Le Pardon Enchaîné

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le Mer 31 Oct 2018 - 1:48

Il avait mal au crâne et l'air était lourd. Comme si une chape de plomb reposait à quelques centimètres de son visage. Ouvrir les yeux sembla lui prendre une éternité, plus encore. Son corps ? Semblable à de la pierre, il bougea avec difficulté. Quelque chose de saugrenu lui sauta aux yeux à l'instant même où il les ouvrit. « Mais qu'est-ce que... » intrigué d'abord, surpris peut-être également. Ce qu'il voyait c'était une vue fixe sur un plancher et un mur. Alors qu'il bougeait. C'était étrange, indescriptible. Fabrizio cligna plusieurs fois des yeux avant de comprendre.

Sa tête était séparée de son corps.

L'analyse des faits était claire. Il venait de tomber à la renverse et s'était vu, spectateur de sa propre chute. Un corps revêtu d'une lourde armure noire s'était écrasé à deux centimètres de son visage. Il remua comme un ver sur le sol pendant quelques secondes, sidéré puis curieux. Il était en vie, ça oui. Mais il faudrait plus que de la vie pour qu'il parvienne à avoir une quelconque coordination.

Non mais il était décapité. Décapité, vraiment.

Silence. Il se figea quelques instants. Leva un bras. De ses yeux, il voyait le tas de tôle lever un bras. Ah, bon. Lentement, il roula sur le côté de manière à être moins vulnérable qu'un crabe renversé. Mais toujours dans une lenteur gênante. C'est là qu'il opta pour une solution plus bête mais tout de même brillamment.. euh... brillante, selon-lui. Et ainsi, il ferma les yeux. Se concentrant sur son corps. Entrouvrant parfois un œil pour voir si oui ou non il se rapprochait de son but ; attraper sa tête. Quelques laborieuses minutes furent nécessaires. Une fois que cet appendice vital fut a sa portée il-

merde, elle était tombée.

Recommençons.

« Putain mais ça va pas me f- » Bruit de tôle. Retour à zéro.

Pondération sceptique, le cul par terre.

Fabrizio fut fasciné par sa capacité à respirer – faute de pouvoir faire autre chose que de respirer et de tomber ! Son cou était sectionné – de toute évidence. Mais l'air qu'il inspirait par son nez, chargé des effluves moisies émanant du plancher décrépit,finissaient dans ses poumons ceints de chair et du métal noir de son armure. Très belle armure par ailleurs qui ne manquait pas d'être fort ostentatoire et de fer noire bardée d'ornements mystiques. De la belle ouvrage.

Il prit une grande goulée d'air putride et se concentra. Il allait y arriver, ce n'était qu'une question de pratique. Il était assis. Il n'avait qu'à bouger légèrement et – ah, non, sa tête était hors de portée. Bon, il se mit à quatre pattes. Fermant bien les yeux tant pour s'épargner ce triste spectacle que pour se concentrer sur son corps cherchant sa tête plutôt que sur ses yeux regardant son corps cherchant sa tête qui- voilà. Aille ! Mais il allait s’assommer comme ça ! Est-ce qu'il avait toujours été une brute avec ses affaires !? Oh, çaallait vite lui donner la nausée tout ça. C'était étonnant, il n'avait pas du tout mal au cou. Il avait clairement mal à la tête, là où il venait de se frapper tout seul mais c'était une autre histoire.

Il attrapa sa tête par les cheveux, masse tentaculaire décoiffée, ce qui d'ordinaire il n'aurait jamais laissé passer, et la porta a deux mains. Il lui fut ainsi aisé de se redresser. Tête collée contre son torse à la manière d'une lanterne qui n'éclairait rien, il put enfin observer les alentours. Sombres, mais loin du dénuement.

