Petit Lapin

Feuille de personnage
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le Jeu 9 Aoû 2018 - 1:06
À San Fransokyo, il fait chaud. Toi-même tu es au courant. En vrai, c’est étouffant, mais je supporte ça bien. J’ai mes raisons aussi. Déjà mon appart est plutôt moderne, comme la ville tu me diras, et j’ai de l’air co, tout ça. Et puis moralement, comment dire ? Je suis dans une forme olympique, c’est incroyable. Oui… Et moralement, et physiquement ! Alors la chaleur ?! Franchement, je supporterai un bain de limaces tellement je suis balèze. San Fransokyo, tout se passe méga bien pour moi. La ville est assez calme, on réussit bien à gérer la sécurité. Petite parenthèse déjà maintenant ? Allez oui. Ca m’a un peu énervée, l’autre jour. Y a eu du grabuge. J’ai posé quelques questions aux personnes qui savaient des choses et… les langues se sont déliées face à mon bagou incroyable ! Et la Shinra a appelé, vraiment récemment, y a deux jours ou environ, la Coalition noire. Elle cherchait un type, on l’a trouvé et on a appelé la Coa et… qu’est-ce qui va pas bien dans la tête de la Shinra ? Un moment… je me dis que je peux faire tous les efforts qu’ils veulent à SF… Si on se permet ce genre de choses, laissons tout tomber. Si on trouve un type, même signalé machin chose… et qu’on veut que la Coalition noire l’ait. Et bien on le capture nous-mêmes, enfin !! Dès lors qu’ils ont laissé, publiquement, un homme qui ne portait pas l’uniforme, et ça aurait pu être quelqu’un de la lumière, ça aurait été pareil. Bref ! Dès qu’ils laissent un homme qui ne porte pas l’uniforme le soin d’intervenir de manière officielle, ils font passer la Shinra, qui n’est QUE chargée de la sécurité et de la protection du territoire… pour des idiots. Je suis quasiment sûre qu’on a outrepassé nos droits.
Franchement je suis pas… miss manipulation, miss stratégie. Mais c’est moi qui suis chargée de représenter la shinra auprès du peuple. Alors oui, j’arrête pas de le répéter et ça devient peut-être ridicule, mais en attendant, c’est vrai. Et le peuple, il veut pas voir que la Shinra laisse les étrangers agir de manière musclée dans leur monde. Ca m’énerve un peu, on va pas se mentir. Ca m’énerve parce que… j’aurais aimé que le Président m’en parle. Ou le Soldat 1ère classe Malkhouth. J’ai pas la prétention d’avoir le droit de donner mon avis, je suis un Soldat, mais qu’on me prévienne. Que je l’apprenne pas en demandant à des 3èmes.

Woah, belle parenthèse, D.Va.

A part ça, tout va bien. Et voilà la raison : LaD. (A prononcer comme Lady). Mon nouveau robot miniature. Comme je l’ai expliqué à mes viewers, il me fallait un robot capable de se battre aérien. Et idéalement, en fait, un robot polyvalent. J’aurais pas pu être plus contente. LaD., c’est… non franchement ? Je l’adore tellement, c’est la folie. Mon sponsor me l’a envoyée, après avoir un peu discuté avec moi et… c’est pas moi qui l’ai construite mais j’en suis fière comme si je l’avais faite ! Et le maniement à la manette ? C’est ça le plus dingue. Je m’étais monté un tel truc avec Bunny-D, un maniement horrible, où je dois tout le temps faire gaffe à ce qu’il reste debout, frère. Et là je passe à madame stabilité. Non sans délirer, elle est toute entière faite pour l’équilibre.

Je suis chez moi, j’allume la caméra. Je sais pas, là j’ai trop d’égo, je me trouve rayonnante et genre pleine d’énergie.
« Saluuuuuut ! J’espère que vous allez bien, moi c’est la tip top forme ! » Je marche dans mon appart, en shirt large et avec juste une chemisette orange qui remonte bien, histoire qu’on voie bien mon nombril, histoire qu’on commente bien mes goûts vestimentaires. J’ai les cheveux attachés en queue de cheval haute, avec plein de mèches rebelles. J’ai l’air sportive, j’ai l’air cool et j’ai l’air co. Ahah ? « Regardez qui voilà ? » Je tourne la caméra vers le drôle de gars sur mon canapé, qui regarde son ordinateur portable sans vraiment faire attention à moi. « Alors comme vous avez pu le remarquer… » dis-je en continuant à le filmer. « Nakada est un sdf… Et je l’héberge, plus ou moins contre ma volonté, parce que c’est un forceur de l’extrême. » La vérité c’est que… non en fait c’est plutôt proche de la vérité. Je m’assieds sur le dos du canapé, et je tiens ma caméra haute pour pouvoir nous filmer tous les deux. « J’aime bien son style beau gosse hip hop donc je le laisse crécher. »

