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Prêtre-Guerrier de Rai

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le Sam 15 Déc 2018 - 0:42

Il y a pour certains, des devoirs plus important que d’autre. Pour les uns, il est question de subvenir aux besoins de la famille, d’autres veulent la gloire, la richesse. Pour Bryke, c’est un devoir sacré, lui, qui a été désigné par son clan comme prêtre de Rai, lui, qui as toujours dut rythmer sa vie selon la rigoureuse vie clérical.

En cette soirée, sous une tempête de Mongolie, son devoir avait été bafoué. Brisé par un jeune homme qui avais osé faire appel aux illusions, qui avais osé commettre sacrilège. Dans un duel sacré en l’honneur de Rai, la vérité et la sincérité sont maître. Comment peut-on être sincère lorsque l’illusion et le mensonge nous entoure.

Autant dire qu’en cette soirée, la déception est grande, la colère, l’est encore plus. C’est furieux que le fauve avait quitter son duel, ordonnant d’un geste sec au mongol de le suivre. Ce qui devais être à l’origine qu’une simple mission pour trouver un traducteur, c’était métamorphoser en une situation complexe et intimement lié à sa foi.

Bryke sort de ses pensées, la douleur lui tire dans sa main droite. La dague encore enfoncée dans une mare sanguine. Aveuglé par sa fureur, il en avait presque oublié l’existence. Mais désormais, tandis que le calme et l’adrénaline s’estompe, il ressent de plein fouet l’agent étranger qui s’est logé dans sa paume.

La pluie continue de tomber, encore et encore, comme si Rai lui-même guette les deux individus. Le jeune mongol le suit, tant mieux, c’est un premier pas vers la rédemption.

Le fauve s’assure de conserver une distance respectable avec lui pour le moment, la tension est toujours électrique dans l’air, et le ronso craint qu’il ne se décide à attaquer au moindre moment de faiblesse de sa part.

Bryke a pris la direction de la montagne la plus proche, une certaine distance, les environs mongols se constituant principalement de vastes prairies d’herbes verdoyante. Mais il marchera le temps qu’il faudra, proche du ciel, il doit être proche du ciel pour mener à bien sa mission.

Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas eu à le faire, ce rituel de purification que tout ronso doit se soumettre au moindre affront envers Rai. Prêtre-guerrier de son état, c’était à lui d’encadrer les jeunes, et de s’assurer qu’ils performent le rituel correctement. Si on lui avait dit qu’il devrait faire de même avec une créature rosâtre et dénué de poils, il ne l’aurait jamais cru.

Son regard se pose à nouveau derrière lui, le jeune mongol continue de le suivre, le regard ardent, le regard dangereux d’un duelliste insatisfait. Peu lui importe, ce duel est fini, sans gagnant certes, mais fini.

La pluie torrentielle camoufle les odeurs, supprimant les senteurs de lait et de sang, pour les remplacer par celle de l’herbe chaude soudainement humide.

Bien qu’il soit ainsi dépourvu de son odorat, le fauve n’est pas un idiot. Il sait que son départ abrupt et soudain de l’arène ont attisé l’incompréhension et la curiosité. Il sait qu’ils sont très certainement suivis. Tout comme il sait qu’il ne veut voir personne d’autre que lui et le jeune mongol au sommet de cette montagne.

Le ronso change volontairement de chemin, se dirigeant vers le flanc le plus abrupte et compliqué à escalader de la montagne. Il jette régulièrement des regards derrière lui, cherchant à faire comprendre au mongol que malgré la distance, il désire toujours sa présence.

Il le suit ? Bien.

La façade rocheuse est bientôt droit devant eux, mur naturelle et impénétrable, les dominant de sa hauteur.

Le fauve prend appuis sur ses deux pattes arrières, repliant brièvement les genoux, avant de s’élancer d’un super saut vers une des corniches. Il se rattrape de sa main griffue valide, tirant de toute ses forces pour se propulser plus haut. La maison, cela lui rappelle la maison. Son peuple a toujours été de grand grimpeurs, une nécessité lorsque l’ont vie dans les grands sommets de l’Himalaya, dans les pentes du mont Gagazet.

L’escalade n’est pas aussi fluide qu’il l’aurait voulu, son propre poids jouant, de même que sa main blessée par la dague. Mais il réussi à se hisser au sommet de la falaise.

Il regarde à nouveau en bas, vers le mongol, avant de donner un coup de tête sec, l’invitant à le rejoindre.

