Le Chien noir

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le Mer 12 Sep 2018 - 21:57
S'ouvrent les portes des geôles, lourdes et sonores, pour que s'y déploient deux paires de gardes à la lueur des néons : la première va immédiatement stationner devant la prison de Lenore et la deuxième devant celle de Narantuyaa. Les ordres sont simples, les consignes sont clairs. Ils ont à surveiller les mercenaires, en restant à bonne distance, pour s'assurer que rien d'inconsidéré ne soit tenté. Loin des barreaux pour qu'on ne puisse pas les attraper mais aussi, loin les uns des autres autant que faire se peut. Les captives ont prouvés maitriser quelques pouvoirs surnaturels… ce sera beaucoup plus difficile de toucher en même temps d'un sort, ou d'une quelconque attaque, deux personnes qui se tiennent un minimum éloigné. Plus difficile mais pas impossible, hélas. Parmis les consignes, il y a aussi celle de ne pas interagir avec les prisonniers tant que ceux-ci ne sortent pas des cellules. Un incident a déjà eu lieu mais il est hors de question que ça se reproduise sous les ordres Jack ; qu'une mercenaire s'amuse à jeter des trucs à travers ses barreaux n'est pas une raison pour lui donner une occasion de s'échapper. Et qu'elles jouent de provocations non plus.
Le chef veut ses gardes noirs silencieux comme des ombres, plus impassibles que des gargouilles.

Jack Inèrsse s'engouffre dans les cachots à son tour comme s'enfonce le surin d'un assassin entre deux côtes, simplement vêtu : un treillis noirs, des rangers aux pieds et d'une chemise blanche froissée. Lui-même est décoiffé, les yeux cernés de violets, le teint pâle d'un insomniaque mais les yeux pourtant vivaces, nerveux. Son pas est préssé, un peu anxieux, tandis que sans ralentir ni s'arrêter, il inspecte d'un oeil inquisiteur les cellules sur sa route. Les portes sont toujours grandes ouvertes, le transfert doit se faire de manière aussi fluide que possible dans l'intérêt de tout à chacun.

Les Princesses de Coeurs… belles comme au premier jour, même au fin fond du cachot… et jusqu'ici, très tranquille. Ont-elles abandonnés l'idée d'un jour s'évader ? Pourtant, on attendrait de ses femmes au coeurs de pur lumière qu'elles ne perdent jamais espoir. Sur sa route, Jack sent un malaise l'envahir à passer près d'elles… comparable à la chaleur d'une maladie, une sorte de fièvre le fait se sentir mal dans ses baskets. Lui qui a le coeur si sombre peine à supporter la lumière qui s'en échappe. Qu'est-ce qui garantit qu'elles ne peuvent pas faire s'évanouir les coalisés, si sombres de coeurs, d'un flash ou d'une autre saloperie magique ? Au moins les secouer.
Il y a aussi Lenore… et pour que Death veuille la garder… dans le meilleur des cas, il a encore des informations à en tirer. Or, pour tenir à ce point à vouloir les lui extorquer personellement… elle doit être incroyablement dangereuse.

Finalement, Jack arrive devant la cellule de Narantuyaa qu'il s'empresse de détailler de la tête aux pieds ; qu'il scrute jusque dans le moindre détail. De longues secondes silencieuses, presque jusqu'à la minute, sans une fois cligner des yeux. La pauvre, vraiment. Couvertes de blessures de la tête aux pieds, pas tout à fait fraiches mais pas refermés non plus. On devine pourtant encore l'athlétisme de sa carcasse dérrière toutes ses blessures. Le Chien Noir avait mal rien qu'à la regarder. Et à cette vision, s'il ressent un peu de pitié, c'est surtout la déprime qui l'envahit. Le voilà qui se frotte plus que les yeux, le visage tout entier… y passe ses mains lents et insistants, à s'en tirer la peau, de haut en bas comme pour en laver la fatigue. Crevé d'avance, Jack eut été prévenu que la détenue serait en mauvais état… mais à ce point-là... ?
Désespéré, Jack soupire résigné de voir qu'il a bien plus de travail que prévu.

Tout ce qu'elle a pu souffrir… tout ce qu'on a du lui faire subir… tout ça ne peine pas Jack, ne lui arrache pas la moindre compassion. Tout ça ne fait que le désespérer, fatigué d'avance face à la tâche qui l'attend. Son dur labeur semble saisir chaque opportunité pour s'alourdir ; ce qui n'empêche pas l'aiguille de tourner.

