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La Danseuse

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le Lun 11 Fév 2019 - 14:53

Voici que s’envolaient les pages du journal de vie d’Irelia sous la poussée d’un réacteur. L’air affable, capturant les dernières images que son monde lui adressa, elle se retrouvait le front au hublot à battre la cadence d’un geste d’adieu à mesure que sa ville rétrécissait à son iris. La toile se dépeignait progressivement, guidant ses couleurs à devenir un nuancier, laissant place à une oeuvre bicolore. Le bleu de l’espace s’invita à son regard, parsemé de l’éclat des étoiles et d’autres nuanciers dont-elle ignorait l’innocence il y a encore deux années.

Yukiiro était bien habillé, sur les quais.
Il a fait un effort, oui.

La danseuse glissait ses mains au fond de ses poches, s’affalant au creux de sa banquette tout en détournant son regard de la fenêtre vers le vide. Airi posait son bras sur les épaules de sa fille, invitant la tendresse au bout de ses doigts alors que la fatigue habitait ses paupières.

Nous arriverons dans deux heures, le guichetier m’a annoncé que les déménageurs de la Shin’ra ont livré nos affaires.
Nous nous promènerons une fois arrivé ?
Ça ne devrait pas poser problème, n’est-ce pas Hamako.
Si nous avons le temps.

Irelia baissa le regard sur ses jambes tendu, orchestrant une chorégraphie de ses pieds dans l’attente du trajet.

Comment étais ta journée.
Ça va, j’ai connu pire. On reviendra dans combien de temps ?
Une fois que nous serons installés au Jardin Radieux, pas avant.

La voix du père de famille se dressa, le temps d’un ton, laissant ensuite son attention se guider jusqu’à son ordinateur posé à ses genoux. Airi baissait le regard, l’adolescente reportait son attention au vide de l’autre côté de la carlingue. Il faisait froid dans l’espace, il n’y avait d’autres bruits que celui du moteur, le contrôleur semblait aussi morose et monotone que l’était la pression de sa pointeuse. Rien ne semblait se dresser à elle, aucune subtilité de la vie prête à lui faire oublier le déroulement de cette dernière journée.

********************

Quittant sa torpeur, étirant ses bras et ses jambes, l’adolescente émergeait au son d’une mélodie en trois notes.

— Madame, monsieur, en vue de notre atterrissage nous vous invitons à rejoindre vos sièges et à attacher vos ceintures. Assurez-vous à ne pas oublier vos bagages à mains. Le temps au Jardin Radieux est ensoleillé et la température et de treize degrés. La compagnie Shin’ra vous remercie de votre confiance et souhaite à vous retrouver bientôt dans l’un de ses nombreux vols.
Debout ma chérie, ne perds pas de temps.

Elle passa le dos de ses mains sur ses paupières, émergeant lentement, guidant ses yeux embrumés jusqu’au hublot. Ses joues se teintaient de joie, ses iris brillaient d’un renouveau et ses lèvres s’étiraient jusqu’à ses oreilles.

L’une de ses mains s’extirpait de sa poche, amenant son téléphone à la fenêtre dans l’espoir d’immortaliser cette vision.

Un nuancier se perdant, s’identifiant dans une multitude de couleur dont elle se risquait à en ignorer la plupart. Loin des tons cramoisis de sa cité, elle découvrait cet aplat chantant depuis l’espace même. Un dôme visible depuis son nouveau poste d’observation, encadré par neuf tours et dont son soleil rivalisait avec celui ornant les cieux. De ce que les images lui avaient offert à son inscription, elle en découvrait seulement la délicatesse de sa représentation.

********************

La lanière d’un sac retenu de justesse à l’épaule, les cheveux aux vents dont un geste forçant leur retour à l’arrière des oreilles et l’assaut d’une multitude d’odeurs et de parfums. Irelia venait de quitter son vaisseau et la station pour s’émerveiller à la vue qui l’attendait sous le ciel d’un monde l’accueillant tel un nouveau-né.

Irelia… Irelia ! Attends-nous !
Une voix se glissait à ses oreilles, guidant l’adolescente à la surface du monde au côté de sa mère. Pivotant, glissant la pointe au pavé, elle retrouvait ses aînés avancés d’un pas hésitant.

Nous y allons, ça a l’air génial.
Il faut que nous allions à la maison, pas le temps pour…
Ça ira, Hamako. Tu as l’adresse ?

