Un Garçon Ordinaire

Feuille de personnage
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le Jeu 7 Fév 2019 - 3:52


[Mini-Série]
Suite de L'Homme, le Prince et le Cristal

"Qu'avez vous ressenti à cet instant ?
-De la peine pour lui.
-Et ?
-Et rien. Je ne vais pas changer l'histoire simplement parce que j'ai de la peine pour quelqu'un.
-Que savez-vous d'autre sur le cristal ?
-Fragment.
-Fragment ?
-Oui. C'est comme ça que Bambi l'appelait.
-Ah, oui, c'est écrit. Le cerf vous a-t-il dit quoi que ce soit d'autre au sujet de ce.. fragment ?"

Sesheta hésitait. Elle dévisagea son interlocuteur, un vieux monsieur au visage lisse. Tenant dans sa main une feuille, il était assis en face d'elle, le dos vouté. Un seul petit mètre d'air les séparait. Les murs de la petite pièce dans laquelle ils se trouvaient tous les deux étaient si rapprochés qu'elle avait l'impression d'étouffer. Ils étaient couverts d'étagères, elles mêmes remplies de documents. Les volets de la seule fenêtre étaient fermés et une petite lumière blafarde venue du plafond éclairait leurs visages.


"Non. On ne sait toujours pas l'effet que ça fait sur les gens.
-Etonnant... le rapport de votre collègue, l'Agent Lutz, donne pourtant des détails.
-Vous m'en direz tant...
-Pardon ?" Le vieux remonta la monture de ses lunettes sur son nez.
"Je veux dire, il a peut-être glané des informations lorsque nous étions séparés. J'étais à la poursuite de la rousse...
-Peut-être. Je lis : Quant au cristal, ou fragment, il semble posséder la capacité de faire ressurgir des souvenirs passés liés à la génitrice de la personne ou créature qui le touche. A son contact prolongé, la victime paraît alors dépossédée de toute faculté d'action positive et se terre dans la mélancolie, gardant le cristal près d'elle comme s'il s'agissait effectivement de la personne chère et perdue. L'effet s'estompe puis disparaît dès l'éloignement du cristal.
-Ah. D'accord."

Sesheta feignait l'étonnement : bien sûr qu'elle savait tout ça. Mais l'agence secrète pour laquelle elle travaillait, la Brigade d'Investigation des Contes lui cachait des choses, et maintenant qu'elle avait ouvert les yeux, elle était beaucoup plus prudente.


"Aucune idée de l'origine de ce fragment ?
-Non.
-C'est bien regrettable" croassa l'homme avant de tousser. Il la toisa quelques secondes et se pencha encore plus vers elle. Comment faisait-il pour ne pas tomber ? "Vous êtes certaine de n'avoir rien oublié ?"

Elle se força à ne pas grincer des dents. Il savait quelque chose. Il savait qu'elle savait. Son collègue Lutz était en fait un robot. Elle avait enfreint les directives en s'immiscant dans le déroulement de cette histoire. "Vous n'avez fait aucune autre rencontre dans cette forêt ?" Bon sang. Il savait que quelqu'un d'autre cherchait le fragment. Il savait pour Sora. "Non", mentit-elle en croisant les jambes sous sa chaise. Elle était fichue, ils allaient la virer. Elle ne pourrait plus amener d'argent à ses parents. Elle ne pourrait plus chasser les contes et s'en inspirer pour ses dessins. Quoi que... elle n'avait pas vraiment menti, ils avaient croisé Sora en dehors de la forêt. Pas sûr que ca suffise.

"Très bien", fit le vieux en se relevant. "Merci, Sesheta. Nous vous confierons de nouvelles missions dès demain. Je clos celle-ci."
"Ah... bon ?"
"Oui. Ce fragment s'est volatilisé, semble-t-il. Nous ne connaitrons pas la fin de cette histoire. Regrettable, mais... cela arrive. Il va falloir remonter votre quota." Il alla replacer la feuille qu'il tenait dans le bon dossier, sur la bonne étagère.
"Je suis toujours avec.. l'agent Lutz ?"
"Pourquoi en serait-il autrement ?"
*Parce que c'est un robot et vous me l'aviez caché ? Vous l'avez mis avec moi pour qu'il m'espionne, c'est ça ?"
"Pour rien."