Voilà qui devrais régler cette histoire de curieux, quand au mongol ? Il a déjà démontré son agilité et sa dextérité, il réussira à grimper, Bryke ne s’en inquiète pas le moins du monde.

Accroupit au sommet, le fauve s’intéresse pour la première fois à la dague dans sa paume. Il grommèle à l’idée de l’arracher, n’ayant sur lui rien pour bander correctement la plaie, il n’a pas vraiment le choix.

Serrant les crocs par anticipation, il vient tirer sur la dague, la délogeant un peu plus à chaque tentative, dans un concert de grognements et de feulement.

Elle fini par la décrocher, laissant couler derrière elle un ruisseau couleur sanguine. Par réflexe, Bryke vient se lécher la plaie béante, sursautant à la décharge de douleurs qu’il subit à chaque contact.

L’idée lui est bien venu d’utiliser la magie de foudre pour cautérisé la plaie, mais outre la douleur qu’il subira à essayer de signer, le mongol risque de prendre ça comme une agression. Et au vu de la tension omniprésente…Il aurait surement attaqué. L’attaquer mm ? Le regard du ronso se pose sur la plaie béante, analysant.

C’est un joli coup, d’une précision redoutable, et nécessitant une adresse étonnante. Aurais-t-il perdu le duel s’il avait continué ? Lui, n’en pense rien, il est un fier représentant du clan ronso après tout, comment pourrait-il perdre dans un duel dédié à son dieu ?  

Observant toujours le jeune mongol en bas, il vient doucement tourner la dague dans sa main, présentant le manche devant lui.

Lorsqu’il l’aura rejoint en hauteur, il le lui rendra. Et après une petite pause, ils reprendront la route vers le sommet.
Barbare au rhum

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le Dim 6 Jan 2019 - 21:06
Naran leva les yeux.
C’était comme se prendre un sceau d’eau en pleine figure.

Un véritable mur d’eau cascadait le long de la falaise.
Un fracas croissant, tonitruant, qui tombait dru contre la pierre déjà lissée par cet abus régulier.

Les yeux de la Mercenaire se plissèrent en détaillant le relief écorché.
Balayé par le vent et la boue dégringolante, la végétation déjà rare peinait à se raccrocher à la roche : On apercevait déjà les racines mises à nue, le lichen à demi arraché, le calcaire délavé…
…Au plus haut de la montagne, le ciel de tumulus noir et rugissant n’offrait aucun espoir de répit.

Naran baissa les yeux.
Les deux larges empreintes laissées par le fauve s’étaient déjà remplies de boue.

Quel enfoiré…


Pestant, Naran fini toutefois par s’attaquer à la paroi ruisselante.

Un bond, d’abord. Sa main tendue s’agrippa, aussi fermement que possible, à l’une des failles qui striait la falaise.
Elle frissonna, sentant entre ses doigts l’eau glacé qui filait à même la roche.
Quelque pas à la verticale, et la Mercenaire ramenait ses jambes vers elle, avant de glisser ses doigts de pieds dans l’interstice. Ces derniers avaient été, jusque-là, encore nus et terreux de son trek sauvage : L’eau vint les laver et – surtout – les rafraichir.
Une floppée de juron fleuri vinrent remercier son adversaire à fourrure. Le bain, bien que loin d’être démérité, était gelé.

Sa colère expiée, elle prit une inspiration. Puis un regard vers les hauteurs, dont elle ne tira pas grand-chose de plus qu’une gifle d’eau supplémentaire.
Les jurons cessèrent.

Dents serrées mais avec une aisance pratiquée, la Mercenaire verrouilla ses appuis. C’était un réflexe plus qu’un vrai mouvement : Tendre pieds et mains dans des sens opposés pour se maintenir en place, puis trouver d’où progresser le long de la fissure.
Et, une main après l’autre, Naran commença son ascension.

En temps sec, une telle falaise aurait été un jeu d’enfant. La Mercenaire ne se serait pas encombrée de faille, bondissant simplement d’appuis en appuis…. Mais la pluie rendant toute aspérité plus glissante qu’une boule de graisse sur une selle neuve.
Mieux valait tarder à défier son adversaire, que de s’écraser à terre sur une prise mal calculée.


Etrange calcul, d’ailleurs.
Pourquoi est-ce que le monstre avait quitté l’arène ? Pourquoi l’inviter à grimper sur les sommets, ici et maintenant ?
Une réponse s’imposait, plus que toutes les autres, et réveillait sa rage mieux que toute l’eau glacé du monde.