Je sens un contact sur mes fesses. Pas le temps de hausser un sourcil que je tombe plus ou moins en avant, en réussissant à me rattraper ; Je vois le pied triomphant de Naka sur le divan et… « T’es dingue ! » crié-je, pas vraiment fâchée. « Bréf. » Toujours à terre, je me filme en me mettant en tailleur. « On s’entraîne la blinde pour le tournoi. Je peux pas vous montrer ça maintenant, parce que mes opposants vont sans doute essayer d’analyser mon style et tout. Mais je filme, et dès la fin du tournoi, je publie. » Mais j’oublie pas ma promesse cela dit. Du combat de robots, jamais. Un entraînement c’est autre chose, c’est pas plus dangereux que de m’entraîner avec mon méca. Et j’ai déjà publié ça donc je vois pas le souci.

Je coupe ma prise et en me relevant, je dis… moins souriante mais toujours aussi énergique.


« On s’entraîne dans dix minutes, ça te va ? »

« Sous cette chaleur, hors de question, meuf. »

« T’es chez moi, je décide, t’es qu’un loser. » Je lui fais un sourire et vais déjà sur le toit en préparant… la caméra, les munitions, genre boisson et nourriture, et puis le matériel de Naka, au cas où les machines soient abimées. J’ai de la chance aussi pour ça, je dois dire. Il est bon avec une manette dans les mains, il est… un acrobate franchement accompli, et c’est un très bon mécano. Moins intellectuel que son petit frère, Kotetsu mais en même temps… Je suis quasiment convaincue que Kotetsu a du élaborer la théorie de la relativité restreinte quand il était môme. Non j’ai l’air de rire mais je l’imagine bien découvrir, hyper deg, un peu plus tard que sa théorie a déjà été élaborée par un autre, vieux.
Nakada arrive un peu plus tard. Je le présente comme un fainéant mais c’en est pas un. Il est grave débrouillard, il fait ce qui doit être fait. Il a juste, tu sais… cet air indolent que se donnent les mecs, mais aussi les filles, pour avoir l’air cools et pour qu’on tombe raide dingue.

Il place sa machine, je place la mienne. Présentation ?

La sienne, c’est Nauti. Oui comme le champion, Nautilus. C’est moi qui l’ai appelée comme ça, avant c’était Mr Smile. C’est très mignon mais… il ressemble vraiment beaucoup à Nautilus, mais genre en cute. C’est comme un petit homme avec des bras tout fins et des jambes toutes fines, mais avec un torse, des pieds et des mains beaucoup plus grandes et qui ont la forme de boites de conserve. Et tout a l’air d’être en plaques de métal rouillées, comme un petit robot qu’on aurait laissé vivre sous l’eau. Sa tête est très simple, on dirait un fantôme de pacman avec deux trous en guise d’yeux et… le plus remarquable, comme une étoile sur un sapin, il a sur son crâne une longue tige au bout de laquelle il y a une petite lampiote toute mignonne qui balance quand il marche.

LaD., maintenant ! Vous voyez Peach dans Mario, plus précisément Super Smash ? Vous avez une idée globale. En gros c’est une petite dame aux couleurs roses et bleues, comme moi. Elle est un peu plus grande que Nauti, elle atteint les 65 centimètres maximum pour le combat de robots. Elle a une robe bouffante, en métal super souple, genre micro-plaques qui s’assemblent entre elles et qui donnent l’impression d’un tout bien lisse. Une tête, genre… comme si une fleur avait un visage ! Et elle a un parapluie, lui aussi en métal, capable de se replier, de se déployer, et qui est dans le même alliage que la robe. A 100% inspiré de Peach dans Super Smash, même dans le style de combat, du moins… pour ce qui est de la base.

