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le Sam 15 Sep 2018 - 19:00

[MINI-SERIE]

Ian prit place dans le vaisseau en partance du Domaine le regard vide. Direction le Jardin Radieux. Son ordre de mission avait été vérifié et re-vérifié par les templiers faisant le guet devant la station. Après tout, c’était un monde ennemi désormais. Et pourtant impossible de couper tout transit, étant donné le nombre de croyants vivant dans les Cités Dorées, tout comme les familles éclatées entre les terres du Consulat et le monde Quartier Général du Sanctum.
C’était la première fois que l’aspirant quittait son monde, et il n’arrivait pas à être enjoué, enthousiasmé, ou curieux. D’autres diraient qu’il y avait de quoi, pourtant. Il serait bientôt prêtre, et son instructeur lui faisait assez confiance pour lui avoir confié une mission hors du Domaine. Le Jardin Radieux qui plus était. Malgré les circonstances actuelles, c'était un beau monde. Mais à dire vrai, la tâche qui lui avait été déléguée l’avait été tant pour lui donner un goût de ses futures prérogatives, que parce que les effectifs manquaient.

Quelle était-elle cette mission lui demanderiez-vous ? Ian devait se faire messager de mort. L’affaire avait sacrément traîné, mais voilà un temps que certains membres du corps armé du Sanctum avaient été portés disparus en mission. Entre le temps qui s’était écoulé, puis la chute aux Ténèbres du monde où ils s’étaient rendus… le haut commandement avait confirmé sa décision. Présumés morts. Autant le dire, morts tout court. Ian n’était pas exactement optimiste quant à leur survie. Et pourtant, il eut préféré l’être.
Il avait connu l’un d’eux.

Le jeune homme posa les mains sur ses genoux. « Veille, Etro, de ton regard protecteur, sur le chemin d’or qui les mènera de leur dernier sommeil au repos. » murmura-t-il pour lui comme pour eux. Avaient-ils eu droit à une cérémonie ? A la réflexion, il ne le savait pas. L’idée lui arracha une moue désolée. Presque… attristée. « Salue-les, pardonne-leur les plus malheureux de leurs actes, et défend-les de se perdre sur le chemin de l’âme. » continuait-il, en un soupir monocorde.

Ian réfléchissait.

Ils étaient trois. Un templier, et deux aspirants. Déjà ce matin, le futur prêtre avait visité une jeune fille à la Citadelle. La gamine d’un scientifique vraiment pas piqué des hannetons lui avait-on dit. Quelqu’un qui étudiait les étoiles et les liens entre les mondes. Marla. Elle s’appelait Marla.
Eh bien, Marla était la personne à contacter en cas de décès du plus jeune gars du trio. L’un des autres présumés morts, son frère aîné, n’avait pour sa part personne. Alors… par défaut, quelque part, les nouvelles le concernant lui revenaient aussi. Le jeune homme se remémorait l’expression de son interlocutrice lorsqu’il lui annonça la nouvelle. Elle ne l’avait pas agrippé. Elle n’avait pas éclaté en sanglots, et ne l’avait pas assommé de questions auxquelles il n’avait pas réponse.

« Merci. »

Elle lui avait juste dit « merci. » Avec des yeux rougissants et un sourire triste. Ses mains blanches serraient le battant de sa porte. C’était à ce moment qu’il l’avait reconnue. Il l’avait aperçue quelques fois à la Citadelle, dans les quartiers du Sanctum. Il l’avait entendue chercher son mentor, le prêtre Colin McDiggs, une fois. Ian n’avait jamais su ce qu’elle venait lui demander ce jour-ci, ou pourquoi elle revenait si souvent. Il s’en faisait une idée désormais.