Lorsqu'elle sortit de la pièce, la jeune Sesheta ressentit un étrange sentiment de vide, ou de trop plein, elle ne savait pas. Déambulant dans les escaliers et couloirs exigüs du Quartier Général, elle ne réagit pas aux interpellations de ses collègues. Elle n'avait fourni aucune réponse au vieux, et elle avait toujours autant de questions. Il fallait être raisonnable et oublier tout ça, se répétait-elle. C'était sans doute le mieux à faire pour conserver son boulot. Ne pas chercher à en savoir plus. Ne pas se rappeler que le vieux avait mis la feuille dans ce casier la, sur cette étagère la.

Dehors, les rues commençaient à se vider. Il était déjà tard. Elle n'avait pas le coeur à rentrer. Elle se rendit en haut de cette petite coline qui surplombait la forêt de Bambi et s'assit à même l'herbe. Sans se soucier des passants, elle sortit de sa sacoche son carnet à dessin et un crayon noir. Lutz utilisait des cylindres mécaniques pour enregistrer ses observations. Sesheta préférait dessiner. Le dos de la rousse qui s'enfuyait en courant. Bambi qui contemplait le fragment, l'air absent et triste. La douce lumière du fragment qui baignait la petite caverne. Ce Sora et sa chevelure improbable. Il avait dit qu'il reviendrait. Qu'est-ce qu'il attendait ?


***

Elle ne comptait plus les jours.  

"Rapport G-576. Le vieux moulin n'est qu'un vieux moulin."

Chaque mission lui semblait fade, maintenant, chaque histoire sans saveur. Sesheta ne comprenait pas pourquoi.

"Rapport G-577. On ne peut pas tomber dans cette fontaine."

Etait ce parce qu'elle ne voyait plus qu'en l'agent Lutz, toujours à ses basques, qu'un vulgaire robot ? Etait-ce parce qu'elle savait que quelque chose se tramait ? Que la B.I.C. avait une face cachée, que des gens surement mal intentionnés cherchaient à s'approprier le pouvoir des contes ?

"Rapport G-578. Lorsque l'Agent Sesheta et moi-mêmes sommes arrivés, la grange était déjà en feu. Aucun indice probant n'a été trouvé dans les décombres."

Et le pire, c'est qu'elle continuait à les aider. Juste pour satisfaire son besoin personnel. Et pour l'argent.


"Sesheta."

Elle avait besoin de ces histoires. Sans elles, elle se sentait si vide.

"Sesheta."

Elle redressa la tête de son carnet de croquis. "Pardon, Agent Lutz." Lutz la regardait de toute sa hauteur, l'air impassible. Comme d'habitude.

"Je note que votre attention a décru ces derniers jours. Votre capacité de travail est impactée et notre quota de réussite n'a jamais été aussi bas. J'estime qu'à ce rythme...
- Désolée. Ca va aller..
- Etes vous... contrariée ?"

Elle sourit. Comment un robot pouvait-il savoir ce que cela voulait dire ? "Ca va aller.
-J'estime qu'à ce rythme, nous serons rappelés à l'ordre dans deux jours, et affectés à d'autres partenaires.
-Et ca vous embête ?"

L'espace d'un instant, elle crut que le robot hésitait. Il la regardait sans ciller. "Nous sommes l'équipe la plus performante de la Brigade." Elle pouffa. "C'est tout ce qui compte pour vous ?" Il ne répondit pas. Alors elle retourna à ses dessins, et lui à ses calculs.