De plus, il n'était pas seul. Bien que ses yeux soient habitués à l'obscurité, lui n'était tout simplement pas habitué à ce que ses yeux soient aussi bas. Il avait clairement entendu du mouvement dans un recoin de la pièce. Après une tentative infructueuse et quelques minutes de plus à chercher cette « putain de saloperie de - Je vais te laisser là si tu continues ! » de tête, il réalisa que non, elle ne tenait pas sur son cou. Son cou était nimbé d'une aura bleue fantomatique. Peut-être lié à la puissance mystique qui le tenait en vie ?

Bien, si cette puissance mystique pouvait lui recoller sa tête aussi ce serait pas trop demander.

Il garda sa tête sous son bras gauche, histoire de garder sa main droite prompte à dégainer son épée – une bonne nouvelle, il était armé, si jamais un coup dur arrivait. C'était bancal, et avançait aussi lentement qu'il était maladroit, mais c'était mieux que rien.

Le chevalier sans tête progressa jusqu'à la provenance du bruit. Sur une longue table, quelque peu semblable à celle là où il s'était éveillé, se tenait une forme. Un tissu étrangement étalé. Un long manteau, un masque, tous deux de couleur sombre qu'il ne parvenait pas à identifier. Le manteau en lui-même ne semblait pas provenir d'un monde qu'il connaissait. Silencieux désormais, conscient qu'il était encore trop maladroit pour se défendre correctement, il approcha sa main gantée de fer du manteau. Une hésitation parcourut son esprit. Pourquoi abandonner un manteau ici ? Ça ne collait pas avec le reste du mobilier. Ça n'avait aucun sens. Peu de choses avaient eu un sens jusqu'à maintenant mais, au fond de lui, il y avait une résolution. Quand il le toucha, il sentit que le tissu était tiède. Quelqu'un l'avait porté très récemment encore.
 

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le Sam 3 Nov 2018 - 15:33
Un instant.

Un murmure.

« Je suis pas chatouilleux, vous savez, » commenta-t-il, presque navré de décevoir une si magnifique créature.

Quel autre adjectif employer ?

Rêvait-il, ou avait-il rêvé jusque là ? Ioan avait fixé le plafond un moment — un patchwork de taule dont les bords sombres formaient un labyrinthe qu’il avait suivi du regard. L’air était cotonneux, de texture comme de goût. A moins que cette sensation ne soit pas née de ce qui l’entourait, sinon de son propre corps, mou et confus. Dis-moi, bougeras-tu ? Ni ses doigts, ni ses jambes, n’avaient daigné répondre à ses appels silencieux. Ils s’évaporaient, comme le bourdonnement qui l’avait enrobé, dans une pièce qui n’était réduite que parce que chargée. L’esprit de l’enfant, lui, avait nagé dans l’obscurité dense qui noyait la pièce, seulement piquée de quelques timides rayons lunaires. Ioan avait entendu progressivement, à mesure que les abeilles chantant à ses oreilles se défilaient, le bouillonnement de solutions, et le grincement d’une chauve-souris ; chacun poignardant le silence paisible qui se voulait la toile de fond de cet antre glacial.

Puis alors l’enfant avait saisi le couinement d’une armure mal huilée, et avait tenté d’attraper d’une œillade prompte une ombre se hâtant sur le mur. Vidé de toute vigueur, il s’occupa, observant le spectacle saisissant d’un homme manifestement passé par le dédale de Celle-qui-ôte-les-têtes. Une représentation en ombres chinoises sur le mur qu’il fixait. Le tout, agrémenté d’un orchestre cliquetant. Inquiété par une ultime chute crânienne, le garçon voulut se relever. Si le haut de son torse parut suivre, et ses orteils remuer doucement, la seule impression qu’il reçut du reste de ce qui le composait était un froid insidieux.

Le chevalier pour sa part était sorti du cadre de lumière qui lui servait de scène. Ioan prit donc le temps d’aviser les détails d’un serpent de craquelures, nullement inquiet de ce nouvel environnement pour le moins inconnu. Pourquoi était-il ici ? Cela n’était pas la question qui le hantait : désormais qu’il pensait à celui qui l’avait diverti, c’était à se demander pourquoi Celle-qui-ôte-les-têtes était à craindre. Voilà bien un individu qui y survivait très bien. Ioan douta toutefois que ce soit fait pour lui, étant attendu le manque de pratique de la chose à l’aune de ses intérêts.

