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Le Pardon Enchaîné

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le Mer 31 Oct 2018 - 1:48

Il avait mal au crâne et l'air était lourd. Comme si une chape de plomb reposait à quelques centimètres de son visage. Ouvrir les yeux sembla lui prendre une éternité, plus encore. Son corps ? Semblable à de la pierre, il bougea avec difficulté. Quelque chose de saugrenu lui sauta aux yeux à l'instant même où il les ouvrit. « Mais qu'est-ce que... » intrigué d'abord, surpris peut-être également. Ce qu'il voyait c'était une vue fixe sur un plancher et un mur. Alors qu'il bougeait. C'était étrange, indescriptible. Fabrizio cligna plusieurs fois des yeux avant de comprendre.

Sa tête était séparée de son corps.

L'analyse des faits était claire. Il venait de tomber à la renverse et s'était vu, spectateur de sa propre chute. Un corps revêtu d'une lourde armure noire s'était écrasé à deux centimètres de son visage. Il remua comme un ver sur le sol pendant quelques secondes, sidéré puis curieux. Il était en vie, ça oui. Mais il faudrait plus que de la vie pour qu'il parvienne à avoir une quelconque coordination.

Non mais il était décapité. Décapité, vraiment.

Silence. Il se figea quelques instants. Leva un bras. De ses yeux, il voyait le tas de tôle lever un bras. Ah, bon. Lentement, il roula sur le côté de manière à être moins vulnérable qu'un crabe renversé. Mais toujours dans une lenteur gênante. C'est là qu'il opta pour une solution plus bête mais tout de même brillamment.. euh... brillante, selon-lui. Et ainsi, il ferma les yeux. Se concentrant sur son corps. Entrouvrant parfois un œil pour voir si oui ou non il se rapprochait de son but ; attraper sa tête. Quelques laborieuses minutes furent nécessaires. Une fois que cet appendice vital fut a sa portée il-

merde, elle était tombée.

Recommençons.

« Putain mais ça va pas me f- » Bruit de tôle. Retour à zéro.

Pondération sceptique, le cul par terre.

Fabrizio fut fasciné par sa capacité à respirer – faute de pouvoir faire autre chose que de respirer et de tomber ! Son cou était sectionné – de toute évidence. Mais l'air qu'il inspirait par son nez, chargé des effluves moisies émanant du plancher décrépit,finissaient dans ses poumons ceints de chair et du métal noir de son armure. Très belle armure par ailleurs qui ne manquait pas d'être fort ostentatoire et de fer noire bardée d'ornements mystiques. De la belle ouvrage.

Il prit une grande goulée d'air putride et se concentra. Il allait y arriver, ce n'était qu'une question de pratique. Il était assis. Il n'avait qu'à bouger légèrement et – ah, non, sa tête était hors de portée. Bon, il se mit à quatre pattes. Fermant bien les yeux tant pour s'épargner ce triste spectacle que pour se concentrer sur son corps cherchant sa tête plutôt que sur ses yeux regardant son corps cherchant sa tête qui- voilà. Aille ! Mais il allait s’assommer comme ça ! Est-ce qu'il avait toujours été une brute avec ses affaires !? Oh, çaallait vite lui donner la nausée tout ça. C'était étonnant, il n'avait pas du tout mal au cou. Il avait clairement mal à la tête, là où il venait de se frapper tout seul mais c'était une autre histoire.

Il attrapa sa tête par les cheveux, masse tentaculaire décoiffée, ce qui d'ordinaire il n'aurait jamais laissé passer, et la porta a deux mains. Il lui fut ainsi aisé de se redresser. Tête collée contre son torse à la manière d'une lanterne qui n'éclairait rien, il put enfin observer les alentours. Sombres, mais loin du dénuement.

De plus, il n'était pas seul. Bien que ses yeux soient habitués à l'obscurité, lui n'était tout simplement pas habitué à ce que ses yeux soient aussi bas. Il avait clairement entendu du mouvement dans un recoin de la pièce. Après une tentative infructueuse et quelques minutes de plus à chercher cette « putain de saloperie de - Je vais te laisser là si tu continues ! » de tête, il réalisa que non, elle ne tenait pas sur son cou. Son cou était nimbé d'une aura bleue fantomatique. Peut-être lié à la puissance mystique qui le tenait en vie ?

Bien, si cette puissance mystique pouvait lui recoller sa tête aussi ce serait pas trop demander.

Il garda sa tête sous son bras gauche, histoire de garder sa main droite prompte à dégainer son épée – une bonne nouvelle, il était armé, si jamais un coup dur arrivait. C'était bancal, et avançait aussi lentement qu'il était maladroit, mais c'était mieux que rien.

Le chevalier sans tête progressa jusqu'à la provenance du bruit. Sur une longue table, quelque peu semblable à celle là où il s'était éveillé, se tenait une forme. Un tissu étrangement étalé. Un long manteau, un masque, tous deux de couleur sombre qu'il ne parvenait pas à identifier. Le manteau en lui-même ne semblait pas provenir d'un monde qu'il connaissait. Silencieux désormais, conscient qu'il était encore trop maladroit pour se défendre correctement, il approcha sa main gantée de fer du manteau. Une hésitation parcourut son esprit. Pourquoi abandonner un manteau ici ? Ça ne collait pas avec le reste du mobilier. Ça n'avait aucun sens. Peu de choses avaient eu un sens jusqu'à maintenant mais, au fond de lui, il y avait une résolution. Quand il le toucha, il sentit que le tissu était tiède. Quelqu'un l'avait porté très récemment encore.
 

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le Sam 3 Nov 2018 - 15:33
Un instant.

Un murmure.

« Je suis pas chatouilleux, vous savez, » commenta-t-il, presque navré de décevoir une si magnifique créature.

Quel autre adjectif employer ?

Rêvait-il, ou avait-il rêvé jusque là ? Ioan avait fixé le plafond un moment — un patchwork de taule dont les bords sombres formaient un labyrinthe qu’il avait suivi du regard. L’air était cotonneux, de texture comme de goût. A moins que cette sensation ne soit pas née de ce qui l’entourait, sinon de son propre corps, mou et confus. Dis-moi, bougeras-tu ? Ni ses doigts, ni ses jambes, n’avaient daigné répondre à ses appels silencieux. Ils s’évaporaient, comme le bourdonnement qui l’avait enrobé, dans une pièce qui n’était réduite que parce que chargée. L’esprit de l’enfant, lui, avait nagé dans l’obscurité dense qui noyait la pièce, seulement piquée de quelques timides rayons lunaires. Ioan avait entendu progressivement, à mesure que les abeilles chantant à ses oreilles se défilaient, le bouillonnement de solutions, et le grincement d’une chauve-souris ; chacun poignardant le silence paisible qui se voulait la toile de fond de cet antre glacial.

Puis alors l’enfant avait saisi le couinement d’une armure mal huilée, et avait tenté d’attraper d’une œillade prompte une ombre se hâtant sur le mur. Vidé de toute vigueur, il s’occupa, observant le spectacle saisissant d’un homme manifestement passé par le dédale de Celle-qui-ôte-les-têtes. Une représentation en ombres chinoises sur le mur qu’il fixait. Le tout, agrémenté d’un orchestre cliquetant. Inquiété par une ultime chute crânienne, le garçon voulut se relever. Si le haut de son torse parut suivre, et ses orteils remuer doucement, la seule impression qu’il reçut du reste de ce qui le composait était un froid insidieux.