« Bonsoir Narantuyaa… » Le regard du jeune homme se plisse soudain. Ces stigmates, cicatrices et hématomes sont certes horribles mais… ne surjoue-t-elle pas un peu ? Après tout, plus vulnérable parait-elle, moins vigilants seront ses geôliers. Raison pour laquelle Jack se tient à bonne distance des barreaux. « Pour que tu le saches, à condition que tu coopères sans faire d'histoires, ta situation ne peut que s'améliorer. J'en connais une autre… » Et très rapidement, Jack jette un vague regard dans la direction où se trouve Lenore, sans s'arrêter de parler. « …qui ne peut pas en dire autant. C'est le moment où tu réalises la mansuétude de la Coalition Noire envers ceux qui savent quand s'arrêter. »

Est-ce bien vrai ? A vrai dire, Death n'est pas le genre de personne à qui l'on se permet de poser des questions. Jack craint pourtant qu'il ne veuille bien plus que des simples informations venant de Lenore. Se pourrait-il qu'elle le manipule, d'une quelconque façon ? Ou même qu'il veuille carrément la recruter ? Après tout, le Chien Noir dirigeait la Garde Noire en ayant tuer son prédécesseur… et un certain "Kuro" venait de rejoindre la Coalition Noire, justement en tuant un garde noir.
Dans un autre soupir, entre lassitude et agacement, Jack reporte son regard sur la mercenaire, l'air toujours aussi soucieux.

D'ordinaire, il tâche de ne louper aucun détail de son environnement, d'être à cent pour cent attentif… mais a tellement d'autres choses à penser que ca en devint impossible. Quid du dirigeable rose à Agrabah ? Quid du remplacement du garde noire mort des mains du nouvel arrivant ? Et de celui que Death a foutu en cellule ? Comme s'il suffisait de secouer un arbre pour qu'en tombe des gardes noirs ! Sans parler de sa prochaine mission au Domaine Enchantée, honnêtement, il n'aura jamais le temps de tout faire ! L'idée de ne pas pouvoir être complètement, à cent pour cent, concentré sur la situation présente le terrifiait au plus haut point. Son visage s'en fait agacé comme si un mouche venait l'ennuyer ; comme si une migraine le hantait ; comme si une rage de dent l'habitait. Ce transfert va prendre du temps, peu importe l'énèrgie avec laquelle on s'y attèle.

Et même… si ses yeux restent rivés sur Narantuyaa, la présence de sa collègue, il ne peut pas l'ignorer à partir du moment où les deux coopèrent. Difficile de dire à quel point les autres prisonniers sont découragés mais… lequel, honnêtement, ne sautera pas sur une occasion de s'enfuir ? Ou juste de nuire ? Plus particulièrement les rebelles et autres opposants, de toute façon destinés à finir en cobaye pour Salazar, ils n'ont plus grand-chose à perdre. Quand aux deux mercenaires, elles ont prouvés ne craindre aucune répercussion, allant jusqu'à se rebiffer face au grand patron lui-même. A partir de là, on sait d'avance qu'elles saisiront la première opportunité de s'échapper et… pour réussir sa mission, Jack n'aura pas le choix que d'en fournir, des opportunités.

« Ta coopération sera plus qu'apprécié. » Dit-il, neutre… un peu morne, sans vie ni énèrgie. Surtout saoulé d'avance par la journée qui l'attend. Préssé d'en finir, désireux d'allez droit au but. « Tes mains bien en évidence plaqués sur le mur au fond de ta cellule, je te prie. »  

Dès que ce sera fait, Jack ouvrira la cellule… et les deux gardes noirs qui la surveillent y entreront pour menotter la prisonnière -poignets et chevilles- puis l'escorter jusqu'à la sortie du manoir. Le Chien Noir restera en retrait, c'est bien la meilleure position pour intervenir en cas de problème. Il pourra voir la prisonnière mais elle ne pourra pas le voir.

« Si tu ne coopères pas, on utilisera bien évidement la force. » Et c'est bien la dernière chose que veut Jack : rendre cette mission plus compliqué qu'elle ne l'est déjà. Un somnifère venant de Salazar aurait été apprécier mais trop pris par ses expériences, celui-ci n'est pas disponible pour le moment, hélas. « Je suis même disposé à te dire ce qui est prévu pour toi mais uniquement en-dehors du manoir et seulement si tu coopères. »

C'est un appât comme un autre que d'essayer de la rendre curieuse. D'après le fichier de la Shinra sur les mercenaires, Narantuyaa serait une arbalétrière originaire de la Terre des Dragons mais… rien de plus. Rien de bien intéréssant Et concernant Lenore, pas tellement d'infos non plus… la Coalition Noire elle-même étant plus informé, c'est dire. Par contre, il est précisé dans le fichier que ni l'une, ni l'autre, ne maitrise la magie, le psychisme ou la symbiose. Ca veut bien dire que ce fichier n'a rien de fiable et qu'il faut rester incroyablement vigilent.

