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le Mar 1 Jan 2019 - 18:24
Les prédateurs m'observaient : pour sûr, ils voulaient faire de moi leur dîner. Je les fuyais déjà depuis un moment mais mes pattes fatiguaient, j'étais absolument pas avantagé au sol. Deux oiseaux violets avec des gants de boxe rouges me faisaient face. L'emblème au niveau de leur ventre ne faisait pas de doute, j'étais face à des sans-cœur. Ils étaient là pour moi, pas sûr que j'aie exactement le goût qu'ils recherchaient... Mais j'allais certainement pas me laisser dévorer ! Ils m'avaient observé quelques instants de leurs orifices qui étaient tels des spirales... Puis ils avaient repris leur charge. Je ne pus que tenter désespérément de me protéger, mais leurs deux violents coups de poings m'envoyèrent voleter contre un arbre.

Mon corps était trop petit et frêle pour pouvoir se permettre d'encaisser de tels coups à plusieurs reprises. L'une de mes ailes brunes était meurtrie : chaque fois que je la faisais bouger, je ressentais une douleur vive. Mon pelage était sombre, mes ailes amples et ma queue assez petite. Ma tête était rosie et quelques uns de mes cheveux blonds y avaient subsisté lors de la transformation. J'en pouvais plus mais mes adversaires, eux, ne fatiguaient pas alors qu'ils me poursuivaient déjà depuis de nombreuses minutes. Ma respiration était courte, j'avais même pas eu le temps de réfléchir et l'un d'eux retournait déjà à l'assaut, me chargeant à pleine vitesse. J'avais pas le choix... D'un geste vif, je levai mon aile gauche, celle qui était encore en bon état et après m'être concentré brièvement sur le souffle du vent, je venais de produire à l'aide de la magie un vent pour me repousser hors de sa trajectoire.

Hélas, le problème que j'avais dans ce combat, c'est que mes adversaires gardaient l'avantage de la hauteur et que moi j'étais pas parvenu à voler de façon stable avec ma nouvelle forme de petit vautour... Donc je ne pus me stabiliser dans les airs, chutant à nouveau au sol. Après avoir exécuté un mouvement de côté, les deux créatures étaient désormais l'une face à moi et l'une derrière-moi à nouveau : elles étaient à nouveau prêtes à me charger à nouveau, elles voulaient leur repas... Mais elles ne l'obtiendraient pas ! Alors qu'elles chargeaient avec vitesse, je fis un mouvement vif des deux ailes pour m'envoler, causant une douleur très vive au niveau de mon aile droite en sale état. Les deux monstres, trop rapides venaient d'abattre leurs poings l'un contre l'autre mais comme j'étais incapable de maintenir une position stable dans les airs, j'avais déjà redescendu au même moment.

Mes pattes s'étaient posées au niveau de leurs crânes respectifs et pour garder prise, j'avais planté bien fort mes serres à l'intérieur de ceux-ci. Je les avais tenu avec une puissance suffisante à les garder bien l'un face à l'autre, malgré l'impact de leurs charges respectives. Le chassé venait de devenir le chasseur : mes serres effectuèrent un mouvement rotatif, ce qui eut pour effet de lacérer et sectionner un morceau de leurs têtes et tous deux disparurent enfin dans les ténèbres. Le combat avait été exaltant et éprouvant, je savourais ma victoire, mes yeux brillaient alors que le manteau sombre se dissipait pendant ma chute. Il était temps de partir : je n'en étais pas venu à bout pour de bon, aussi je préférerais ne pas être présent lorsqu'ils reprendraient forme.

Suite à cette mésaventure, on pouvait dire que j'aimerais bien savoir pourquoi Death m'avait envoyé dans un monde où je ne m'étais jamais rendu pour soumettre de force des hippopotames et les ramener. Sérieusement, pourquoi des hippopotames et pas des rhinocéros ? Ou pourquoi des hippopotames et pas tout simplement des humains, dans un autre monde, peut-être même tout simplement dans la Cité du Crépuscule ? Le chef ne m'avait donné aucune autre indication, on m'avait mis à disposition les moyens que je souhaitais mais j'avais préféré sottement partir seul en mission, pensant que ça serait facile de maîtriser des hippopotames... Mais je ne me serais jamais attendu à me trouver transformé en vautour en arrivant, emmitouflé dans les vêtements que j'avais mis au départ qui étaient devenus de toute évidence bien trop grands pour moi.