Le chevalier pour sa part était sorti du cadre de lumière qui lui servait de scène. Ioan prit donc le temps d’aviser les détails d’un serpent de craquelures, nullement inquiet de ce nouvel environnement pour le moins inconnu. Pourquoi était-il ici ? Cela n’était pas la question qui le hantait : désormais qu’il pensait à celui qui l’avait diverti, c’était à se demander pourquoi Celle-qui-ôte-les-têtes était à craindre. Voilà bien un individu qui y survivait très bien. Ioan douta toutefois que ce soit fait pour lui, étant attendu le manque de pratique de la chose à l’aune de ses intérêts.

Ses doigts glissèrent sur une surface autrefois lisse mais sale, parsemée de traces rêches.

L’orchestre reprit tranquillement.

Et petit à petit, l’enfant en devint un auditeur privilégié.

Il se rapprochait.

Encore, un peu plus.

Les poings du garçon se serrèrent d’anticipation contenue.

Un cercle bleu trancha les ténèbres, au coin de son œil.

Une armure sombre coulait du disque incandescent. Et malgré que l’éclairage ne fut pas optimal, le garçon pouvait voir sur le métal le reflet de gravures séduisantes. Elles s’adonnaient sur la surface rigide à un bal quasi-mystique, accompagnées par la lueur lancinante des flammes qui les surmontaient. Le gantelet ouvragé, d’un tintement noble, passa devant ses yeux ébahis. Un véritable travail de maître ! Un ouvrage à la tenue aussi élégante qu’orgueilleuse. Solide, et parfait.

L’enfant eut probablement pu, il est vrai, manifester plus avant une quelconque forme de conscience lors que le chevalier sans tête s’était approché. Mais outre ses limitations du réveil, qui semblaient lui passer (ses pieds remuaient, le pensait-il tout au moins), cette armure était aussi belle que ce lieu était nouveau.

Ioan n’avait nulle autre possibilité que d’en laisser les formes, les couleurs, les sensations — l’imprégner.

Jusqu’à ce que la merveille vivante qui le surplombait vienne le toucher du bout du gantelet.
L’enfant avait été perplexe.

Il chercha à comprendre. Ce n’était pas, jusque là, une réaction qu’il avait suscitée. Alors… il dû bien se retrancher dans la seule explication plausible à sa portée. Le garçon avait songé au fait que la chose soit prise d’une simple curiosité. Peut-être l’enfant était-il d’une texture qui lui était inconnue ? Mais pourrait-il ressentir le rêche ou le doux de ses vêtements ? Le gras ou le sec de sa peau ? Son toucher était-il le même que le sien ? Il en douta. Probablement devrait-il interroger quelques épées ou couteaux à ce propos. Préjuger des sens d'une telle armure n'était après tout pas une démarche des plus ouvertes.

Les chatouilles, cependant, avaient été une méthode prisée de certains afin de regagner l’attention du garçon.
Sans grand succès.

« Je suis pas chatouilleux, vous savez, » avait-t-il donc commenté, presque navré de décevoir une si magnifique créature.

Probablement surpris — pourquoi ? — le chevalier s’écarta immédiatement, reculant d’un geste presque maîtrisé ! — Mais en une seconde que l’enfant tenta de retenir, la tête chuta du bras qui l’avait maintenue. L’armure semblait en effet bien peu accommodée de sa condition nouvelle. « Z’avez mal ?! » s'enquit Ioan en se redressant brusquement. Sans attendre, il se laissa glisser au sol, voulant récupérer pour son possesseur le précieux bourrichon.

Oh.

Voilà qui était fâcheux.

Où étaient ses mains ?

Où étaient ses jambes ?

Ioan était accompagné du plus magnifique des manteaux. Jamais en avait-il porté un qui égale la dextérité et le soin avec lesquels celui-ci était cousu. Or le garçon pouvait se targuer de le servir, de le mettre en valeur ! Pour cause : il en disparaissait ! Les manches proches des oreilles de son nouvel acolyte, l’enfant s’immobilisa.

Il ne voyait pas ses mains.

Il ne voyait pas ses jambes.

Elles n’étaient plus là.

Il les sentait pourtant, n’est-ce pas ? Avait-il donc réellement besoin d’aide pour exister ? Pourquoi ne se voyait-il plus ? Voilà une expérience qui n’avait rien d’anodine. Mais… pourquoi ? Avait-il perdu ses couleurs ?
Intrigué d’abord, une inquiétude naissait en lui. Un germe sans nom qui attendait là un terreau fertile. Une crainte sur laquelle il n’arrivait pas à mettre d’explication. Quelle qu’ait été cette sensation, le garçon la percevait intuitivement comme négative.

Il sentit ses doigts se refermer sur la chair encore chaude de la tête appartenant à l’armure corbeau, cherchant son regard. Mais il faisait sombre soudain, et il peinait à le trouver. Pourtant, cette chaleur qui radiait contre ses doigts était rassurante.
Comme son monstre généreux.

« Vous avez besoin d’aide avec votre tête ? » demanda-t-il d'une petite voix.

Le chevalier se tenait devant lui, et l’orchestre s’était tu.

Ne restait que le grincement solitaire d’une chauve-souris tintante. L’enfant tourna la tête.
La sienne, bien sûr.
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le Dim 4 Nov 2018 - 14:15
La pénombre totale, l'obscurité. L'atmosphère semblait lourde. Mes mains ressentaient du tissu. Je ressentais mes canines qui semblaient inhabituellement grandes. Je me sentis faible, très faible. Je parvenais à distinguer quelques sons, mais je ne pouvais les interpréter correctement. Mes mains peinèrent à faire un mouvement. Je ressentis une paroi à ma droite. De l'autre main, je fis un geste et je ressentis à nouveau un mur, impénétrable, qui semblait me bloquer le passage. La panique s'empara en un instant de moi après avoir senti la seconde paroi et mes mains se levèrent dans un effort désespéré. Je ressentis à nouveau une surface froide qui semblait me bloquer le passage. Elle sembla bouger légèrement lorsque de mes mains, je tentais de pousser. Quelle horreur, j'étais à l'étroit !

La panique s'empara cette fois réellement de moi. L'air semblait rare, j'allais mourir étouffé si je ne me libérais pas suffisamment vite de cette prison. J'exécutai une succession de coups sur l'objet qui me bloquait le passage au dessus de moi. Pendant un instant, il sembla se soulever et j'entrevis un peu de lumière. Une lumière peu vive, tamisée, mais de la lumière. Un second effort parvint à décaler un peu le gênant obstacle, mais ne me libéra pas encore. Je repris mon calme : l'air était revenu et je pouvais à nouveau percevoir cette faible lumière grâce au passage que je venais de libérer. Un dernier effort et je parvins enfin à décaler l'objet plus loin et me frayer un passage à l'extérieur.

Je pus me lever avec difficulté. La surface sur laquelle je foulais le sol me sembla métallique et un peu surélevée. La pièce était mal éclairée, mais l'éclairage était suffisant pour entrevoir un objet métallique à l'écart. J'entendis le grincement d'une chauve-souris qui, après avoir cru que j'allais étouffer, ne m'impressionna pas trop. Je fis volte face pour observer ce dans quoi je m'étais éveillé : une boîte noire. En refermant le couvercle, j’entrevis un motif en forme de croix. Pardon ?

- C'est quoi ce bordel, pourquoi j'étais dans un cercueil ?!


