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L'avatar violent

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le Lun 20 Aoû 2018 - 17:09
Il fallait le dire, ce Death savait ce qu’il voulait et Stärker aussi. Il était imposant, il était résolu. Mettre les choses au claire de la sorte, c’était intimidant. C’était d’autant plus difficile de gagner la confiance d’un chef que d’aboyer plus fort que lui. Ce rappel était nécessaire. Et c’est ce que l’adolescente derrière l’écran allait bien faire, obéir et suivre l’histoire de ce nouveau jeu.
Le but d’aujourd’hui est de faire parler un prisonnier, présumé détenteur d’informations sur un gang de criminels d’Illusiopolis. Le leader était embêté, il voulait plus de données, plus de résultats. Tracie était consciencieuse, remplir tous les objectifs pour optimiser son parcours. Sauf qu’il n’y avait pas de monstres à abattre sur le trajet ou d’éventuels équipements pour faciliter la réussite de la quête. Non, c’était un immense mur psychologique d’un mec borné et qui n’allait pas cracher le morceau si facilement.
De plus elle avait un handicape de taille : faire la causette c’était pas vraiment son genre. Sur le trajet, elle se remémorait toutes les scènes d’interrogatoires qu’elle avait pu voir, que ce soit dans les films ou dans des animes. Elle en revenait au même schéma et ne savait comment prendre le taureau par les cornes. Devait-elle le frapper pour le faire parler ? Devait-elle le torturer pour qu’il crache le morceau ? Devait-elle faire ami-ami pour qu’il se confie à elle ? Devait-elle le séduire ? Non, elle ne savait vraiment pas comment faire.

Pas le temps de profiter du paysage corrompu par les ténèbres, pas le temps de réfléchir à une approche, elle était déjà arrivée. La caserne de la Garde Noire. Des gaillards plus patibulaires les uns que les autres.

« Halte ! Qui va là ? » s’exclama l’un des soldat en montrant une ferme paume à Stärker et l’empêchant de passer. Cette dernière restait impassible et dévoila un bout de papier au vigile en armure qu’il s’empara aussitôt. « Montre-moi ça. T’es la petite nouvelle c’est ça ? Tu peux passer mais fais gaffe, on a un œil aussi sur toi. »

Ouvrant l’épaisse grille tout en faisant signe de la main à un des garde à l’intérieur d’accompagner le membre de la Coalition Noire, il grommelait, il la regardait de haut. Elle en était complètement indifférente et passa flegmatique dans les couloirs sombres de la garnison en suivant un autre factionnaire. Descendant vers ce qui semblait être des cachots, personne n’y croupissait pour le moment mais les capteurs olfactifs s’affolaient. Retirant son casque un moment pour voir de quoi il s’agissait sur son moniteur, ceci stoppant la marche de Stärker. Il y avait apparemment une forte odeur de sueur et d’urine malgré l’absence de détenus à cet étage. Et surtout des traces de sang coagulé très importante, de plusieurs personnes, certaines récentes d’autres moins. En voyant ça, Tracie ravala sa salive, parcourue d’un frisson lugubre et à dire vrai, un peu effrayée.

C’est donc ça le camp des méchants. On est bien loin des sorcières à nez crochue et du chevalier noir. Sauf que celles-ci déclenchent des cataclysmes et que ce dernier décapite des têtes comme du blé sans s’en soucier. Ils font ce qu’ils veulent pour arriver à leurs fins, y compris tuer voir pire encore... Je dois continuer, je m’en fiche. Si ça doit arriver aussi, alors ça arrivera. Je n’y suis pas de toute façon.

En remettant son dispositif, le garde venait de se retourner et lui demanda si elle allait bien. Stärker répondit en acquiesçant avant de continuer vers la fin du corridor de geôles. Faisant signe à son collègue qui lui gardait la salle du fond, il ouvrit la porte. C’était une pièce avec une unique lumière au plafond, une table, deux chaises et enchaîné à l’une d’elle, celui qu’elle devait faire parler. La porte se referma derrière elle, les deux gardes étaient à l’extérieur. De l’autre côté de la table, John Doe, menotté et se débattant avec une mine rageuse. Corpulence moyenne, caucasien, châtain, plus d’une trentaine, fumeur et qui n’avait pas prit de douche depuis des jours. Elle entendait la discussion des deux gardes grâce au petit orifice de la porte servant à vérifier si tout allait bien dans la salle d’interrogations.

