Barbare au rhum

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le Jeu 27 Sep 2018 - 0:25

Trois combats.
Trois combats, et autant de blessures, de hourra, d’erreurs et de réussite.
Encore haletante, Naran leva un poing victorieux.

Sa vue était trouble. Après des semaines de beuveries, l’alcool était devenu plus atmosphère que liquide, sans parler des herbes et substances dont les volutes entouraient l’arène.
Mais, là, au centre de l‘attention, à peine debout sur une boue brune et spongieuse, c’était la sueur qui l’aveuglait. Elle perlait de ses sourcils à son visage emprunté ; tout le long de ce corps qu’elle maintenait que par la force de son esprit.
La lumière des flambeaux, superflue sous le soleil de midi, achevait de l’aveugler.
Naran distinguait tout juste son dernier adversaire. Il gisait au sol, mis à l’agonie par une prise qui avait brisé son bras. Deux shamans le trainaient hors de l’enceinte de pierre et d’hommes gesticulants.

Comme après chaque combat, l’euphorie la soulevait de terre, contrant l’exhaustion de ses jambes couvertes de bleus. Ajouté aux hurlements, aux sifflements, aux vivats et reproches d’une foule tout aussi abrutie de sang qu’elle, c’était une drogue plus intense encore que l’ivresse.
Et pourtant, Naran devait s’arracher à la gloire. Ses hanches menaçaient déjà de lâcher ; et tout son corps de se libérer de sa contrainte mystique.

Chancelante, la Mercenaire peinait à se souvenir…
Elle avait commencé le troisième tournois avec Mohkbat. Elle grimaça. Le souvenir n’était pas réjouissant.
Puis ils s’étaient enchainés. Tomör Souffle-Ardent, shaman des steppes du Sud ; Taghai le Redoutable, envoyé du Monastère Bleu, et, enfin, Temuge Otchigin, premier guerrier du clan Arasen… Chacun choisi, chacun qui, éventuellement, avait fini ensanglanté sur le sol sablonneux, abattu à ses pieds.

Elle sourit.
Son but était proche, désormais…
Mais déjà ses lèvres rebiquaient en leurs rondeur habituelle.

Baissant la tête, gardant son sourire pour elle et elle seule, Naran claudiqua vers la foule.
Comme un cheval après une course, elle laissa pleuvoir sur elle les claques appréciatives de ses compatriotes, avant de se glisser au dehors des gradins. Les tapes et rasades d’alcools se firent plus rare, jusqu’à disparaitre dans une cohue informe et bruyante.

Sa cape, retrouvée d’entre deux murets, l’enveloppa peu à peu ; dissimulant ses formes, anonymisant son visage qui se féminisait à vue d’œil, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que qu’une spectatrice ordinaire.
Cachée au milieu de la foule, encore tremblante de sa victoire, Naran contenait difficilement son excitation. L’ambiance général ne permettait pas de retour à la réalité : La foule scandait déjà un nouveau nom, un nouveau combat, alors que d’autres prétendants s’affrontaient sur le sable de l’arène.
Les duels se succédaient depuis presque une semaine, tranchant parmi la presque centaine de concurrent. C’était éreintant, tant pour les combattants eux même que pour le public déjà au bord du coma éthylique ; Mais c’était aussi un festival rare, une occasion unique pour les Huns de la région de laisser libre court à leurs vices.


Mais le Troisième Tournoi touchait à sa fin.
Deux combats, aussi rapide que sanglants, puis le silence tomba peu à peu sur l’arène. Moins de six candidats encore en lice : Les choses sérieuses commençaient enfin.
Pour les dernière manche, l’arène serait consacrée. Elle deviendrait un immense autel à Tengr, au nom duquel les Huns s’étaient réunis ici… Couvrant de gloire non seulement les vainqueurs, mais aussi les vaincus tombés au combat.
Et, comme il était de coutume, le Khan et tous les shamans venaient bénir l’arène.  


Le premier se présenta, seul.
Finie les bannières, les guerriers, les fils et filles qui se massaient autour de lui. Un Khan doit savoir s’assujettir, sinon à un homme, au moins à un dieu. Et c’est ainsi, seul mais toujours fier, que le Khan des clans de l’Est se présenta à eux.
Seul le manteau régal marquait son rang ; et pour lui la foule se sépara aussi aisément que le Père Céleste ne fend le ciel.