Je fis un mouvement rapide pour m'approcher de quelque chose qui semblait émettre un reflet plus loin. En m'approchant, je dus descendre de ce qui me surélevait, une sorte de table d'opérations ou pour des expériences. Je vis des tubes contenant des liquides en tous genres aux alentours tout en m'approchant de ce qui semblait être un miroir. Et là, je fis un constat inquiétant : pas d'image. Je ne me voyais pas dans le miroir. C'était comme si mon existence toute entière s'était effacée. Mais dans ce cas, pourquoi j'avais pu sortir du cercueil ? Je fis un regard inquiet vers ma main pour me rassurer concernant la présence de mon corps.

La main était blanche comme un linge, mais elle me semblait bien visible et tangible. La manche de mon vêtement semblait totalement noire puisque je ne parvenais pas à la distinguer. Je fis un mouvement de cette main, cette même main que je venais d'observer, la droite. Je me tâtai en vitesse en tout sens, partout, pour comprendre les vêtements que je portais puisque je ne pouvais les observer dans la glace. A priori, cela ressemblait bien à un costume noir et une cape, mais je ne pourrais en comprendre plus, pas sans pouvoir observer mon reflet dans le miroir. Me palper ne suffirait pas à comprendre, surtout que je ne me rappelais pas avoir revêti cette tenue. Un nouveau grincement me fit faire un sursaut. L'animal était toujours présent.
Apprentie Marraine

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le Dim 4 Nov 2018 - 18:35


CLING CLANG CLUNG
Mes oreilles bougent. Réveillées par un bruit métallique. Est-ce déjà l’heure ? Ce n’est pourtant pas le ronflement répétitif que la machine émet normalement.
J’entrouvre un œil puis l’autre. Ils papillonnent en cadence décalée, le temps de m’habituer au réveil, de m’habituer à la luminosité. Et pourtant il fait encore nuit.


Awh Théobald… Ce n’est pas encore l’aube… Que fais-tu donc ? Dis-je en marmonnant dans mon semi-sommeil.




Je m’étire les bras et le dos en baillant. Je grimace à l’odeur d’un relent moisi. Cela ne vient tout de même pas de ma bouche ?!! Je tire la langue de dégout, elle est pâteuse. J’espère que je ne suis pas malade… Je m’étire cette fois les jambes, en écartant les orteils.

Et je tombe.

L’atterrissage est violent, tête la première. Je me retrouve un peu sonnée. Je ne suis certainement pas tombé de la boite d’allumette qui me sert de lit. Le sol n’est pas du carton de la boite à chaussures qui me sert d’appartement dans l’atelier d’impression de l’Eclaireur. Et surtout… Je suis tombé vers le haut ! Ou vers le bas mais alors pourquoi je me tenais à l’envers, accrochée à cette balançoire pour oiseaux ? Je vais avoir une sacré bosse sur le crâne.


Une cage ? ! Enfin, je distingue un peu mieux mon environnement.




Je suis perdue. Je me retrouve donc enfermée dans une cage à oiseaux métallique. Où je dormais visiblement la tête en bas… accrochée par les …


PIEEEEEEDS ?? ! J’hurle de terreur en voyant la forme de mes orteils.




Je suis désormais pourvue de véritable griffes, pas tout à fait des serres. Je porte mes mains pour constater avec effroi que ce sont réellement les miens. Pire encore. Mes mains sont également griffues. Et une pièce de cuir souple est tendue de mes poignets jusque mes flancs puis descend jusque mes chevilles.
Je me relève, titubant sur mes nouveaux membres. Lorsque j’avance un pied, la toile tendue tire sur le bras du même côté. C’est assez perturbant, encombrant. Ma belle robe de pétales de coquelicot a été troquée par un immonde sac de poils. De quoi j’ai l’air maintenant !!

Le bruit métallique continue en contrebas. Je dresse la tête, oriente mes oreilles…. Depuis quand je peux orienter mes oreilles ?!!! Elles sont toutes petites ! J’ai peur d’y porter les mains pour constater que ce n’est plus le cas. Elles étaient toutes petites. ETAIENT ! Maintenant elles sont longues, fines et larges. Je respire vite sous toutes ses émotions, mon cœur bats la chamade, j’ai peur, je ne comprends plus rien. Est-ce un cauchemar ?
Je préfère portée mes mains à mes yeux humides en essayant de ne pas me griffer. Et là je peste. D’accord mon nez était UN PEU retroussé ! Mais du genre petit, mignon ! mais pas … mais pas un…


un GROIN !! Je n’en peux plus. Il faut que je me vois dans un miroir.




Je prends mon élan autant que je peux, contrainte par cette pièce de cuir et ses griffes. Je saute. Et je bats des ailes pour m’envoler.

Et je tombe.

Mes ailes sont coincées sous la pièce de cuir, rabattues mais je sens leur présence. Me voici incapable de voler. Rassurée de les savoir présentes mais, en l’état, absolument pas fonctionnelles.


Qu’est-ce que c’est que ce B… ! … Non ! … Non ! Non… Je ne dois pas jurer. Ce n’est pas correct. Je dois plutôt me calmer et pour cela rien de mieux que de compter à rebours.




Je m’approche des barreaux de la cage. En dessous je vois plusieurs formes, d’abord chacune sur une table puis elles s’activent, se réveillent également, s’animent. Est-ce qu’on peut dire « animer » quand il s’agit d’un manteau fantôme, d’une armure sans tête et d’un damné ? Le dernier peut paraitre un peu plus vivant, si ce n’est sa peau livide, ses cheveux pâles et ses yeux rouges. Mais ils bougent tous donc…… Je suppose.

Le reste de l’endroit est… lugubre. J’en ai des frissons dans les poils du dos. Je le découvre en même temps. J’ai donc du poil dans le dos. BEURK ! C’en est trop ! Rendez-moi mes beaux atours et ma mignonnerie ! Je me débats avec mon actuelle apparence, en vain. Je trébuche sur mes griffes et me cogne à la paroi de la cage. La porte s’ouvre sous le choc de mon corps tombant contre elle. Elle n’était pas verrouillée.

Et je tombe.

Je tourne sur moi-même pendant la chute. Je suis incapable de voler sans mes ailes ! J’écarte les bras, je m’agite. Les bras, les jambes, les bras avec les jambes, j’essaie toute les combinaisons mais c’est tout juste si je réussis à ralentir ma chute. Je n’ai pas encore la technique du vol des oiseaux ni des…


CHAUVE-SOURIS ! Quelle horreur J’ai toujours veillé à fuir ces bêtes-là. Elles nous confondent toujours avec des insectes myope comme elles sont, pire encore que les oiseaux ! Au moins il est plus facile de les éviter, les fées ne s’aventurent que très rarement de nuit dans la forêt du Pays Imaginaire.




En attendant, je tombe. Ma chute est enfin amortie par la cape noire du seigneur vampire. Je glisse le long de la toile tendue puis je roule au sol, en boule, jusqu’au pied de l’armure d’obsidienne. Ma baguette magique glisse à mes côtés. J’ai la tête qui tourne, je peux presque compter les chandelles qui tournent autour de mes yeux. Ma baguette ! Je l’avais oubliée ! Une fois mes esprits enfin à leurs places, je me précipite pour la saisir entre mes griffes et je la couve comme un trésor qui ne doit pas m’échapper. J’ai le rythme cardiaque d’une souris paniquée. Je ne sais pas ce que je fais là, je ne sais même pas comment j’y suis arrivée. Pourquoi m’a-t-on affublée d’une telle apparence ? Quelqu’un attent-il quelque chose de moi ? Il ne pouvait pas simplement m’envoyer un courrier à l’Eclaireur comme tous les autres ??!!