« Ils sont pas possibles ces coalisés. J’te jure mec des fois j’ai peur. Ils nous envois une gamine, le commandant Abigail est au courant de ça au moins ? »
« Ce sont des ordres d’en haut, on peut pas questionner ça. Mais je suis aussi dubitatif que toi. »
« De quoi elle est capable ? Ça doit pas être joli à voir. C’est sans doutes le genre d’enfant perturbé avec des super pouvoirs chelous. Si c’est le cas, le gars il va parler c’est sûr. »
« J’en sais rien. Et vu qu’il est pas très bavard, il risque la potence. Qui plus est, on a rien à perdre à la laisser faire. »


Stärker s’assit grâce à une commande textuelle et fixa le prisonnier. Longuement. Deux yeux orangés taciturnes mais attentifs. Il la regardait aussi mais elle ne baissait pas le regard d’un cil. Depuis sa chambre, elle ne savait quoi penser de ce monsieur, est-ce qu’il avait vraiment fait quelque chose de mal ? Non, il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Toutefois il détenait une information qu’elle se devait d’extirper pour revenir la tête haute devant son boss. C’était un vrai combat psychologique dont il fallait briser les remparts. Pénétrer le mur d’un individu ce n’est pas évident, la solution de sa psyché n’est pas écrite sur son visage. Ils continuaient à se regarder. C’était un vrai rustre, ce genre de rebelle à cracher par terre et à ne voir pas plus loin que ce que ses veulent bien lui montrer. De sa voix défiante, le détenu brisa le silence ambiant en s’exclamant à son investigatrice :

« T’es qui toi ? T’es juste une gamine. J’ai rien à faire avec toi. C’est le monde des dégénérés ici ? Ils m’ont envoyé leur plus gros cas social. Ben t’as pas d’pot ma grande, parce que j’sais rien. Je sais même pas c’que j’fais ici. » Stärker ne faisait que le fixer, Tracie elle haussa un sourcil et l’ajouta à sa liste de personnes qui la dégoûte. Elle en avait plus qu’assez d’avoir ce traitement infantilisant. Elle était en position de force bien sûr mais lui faire bouffer ses dents aurait été certes jouissif or un peu précipité. Elle patienta donc un peu, laissant son personnage la fixer.

« Pas bavarde en plus hein ? T’as des problèmes avec tes parents ou quoi ? On t’a internée ? Oh ! J’te cause ! Pfff, encore un monstre complètement débile et traumatisé. » non elle n’allait vraiment pas se donner la peine de lui répondre, ça lui ferait trop plaisir d’affirmer ces dires, mais ô grand dieu qu’elle avait envie de lui en coller une, et celui-ci ne faisait pas grand-chose pour arranger son cas. La joueuse en profita pour se faire un café, en ayant bien sûr pris la peine de couper son micro et gardant un œil sur cet individu.

« Écoute gamine. Déjà on respecte les adultes, c’est pas très poli de les fixer comme tu l’fais, ça m’met très mal à l’aise. » il était persuadé de son ton réprobateur, or face au calme de l’inquisitrice, il se sentait idiot, alors qu’elle ne faisait que l’observer en buvant une boisson chaude à des années lumière de cette salle.

J’ai mais vraiment pas envie de sympathiser avec lui. Il suffit d’attendre que le pop-corn prenne la chaleur du micro-onde et il va finir par exploser. Et si ça ne veut pas, je suis prête à en venir aux mains pour l’éclater moi-même.

Un long silence c’était installé. Une heure était passée depuis qu’elle était enfermée avec le suspect. Elle l’analysait, elle attendait, elle le regardait. John n’avait pas décroché un mot depuis ses derniers abois. Soupirant, fixant ses chaînes avec un peu de résignation, grognant ponctuellement. Une odeur très forte et des vêtements étaient déchirés depuis son arrestation. Ne sachant plus trop quoi dire, il se débattait, le bruit des chaînes étant la seule présence de la pièce et Stärker ne bougeait pas, elle était là, c’était une présence observant avec insistance l’autre présence plus agitée :

« On va continuer comme ça pendant longtemps ? Tu perds ton temps. Je sais rien sur ce que tu te demandes, je ne sais même pas pourquoi je suis là et tu ne me poses pas une seule question. T’es quoi au juste ? Une gosse qui peut faire des grosses flammes avec ses mimines ? Tu te transformes en gros monstre ? Allez quoi. »
La pression montait comme un ballon gonflé d’air. Il bouillonnait à l’intérieur et elle le sentait. Oui, la transpiration. L’être humain en situation de gêne dégage des signes comme celui-ci. John lui suintait et avait une fâcheuse tendance à s’énerver. Pour garder son calme il engage la discussion et soupir, cependant, ni Tracie ni Stärker n’étaient réceptives à ces boutades et allocutions.

