Matriarche Écarlate

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le Mar 18 Sep 2018 - 11:36
« Huayan. » dit une voix.

« Huayan. C’est moi. Huayan. »

J’ouvre les yeux. Je suis dans ma chambre, le crépuscule n’est pas encore achevé si j’en juge par la luminosité de la pièce. Haojun est à côté de moi, souriant légèrement. Il est agenouillé, près de moi. Il ne dit rien. Est-ce un rêve ou la réalité cette fois ?

« Tu as été forte… J’ai… » tente t-il.

Avec le peu de force que j’ai, je sors mon bras du drap et je le gifle sans dire un mot. Il accepte sa punition sans rechigner.


« J’ai failli mourir en couche et toi… Si je ne t’aimais pas, je t’aurai déjà fait écartelé dans le jardin ! » dis-je, furieuse.

Il plaque ses mains sur mes épaules pour que je reste allongée. Il a la joue encore rouge de mon coup, mais il n’insiste pas. Il sait qu’il est en tort, il aurait dû être là lorsque j’ai failli perdre la vie pour notre enfant. Car c’est aussi le sien, mine de rien.


« J’espère que tu as une bonne excuse pour ne pas être venu me voir plus tôt…
- Une mission à accomplir pour…
- Pas la peine d’en rajouter, je vais m’énerver encore plus. »

Un grand silence s’installe. Il se glisse dans le lit, cherchant probablement à vouloir que je lui accorde un quelconque pardon. Il peut toujours courir pour l’instant.

« J’ai salué mes parents avant qu’ils repartent dans le nord.
- C’est une chance que j’ai accouchée au moment où ils sont arrivés. Sinon ils auraient cru que je t’avais trompé.
- Tu sais qu’ils ne sont pas comme ça.
- Peut-être. »

Un moment de silence où mon esprit se détend enfin.

« Ils étaient heureux de te revoir ?
- Oui, ma mère a pleuré. » dit-il.

Je peux la comprendre. Ce n’est pas comme s’il avait donné beaucoup de nouvelles depuis quelques années. Malgré tout je l’aime encore. Je ne sais pas si c’est bien sain pour mon esprit, mais je n’ai pas vraiment le choix. Les sentiments, ça ne se commande pas.


« Tu vas repartir quand ?
- Deux jours. Je ne peux pas m’éloigner trop longtemps. Je voulais te voir, et notre fils aussi.
- Il est beau, n’est-ce pas ?
- Magnifique. Comme sa mère. »

Je rougis tout en souriant un peu. Toujours à faire des flatteries celui-là. Prêt à dire tout et n’importe quoi pour se faire pardonner.

« Ça ira ton ventre ? » demande t-il, préoccupé.

Je pousse un léger soupire.


« D’après les médecins et Xupeng, je devrais rester allongée quelques jours, mon énergie devrait revenir d’ici là sans problèmes. L’accouchement a juste été très difficile. »

Il serre ma main sous les draps, sa chaleur parcourt mon corps, je suis heureuse qu’il soit venu malgré son retard. Malheureusement, ce n’est pas entièrement sa faute, sa fonction dans la Shin-Ra joue aussi.

« Je me suis permise de choisir son prénom, vu que tu n’étais pas là.
- Tu as bien fait. Je n’aurais pas trouvé un nom aussi bien que celui-là.
- Hum ! Tu n’aurais pas eu ton mot à dire de toute façon. » ironisé-je.

Nous pouffons un peu de rire tous les deux. Malgré les épreuves, nous restons si proches. C’est une chance que toutes les femmes n’ont pas. J’espère que cela pourra continuer ainsi à l’avenir, quand nous en aurons fini avec nos problèmes. Le temps passe vite, mais il faut garder espoir d’un jour meilleur pour notre famille.


« Tu crois que nous y arriverons ? »

Je sens bien que la question gêne.

« Nous essaierons en tout cas, Huayan. Je te le promets. » répond-il, sincère.

Le pas lourd de Francis nous alerte de sa présence dans les couloirs proches de la chambre. Il erre et s’ennuie depuis que je suis ici. J’ai même entendu les serviteurs se plaindre de son appétit gargantuesque qui fait disparaître nos réserves de nourriture. Cela me fait rire. Il est bien intentionné à veiller sur ma chambre. Habituellement il tourne autour. Il s’arrête devant la porte pendant une heure, puis refait une ronde.