D’un haussement, faisant glisser la lanière jusqu’au creux du coude, l’adolescente ouvrait son sac-à-dos et extirpant le plan de la ville.

Airi, ce n’est pas prudent.
Papa ! Je vais avoir dix-huit ans, tu peux me laisser faire ça.

Irelia jouait son rôle, haussant ses joues dans une mine attendrissante. Airi, jouant les complices, enlaçait son mari avec tendresse en lui susurrant quelconque mots à ses oreilles. Il haussait les sourcils, ne cachant nullement son agacement avant de reprendre la parole.

Tu rentres avant vingt heures et tu n’hésites pas à demander ton chemin aux gardes de la ville.
Merci !

Elle n’attendait pas de retour, glissait des semelles dans une brève retraite, tournant le dos à sa famille et s’élançant aux mystères de cette ville.

D’où venait ce parfum de fleur.

La rêveuse quittait sans peine la place, se glissant dans l’une des rues de la ville aux toitures hautes et aux murs de crépis. Irelia erra sans but. Les iris paradant des dalles polies aux tuiles peintes. Elle s’accordait à dévisager les passants, euphorique à la vision d’un patchwork idyllique de tenue et de coiffure. Le regret qui l’habitait sur sa banquette sembla être perdu dans l’un des transports de la compagnie, laissant place à nombre d’émotions que la rêveuse réservait à ses pas.

Une odeur, berçant ses narines à une ruelle appelant à la découverte.

Le trait de la lumière scindait l’ombre dans ce lieu inattendu, divulguant une porte ouverte accueillant l’arrière d’une charrette. Un homme au ventre proéminent, une caisse de hêtre dans les mains, chargea au travers d’un nuage de farine et déposant sa cargaison. Il partait et revenait en cadence, la rêveuse vivait le moment et l’amoncellement de pain rond à l’écho de son ventre affamé. Élevant les pommettes, elle tournait sur elle-même et entama une frêle enjambée. Les poignets croisés à ses reins, elle divulguait ses paumes et entamait ce jeu de doigt afin d’appeler un petit pain à ses mains.

La recette de son larcin au creux de la main, Irelia autorisait ses oreilles à la guider au clapotement de l’eau. Une nouvelle place se dessinait à son étonnement. Une fontaine si grande, le soleil au sommet d’un dôme de pierre éclairant de sa peinture l’eau qui jaillissait et s’élançait dans son propre bassin. Le liquide de la vie bougeait sans cesse, tordait et changeant les mimiques de carrelage en son fond, dessinant une oeuvre éphémère en perpétuel changement.

Irelia déposait sa main au sommet d’une sculpture, caressant la pierre immobile avant de s’installer et déposer ses pieds dénudés dans cette oeuvre à en devenir.

À l’ombre d’une rotonde…
Elle levait ses yeux, jouant de ses orteils plongés dans la fontaine, observant l’immense dôme qui semblait proche de l’écraser. Un soleil peint à son sommet. L’astre rayonnant cherchant à se dissimuler dans son dos. Un haussement d’épaules accompagnait son étonnement, faisant glisser la lanière et abandonnant le sac-à-dos au côté d’une paire de basket.

La découverte l’animait, aux doux songes que les fontaines guidaient à ses oreilles.

Oubliant son repas, elle dressait sa main devant-elle, tendant ses doigts et mimant le besoin de creuser une terre imaginaire. À ses pieds, l’eau quittait sa marche et dévoilait le carrelage d’un blanc nacré et teinté d’une encre semblable à celle qui s’animait passivement à son dos. La curiosité la piquait, guidant ses pas à s’avancer au centre du bassin tout en dégageant le chemin à ses pas.

Le Poète saura te diriger…
Elle murmurait ses mots, poursuivant sa démarche et fixant une nouvelle fois la rotonde lui faisant face. Le sourire aux lèvres, elle amenait son pain à la bouche et tourna sur elle-même, projetant l’eau dans sa vrille et de sa ballade insouciante.


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le Lun 11 Fév 2019 - 21:17
Irélia danse… et soudain, c'est l'eau qui danse avec elle… puis ce sont des cygnes, prudents mais dignes, qui s'approchent à pas mesurés de la fontaine, tout doucement… sous l'oeil bienveillant du poète au sourire malicieux qui suit le mouvement.