Il foula sans effort la boue de terre, de sang et de sueur. Devant l’autel, jusqu’ici vide, il s’arrêta. Se retournant pour faire face à l’arène, il leur offrit d’abord son silence.
Le cérémoniel de la scène avait calmé les ardeurs. Avec ces quelques pas du Khan, la fête de Naadam venait de commencer.
Pour les trois prochains jours, les querelles étaient proscrites : Seul comptait la célébration, la joie, la fureur des combats… Et la bénédiction du Ciel-Père.

« Au champion de Tengr… »
Sa voix puissante portait à travers l’arène, vibrant avec les spectateurs.
« J’offre trente oies en sacrifice, qu’elle puisse porter ses vœux jusqu’au Père Divin. »
Il plaça trente plumes blanches sur l’autel.

« Au champion, j’offre aussi… »
Il plaça sur l’autel trois cœurs de cerf encore sanglant.
« Trois de mes serviteurs, qu’ils puissent le servir dans la vie, et dans la mort. »

« Et surtout, au champion reviens… »
Il plaça sur l’autel un bracelet d’airain.
« La marque du Ciel-Père. »
L’acclamation de la foule fut immédiate. Dans un soubresaut intense, la masse jusqu’ici silencieuse explosa en vivat, bondissante et hystérique.


Une cloche, inversée en large bol et placée sur un renfoncement surélevé aux abords de l’arène, sonna une première fois. Le son résonna le long de l’arène, accompagnant les louanges triomphantes. Le second impact, toujours aussi grave, rappela à la foule grouillante que la cérémonie n’était pas terminée. Au troisième écho, la foule se tut à nouveau.
Les tambours suivirent, solennels.
Leur roulement vibrait d’anticipation, croissant et s’intensifiant peu à peu… Comme si le fils de la montagne descendait des cieux pas à pas.

Les shamans sortaient un à un des arcades de l’arène. Vêtus du bleu divin des grandes cérémonies, ils chantaient chacun d’une voix croissante et crôassante, aussi rocailleuse que les roches environnantes. Leurs chants s’unifiaient en une mélodie psychédélique, tournoyante, infiniment répétée et renvoyée par les montagnes qui pressaient de tout côtés.
Le silence était retombé sur l’assemblée Hun. Tous se tenaient dressé, à l’écoute de l’incantation inquiétante. Des voyelles informes, se dessinait peu à peu la psalmodie véritable…

La langue était ancienne. Presque impénétrable, même pour les Huns ; devenue mystique par son âge et par son usage. A peine quelques mots s’échappaient, immuables : Ces refrains lancinants étaient ensuite repris par les anciens, qui mêlaient leur voix à celles des sages.
En réponses à ces supplications ancestrales, les vents se rassemblaient au centre de l’arène. Le sable tâché de sang sifflait, s’envolant en arabesques menaçante.
Du ciel bleu, sacré par-dessus tout, les nuages se rassemblaient en une masse noircie. La cérémonie ne faisait que commencer…
Prêtre-Guerrier de Rai

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le Jeu 27 Sep 2018 - 8:25
Le vent apporte des chants anciens aux oreilles du fauve.

Bryke s’arrête un instant, il regarde autour de lui. Un chemin de terre, et à perte de vue, des champs. Des champs verdoyant, paisible, plat. Le vent se lève, laissant danser les brindilles dans une chorégraphie douce et cordonnées. Au loin, la montagne se dresse, majestueuse, imposante, formant une chaine entourant la plaine.

Plusieurs troupeaux de chèvres broutent avidement, elles se stoppe les unes après les autres, levant la tête vers le ciel.

Le ciel, d’un bleu azur, semble tournoyer, se morfonde dans un vortex de gris et de noir. Une puissante magie ? Un rituel ancestral ?

Ces chants, ils invoquent le seigneur Rai ? Comment est-ce possible, n’y as-t-il pas que les ronso qui puisse se permettre pareille folie ? Serait-ce…Des ronso, ici ?

Bryke s’élance, il se laisse tomber sur ses quatre pattes, avant de courir, tel un véritable animal. Certes, ses pattes arrières, naturellement arqué, rendent ce moyen de locomotion bien plus rapide, mais lui et son peuple ont toujours pris l’habitude de se déplacer de manière bipède, plus élégant, plus digne, moins animal. En cet instant, Bryke n’en a plus que faire, il veut comprendre, il veut voir de ses propres yeux ce rituel qui daigne appeler sa grande divinité.

