Barbare au rhum

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le Lun 3 Sep 2018 - 0:22


« Et maintenant, pour le dix-septième affrontement de la journée… »
La voix alcoolisée du shaman roulait le long des gradins.

La première journée de l’épreuve de combat était déjà bien entamée. Elle avait commencé au petit matin, avec la qualification des quelques favoris du tournois. Mais depuis, l’alcool coulait à flot, et les combats s’enchaînaient dans un flou confus.

Enfin. Pour Naran, il était enfin l’heure d’entrer sur le ring.


Elle se redressa, puis concentra tout son esprit sur l’apparence qu’elle désirait. Ses souvenirs reconstruisaient peu à peu l’angle de la mâchoire, la courbure de l’œil, le torse sec de son modèle. Après une inspiration, elle s’avança, changé.

« A ma droite… » Le vieillard s’inclina sur le côté, écoutant les murmures impétueux d’un large combattant.
« Mokhbat, l’Ours Furieux du clan Eljigin !! »

Les vivats habituels vinrent accueillir l’annonce, tandis que ledit Mokhbat recevait les claques viriles des membres de son clan.


S’étant approchée du shaman, Naran se découvrit, laissant tomber à terre sa cape de peau de loup. Le vieil homme la jaugea du regard, et lui souffla : « Gamin, c’quoi ton nom ? »
« Na- »
Mince. Son nom était bien trop féminin pour son apparence d’emprunt…

« Narzan ! »
Les yeux pétillants du shaman s’arrondirent un instant. Il finit par rire, avant de poursuivre :
« Pas de bannière, j’imagine ? »
« Si. Celle des Mercenaires ! »

Curieux, le shaman fini par dodeliner la tête. Il renifla, essuyant une trace de bave du coin de ses lèvre. Puis sa voix de stentor surgit, comme par miracle, de ses entrailles asséchées.
« NARZAN, champion des Mercenaires !!! »


La foule laissa passer la Mercenaire, regardant avec une curiosité quelque peu abrutie un guerrier torse nu qu’ils n’avaient jamais vu.

Marchant fièrement jusqu’à l’arène, Naran se réjouissait de l’attention. Mais, malgré l’aisance de ses pas, elle avait du mal à maintenir sa concentration. Chaque relâchement, chaque hésitation, et ses oreilles s’arrondissait, son nez s’aplatissait, ses extrémités -diverses- se réduisait…

Des changements minuscules qui tiraillait ses entrailles, qui mettaient en danger son déguisement. Certes, pour le moment, la masse imbibée qui l’observait n’était pas très attentive… Mais cela ne durerait pas jusqu’aux premiers vrai matchs.


Se préparant à l’effort, la Mongole finie par passer le cercle de terre, et pénétrer le ring.

Son adversaire pris sa suite à pas lent. En l’attendant, Naran profita de la vue sur des gradins débordant de soulards, sur les tentures rougeoyantes qui battait au-dessus d’eux, sur la fumée omniprésente et enivrante des feux festifs, sur la terre moulue par le sang et le combat.

La vue, toute à la fois familière et troublante, lui arracha un frisson d’excitation.


Mais déjà son adversaire bloquait sa vue. La carrure massive d’un guerrier bien nourri qui lui faisait maintenant face, visage souriant. Ses yeux scrutaient les siens, évaluant sa technique. Naran s’enorgueillissait d’avoir, enfin, quelqu’un la considérer comme véritable combattante.

Elle-même appréciait la taille de son opposant, cherchant à déceler dans sa musculature une faille… Tout en admirant, avec un certain amusement, la luxuriante moustache recourbée de sueur du guerrier.

D’un cri, le vieux shaman interrompu sa réflexion, et ordonna le commencement de leur danse.


Virevoltant, son adversaire pourtant massif s’élança sur Naran, laissant ses poings filer vers son menton. Surprise, la Mercenaire bondit en arrière. Le sable glissait sous ses pieds, tandis que Mokhbat enchainait ses crochets meurtriers.

Reculant tant bien que mal, elle observait, incrédule, un second coup qui fonçait pour ses côtes, puis un troisième pour ses pommettes. Naran évitait tous deux de justesse. Le vent sifflait autour du bras de son assaillant, laissant un sillage impressionnant...


En plus d’être rapide, le monstre qu’elle affrontait envoyer des beignes plus puissantes que celle d’un buffle. L’esquive était son seul salut, pourtant…

Sa concentration chancelait. Déjà, les mains de la Mercenaire s’affinaient, ses hanches craquaient sous la pression de ses pieds dansant. Ses réflexes, habituellement impeccable, étaient maladroit : Son centre d’équilibre montait et descendait à mesure qu’elle perdait et regagnait son apparence masculine.
Il allait falloir reprendre le contrôle du combat, si Naran espérait préserver sa supercherie.