Oh…..

Un courrier ? Il n’y avait pas une histoire de courrier ? C’est encore difficile pour moi de remettre les données en place. Je devrai peut-être y réfléchir plus tard. Du moins lorsque je me serai mise à l’abri. Avant que les trois énergumènes ne m’attrapent !!


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le Jeu 8 Nov 2018 - 14:18
Il était quatre. Le chevalier sans tête, l’homme-invisible, le comte vampire ainsi qu’une chauve-souris dans les atrocités de la ville d’Halloween. Qui sont-ils ? Que font-ils ici ? Surement une folie d’une bête assoiffée de sang et n’attendant rien de plus que quatre aventuriers.

Pourtant ? Il se réveille dans les plus sombres machinations d’un docteur fou

Vont-ils oser quitter les murs réconfortants de la torture pour affronter le défi les attendant dans les rues de la ville ?! Est-ce que nos quatre héros vont survivre à une nuit à Halloween Town ? Vous comme moi, nous tardons à connaître la réponse à cette question

Toutefois, sommes-nous réellement prêts à lire la suite de cette quête…
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le Mar 27 Nov 2018 - 21:24

« Merci – personne aurait un genre de corde ? »

Un chevalier sans tête, un homme invisible, un vampire et une petite bestiole volante qui s'était rapidement éclipsée. Bien. Maintenant, quoi ? Pour Fabri, c'était tout trouvé ; il aimerait bien pouvoir faire deux pas sans s'inquiéter de savoir si sa tête était toujours sur ses épaules. Enfin, il ne savait ; il voyait par ses yeux donc c'était simple. Mais avoir conscience que son corps n'était pas au même endroit d'où portait son regard ? C'était aller au delà de sa compréhension.

Sa tête toujours sous son bras gauche, il alla dans la direction de la petite bestiole. Elle les fuyait. Il ne la blâmait pas, d'un côté, parce que déjà, lui, il se faisait flipper. « On va pas te manger, t'inquiète pas. Viens. » Enfin lui non en tous cas, mais comme il ne savait pas pour les autres il allait se taire. Fallait pas la faire baliser encore plus.

Ce monde transformait toute personne qui y était étrangère, c'était logique. Ce qui ne l'était pas, cependant, c'était leur petit rassemblement dans ce laboratoire des plus glauques. « Tout le monde est là ? » demanda Fabrizio.

Pas d'autre réponse. Et la petite chauve souris demeurait cachée.

Ce silence, en plus de lui permettre de vérifier si tout le monde était là lui permit de réaliser quelque chose d'autre. Même s'il ne voyait pas sa tête, c'était visible par tout le monde que le manteau volant faisait quoi, un mètre cinquante ? Enfin, si on y rajoutait quinze centimètres au dessus, pour une tête. Franchement. Il était pas doué à jauger la taille des gens ; lui-même était plutôt dans la moyenne, mais là, les deux gamins avec lui...

Oui, c'était des gamins Avec une chauve-souris. Parce qu'il fallait rajouter que le gars qui sortait du cercueil était pas plus grand que le manteau volant. C'était quoi, la blague ? « Bon, on va pas passer six ans ici. »

Il avisa une porte, planquée entre une étagère et un coin de mur meublé d'un drap noir et d'un table vermoulue couverte de choses absolument répugnantes. Il ouvrit la porte, qui tourna lentement sur ses gonds en produisant un son qui lui donna la chair de poule. Lentement, une vague d'air douceâtre entra dans la pièce, ainsi qu'une lueur rouge ; apaisante comme si elle rassurait sa proie avant de venir l'engloutir. Il resta silencieux. Ce n'était pas une nuit comme les autres.
 

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le Ven 30 Nov 2018 - 14:16
Il faisait froid. Mieux valait que le Chevalier trouve sa petite amie : une si minuscule chose que Ioan l’avait à peine entraperçue. « Si vous la trouvez vous savez, j’ai des poches qui ont l’air bien, » proposa-t-il donc, faisant un pas vers la lumière. « Si elle y loge. » L’enfant, profitant du temps d’adaptation et d’analyse de son nouveau compagnon, avait d’ores et déjà couru du regard, suivi du corps, la pièce et ceux qui la peuplaient — à l’exception de la chétive créature qui s’était cachée. Intrigué, il avait même observé son reflet au travers de celui, embarrassé ou poli tant il se faisait discret, de l’homme livide qui quelques instants plus tôt s’était tiré d’une imposante caisse.

Cette lueur rouge toutefois l’avait sifflé d’un grincement de porte ; aussi s’était-il détourné des solutions bouillonnantes dont il admirait le dynamisme. Elle venait à ses pieds, léchant le sol d’une couleur incandescente, l’invitant en lui dessinant un tapis d’honneur. Tant de cérémonies n’étaient pas nécessaires, s’était-il dit en dépassant l’orchestre cliquetant. Le garçon passa la sinistre haie d’honneur que lui prétextait l’encadrement de la porte, humant une odeur délicieusement répugnante de renfermé et de moisi. Laquelle, remontait désormais jusqu’au sommet des escaliers qu’il empruntait. Accrochée à une chaîne malade, tenant bon malgré les tâches de rouille qui marquaient son métal, une cage à peine plus grande qu’une pinte s’enflammait d’un éclat sanguin. Le rez-de-chaussée, cône mal proportionné, se dévoilait alors comme une petite cuisine sommaire au centre de laquelle trônait un chaudron encore fumant. Deux fenêtres triangulaires, étroites et éreintées, laissaient à la Lune un espace restreint par lequel épier l’avancée de l’enfant.

Tout sombre, tout vieillissant, tout difforme qu’était le mobilier comme la demeure qui l’abritait, Ioan ne se sentait pas, alors, étreint d’une peur étouffante. L’endroit avait un charme inquiétant que le garçon laissait le traverser en une crainte curieuse et discrète. Il descendit les marches inégales, découvrant à peine un nouvel espace à explorer, s’occupant peu il était vrai, de ses camarades, tant il était prit à suivre le chemin que la lueur avait tracé pour lui.

L’odeur qui envahissait la bâtisse venait donc de ce chaudron. Quelle fonction une concoction si peu appétissante pouvait bien remplir ?


BANG !


Alors on frappa à la porte. En bas. L’enfant sursauta, se retournant.


KRR. KRR.


On y racla. D’un pas rapide, il s’en approcha.

On y râla. Sa main se posa sur la poignée, dont le glacial le transperça d’un frisson.


BANG !


Contre la fenêtre qui le dépassait, sur sa droite, une main venait s’écraser de désespoir. Elle glissait avec peine, suivant le mouvement d’un corps ratatiné que le garçon s’imaginait s’écraser au dehors. La gorge de l’enfant se serra sensiblement. Son cœur se compressa d’une urgence encore inhabituelle… il devait ouvrir.


BANG !


Un poing s’abattit immédiatement sur la fenêtre — rageur, vengeur, affligé, meurtri — faisant voler en éclats sonnants la vitre. Le verre cognant le sol pleurait de mille tintements, faisant écho au soupir rauque et mourant de ce qui s’accrochait en un effort difficile au rebord de pierre. Ioan pouvait alors discerner les doigts fins et décharnés d’un homme qui ne pouvait être qu’à l’agonie. Son souffle se coupa.


