise mes chaines."
La phrase faisait écho dans son esprit. Elle était trop bien tournée, elle donnait espoir. Elle voulait se l’approprier. Elle devait leur montrer que ce n’était qu’un doux mensonge avant qu’eux même ne s’y accroche. Puisqu’ils devaient être prêt à tout… Puisque la vie d’un garde noir ne s’arrête jamais…


Lenore sortit lentement de sa cachette passant derrière le trône de Jack avant de se positionner à ses côtés. Sans ôter sa capuche, les quelques cheveux roux perçant l’ombre de celle-ci, elle s’adressa à lui de façon à ce que chaque garde l’entendent.


« Des déménageurs de l’extrême ? »Elle força un soupir" Au moins nous saurons quoi faire d'eux si les petits cochons ne les mangent pas..."

Elle tourna son visage vers l’intendant, se concentrant sur sa gorge pour lui nouer les cordes vocales dans un silence imposé par sa volonté, l’empêchant d’aboyer ses ordres. La surprise, l’improbabilité de sa présence l’avait tétanisé, les yeux exorbités et pourtant n’étais-ce pas ce qu’il cherchait à leur apprendre à surmonter ?

Puis son regard tomba sur les ronces enserrant les bras de Jack, nourrit de son sang vivant et chaud. Son esprit s’attarda, son envie. C’était la seule différence entre elle et lui. Il l’avait gâché bêtement pour quoi ? Prouver qu’il le pouvait ? Les ronces se resserrèrent davantage, dansant vers l’intérieur de la chair, guidées par l’esprit vaguement joueur, jaloux de Lenore.
Elle n’attendit pas qu’il réagisse enfin et avança sur le terrain d’entrainement vers des gardes hébétés par l’épuisement et le doute. La mercenaire faisait bien partis des leurs désormais alors devaient ils l’attaquer ou non ? Est-ce que cela faisait partie de l’entrainement ?? Ils regardèrent leur supérieur, l'intruse et leurs camarades tour à tour, cherchant la vérité.
L’esprit de la mercenaire fit danser les ronces autour des bras des comparses de Jack puisqu'elles répondaient à sa seule volonté, celles au sol venaient s’enrouler autour de pieds nus déjà fortement abîmés.


« Vous n’avez pas encore été suffisamment purifiés. » Fit-elle en esquissant un léger sourire en coin.

Comme il lui était satisfaisant de les voir hésiter, crier sous la douleur, reculer alors qu’elle avançait, les pieds bien protégés par ses bottes.
L’un des gardes plus alerte tenta de s’approprier l’une des armes à feu disséminée sur le terrain. Elle tendit le bras dans sa direction et le pistolet vint voler jusque dans sa main droite. Elle pressa aussitôt la gâchette, visant l’une des épaules de l’insolent qui s’écrasa en râlant dans son mouvement précipité sur le sol.


« Prêt ou pas prêt… J’arrive. » Lâcha-t-elle pour initialiser le jeu, la chasse.

Sa voix et ses gestes étaient tout à fait calme et morne, mais un éclair d’amusement brillait dans ses yeux à la vue de la troupe se dispersant derrière les débris, récupérant des armes au passage et s’envolant comme un groupe de perdrix après un coup de fusil.

Lenore fit demi-tour, pointant son pistolet dans la direction du trône de Jack, enclenchant le chien. La bulle de silence disparue, les ronces cessèrent de fouiller ses chairs. Lui-même était-il prêt ? Comprendrait il? Le reste des gardes commençait à l'encerclait à couvert de ruines, armés de ce qu'ils avaient pu trouvés dans ce terrain de jeu. Leur entrainement allait-il porter ses fruits?

Douce Lenore.
Le Chien noir

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
58/0  (58/0)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
Aujourd'hui à 14:30
Jack décolle de son siège pour esquiver la balle qui s'encastre dans le trône de caillasses ! De suite après son saut, encore en l'air et paniqué, l'intendant se tord d'une vrille, inspirant autant qu'il peut… puis expire de toutes ses forces. Ainsi se propulse-t-il soudain vif à la manière d'un ballon de baudruche, atterrissant non loin de Lenore dans un impact assourdissant.
Un souffle, court et bref, juste pour isoler la créature dans un nuage de poussière ; immédiatement, les gardes se mettent tous à tirer… et ceux qui n'ont pas d'armes à feux, lâchement, en cherchent plutôt que d'y allez au contact. Ca va jusqu'au spectacle pitoyable d'en voir jeter des cailloux sur l'effroyable Lenore !