Mais son adversaire ne lui laissait aucune ouverture. A chaque inspiration, les poings du guerrier fonçaient vers son corps changeant. Naran tournoyait sans cesse, mais elle peinant à ne serait-ce que garder le rythme.

Habituellement, la Mercenaire aurait économisé ses forces. Des combattants aussi larges que celui-ci ne tenaient pas longtemps… Mais cette fois, Naran aussi voyait son temps compté, alors que son apparence glissait peu à peu hors de son contrôle.

Que faire, alors ?


Un nouveau barrage de coups lui bloqua la route, la forçant à se plier en arrière pour éviter poing après poing. Atterrissant sur ses mains, cabriolant hors de portée, Naran se prit à réfléchir.

Son adversaire ne l’avait pas une seule fois attaqué en dessous des côtes. Vu sa taille et sa musculature, frapper si bas devait lui être impossible…


A nouveau debout sur ses jambes, mais aussi basse sur ses appuis que possible, la Mercenaire fondit ventre à terre sur son adversaire. Ce dernier, habitué à la voir fuir, eut un temps d’arrêt.

Une microseconde, mais suffisante pour que Naran envoie son pied droit sur lui.
Fort malheureusement pour Mokhbat, la Mercenaire était suffisamment basse pour l’atteindre en pleine intimité. Avec un hoquet, il vacilla. Son visage avait pâli, son sourire disparu.


Croyant pouvoir profiter de l’accalmie, Naran poursuivi par un saut et un coup de pied à la tête. Le rictus de son opposant, entre la souffrance et la colère, lui fit comprendre son erreur. Un crochet fulgurant vint la cueillir en plein dans sa nouvelle anatomie.


Projeté en arrière par l’impact, Naran ressentit soudainement un profond regret.
Un.
Profond.
Regret.

Ainsi qu’une certaine compassion pour l’ensemble de la gente masculine.


Puis, elle atterrit. Son visage s’écrasa dans le sable avec un craquement. Tout son corps avait brutalement explosé en sa forme originale, et seul le nuage de sable causé par sa chute avait préservé les apparences.

Tournant lentement sur elle-même, Naran eut une vue en contre plongée de son opposant, à nouveau valide, qui fonçait sur elle.
Avec un grognement, elle tendit ses muscles et repris son apparence empruntée.


Alors que Mokhbat s’abattait sur elle, Naran para un coup de son bras droit. Le coup, même dévié, la fit frémir. Hors de question de rester sous ce monstre.

D’une main, Naran s’appuya sur le sol sablonneux, puis bondit droit sur son adversaire.


Ses doigts glissèrent sur le crâne chauve de Mokhbat, s’accrochant finalement à sa moustache pour tournoyer au-dessus de lui.

Son saut l’envoya à nouveau bouler dans le sable. Après une roulade, Naran se releva tant bien que mal. Ses pouvoirs semblaient déjà à bout de souffle :  Ses membres ne cessaient de changer de forme, tandis que sa poitrine gonflait et dégonflait comme un ballon de baudruche enrhumée.


Levant les yeux, Naran réalisa qu’elle n’était pas la seule à se rendre compte du problème. Là où la foule scandait leurs noms avec un intérêt limité, son opposant, lui, la fixait d’un regard incrédule. Il avait vu… Quelque chose.

Il était plus que temps de mettre fin au combat.
Naran se mis en garde. Pour l’intimer d’attaquer, certes, mais aussi pour cacher son torse en pleine confusion.


Son adversaire s’avança. Méfiant… Mais pas au point d’arrêter le combat.

Il tenait sa garde aussi basse que son corps musclé pouvait permettre. Ses yeux avaient toutefois perdu leur furie, remplacée par une curiosité prudente.
Ralentit par ses doutes, son bras de s’élança vers elle sans sa fulgurance habituelle.


Naran saisi sa chance. Elle se tordit autour de l’assaut, emprisonnant le poing de son adversaire pour le faire vriller avec elle. Ce dernier ne put que la suivre, et leur arc fit s’exclamer l’assemblée biturée.

Profitant de ces exclamation, la Mercenaire continua sa courbe, et envoya son adversaire culbuter dans le sable.
Toujours aussi vivace, ce dernier se releva promptement.


Mais Naran ne lui laissa pas plus de temps.  