« Nous te prions, afin que… »

Une main amie se posait sur son bras. Ian délaissa le hublot vieilli pour le visage de sa voisine.
« — Ian… ça va ? demandait-elle, inquiète.
- Bah oui. Pourquoi t’veux qu’ça aille pas au juste ? mentit-il par ego.
- Rien, rien, je t’entends marmonner. Et puis… » Elle cherchait ses mots.
Le jeune homme esquissa un sourire à Alice Arsenault. Une fille qui venait du même village que lui ; quelqu’un à qui il n’avait presque jamais parlé jusqu’à ce qu’il entre dans les ordres, deux ans auparavant à peu de choses près. Quelle ironie. S’il avait eu du mal avec son caractère parfois trop effacé, Ian avait en vérité découvert une jeune fille de coeur dont il appréciait la gentillesse.
« — … tu n’avais pas l’air bien, finit-elle par lâcher.
- J’réfléchis à ma mission.
- Tu veux en parler ?
- Moyen. »
Ian se rendait au Jardin Radieux pour annoncer la nouvelle du décès présumé d’un templier à une femme qui y résidait ; ce n’était pas si compliqué à dire. Ce n’était pas même secret. Mais Alice aussi connaissait le gars en question et…
… et Ian réalisa qu’il ne voulait peut-être qu’esquiver la peine éventuelle de celle qu’il osait considérer aujourd’hui son amie.
Et il était hors de question qu’il soit ce genre d’homme.

« — En fait, c’t’à propos de… tu t’souviens quand on avait été voir ta famille pour l’village ? 
- Avec Valeri, M’sieur Agon et le templier Rhys ? 
- Oui.
- Je m’en souviens, oui… — comment eut-elle pu l’oublier ?
- Le templier Rhys est présumé mort. J’apporte la nouvelle à la… personne adéquate. »
L’aspirant gardait le regard sur Alice — se forçait à l’y garder. Il voulait être quelqu’un de fort. S’il ne l’avait jamais été par les armes, il le serait… autrement, se disait-il. Les lèvres de son amie restèrent entrouvertes un instant, en suspens. Ses sourcils s’étaient arqués légèrement et ses yeux arrondis. « Que… mais depuis..? » La bouche de Ian s’affina d’un pincement. « Un moment, déjà. » Il s’en voulait presque de ne pas en avoir parlé plus tôt, sans qu’il su ce qu’il aurait pu en dire. « Je suis désolé. »

Le templier Rhys était une personne qu’Alice n’avait vu qu’une fois. Ian à peine plus. Pourtant le jeune homme se doutait que son sort ne la laissait pas indifférente.
Tout s’était joué par une nuit où l’air frais balayait le souvenir d’une étouffante journée. Il y a un an. Un peu plus peut-être. Sans revenir sur les détails, suffisait à dire que Ian, Alice et l’homme d’armes avaient passé une soirée ensemble. La jeune fille était dans un état… l’aspirant s’en voulait presque d’y penser. Tout inexpérimenté qu’il était, c’était Rhys qui avait prit la main pour la calmer, puis pour la faire rire. Un homme à l'humeur souvent contagieuse. Un grand bol d'air frais, un sourire que l'on était toujours sûr de pouvoir trouver si on en ressentait le besoin. L'enthousiasme éternel.
Un type bien. Ian prit une lente inspiration. Ce soir là, lui aussi avait ri. Ce n'était pourtant pas gagné pour lui non plus. Son père malade et puis Alice... Alice.

« Est-ce que ça va, toi ? »

Son regard vide quitta le vague pour croiser les yeux bleus de sa voisine. « Euh, oui. Mais — » Pourquoi elle lui demandait ça ? Il le connaissait peu au final lui aussi, alors pourquoi ? Ian sentit son oeil l’irriter doucement. Arh, il devait avoir une poussière ce n’était pas possible ! Ou alors…
Ou alors. Le jeune homme passa la main devant ses yeux. Il se sentait ridicule. C'était à lui d'épauler les autres. Pas l'inverse. Et puis... il devait sourire, non ? La mort... il fallait la voir comme l'occasion de célébrer ce que les vivants avaient accompli et non se morfondre sur leur disparition. C'était, du moins, ce que l'on disait toujours au Domaine Enchanté, là où on priait Etro. Plus facile à dire qu'à faire. Ian se sentait... il se sentait triste,  tout simplement.