Ses doigts glissèrent sur une surface autrefois lisse mais sale, parsemée de traces rêches.

L’orchestre reprit tranquillement.

Et petit à petit, l’enfant en devint un auditeur privilégié.

Il se rapprochait.

Encore, un peu plus.

Les poings du garçon se serrèrent d’anticipation contenue.

Un cercle bleu trancha les ténèbres, au coin de son œil.

Une armure sombre coulait du disque incandescent. Et malgré que l’éclairage ne fut pas optimal, le garçon pouvait voir sur le métal le reflet de gravures séduisantes. Elles s’adonnaient sur la surface rigide à un bal quasi-mystique, accompagnées par la lueur lancinante des flammes qui les surmontaient. Le gantelet ouvragé, d’un tintement noble, passa devant ses yeux ébahis. Un véritable travail de maître ! Un ouvrage à la tenue aussi élégante qu’orgueilleuse. Solide, et parfait.

L’enfant eut probablement pu, il est vrai, manifester plus avant une quelconque forme de conscience lors que le chevalier sans tête s’était approché. Mais outre ses limitations du réveil, qui semblaient lui passer (ses pieds remuaient, le pensait-il tout au moins), cette armure était aussi belle que ce lieu était nouveau.

Ioan n’avait nulle autre possibilité que d’en laisser les formes, les couleurs, les sensations — l’imprégner.

Jusqu’à ce que la merveille vivante qui le surplombait vienne le toucher du bout du gantelet.
L’enfant avait été perplexe.

Il chercha à comprendre. Ce n’était pas, jusque là, une réaction qu’il avait suscitée. Alors… il dû bien se retrancher dans la seule explication plausible à sa portée. Le garçon avait songé au fait que la chose soit prise d’une simple curiosité. Peut-être l’enfant était-il d’une texture qui lui était inconnue ? Mais pourrait-il ressentir le rêche ou le doux de ses vêtements ? Le gras ou le sec de sa peau ? Son toucher était-il le même que le sien ? Il en douta. Probablement devrait-il interroger quelques épées ou couteaux à ce propos. Préjuger des sens d'une telle armure n'était après tout pas une démarche des plus ouvertes.

Les chatouilles, cependant, avaient été une méthode prisée de certains afin de regagner l’attention du garçon.
Sans grand succès.

« Je suis pas chatouilleux, vous savez, » avait-t-il donc commenté, presque navré de décevoir une si magnifique créature.

Probablement surpris — pourquoi ? — le chevalier s’écarta immédiatement, reculant d’un geste presque maîtrisé ! — Mais en une seconde que l’enfant tenta de retenir, la tête chuta du bras qui l’avait maintenue. L’armure semblait en effet bien peu accommodée de sa condition nouvelle. « Z’avez mal ?! » s'enquit Ioan en se redressant brusquement. Sans attendre, il se laissa glisser au sol, voulant récupérer pour son possesseur le précieux bourrichon.

Oh.

Voilà qui était fâcheux.

Où étaient ses mains ?

Où étaient ses jambes ?

Ioan était accompagné du plus magnifique des manteaux. Jamais en avait-il porté un qui égale la dextérité et le soin avec lesquels celui-ci était cousu. Or le garçon pouvait se targuer de le servir, de le mettre en valeur ! Pour cause : il en disparaissait ! Les manches proches des oreilles de son nouvel acolyte, l’enfant s’immobilisa.

Il ne voyait pas ses mains.

Il ne voyait pas ses jambes.

Elles n’étaient plus là.

Il les sentait pourtant, n’est-ce pas ? Avait-il donc réellement besoin d’aide pour exister ? Pourquoi ne se voyait-il plus ? Voilà une expérience qui n’avait rien d’anodine. Mais… pourquoi ? Avait-il perdu ses couleurs ?
Intrigué d’abord, une inquiétude naissait en lui. Un germe sans nom qui attendait là un terreau fertile. Une crainte sur laquelle il n’arrivait pas à mettre d’explication. Quelle qu’ait été cette sensation, le garçon la percevait intuitivement comme négative.