« Puisque je ne peux pas te forcer à coopérer de ton plein gré… à toi de voir si tu veux la jouer cool ou non. »

Les six gardes habituellement en postes dans les sous-terrains qui n'ont pas bougés… les quatres qu'a ramené Jack depuis la Cité du Couchant… et Jack lui-même, ca fait onze. Un total de onze gardes noirs pour gérer une prisonnière au bout de sa vie… qu'elle coopère ou non, en théorie, ça devrait passer. Pourtant, le Chien Noir reste… tendu, les nerfs à vifs. S'attend au pire… s'attend à tout et à n'importe quoi… jusqu'à fixer Narantuyaa, refusant jusqu'à cligner des yeux pour être sûr de ne louper aucun détail.

Elle… plus Jack la regarde, plus il se dit que quelqu'un d'ordinaire ne peut pas survivre avec de telles blessures… lui-même ne pourrait pas. Se méfier… toujours se méfier… même d'une mercenaire à moitié-morte en cage ? Surtout d'une mercenaire à moitié-morte en cage.
Barbare au rhum

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le Ven 14 Sep 2018 - 17:18
Son sang battait plus vite à ses tempes.
Quelque chose l’avait tiré de sa torpeur.
Mais quoi ?


La douleur se ravivait peu à peu, aussi traînante que son esprit fatigué.
Il lui fallut quelques instants pour se rappeler de l’essentiel. Le haut, le bas. Comment respirer, comment déglutir avec des muqueuses prises de sang séché.
Puis Narantuyaa – elle se souvenait maintenant que c’était son nom - put commencer à analyser sa situation.

Des mots. Des phrases, même.
Elle réfléchit. Son cerveau progressait par halte.
Le ton était inquisitif. Méfiant. Mais… Il n’avait pas le dédain de son précédent tortionnaire. Pas les mêmes tournures, pas la même arrogance.


Une première conclusion s’imposa lentement à son esprit : Elle subissait la conversation d’un inconnu.
Une possibilité.
Vu sa situation – la douleur diffuse lui rappelait peu à peu la prison, Death, la balle qui lui dévorait la cuisse – Une conversation semblait tout à fait incongrue.

Qui pouvait bien vouloir lui causer ?
….

Naran ouvrit un œil.


La lumière aveuglante de nouveau néons lui arracha un grognement. Une demi-douzaine de silhouettes troubles… Des gardes. Encore.
Et l’un d’entre eux qui lui parlait toujours.

Son œil se referma.
Elle était occupée.
Qu’ils reviennent plus tard.


Mais les ombres devant sa porte ne bougèrent pas d’un pouce.
Pire, leur meneur continuait son absurde discours.

Pourquoi ?
Il n’était pas mielleux.
Mais il voulait quelque chose.
Sans avoir la force de lui cracher à la gueule, Naran tenta de lever un sourcil.

Tâche difficile, vu sa situation.
Sur sa face droite, un énorme hématome alourdissait son arcade déjà sanglante. La blessure la marquait depuis son arrivée dans les geôles, comme si l’intégralité des invités du bal l’avaient piétiné là dans leur fuite. De ce sourcil-là, Naran imaginait qu’il ne restait qu’une poche bleuie encroutée de sang.
Sur son côté gauche, son visage avait gardé un semblant de cohérence : Seuls deux bleus sanguinolents tailladaient ses pommettes blanchies par l’anémie. Mais, abusé par la douleur et les vertiges, ses muscles faciaux restaient peu coopératifs…
Ainsi, son sourcil se leva que très péniblement, déchirant au passage les coupures à demi cicatrisées qui maculaient son front et ses lèvres.

Il n’y eut, dans sa sombre audience, aucune réaction.


Ils voulaient quelque chose d’autre, donc.
La Mercenaire frissonna. L’odeur du sang frais attirait déjà, de toutes les parts de son corps, des atomes d’énergies pure qui sapaient sa force et se pressaient pour réparer ses nouvelles égratignures.

Vite, qu’ils la laissent en paix, qu’elle puisse dormir et reprendre ses forces…


Mais ils ne partaient pas.

Frustrée, Naran essaya de comprendre ce qu’ils exigeaient d’elle.
Laissant sa cervelle analyser les syllabes de son interlocuteur, elle en décrypta quelques bribes.
Ses mains. Il voulait ses mains ?