« Puis-je me joindre à la danse ? » Liant le geste à la parole, il lui tend une main pour confirmer… dans les règles de l'art... qu'il l'invite bel et bien à danser avec lui.

Sans la moindre éclaboussure ; les cygnes se glissent vifs à la surface. Doux et fluides, se faufilent agiles comme reptiles entre les frasques de la danseuse et de l'eau qui suit en servante mais danse pareille à une amante. Des cygnes blancs ou noirs qui, délicatement, s'accumule pour complexifier l'insouciante ballade. Sur et sous l'eau… perché à l'air libre sur la fontaine elle-même… ou virevoltant tout autour.

Pourtant, la mystérieuse continue son art toujours comme si de rien n'était… se rend-t-elle seulement compte de ce qui l'entoure ? Elle… et si c'était bien elle, justement ?
Si c'est elle qui prétend pouvoir danser au nom du Consulat… alors une démonstration vaut mieux que milles mots. Et bien sûr, qu'il veut s'essayer à la danse ! En y mettant tout son coeurs, toute sa passion… pour apprendre, pour jouer : pour grandir.
Pour fait de l'art, aussi.


« Je ne suis pas expert mais… ce n'est pas à l'homme de mener le pas quand on danse, par hasard ? » Se reculant de la fontaine d'allure princière, les bras grands ouverts comme pour l'enlacer, Arthur lui déclare du plus profond de son coeur ! « Bienvenue au Consulat ma soeur ! »

Les cygnes dansent alors… plus intensément ; ils cherchent désormais à pousser la danseuse dans ses derniers retranchements. Voir même à si simplement récupérer cette fontaine dont elles sont censés être les stars ? Une drôle de danse s'engage alors.
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le Mar 12 Fév 2019 - 20:05

Deux iris divergents dansaient et se donnaient l’allure d’un métronome, oscillant d’un extrême à l’autre afin de déclarer ce maigre constat. Irelia se découvrait au centre d’une scène composée de plumes et d’ergots, synonyme d’élégance ou de délicatesse.

La rêveuse s’invitait à découvrir l’homme qui se présentait à elle.

Un blondin, la chevelure claire à l’image des flammèches s’extirpant du soleil dépeint au sommet du dôme. Un rouge, incandescent tel le coeur de l’astre, l’enveloppait dans une toge digne des figures de l’Olympe. À l’écoute, l’espoir d’Irelia semblait la guider jusqu’à cette médaille d’or et de forme, si ce n’était une autre particularité qui resplendissait à son regard. Les deux rondelles jumelle de cet emblème, pétillante et flambante au coeur de l’ombre que projetait cette rotonde.

Il n’y avait rien de morose, triste ou inachevé au sein de ce regard navel. Un mystère quittait les iris de l’adolescente, s’imaginant à apprendre l’essence de cette différence qu’ils partageaient à l’instant.

Il n’y a aucune règle à respecter, vous savez. Il suffit de prendre le pas pour que le partenaire vous suive.
L’unique réponse qu’elle adressait à cet étranger était un mouvement de recul, un pied se glissant au talon du second et s’élançant dans une hélice. Bras ballant, ceux-ci s’élevaient et provoquaient l’eau à quitter la torpeur de son bassin stagnant.

Envoutée par l’hystérie, elle allait jusqu’à effacer les visages curieux qui se rapprochaient. Accordant à cette toile l’air enjoué du blondin.

Vous accueillez tous les élèves de la sorte ?
L’oeil grisâtre au couvert d’une mèche, elle n’accorda qu’un regard à cette étreinte alors que l’esprit d’Irelia s’accorda aux citoyens de la fontaine.

Le buste fier, les ailes aux cieux, un animal s’annonça à la danseuse. Un clappement distinct ainsi le noir d’un regard, l’animal avança et guida la rêveuse à suivre la gigue suite à la révérence de cette dernière. Libérant la fermeture éclair, détachant l’attache de son gilet, elle leva ses bras en l’air en mimétisme avec l’animal.

Pointe tendue, Irelia croisait ses chevilles et éleva ses poignets à la hauteur de la paire d’ailes. Oscillant sous le pendule, un volatile quittait le berceau de l’eau pour se joindre à l’espace de la danseuse. Il était maintenant trois à répéter le mouvement en s’inspirant des gestes de l’un et de l’autre. Un éventail déployé, masquant le bec provocateur. La palme d’un cygne battant l’air et jouant de l’eau comme le faisait l’adolescente. Pieds et mains s’élançant sous les jets d’eau, cadençant un rythme soutenu par la trompette des cygnes.