Mon sponsor a du faire un robot polyvalent mais qui excelle pour l’aérien. Malheureusement, l’aérien, c’est pas vraiment possible pour moi de m’y entraîner. Je vais pas jeter LaD. depuis le haut de mon immeuble. Et puis même, c’est du métal, faut un courant ascendant pour pouvoir la maintenir dans les airs ! Et donc je dois faire sans. J’ai confiance en moi, quand le moment viendra, je saurai la gérer. J’ai déjà… des super noms d’attaque. J’en dévoile un ?... Poupoupidou. On va pas se mentir ? J’en suis très fière.

Je prends ma manette en main et je m’assieds sur le rebord de l’immeuble. Nakada s’installe et on commence. C’est du duel très amical, très coopératif. On teste la limite de nos machines, on répète parfois dix fois le même enchaînement sur l’autre, ce qui fait que y a plus de surprise, mais… C’est en s’habituant qu’on esquive ! Pour pas faire trop de dégâts, la pointe du parapluie de LaD. est rembourrée par un gros amortisseur, et c’est pareil pour les poings et le crane de Nauti, qui… ressemble de plus en plus à Amumu maintenant que j’y pense… Mince !

LaD. tient son parapluie fermé comme un sabre de Kendo. 70% de ses capacités offensives, c’est les coups comme ça. LaD. s’approche. C’est… très frustrant parce que je sais très bien ce qu’il va se passer. Alors je suis prudente. Je frôle le joystick gauche pour aller en avant en craignant la chose. Nauti est parfaitement immobile. Il lève sa main vers LaD. alors qu’il y a bien six mètres entre les deux. Et… Hop la grenouille ! Son bras s’allonge, sa main vient s’approcher de LaD. pour la saisir. J’appuie sur rond, le parapluie s’ouvre en grand, comme un bouclier devant la petite dame. Il choppe l’ourlet du parapluie.


« Pas mal. » dit Nakada. Il fait le malin. En vrai, la plupart du temps j’ai l’avantage mais Nauti est le pro des attaques surprises. Pour vous expliquer un peu le génie de Nakada… Nauti a l’air de rien. Il est petit, trapu, il a pas d’armes sinon ses poings. Très peu d’équilibre, incapable de toucher le sommet de son crane avec ses doigts, c’est… un robot plein de défauts. Mais les cables qui relient ses mains et ses pieds à son torse sont… non seulement capables de s’allonger, ça oui, mais on s’en fiche ! Ils sont d’une résistance incroyable, et la traction faite dans son petit corps est démentielle. Y a une grue à l’intérieur de ce truc. Aussi… se soustraire à une choppe de Nauti est impossible. C’est lui qui décide quand il vous lâche.

Je connais bien Nauti maintenant, c’est un choppeur. Comme… Blitz… Non sérieusement ? J’ai une seule référence vidéoludique ? C’est une honte !

Bref.

LaD. tient désespérément son parapluie par le manche alors que Nauti la tracte doucement vers elle. C’est déjà arrivé dans nos séances d’entraînement, mais je cherche encore la parade idéale. Je vais pas affronter Nakada dans le tournoi, je le sais bien. Mais je suis convaincue qu’on évolue à fond par la répétition, comme j’ai déjà dit. Allez je tente. LaD. saute sur elle-même brusquement. Comme elle résiste plus, elle est tractée avec son parapluie comme une dingue et badabam. Nakada réagit bien. Nauti a réduit le choc en arrêtant de son autre main le parapluie, et est resté parfaitement immobile. LaD. parvient à se remettre debout… Je profite du temps qu’il faudra à Nakada pour se débarrasser du parapluie pour faire bouger mon robot. LaD. contourne, se retrouve sur le flanc de Nauti et s’élance et lui fait un magnifique coup de popotin aérien qui le fait tomber en arrière. LaD. pose un pas sur Nauti, puis un autre, et se plie sur elle-même… comme une danseuse étoile en tutu, elle s’agenouille, recouvrant le sol, ou plutôt le robot, de sa robe bouffante. Cette attaque, je l’ai appelée « Lady Cotillon ! » . Les plis de son jupon exercent une pression sur les membres du robot adverse, tels que ses pattes, sa queue, ses tentacules. La robe devient une prison et veille à ne laisser sortir que la tête ou un membre important de son adversaire immobilisé. Franchement… LaD. est lourde, genre… c’est un robot qui pèse carrément son poids. La pression qu’exerce le jupon sur le robot n’est pas capable de broyer, de casser ou que sais-je. Comme je vous disais : souple. Les plis contournent l’objet, atteignent le sol et s’y accrochent comme des sangsues. Une fois la prison fermée, en principe, je dois tabasser la tête sortie de mon adversaire jusqu’à ce qu’elle se détache. Là, on va éviter. LaD. se relève et on reprend un peu plus tard. On s’affronte pendant une bonne heure et demi, essayant de varier les plaisirs. LaD. a quelques surprises en stock, Nauti en a encore plus et… même s’il ne nous reste pas longtemps avant le tournoi, on se réserve toujours la possibilité d’ajouter quelques fonctions à nos machines.