J'aimais vraiment pas ce monde, ou du moins de ce que j'étais en train d'en visiter : il était trop lumineux, il manquait clairement du charme sinistre et inexplicable qu'avaient le Château de la Bête et la Cité du Crépuscule. L'astre brûlant brillait de milles feux au loin et la chaleur était étouffante. De plus, ce monde n'était pas sous notre joug et semblait jusqu'alors assez vide, outre ces sans-cœur qui avaient failli avoir ma peau... Ou plutôt mon cœur en l'occurrence. J'avais du convenir d'un signal avec le pilote du vaisseau pour qu'il vienne me chercher et que les quelques hommes qui m'avaient accompagné à qui j'avais ordonné de rester dans le vaisseau puissent m'aider à ramener les bêtes puisque ce corps-ci ne serait certainement pas capable de trainer un hippopotame... Le plus gros problème étant que ce signal, c'était une sorte de fusée de détresse que j'avais laissé tomber dans ma course, si bien que j'allais devoir trouver un autre moyen d'avertir le conducteur une fois que j'en aurais fini.

C'est au beau milieu d'une clairière que je pus trouver l'objet de ma visite : un hippopotame. Aucun autre ne l'accompagnait, l'animal semblait seul, ses yeux tristes. Je me contenterais d'un seul. Il était juste assis sur son gros derrière à regarder le ciel. Là, avant de l'approcher, j'eus un dilemme simple : l'attaquer par surprise ou essayer la parole et le ramener de son plein gré ? La deuxième option me semblait plus raisonnable : je n'avais très sérieusement aucune envie d'affronter un animal aussi robuste en étant hors d'état de combattre. Soit ma performance serait une réussite, soit ce serait l'échec de la mission... Et il ne valait mieux pas réfléchir à ce qui pourrait advenir de moi si j'échouais une mission qui semblait si simple...  D'un pas lent, je pris la décision de me placer face à l'hippopotame et lui lança :

- Bonjour, est-ce que je pourrais savoir pourquoi tu as l'air si triste ?

Je venais de jouer la carte de la naïveté des enfants : ma taille n'étant pas celle d'un vautour adulte, je pourrais peut-être lui inspirer un petit peu de confiance en jouant le jeune vautour curieux du monde qui l'entoure... Et d'un côté, ce n'était pas si faux : bien qu'elle était faible, j'avais vraiment ressenti une faible curiosité, une petite pointe d'intérêt à propos de sa présence. Il sembla m'observer pendant quelques instants puis il releva à nouveau sa tête vers le ciel, ouvrant un peu sa gueule dans laquelle je pouvais entrevoir quelques imposantes dents qui semblaient quasiment roussies.

- Hé oh, je t'ai parlé !

Il ne me calcula même pas : il continuait de m'ignorer totalement. Un petit peu agacé au fond de moi, je réitérais ma phrase, toujours sans effet. Je faisais de mon mieux pour contenir l'agacement fort compréhensible que je ressentais : seule la parole fonctionnerait face à lui, je devais m'en convaincre. Pour forcer son attention, je pris une décision. Mon aile sembla me déchirer dans le mouvement que je fis : je parvins à prendre mon envol avec un mouvement sec et avant de perdre ma stabilité comme d'habitude, je lui envoyai un violent coup de bec au niveau de son museau. La bête poussa une plainte, se remit sur ses pattes et m'adressa un regard qui exprimait de la contrariété.

- Je n'ai aucune raison d'écouter un vautour.

Décidément, cette forme ne tournait clairement pas à mon avantage. Tout ce que je pouvais faire, c'était de continuer le jeu de l'enfant naïf. Peut-être qu'il finirait par se laisser avoir ou du moins je l'espérais.

- Mais... Ne t'inquiète pas, tout ce que je souhaite, c'est savoir pourquoi tu sembles si triste.
- Les vautours sont tous les mêmes, on ne peut pas leur faire confiance !

Bon, je savais pas le problème qu'il avait avec les vautours, mais les négociations semblaient bien mal parties pour le moment... Peut-être devrais-je creuser la piste des vautours ?

- Pourquoi ?
- Vas t'en.