Il court et court, suivant les chants rugueux, tel un marin ensorcelé par une sirène. Il n’arrive plus à se concentrer sur autre chose que ce chant, que ce mystère qu’il n’a jamais ô grand jamais, rencontré hors du mont Gagazet.

Il finit par escalader une petite colline, s’arrêtant dans un essoufflement. Il est fatigué, à quand remonte sa dernière escale ? Il avait quitté une ferme après une soirée orageuse, il y avait rendu hommage à son seigneur, et pris la vie d’un orphelin. C’était quand déjà ? Il y a six heures ?

De là, il n’avait subi que déception en déception. Aucune trace des nomades mongoles, aucune. C’est comme s’ils avaient tous disparu des plaines, tous. Problématique, Bryke n’est pas ici pour les jolis paysages. Il doit retrouver un érudits, un humain qu’il avait rencontré il y a bien longtemps. Une des rares personnes capable d’interpréter la langue des signes Ronso, une des rares personnes pouvant apprendre au Sanctum comment communiquer avec lui.

Un bruit régulier le sort de ses pensées. Bam, bam, bam, un tambour. Le fauve sent un frisson lui remonter l’échine. Comment cela pourrait-il être une coïncidence ? Le son régulier d’un tambour, l’invocation du seigneur Rai dans le ciel, le vent d’un orage qui se lève, les chants anciens et puissant.

Son regard parcourt la plaine depuis son promontoire, avide, nerveux. Au loin, un campement, un immense campement même. Des tentes de peaux, finement tannisé, rassemblé autour d’une arène. Le fauve plisse son seul œil valide, des mongoles ? C’était donc là où ils sont tous passé ?

Aucune forêt à proximité, aucune falaise proche, aucune cachette digne de ce nom. Le fauve laisse s’échapper un long grognement entre ses babines. Il voudrait attendre la nuit, jouer la carte de la discrétion, mais…Le rituel a lieu en ce moment même, s’il attend, il s’arrêtera, et il ne pourra jamais comprendre.

Il faut se rendre à l’évidence, il n’arrivera jamais à être discret. Ce n’est pas comme s’il était un fauve anthropomorphe de deux mètres de haut, tout bleu et blanc. Et tout ça, au milieu d’une plaine verdoyante, non, c’était impossible.

Le bruit du tambour l’ensorcelle, il sent ses pattes s’avancer d’un pas à chaque résonnance. Mais bon sang, n’est-ce pas là la pire idée qu’il n’ait jamais eue ? S’ils l’attaquent, il est fichu, que pourrait-il faire contre des centaines de guerriers mongoles ?

Aux sans-cœurs la logique, c’est d’un rituel de Rai qu’il est question ! Le fauve s’élance, il s’approche de plus en plus, les tentes se font proche. Il entend les chants audiblement, il entend le silence de la foule, le respect qu’ils offrent aux prêtres, les échos amplifiés par la montagne. Bryke ne peut s’empêcher d’apprécier, la maison, cela lui rappelle tant la maison.

Il n’y a personne entre les tentes, tous sont à l’arène. Le fauve avance sans rencontrer d’obstacles, toujours guidé par les tambours, par les chants envoutants.

Il se redresse finalement, reprenant sa marche sur ses deux pattes arrières. Devant lui, se tient l’arène, l’assemblés. Ils semblent bien trop concentrés sur le rituel, pour le moment. Il prend la décision de ne pas se mélanger à la foule, restant dans leurs dos.

Son regard couleur émeraude se porte sur les divers éléments, il n’y a aucun ronso, des humains, et des humains.

Les gestes, les chants, la montagne, le tambour…Il ne sait pourquoi, il ne comprend pas comment c’est possible, mais c’est pour Rai, oui, il sent le seigneur de la tempête, il le sent tout autours.

Guidé par sa foi, aveuglé et sourd à toute voix de raison, le ronso n’arrive pas à s’empêcher. Lui aussi, lui aussi doit honorer Rai, il ne peut être spectateur, il est un prêtre-guerrier de son seigneur, il doit être actif dans ce rituel.

Le ronso se laisse tomber au sol, tirant sur la lanière de cuir reliant son tambour à son harnais. Il vient serrer le tambour contre ses cuisses, avant de jouer en rythme avec ceux mongoles.