Séance terminée. Nakada vient vers moi, las. Il met un bras autour de mes épaules et fait mine de se laisser tomber. Urf… j’essaie de supporter son poids avant de le repousser.
« Quelle gentillesse ! Je suis crevé ! »

« Tu transpires, c’est trop deg. » lui dis-je en souriant avant d’ouvrir la porte qui mène à la cage d’escalier.

« Toi aussi, princesse Shinra. »

« Moi c’est mignon. » Je lui tire la langue et je descends. Quand il me rejoint à mon appart, j’ose un « Contacte ton frère sur internet, propose-lui de venir manger. »

« Je suis invité aussi, donc ? »

« Il faut bien. C’est toi qui cuisines. »  À nouveau, je lui fais un grand sourire radieux. Je le vanne… beaucoup. Genre beaucoup. Et je connais plein de filles qui, quand elles le font, sourient pas, restent sérieuses, histoire d’avoir l’air cyniques, faussement froides ou même drôles, tu sais. Je crois être drôle mais… quand je dis quelque chose de méchant pour rigoler, quand je donne un ordre pour rigoler, moi il faut que je sourie, je suis une paniquée du premier degré. J’ai trop trop peur qu’on le prenne sérieusement. Je vais dans ma cuisine et je prends deux verres ainsi qu’une bouteille de soda pendant que Nakada est sur son ordi, à faire, je crois, ce que je lui ai dit. Je reviens vers lui après une petite minute.

« Il vient ? »

« Ouais. C’est cool que tu sois si sympa avec lui, Di. »

« hum ? »

Il est allongé, il me regarde pas, il est encore sur son ordi. Mais les compliments de sa part, exceptées les petites piques dragouilleuses, c’est rare. Sauf qu’ici, le compliment, je ne le comprends pas.

« Oui enfin. Il est cool, c’est pas comme si je me forçais. »

« Il a toujours eu du mal à se faire des amis, et je vois bien que tu le prends sous ton aile. »

« Mouais. »

J’ignore. Enfin plutôt, je décide de pas questionner, de pas relancer. La conversation a pas vraiment commencée que ça m’énerve un peu. D’où je prends ce type sous mon aile ? Il croit que j’en ai combien des vrais amis à SF ? Je m’entends bien avec plein d’étudiants, y a une bonne ambiance durant mes permanentes et je suis sûre qu’ils ont confiance en moi mais des amis, j’ai qu’eux deux.

« Et toi ? Pourquoi est-ce que tu t’es barré de chez parents ? »

« Bah tu le sais. T’en as même parlé dans ta vidéo sur moi, délicate comme t’es. J’ai tenté l’unif, section robotique, c’était pas fait pour moi, je me suis barré. Ca a déçu mes parents, basta. »

« De là à en arriver à de la petite délinquance, franchement… y a un monde. »

« Je sais pas… Je crois que… »

« Tu veux en parler ? » Je plie mes jambes devant moi et pose ma joue sur mes genoux. « À la caméra ? » Un petit sourire taquin se dessine sur mes lèvres.

« Rah dégage. »

« Non sérieux, moi ça m’aide, tu devrais essayer. »

« Tu sais quoi. J’aime pas parler de moi et j’aime pas me plaindre. Je reviens. » Le mec il se lève et il part, pas fâché mais bon, décidé. Aux toilettes, mais c’est pas important. Il était décidé… aux toilettes. Bon. Je vais pas insister. D’habitude je suis la pire forceuse de l’histoire mais sans la caméra, je tiens moins ce rôle. Bon sur ce. Je me lève, je vais dans la salle de bain avec ma caméra. Non je sais, ça a l’air d’être une idée terrifiante. Mais en vrai ça va. C’est même pas franchement palpitant, je me suis douchée parce que j’étais deg, comme l’autre me l’a signalé, j’ai mis une serviette autour de moi, j’ai vaguement séché mes cheveux trempés parce que j’aime bien les faire sécher à l’air et… j’ai enfin allumé la caméra en allant dans ma chambre, à moitié nue mais… honnêtement c’est plus glamour que vulgaire. Et puis depuis l’épisode Costa del Sol, si je me sers pas plus de l’argument icône sexy, c’est que j’ai rien compris au monde. J’ai aucune idée de ce que je vais dire à la caméra, comme… tout le temps. J’hésite à me filmer de face ou en plongée. Je me filme souvent en plongée ou en contre-plongée pour me donner un style Eminem mais avec la serviette autour de moi, faut pas rire, ça va faire un peu trop. Donc de face.