Enfin, elle comprit. Il avait peur qu’elle s’échappe ?
Naran eut un rire. Un rire qui, avec ses côtes cassées, fut plus proche d’un renâclement gras… Mais un rire tout de même.
Ahh, ça faisait du bien, de rire. Même de si peu…


Adossée qu’elle était au fond de sa cellule, elle se demanda un instant où étaient ses fameuses mains.
Elle les trouva là où elle les avait laissés : Au bout de ses bras tombés de fatigue, à quelques centimètres du torchon qu’elle avait noué autour de sa jambe.

Un torchon ?
Ah. Ses guenilles, déchirées en un linge de fortune.
Elle avait donc renoncé à la pudeur pour éviter de perdre sa jambe. Un choix logique… Quoique la présence de si nombreuse compagnie lui fasse presque regretter.

Suivant les éclats de douleurs, elle trouva aussi l’une de ses cuisses, étalées sur le sol, aussi immobile que possible. L’autre, presque valide en comparaison, s’était recroquevillé autour d’elle en un dernier rempart.
Derrière cette maigre protection, elle aurait aimé avoir caché une arme, un arc, un bâton de dynamite, ou ne serait-ce qu’un couteau de fortune… Mais elle n’avait rien d’autre que son corps lacéré, boursouflé, repeint de brun rougi et de bandes de lin.


S’ils entraient, serait-elle capable de bondir ? De filer d’un à un, de frapper menton et abdomen pour les mettre tous à terre ?
Naran aurait bien voulu y croire… Mais la réalité s’imposait à elle comme une enclume : lourde, et inévitable. Pas en sa condition actuelle, en tout cas.

Son œil s’ouvrit à nouveau.
Son visiteur la fixait du regard.
Le fixant à son tour, elle retourna péniblement ses mains, le laissant apercevoir ses paumes noircies.
C’était tout ce qu’elle pouvait, pour l’instant. Il n’aura qu’à s’en contenter.
Le Chien noir

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le Ven 14 Sep 2018 - 19:32
C'est sortit tout seul avec la plus profonde lassitude.

« Oh putain. »

La prisonnière, complètement à l'ouest, a à peine l'air de vaguement comprendre ce qu'on lui raconte. Et pire que ça, pas foutue de se déplacer par ses propres moyens. A chaque seconde supplémentaire où Jack la regarde, celui-ci se rend compte avoir sous-estimé l'ampleur de la tâche et avec, le temps que ca va lui prendre de la rendre un minimum présentable. C'est que… il n'a pas que ça à foutre non plus, encore une fois. Sérieusement, quel intérêt de la foutre dans un état pareil ?! Et qu'on ne lui parle d'en soutirer des informations alors qu'elle n'a même pas l'air capable de parler ! Va vraiment falloir que l'intendant dresse ses putains de geôliers et leur inculque un peu de retenue. Ou alors c'est Death qui s'est amusé avec ? Pourtant, c'est surtout Lenore qui l'obsède en théorie, pourtant en moins mauvais état. A moins que Narantuyaa ait cherché la merde ? Si c'est ça, bon dieu qu'il lui en veut. De toute façon, à cet instant, Jack en veut à plus ou moins tout le monde, profondément exaspéré du temps que ça va lui prendre de la remettre en état.
Il redevient impassible, cependant, observant la prisonnière d'un oeil attentif de longues secondes. Le coeur empli d'espoir… même là, il reste une chance que tout ça ne soit que de la comédie, un savant jeu d'acteur destiné à le piéger.

Désespéré, le Chien Noir plaque une main sur son front, au bout de sa vie en comprenant finalement qu'elle est en aussi mauvais état qu'elle en a l'air. Lentement, il jette un regard à la prisonnière entre ses doigts… puis détourne son regard en laissant son bras ballant, lâchant un bruit en râle et soupir. Ses yeux sur elle de nouveau, Jack a l'air peiné et pour de vrai, il l'est. Au final, quand bien même la mercenaire lui fait un peu pitié, c'est surtout pour sa propre personne qu'il se lamente. Ca va prendre un temps fou avant de la remettre en état.