Un talon contre le pavé de la fontaine, le paysage se retournant au travers du regard d’Irelia, elle guidait ce dernier vers les cieux et roulait par l’appui de ses paumes jusqu’à retrouvé son spectateur à la bure de sang.

Imitant son premier geste, elle tendait le bras jusqu’à faire éclore ses doigts à sa main. L’iris vibrant, amenant son esprit au bord des lèvres, la rêveuse fendait les eaux et créait ce chemin jusqu’à elle. Une invitation sans mot, un éclat dans le regard, un iris perçant la couleur des cieux et la seconde brûlant ardemment à cet acolyte imprévu.


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le Mer 13 Fév 2019 - 23:22
« Il suffit donc de prendre le pas pour que le partenaire vous suive… ? » Lui répond-il, les yeux félins et le sourire bienveillant, une douce malice peinte sur son visage d'éphèbe.

Le poète plia soudain comme roseau, s'épargnant d'éclats aqueux… et déjà perdu fils de flots ! Se décalant ! Pivotant ! Pas chassé par ici mais déjà par la aussi ! Se mettant doucement en mouvement, Arthur la cherchait au travers des fleuves et ruisseaux éphémères, devant éviter les serpents d'eaux ou les chasser d'un revers.
Muet et humble, Arthur se laissa alors imbiber par la danse de l'eau… et les curieux autour aussi ; l'on s'amusait à danser avec l'eau qu'Irelia mettait en mouvement ! Les cygnes, eux-mêmes, d'ordinaires si fiers… territoriaux, rentrèrent dans la danse sans hésiter. C'était beau.

Si beau de voir… cet endroit-là tout particulièrement… victime d'une horrible tragédie… comme si rien ne si était jamais passé ici.

Aussi serein que si détendu, Arthur a pourtant le regard mélancolique avant de s'engouffrer dans la fontaine d'un bond de lapin. S'approchant dès lors droit et digne, à pas mesuré sans tension, tout en fluidité vers Irelia.


« Je n'accueille aucun élève ! » S'exclama-t-il soudain en haussant les bras ! Avec soudain la posture d'un philosophe, le sourcil arqué. « Moi, je sais qui tu es… mais toi, le sais-tu seulement... ? Enfin, tu crois savoir qui tu es mais… sais-tu qui tu es réellement ? » Reprenant les quelques pas qui l'a sépare d'elle, une main sur le coeur et la tête penchée pour l'inspecter avec tendresse. Sans cesser d'avancer, sa face passe, curieuse… inquiète… déçu… sceptique… intriguée… et au moment de se saisir de cette main tendue seulement ; d'un sourire bienveillant le regard aimant.

« Prenons le pas ! »

L'âme incarné du poète surgit de nulle part, brisant déjà le lien ! Vivace, celui-ci vole autour de la danseuse, son pelage flamboyant le faisant de foudres et de feux ; dessinant un circuit en cage enlaçant Irela. Visiblement amusé de la situation, le poète s'en allait tranquillement… restant spectateur bien heureux. Que faut-il, pour appeller à soit les fées ? Quels précieux secrets pour les appâter ? De tous le premier ; un coeur léger. Ce qu'il faut donner aux fées… l'astuce, c'est que quoi veuille leurs faire faire… il faut leur faire croire que c'est un jeu.
Et quel que de danser Avec Irela et l'âme du Poète ? Les Sylphides, sournoisement, se font alors remarquer dans les reflets de l'eaux…

L'air triste d'un spectateur pourtant admiratif de la scène et bien heureux d'y assister. Puisqu'elle prétend Danser au nom des Muses et du Consulat, la pauvre devra comprendre tout le poids de sa destinée.

Nos ainés s'en sont allés, Chen le premier… le Porte-Parole est déjà mort, simplement chemine-t-il encore un peu. Qui d'autres qu'Arthur pour protéger cette soeur alors que sa famille tombe en l'lambeau ?
La Danseuse

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le Jeu 14 Fév 2019 - 16:14

La rêveuse fut, dans un premier temps, stupéfaite face à l’apparition de cette chimère aux aplats insensés et la quiétude controversée. Un ramage de semblable aux forces de l’éternel. D’une étincelle mêlant chaleur ou danger, l’animal s’envola et incarcéra Irelia à son tumulte, condamnant la danseuse à se cadrer à ces battements d’ailes.