« Re ! Entraînement fini, les amis. Ce soir, dîner avec Naka et Kotetsu. Les gars. Demain… vous. Moi. Live. 16h. On discute, on papillonne, on s’amuse. J’ai un truc très important à vous annoncer. » Bon si, ça j’avais quand même prévu de le dire. « Spoiler : Ca concerne des rumeurs… Ouh ! Mais j’ai envie qu’on parle de jeux vidéos, j’ai des choses à dire sur Hearthstone, j’ai envie qu’on parle… politique, actualités, ce que vous voulez. Mais j’ai envie qu’on parle. » Je pose la caméra deux minutes et je retourne dans la salle de bain avec mon pyjama, parce qu’il fait tard ! Je reviens, toujours les cheveux mouillés, avec un pyjama deux pièces, chemise sur le haut, on dirait la chemise de bucheron de ton père. Je m’assieds sur mon lit avec la caméra à la main. Je suis la pire hôte de la vie, à accueillir des gens en pyj’ et à me barrer… enfin Kotetsu est pas encore arrivé et j’accueille son sdf de frère donc franchement. « Et si vous êtes attentifs, vous êtes en train de vous dire… Mais enfin Di ! Comment veux-tu faire un live avec nous ! T’as oublié qu’internet de San Fransokyo est pas lié à internet de partout ailleurs ? Les gars… Je vous ai rien dit, d’accord mais… » Je fais mine de regarder autour de moi, comme si on pouvait me surveiller. « J’ai des informations. » chuchoté-je au micro de la caméra. « Y a de véritables génies dans ce monde, en tous cas. » Je fais un clin d’œil à la caméra. « On finit sur un petit message bien pensant, mais surtout bien pensé ? Les gars, et les filles. Je pense à vous, et je vous embrasse et je vous aime de tout mon cœur. Et maintenant, au lieu de vous dire que woah elle est trop géniale et pleine d’amour, D.Va… j’aimerais vraiment que vous alliez près de ceux qui comptent pour vous et que vous vous lâchiez. Avec ce qu’il s’est passé ces dernières semaines dans les mondes, le Palais des rêves, tout ça… moi je remets tout en question. Morale ? Ne stressez pas, n’y pensez pas. Aimez, les gars, aimez à fond. Rah c’est… tellement nunuche. » Je fais un large sourire à la caméra et « Allez, gros bisous, D.Va ! »

J’ai rejoint Nakada et on a attendu Kotetsu en jouant à Bomberman et… quand il est arrivé, on a continué, mais à trois, pépouzes.

« Vous êtes contents de vous ? » demande Kotetsu, profitant du temps imparti que lui donnait une mort bien méritée pour parler un peu.  Nakada est franchement bon aux jeux, ce qui donne un certain challenge, vu que j’ai pas la prétention d’être une progameuse de Bomberman, faut pas rire non plus.

« De l’entraînement ? Oui. Et toi ? C’était sympa les cours ? » J’ai lâché l’écran des yeux pour le regarder et lui sourire, lui arrachant un rictus gêné.

« Ouais, on commence à approfondir tout ce qui est… » et là c’est le noir. Sans rire, des discussions comme ça, j’en ai des dizaines par jour à l’université et j’arrive pas à m’y habituer. Mes mains jouent à Bomber… mes yeux regardent distraitement Kotetsu, mes lèvres sourient bêtement et mon cerveau est mort. « Pardon, je… tu ne comprends pas ? »

Je lui fais un sourire gêné. « Non mais ça ne me dérange pas, ne t’inquiète pas. Parle-moi d’Emna, ça avance ? » Parce que pour le coup, ça m’intéresse vraiment. Emna, c’est une IA qu’il est en train d’élaborer, qui est absolument géniale. J’ai super hâte de la montrer d’une manière ou d’une autre à ma communauté. « Je travaille beaucoup sur sa mémoire, en ce moment. Quand tu l’as vue, elle était surtout capable de répondre aux sense-data. »

« Du genre… si tu lui parles triste, elle va partir dans l’idée de te consoler. Si tu lui parles style t’es hyper contente, genre comme toi non stop, elle va te demander de lui raconter ce que tu as fait aujourd’hui… Et toi tu lui répondrais parce que tu adores parler aux machines. » dit d’instinct Nakada sans me regarder.