BANG !


N’était-ce pas normal d’aider ceux dans le besoin ?

Il commença à tourner la poignée.
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le Sam 1 Déc 2018 - 13:41
Toujours devant le miroir, je m'aperçus que l'objet métallique au loin n'était autre qu'une armure dont la tête reposait dans la main. Elle demandait si quelqu'un avait une corde, mais même si j'en aurais eu une sur moi, jamais je ne la lui aurais donné. Ce spectacle pittoresque d'une armure luttant pour comprendre ce qui l'entourait en ayant sa tête séparée de son corps m'amusait au plus haut point alors qu'un second phénomène, lui aussi fascinant dépassa l'armure qui s'approchait de la porte : un manteau flottant au dessus du sol et doté de parole ! Observer un homme sans tête se mouvoir m'avait tellement excité que je n'avais pas pu m'empêcher d'approcher et de l'observer sur tous les angles... Même de le toucher de partout. Déjà à l'intérieur de l'armure, son corps semblait bien présent, malgré qu'il était totalement décapité. Sa tête et l'ensemble de son corps était vivant, mais bel et bien totalement décalé et perturbé par cette magnifique situation. Que c'est beau, le surnaturel !

Enfin, peut-être j'avais pensé trop vite puisque l'instant d'après, je fus parcouru d'un violent sursaut qui me fit reculer de l'armure noire, causé par de violents coups qui retentissaient de partout, violents, inquiétants. La vitre se brisa puis une silhouette au teint blafard, pourri, presque squelettique, dont les vêtements étaient déchirés se hissa dans la pièce, poussant de terribles plaintes et grommellements en tous genres qui ne rassuraient guère. La créature s'approchait de façon lente, lente mais semblait menaçante. Les bruits continuaient et la poignée commençait à tourner, sûrement à cause de cet abruti de manteau qui se trouvait juste devant celle-ci. Je fis un autre violent mouvement de recul, causé par ma panique.

- NON !

Peut-être aurais-je du rester dans mon cercueil finalement. Sous l'emprise de la panique, ma main se parcourut d'une chaleur que je connaissais bien avant d'expulser en catastrophe une boule de feu qui percuta l'être. Dans un élan de lucidité, ou plutôt un instinct de survie complètement désespéré j'eus l'idée de reculer pour me saisir en catastrophe du couvercle du cercueil. Jamais à la distance à laquelle j'étais je n'aurais pu songer à stopper le manteau dans son mouvement complètement absurde et inconscient d'ouvrir à des présences aussi hostiles. Le couvercle me sembla toujours un peu trop lourd pour moi, mais il ne m'était pas destiné : je souhaitais le traîner pour en faire don à l'armure. Lui offrir pour qu'elle puisse me servir de bouclier hu... Mais pouvait-on encore vraiment parler de bouclier humain alors qu'elle n'avait même plus la tête sur ses épaules ?
Apprentie Marraine

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le Dim 2 Déc 2018 - 16:07

On ne va pas te manger. T’inquiète pas. Viens.
Bien sûr oui. J’ai été kidnappée, transformée contre mon gré en mocheté, enfermée dans un endroit lugubre et visiblement à l’hygiène déplorable où même l’air est moisie. Je vais naturellement suivre le premier soldat décapité qui m’y invite !

Ce n’est pas parce qu’il le demande, même gentiment ou nonchalamment que je vais l’accompagner ! Je n’ai absolument pas confiance !
Non, non et non… Je préfère encore rester là derrière ce pied de table où ils ne me voient pas. Moi par contre je peux voir leurs pieds qui quittent la pièce sans davantage se soucier de moi. Ouf ! Je peux enfin me détendre.

Me voici seule, je vais pouvoir réfléchir à cette histoire folle. La dernière chose dont je me souviens…. C’était …. C’était …
Ah ! Une lettre cachetée ! Une invitation pour une quête légendaire ! Oh comme j’étais excitée à l’idée d’aventures rocambolesques dans un monde inconnu. Mais je ne me rappelle plus… Est-ce que je suis partie aussitôt ? Ais-je prévenu quelqu’un à l’Eclaireur ? Et comment ais-je fait la route ? Est-ce que ça a réellement un rapport avec cette lettre ?

Je regarde autour de moi cette pièce qui me parait d’un coup tellement grande et encore plus lugubre… Tout y est si immobile si ce n’est les liquides bouillonnant dans des flasques de verre de façon presque…menaçante. On les croirait prête à exploser sous la pression…


Hey ! Oh !.... Il y a quelqu’un ?... Je crois distinguer des ombres qui bougent rapidement dans la bordure de mon champ de vision… Ou peut-être que je les imagine. Cette pièce obscure vide de toute vie m’angoisse un peu.




Au final, je vais peut-être bien rester avec l’armure sans tête et les deux autres… Je ressens comme une urgence à rester à leurs côtés. En plus le soldat noir m’a invité gentiment à le suivre… Et le manteau vide m’a même proposé une place dans ses poches… Je pourrais même me poser sur la cape du livide, je suis sûre qu’il ne sentirait pas la différence en la laissant trainer au sol derrière lui…

Je recule doucement vers la porte, en ouvrant de grands yeux pour surveiller que rien ne m’attaque. Mes griffes cliquettent contre le sol alors que je boitille maladroitement pour me déplacer. Il n’y a rien ni personne pour m’attaquer dans le dos. Malheureusement pour moi, je me retrouve en haut d’un escalier qu’ils ont déjà descendu. Chaque marche fait au moins deux fois ma taille, il va me falloir une éternité pour descendre et ils vont disparaitre hors de portée !

Je m’envolerais bien mais je ne trouve pas encore comment manipuler cette toile qui m’enquiquine et je sens que je vais me casser le nez en tombant. Il est déjà bien assez retrousser comme ça ! Je ne fais pas confiance à mon nouvel aspect pour planer correctement en ouvrant simplement les membranes.


Je préfère jouer la sécurité ! Je vais me faire un avion en papier… Je sers entre mes mains ma baguette magique et de fait mon incantation de parchemin sans fin. Papyrum, Papyrus ! Un battement d’aile à droite et j’écris de ma magie dans les airs quelques vagues. Un battement d’ailes à gauche et je fais de même. Je reviens au centre et je m’élève en tournant sur moi-même avant de faire apparaitre une feuille de papier de la taille d’un petit carnet. Il ne me reste plus qu’à la plier de façon à obtenir un avion en papier grâce à la magie.




Et voilà ! Je monte dans mon vaisseau le temps de planer dans la cage d’escalier. Je vois de nouveau le groupe ! Me voici soulagée. J’esquive le chaudron qui pue pour ne pas m’y noyer. Je me rapproche d’eux discrètement. Le vampire est occupé à observer l’armure, elle-même occupée à observer l’endroit, pendant que le manteau est occupé à observer la porte. Je ne dois pas trop me faire remarquer. Je me rapproche du sol aussi. Beaucoup moins discrètement !! Je n’ai pas réfléchis à l’atterrissage !