« Laissez tomber les menottes, on l'embarque comme ça. » Des bruits métalliques se font entendre alors que la clef pénètre dans la serrure et que la grille s'ouvre, laissant les deux gardes noirs s'y engouffrer attrapés la mercenaire quasiment inerte… et là, c'est le drame. Déjà que la prisonnière est un sacré boulet, voilà que ces imbéciles de larbins y vont avec toute la douceur d'un béhémot en rage berzerk. « Putain ! Faites gaffe un peu ! » S'agace Jack, grinçant des dents avant de souffler furieux entre ses dents, parlant soudain à voix plus basse comme pour se convaincre qu'il se calme. « Et merde. »

L'intendant se mord l'index, tâchant de calmer sa soudaine anxiété pour clarifier ses pensées. Pas que la situation soit hors de contrôle mais… un peu névrosé, Jack avait prévu tout un plan et ce boulet de mercenaire, en si mauvais état, perturbe un peu touts ses projets. Après avoir été rendu présentable -et donc reçu un minimum de soins-, il est prévu que Narantuyaa arrive au spatioport. Là-bas, elle doit être propre… mais même si Death ne l'a pas précisé, il parait évident qu'elle doit pouvoir marcher toute seule et parler, au minimum. Or, le spatioport se trouve à la Cité du Couchant et c'est aussi là que se trouve la caserne de la garde noire, disposant de sa propre infirmerie.
Donc… quitte à la soigner, autant le faire le plus tard possible, le plus proche possible de la destination finale.

Ce qui implique de traverser la forêt puis une partie de la ville pour ensuite prendre le train jusqu'à la cité du couchant pour enfin rejoindre la caserne, y rendre la mercenaire présentable, puis finalement l'emmener au spatioport. Mine de rien, tout ce chemin ne se fait pas en deux minutes. C'est tentant de la trimballer telle quelle -comateuse- sans avoir à se soucier qu'elle ne s'échappe tout le long de cet interminable itinéraire. Sauf que là… Jack n'est même pas sûr de pouvoir lui faire traverser la forêt sans qu'elle ne lui claque entre les pattes. Le dilemme est le suivant… prendre le risque de l'abimer encore plus, jusqu'à potentiellement la perdre en suivant le plan de base… ou prendre le risque qu'elle ne s'échappe durant le trajet après l'avoir soigné directement à l'infirmerie du Manoir.
L'index de l'intendant se met alors à saigner. Les deux gardes noirs attrapent la mercenaire, plaçant ses bras par-dessus leurs épaules et la soulevant, plus ou moins, que ses pieds trainent un peu par terre n'est plus si important au point où on en est.

Qui aurait cru qu'avoir à gérer une prisonnière à moitié à poil et à sa merci serait si peu excitant ? Bien au contraire, la pauvre a tant subi qu'elle en devient incroyablement repoussante. Finalement, elle recevra un minimum de soins directement au manoir, dans l'infirmerie habituellement réservé aux exécutants. Ainsi la mercenaire remonte le long du couloir des prisons, portés par deux gardes et suivit de près par Jack, pas tellement jouasse. Ce n'est qu'une fois que celui-ci aura dépassé la cage de Lenore que les deux autres larbins emboiteront le pas.

« Comme si j'avais que ça à foutre… » Marmonne haineux Jack en se frottant la tignasse à s'en brûler la peau du crâne. « …j'espère vraiment pour les geôliers que c'est Death qui l'a foutu dans cet état-là parce que sinon, ca va chier des bulles. » Puis, il semble perdre toute énèrgie en lui, s'exprimant comme d'une voix trainarde et plaintive, un sourire fatigué aux lèvres… son maigre réconfort, c'est d'avoir des sous-fifres pour manutentionner Narantuyaa à sa place. « Ainsi va la vie. »
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le Ven 14 Sep 2018 - 23:21
Lenore serrait son couteau sombre dans la main en surveillant le petit manège de ses ennemis. Ils l’avaient réveillé bruyamment, la terrorisant au sortir d’un cauchemar. Ils s’étaient postés, sûr d’eux et renfermés, fuyant son regard. Prêts à tout et visiblement là pour une chose particulière. Mais pas pour elle à son grand étonnement.

Un homme à l’allure débraillée semblait être le donneur d’ordre en ce jour… cette nuit ? Elle avait perdu le fil du temps depuis un moment, ses repos étaient effrités par des angoisses de plus en plus violentes.

Cet inconnu n’avait d’yeux que pour Naran. Mais que lui voulait-il ? L’abuser ? La tuer ? La récompenser ? La tenter en lui promettant récompenses et gentillesse ? La rousse n’avait pu retenir un rire à cette pique volontaire. « Ceux qui savent s’arrêter » elle n’en faisait clairement pas partie. Elle espérait que sa collègue n’en ferait pas parti non plus. Pouvait-elle succomber ? Peut-être… Elle espérait réellement qu’elle résisterait, qu’elle les enverrait dans les choux par fierté mercenaire.