« J’avais compris avec l’exemple de la tristesse, idiot. »

« Mais avant… si tu lui avais parlé de manière triste à l’instant A et de manière joyeuse à l’instant B, même si les deux instants sont très proches, elle n’aurait pas fait le rapprochement entre les deux. De la même manière, je n’arrivais pas à lui faire stocker toutes les informations qu’elle apprenait de ses rencontres. Mais ça va, j’ai surmonté le problème ! »

« Prends le bonus, ça va augmenter ta range. » dis-je distraitement alors que la partie reprend. «  Ok génial ! Pardon de faire ma chiante mais… »

« Tu voudrais la voir ? » me demande-t-il, d’une voix à la fois interrogatrice et enjouée. Je le regarde et lui souris une nouvelle fois pour lui répondre. Je l’aime bien, Kotetsu. C’est pas l’assurance sexy de son frère, le côté bad boy, mais il est vraiment gentil. Et Emna, pardon mais… elle m’intéresse trop trop.

Un peu plus tard, on mange devant la télé, devant un film San Fransokyen pas terrible du tout, quand quelqu’un sonne à la porte. J’y vais, normal, décroche le combiné.


« Soldat 2ème Classe D.Va ? »

Je soupire d’avance. La dernière fois qu’on m’a appelée comme ça, ça s’est fini avec du sang.

« Soldat 1ère Classe Malkhouth. J’aimerais discuter avec vous. »

Première réaction : je rigole nerveusement. Puis directement après, je dis oui, j’ouvre la porte d’en bas, et ensuite, et bien… je panique. Malkhouth est l’effroi faite femme. Si elle allait à la ville d’Halloween, elle se transformerait en… quelque chose de moins effrayant qu’elle, parce que c’est un monde tout public. Je ne plaisante pas, elle est… Incroyable.  Mais incroyable comme quelqu’un dont on veut juste entendre parler, et avec qui on ne veut pas avoir à faire.

Je cours vers ma chambre, je peux pas la recevoir en pyjama. Et je m’immobilise. Le pyjama est pas sexy, est pas ridicule… C’est le soir, mon service est fini… C’est légitime d’être en pyjama ! Si je me mets en uniforme, mon latex juste-au-corps, ce sera chelou. Même Malkhouth est pas en uniforme chez elle ! Et mes vêtements de civil… c’est soit trop sexy pour l’officiel, soit trop look hip hop, soit j’ai l’air d’une dresseuse pokemon !


« Qu’est-ce qu’il se passe ? » Les deux frères me regardent, debout dans le salon, à travers la porte vitrée qui les sépare du hall.

Panique.


« Toi le délinquant, va te cacher sur le toit !! »

« De quoi ? Les flics arrivent ?! »

« Ma supérieure, donc oui ! Escalade l’immeuble, l’escalier est condamné !  Tu trouveras bien une corniche ! »

« Mais c’est super dangereux, je… »

« Tu l’as déjà fait, non ?! » que je lui crie.

« Bon je… je vais faire mine de prendre une douche dans ta salle de bain. »

Il s’en va, Kotetsu me regarde. Lui, dans le genre boyscout, il posera aucun souci. J’essaie de coiffer mes cheveux avec mes doigts, alors qu’ils sont secs, mais mis n’importe comment.

« Je suis comment ? Pas trop ridicule ? »

« N… t’es super, tracasse pas ! »

« Ok… » Je m’approche de la porte d’entrée, j’entends du mouvement derrière. Je l’ouvre inopinément, en souriant. Malkhouth est devant moi, suivie de trois de ses gars, dont un que j’ai déjà rencontré. De là à se souvenir de son nom… Après quelques secondes, je… me mets au garde-à-vous, en pyjama, sans pression.