« Tu veux pas me faire sortir d’ici plutôt ? Allez quoi, j’ai rien fait sérieux. » pas de réponse. « Allez s’te plaît. S’te plaît s’te plaît s’te plaît s’te plaît s’te plaît. » il répétait ces mots en boucle en s’agitant sur son dossier. Tracie pouffa devant son écran face à l’ironie de la situation. Un adulte sermonnant une gosse pour ensuite se comporter comme l’un d’eux. Mais au moins avec une telle attitude, elle en était persuadée, ce John Doe savait quelque chose et il n’avait pas la conscience tranquille.

Il était à point. Ne cessant pas de bouger sa jambe et se mouvant plus qu’à son habitude en grinçant des dents. C’était maintenant qu’il fallait frapper. C’était maintenant qu’il fallait le faire parler. Stärker se leva de sa chaise, avança vers John tout conservant le contact visuel avec lui et brusquement, le saisit par le cou avant de le traîner contre un mur lui et sa chaise. Le gant de métal noir froid se resserrait sur sa gorge alors que lui gigotait ses jambes comme un poisson hors de l’eau en émettant des bruits de gorges assez immonde. Il était abasourdi, il ne savait pas quoi faire, la panique se lisait dans ses yeux tandis que Stärker l’étranglait sans une once de sentiment apparent, seulement deux lueurs crépusculaires dépitées ne voulant que lui ôter la vie. L’androïde lâcha prise, Tracie en avait le souffle court mais il fallait continuer. Elle reprit son calme, activa son micro et la voix de sa création, plus froide et posée, s’exprima d’un simple :

« Parle. » il toussait en regardant son agresseur, terrorisé, mais il reprit vite son calme pour s’énerver aussitôt. « J’te dis que j’sais rien ! T’es complètement tarée toi ! T’as faillie me tuer ! » elle leva le coude, poing vers sa victime à terre et le gant se mit soudainement à se propager, à grandir d’un coup pour devenir plus gros que sa tête, imposant.
« Parle. » un coup de poing direct sur la joue, ramenant son énorme main prête à infliger un nouvel impact. Il en toussait et réussi à tâcher la tenue de son bourreau. « Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Putain j’sais rien ! Arrête ! » un autre jab.
« Parle. » « Mais là je parle là ! Regarde ! » encore un coup dans la mâchoire cette fois.
« Parle. »
toujours sur le même ton, frappant à chaque fois qu’il ouvrait la bouche pour dire quelque chose d’inintéressant. Elle finit par lui donner un coup de pied dans le ventre à l’en faire presque vomir. Puis un autre, encore un. Il se roulait par terre, la chaise aillant finie par casser mais les menottes étaient assez solides.

Elle désactiva son poing pour qu’il reprenne sa forme initiale et se dirigea au fond de la pièce pour toquer à la porte en laissant l'interrogé encore suffoquant. L’un des soldat ouvrit l’interstice en râlant d’un :
« Tu veux quoi ? T’as fini avec lui ? Ça fait des heures que vous êtes là-dedans. » elle fit non de la tête.
« Un papier et un crayon. » dit-elle en tendant la main. « Tu veux de quoi écrire ? D’accord on va t’apporter ça. » il ne fallut que quelques minutes avant d’obtenir ce qu’elle avait demandée. Le garde se permit une petite remarque. « Eh ben ! Tu l’as pas loupé le mec. C’est qu’il y a des muscles sous ces petits bras. » restant stoïque, la porte se ferma de nouveau dans un grand claque.
Elle posa la feuille et le stylo sur la table. Le robot de combat s’approcha du corps étourdi. Soudainement, celui-ci se précipita sur elle, passant ses chaînes autour de son cou. « C’est ton tour maintenant de morfler salope ! » le détenu avait prévu son coup. Toutefois c’était insuffisant. Tracie, qui avait été un peu surprise par ce stratagème, enclencha la manœuvre de dépressurisation du système ce qui avait pour effet de dégager une vapeur plus que chaude de quelques parties du corps de Stärker. Une émanation à haute température s’extirpa de sous les bras, de la taille, des articulations et du cou du robot. Abasourdi, John tomba à la renverse entraînant la machine fumante avec lui contre le sol en dégageant encore de la vapeur. Il gesticulait dans tous les sens, sentant la brûlure venir petit à petit.

« Putain dégage de moi ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! Qu’est-ce que tu es ?! » l’avatar violent se libéra de l’emprise du criminel, mettant fin au souffle quasi-ardent qui n’était là que pour refroidir les circuits. Elle attrapa le prisonnier par le col, le faisant glisser sur le sol avec une certaine difficulté, il pesait son poids l’animal, avant de l’asseoir sur l’unique chaise de la pièce. Ne manquant pas de le rappeler à l’ordre d’un revers de la main bien senti, elle posa le stylo en face de lui. Ce mouvement de rébellion l’avait un peu énervée il faut le dire.