Le ton était sec, il avait pas la moindre intention de répondre à mes questions. Chaque fois que je parlais, je n'avais l'impression que de le mettre encore plus sur la défensive. Tant pis, peut-être que je devrais essayer d'attirer mon vaisseau par ici. Une idée me vint vite : je pris une forte inspiration, leva mes deux ailes vers le ciel puis imaginant l'énergie électrique qui circulait, je la faisais converger en direction des ailes puis... Un éclair dans les airs. Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils remarquent. Les négociations avaient vite échoué, tout ça à cause de la particularité de ce monde dont on ne m'avait pas averti. L'hippopotame s'avança vers moi. Sa marche était lente, mais il me fusillait du regard.

- Quelle est cette sorcellerie ?!

Je me tus. Rien de ce que je pourrais dire ne lui ferait probablement entendre raison. Je reculais un peu à son approche : il me fallait réfléchir à un moyen de le garder dans les parages le plus longtemps possible sans encaisser de dégâts. Ma première idée fut d'essayer de le faire reculer un peu en me servant une nouvelle fois de la magie qu'il ne comprenait pas. J'expédiai une boule de feu, intentionnellement sans toucher l'animal mais plutôt l'herbe qui lui faisait face pour l'effrayer.

- Réponds-moi, qu'est-ce que c'est ?!

Ma seule réponse à sa question fut un sourire malicieux qui voulait tout dire : la situation précédente venait de totalement s'inverser : désormais c'était lui qui posait des questions et qui n'aurait aucune réponse. Il recula en tremblant, effrayé par les braises incandescentes qui brûlaient sur l'herbe. Elles se propageaient très lentement mais ça m'était égal : de toutes les façons dans l'état dans lequel j'étais je ne pourrais me servir que d'un ou deux sorts alors je ne pouvais pas en gaspiller le moindre pour éteindre ce feu.

- Est-ce que tu veux que je t'en harcèle ? Ou es-tu disposé à m'écouter ?

Je l'observais avec intensité, il s'agissait d'un second coup de bluff, je ne pourrais pas le terrasser seulement à l'aide de la magie et étant incapable de voler de façon décente et prolongée, je ne pourrais tournoyer autour de lui en lui assénant des coups de bec. Je comptais cette fois sur la peur, un moyen bien plus fiable d'obtenir son attention. Je poursuivis d'un ton malicieux, afin d'accentuer le côté sinistre qu'il me trouvait probablement :

- Qui sait ce que je pourrais faire tomber la prochaine fois ? Des astres ?
- C'est bon, je t'écoute, parle, oiseau de mauvaise augure.

Bon, il était enfin disposé à m'écouter, le problème étant qu'il fallait que je le retienne le plus longtemps possible en ces lieux en attendant que les renforts arrivent. Ce sera un déshonneur mais au moins je n'échouerais pas dans ma mission.

- Je t'ai juste demandé pourquoi tu semblais si triste, réponds-moi simplement.
- Je suis seul, ma Gloria... Est allée rejoindre ses ancêtres.
- Gloria ?

Probablement une histoire totalement inintéressante et ennuyeuse à propos de cette chose, "l'amour". J'aimerais au moins comprendre comment quiconque pouvait s'enchaîner à un être au point de ne plus être capable de s'en séparer. L'idée me semblait tant incompréhensible que ridicule et risible, mais j'aimerais au moins être capable de savoir ce que de tels idiots avaient en tête. Peut-être que j'aurais enfin une réponse ? Non, l'hippopotame resta silencieux, il observait à nouveau les nuages, tel un total ahuri... Comme s'il venait d'oublier le danger que je représentais. Tant pis, je devais lui montrer qu'on se foutait pas de moi impunément et que j'étais totalement sérieux dans mes menaces.

Je dus fortement me concentrer pour parvenir à imaginer ressentir du froid au niveau de mes ailes puis un pic de glace se forma entre les deux et fondit directement en direction de l'animal pour se loger au niveau de l'une de ses pattes. Le pic vola complètement en éclats au contact de sa peau qui semblait assez résistante, comme on m'en avait averti mais il semblait tout de même avoir encaissé quelques dégâts : il s'était retrouvé au sol, tête face contre terre. Il n'osait pas me regarder, sûrement effrayé par la possibilité que j'en fasse plus mais il n'en était rien : j'étais sûrement trop fatigué pour en faire plus donc seul le bluff pourrait avoir un quelconque effet.

- J'ai été clément, la prochaine fois le châtiment sera plus... Sévère.

J'insistais sur le mot "sévère". Le but était de devenir plus menaçant, générer encore davantage d'incompréhension pour l'animal, le troubler le plus longtemps possible pour gagner le temps nécessaire au trajet. S'ils avaient vu mon signal, ils devraient arriver bientôt sur les lieux et plus rien ne me contraindrait à maintenir la conversation.