L’avion se froisse le nez sur le sol et moi je bondis avant de m’écraser avec. Enfin plutôt je profite de l’inertie du choc pour effectuer une sortie de mon véhicule suivant une trajectoire en cloche. Mais incapable de rester debout sur mes griffes, je continue encore un peu de rouler. Décidément…

Je sursaute aux bruits qui résonnent contre la porte et la vitre. Au moins ça a eu le mérite de me remettre debout. Instinctivement je me rapproche du manteau vide qui avait eu la gentillesse de me proposer l’asile dans ses poches. Il avait une voix enfantine et douce. Je saute pour réussir à m’accrocher au pan de tissu de son dos et je remonte en escaladant. Au moins mes griffes me servent davantage que mes « ailes » de cuir.

J’avoue que je ne suis ab-so-lu-ment pas rassurée par tous ces râles de détresses qui viennent de l’extérieur de la pièce. Ils grattent la porte comme une bête fauve. Il est hors de question de leur ouvrir maintenant !

Sauf qu’ils ont fracassé une fenêtre et déjà un être putride s’y hisse ! Sa vue décomposée et verdâtre me donne un haut-le-cœur. Un mort-vivant comme on nous les décrit à l'Académie. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à avoir sursauté ! Le livide blond aux grandes canines aussi. Il en a même lancer une boule de feu !

Excellent réflexe je dois dire…

Si ce n’est que le manteau et moi, on est juste à côté !! Il est surement inflammable en plus le tissu ambulant ! Et moi je suis perchée dessus ! Du coup, instinctivement, j’ouvre les bras bien écartés au maximum et je ferme fort les yeux pour me concentrer rapidement sur un sort de barrière élaborée. Une bulle translucide se forme juste à temps autour du manteau et donc forcément me voici protégée. Nous avons évité des dégâts de peu ! Pfiou…
Je continue de monter le long du manteau, afin de m’approcher de ses… Non-oreilles ?... Comment est-ce que je vais pouvoir communiquer avec lui ?

Et là… Horreur…

Je le vois la main sur la clenche ! Il ne va tout de même pas ouvrir à ses abominations tout de même ? Si ? Il va le faire ? Vraiment ?

De panique je saute de son épaule vers sa main, toutes griffes dehors comme un chat apeuré et je retombe sur le dos de sa main. Je le regarde avec des grands yeux suppliants, abusant de ma mignonnerie (toute relative en tant que chauve-souris …) pour me faire pardonner. Je suis tellement désolée de lui faire mal mais au moins il a retiré sa main de la poignée. Mais avant ou après qu’il ait ouvert ? A moins que mon saut avec mon poids n’ait au final fait qu’enclencher davantage l’ouverture de la porte…………


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le Mer 12 Déc 2018 - 12:08

Le mouvement avait été rapide, Fabri n'avait pas eu le temps de réagir. La chauve-souris avait voleté vers la poignée de la porte, mais le battant basculait déjà la porte tournait sur ses gonds. Ah, merde. Il eut le temps de s'assurer que le petit vampire était bien derrière-lui avant de dégainer son épée et – ce n'était pas une épée, c'était un fléau d'arme. D'accord, bein ça tapait aussi, on s'en fout.

Sa vue s'embrouilla lorsqu'il tendit la main pour récupérer le couvercle du cercueil tendu par le blond. Sa tête... sa tête était tombée ! Il n'avait pas vraiment le temps de la rattraper. Ça demandait une cohésion qu'il n'avait pas, aussi, il ferma les yeux et fit sans pendant un instant. Avoir les yeux trop loin de son corps allait rendre le tout bien plus compliqué qu'autre chose. Il se souvenait vaguement d'où la porte se trouvait alors c'est là qu'il se dirigea. Il attrapa le manteau, de la main qui tenait le fléau d'armes, et les repoussa en arrière. « Restez pas devant ! »

Sa synthèse ? Son opinions ? Et bien il avait vu un des gamins lancer un sort, mais à part ça, le manteau n'avait pas l'air de se battre. De même, sa curiosité mal placée et son impardonnable geste d'avoir tenté d'ouvrir la porte – et réussi grâce à la chauve-souris, enterrait une possibilité d'un quelconque esprit tactique.

Et la chauve souris ? Et bien elle faisait dix centimètres et avait faire des avions en papier.

« Y'en a combien !? » demanda-t-il ; a tête avait eu le mauvais sort de tomber face contre terre – enfin, face contre plancher rongé aux mites. Il entendait des grognements devant lui, indistincts, rauques. Aucune discussion semblait possible. La violence de ces créatures paraissait équivoque. Il allait devoir les tuer. Son intuition – ainsi qu'une forte odeur de chair décomposée lui faisait se dire qu'ils étaient tous sauf amicaux. Il abattit son fléau droit devant lui et cogna dans quelque chose – pas de cri humain, enfin presque. Aucune des voix qu'il assimilait à ses coéquipiers. « Fermez la porte ! » hurla-t-il, accompagnant sa parole d'une charge déterminée. Il les chargeait, couvercle de cercueil premier dans l'espoir de les repousser.

Il recommença. Le premier coup ? Il avait visé le mur. Bonnes intention, visibilité peu claire, pourrait mieux faire.
 

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le Ven 28 Déc 2018 - 20:30
Les yeux du garçon demeuraient grand ouverts, médusés par une scène qu’il peinait à saisir. Il avait vécu en spectateur le cri rauque de celui qui s’était hissé dans leur abri, le feu léchant un air vitrifié à quelques centimètres de son corps, la chauve-souris agrippée à sa main…

Puis, la coupure, enfin. Le rejet de sa candidature comme témoin passif et extérieur. La sensation d’être emporté, repoussé. Il fallut bien à Ioan quelques instants avant de relever la tête, accusant le coup de sa réception maladroite contre un buffet ratatiné. Il lui fallut aussi quelques secondes supplémentaires, perdues dans la panique ambiante, avant qu’il puisse se détacher de ce qui, déjà, s’imprimait sur ses rétines.

L’armure obscure, dans un geste ascendant, exposait aux yeux de tous une sphère mutilée de cônes rutilants, se pavanant à l’extrémité d’une chaîne grinçante et d’un manche long et métallique. Une arme, telle que l’enfant n’en avait jamais vu en action. Grisé par une descente violente, le fléau tournoyait vivement à sa nouvelle remontée. Les râles plaintifs et douloureux de celui qu’il avait meurtri se heurtaient aux murs de la demeure, gonflant encore et encore, jusqu’à ce que leurs échos viennent englober les oreilles du garçon d’une symphonie macabre et oppressante. Une symphonie dont se détachait, seule, la mélodie discordante et cliquetante d’une armure sans casque, d’un chevalier sans tête.
Un courant d’air froid, soudain, vint s’inviter dans la pièce ; sautillant sur les meubles, embrassant les marches. Joueur, froid, presque cruel. Il emportait avec lui autant de complaintes mourantes que d’âmes en peine, amassées sur la colline au sommet de laquelle s’élevait la maisonnée. A l’intérieur, la lanterne, comme prise d’exaltation, s’envola, voltigea, encourageant la parade orgueilleuse du fléau. Il s’abattait de nouveau derrière le bouclier de fortune de son porteur, avant de s’élever, encore. La lanterne pour sa part projetait sur l’arme sa lueur sanguine, enlaçant le liquide sombre qui perlait entre ses épines de fer.