Il sentit ses doigts se refermer sur la chair encore chaude de la tête appartenant à l’armure corbeau, cherchant son regard. Mais il faisait sombre soudain, et il peinait à le trouver. Pourtant, cette chaleur qui radiait contre ses doigts était rassurante.
Comme son monstre généreux.

« Vous avez besoin d’aide avec votre tête ? » demanda-t-il d'une petite voix.

Le chevalier se tenait devant lui, et l’orchestre s’était tu.

Ne restait que le grincement solitaire d’une chauve-souris tintante. L’enfant tourna la tête.
La sienne, bien sûr.
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le Dim 4 Nov 2018 - 14:15
La pénombre totale, l'obscurité. L'atmosphère semblait lourde. Mes mains ressentaient du tissu. Je ressentais mes canines qui semblaient inhabituellement grandes. Je me sentis faible, très faible. Je parvenais à distinguer quelques sons, mais je ne pouvais les interpréter correctement. Mes mains peinèrent à faire un mouvement. Je ressentis une paroi à ma droite. De l'autre main, je fis un geste et je ressentis à nouveau un mur, impénétrable, qui semblait me bloquer le passage. La panique s'empara en un instant de moi après avoir senti la seconde paroi et mes mains se levèrent dans un effort désespéré. Je ressentis à nouveau une surface froide qui semblait me bloquer le passage. Elle sembla bouger légèrement lorsque de mes mains, je tentais de pousser. Quelle horreur, j'étais à l'étroit !

La panique s'empara cette fois réellement de moi. L'air semblait rare, j'allais mourir étouffé si je ne me libérais pas suffisamment vite de cette prison. J'exécutai une succession de coups sur l'objet qui me bloquait le passage au dessus de moi. Pendant un instant, il sembla se soulever et j'entrevis un peu de lumière. Une lumière peu vive, tamisée, mais de la lumière. Un second effort parvint à décaler un peu le gênant obstacle, mais ne me libéra pas encore. Je repris mon calme : l'air était revenu et je pouvais à nouveau percevoir cette faible lumière grâce au passage que je venais de libérer. Un dernier effort et je parvins enfin à décaler l'objet plus loin et me frayer un passage à l'extérieur.

Je pus me lever avec difficulté. La surface sur laquelle je foulais le sol me sembla métallique et un peu surélevée. La pièce était mal éclairée, mais l'éclairage était suffisant pour entrevoir un objet métallique à l'écart. J'entendis le grincement d'une chauve-souris qui, après avoir cru que j'allais étouffer, ne m'impressionna pas trop. Je fis volte face pour observer ce dans quoi je m'étais éveillé : une boîte noire. En refermant le couvercle, j’entrevis un motif en forme de croix. Pardon ?

- C'est quoi ce bordel, pourquoi j'étais dans un cercueil ?!


Je fis un mouvement rapide pour m'approcher de quelque chose qui semblait émettre un reflet plus loin. En m'approchant, je dus descendre de ce qui me surélevait, une sorte de table d'opérations ou pour des expériences. Je vis des tubes contenant des liquides en tous genres aux alentours tout en m'approchant de ce qui semblait être un miroir. Et là, je fis un constat inquiétant : pas d'image. Je ne me voyais pas dans le miroir. C'était comme si mon existence toute entière s'était effacée. Mais dans ce cas, pourquoi j'avais pu sortir du cercueil ? Je fis un regard inquiet vers ma main pour me rassurer concernant la présence de mon corps.

