Lumière d'Étro

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le Mar 11 Sep 2018 - 22:12

La rage au corps, les traits déformés par la colère, la haine dans le regard. La lueur des torches dansait sur les murs de pierre du Château du Roi Stéphane, il n’y avait aucune autre lumière lors de cette nuit sans lune. Cassandra, seule, déferlant l’aigreur qu’elle avait accumulée toute la journée durant. Un pantalon en cuir noir, torse nue, un épais bandage de lin à la poitrine en guise soutient et les poings en sang. Voici plus d’une heure que le bruit de la chair frappant le bois résonnait entre les quatre murs.

Depuis tout ce temps, elle ne faisait rien d’autre que de frapper et cogner. Déformant ses mains sous la douleur, pourtant, elle ne parvenait pas à s’arrêter.

La sueur perlait sur son front à grosse goutte, ses yeux restaient fixes sur le mannequin de bois alors que ses poings frappaient sans cesse au même endroit. Subitement, elle reculait d’un pas, amenant son bras en arrière avant de donner un dernier coup à la suite de son enchaînement. Elle gardait la pose, fixant sa main encastrée dans la poutre de bois.

Le Paladin réprimait un jurant, reculant, faisant craquer le mannequin avant d’emmener sa seconde main pour masser le poing ensanglanté. Avant la douleur même, c’était la fatigue qui l’atteignait. Elle arrachait les bouts de bois, faisant couler son sang sur le sol froid de la salle. Cassandra soupirait un instant, courbant le dos, s’approchant d’un banc pour s’y asseoir. Désormais calme, elle amenait un seau entre ses jambes pour y plonger ses membres endoloris dans l’eau.

Les doigts figés, elle lavait et massait ses phalanges dans un silence de cathédrale. Le torse de Cassandra se levant et se baissant au rythme de sa respiration, saccadé dans un premier temps pour finalement redevenir normal. La douleur était présente, pourtant, elle conservait cette haine ancrée dans son ventre.

Enfin terminé ?
Fatiguée, elle fermait ses yeux un bref instant avant de les ouvrir sur l’escalier en colimaçon à l’autre bout de la salle. Réprimant difficilement une grimace, elle retournait à son occupation avant de relâcher d’une voix peiné.

Enfin de retour ?
Directement en plein coeur.
Il faudrait en avoir un, pour ça.

Varric laissait un léger rire sarcastique échapper de sa bouche, avançant finalement au travers de la salle sans pour autant délaisser un regard au mannequin de bois.

Heureusement que je n’arrive que maintenant, à moins que tu imaginais ma tête sur ce pauvre bougre ?
Toujours le mot pour rire, à croire que tu n’es présent que pour une bonne blague.
Tu oublies la pinte, l’un n’est jamais présent sans l’autre.

Le conteur souriait, Cassandra s’assombrissait. Elle rechignait le regard de son ami en fixant un autre coin de la pièce, l’air passablement énervé.

Excuse-moi.
Il cessait de jouer les enfants, laissant ses bras le long du corps un instant, amenant une main devant la bouche avant de reprendre.

Ton emprisonnement, cette boucherie, cette mise en… Asile ? Explique ça comme tu le sens, Cassandra, mais ce n’était pas facile de te trouver.
Garde ton discours pour les catins, veux-tu ?

Elle se relevait, le fixant dorénavant dans les yeux tout en baissant le menton. Après autant de temps, elle avait presque oublié qu’elle était plus grande que le conteur d’une tête.

Tu ne me facilites pas la tâche.
Pour faire la paix, il faut être deux. Varric.

Le Paladin le repoussait, traverse la salle avant de donner un énième coup de poing au mannequin. Arrachant une grimace à Cassandra, faisant réagir le conteur qui claquait son talon au sol.

Arrête de faire la gamine. Tu ne peux pas régler tes problèmes en tournant le dos à ceux-ci.
Elle s’arrêtait, se raidissait avait de se retourner et fixer son ami d’un poing rageur.