C’était parti. L'aspirant avisa l'extérieur tandis que le moteur de l'engin commençait à gronder. Il ne savait pas trop quoi ajouter. Tu parles d'un presque-prêtre... — sans trop crier gare, Alice se laissa tomber sur son épaule. Il en sursauta presque ! Le jeune homme jeta un regard aux autres passagers par réflexe. Purée mais ça allait pas de lui tomber dessus comme ça ?! Ses joues avaient rosi de surprise. Bon... personne ne leur prêtait trop attention. Son torse s'affaissa de soulagement. « Etro. Toi qui sais, toi qui vois. » l’entendit-il dire tout bas. Elle releva la tête vers lui. « Tu le fais avec moi ? »

Ian hésita un instant.
Puis il hocha la tête, lentement.

« — Essence de la pureté et de la bienveillance qui se cache dans le coeur de chacun — tu nous transmets l’amour et la compassion. 
- Nous te prions aujourd’hui afin que tu rappelles à ton étreinte les âmes de nos défunts. »
Le Drapeau Blanc

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le Mer 5 Déc 2018 - 15:12
Elle pensait que ce serait Vesper. Non.

Elle pensait que ce serait Chen. Naïve.

Bien, je vais m'occuper de cette mini-série. Comme je suis relativement au courant de l'histoire d'Agon et de ses PNJ, ça passe pour moi !

Et... Donc ce premier rp. Je n'ai que des choses mineures à critiquer. En fait, il est fort bon, il est très calme, il est aussi assez lent, ce qui me plait généralement. Ca fait longtemps depuis la dernière fois que je t'ai notée et je suis content de voir que ce que je t'avais reproché a été relativement corrigé ici, puisque je lis en comprenant bien quels sont les personnages, leurs liens entre eux, alors que je ne connais pas bien l'Agonologie.. Bien sûr, il reste des questions mais tu as été plutôt claire, franchement c'est assez agréable. Il ne fallait pas non plus alourdir le texte. Et qui plus est, tu le fais de manière subtile.

Bien sûr, c'est avant tout un rp introspectif et émotif. C'est très bien géré. Ce n'est pas tellement triste, c'est surtout extrêmement délicat, inconfortable. Et on ressent cet inconfort. Étant passé par un rp similaire avec Ravness, je retrouve en lisant ce que j'ai pris du plaisir à écrire : ce sentiment de gêne énorme. Bien sûr, on a aussi de la tristesse, oui. Je dirais qu'elle est sans prétention, et que c'est tant mieux, que ça va bien au Sanctum.

Bref, c'est vraiment un joli texte. Il est bien, et sans savoir ce que contiennent les suivants, il fait une introduction originale.

M'ont moins plu certaines choses :

- Il ne sait pas s'il y a eu une cérémonie pour la mort des soldats disparus lors de la destruction du Palais des rêves. Alors... bien entendu, le Sanctum est moins "religieux" qu'avant, en témoigne sa direction assurée par le chef des paladins et non plus par le Primarque; Ensuite, oui, Matthew était pas tellement le plus "foi" du délire. Mais une cérémonie pour des morts/disparus du Palais des rêves, événement quand même médiatisé et franchement tragique. De nouveaux "tombés au combat face à la Coalition noire et aux ténèbres" ? Quand on sait que le Sanctum a un délire de martyr, bien sûr qu'il y aura une cérémonie, à mon sens. Et je pense de toutes façons qu'un aspirant prêtre saura ces choses-là.

- Alice l'accompagne mais en gros, elle sait pas pourquoi. On en revient à ce que je disais, je pense que la mort d'un templier et deux aspirants, même si elle n'est pas certifiée, va être un minimum communiquée. Et puis même, qu'elle ne sache pas avant pourquoi elle y va, je trouve ça spécial. Bien sûr il n'est pas obligé de lui dire, j'ai cru comprendre que c'était une pécore. Mais je sais pas, je suis sceptique. Je trouve ça peu cohérent.

- "Quelle était-elle cette mission lui demanderiez-vous ?"