Les paupières de la jeune fille n’attendaient qu’un ordre pour se fendre, illuminant son regard devant tel spectacle qu’aucun hologramme n’avait eu le luxe de lui offrir.

Tête haute, son regard captant et refusant d’abandonner celui de l’oiseau de sa motivation, la danseuse tournait en rythme. La pointe d’un pied, figé à même le pavé, s’enroulait à la course de l’individu cendré. Tant elle désirait le capter, le sentir, l’approcher. Voici que son bras se dressait et sa paume se découvrait dans l’intime espoir de l’accrocher au bout de ses doigts.

Viens à moi…
Irelia murmurait à elle-même, aspirant à ce que ce voeu soit réalisé.

Il n’en était rien, le ramage s’en allait en crescendo. Pressant les pas d’Irelia. Il s’éloignait tout en revenant. Esquivant une envolée, se permettant une intimité. L’âme du Poète accaparait l’esprit de la jeune fille, la forçant à l’hilarité dans cette toupie infinie. Occultant la force des flots, elle se retrouvait bientôt les pieds dans l’eau.

L’espace d’une nouvelle scène, un jeu espiègle orchestré par quelconques fées s’adonnant à rompre cette complicité.

Une gerbe des flots venait la cueillir au coeur du bassin, la farce d’une Syphilide, brisant son apparition et se glissant au dos d’un cygne. Il ne restait que les traits de l’ondulation, preuve de son passage, énigme à sa curiosité. Dos vouté, poignets croisés, Irelia s’avança en dérangeant le solennel des flots par sa démarche. Elle perdait son statut d’idole des eaux, s’abandonnant à la découverte des créatures venant d’émerger à ses iris.

Voici qu’un autre rappel l’intriguait, un rire enfantin ainsi qu’une gerbe.

Irelia se précipitait en avant, fendant les eaux telles la coque d’un navire et libérant une fois de plus la prison aqueuse. Celle retenant le carrelage à l’encre noire. Plongeant, elle glissa sur cette nouvelle surface, croisant ses jambes jusqu’à découvrir le mystère des fées.

D’abord surprise, la Syphilide s’envola et plongea dans l’eau, rejoint par ses soeurs.

Appropriant la posture d’une patineuse, voici que la rêveuse fonçait au travers de la scène à la poursuite de ces chimères. Le coeur du bassin se dégageait sous son passage, perturbant les flots, provoquant une fuite irrévérencieuse des fées à cette hystérique à la chevelure charbon. En résultat un ballet aquatique dont les mouvements en perdaient en précision, amenant l’adrénaline de cette poursuite. Sylphide plongeant d’une cachette à la seconde, cygne s’envolant à l’offense de cette tranquillité rompue et spectateur à l’éclat des eaux de la fontaine.

Après un temps indéfiniment court, voici que la danseuse glissait jusqu’à l’arrêt et déposait son regard dans celui de ce compagnon. En venant à réaliser avec un temps de regard ce qu’il venait à prononcer.

Êtes-vous toujours énigmatique, à moins que ce soit votre façon d’accoster les filles.
Elle riait presque, dressant sa main en éventail dans l’idée absurde de masquer son sourire suite à cette course qu’il venait à lui offrir.




Dernière édition par Irelia Alishina le Ven 15 Fév 2019 - 9:10, édité 1 fois
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le Jeu 14 Fév 2019 - 18:21
Arthur reculait d'un pas, puis deux et trois alors qu'en vague La Danseuse voilà ! Toute trempée plus terrifiante qu'une sirène ; purement percutante. D'Erato le Fils en frissonnait de joie, effrayé par le résultat qu'il escomptait mais surtout ravi !
Sa toge, si lourde de toute cette eau encaissé, l'encombrait. Bien pataud avec sa chevelure de chien mouillé et son air tout déboussolé face à celle qui… se dansait de tout et n'importe quoi. N'importe qui ? D'un pauvre poète ? De ses chimères ?

Peut-elle faire danser le monde ? Se danser de lui ? De sa propre destinée ?