Tu as disparu à l’instant où j’ai eu besoin de toi ! Pas un mot, une lettre, la moindre nouvelle. Après ça, tu oses dires que j’ignore mes problèmes ?! Tu es un bien piètre donneur de leçons.
L’amitié, Cassandra, ce n’est être à ton service et d’obéir à tes ordres. De plus, il me semble que notre dernière discussion parlait d’une trahison que tu voulais opérer en libérant Lulu. Oh, qu’est-ce qui s’est ensuite passé…? Elle t’abandonne avec une épée dans le ventre pour ensuite te laisser croupir en prison !
Comment oses-tu…
Comment ?! C’est simple, mon amie, il me suffit d’ouvrir la bouche et de t’énoncer la vérité. Il y a un an, tu m’as demandé conseil et j’ai clairement dit que cela te mènerait à un endroit pire que la mort. Aujourd’hui ? Te voilà chef des Paladins ?! S’il te plaît, quelles sont les différences entre ton statut et les enfers ?

Le Paladin fermait ses poings sous la douleur et l’envie impossible de lui fracasser le crâne d’un uppercut. Finalement, elle reprenait sa respiration, libérant son emprise sur ses mains avant de reprendre d’une voix plus ou moins calme.

Tu avais raison, Varric.
Merci, de la reconnaissance.
Toutefois… Tu ne me feras pas regretter mes actes, il fallait que quelqu’un agisse et…
Après un an ?! Tu recommences… Non, non. Je ne vais rien dire, plutôt, ne parlons plus de ça.
Tu fuis tes problèmes ?

Il barrait son visage d’un sourire, tombant en arrière pour s’asseoir à la place que Cassandra occupait il y a une minute. Rageant, il sortait la pipe de son manteau avant de la bourrer de tabac.

Très drôle… Est-ce que ça va ?
Elle grimaçait, ce retournant avant de s’asseoir aux côtés du conteur, massant doucement ses phalanges.

La mort me semble tellement plus douce que le rôle de Paladin, que de dirigeant.
Tu sais, c’était une façon de parler, ce que je disais à l’instant.
Non, Varric. Chaque jour qu’Étro daigne m’accorder est une nouvelle épreuve, d’autant plus depuis l’arrivée du Primarque…
Pendant des années, tu parlais de son arrivée comme d’un jour de fête, ce n’est pas le cas ?

Elle riait doucement, massant dorénavant ses tempes de longues secondes avant de baisser son regard sur ses jambes.

La vérité est loin de mes prières, extrêmement loin.
Tu parles de sa politique ?
Si seulement il y avait une once de vérité dans son discours, peut-être. Tu peux garder un secret ?
Tu me connais.
Justement, c’est pour cette raison que tu dois garder le secret.

Cassandra s’étirait un instant, prenant sa veste de cuir qu’elle enfilait d’un geste avant d’attraper un papier cacheté dont la cire avait été brisé. Elle fixait la lettre un instant avant de la tendre à son ami.

Le gouverneur Swan, de Port-Royal, m’indiquant que notre « Primarque » se trouve dans leur cachot après avoir provoqué une bataille à Illusiopolis pour ensuite être sauvé par un mercenaire.
Tu… C’est une blague ?
Dans cette pièce, tu es le seul à plaisanter.
Qu’est-ce qu’il est allé faire dans ce monde ?

Elle dressait un index, divulguant une seconde enveloppe, portant un tout autre cachet. Elle fixait la signature avec dégout, revigorant la boule qu’elle avait dans son ventre, lui donnant d’autant plus envie à frapper le mannequin.

Ici, une lettre du même homme ayant relâché un dragon sur notre ville, proposant de ramener la Princesse en échange d’un accord entre son groupe et notre église.
Oh… C’est… Ce n’est pas un fantasme que tu m’avoues où…?
Lors de l’absence de Primarque, c’est au dirigeant des armées de prendre les décisions politiques. Il y a aussi le Roi qui demande une audience, ainsi que Triton qui fait appel à Matthew.
Toi, dans tout ça, tu trouves le temps de venir démolir un mannequin d’entraînement ?

Cassandra laissait échapper un léger rire, amenant sa main au front pour retenir un sanglot. Varric posait alors sa main dans son dos, tapant doucement avant de reprendre.