« Soldat 2ème Classe, D.Va, au rapport, cheffe »

« Repos. Soldat, permettez qu’on entre. »

Elle passe devant moi. Malkhouth est une femme qui fait un bon mètre septante. Elle est noire de peau, ses cheveux sont très courts et blancs, malgré une trentaine d’années seulement. Ses yeux sont super… beaux et perçants à la fois. Et sa tenue, c’est incroyable. C’est l’armure type que porterait un dragon s’il devenait un humain. Noire bordée de blancs, en cuir dur, tombant comme des ailes jusqu’à ses chevilles, avec un décolleté léger, la gorge totalement nue. Des épaulières pointues… Elle est effrayante mais honnêtement, vraiment très classe. Je rêve de pouvoir filmer ce qu’elle veut me dire même si… honnêtement j’ai pas fait d’erreurs, ou je pense pas. Je fais de mon mieux, et de mémoire, j’avais géré les Babylon Rogues !

« Chef, voici Kotetsu, un étudiant boursier de la Shinra. C’est un ami. »

« Bonjour. Laissez-nous, s’il vous plait. »

Kotetsu n’a pas traîné, est allé dans le couloir.

« Il y a quelqu’un d’autre ? J’entends

Je l’interromps aussitôt. « Un autre ami est sous la douche. »

« Bien, allons sur votre balcon, je ne veux pas être dérangée. »

J’ai obéi, la menant à l’extérieur, avec une vue sur San Fransokyo, le soir. Une belle vue pour mourir, sans doute, ahah. Les soldats se sont déployés dans l’appartement. Je serais pas étonnée qu’elle me distraie juste pendant que ses gars inspectent mes affaires. Mais bon, c’est le jeu.

« Song. Vous êtes promue Soldat 1ère classe. »

« … pardon ? 1ère classe ? »

« Ce sera bientôt officiel. En temps normal vous auriez été prévenue demain matin au préalable mais j’ai préféré vous le dire moi-même. »

« Merci madame, je ne sais pas quoi dire… »

« Franchement, abstenez-vous de dire quoi que ce soit. Song, vous êtes un bon élément. » Je hoche la tête en souriant légèrement et en détournant le regard, l’air gêné. L’expérience m’a appris que lorsque quelqu’un te fait des compliments, genre de manière un peu officielle, style ton patron, ton responsable ou quoi… tu dois pas dire merci, tu dois sourire l’air reconnaissant. Dès que tu dis merci, on te répond cette phrase énervante : je dis pas ça pour te faire plaisir, je le pense. Comme si tu pouvais pas remercier quelqu’un de penser du bien de toi !! Non la bonne attitude, et c’est ce que je vais faire, c’est que… quand ton patron a fini de te complimenter, au lieu de le remercier, tu dois sortir un vieux truc du genre : en vérité, vous m’avez servi de modèle ou un truc un peu moins grillé lèche-bottes, t’as compris. « Mais vous avez combattu lors de l’invasion de la tour Krei et lors d’une mission en monde neutre. À chaque fois, vous étiez accompagnée par un ou plusieurs 1ère classes. J’ai reçu le rapport vous concernant suite à votre mission à Halloween, écrit par le 1ère classe qui dirigeait l’unité. Trop de prises de risque en combat, tendance à n’en faire qu’à sa tête. On m’a rapporté vos propos insultants envers vos coéquipiers… Ca, encore, je vous le pardonne, Song. Un 1ère Classe est un homme d’action, il agit en dépit des risques, des autres et de la politesse. On m’a moi-même reproché ces choses. Mais deux opérations pour… des résultats moyens, en somme. »

Ouf. Je détourne une nouvelle fois le regard vers la ville. C’est toujours comme ça les promotions à la Shinra ? J’ai l’impression d’être une ratée, là.

« Vos succès ne sont pas inexistants mais concernent… des soucis totalement diplomatiques. Je vais vous dire ce que je pense de vous, Soldat. »

« Ce n’est pas la peine, j’ai

« Ne m’interrompez pas, s’il vous plait. Vous êtes un phénomène, une petite starlette qui sait se vendre. Vous médiatisez tout ce que vous faites et je ne peux pas vous le reprocher. Il doit y avoir une utilité réelle à votre présence, sinon quoi vous ne recevriez pas de missions aussi importantes. Vous auriez votre place dans le pôle diplomatique de la Shinra, en somme. Dans tous les cas, vu vos résultats, vous n’avez rien à faire en 1ère classe. Ne le prenez pas mal. Vous êtes sympathique, vous faites à longueur de journée ce qu’on ne prend pas la peine de faire, donner une belle image à la Shinra. A mon sens, ça ne signifie pas que vous êtes vraiment un Soldat 1ère classe. »

Je la regarde plus dans les yeux depuis… franchement j’ai l’impression que ça fait des heures qu’elle m’engueule. J’encaisse et j’ose pas répondre. Mes yeux me piquent un peu et je réunis toutes mes forces pour ne pas pleurer. C’est… vraiment méchant. Et à la fois ?