A Rai, il dédie lui aussi ce rituel.
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le Lun 22 Oct 2018 - 13:37
La foule avait tressailli. Un bruissement léger, presque imperceptible. Pas aussi irrespectueux qu’un murmure, ni aussi pressant que l’éclat de sang d’une attaque ennemi. C’était plus proche d’un tremblement des paupières général. Un soupir collectif. Naran ouvrit les yeux.
Un sentiment d’inquiétude parcourait la masse des Huns. Quelque chose, à l’ouest de l’attroupement recueilli, les rendait aussi nerveux qu’un léopard face à un lion des montagnes.

Quelques enfants s’étaient retournés.
Les shamans en factions avaient ouvert leurs yeux embués d’alcool. Leurs mains s’étaient posées sur des pommeaux brunit par l’usage.
Dans l’arène, les chants n’avaient pas cessé. Les prêtres avaient peut-être même alourdi la cadence, comme pour noyer l’incompréhension de l’assemblée.

Aussi délicatement que possible, Naran se fraya un chemin dans la foule. Des yeux noirs la suivaient, furieux de voir leur rituel interrompu. Mais la curiosité des fidèles lui facilita la tâche ; D’autant plus quand elle emprunta l’apparence d’un des gardes-shaman, dont le sourcil unique marquait par sa férocité toute particulière.
La Mercenaire n’avait pas parcouru trois mètres que le premier éclair tomba. Elle tressailli. Il y avait, dans ce flash de lumière tonitruant, un rappel aux reproches de son père. Tout aussi vif et implacable.
Grimaçante, elle poursuivi son avancée, laissant ses épaules gonfler pour imposer son chemin.

Sa progression difficile fut marquée par le tonnerre qui se répétait, s’abattant sur les troncs calcinés qui marquaient les bords de l’arène. Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, en un cercle répété dans presque tous les rituels Huns.
Au cinquième, Naran trébucha. Une outre laissée à l’abandon, encore odorante d’un mélange de liqueurs chinoise. Dans sa chute, sa forme lui failli à nouveau. Elle s’entoura de sa cape, cachant sa magie imprévisible, puis repris son périple sous l’œil curieux d’un enfant balbutiant.
Le huitième coup tomba alors qu’elle approchait le pan ouest de l’arène. Enfin, elle sortait de la masse humaine. Les croyants ici n’osaient même pas garder des yeux clos : Leurs regards ne pouvait s’empêcher de graviter autour d’une silhouette sombre, accroupie sur les hauteurs.
Le neuvième et dernier coup frappa, et, de sa lumière, Naran distingua les première forme de la créature.

De ce flash, une seule impression lui resta véritablement.
Bleu.

Bleu ?


Le monstre battait un tambour. Plus grave que celui des shamans.
Pourtant il avait plus de poil qu’un tigre.
Un ours, peut-être ?

Malgré la distance, Naran était persuadé qu’une corne lui surgissait du front.
Les légendes parlaient d’une créature telles que celle-ci.
Mais c’était… Jusqu’ici… Des légendes.
Après les chevaux divins à demi fous, le centaure maître de la montagne et pléthores de sans cœur… Qu’est-ce que leur Khan était encore aller chercher pour impressionner ses sujets…


D’entre les croyants, la Mercenaire détailla la créature.
Elle ne semblait pas agressive. Au contraire, émanait de sa forme accroupie un recueillement quasi-total.
Vu sa masse, la créature devait faire trois têtes de plus qu’elle. C’était encore possible qu’il ne s’agisse que d’un homme de grande taille vêtu de peau de bête…

Naran se rapprocha à nouveau. Quelques dizaines de mètre la séparait de leur invité ; Elle s’agenouilla derrière un des murets qui marquaient l’entrée ouest et se mit à l’affut.
Si c’était un déguisement, il était particulièrement réussi. Même la gueule du monstre s’animait sous les battements de son tambour.
Se rappelant les légendes de son enfances, Naran gaugea les bras et les mains du monstres. Pas d’élongation anormale, pas de doigts fins ou arachnéens.
Etrangement, la créature maniait le tambour avec la dextérité de l’habitude. Un bon sens du rythme, en plus. Un shaman, donc ?
Un Shaman vénérant Tengri. Pourtant, tout indiquait qu’il s’agissait d’une créature des forêts, habituellement considérées réfractaire au culte du Ciel Père…