Pas que Chengdu soit une ville dangereuse. Mais je trouve que Jiawei s’est montrée bien négligente jusqu’à maintenant. Soit elle est bien trop occupée par ses affaires au nord, soit elle prépare un mauvais coup pour ma pomme. C’est pourquoi j’ai demandé aux quelques gardes engagés par Xupeng de surveiller les jardins à la nuit tombée, et les toits par la même occasion.

Xupeng reste habituellement en nourrice, près de la chambre du petit. Francis patrouille autour de mes quartiers. Quant aux serviteurs, certains vivent dans le manoir, mais la plupart vivent à l’extérieur dans leur propre maison. C’est bien vide la nuit.

Haojun profite de ce petit moment de répit pour lui pour passer ses mains dans mes cheveux. Il sait que j’adore cette sensation. Ma chevelure s’emmêlant autour de ses doigts, tandis qu’il l’étire. Cela relâche ma tension et me permet de me sentir mieux, détendue. Je ferme les yeux, bercée par cette sensation. Enfin un peu de repos. Nous nous endormons ainsi, lui sur le côté, la main dans mes cheveux et moi avec un sourire en coin.

Nous sommes réveillés en sursaut par la porte qui s’ouvre avec fracas. Un individu emmitouflé de vêtements noirs avec un foulard bleu sur le visage nous regarde, dague à la main. Nous sommes encore sans voix et je suis trop faible pour réagir au quart de tour. Haojun a juste le réflexe de se pencher sur moi pour servir de bouclier.

En une fraction de seconde, l’on entend comme un cheval qui galope sur le parquet dans le couloir.


« YAAAAAAAAAAAAAAH ! » hurle l’étalon.

J’ai à peine le temps de voir Francis, ou plutôt son ombre aisément reconnaissable par sa taille, bondir et plaquer au sol l’intrus. Il crie à répétitions :


« Nous sommes attaqués ! Nous sommes attaqués ! »

J’écarquille les yeux. Je n’arrive toujours pas à réaliser ce qui se passe.  Comment ça "attaqués" ?

« Huayan cache toi sous les draps, je vais protéger la chambre ! »

Haojun se penche vers moi et tente de commencer à me recouvrir de couettes. Je le stoppe au bout de quelques instants.

« Non… Notre fils. Va chercher notre fils ! 
- Mais Huayan tu es…
- Va chercher notre fils imbécile, ma vie n’a aucune importance ! » dis-je en tentant de parler un peu plus fort.

Il me regarde, étonné. Puis il hoche légèrement la tête, tout en serrant les lèvres. Sans dire un mot il se précipite dans le couloir et court vers la chambre du petit Wang. Je soupire longuement et essaye de me redresser légèrement sur mes coudes.


« Francis ? » chuchoté-je presque.

La tête de mon fidèle pilote dépasse légèrement du cadre de la porte, je vois qu’il a une sorte de marteau dans les mains.


« Qu’est-ce qui se passe Francis ?
- J’sais pas madame ! J’ai vu celui-là dans le couloir et je lui ai sauté dessus ! Mais il y a des bruits de métal dans les jardins, je pense que les gardes se font attaquer.
- Allez les aider. Il ne faut pas qu’ils puissent rentrer dans la maison.
- Mais vous êtes seule ! Qui va vous protéger ?
- Je vais me débrouiller Francis… Tue les tous.
- Mais…
- TUE LES TOUS ! » crié-je de colère, Francis est surpris mais il obéit et part en courant vers la zone de combat.

Ah. Crier m’a fait mal à la poitrine. Je m’allonge de nouveau, essayant de remettre en place mon esprit. Soudain, je pense au jeune Noah, il est peut-être en danger lui aussi ! Je ne tolérerai pas une victime collatérale de ce genre. Je rassemble mes forces pour pouvoir lui envoyer un avertissement par la pensée.


« Noah, c’est Huayan. Il y a des mauvais hommes dans les jardins et la maison. Cache-toi dans l’armoire de ta chambre, ne sort pas tant qu’il n’y a pas moi, Francis ou Xupeng dans la pièce. Fait-le, maintenant ! »

Je relâche la pression et souffle. Je suis essoufflée par mes émotions, j’espère qu’aucun des intrus ne pourront venir à ma chambre, je ne suis pas prête à les recevoir du tout. Je n’aurai même pas assez de force pour les désarmer.

Je dois être sûre que mon fils va bien. Je relève mes couvertures vers mes jambes et je décide de ramper sur le parquet pour me diriger vers le second couloir, ma dague cachée sous l’oreiller dans ma main gauche. Je glisse avec difficulté, d’autant plus que je n’ai pas beaucoup de force. Avec mes jambes, j’essaye de me pousser du mieux que je peux.