Sautant surprenament haut, elle vola au-dessus de sa garde, et lui asséna son genou droit au menton. La tête de ce dernier fut projetée en arrière, tandis que la Mercenaire doublait son attaque d’une manchette en pleine carotide.

Un craquement, puis un glissement flasque.


L’homme était sonné. Quand Naran se releva, il tomba à terre. Mais les coups, tout brutaux qu’ils fussent, n’avait pas réussi à passer outre sa carapace de muscle. La Mercenaire lorgna sur son torse, encore agité d’un souffle difficile, et senti une sueur froide lui couler le long du dos.

Si cet homme venait à parler…


Elle en vint à prier qu’il se relève, qu’elle puisse l’achever proprement sur le ring.
Mais rien. Un gémissement, peut être imaginaire. Un frémissement de ses paupières endurcie par les steppes… Trop tard.

Naran se détourna, se concentrant plutôt sur sa propre apparence. La fin du combat fut sonnée par le râle rieur de leur vieil arbitre, laissant libre court aux commentaires des spectateurs.


Ses mains devenaient floues. Naran fixait ses doigts qui rapetissaient lentement, incapable de savourer sa victoire. Son pouvoir surtaxé s’évaporait peu à peu…

Pourtant, les quelques spectateurs encore capables de tenir debout venaient déjà sa rencontre, déversant compliments, tapes et alcools sur ses épaules aussi stable et large qu’elles pouvaient les faire.


Laissant son adversaire renâcler face contre terre, Naran les fuit, se faufilant plutôt entre les cris et approbation. Elle prit tout juste le temps de retrouver sa cape de fourrure avant de quitter l’arène.

L’épuisement de sa magie la laissait chancelante. L’attroupement des tentes, la terre humide de liquides inidentifiable devenaient insupportable. Elle trébucha à travers le campement, perdant peu à peu sa taille, son teint mat, jusqu’à sa prestance arrogante.

Quand, finalement, elle atteint les berges du grand lac, elle tomba à genoux et vomit tout ce qui lui restait dans les entrailles.


C’était absurde.
Même si Mohkbat parlait, personne ne le croirait.

Et même, la magie était un signe de faveur divine. Avant même qu’une sorcière unisse les clans, les ermites étaient révérés pour leurs pouvoirs.

Et pourtant, Naran tremblait et vomissait sans pouvoir s’arrêter.


Peut-être était-ce le prix à payer pour abuser de son pouvoir. Ou… Quelque chose d’autre ?
Encore frissonnante, Naran se redressa, s’emmitoufla dans sa fourrure. Le vent des steppes était venu balayer les effluves du campement. Une bouffée d’air glacial, presque salé, réussissait peu à peu à la ressaisir.

Mais sa tranquillité ne dura pas.


Son angoisse passé, Naran réalisa que deux figures la guettaient depuis une hutte proche. Des figures qui, visiblement, étaient là depuis un certain temps…

Comme par reflexe, la Mercenaire reprit sa forme volée. La transformation lui vint facilement, mais son estomac se retournait à nouveau à la vue de sa peau devenue dure et striée. A peine ses épaules élargies que les deux hommes s’approchaient d’elle, l’air faussement nonchalant.


« Alors ? »
« On peut savoir pourquoi tu l’as pas achevé ? »
Leur ton était impétueux. Curieuse, Naran garda le silence.

« Tu tues deux de nos gardes, mais un seul guerrier Hun c’est au-dessus de tes forces ? »
Se voyant à l’écart, le plus grand des deux hommes avait empoigné la Mercenaire déguisée par le col. Plus que son voisin, il semblait se consumer de rage.


« Une occasion en or de l’éliminer, et tu fiche tout par terre… »
Malgré l’obscurité naissante, on pouvait distinguer tant dans ses traits que sa voix des notes mongoles. S’ils n’étaient pas chinois, alors pourquoi...

Naran se préparait à riposter, que son second interlocuteur repris sèchement.
« Pas la peine de t’excuser. Sükh va s’en charger… Ce sera juste retenu sur ta dette. »
Celui qui la tenait par le col jura, en Hun cette fois. C’était fleuri, et particulièrement meurtrier.


La Mercenaire se laissa dodeliner, prête à se défendre…
« Laisse tomber. » Dédaigneux, le plus calme des deux fit volteface. « Il cause pas, et c’est aussi pour ça qu’on l’paye. Tant qu’il arrive en finale, ses conneries d’idéaliste nous regardent pas. »

Essayant, tant bien que mal, de reprendre le timbre de Nergueï, Naran grogna :
« Et pour la suite ? »


C’était maladroit, mais toute cette histoire piquait sa curiosité. Nergueï était resté silencieux sur ses raisons d’être aux Trois Tournois, et Naran avait la chance de voir ses complices s’exposer pour elle…

Ravie d’une excuse pour la secouer comme un prunier, le plus brutal des deux commença : « La suite, c’est simple. Tu la boucle, tu élimines - »

« Oi ! » Le second s’était fait méfiant. « Ferme là, tu veux ? »


Il avait les manières nerveuses d’un contremaître en défaut. Son compagnon, toujours aussi peu maitrisé, semblait l’inquiéter tout autant que Naran.