Une forme de… peur, aussi.
Après toute ces épreuves, ces monstres et ces rituels… Qui était-elle, pour dire que les Esprits ne rôdaient pas tout autour d’eux ?
Qu’allaient-ils dire de sa transgression …

La Mercenaire secoua la tête, en profitant pour essuyer sur son épaule son front ruisselant. Le tonnerre lui rappelait à ses vielles superstitions. Mais, quoiqu’en dise les shamans et leurs effets son et lumière, elle avait bien plus sa place sur cette arène que n’importe lequel des lourdauds qu’elle avait affrontés.
Et, à mesure qu’elle grimpait la montagne, Naran repris ses traits originaux. Par aisance, d’abord – après tout, sa forme naturelle était plus équilibrée qu’un poignard de chasse, et traçait un chemin bien plus rapide à travers la roche.

Quand, finalement, sa main atteint une corniche, la hissant en hauteur, elle rechigna à quitter son corps féminin.
Quitte à défendre son droit au combat, autant le faire sous sa propre forme.

Carrant ses épaules maintenant plus frêles, elle s’accroupi sur l’escarpement, et observa les environs.
De la steppe presque infinie, elle ne voyait qu’une dizaine de mètres en haut et en bas de son abri : Le reste était perdu dans la pluie continue. Plus de trace des hommes du Khan, donc.
D’elle-même, elle pouvait dire davantage.
Ses membres étaient rougis par le froid, mais l’effort l’avait gardé en forme : Même à demie nue et perchée à même la montagne, elle ne sentait pas encore la morsure du froid.
Son équipement, lui, laissait plus à désirer. Vu l’eau torrentielle, ce n’était pas plus mal qu’elle soit si peu chargée, mais déjà le contact de la roche striait sa peau de petites coupures. Elle réajusta les bandes de lin qui retenait sa poitrine, regrettant sa chemise ou son épaulière de cuir. Ou même, au moins, son gant de fauconnerie, qui aurait été une défense de plus face aux griffes du fauve et l’assaut de la pierre…

Peu importe. Le combat saurait révéler un digne vainqueur.
Et Naran comptait bien finir ce duel. Récupérer sa dague, aussi.
Avec le scalp de ce foutu fauve, tant qu’à faire. Fallait bien qu’elle puisse prouver sa victoire, et puisque que le lâche avait quitté l’arène…

C’est avec ces réjouissantes pensées qu’elle grimpa quelques centaines de mètre de plus. Comme souvent, la colère lui donnait des ailes : Naran mis les bouchées double, sautant et se hissant avec un enthousiasme renouvelé.
Ses bras et ses jambes, étiré par une ascension difficile, commençait à l lancer… Mais le sommet était déjà en vue.

A cette vue, ses mains ne brûlaient plus : En un mouvement de balancier, Naran sauta sur une dernière corniche, et se redressa.


Le fauve était là. Il la guettait.
Naran se rapprocha prudemment.

Le manche de sa dague pointait d’entre les griffes du fauve.
Il… semblait vouloir la lui rendre.
Maintenant ?

Deux pas de plus, et elle tendait la main.
Ses yeux étaient fixés sur celui du fauve. Un faux mouvement, et…

Ses doigts, encore cisaillé par son ascension, se refermèrent sur l’arme.
Et la retirèrent sans problème.


Naran recula d’un pas. Détailla, interloqué, l’arme encore sanguinolente.

Plutôt que de se détourner, le monstre avait posé son œil sur elle.
Il n’était pas en garde, ne proposait pas de finir ce qu’ils avaient commencé…
Naran fit face, levant son menton face à cette masse de poil sombre qui, même accroupi, la dominait de plusieurs têtes.
Sa colère ne s’était pas éteinte. Mais elle restait… surprise.

« Alors, trop lâche pour me faire face en arène ? »
Elle avait bien plus à dire. Une infinité d’insultes et provocation, et quelques coups, aussi… Tant de choses qu’elle avait ressassé en escaladant la roche.
Mais c’était une étrange sensation, de fixer la prunelle d’une légende.
« Ou bien est ce que, toi aussi, t’es incapable de combattre une femme… »
Même son ton, loin de la provocation rageuse, devenait mal à l’aise.

Elle avait fait couler son sang. Un sang rouge, comme le sien.
Naran serra la dague contre elle.