J’entends des bruits dans les jardins, des sons propres à une bagarre ou un combat chaotique. Je dois faire vite. Je continue d’avancer faiblement, esquivant les meubles freinant ma progression. Heureusement que le parquet est bien entretenu par Xupeng, sinon j’aurai été retenu par les pans de ma robe accrochés au bois.

Après plusieurs minutes, j’atteint la chambre du petit, la porte est grande ouverte. Je m’accroche au mur pour me relever, non sans une grande difficulté. Mes jambes sont faibles, je dois avoir un appui solide pour ne pas tomber.

Le bébé n’est plus là. Haojun n’est pas là non plus. Soit il a réussi à arriver à temps, soit il est dehors avec les autres. J’espère au plus profond de mon cœur que mon mari a réussi à l’avoir avant les autres. Sinon…

Je serre les poings.

Je longe les murs en direction des combats. Manifestement, ils sont plus nombreux que mes protecteurs. Je dois aider. Je dois retrouver mon fils. Je ne vais pas rester en arrière comme une potiche.

A mon arrivée dans le jardin, je vois que les quelques hommes de main engagés par Xupeng sont morts ou entrain de perdre contre leurs adversaires. Ce sont des assassins, pas des bandits. Ils sont bien trop organisés. Xupeng se tient à distance et tire avec son arbalète, tandis que Francis et tente avec les gardes d’empêcher nos ennemis de s’enfuir.

Ils sont encore cinq. Nous ne sommes que cinq aussi, dont une handicapée et un eunuque. Je ne vois pas mon fils, mais je sens sa présence dans la maison, plus loin. Haojun doit être avec. Sa signature magique ne m’est pas inconnue.

Les intrus tentent de s’enfuir en passant par les jardins. Ils ne connaissent pas la maison. Pourtant ma position est délicate : je suis derrière eux. Ils pourraient aisément m’atteindre s’ils se retournaient et me fonçaient dessus. Je n’aurai pas la force de parer toutes leurs attaques. Je vais donc devoir faire autrement.

Je vais user de mes dernières forces pour les arrêter.

Je me redresse un peu, je croise les mains, comme lors d’une prière devant mon front. Debout, je ferme les yeux et je dis ces mots anciens :


« Le guerrier victorieux remporte la bataille, puis part en guerre. Le guerrier vaincu part en guerre, puis cherche à remporter la bataille. »

J’entends le murmure du vent tournoyé autour de moi, répétant mes mots comme un écho lointain. Venus de nulle part, cinq guerriers apparaissent simultanément autour de moi. Habillés et armurés à la chinoise, ils portent lances, marteaux de guerre et épées. L’équilibre des forces est revenu. A genou autour de moi, je leur fais signe de se relever.

Ils se tournent en direction de nos agresseurs. Et dans un dernier effort je dis distinctement :


« 杀了他们! »

Mes soldats dégainent leurs armes et avisent du regard mes adversaires. Et dans un élan simultané, ils chargent leur position. Les assassins, attirés par mon ordre, se retournent et se rendent compte qu’il y a plus de renforts que prévu.

Une fois ma consigne comprise, je m’affaisse de nouveau au sol, et j’observe les combats depuis le plancher. Les soldats rejoignent les combats avec ferveur tandis que Francis s’avance enfin pour attraper les criminels.


« YAAAAAAAAH ! » crie t-il.

Xupeng profite de nos renforts pour quitter sa position et me rejoindre en courant. Il s’agenouille à côté de moi.


« Huayan ! Ça va ?
- Où est… Le petit ? 
- Je l’ai confié à Haojun, il est parti se cacher dans mes appartements. »

J’hoche la tête en guise de réponse. Je l’appuie ensuite sur le mur, m’en servant comme maintien pour observer la fin du conflit.

Les assassins tentent de s’enfuir en passant par les toits, mais ils sont désormais encerclés par mes serviteurs, ils n’ont plus d’échappatoire. Je ne sais pas qui était la cible de cette attaque, moi ou le petit. Et cela m’importe peu, s’en prendre à ma famille, c’est un acte que je ne pardonne pas et que je ne pardonnerai jamais. Je trouverai les responsables, et… Je m’en chargerai.

Un de mes soldats se fait trancher la gorge par un des intrus, tandis que Francis profite de cette ouverture pour littéralement planter son marteau dans le crâne d’un autre. Le combat est violent. Ils sont bien entraînés. Mais ils sont coincés. Une lance se plante dans le torse d’un fuyard, tandis que mon fidèle pilote s’acharne désormais à en tuer un à mains nues en frappant avec ses poings déjà ensanglantés.