***

Sesheta habitait avec ses parents une petite maison sans imagination dans le quartier pauvre du faubourg. La maison n'avait rien de notable par rapport aux autres aussi y passait-elle le moins de temps possible. La misère du quartier ne l'inspirait pas. Elle aimait beaucoup ses parents, vraiment, mais leurs discussions n'allaient jamais bien loin. Leur monde était tout petit et bien qu'elle ait envie de leur raconter toutes les histoires qu'elle rencontrait, elle en avait la formelle interdiction. C'était la Troisième Directive. Ils n'avaient pas de travail. Lui jardinait, elle cousait. Parfois ils jouaient aux cartes. Cette vie semblait leur convenir, et ça, elle ne le comprendrait jamais.

Ce soir là, en passant le portillon du petit jardin, elle avisa le comité d'accueil qui l'attendait. Un homme brun vêtu de noir, l'air pas content et une fille blonde à lunettes, arborant un chignon stylé.


"Agent Sesheta", fit la fille. Sesheta se retint de paniquer et alla à leur rencontre au pas de la maison. Bien sûr qu'elle les avait reconnus. C'était eux qui avaient engagé la rousse... Lenore. Elle avait épié leur conversation dans la forêt, sans qu'ils ne la voient.

"Agent ? Vous vous trompez de personne, je crois.
-Merci de respecter les directives. Mais nous sommes bien des agents, tout comme vous. Agent Gill et Agent Kanes." fit la blonde en produisant son badge, que Sesheta fit mine d'inspecter, l'air dubitative.
"Marrant. Je vous ai jamais croisé au Quartier Général.
-Nous sommes assignés au Mont des Lanternes."
*Vous êtes des putains d'agents de la B.A.C., ouais.*
"Ah. Vous êtes loin de votre zone d'assignation.
-En mission spéciale. Nous avons croisé une personne qui figure dans l'un de vos rapports récemment. Et.. je suis navrée, agent Setesha, mais vous êtes soupçonnée d'Acquisition."
-Pardon ?
-Ouais, une voleuse de rien du tout s'est pointée l'air de rien dans nos bureaux, avec l'air de savoir qui on était." L'homme parlait mal, ne faisant aucun effort pour articuler. "Et elle a raconté qu'elle vous a vu prendre un cristal dans une forêt, alors que bon, il appartient à un conte.
-Et vous connaissez la Deuxième Directive.
-On va perquisitionner. On vous attendait pour faire ça dans les règles."

Sesheta réflechissait à toute vitesse. Qu'est ce qu'ils racontaient ? Ils connaissaient bien Lenore, donc ils mentaient. Et l'affaire était close, d'après le vieux.

"Vous ne pouvez pas entrer. Mes parents vont se demander ce que vous foutez là.
-Pas de blême, Agent.
-Nous avons pris soin de les déplacer."

La peau mate de Setesha prit des couleurs plus claires, et une angoisse monta dans sa gorge. Déplacés ?


"Déplacés ?
-Ne vous inquiétez pas. Ils vont bien. Juste le temps de notre enquête. Vous connaissez les règles, personne ne doit savoir ce que nous faisons, y compris les familles.
-Vous ça va pas fort.
-Vous avez le cristal ?
-Quelque chose vous embête, on dirait
-Peut-être que vous avez vu quelque chose ?
-Vous êtes un bon agent, d'après les statistiques. Vous êtes surement innocente.
- On fait fausse route ?"

Oh. D'accord. Elle comprenait. Simple tentative de chantage pour lui tirer les vers du nez. Il suffisait qu'elle confirme leur soupçons : Lenore avait le fragment et ne leur avait pas dit, préférant le garder pour elle plutôt que le refiler à ses commanditaires. Mais allait-elle trahir la rousse ? Oh que oui. Sans cette chipeuse, elle aurait sans doute pu récupérer le fragment, elle aurait eu le fin mot de toute cette histoire.


"C'est elle qui l'a."
"La voleuse ? Mais... ce n'est pas dans votre rapport."
*Arrêtez de faire semblant, vous me saoulez.*
"Non. Ce n'est pas dans mon rapport, parce que je.. je n'étais pas sûre..."
"On va quand même entrer. Ouvrez, s'il vous plaît."