« Pourquoi est-ce que tu m’as privé de mon combat ? »
Ah, enfin, la colère revenait. Quelle simplicité, quelle pureté dans cette émotion binaire. Elle n’espérait même pas de réponse : Le fauve ne pouvait que rugir et lui rendre son duel, ou se détourner et l’en priver à nouveau. Son sang bouillonnait à nouveau, elle mordit une dernière remarque -
« Qu’est ce qui te fait croire que je n’ai pas ma place dans cette arène ? »
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Hier à 23:36
De toutes les phrases possibles, de toutes les possibilités, neuf sur dix aurait énervé le fauve. Que ce soit par son orgueil, par cette situation dans laquelle il se considère d’une clémence outrageuse au vu de l’hérésie, et pourtant…Deux mots…Deux mots suffirent à effacer la colère par autre chose.

« Toi aussi »

De quoi parle-t-elle donc ? Qu’en as-t-il à faire lui, qu’elle soit une femme ou un homme ? Elle croit que cela pardonne tout ?

Les épais sourcils du ronso se fronce peu à peu, ses pensées virevoltantes. Ce qui était autrefois de la colère dans le regard c’est simplement et sobrement mut en incompréhension.

« Toi aussi »

Une situation répétée ? Ce n’est pas la première fois qu’elle fait ça ? Mais pourquoi.

Certes, elle avait tout l’air d’une combattante redoutable, maintenant plus que jamais. Elle avait démontré d’excellentes aptitudes…Et tout ça, en ayant sa concentration happée par un sortilège d’illusion…Autrement dit, elle n’était pas au maximum de ses capacités.

Est-ce ça la solution ? Ces hommes, par fierté, lui refusent tous ces combats par crainte de la défaite ? De tous, il est bien le moins pertinent à même de les juger pour orgueil, et pourtant, il ne s’en gêne pas.

De cette incompréhension, n’est désormais qu’hésitation.

Que doit-il en penser ? De cette femme, qui par respect pour Rai, qui par amour du rituel, a masqué jusqu’à même ses traits plutôt que de craindre l’abstinence. N’est-ce pas là la preuve même d’un désir, d’une fidélité envers le seigneur de la tempête ? Comment lui, en tant que prêtre-guerrier, peut-il rester insensible à telle demande ?

Le ronso redresse la tête vers le ciel, guettant le moindre éclair. Si tel est le désir du père-tonnerre, qu’il en démontre sa volonté…

…Un éclair traverse le ciel, le tonnerre éclatant dans un somptueux vacarme. Soit.

Se battre à une main…Ne pas pouvoir signer la magie…Sous une pluie battante…

L’hésitation le taraude encore et encore, il aimerait continuer sur la voie qu’il a entamée en l’emmenant vers les sommets. Il aimerait éviter un combat où il démarre ainsi en mauvaise posture.

Mais le devoir…Le devoir sacré est plus que sa fierté, comment pourra-t-il continuer à avancer, à regarder son reflex dans les mouvements de l’eau si ici, maintenant, il refusait d’exercer ceux pourquoi il a toujours été aussi fier.

Il s’accroupit un instant près de la mongole essoufflée, son œil vert-azur se fige sur elle. Un éclair proche se reflète dans l’œil du fauve, sa pupille se rétractant en une fine ligne verticale.

Cette haine dans ces yeux…Depuis combien de temps ces flammes brûlent-t-elle ?

Les traits du ronso demeurent impassible, inexpressif. Mais à l’intérieur, c’est une machine complexe qui laisse les engrenages de ses pensées tourner encore et encore.

C’est au nouveau son du tonnerre qu’il s’arrête enfin sur une décision….

Bryke se redresse de toute sa hauteur, toisant de haut une dernière fois celle qui souhaite tant s’opposer à lui.

Quelques pas dans la terre humide, s’agglutinant autours de ses coussinets à chaque foulée. Il s’éloigne d’elle, dans ce qui ressemble à première vue à un refus…

…Mais il n’en est rien.

Le fauve se retourne immédiatement, jaugeant la distance entre lui et elle.

Son arme est bien au chaud dans son fourreau, pendouillant par la vulgaire corde qui le retient à la ceinture du ronso. Il ne s’en servira pas cette fois-ci.

Sa main droite toujours tremblante sous la douleur de la dague, il vient serrer le poing dans un acte de résolution. Tandis qu’il redresse sa main gauche, paume vers le ciel, griffes en direction de la jeune mongole. Sa posture de combat change, plus arquée, plus bestiale.

Son seul œil valide toujours figé sur elle, le regard sérieux, celui d’un prédateur dangereux qui n’a aucune intention de fuir.
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