- Qui est cette Gloria ?
- C'était... Celle que j'aimais.
- Raconte-moi cette histoire.

Celui dont je ne connaissais pas le nom débuta son récit. Il était long, long... Au point d'en devenir interminable. En fait plus il continuait son histoire, moins elle ne m'intéressait. Il racontait à quel point elle barbotait en toute beauté dans la rivière dans laquelle ils s'étaient rencontré à leur plus jeune âge, qu'elle était la fille d'un parent éloigné, qu'ils avaient grandi toute leur vie ensemble, à quel point ils étaient inséparables, qu'elle était drôle, intelligente blablabla... J'avais cessé de l'écouter. De nombreuses, très nombreuses minutes s'écoulèrent alors que j'avais été totalement englouti par son flot de paroles et louanges envers sa bien aimée. Définitivement, je ne pouvais vraiment pas comprendre ce qui l'animait. Ce qu'il entretenait envers Gloria semblait aller bien plus loin qu'une simple admiration malsaine... L'écouter ne faisait que m'inspirer du dégoût.

Soudain, un bruit de moteur sembla s'approcher. Les renforts arrivaient enfin. J'allais enfin recevoir les soins que je voulais tant depuis le début de cette discussion. Le vaisseau se posa et une troupe animalière sans uniforme s'approcha de nous. Je leur fis signe d'emmener la bête. Celle-ci résista longuement... Au point que ça en devienne pitoyable. Il poussait des râles, ses pattes s'agrippaient fermement au sol, il se débattait, remuait, tentait de se dégager de l'assemblée en leur assénant des coups de patte. Ce fut inutile : la bête finit par être ligotée telle un saucisson. L'animal ne pouvait plus bouger le moindre muscle, son regard était larmoyant et tourné vers l'arrière et il nous suppliait sans cesse de le laisser repartir. Ses gémissements étaient inutiles : nous avions obtenu ce que nous étions venu chercher.
Le Boucher de Grimm

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le Mer 9 Jan 2019 - 23:40
Tiens, mon p’tit Kuro, tu sais pourquoi j’ai choisi l’hippopotame comme animal à m’ramener ? Tu savais qu’il y a plus d’une centaine d’attaque d’hippopotame recensé par an en Afrique ?! Ce qui le rend le mammifère le plus dangereux.

Il est territorial, aussi.

Enfin, bref, tu vois l’délire ! Ce genre de bête, c’est vénère.

Donc, j’suis là pour parler d’une notation…? Alors, j’ai un truc dont j’ai envie de parler, sauf que ça attendra plus tard. Et soit rassuré, pour une fois, je ne vais pas parler des redondances de mot ! J’ai déjà fait ça l’après-midi, j’vais donc éviter de recommencer.

Non, j’crois que j’vais plutôt parler d’un constat.

Quelque chose qui arrive avec une guerre de retard, probablement; Simplement que, chaque mission que tu fais et qui te confrontes à d’autres « êtres doués de raisons », tu observes un nouveau sentiments et / ou tu en apprends plus sur celui-ci. Oui, tu peux dire que j’arrive avec une guerre de retard.

Néanmoins, j’me félicite d’enfin l’avoir remarqué !

Bref, c’est là que j’trouve intéressant, c’est la nature du sentiment qui démontre la pensée profonde de Kuro. Tel que l’amour du balourd, il y avait la compassion à la Truite Doré (Qu’est-ce que j’espère avoir raison sur ce nom) et la suite de tes aventures. Néanmoins, ce qui est intéressant, c’est qu’il me semble avoir retrouvé cette sorte « d’imperméabilité » pour les sentiments des autres alors que tes propres sensations d’obnubile.

Purée, en disant ça, j’ai clairement l’impression d’arriver avec une guerre de retard.

Bref, j’ai fini avec ça et j’vais dire trois mots-clés sur cette mission. Sans-coeur, violence, manipulation. Oui, j’ai pas été inspiré. Néanmoins, j’ai quand même envie de t’inviter à toujours pousser les dialogues ou les réactions des PNJs. Du style, imaginer si ton dialogue et / ou tes réactions sont probable dans un film. Un vrai film, pas un truc nul avec des requins en 3D.

Donc…? Mission accomplie !



Normal : 21 points d'expérience + 200 munnies + 3 PS. Deux en Vitesse et un en Défense !

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