Le Traître

Feuille de personnage
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le Mer 8 Aoû 2018 - 23:51
Le crâne dans ses mains, le Turk restait immobile dans le cockpit de son vaisseau. Silencieux. Il n’y avait qu’un bouton illuminant brièvement les traits cachés du traître qui brillait avec alternance, invitant le pilote à ouvrir la verrière de son vaisseau.

Il ne comprenait toujours pas ce qui lui était arrivé lors de sa rencontre avec sa collègue.

Lentement, il relevait l’une de ses mains pour attraper son pistolet et le fixer de longues secondes. Il n’aurait jamais dû faire ça, menacer cette personne et aller jusqu’à pointer son arme en plein coeur. Et pourtant. Il savait que quelque chose au fond de lui n’avait pas hésité à enchaîner les actions jusqu’à ce qu’il manque de presse la détente. La douleur dans son torse reprenait alors qu’un rire aigu résonnait dans son crâne.

- C’est trop tard, maintenant. La voix sifflait. Tu aurais dû me laisser faire, nous serions tranquilles à l’heure actuelle et nous aurions même eu la chance d’avoir un vaisseau pour le transport des armes.
- La ferme…

Kurt rangeait son arme, cachant celle-ci dans sa veste avant de presser le bouton et s’extirper de son vaisseau. Il était en mission, il n’avait pas de temps à perdre, pas avec ça. Même s’il se retrouvait à marcher plusieurs pas en tenant son torse, il parvenait à faire taire cette voix. Du moins, jusqu’à la prochaine fois, pensait-il amèrement avant de rejoindre le lieu de rendez-vous. Il avait perdu trop de temps avec son état et Ruth était incapable d’abattre une cible désarmée, il se retrouvait une fois de plus à devoir jouer les sauveurs pour récupérer une cargaison d’arme.

Avec un peu de chance, il était parvenu à rejoindre la ville avant Franck et il n’aurait pas à se retrouver dans une fusillade pour quelques fusils. Dans le cas contraire ? Il allait devoir encore jouer de la gâchette.

- Et cela te dérange ? Soufflait la voix. Depuis le temps, n’y a-t-il jamais eu un moment de regret ?

Les paupières closes, le Turk s’avançait tout en ignorant les provocations dans les rues de la ville. Un point de rendez-vous et un objectif. C’est tout ce dont il avait besoin, une mission à accomplir.

Encore une ville sous le contrôle de la Shinra, un autre endroit où il ne devrait pas se sentir à l’aise selon l’histoire qu’il racontait aux mercenaires, si seulement il y avait une once de vérité. Ici, dans la ville des génies, il n’aurait jamais dû pouvoir faire plus de cent mètres sans être interpellé. Le col de sa veste relevé, le médecin levait ses yeux au sommet des lampadaires pour distinguer les caméras de la ville qui devait l’avoir reconnu dans la foule. Il n’avait que faire des passants, des parcs et des bâtiments. Il se contentait d’avancer, allumant une cigarette quand la douleur le reprenait et qu’il contournait un énième gratte-ciel. Il avait l’impression de se retrouver à Illusiopolis alors que cette impression de n’être qu’une fourmi lui taillait l’esprit, sauf qu’il n’y avait pas cette atmosphère d’insécurité quasi permanente tout autour de lui. Ce qu’il craignait le plus, durant sa marche, était la voiture de police qui passait sur la route à proximité de lui.

Au fur et à mesure qu’il quittait le centre-ville, rejoignant la banlieue de la ville, les immeubles se changeaient d’abord en appartement pour ensuite devenir des maisons. Des longues allées de platanes, couvrant les rues d’une ombre bienvenue alors que des gamins jouaient dans les rues de la ville. La vision de deux enfants jouant à la marelle provoquait un pincement au coeur du Turk, avant que celui-ci ne presse son pas pour rejoindre le point de rendez-vous.

Glen parc, numéro dix de la rue Addison.