Ils fouillèrent tout, la cuisine, les chambres, le petit grenier, le coffre à dessins. Et ils ne trouvèrent rien.


"On perd notre temps. Il n'est pas là, un truc comme ça ca se repère de loin. L'agent Setesha a raison. C'est cette sal... sale voleuse qui l'a." fit l'homme en redescendant les marches du petit escalier trois par trois.
"Merci, Agent. Vos parents sont avec l'Agent Lutz dans une annexe du Quartier Général. Pour l'histoire, il se fait passer pour un banquier."
"Vos parents vont être riches. Bon, faudra juste rembourser la dette, mais ils ont de quoi, pas vrai ?

Setesha les regarda sortir par le jardin sans demander leur reste. *Réfléchis. La B.I.C a classé l'affaire. Mais eux sont d'une branche différente. Et eux, ils le veulent, ce putain de fragment. Et Lutz est de mèche ? L'enfoiré. Faut faire les choses dans l'ordre. D'abord, tu retrouves tes parents. Allez, bouge tes jambes, Sesheta.*

Elle les retrouva une vingtaine de minutes plus tard dans l'annexe, comme annoncé. La pièce avait été transformée pour l'occasion en bureau de banque. Les équipes décoration de la B.I.C étaient au point pour reconstituer des lieux et des histoires. Lutz n'avait pas fait de mal à ses parents. En fait, il était en train de leur lire les multiples alinea du prêt qu'ils venaient visiblement d'accepter.

"Maman. Papa", s'exclama-t-elle, essouflée par sa course.
"Sesheta ?" Sa mère s'était retournée sur sa chaise et la regardait par dessus ses lunettes rondes, sur lesquelles retombaient ses boucles argentées. Son père ne fit aucun mouvement.
"J'ai... j'ai... eu peur. Je savais pas ou vous étiez. Vous avez pas l'habitude de partir si longtemps." Elle tachait de ne pas avoir l'air trop paniquée. Mêler ses parents à cette histoire était sans doute la pire idée.
"Ce genre d'occasion ne se rate pas." assura son père de sa voix grave. "Grâce à Monsieur Fitzberg, nous allons pouvoir déménager dans une maison avec un plus grand jardin."
"Tu pourras enfin accrocher tes dessins aux murs, ma chérie. Il n'y aura plus cette vilaine infiltration. Et Monsieur Fitzberg nous a garanti qu'avec tes revenus, la dette était parfaitement remboursable."
"Oui. Tout est en ordre et vous recevrez le premier versement d'ici Quinze Jours", fit l'Agent Lutz d'un ton sympathique en rangeant la paperasse dans son attaché case. "N'oubliez pas votre exemplaire."

Sesheta jeta un regard froid au faussaire. "Papa, Maman, rentrez. Je dois parler à... Monsieur Fitzberg." Son père ne posa pas de questions. Il prit son exemplaire du formulaire de prêt, remit son chapeau rond troué et prit la main de sa femme qui jeta un regard interrogateur à Sesheta. "Ne t'inquiète pas. Je veux juste m'assurer qu'il n'y a pas d'entourloupe." Elle referma la porte derrière eux et attendit de ne plus entendre leurs pas pour exploser.