La main était blanche comme un linge, mais elle me semblait bien visible et tangible. La manche de mon vêtement semblait totalement noire puisque je ne parvenais pas à la distinguer. Je fis un mouvement de cette main, cette même main que je venais d'observer, la droite. Je me tâtai en vitesse en tout sens, partout, pour comprendre les vêtements que je portais puisque je ne pouvais les observer dans la glace. A priori, cela ressemblait bien à un costume noir et une cape, mais je ne pourrais en comprendre plus, pas sans pouvoir observer mon reflet dans le miroir. Me palper ne suffirait pas à comprendre, surtout que je ne me rappelais pas avoir revêti cette tenue. Un nouveau grincement me fit faire un sursaut. L'animal était toujours présent.
Apprentie Marraine

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le Dim 4 Nov 2018 - 18:35


CLING CLANG CLUNG
Mes oreilles bougent. Réveillées par un bruit métallique. Est-ce déjà l’heure ? Ce n’est pourtant pas le ronflement répétitif que la machine émet normalement.
J’entrouvre un œil puis l’autre. Ils papillonnent en cadence décalée, le temps de m’habituer au réveil, de m’habituer à la luminosité. Et pourtant il fait encore nuit.


Awh Théobald… Ce n’est pas encore l’aube… Que fais-tu donc ? Dis-je en marmonnant dans mon semi-sommeil.




Je m’étire les bras et le dos en baillant. Je grimace à l’odeur d’un relent moisi. Cela ne vient tout de même pas de ma bouche ?!! Je tire la langue de dégout, elle est pâteuse. J’espère que je ne suis pas malade… Je m’étire cette fois les jambes, en écartant les orteils.

Et je tombe.

L’atterrissage est violent, tête la première. Je me retrouve un peu sonnée. Je ne suis certainement pas tombé de la boite d’allumette qui me sert de lit. Le sol n’est pas du carton de la boite à chaussures qui me sert d’appartement dans l’atelier d’impression de l’Eclaireur. Et surtout… Je suis tombé vers le haut ! Ou vers le bas mais alors pourquoi je me tenais à l’envers, accrochée à cette balançoire pour oiseaux ? Je vais avoir une sacré bosse sur le crâne.


Une cage ? ! Enfin, je distingue un peu mieux mon environnement.




Je suis perdue. Je me retrouve donc enfermée dans une cage à oiseaux métallique. Où je dormais visiblement la tête en bas… accrochée par les …


PIEEEEEEDS ?? ! J’hurle de terreur en voyant la forme de mes orteils.




Je suis désormais pourvue de véritable griffes, pas tout à fait des serres. Je porte mes mains pour constater avec effroi que ce sont réellement les miens. Pire encore. Mes mains sont également griffues. Et une pièce de cuir souple est tendue de mes poignets jusque mes flancs puis descend jusque mes chevilles.
Je me relève, titubant sur mes nouveaux membres. Lorsque j’avance un pied, la toile tendue tire sur le bras du même côté. C’est assez perturbant, encombrant. Ma belle robe de pétales de coquelicot a été troquée par un immonde sac de poils. De quoi j’ai l’air maintenant !!

Le bruit métallique continue en contrebas. Je dresse la tête, oriente mes oreilles…. Depuis quand je peux orienter mes oreilles ?!!! Elles sont toutes petites ! J’ai peur d’y porter les mains pour constater que ce n’est plus le cas. Elles étaient toutes petites. ETAIENT ! Maintenant elles sont longues, fines et larges. Je respire vite sous toutes ses émotions, mon cœur bats la chamade, j’ai peur, je ne comprends plus rien. Est-ce un cauchemar ?
Je préfère portée mes mains à mes yeux humides en essayant de ne pas me griffer. Et là je peste. D’accord mon nez était UN PEU retroussé ! Mais du genre petit, mignon ! mais pas … mais pas un…


un GROIN !! Je n’en peux plus. Il faut que je me vois dans un miroir.




Je prends mon élan autant que je peux, contrainte par cette pièce de cuir et ses griffes. Je saute. Et je bats des ailes pour m’envoler.

Et je tombe.

Mes ailes sont coincées sous la pièce de cuir, rabattues mais je sens leur présence. Me voici incapable de voler. Rassurée de les savoir présentes mais, en l’état, absolument pas fonctionnelles.