J'ai déjà perdu suffisement de gardes noirs comme ça…

Gémissant furieux sous la douleur, meurtris pire que crucifiés par l'effort, les caillasses et les ronces, ses sueurs froides le faisait se sentir comme plongée nue dans la glace. Un orgue sinistre joue des notes bien glauques depuis qu'elle a débarquée, surgie de nulle part pareille au premier frisson de l'hiver. Les intestins qui se tordent et gargouillent, rugissent en cerbère sous l'angoisse, l'intendant en pleine crise de panique brasse alors du vent. Usant d'un sol encore un peu boueux à son avantage, le Chien Noir enchaine des impulsions du bouts de pieds pour glisser en touts sens ; une fusillade de mouvement rectiligne.
Il percute quelques piles de débris… rebondis carrément dessus à sa vitesse, n'est plus vraiment à un clou près à son cercueil comme à son agonie. Son attention reste surtout focalisé sur les ronces capable de danser et sur Lenore.

Tu ne m'asphyxieras pas… Jack prend d'énormes inspirations, rouge prêt à exploser, accumulant de l'air tout en filant furieux au travers du terrain d'entrainement. Ses joues se gonflent, lui donnant l'allure ridicule d'un crapaud et le torse gonflé pour l'air toujours glacé d'un hiver trainard. La stratégie sera peaufiner mais semblable à celle ayant fait ses preuves face à Narantuyaa… laissez les larbins gagner du temps le temps de trouver une solution ; occuper et émoussé l'ennemi ! Sauf qu'ici, l'adversaire est un zombie qui ne risque pas de fatiguer de si tôt. Qui ne sent pas la douleur ?! Ca parait irréel, tout est un peu flou… le pauvre Jack nage en plein cauchemar, aperçoit plus ou moins ses gardes noirs se faire décimer.
Mais tant qu'ils sont nombreux ? Tu ne peux juste les ignorer… et il marque une pause, reprenant une grande inspiration pour augmenter sa réserve d'oxygène, puis repart dans ses glissades en hurlant très vite ici et là.

« Quand nous pensions ne plus pouvoir en encaisser plus ?! Nous l'avons pourtant fait ! » Jack arrive dans le dos Lenore qui, sans peine, se joue cruellement de tout ce que tirent ou jettent les larbins. Et des larbins eux-mêmes. En apnée, le Chien Noir arrache ses ronces pour en faire des sortes de fouets enroulés autours de ses poignets. « Quand nous voulions ne plus pouvoir en encaisser plus ? Nous l'avons pourtant fait ! »

Jack, furieux et grognant de douleurs, enchaine les coups de fouets sur Lenore… prêt à déchainer son souffle au premier signe de surnaturel, voir si ça peut peut-être perturber ses pouvoirs de la secouer un peu. Pourtant, alors qu'il a des résèrves d'oxygènes, un plan et des armes qu'il juge éfficace… son corps tout entier tremble. Menace de s'écrouler, le Chien Noir peut tomber à chaque instant, ne tient plus qu'à un fil… et quelque part, comprend désormais l'entêtement de Narantuyaa.
Passé un certain point, on accueille la douleur à bras ouvert… et le voilà qui s'étouffe lui-même avant que Lenore le fasse, atteint de vertiges… le sol, enfin… la ligne d'horizon part en biais et tout l'univers avec… mais ça ne l'empêche de se tuer à fouetter comme un damné !

Puisqu'elle est trop vive pour lui, celui-ci compense en lançant de ses fouets épineux des attaques aussi amples et étendues que possible… entre ça et la pluie de projectile… peut-être que Jack va pouvoir faire quelque chose ?! Ses cheveux, gras et poisseux, tombent en encre sur un regard fou furieux de détermination ; en transe par la douleur.
messages
membres