Puis l’homme fatigué par l’anticipation de sa tâche laissa glisser des mots intéressants. Ils l’emmenaient en dehors du manoir ? Lenore posait sons front contre les barreaux pour mieux y voir et s’approcher d’eux. Ils l’emportaient dehors. C’était inattendu. Elle allait se retrouver seule ici. Sans aide aucune.

Une angoisse de plus s’accumulait.

La mongole était enfin en vue et dans un état vraiment déplorable. Le feu reprenait dans les veines de la rousse. De la voir si fragile, si malmenée. Par sa faute ? Par la faute de Death ! Et l’autre homme, qu’allait-il encore lui faire malgré son apparence blasée et épuisée? C’était trop dangereux de les laisser faire. Elle ne pouvait pas se permettre de la perdre !


« C’est le maton d’avant qui l’a tabassée. Mentit-elle pour causer quelques remous auprès des gardes. Si l’un d’eux pouvait se faire tabasser gratuitement, elle ne pouvait qu’en profiter. Vous comptez lui faire quoi ? Vu son état, je dois pouvoir le faire mieux qu’elle. Pas vrai ? Fit-elle avec un clin d’œil pour le garde le plus proche. Toi tu le sais bien. » Elle sourit de le voir froncer les sourcils mais se retenir de bouger, parler voir respirer sans ordre.

« Vous feriez mieux de la laisser là le temps qu’elle se repose. Le patron ne va pas être très content. Il a l’air de nous inviter pour un moment.» Elle grimaça à sa propre phrase, si impatiente de s’échapper, retrouver le ciel et les étoiles, l’air, la liberté.

Elle penchait la tête de côté observant de haut en bas le supérieur sans convictions. S’ils ne réagissaient pas à ses provocations qu’allait-elle pouvoir faire ? Ils étaient loin, hors de portée. Mais ils avaient la clé.

Comment allait-elle empêcher les cinq hommes de passer la porte ? Elle chercha son souffle, son énergie, sa magie potentielle. Si elle pouvait les faire étouffer… les faire s’évanouir... leur faire peur comme la panique qu’elle avait vu dans les yeux d’un précédent.

Si seulement Naran pouvait reprendre du poil de la bête et les fracasser, en faire tomber au moins un près de sa grille ! Ils avaient eu la bêtise de ne pas la menotter.

Elle plissait les yeux, respirant un peu plus profondément, laissant son agacement, son mépris alimenter sa volonté. La clé de son psychisme. D’une façon ou d’une autre, ni Naran ni cette clé ne sortiraient de la pièce à cet instant.
Le Chien noir

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le Sam 15 Sep 2018 - 15:36
Posté à la même distance que ses gardes chargés de la surveiller, relativement neutre et froid quoique l'air un peu renfrogné, Jack inspecte la rousse d'un oeil soucieux tout en écoutant son baratin. Du blabla qui ne l'intérèsse pas vraiment, en vérité. Il reste surtout préoccupé par ses capacités surnaturelles dont il n'a eu que de vagues échos jusqu'ici. Instinctivement, l'étreinte de sa main se resserre sur son trousseau de clef que l'intendant range dans sa poche, sa main avec. Au final… quand bien même c'est risqué, ce serait peut-être plus productif de voir ce dont la mercenaire est capable de ses propres yeux plutôt que de rester là à se le demander. Il lui parait évident, cependant, que ses talents de sorcières ne peuvent rien contre sa cage elle-même, c'est la seule affirmation que se permet le Chien Noir.
Puisqu'ayant les couilles de s'opposer à Death, de loin le plus puissant de la Coalition Noire, difficile de croire qu'elle n'aurait pas tordu les barreaux ou fracasser les murs si ça lui était possible.

« Tu es invité pour un moment. Elle ne l'est pas. » Répond-il enfin, sans avoir cligner des yeux depuis le début de la conversation. « Peut-être pour ça qu'elle est en si mauvais état que ça et pas toi ? » Et honnêtement, Jack pose autant la question à Lenore qu'à lui-même.

« Chef, je te jure que… »

« Si c'est bien Death qui a mis Narantuyaa dans cet état, il ne s'en cachera pas. » Coupe-t-il sèchement. « Et ce n'est pas comme si j'allais vous fracassez sur les dires d'une prisonnière. Ce qui ne veut pas dire que je ne vous fracasserais pas au besoin non plus. » Ca lui semble important de le préciser, pour rassurer un minimum ses hommes et… peut-être les détendre. Death va voir rouge si on touche à son dernier jouet et quand bien même les geôliers en paieront le prix, puisqu'étant leur responsable, Jack en paiera le prix aussi. Autant faire au possible pour éviter les petites vengeances inutiles pour des histoires d'égo à la con. C'est pour ça que le Chien Noir, bien que faisait la gueule, ne réagit pas plus que ça aux dires de Lenore : il tâche de montrer l'exemple quand à la conduite à tenir.