"La,va falloir m'expliquer Lutz. Vous etes quoi au juste ? Un agent double ?" Lutz se redressa, son long haut de forme toujours vissé sur sa tête.
"Je ne comprends pas, Sesheta."
"Vous vous foutez de ma gueule ? Qui vous a donné l'ordre de jouer la comédie avec mes parents ? Mes PARENTS ! Pourquoi je suis accusée d'avoir volé le fragment ? L'affaire est classée, bordel !"
"Je..." Il resta interdit. C'était bien la première fois qu'elle le voyait hésiter. Elle imaginait les rouages grippés dans sa tête. "Je ne sais pas de quoi vous parlez."
"Qui vous a donné cet ordre, Lutz ?"
"L'ordre vient de la voie hiérarchique habituelle", dit-il de sa voix mécanique, si mécanique, oh pourquoi ne l'avait-elle pas vu avant !
"Menteur ! Vous êtes juste un sale menteur ! Vous savez ce que vous êtes ? Un manipulateur. Vous jouez avec les sentiments des gens. Vous n'aviez aucune pitié pour Bambi. Vous n'avez pas de coeur, Lutz !" Bon sang, que ça faisait du bien. "Vous ne pensez qu'aux quotas, qu'à vos putains de rapports, et oui, là, il faut bien tout préciser, le taux d'humidité, le taux de sueur sur la peau, si un clébard a chié sur le trottoir, le nombre de crottes et l'estimation de ce qu'il a bouffé avant ! Les gens vous vous en foutez. Les histoires aussi. Ah ça, pour les analyser, vous êtes fort. Mais pour les comprendre, ha ! Vous êtes incapable de les comprendre, parce que vous êtes juste un robot." Il restait là comme un imbécile à tout se prendre dans la gueule. Réponds bon sang, sois un homme ! Connard.

Ce n'est que quand elle dut reprendre son souffle qu'il répondit, sans aucune once d'émotion : "C'est pour cela que l'on m'a assigné à vous. J'analyse, vous ressentez. Sesheta, vous devez vous calmer."
"Jamais. Ce que vous venez de faire, je ne vous le pardonnerai jamais !"

Et pourtant... elle ne savait plus quoi faire. Comment rembourser ce prêt, sinon en travaillant d'arrache-pied, en augmentant son quota pour toucher les primes ? Les enfoirés l'avaient coincé.

"Vous voulez que je me calme ? Alors vous me déchirez ce prêt. Et vous me dites ce que vous savez de la B.A.C.
-Je ne connais pas de B.A.C.
-Menteur.
-Je ne peux pas déchirer le prêt. Cela contreviendrait à mon ordre.
-On s'en fout de votre ordre. Si vous voulez encore travailler avec moi, vous allez m'aider.
-Sesheta, je vois bien que cette histoire vous a contrariée. S'il vous plait.
-Les rapports G-555 et G-556, Lutz, et tous les autres rapports sur l'histoire de l'Homme, le Prince et le Cristal et sur cette rousse ! Dans la pièce du vieux !
-Je. Je ne peux pas.
-Si vous voulez me revoir, vous pouvez."

C'était un gros risque qu'elle prenait, là. Mais ils n'avaient pas fait toutes ces missions ensemble sans qu'il ne finisse par ressentir ne serait-ce que de la sympathie pour elle ? Oui, elle voulait y croire, malgré toutes les preuves du contraire. C'était souvent comme ça dans les histoires. Elle claqua bien fort la porte derrière elle et reprit le chemin de sa maison.

Sesheta croyait aux histoires. Plus que tout, elle croyait à celle la. Pas parce qu'elle était plus intéressante ou mieux écrite qu'une autre. Elle y croyait parce que cette histoire lui arrivait à elle. Parce que pour une fois, elle ne se contentait pas d'observer. Parce que leur investigation n'avait pas été ordonnée par la hiérarchie, mais qu'un garçon croisé par hasard en haut d'une colline l'avait guidée vers l'histoire. Ce Sora avec son air mutin, cet échevelé souriant qui n'était pas revenu et qui avait la clé de tout ça. Le fragment était à lui... "en... quelque sorte." Qu'il ne soit pas venu le récupérer était un signe de plus : c'était à elle de jouer. Elle allait trouver ce fragment, le reprendre à la voleuse, puis elle allait le trouver lui, lui botter le cul parce qu'il n'était pas revenu et l'étrangler pour lui faire dégorger la fin de l'histoire.

Elle passa la nuit à dessiner. Le lendemain au QG, Lutz l'invita dans la salle d'écoute. Le robot bloqua la porte puis, de son air impertubable et sans un mot, il lui tendit quatre cylindres métalliques. Alors, et ça faisait bien longtemps, elle lui sourit.
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