Le cœur de l’enfant, déjà serré, lui semblait étouffer. Ses poumons, défaillants, dysfonctionnels, refusaient l’air qu’il tâchait d’y faire entrer par de grandes inspirations d’abord — désormais de succinctes bouffées. Ses mains lui parurent trembler un instant, alors qu’il sentit quelque chose vaciller. Là, dehors. Là, dans cet espace qu’il percevait comme nul autre. Ils étaient si nombreux — Ioan n’avait jamais compté si loin. Ils rampaient, désespérés, leur flamme déjà chancelante. Et à chaque coup, à chaque nouveau numéro du fléau, le garçon croyait sentir l’une d’elles se tordre dans un dernier espoir de survie. Sans leurs cris, sans cette complainte, l’enfant aurait peut-être su apprécier la beauté violente de ce qui se jouait sous ses yeux.

Mais il y avait les cris.
Il y avait la complainte.
L’esprit du garçon s’embourbait d’incompréhension.


Ce ne pouvait être qu’un cauchemar.


Tandis que cette réalisation le prenait au col, il sentit dans ses mains délicatement closes la chaleur douce d’une présence réconfortante. La chauve-souris. Il allait presque l’oublier. Il l’avait pourtant protégée de sa chute comme il avait pu, lovée entre ses mains invisibles. De la voir se mouvoir, quoiqu’avec difficulté et maladresse, vint desserrer un instant les liens qui ligotaient son cœur. Comme un ancrage, dont il avait besoin. Une forme de stabilité.
Un rappel de choses rondes et agréables.

« T’es en sécurité avec moi, » souffla-t-il, avant de se relever. S’il y avait quelque chose de brillant, là, en lui, comme le lui avait dit son monstre généreux. S’il y avait quelque chose de brillant, là, en lui, d’aussi étincelant que l’attention dont il avait su faire preuve, alors… alors peut-être fallait-il qu’il en use. Chen après tout, n’avait pas semblé hésiter.

L’enfant hissa sa petite dame dans l’une de ses poches. Il laissa l’air frais glisser le long de sa gorge. Puis il prit son envol.

Sans force mais débordant de volonté, Ioan s’écrasa sur la porte ouverte. Attentionnée, elle avait vainement cherché à le préserver de la vision du brutal chevalier et de son sanguin compagnon. Mais évincée par le vent, elle avait reposé contre le mur. Parfois, elle avait tenté de se rabattre. Sans succès. Se ruer sur elle comme le faisait le garçon, pensait-il, n’était pas bien poli, ni même juste. Ses lèvres se tordirent d’une moue désolée. Il espérait qu’elle lui pardonnerait. Arrêtez arrêtez arrêtez arrêtez, se répétait-il. Ioan adressa un regard désespéré à l’orchestre sans chef : « Arrêtez ! » suppliait-il. Il fallait qu’il cesse de les frapper. Pourquoi les frappait-il ? Sa petite dame savait-elle qu’il agirait ainsi ? Etait-ce pour cela qu’elle avait bondi sur sa main ? Pourquoi ? L’homme au reflet discret, où était-il ? Que faisait-il ? S'était-il laissé emporter, lui aussi, par ce déchaînement furieux ?

Qu’on laisse cette porte se fermer ! Qu’ils arrêtent de se faire du mal. Que le fléau cesse sa féroce parade.
Qu’il la cesse.
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le Sam 29 Déc 2018 - 14:59
La scène qui se produisit fut très confuse pour moi. La grande armure sans tête avait accepté mon présent, laissant complètement tomber sa tête derrière qui eut vite les paupières closes, sûrement pour qu'il ne se fie pas à la vision décalée de lui qu'il aurait pu avoir. Mais le pire, c'est surtout ce que j'avais pu apercevoir à l'extérieur, une évidence même au vu des nombreux coups et claquements précédents, mais intérieurement, j'avais absolument voulu réfuter cette possibilité... De nombreux êtres blafards, à la peau putréfiée s'étendaient à perte de vue. La porte s'était ouverte et elle avait fait place à un orchestre de plaintes. Désarçonné par cette situation, je reculais à nouveau instinctivement.

Les autres personnes présentes avaient parlé mais leurs voix me semblaient lointaines. Le son m'était parvenu, le sens m'échappait totalement. Et alors que je regardais partout pour chercher une solution pour ressortir vivant de cette scène digne d'un mauvais film d'horreur, je vis le manteau qui tentait désespérément de refermer la porte alors que l'armure faisait tournoyer un fléau. L'idée de refermer le porte sans rien faire me semblait complètement stupide et pour cause :

- La fenêtre est déjà pétée bon sang !

C'était aussi simple que ça : que nous refermions cette porte ou non, nous serions envahis par ces silhouettes dégoûtantes. Si nous refermions cette porte, nous devrions trouver une issue pour quitter le bâtiment si nous souhaitions réellement survivre. Mais même si nous ne la refermions pas, qu'est-ce qui se passerait ? On se ferait envahir par cette même porte et nous ne pourrions toujours pas quitter ce lieu inconnu... Ou alors nous devrions passer en force, ce qui serait probablement un geste désespéré dans cette situation. Me cacher derrière la ferraille ne changerait rien au problème. Coopérer pour survivre, c'était la seule solution qui s'offrait à nous.

- Une autre issue ?

Je venais d'avoir un regain d'énergie soudain : si ces horreurs désiraient en découdre, qu'elles viennent, je les attendrais de pied ferme. Pour pouvoir me défendre par moi-même, je me saisis de ce qui était dissimulé dans l'une de mes poches : un cou... Un pieu métallique ?! Jusqu'où iraient les forces mystiques de ce monde ? Peut-être que je devrais essayer de boire le sang de quelqu'un pour devenir plus fort, après avoir vu comment mon arme s'était transformée, je ne serais même plus étonné que j'aie hérité de toutes les caractéristiques d'un vampire. Maintenant, je devais chercher un moyen soit de fuir par une autre issue, soit de nous frayer un chemin parmi cette armée de morts vivants. C'était mon rôle, l'armure était trop occupée à nous protéger et le manteau à réparer sa propre idiotie. Peut-être que l'étrange mixture que j'avais dépassé précédemment pourrait être efficace ? Non, un problème se poserait immédiatement : le chaudron était trop lourd pour moi et fumant comme il l'était, il aurait probablement vite fait de me brûler les doigts d'ici à ce que j'atteigne l'entrée.

- ... Il n'y a pas d'autre issue. Soit on passe en force, soit on se fait massacrer ici par ces créatures peu amicales.

Le pieu métallique à la main, je m'étais à nouveau approché de l'armure, sans passer devant elle. Je n'avais rien trouvé d'autre que ce chaudron qui pourrait peut-être nous aider à nous frayer un passage mais moi, je serais incapable de le ramener. Et s'il faudrait passer, encore faudrait-il savoir où aller. Où est-ce qu'on pourrait se rendre pour survivre à cette masse cadavérique ? Aussi, n'ayant aucune connaissance d'où nous étions, ne me rappelant pas même du pourquoi j'étais ici, je ne pouvais que questionner les deux êtres qui m'accompagnaient... Ce n'était pas vraiment le moment de le faire, mais au vu de la population de monstres aux alentours, y aurait-il une vraie opportunité de le faire dans le calme ? Probablement pas.

- On ne peut pas rester ici, mais où aller ? Quelqu'un ici a déjà visité ce monde ? Quelqu'un connaît un lieu sûr ?