La Mercenaire fouilla sa mémoire. Il y avait bien une vielle épopée sur l’un des siens… Ah, oui : Son espèce était connue ses connaissance occultes. Etait-ce pour cela qu’il se présentait à eux en plein rituel ?
Rituel qui prenait d’ailleurs fin. Les chants avaient enflé en une clameur cacophonique, et redescendait maintenant pour finalement se perdre dans la foule. C’était bien tôt pour finir un tel rituel… Trop tôt pour que ce soit un hasard.
Leur nouveau prince se décidait peut-être enfin à expliquer ses manigances…


Naran se recula, et repris sa forme naturelle. Elle attirerait moins l’attention sous ses traits féminin, et toute cette histoire sentait à plein nez les intrigues des puissants.
Comme pour confirmer ses suspicions, des hommes armés infiltrèrent dans les rangs des fidèles. Première garde contre la créature ; Des shamans, surement, à peine dévêtus de leurs robes bleues. L’œil mis clos, Naran faussa un silence recueilli et les observa prendre pied face à l’entité inconnue.
Ils semblaient tendus. Peut-être qu’ils ne contrôlaient pas tout à fait leur nouveau fauve domestique ?

La foule se scindait dans un murmure. Du centre de l’arène à la bordure ouest, le Khan traçait son chemin à travers ses hommes avec une facilité déconcertante. Leur souverain daignait donc présenter son nouvel invité…
Il s’avançait, toujours sans arme ni armure. Son manteau, sa carrure, ses quelques centimètres de plus que le Hun moyen lui avaient donné un air imposant de par avant. Mais, là, alors qu’il se présentait face à la créature massive enfin debout, il semblait minuscule.

« Tengr nous envoie son champion alors que le Troisième Tournoi commence. »
Sa voix avait toute l’assurance d’un discours préparé. Pourtant…
Maintenant qu’elle l’entrapercevait de si proche, Naran se demandait si toute cette mise en scène ne s’était pas embrayée. Quelle erreur, déjà, de se présenter sans protection face à un monstre visiblement capable de l’égorger d’un coup de griffe.
Plus encore, tout aussi droit et assuré qu’il puisse paraître, le Khan ne semblait pas apprécier d’être dominé par une telle créature.

« L’arène est sanctifiée. »
Sa voix tonnait toujours fièrement. C’était un certain exploit, car toute l’assemblée avait frémi quand le fauve s’était redressé sur ses pattes arrière, dominant maintenant largement le Khan.
« Les rites sont prononcé. »
La masse des Huns s’agitait de nouveau, visiblement excitée.
« Le combat peut commencer. »
La foule se sépara à nouveau, offrant à son nouvel invité une large allée vers l’arène consacrée.

Naran plissa les yeux. Derrière le fauve, les shamans se pressaient dans une mimique de révérence. Leurs mains n’en restaient pas moins fermement sur le pommeau de leurs armes, aussi tendu que la corde d’un arc.
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le Mar 23 Oct 2018 - 13:50
Du haut de ses deux mètres cinq, l’œil valide du ronso se plisse, lentement, surement. Qui est donc cet homme qui daigne l’accueillir tel un invité tant attendu. Qui est donc ce « Chef », ce « Khan » qui lutte tant pour conserver sa prestance devant une visite opportuniste ?

Bryke ne peut le nier, la tension dans l’air l’amuse, ils ne semblent pas décider à le sous-estimer, mieux encore, ils lui démontrent un certain respect, quelque chose d’appréciable, qu’il n’a pourtant jamais réellement ressenti. Les humains ont toujours réagi de deux manières avec lui, la peur, la plus basique des émotions, ou la méfiance. Mais jamais, le respect qu’il, en tant que prêtre-guerrier, mérite tant.

« Tengr » ? Ce nom lui est inconnu, et pourtant, il ne peut s’empêcher d’en faire le rapprochement avec sa propre divinité. Les rites sont similaires, tout autour d’eux, la foudre divine fuse dans le ciel, éclairant de ses motifs raffinés les sombres nuages. Et il y a ces mots… « Son champion », font-ils référence à son titre ? Se pourrait-il qu’envers et contre tout, il ait trouvé ici, un peuple vénérant le puissant Rai ?

Des souvenirs lui vient en mémoire, cette conversation qu’il a eue autrefois, lorsqu’il découvrit avec surprise que d’autres peuples vénèrent les vrais dieux. Etro, le nom de la dame de la montagne. Et si Tengr était le nom donné par les humains à Rai ? Oui, cela lui semble la seule raison plausible.