« C’est injuste. » dis-je du bout des lèvres, finalement.

« Je ne vous le fais pas dire. » Elle me regarde du haut de sa carrure de black, elle est hyper dure, c’est incroyable. « Si je vous dis ça, c’est pour que vous compreniez que vous êtes encore loin d’avoir les capacités et les faits d’arme d’un 1ère classe. À San Fransokyo, militairement, c’est toujours Hessed et moi qui dirigeons. Faites votre popotte, faites bien votre boulot, et je vous appellerai Soldat 1ère Classe Hana Song pour ne pas vous dévaluer devant les hommes. Au-delà du titre et du salaire, dîtes-vous que rien n’a changé pour vous. »

« Ah ça risque pas vu la leçon d’humilité. »

« Pardon ? »

J’ose la regarder dans les yeux. « Sérieusement, j’ai assez d’ancienneté pour devenir 1ère classe, maintenant. Je suis loin d’être nulle en combat. Et faites pas genre, y a plein de 1ère classes qui sont à peine plus vieux que moi. Je sais que j’ai pas fait grand-chose militairement, mais quoi ? J’ai fait ce qu’on m’a demandé et il se trouve que le Président a confiance en moi pour tout ce qui est social. » J’ai presque envie de dire que j’ai pas demandé à être aussi jolie, mais je le fais pas. Ca ferait vraiment peste et d’un autre côté, est-ce que c’est pas un peu ce qu’on me reproche ? D’être une poupée à côté de bêtes de combat insensibles ?

Elle me regarde, même pas fâchée. Je suis tellement pas prise au sérieux, c’est du délire.


« C’est politique, soldat. Vous seriez la même, sans votre caméra et votre juste-au-corps, vous resteriez 2ème classe jusqu’à la fin de vos jours. Et ce n’est pas un mal, les 2èmes classes sont de bons soldats, à n’en pas douter. »

« Ok… Si c’est tout, je peux vous demander de me rendre à ma soirée ? » Elle hoche la tête et s’en va rapidement. Moi je reste un peu sur mon balcon. J’ai la pâteuse, horrible. J’ai l’impression que je vais vomir. J’ai envie de dire… première fausse note de San Fransokyo ? C’est quand même une promotion, un meilleur salaire, comme elle disait. Mais difficile de prendre ça avec le sourire après ce qu’elle vient de me faire. Je peux même pas la détester comme l’autre Song ! Non, Malkhouth et moi, on joue pas dans la même cour. Roh… comment me plomber ma soirée.

« Ca va ? » Kotetsu met un pas sur le balcon mais reste à l’intérieur, comme pour demander l’autorisation, comme pour sentir la température avant de plonger ! « Oui. Viens. » Il s’approche. « Ca va pas ? »

« Tu regardes toutes mes vidéos ? » Je me retourne vers lui avec un léger sourire. « Genre… toutes ? »

« Depuis que tu en publies à San Fransokyo, oui j’ai tout regardé. »

« Ca fait chienne de te demander celle que t’as préférée ? »

« Non c’est trop débile. » Il rigole en regardant sa montre et en s’avançant vers la rambarde.

« Quoi ? » Je ris légèrement et lui frappe gentiment l’épaule. « Le vlog sur ma playlist rupture ? »

« Nan, j’aime assez bien la quatrième, la vidéo make up. »

Je soupire. « Ouf. Je juge pas. Mais explique quand même. » Ma voix se brise dans un rire que j’essaie discret. Kotetsu hésite, je le vois carrément gêné mais enfin… « Je sais pas, je suppose que si j’étais une fille, ça m’intéresserait de savoir comment me faire un grain de beauté en étoile. »

« Tu veux dire, si tu étais… une fille de six ans ? »

« Oui voilà. Et sinon, ça va ? »

« Mieux. »

« Tu veux un genre de calin ? »

Je lui fais un grand sourire et secoue la tête. « Pas vraiment. T’en veux un ? » Il bredouille un truc, l’air de dire non. Je m’approche, ne le prends pas dans mes bras mais lui fais un bisou sur la joue. « Je vais me coucher, désolée. Ferme la porte en partant. »
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