« Concrètement, on se débarrasse d'elle… tu ne peux pas vraiment le faire à sa place, malheureusement. »

Jack ne se serait pas permis de lâcher la rousse trop longtemps des yeux, jetant néanmoins un bref regard en direction de la pauvre Narantuyaa. La paire de gardes chargés de la manutentionner vont vers la porte pour y attendre que Jack les rejoigne avant de sortir de la prison, et d'un geste de la tête, l'intendant intime au deux derniers de faire de même. Du sang-froid, bon sang. Il s'agit juste de se rappeller qui est de quel côté des barreaux… comprendre qui est définitivement dans la merde quoiqu'il arrive et qui pourrait ne pas l'être, à condition de réfléchir un minimum. Au final, Jack pourra toujours revenir essayer de matter la dernière mercenaire des cachots plus tard, en attendant, il est venu ici pour Narantuyaa et rien d'autre.

« Je suis curieux de voir quels genres de pouvoirs magiques tu possèdes mais j'ai du boulot. Ciao. »

Sans un mot de plus, notre homme ferme la marche et se dirige lui aussi vers la sortie… se tordant le cou pour garder Lenore à l'oeil.
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le Lun 17 Sep 2018 - 11:42
« PERSONNE »

Elle se concentrait sur sa respiration, faisant monter l’énergie en elle. Ses yeux ne clignaient plus et restaient figés dans ceux injectés de sang et de fatigue du chef des gardes. Ses mains serraient la grille à s’en faire blanchir les mains. Il avouait vouloir tuer Naran et son sang n’avait fait qu’un tour. Est-ce que l’histoire se répétait comme l’avais ironiquement rappelé Death ? Sa camarade allait mourir pour l’avoir accompagnée ? Juste parce qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment.

«  NE PART »

Son souffle s’accélérait. Sa voix se faisait rauque et haineuse. Son sang s’accélérait. La chaleur parcourait ses veines et battait dans ses tempes. Le feu s’accélérait attisant ses angoisses, ses émotions négatives, son impatience. Ils gagnaient la porte, emmenant Naran loin d’elle, emportant la clé des cellules. Et elle que pouvait-elle faire ? Enfermée sans rien d’utilisable, sans aide, avec sa seule alliée qui disparaissait sous ses yeux. Oubliée de tous dans ce trou sombre et sordide.

« SANS MOI ! »

Elle sentait une brûlure dans ses yeux, un picotement acide qui grignotait leur centre. Elle refusait de laisser partir cette occasion. Elle lâcha la tension dans son cœur et son corps, cédant à cette force grandissante en elle, concentrée sur ses cinq hommes dont le souffle précieux était volé par la mercenaire. C’était sa seule solution. Elle l’avait déjà fait à Death ici même. Elle imaginait dérouler un ruban, tirant dessus de sa seule volonté pour que l’air quitte leurs lèvres, leurs poumons, de plus en plus vite. Elle leur volait leur souffle. L’air autour d’eux se troublait, se faisait épais. Mais ils étaient nombreux et elle devait se concentrer entièrement.

Ils hoquetèrent d’abord. Pris par la surprise, essayant de respirer plus vite pour pallier au manque d’oxygène. Les yeux du chef des gardes rivés sur elle s’arrondirent plus encore. Leurs gestes se faisaient lourds, plus lents. Ceux portant la mongole perdirent leur force devant le poids inerte de celle-ci.

Continuer.
Elle gardait l’esprit focalisé sur l’air les entourant et même Naran sembla respirer plus difficilement.

C’était la seule solution.
Les faire asphyxier, s’effondrer au sol, mourir. Ils ne devaient absolument pas quitter la pièce.

Elle refusait de rester seule, abandonnée.
Les deux soldats libres cherchèrent leurs armes, commençant à plier sous l’effort de rester debout, le souffle toujours plus rapide. Mais leur chef les pressa de sortir.

Non !
Elle accentua sa concentration mais déjà la porte s’ouvrait.