Les créatures s'impatientaient. Une deuxième venait de parvenir à se faufiler par la fenêtre, s'était avancée vers nous et commençait déjà à tenter de m'attraper. Mais non, je ne la laisserais pas agir la première. Après avoir esquivé la main, je me saisis de celle-ci pour l'immobiliser puis je plantai le pieu une première fois dans l'un de ces yeux. Ensuite, une seconde fois dans l'autre orifice. Cela ne suffisait pas. Même sans voir, la créature approchait son horrible crâne dans ma direction. Tout ce que je pus faire fut d'abattre ce pieu de multiples fois de façon brutale. Les tissus et le sang giclaient de partout. Le pieu était rouge mais je ne pouvais pas arrêter de l'abattre dans ce corps avant qu'il ne cesse d'exécuter le moindre mouvement. Lorsque enfin la créature cessa de remuer, je lançai froidement le cadavre mutilé sur l'autre mort vivant que j'avais déjà brûlé précédemment.
Apprentie Marraine

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le Dim 6 Jan 2019 - 11:22

Ma petite tête dépasse des poches du gentil Manteau. J’écarquille en grand mes yeux. Malgré tout je n’arrive pas à croire ce que je vois. Crapauds et poussière de fées ! Quelle boucherie !
Je tremble. Je sens frissonner le tissu qui m’entoure. Le manteau à la voix enfantine doit être aussi terrorisé que moi par la scène. L’armure noire massacre au hasard ce qui dépasse de l’embrasure de la porte. Le vampire poinçonne comme un psychopathe ce qui découle de la fenêtre. Un tel déferlement de violence pure me tétanise. Les morts-vivants ne cessent d’essayer d’envahir la pièce.

Que vont-ils faire de nous ? Le Manteau essaie de les convaincre de cesser. Je sens bien dans les trémolos de sa voix sa peine. Je suis persuadée que c’est un enfant. Je dois le sauver de cette situation ! Je dois préserver son innocence et sa joie de vivre malgré cette horreur !


Occupons-nous d’abord de cette porte… Je grimpe de nouveau jusqu’à l’épaule de mon nouvel ami. Il faudra que je pense à lui demander son nom, son monde… tout un tas de chose dont nous n’avons pas réellement le temps à l’heure actuelle.




Une fois au sommet du mont Omoplate, je lève ma baguette magique. J’imagine, je me concentre, je dirige le flux de magie de mon corps vers l’extrémité de ma baguette et je rouvre les yeux pour matérialiser un chewing-gum rose géant qui obstrue et l’ouverture de la porte, et celui de la fenêtre. Suffisamment épais pour retenir ses empreintes éphémères de mains et de visages gémissant qui tente de le percer. Suffisamment peu collant pour qu’ils ne l’arrachent pas en se retirant de son contact.
Voilà qui nous laissera le temps de souffler.


La luminosité a encore faibli. Pire la teinte rose fuchsia de la gomme rend sanguin les reflets non obscurs que l’on voit dans la pièce. L’ambiance y est encore plus inquiétante. Et maintenant qu’ils n’ont plus de mort-vivants à massacrer… Les deux fous violents nous regardent nous ! J’en ai un frisson dans le dos et les poils entre mes omoplates se hérissent !

J’accroche les griffes de mes pattes sur le tissu du Manteau et j’essaie de voleter pour le tirer, du moins lui signifier une direction. Il faut qu’on s’en aille tous les deux ! Vers les escaliers, vers la hauteur, il n’y a plus que cette option de toute façon et au pire, une fois en haut, je l’aiderais à s’envoler avec un peu de poussière de fée !


VITE ! Suis-moi ! Je continue de l’inciter jusqu’à ce qu’il bouge enfin. Ses petites jambes se mettent en route. De plus en plus vite, vers le bas des escaliers.




On va s’en sortir ! Ce n’est peut-être qu’un cauchemar ! Il faut que ce ne soit qu’un cauchemar… Même si je ne pensais pas être capable d’imaginer des choses aussi sombres ! Ou est-ce que je ne serait pas dans son mauvais rêve à lui ?... Dans tous les cas, je le jure, je sauverai ce gentil Manteau innocent !



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le Mer 9 Jan 2019 - 12:24

Dans un moment comme ça, il pensait à Senrith qui ne manquait jamais un sbire de maléfique d'un lancer de hache. Quasiment jamais. Aubrey, aussi, elle ne frappait pas aussi fort que Sen, mais elle pouvait se battre sans s'arrêter pendant des heures. Dans un moment comme ça, il pensait à Angeal, avec un pincement au cœur. Les créatures ne seraient déjà qu'un mauvais souvenir, avec lui. Avec Cassandra aussi, à bien y penser. Deux-trois coups d'épée, un truc de lumière, emballé c'est pesé...

Et là, il y avait un gros truc rose tout mou qui barrait l'entrée de la porte ; empêchant les créatures de rentrer aussi bien que les empêchant, eux, de sortir. Pareil pour la fenêtre .

« Hé, vous barrez pas, mieux vaut rester ensemble ! »


Si le vampire avait l'air d'avoir de la ressource, la chauve-souris et le manteau, eux, c'était pas vraiment ça. Faute avouée à moitié pardonnée ; sachant que ce n'était même pas nécessairement leur faute. Il fallait prendre du recul... Qu'est-ce qui était normal, devant des créatures qui attaquaient . Essayer de les tuer, ou paniquer ?

Il y avait encore des gens qui ne gagnaient pas leur vie en butant des créatures des ténèbres, oui. Additionne deux plus deux, Fabri.

Le désespoir pointait à l'horizon.

« Vous avez peut-être une bonne idée là, la v'la ton issue ! » reprit-il.

Fallait voir l'image plus large de la chose. Les trucs positifs aussi. Elle disait quoi, Aub, déjà ? Alors, elle disait PLEIN de trucs mais elle avait toujours un mot pour rester dans le positif. Une petite phrase, un truc. N'importe quoi ! Quelque chose dont il n'arrivait pas à se rappeler. Surtout parce que la majeure partie de son attention était une fois de plus tournée vers la recherche de sa putain de tête.

Il la retrouva. En un temps record, peut-être s'améliorait-il ? Ou peut-être faisait-il preuve de chance. Il n'allait pas cracher dessus dans tous les cas. Ce qu'il voyait, derrière un voile de cheveux, c'était qu'il – enfin, elle, la tête, mais il, donc... Bref. Sa tête ressemblait à une serpillière. Mais il y voyait de nouveau presque normalement. Compte-tenu de la situation, c'était mieux que rien.

Fabrizio jeta un coup d’œil vers la porte et la fenêtre. Rien ne garantissait que ça allait tenir longtemps, la machin rose de la chauve-souris. Autant en profiter tant que ça tenait. « Attendez, on sait pas ce qu'il y a là haut ; restez derrière-moi, toi, tu fermes la marche et tu nous préviens s'ils arrivent à passer, d'accord ? » ordonna-t-il au vampire.

L'ébauche d'un plan ; les deux petits au milieu, lui et le vampire à l'arrière où l'avant, là il allait avant car il était le plus proche et surtout, ils ne savaient pas ce qu'il y avait 'plus avant' donc... logique. Pour l'instant. Il l'espérait.

Oh Etro, si tu es là...

Il dépassa le Manteau, puis la chauve-souris, s’engagea dans les escaliers. Un vieux tas de bois qui montait de manière inégale vers un étage. Des planches de bois, des murs de pierre suintante. Rien dans ce monde ne donnait envie de s'y arrêter. Il n'y avait pas ou peu de lumière ; celle des quelques ouvertures sur l'extérieur, blafarde, faible. Ils débouchèrent sur une petite pièce par une porte au chambranle tordu ; vide. On pouvait voir les nuages rougis par une fenêtre aux carreaux blanchis par la poussière.
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