« Nergueï, je te préviens, notre commanditaire supportera mal un autre échec. Si tu laisses le prochain vivant, Serjee ici présent se fera un plaisir de te remettre tout droit dans ta cellule. Pigé ? »

Le souffle coupé par la vigoureuse rebuffade dudit Serjee, Naran ne put qu’hocher la tête, laissant ses deux interlocuteurs disparaitre dans la nuit.


Une fois les deux hommes effacés par les ombres, elle s’accorda un sourire. Nergueï se révélait plus intéressant que prévu, finalement… Elle et lui avait quelques petites choses à discuter.
Maître brasseur

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le Lun 17 Sep 2018 - 11:06
Padoum, on enchaîne. Marrant, j’étais en Chine avec Bryke et j’suis en Mongolie avec toi ?! Si ça continue, j’vais bouffer des sushis ! Oui, c’était raciste.

Alors, mon ressenti sur ce rp ?

Il y a un truc qui me « dérange » dans le texte, à proprement parler. Disons que, c’est plutôt un artifice de scénario que j’ai revu récemment dans le film « Bad Boys » et j’me suis justement dit que ceci me dérangeait. Bon, j’vais contourner un peu la question avant d’y répondre. En revoyant ce film d’action d’il y a vingt ans, j’me suis rendu compte que tout était prétexte d'inclure un personnage dans le récit. Pour l’exemple « Bad Boys », c’est l’idée d’inclure la mort d’un personnage important au héros afin de donner la dimension « personnelle » à la quête.

Pourquoi est-ce que j’parle de ça ?

L’idée de base, dont le choix de Nergueï qui avait pour but d’être un inconnu au bataillon pour te laisser faire tes trucs, était cool. La dimension de choisir « Jean Michel Connard » pour faire l’affaire et que celui-ci ne soit rien est original, car inattendu. Alors, d’apprendre ici que l’gars avait une importance dans le récit même du tournoi, ça m’embête. Ça m’embête pour l’idée même que « Tout doit avoir un sens ».

Ici, c’est clairement un avis personnel et c’est une corde (du cinéma et des récits en général) que je n’estime pas nécessaire. Le « Batman » de Nolan nous montre le contre-exemple avec le discours de Alfred, certains personnages agissant simplement parce qu’il le désire, pas pour une raison précise. Là, si jamais tu vois pas de quoi je parle, c’est l’idée d’un mec commentant le vol d’un diamant et de meurtre parce qu’il voulait juste foutre la merde. Non par rapport au gain.

« Some men just want to watch the world burn »

L’idée plus réfléchie étant juste, il n’est pas nécessaire de devoir tout expliquer ou donner une raison. Pour moi, ce qui est personnel, c’est une idée qu’on oublie trop souvent et j’aime justement laisser planer le doute sur un truc, car c’est plus sympa de donner des pistes de réflexion plutôt qu’une réponse.

Purée, j’ai vraiment écrit tout ça pour pas grand chose. Donc, l’idée est là ! En gros, j’trouve ça dommage que Nergueï est une valeur ajouté par rapport à celle de base. Tout cela étant un avis personnel, bien entendu.

Autrement, outre ce point négatif qui n’est rien d’autre qu’un débat sur les ficelles scénaristique usée et utilisée au cinéma, il y a un point que j’apprécie fortement ! Le déroulement du combat sans la maîtrise de la métamorphose. Et ce qui est dommage, c’est que j’ai beaucoup moins à écrit sur ça que sur le débat plus haut ! Que c’est drôle. En bref, imaginer le corps qui se transforme continuellement et sur une courte période, j’trouve ça très bon et bien expliquer. D’autant que ton niveau de maîtrise (tant pour la compétence que pour l’apprentissage de cet arcane) n’est clairement pas acquis et c’est un plaisir de voir ça. Une difficulté dans l’exécution du combat et de son déroulement.

En bref, C trai b1 !


Avancé : 31 points d'expérience + 300 munnies + 3 PS. Deux en Symbiose et un en Force !

Tiens, le gars chelou à laissé trainer un papier, surement un rapport !

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