« Maintenant, écris. »

« Qu’est-ce que tu veux que j’écrive connasse ?! » dit-il en se saisissant du bic, toujours menotté et essuyant le peu de sang qui était sorti de sa bouche avec ses poignets attachés. Se faisant attraper par le crâne, elle lui précipita le front contre le bord de la table, lui laissant une belle marque par la suite. Apparemment, elle n'aimait pas les insultes qui lui étaient adressées et Tracie n'en fulminait que plus. Puis, une fois remis, il sentit une nouvelle froideur sous sa mâchoire. Les doigts métalliques se glissaient sur la peau du col de John qui n’en paniquait que plus rien qu’en regardant ses yeux écarquillés. « Je sais rien putain ! Pour la dernière fois je ne sais rien ! » elle serrait le cou du prévenu, des bruits de gorge se mêlaient à sa détresse, il tapait des poings sur la table.
« Si tu ne sais rien alors je vais te tuer. » prit d’une peur soudaine il hurlait de façon étouffée. Frappant plus fort sur le meuble en gigotant jusqu’à ce que la coalisée relâche son étreinte, tout en toussant, le souffle court. « Non non ! Me tue pas par pitié ! Je sais rien je t’en prie ! » la voix sanglotante, des larmes commençant à émerger, de la pitié elle n’en avait aucune pour ce genre de personne qui la débecte. Elle le frappa encore une fois sur le visage, il en pleurait. « Ils vont me tuer aussi si je vous le dis ! Pitié laissez moi partir. »

Enfin une information intéressante. Donc il sait finalement. Tracie de son côté ne pouvais pas s’empêcher de se sentir un peu mal, elle l’avait bien malmené pour arriver à ce résultat, c’était cruel. Des doutes vite balayés par l’objectif qu’on lui avait assigné. Il était maintenant temps de lui faire cracher le lieu et l’heure du rendez-vous de son gang. Stärker attrapa la tête du prévenu avant de lui dire très calmement d'un ton à la glacé à le sang :

« Si tu n’écris pas, je te tuerais ici. »

Il renifla un peu sa morve, prit quelques secondes pour réfléchir et le tour était joué. Le regardant écrire de ses mains sales enchaînées d’une calligraphie grossière, ce n’est que lorsqu’il termina que le robot reprit le stylo et la feuille. Il y avait quatre noms : Pirro Sabatin, Cho Young, Coline Faugast et un certains La Poutre. Elle était un peu étonnée car ce n’était pas exactement ce qu’on lui avait demandé. Toutefois, il y avait une adresse également inscrite.

« Ce sont les noms de trois membres du gang que je connais. Je ne sais rien sur l’échange qui va avoir lieu, mais l’un d'eux le saura. Le premier nom, c’est le mien… L’adresse, c’est là où certains gars ont l’habitude de zoner. »

Retournant vers les gardes en toquant, ils ouvrirent et prirent le bout de papier qui n’avait pas reçu une seule larme ou goutte de sang malgré ce qu’elle lui avait fait subir.

« Vérifiez les informations. Si c’est incorrect, je le tue. Faites en ce que vous voulez maintenant. »

John Doe, ou Pirro Sabatin de son vrai nom, ne pu s’empêcher de pleurer à haute voix sur son sort. Après tout, il avait trahit ses amis au profit de sa survie, une réaction tout à fait normale. Il avait préféré sa propre vie contre ses ambitions, quel homme pitoyable. Son tortionnaire partant sans dire un mot de plus, avec pour seul accompagnement le bruit de la porte grinçante se refermant sur les gémissements d’un homme accablé et les bruits de pas de la jeune femme s’enfonçant dans les ténèbres de la caserne. Si elle devait revenir, il y aura une personne de moins dans les cachots malgré le sentiment de véhémence qu'elle sentait à son égard.

35 bis allée du regret gris à Illusiopolis.

En voilà un nom de rue peu commun. Pour l’instant, c’était son seul filon, ça et les trois autres comparses du pleurnicheur qu’elle avait tabassé. En espérant que ces informations sont fiables, il y avait quelque chose qui la préoccupait encore plus. Si c’était de l’infiltration, elle ne pouvait pas se permettre d’y aller seule, il lui fallait de l’aide, on ne pouvait pas écarter la possibilité que ce soit un repère rempli à ras de criminels endurcis ou non. Peut-être qu’un membre de la Coalition Noire ou un mercenaire pourrait se rendre sur place, elle ne connaissait rien de cet Illusiopolis et avoir quelqu’un d’autre ne serait pas un luxe, surtout si il ou elle connaît bien les environs.
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