Qu’est-ce que c’est que ce B… ! … Non ! … Non ! Non… Je ne dois pas jurer. Ce n’est pas correct. Je dois plutôt me calmer et pour cela rien de mieux que de compter à rebours.




Je m’approche des barreaux de la cage. En dessous je vois plusieurs formes, d’abord chacune sur une table puis elles s’activent, se réveillent également, s’animent. Est-ce qu’on peut dire « animer » quand il s’agit d’un manteau fantôme, d’une armure sans tête et d’un damné ? Le dernier peut paraitre un peu plus vivant, si ce n’est sa peau livide, ses cheveux pâles et ses yeux rouges. Mais ils bougent tous donc…… Je suppose.

Le reste de l’endroit est… lugubre. J’en ai des frissons dans les poils du dos. Je le découvre en même temps. J’ai donc du poil dans le dos. BEURK ! C’en est trop ! Rendez-moi mes beaux atours et ma mignonnerie ! Je me débats avec mon actuelle apparence, en vain. Je trébuche sur mes griffes et me cogne à la paroi de la cage. La porte s’ouvre sous le choc de mon corps tombant contre elle. Elle n’était pas verrouillée.

Et je tombe.

Je tourne sur moi-même pendant la chute. Je suis incapable de voler sans mes ailes ! J’écarte les bras, je m’agite. Les bras, les jambes, les bras avec les jambes, j’essaie toute les combinaisons mais c’est tout juste si je réussis à ralentir ma chute. Je n’ai pas encore la technique du vol des oiseaux ni des…


CHAUVE-SOURIS ! Quelle horreur J’ai toujours veillé à fuir ces bêtes-là. Elles nous confondent toujours avec des insectes myope comme elles sont, pire encore que les oiseaux ! Au moins il est plus facile de les éviter, les fées ne s’aventurent que très rarement de nuit dans la forêt du Pays Imaginaire.




En attendant, je tombe. Ma chute est enfin amortie par la cape noire du seigneur vampire. Je glisse le long de la toile tendue puis je roule au sol, en boule, jusqu’au pied de l’armure d’obsidienne. Ma baguette magique glisse à mes côtés. J’ai la tête qui tourne, je peux presque compter les chandelles qui tournent autour de mes yeux. Ma baguette ! Je l’avais oubliée ! Une fois mes esprits enfin à leurs places, je me précipite pour la saisir entre mes griffes et je la couve comme un trésor qui ne doit pas m’échapper. J’ai le rythme cardiaque d’une souris paniquée. Je ne sais pas ce que je fais là, je ne sais même pas comment j’y suis arrivée. Pourquoi m’a-t-on affublée d’une telle apparence ? Quelqu’un attent-il quelque chose de moi ? Il ne pouvait pas simplement m’envoyer un courrier à l’Eclaireur comme tous les autres ??!!

Oh…..

Un courrier ? Il n’y avait pas une histoire de courrier ? C’est encore difficile pour moi de remettre les données en place. Je devrai peut-être y réfléchir plus tard. Du moins lorsque je me serai mise à l’abri. Avant que les trois énergumènes ne m’attrapent !!


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le Jeu 8 Nov 2018 - 14:18
Il était quatre. Le chevalier sans tête, l’homme-invisible, le comte vampire ainsi qu’une chauve-souris dans les atrocités de la ville d’Halloween. Qui sont-ils ? Que font-ils ici ? Surement une folie d’une bête assoiffée de sang et n’attendant rien de plus que quatre aventuriers.

Pourtant ? Il se réveille dans les plus sombres machinations d’un docteur fou

Vont-ils oser quitter les murs réconfortants de la torture pour affronter le défi les attendant dans les rues de la ville ?! Est-ce que nos quatre héros vont survivre à une nuit à Halloween Town ? Vous comme moi, nous tardons à connaître la réponse à cette question

Toutefois, sommes-nous réellement prêts à lire la suite de cette quête…
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