Ici, on a un triple problème. Le troisième fera la transition avec un autre souci qui cette fois-ci concernera l'ambiance. Mais les deux premiers sont syntaxiques.

Généralement, la grammaire et l'orthographe du texte sont vraiment bien, ici j'ai un petit souci.

Quelle était-elle cette mission lui demanderiez-vous ?

Comme ça, ce n'est pas correct.

Quelle était-elle, cette mission, lui demanderiez-vous ?

C'est déjà plus correct. C'est pas super beau mais enfin. Dans cette phrase, on a typiquement l'exemple de l'importance de la ponctuation pour laisser une phrase respirer. Et si parfois, la ponctuation n'est pas hyper importante, ici, bien, puisqu'elle va permettre une lecture fluide de ta phrase. Typiquement, si tu lis cette phrase, il va y avoir une pause, même minuscule entre mission et "lui demanderiez-vous ?" Plus généralement, dans ta phrase, tu fais l'emphase sur "la mission".

J'explique pour ceux qui ne comprendrait pas : La phrase de base qu'on a modifiée pour arriver à celle-ci, c'est : Quelle était cette mission ?

Tu veux insister sur le mot mission, tu vas donc dire "Quelle était-elle, cette mission ?"

Lorsque tu fais une emphase, c'est quand même bien de marquer cette emphase, et donc de la mettre entre virgules, par exemple. Ca va servir à une chose : Le lecteur saura comment lire ta phrase. Il va insister sur "elle" et sur "mission".

Je pourrais aller plus loin et dire que quand tu fais une reprise anaphorique, tu dois un peu séparer le nom de son pronom.

Mais au lieu de ça : Pourquoi "lui demanderiez-vous ?" Pourquoi un conditionnel présent ? Ici, je ne comprends pas, et il me sort un peu du texte, ce conditionnel présent. Pourquoi pas "lui demanderez-vous" qui est plus certain, qui est plus... En fait, je trouve que cette question, et cette phrase, dénote à tous les niveaux avec l'ensemble du texte. C'est un bon texte mais le temps d'une phrase, tu fais ce que j'appelle un "oubli de style".

On est dans un rp qui parle de ton personnage, qui est introspectif. On est dans sa tête, on ressent ses sentiments, sentiments qui sont tristes et... tu nous poses une question ? C'est trop dommage, d'autant que ton personnage était à fond dans sa solitude à ce moment-là. En plus c'est pas "quelle était cette mission ?", où on aurait pu se dire "ah c'est une figure de style. L'auteur ne s'adresse pas à nous..."
Non ! C'est "Quelle était-elle, cette mission ?" donc, tu insistes à mort, tu mets trop d'énergie (l'emphase se pretait pas du tout du tout) et en plus "lui demanderiez-vous ?" où là c'est sûr que tu nous prends à parti. Et le conditionnel vient en plus nous rappeler que "Hey vous êtes des lecteurs, c'est pas comme si vous étiez en position de lui demander quoi que ce soit". Le futur aurait sauvé les meubles parce qu'on se serait dit : Ah. Donc, nous ne sommes pas des lecteurs, nous sommes des témoins qui peuvent demander. Alors bien sûr, je vais trop loin mais pourtant, moi, c'est ce que ça m'a fait.

- Et du coup j'ai noté une autre phrase qui m'a fait ce coup-là. Donc le problème, c'est que tu ne peux pas tuer l'ambiance que tu es en train d'installer. Genre un moment, tu dis que Ian est allé présenter ses condoléances à d'autres gens, et donc c'est un moment vraiment solennel, c'est triste, et dans le paragraphe, tu écris : vraiment pas piqué des hannetons. Franchement, ça va tellement pas avec l'ambiance très lente et solennelle que tu installes. Et oui y a des personnages à qui ça va, mais là non.

Après bon, c'est un super rp, hein. C'est juste que là, je crois qu'il y a vraiment un truc sur lequel travailler.

Donc mini-série accomplie.

5 xp, 50 munnies et 1 PS en symbiose.



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