NON !
Ils fuyaient, passaient le chambranle avec le soutien de ceux restés derrière celle-ci. Ils glissaient entre ses mains comme du sable fin.
Elle perdait son emprise, sa concentration, pestant contre la grille. Elle avait encore échoué, n’avait encore pas eu assez de force pour ses ambitions. Le sang coulait de son nez.
La porte se referma et le silence lourd qu’ils laissèrent derrière eux, fut brisé par les chocs violent et répété du crâne de la rousse contre la grille. Furieuse. Elle n’avait plus aucun moyen de contrôler cette rage qui l’envahissait.

Son souffle était court et son cœur battait la chamade, meurtri, étouffé par un hurlement douloureux qu’elle retenait difficilement pour ne pas LUI faire ce plaisir. Elle cessa de se frapper la tête contre les barreaux mais la douleur était trop grande. Elle ne put retenir son cri déchirant plus longtemps en se laissant tomber au sol. Le feu dans ses yeux fut alors noyé par ses larmes.

Elle avait encore une fois tout perdu. IL lui avait encore une fois tout arraché.
Barbare au rhum

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Hier à 16:56
La porte s’était déjà ouverte.
Ses pieds ne touchaient plus terre.

Avant qu’elle ait le temps de s’en rendre compte, Naran survolait le sol de sa cellule, écartelé par deux gardes noirs. Chacun tenait fermement l’un de ses poignets, tirant ses bras le long de leurs étranges armures pour la hisser sur leurs épaules.


Elle ouvrit l’œil, distinguant pour la première fois le visage méfiant de son interlocuteur.
Qu’est-ce qu’elle pourrait dire de ce petit homme ? Petit, parce qu’elle le contemplait portée par deux plus grand qu’elle… Mais petit aussi par son ton, ses manières, son anxiété furieuse. Petit aussi parce que replié sur lui-même, prêt à attaquer ou à fuir… Pourquoi était-elle la prisonnière, alors que lui semblait bien plus emprisonné qu’elle ?
Décidément, l’anémie lui présentait de plus en plus de pensée loufoque.

Mais son hôte la fixait toujours, détaillant ses blessures avec dégoût.
Il avait raison de s’inquiéter. La lumière blafarde des geôles soulignait les hématomes, les plaies ouvertes, les griffures et ecchymoses qui maculaient sa carcasse : Soulignait, en somme, que son temps était compté. Bien sûr, il ne pouvait pas voir les flux d’énergie qui la traversaient ; ni la magie dans ses veines, ni sa conviction acharnée, qui ensemble repoussaient tant bien que mal l’inévitable.

Tout ce qu’il pouvait voire étaient ses bandages, desserrés dans son ascension. Les bandes usées ceignaient mollement son épaule, ses côtés, laissant son sang couler le long de ses cuisses, jusqu’au sol nu des cachots.

C’était le moment où elle se redressait, fière comme au premier jour, et le mettait par terre d’un seul mouvement bien choisi.
Le coin de ses lèvres fendues se releva légèrement. Belle fantaisie.


La voix de Lenore la réveilla un instant.
Comme dans un rêve, ses piques et hurlements se mélangeaient dans son esprit.
Elle était encore là ?
Naran l’avait rêvée morte. Ou triomphante… Elle ne se souvenait plus.
Ses hurlements restèrent avec elle un temps.



Elle les entendait encore, alors que deux serres d’acier plongeaient dans sa cuisse.

Des sangles la maintenait à son lit métallique… Elle était passée à l’horizontale. Les gardes n’étaient plus là – ou, si, mais seulement à la lisière de sa perception.

La douleur la secouait, plus puissante, réveillée par l’antiseptique et les pinces qui trifouillaient dans sa chair.

Ce n’était pas Lenore qui hurlait. C’était Naran elle-même.
Elle s’étonnait d’en avoir la force…



Les délires se succédaient sans cesser. Un dernier, rappel de nuits d’hivers d’une prison si similaire, la fit se relever en sursaut.

Naran avait ouvert les yeux. Pas qu’un seul : Non, les deux.
Elle voulut se passer la main sur le front, toucher sa peau qui avait perdu sa lourdeur… Ses mains étaient toujours liées à son lit.

La surprise, la panique, la fureur s’accumulaient dans son souffle hagard, et pourtant ses poumons tenaient bon. Ses côtes, bien que douloureuses, ne menaçaient plus de craquer.
Sa jambe… Sa jambe la cinglait toujours, par vague ; mais ne menaçait plus de fondre en lambeaux purulents.


Ils l’avaient soignée, donc.
Pourquoi ?
A nouveaux, Naran ouvrit ses yeux. Savoura le détail, la profondeur de son regard. Puis le posa sur l’un des hommes qui tenaient sa garde.
Sa bouche asséchée gronda, tant bien que mal, une question étouffée.
« Pourquoi ? »
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