Après plusieurs dizaines de secondes de silence, le ronso prend la décision d’avancer, il se tient droit, fier, tandis qu’il suit le chemin formé par les colonnes de shamans. Le regard rivé sur l’horizon, digne, comme si tout n’était qu’une continuation du rituel.

L’odeur lui brûle la truffe, l’odeur de l’alcool, de la fête et de la beuverie. Depuis combien de temps festoient-ils ?

Ses pensées vagabonde durant la traversée vers l’arène sanctifié. Il n’avait pas prévu de se battre, ni même de jouer le jeu de n’importe quel Khan. Et pourtant, il y voit, en ce moment précis, deux opportunités. Premièrement, cela lui permettra de faire ses preuves plus facilement, de montrer à tous qu’il est un être digne et apte à tenir une affaire. Un élément essentiel, au vu du nombre conséquent de mongoles autours, la voie de la force ne sera pas aisée. Deuxièmement, il pourra démontrer le savoir-faire de son peuple, et combien son lien avec le seigneur Rai est étroit.

Ou du moins, c’est ce que le ronso essaye de se convaincre. La réalité est moins noble, moins belle. Il veut voir l’admiration dans leurs regards, il veut pouvoir se faire plaisir dans un duel ou il n’aura pas à se retenir. Il veut l’adrénaline, et sentir l’air chaud s’échapper de sa gueule sous l’effort. Il veut montrer à tous combien il est dangereux, combien ils ont raison de le respecter. Mais ça, le fauve ne voudra jamais le reconnaitre. Il est tellement plus simple de faire taire ses besoins égoïstes pour tout camoufler derrière une noble cause, et c’est exactement ce qu’il fait.

Il arrive au milieu de l’arène, reniflant l’air de manière audible. La douce odeur de l’orage, de l’encens anciens, de la pluie lointaine qui s’approche, abreuvant la terre chaude de ses larmes pures. Il n’a jamais vu si beau tonnerre dans les terres étrangères, Rai doit gronder d’impatience devant tel divertissement. Soit, il donnera le spectacle qu’il mérite.

Le fauve regarde autour de lui, son œil valide analysant frénétiquement les divers groupuscules rassembler autour de l’arène. Qui donc ? Qui viendra se battre, qui viendra le divertir lui ?

Plusieurs pensées assaillent le ronso, plusieurs stratégies, plusieurs suppositions. Quelle arme les mongoles préfèrent utiliser ? Doit-il user de la magie ou laisser ses muscles prendre part à la gloire seuls ? Un bref instant, l’idée de garder ses talents secrets lui traversent l’esprit, mais il s’y résigne. Dans un duel sacré, sous le regard même de Rai, il doit se montrer digne, il doit se montrer honorable. Et faire preuve de fourberie ne serait qu’injures et insultes envers tout ce peuple, envers le seigneur du tonnerre lui-même.

Le ronso viens porter sa main griffue à son fourreau, y dégainant doucement sa lame d’une finesse inouïe. Si fine qu’on jurerait qu’au moindre coup, elle volera en milles et un morceaux. Son reflet apparaît brièvement dans la lame, son visage de fauve, sa fourrure bleue, son œil gauche fermé pour toujours par une imposante cicatrice.

Que de souvenirs, c’était dans une situation similaire qu’il l’avait perdu, dans un duel d’honneur qu’il avait trouvé excitant. Un duel dont il n’avait jamais retrouvé l’intensité, dont il ressentait encore la prise sur son estomac à la simple pensée de sa lame s’entrechoquant contre celle de son adversaire.

La lame crise légèrement, bravant l’air, enfin sortie de son fourreau de cuir. Le fauve vient la saisir doucement, laissant une de ses griffes grincer contre la lame, comme dans un geste rituel.

Lentement, il relève son arme, venant la positionner au niveau de sa gueule. Il l’entrouvre, venant saisir, entre ses dents pointues, le manche recouvert de lanières. Le poids de la lame lui tire sur la mâchoire, mais il tient bon. Il a besoin de ses deux mains pour se préparer convenablement.

Il serre en premier ses mains en poing, avant de les accoler l'un contre l'autre. L'index et le majeur de la main gauche, par-dessus le poing serré. "Retsu".