Il te faut ton meilleur donneur de leçons, c’est ça ?
Tu es au courant que j’ai mené le corps d’Angeal au Jardin Radieux, pour qu’il repose avec sa famille.
Impossible de louper cette histoire à conter.
Le Primarque, j’ai douté et j’ai été le voir après l’enterrement, pour comprendre ses gestes et ses actions par rapport au Consulat. Tu sais ce qu’il a répondu ?
« Nous n’avons pas besoin de vous ! »
Pendant un instant, j’ai cru que Étro lui avait parlé, d’une crainte par rapport au Consulat ou de sombre manigance. Il est celui qui parle avec la Déesse. Sauf que j’ai compris, en le voyant avec Cissneï, tentant de l’amadouer.
De quoi tu parles ?

Elle tournait son regard, celui-ci était partager entre la haine, la crainte et la colère.

Il désirait plus que tout une alliance avec la Lumière, un mariage avec sa dirigeante et j’ai compris à cet instant ses motivations. La Contrée de Départ, l’argent qui disparait, l’ordre de détruire les archives et le départ de Lulu… Étro ne nous a pas envoyé son enfant, non. C’est le Nuage Noir qui à guider sa progéniture à nos portes.
Cassandra, tu divagues. Tu… Je… Ce que tu racontes est incompréhensible, les Prêtres ont…
Les Prêtres n’ont jamais vu de Primarque, Varric. Aujourd’hui, je le sais, c’est un traître qui n’est là que pour nous diviser ! Observe…

Elle se relevait, commencer à compter sur ses doigts.

Le Sanctum est divisé, nos alliés depuis des années ont été insultés, il se moque de la Princesse et du Royaume, il rejette l’enseignement de la Déesse et s’en va déclarer la guerre à quiconque ne l’écoute pas !
Ce ne sont pas des preuves, tu t’obstines à croire que…
Il y avait cette lettre dans son bureau, portant mon nom et encore cacheté.

Tremblante, le Paladin sortait la dernière enveloppe de sa veste, une lettre froissée et dont la signature du Primarque paraissait en bas de page. Il n’y avait que quelques lignes, quelques mots, un ordre à l’intention de l’église du Sanctum.

C’est…
Mon nom, daté et cacheté le jour où j’ai quitté le Sanctum avec la dépouille de Ser Hewley…
Ce n’est pas possible, tu te moques de moi, c’est une blague ! Étro… Ça ne peut pas être ça !

Progressivement, Cassandra hochait la tête pour aller à l’encontre des paroles de Varric, celui-ci plongeait une nouvelle fois son nez dans la lettre, jetant finalement celle-ci au sol avant de se relever de rage.

Tu es dans le Sanctum depuis des années, il n’y a pas plus zélé que toi comme croyant et tu as littéralement légué ta vie à cette cause.
Et il désirait lâcher cette même église à ma poursuite…
Cassandra Pentaghast, Lumière d’Étro et martyre de Swain. Une hérétique et ennemi du Sanctum ! Qui allait avaler ça ?!
Il est le Primarque, l’envoyé d’Étro, pourquoi irait-il mentir à ses croyants. Après Swain, après le quartier fauve, après avoir conquis le Domaine Enchanté par la force… Il n’y aurait eu personne pour le contredire.

Silencieux, Varric reprenait sa place assise aux côtés de Cassandra, les épaules basses. Tous deux avaient le regard vide, fixant le mur de l’autre côté de la pièce, personne ne parlait à cette heure-ci de la nuit.

Et puis, d’une voix faible, le conteur reprenait la parole.

Qu’est-ce que tu comptes faire ?
Soudainement, le Paladin avait l’impression que ses pieds quittaient le sol, comme si elle s’envolait loin de tout cela. La décision lui revenait, qu’importe l’enveloppe qu’elle désirait ouvrir, elle en avait le droit. Elle en avait le devoir. D’une voix triste, elle se relevait avant de fixer son ami dans les yeux.

Ce qui doit être fait pour que le Sanctum persiste, même si ça doit être la dernière chose à faire dans l’univers.