Et après quelques minutes de cette sanglante et vaine tentative d’assassinat, le calme revient. Xupeng prend les choses en main tandis que mes invocations disparaissent.


« Toi le garde ! Va prévenir la garde de la ville immédiatement, dit leur que nous avons été attaqué pendant la nuit et que nous avons tué les intrus en situation de légitime !
- Oui !
- Francis, rassemble les corps dans une brouette ou quelque chose et déplace-les dans la petite cour devant l’entrée. Fouille-les auparavant, au cas où il y aurait des informations sur nos attaquants.
- Ok ! Tout de suite !
- Toi le dernier… Va prévenir le maître que l’attaque est finie. »

J’approuve ces choix. Mais je ne suis pas capable présentement d’en faire part à Xupeng. Il se penche à nouveau vers moi et m’aide à me relever, il sera mon appui pour retourner à ma chambre, vu que nos serviteurs ne sont pas vraiment disposés à venir sur-le-champ.

« Vient Huayan, tu vas te reposer dans ta chambre, tu as fait beaucoup trop aujourd’hui. »

J’ai tellement sommeil…

« Range bien la maison après Xupeng… Ce n’est pas… Correct…
- Ne t’en fais pas, je m’occupe de tout. Dort… Dort Huayan. »

Et je rejoins de nouveau les bras de Morphée… Qui a bien pu mener cet assaut si soudain ?
Maître brasseur

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le Mer 19 Sep 2018 - 10:42
Encore une notation ?! Dieu, pourquoi tant de haine pour un pauvre panda, laissez-moi vivre !

Bon, qu’est-ce que j’ai à dire ici ?

Justement, j’ai envie de retransmettre en commentaire la discussion que nous avons eu il y a peu et ce rp convient parfaitement. Bien souvent, en rp sur forum ou même en jdr sur table, il y a le syndrome suivant : les personnages ne respirent jamais. Vraiment, il y a des centaines de cas et j’ai moi-même un personnage dans cet état d’esprit, les gars ne restent jamais en place où il n’arrive jamais rien de « banal ».

Bon, j’accentue le truc pour expliquer mon propos et j’ai moi-même un contre-exemple à mon propre débat. Bref, ça va être la foire aux paragraphes.

Donc, pourquoi est-ce que j’dis ça ? Dans l’exemple de Huayan en trois rp. Elle fait un déni de grossesse (ce qui n’est pas commun), un accouchement où elle risque de mourir (l’humanité accouche depuis des millénaires, c’est pas l’truc le plus régulier) et elle se retrouve à combattre le lendemain / surlendemain de son accouchement lui-même difficile ! Une fois de plus, j’accentue le machin, mais la meuf à pas le temps de respirer deux minutes.

Alors, d’accord, nous n’allons pas commencer à écrire les tracas du quotidien. Tel que « Huayan ne trouve pas sa deuxième chaussette » ou « Xupeng à mal dosé la coriandre dans le plat de nouille », car c’est, vulgairement, chiant. Cependant, j’pense que certains moments de la vie valent la peine d’être raconté dont les moments de repos. Ici, il y a avait une occasion parfaite pour que cela soit et reste un moment tendre. Toi, ton mari, l’allaitement du petit, une tasse de thé et on remballe !

Un exemple que j’aime beaucoup, Agon qui écrit sa lettre pour dire à Étro au Sanctum. Globalement, il ne se passe rien. Il écrit juste une lettre et c’est très bien ainsi. Les moments calme existent, ce n’est clairement pas un mal de les exposés et il ne faut pas croire que c’est chiant pour lecteur et que ça doit se retrouver dans une ellipse. Que du contraire, ça renforce le sentiment de normalité. Et j’en parle dans la moitié de mes commentaires, j’adore les rp sans importance.

Bref, j’parle beaucoup pour dire un seul et unique truc, profitez de la vie de votre personne. Ils ont une vie cool en dehors des combats, des jeux de pouvoir et du casse-couille répondant au nom de Death.

Oui, j’suis narcissique. Comme d’habitude !

Donc voilà, j’avoue avoir plus envie d’ouvrir un débat avec ce commentaire à l’instar d’un réel commentaire Pour ce qui est des points fort et point faible, tu les connais et tu travails dessus. Dans les deux sens. Donc, j’préfère en parler en cas d’avancée significative. Cette phrase n’est pas à prendre en mal.


Avancé : 30 points d'expérience + 310 munnies + 3 PS. Deux en Force et un en Symbiose

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