S'en suit un nouveau signe, Paume de la main droite retourner, paume de la main gauche au-dessus. Doigt joint entre eux. Pouce de la main droite croisé avec le petit doigt de la main gauche. "Kai"

Suivi d'une dernière mudra. Main écartés, l'index, pouce et majeur de chaque main joint par le bout des doigts et écarté. Petit doigt et annulaire de chaque main liée. "Rin"

A chaque mudra, l’énergie s’accumule, crépitant, se promenant entre ses paumes, ses doigts griffus. Le bruit distinctif de l’électricité résonnant à chacun des gestes.

Il conclut en redressant sa main droite, le coude accoler à son torse. Avant de tendre son index vers le grand et divin ciel.

La magie opère, et du bout de sa griffe, jaillit de nombreuses charges électriques, crépitant dans les airs, avant de se diriger vers son arme. Le flux se veut plus fort, plus visible, éclairant l’arène de sa lumière fragmentée. La magie s’estompe brièvement au niveau de ses mains, tandis que sur la lame si fine, de multiples étincelles viennent danser, dans un ballet de crépitements volatiles.

La gueule du ronso s’entrouvre, lâchant l’arme, tandis que de sa main droite, il la rattrape.

Il est prêt.

Il se tient là, de toute sa hauteur, droit, fier. Serrant la lame entre sa main griffue droite, faiblement éclairé par les lueurs foudroyantes. Son seul œil valide parcourant la foule, guettant. Et pourtant, aucune trace d’un quelconque adversaire. Qu’importe, il se tient prêt. Lorsqu’un des mongols daignera rompre le rang pour le rejoindre, il s’inclinera, comme il le fait toujours.

Dans le respect, il convient de saluer son adversaire avant un duel, un geste qu’il n’a jamais oublié, jamais.
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le Ven 9 Nov 2018 - 23:27
L’onde de choc était plus que sonore.

L’éclair avait résonné, comme tout ceux de la cérémonie, mais cette fois il était tombé dans la paume même d’un monstre. Monstre inconnu si ce n’est des plus lointaines légendes. Monstre divin, ou en tout cas magique. Monstre qui était prêt à prendre part à leur rituel.

La foule, d’abord enthousiaste à l’arrivée majestueuse du Kahn, s’était tue. Hébétée parce qui, raisonnablement, ne pouvait être qu’un miracle.

Certains s’étaient prosternés à genoux ; D’autre encore murmuraient muettement des prières et des légendes anciennes.
Mais la majorité des croyant restaient muets de stupeur.


Naran, elle, repris sa forme de lutteur. Presque instinctivement. Abaissant sa cape, elle s’élança en avant.

Le sort de la créature l’avait comme électrisé. Après des jours de combats et de beuveries, elle aurait dû être à bout de force : Pourtant, son esprit ne reconnaissait que le défi qu’offrait le du nouvel arrivant.

Ses pieds avaient dévalé la butte qui lui avait servie de point d’observation. Ses bras lui frayèrent un chemin à travers les curieux. Puis, enfin, elle jailli de la foule.


L’arène était encore vide. Elle était la première. Aucun autre des finalistes n’avait eu le temps de se présenter…

Profitant de son avance, elle marcha au centre de l’arène. Voyant l’un de leur champion, les spectateurs sortirent peu à peu de leur stupéfaction ; Quelques vivats finirent même par filtrer.

Profitant de l’enthousiasme naissant, Naran guettait son rival, qui pénétrait lui aussi le cercle de pierre.


Quand, enfin, elle lui fit face, elle senti son échine frissonner. Arrêtée trois pieds devant lui, elle sentait son ombre qui la dominait ; privant la vue du reste de l’auditoire par sa simple présence.

Il était terrifiant.

Borgne, cornu, hirsute, l’arrivant la dépassait de bien trois têtes. Ses yeux semblaient luire, et tout son corps dégageait une odeur âcre, mélange de poil, de crasse, d’un parfum d’herbe mouillée et de début d’orage. Elle loucha un instant sur son arme électrisées, béni par un dieu qu’elle pensait légende, et serra les dents.

Elle voulait un challenge, la voilà servie.


Après s’être incliné – un peu plus profondément qu’à un adversaire normal, peut-être, mais pas autant que pour un véritable shaman… - Naran scruta le visage… Ou plutôt, la gueule de son adversaire potentiel.

Ses traits félins semblaient déformés par une grimace. Ou un sourire. Une seule affirmation possible : Un nombre alarmant de crocs étaient visible. Et, au vu de leur blancheur, le monstre était jeune, et en excellente santé. Naran essaya d’éloigner de ses pensées toutes références mythiques aux mœurs résolument anthropophages des Surales.