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le Mer 12 Sep 2018 - 17:16
Salutations.
Je suis l’élue ! Celle désignée pour noter cet exploit pour soulager les épaules des membres du sanctum.
Alors tu sais déjà mon avis sur ton texte donc je ne vais pas y aller par quatre chemins. Mais bien par cinq !

- D’abord, 1èrement, sur la forme du texte. On y trouve un certains nombres d’étourderies. On sent bien que tu as écrit vite. Pourtant la lecture est fluide et il ne semble manquer rien en contenu. Un certain nombre aurait pu être évité avec une relecture. Pourtant tu l’as relu ! Tu en a même fait exprès pour abuser de ma patience. Alors vais-je te donner les conseils que tu donnes toi-même à tout le monde ? Non. Je peux te donner un truc sans garantir que ça marche. Relis ton texte à l’envers en commençant par la fin et remontant phrase après phrase. Comme ça tu brises l’immersion. Remplace tous les verbes par prendre, pour vérifier si c’est un infinitif ou un participe. Et advienne que pourra.

- deuxième point, sur le décor, y a un effort sur la description que tu ne fais pas avec death. On a des détails d’ambiance à défaut d’un décor précis. Je pense que tu dois pouvoir rajouter d’autres sens que la vue. L’écho sur la pierre, la température de la pièce, le nombre de pas qu’elle fait en avançant permet de donner une idée sur les volumes des pièces, du détail sur le ressenti de la douleur. Parceque avoir mal on voit ce que c’est, mais tu as plusieurs type de douleur. Aigue comme des poignards qui pulse avec le rythme du sang, soutenue comme une pression, une brûlure plus en surface comme si la flamme était encore là. Donc vouloir petit à petit, toujours aller plus loin. Tu peux le faire !
On y retrouve les mimiques d’un boxeur en fin de combat que j’apprécie beaucoup. Le travail sur la respiration, sur la relaxation des muscles et les soins. Pour un peu Varric aurait pu lui bander les mains à la fin au lieu de la laisser saigner partout par terre !

- troisième point, la justesse des dialogues qui est ici juste magnifique. Bon ceux qui connaissent pas DAI ni le personnage de Varric risquent d’être un peu perdu. Dans ce texte si on l’isole on n’a pas sa description et on sait à peine le lien qui les unit ou leur passé. Ceux qui ont suivi, eux par contre s’en lèchent les doigts.
J’aime Varric. J’aime Cassandra. J’aime Varric + Cassandra.

- On en découle naturellement sur le quatrième point, le personnage et son caractère. On prend les émotions de Cassandra en pleine tronche, comme un coup de poing ( hohoho que je suis drôle). On sent que ça bouillonne dans son sang et que du coup elle met les choses au point avec notre pauvre ami qui prend pour les autres.
Y aurait juste à la rigueur une phrase pour Varric que je ne comprends pas.
« Il barrait son visage d’un sourire, tombant en arrière pour s’asseoir à la place que Cassandra occupait il y a une minute. Rageant, il sortait la pipe de son manteau avant de la bourrer de tabac. »
Pourquoi il rage à ce moment-là ? Surtout avec un sourire.

- cinquièmement, les éléments d’autres rp ou d’autres joueurs. Les actions des autres ont une influence sur le monde qui se répercute sur le rp des autres et c'est normal! vive l'effet papillon. Là on est en pleine politique intermondiale et diplomatie. Cassandra a des choix à faire entre Charybde et Scylla. Entre la Peste et le Choléra. J’ai hâte de voir la suite !

- difficulté et récompense
Donc voilà, tu le sais, comme dirait ma camarade Naran, ce texte m’a carrément HYPE ! Ce que j’ai noté au-dessus ? Du détail ! Mais faut bien que je serve à quelque chose. Je vais noter en mission facile parce que le choix devant laquelle elle se retrouve est vraiment pas évident et qu’elle a été vraiment chamboulé par ses propres réflexions. On la sens déchirée. Le résultat aura un gros impact diplomatique sur les relations du sanctum dans l’avenir.
Facile : 13 points d'expérience (bonus) + 100 munnies + 2 PS. (en défense)
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