« J'accoste pire que ça, ordinairement… » S'excuse-t-il dans un sourire gêné, laissant son âme et sylphides libres aux vents. Qui sait ce que deviennent les fées ? Quand au perroquet, celui-ci se tient incroyablement fier de toutes ses couleurs, torse bombé et ailes déployés, en couronne victorieuse, sur la tête de la danseuse ! « …on dirait que la danse me réussit plutôt bien ? »

Les cygnes, innocents, se sont mis à essayer d'attraper les lucioles vertes… et piquait d'estoc de désespoir d'en dévorer une. Les fées, erratiques et survoltés, ont rapidement eut fait de disperser ses oiseaux fou furieux sur toute la place ! Un vent panique et de corrida soufflait alors dans les airs, y enjouant les habitants du coins, quelques musiciens déjà !

« D'Erato le Fils, enchanté… » Lui dit-il, se forçant à la regarder mais ne pouvant que se laisser distraire par la soudaine attraction des lieux. Incapable de savoir quoi dire, il y réfléchit… quoi lui dire, bon sang, que la danse est finie ? L'épiphanie frappe en coup de foudre. ! « …et là ! Là c'est à toi t'expliquer un peu ce que tu fais là !!! »

Alors qu'il lui avait dit ça, très très sérieux, son oeil curieux s'attarda sur son âme… le perroquet… toujours sur sa tête ? Si non, où ? Pas que ce ne soit pas important d'accueillir sa soeur du consulat, il continuait de l'écouter mais d'abords ! D'abords le perroquet, trop dangereux pour ne pas être sous contrôle ! Toujours en cherchant son âme avec ardeur, quitte à la couper, il rajouta.

« Mais je peux déjà te dire que personne au monde ne danse mieux que toi ! Ni maintenant ! Ni avant ! Ni jamais ma soeur ! » Soudain, Arthur s'agaça doucement, esquivant d'un déhanché la tentative d'un cygne pour dévorer une fée. Pour avoir déjà essayer ? Les cygnes n'y arrivent jamais mais ça les amusent toujours autant, de même pour les fées qui vivent le frisson en ces instants de courses-poursuites éffrénés. Malgré tout, Arthur détourne son regard aimant et malicieux des scènes pour se concentrer sur Irélia. « Après, ce n'est pas comme si j'étais un danseur d'exception non plus ! »

Et surtout, où est- ce que son âme est passé ? Toujours sur la tête d'Irelia ou pas ? Cette danse l'avait honnêtement laissé… un peu confus.
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le Ven 15 Fév 2019 - 10:19

Irelia se ravivait sous ses déclarations, hésitant à afficher la surprise ou la vanité que cet étrange garçon venait à guider jusqu’à ses traits. Ensuite, le poids d’une révélation. Irelia concevait de qui il s’agissait et c’est ainsi que ses joues se maquillaient de capucine.

Lui qui brillait par ses vers, la rêveuse se tourmentait à l’avoir rendu victime de ses jeux.

Pardon, si j’avais su je n’aurais…
Malhabilement, elle quittait le bassin et rejoignant les pourtours de la fontaine.

Mes cours commencent demain et j’arrive seulement ici… Et puis… La fontaine, la ville qui…
Elle se fondait en excuse, ses pensées et sa parole se mêlant l’une à l’autre dans un ordre indistinct. Aurait-elle pu mieux tomber, ou pire. Un besoin de découverte, de changement et de renouveau. Voici qu’elle se trouvait face à l’une des fameuses étoiles que le Consulat affectionnait à collectionner. Il était tout, elle n’était rien. Voici qu’elle se retrouvait suspendue à ses lèvres, passant le muret et s’y installant, arborant la tenue détrempée dans ses effusions au coeur de la fontaine. L’aura qu’il affichait n’en détenait pas moins, conservant cette candeur propre à son rang alors que l’adolescente se retrouvait à pincer sa tignasse dans l’espoir fugace de paraître moins misérable.

Irelia.
Un prénom si simple, maquillé de la plus grande difficulté à être évacué.

Vous êtes très doué, surtout avec votre… Perroquet ? C’est vous qui devrez m’apprendre vos tours. Désolé, je me perds. S’il faut, je viendrai nettoyer ou ranger le désordre. Ou soigner les animaux ? Ce n’est pas beaucoup mais…
Elle qui, des années durant, se retrouvait perdue à jouer dans un quartier sans la moindre reconnaissance. Autre que celle d’une mère et d’une poignée d’adepte de la scène. Le Consulat semblait tout représenter et cet acte juvénile, une erreur ou un jeu du destin, résonnant comme un retour à l’origine.