Tout aussi monstrueux qu’il soit, son adversaire s’inclina de même. Pas si étranger à leurs coutumes, donc.


Naran présenta ses deux poings fermés devant elle, et leva à nouveau ses yeux vers la bête.

Dans sa main gauche, elle tenait un poignard, scintillant hors de son fourreau. Pas que l’arme puisse rivaliser avec celle de son adversaire… Mais une lame pouvait toujours se révéler utile. D’autant que la masse de poils qu’elle avaient face d’elle pourrait aisément absorber ses coups.

Et, puisque son adversaire désirait combattre armé, elle n’allait pas lui refuser sa requête.


En attendant, le silence était retombé sur l’assemblée. Tous n’attendaient qu’un seul son.

Et, bientôt, la syllabe tant attendue franchi les lèvres du Khan.

Le combat avait commencé.
Prêtre-Guerrier de Rai

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le Jeu 15 Nov 2018 - 21:28
C’est un bref grognement qui s’échappe des babines du fauve, son étrange, mélange de satisfaction et d’amusement.

De tous, ce jeune homme c’était avancé. De tous, lui seul n’a démontré à son égard ni admiration, ni spiritualité.

Un jeune homme au regard ardent, déterminé. Oh, le ronso a bien vu l’espace d’un instant, cette étincelle inquiète dans son regard. Tout comme il l’a vu disparaitre dans un déluge d’excitation et d’anticipation pour un combat qui s’annonce d’ores et déjà mémorable pour les nombreux spectateurs.

Bryke veut connaitre son nom, sa main griffue se redresse lentement. Mais son geste se coupe aussitôt devant le tressaillement qui agite le public. Le fauve s’autorise un soupir, mais quel idiot quand il s’y met. Là est toute la problématique de communiquer avec ses mains…Et d’en incanter les sorts redoutables de la même manière.

Soit, soit, il ne demandera pas le nom du jeune homme. Peut-être aura-t-il la bienséance de le lui donner lorsque leurs armes auront fini leur danse.

Le regard du fauve se fige sur la dague acérée de son opposant. Bryke n’est pas un imprudent, il analyse, réfléchit, prévoit. Une dague contre un opposant maniant l’arme bâtarde ? Une seule possibilité, son opposant va certainement miser sur la vitesse pour punir la moindre ses ouvertures.

La stratégie se met en place, si son opposant attend une ouverture, il ne lui en donnera aucune. Le ronso change de posture, pendante gauche, il vient saisir son manche a deux mains, avant de redresser ses poignets à hauteur de ses épaules, coude repliés, la lame en diagonale à son corps. Une posture de défense, une posture facilitant les ripostes meurtrières au moindre coût.

L’œil unique du fauve se plisse lentement, une petite étincelle dans le regard. Taquin, presque provocateur devant son adversaire.

Ses pattes entre doucement en locomotion, le ronso tourne autour du jeune homme, tel un prédateur devant sa proie. Il le teste, cherche une faille dans sa posture, conservant entre eux une distance raisonnable.

Les étincelles bleutées continuent de danser sur la fine lame, dans un vacarme sonore. Bryke doit forcer son adversaire à attaquer, s’il réussit, sa posture lui assura une excellente parade, suivi d’une riposte punitive. Mais comment faire…
La main gauche du fauve se détache doucement de la garde, se tournant en direction du jeune mongol. Ses doigts s’agitent, formant plusieurs signes les uns à la suite des autres.

Ah…l’ignorance. La magie Ronso nécessite des mudras certes, mais des mudras constitué uniquement des deux mains. Un piège, lui faire croire qu’il s’apprête à lancer un sort, le faire paniquer et le pousser à l’offensive.

Au moindre mouvement digne d’un attaquant, la main griffue reviendra sur la garde, et alors...Alors il parera le coup. Cela déstabilisera surement son adversaire, ou du moins, créera une brèche dans sa posture. De là, Bryke enchaînera avec un seul coup, un seul, rien ne sert d’être trop gourmand, une riposte devient une faille si elle est trop longue.

Un seul coup, surement horizontal, peut lui importe d’entailler sévèrement la chaire de sa cible, ce qu’il souhaite avant tout, c’est permettre à la foudre dansante sur sa lame de trouver son chemin jusqu’à la terre…

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