Dans la détresse, elle ne résistait pas à disposer d’une nouvelle excuse pour justifier ses frasques.  Que cela soit d’utilité ou d’unité pour se déculpabiliser.

Il y a peu, j’ai entendu un message et… De voir cette fontaine et ce dôme… L’envie était plus forte. Vous me comprenez ?
Le trait fin, s’étirant vers le sol à la copie d’une mine suppliante, ainsi était ce qu’elle avait de mieux à offrir dans la défense de son cas.


Le Poète

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Aujourd'hui à 15:53
« Tu me joues l'ingénue ? Ou tomberas-tu des nues ? » Lui répond-il, un sourcil arqué, les yeux soupirants d'ennuis l'air sceptique, un peu agacé, face à cette modestie comme ses manières qu'il juge déplacée. « Une valse inconnue entraînante et magique t'emporte malgré toi comme une folle idée ? Mais dis-moi Irélia, sais-tu quelle est cette musique ? » Voilà que son visage se fait doux et compréhensif, quoiqu'un peu moqueur face à son ignorance ; bras croisés tout fier de détenir la réponse à ses questions. Si fier de pouvoir l'éclairer de son savoir ! « Oui… je comprends tout à fait. »

Le regard du poète se perd alors aux alentours, contemplatifs. Les sylphides s'apaisent alors, trainent en douces lucioles vertes qui, se baladant comme fuit le temps, laissent fleurir une pluie d'ors couleurs feuillages. La place de la fontaine se soupoudre alors d'un peu de magie… pendant que les cygnes valsent en coeurs blancs et noirs ; tout ici prend des allures de mirages.
Et revoilà l'âme incarné du poète, semant de ses plumes sur toute la place, décrivant des ronds si heureux dans le ciel.

Alors qu'il se veut le port majestueux au coeur du chant des habitants de la fontaine, à la hauteur de son annonce ; ca se doit d'être fait de manière solennel. Avant ça, cependant, quelques menus détails à régler alors qu'il déclame orgueilleux, débordant d'un sentiment profond de légitimité et de responsabilités. Se compare carrément à Genesis dans son délire, mime sa posture toujours haute perchée et son regard perçant, cette voix qui sonne comme frappe le tonnerre.


« Ne t'en fais pas pour la fontaine ! Par contre, ne t'avises plus de me vouvoyez et… détends-toi un peu, je ne mords pas. » Oh, il pardonne tout à sa soeur et sa parodie de porte-parole se fond face à ce petit bout de femme toute mignonne. Lui-même y a mis plus de blazar qu'elle ; y en a-t-il vraiment de toute façon ? Sinon un bon souvenir pour les gens qui passaient par là ? Qui sont toujours là comme à attendre la suite ? Arthur peut très bien faire avec touts les regards de l'univers sur lui ; c'est sa mission en tant qu'héraut des muses après tout. Haut et fort, pour que sa voix porte un maximum, le poète ferait bien en sorte que l'univers tout entier apprenne la nouvelle. Quelle honte ce fut pour Arthur, en ce moment glorieux, de piquer les vers d'un autre consul… qu'il déclame pourtant comme les siens… « Irélia, tu es… de ma famille, de mon ordre et de mon rang ! Bien plus que celle du sang ! » …un plaisir coupable ; un hommage à ce consul si ça le dédouane ? Tout ça n'a pas d'importance !

Regardez-la ! Regardez Irélia ! Regardez-la qui ne comprend pas le cadeau fabuleux qu'elle est ! Pour l'univers, pour l'art, pour les muses, pour lui-même qui se jure à l'instant qu'il donnera tout pour pouvoir la protéger ! De la voir se comporter si modeste ? Si gênée ? Si petite ?! Non, non et encore non ! Arthur veut la revoir heureuse et libre à déployer ses ailes plus majestueuses que toute autre créature ici-bas ne le sera jamais même dans ses rêves les plus fous !

« Cette musique qui nous entraine est la valse des muses, ma soeur ; cette valse est le vin de l'art et de la passion ; de tes bras aux vents comme de mes vers qui s'en émurent… ne suffit-il donc pas de prendre le pas pour que le partenaire suive ? Parmis les muses, ton nom s'y murmure… Irélia valse et valsera, car tel est le destin de la fille de Terpsichore… la modestie ne t'es pas vraiment permise, donc. »
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