Une maison de banlieue, clôture et jardinet, fleurs à chaque fenêtre. Kurt hochait légèrement la tête avant de pousser le portique et grimper les quelques marches jusqu’à la porte en bois. Plongeant sa main dans sa poche, il dégainait son arme avant de frapper trois coups à la porte. Pas besoin d’effusion de sang.

- Pourquoi ? Riait la voix. Pas de témoin, n’est-ce pas ? Ce sont les ordres du Président, il me semble, espérons retrouver Franck.

Kurt fronçait les sourcils distinguait la clanche de la porte s’activer, anticipant le mouvement afin de se saisir du propriétaire des lieux. Le Turk initiait son mouvement avant de reconnaître une tête blonde, costume noir, les traits forcés. Il se bloquait instantanément, laissant son arme pointer vers le sol alors qu’Elena arquait un sourcil à sa vue.

- Cypher. Il tournait légèrement la tête, observant les alentours. Tu es en retard.
- Que…?
- C’est une blague !? Fulminait la voix. Elle !?
- Il n’y a pas de temps à perdre, Legend t’attend.

Hésitant, le Turk s’avançait d’un pas alors qu’Elena se poussait afin de le laisser rentrer pour ensuite refermer la porte. Un intérieur banal. Papier peint, meuble de piètre qualité et un tapis dans les escaliers. Il ne semblait y avoir aucune arme, rien d’étrange dans la pièce.Kurt s’avançait de quelques pas, passant devant une cuisine dans laquelle se trouvaient un homme et une femme bâillonné avant qu’une voix ne l’interpelle.

- Voilà le gars que j’attendais ! Legend apparaissait depuis une porte, le même regard satisfait que la dernière fois, invitant son collègue d’un geste de la main avant de retourner dans la pièce. Il n’y a plus de temps à perdre.

Lentement, il comprenait. Il était lui-même la victime d’un coup monté par ses propres collègues afin de l’amener ici. Il tournait une nouvelle fois le regard, distinguant Franck dans son costume de service, le saluant d’un geste de la main avant de rejoindre Elena à l’entrée de la maison. Soupirant, allumant une nouvelle cigarette, Kurt avançait dans la pièce pour retrouver Legend dans un canapé, un verre à la main.

- Vous auriez pu me prévenir. Grimaçait-il, prenant place en face de son collègue.
- Trop dangereux. Disait-il. Song, ça ne te dit rien ? Elle aurait pu tout découvrir et ta couverture aurait été corrompu. Il buvait un trait dans son verre. Actuellement, l'erreur n'est pas permise, tu approches de ton but.
- Oui. Disait Kurt, nonchalant avant de taper le dos de sa cigarette. Surkesh est mort.
- Nous sommes au courant. Il prenait alors une enveloppe dans sa main, cacheté. Monsieur Shinra a été heureux de l’apprendre, il ne s’attendait pas à des résultats aussi… Précipité… Dirons-nous.
- Ce n’est pas tout. Répondait-il, observant l’enveloppe. Avec sa mort, ma réputation auprès des mercenaires est toujours à refaire, les paroles du sans-coeur ne sont pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Il fixait alors son interlocuteur. Les armes, il m’en faut pour redorer mon blason.
- Nous le savons. Il tendait alors l’enveloppe. Ceci est une nouvelle mission de la part du Président, afin de t’assurer les faveurs des mercenaires pour la suite des opérations. Néanmoins, une fois ton infiltration terminée, il faudra que tu te débarrasses aussi des stocks d’armes.

D’un geste lasse, le médecin prenait l’enveloppe qu’il ouvrait sans attendre, découvrant les quelques lignes avant de relever son regard.

- Il est sérieux ? Arquant un sourcil.
- Il est sérieux ! Répondait la voix, empli de plaisir à cette lecture.
- Avec cela, nous estimons que plus personne ne pourrait aller à l’encontre de ton affiliation envers les mercenaires.
- Les systèmes d’armes de mon vaisseau ont été détruit lors de la fuite, il me serait impossible de…
- Cypher… Riait légèrement le Turk. Nos ingénieurs sont déjà en train de réparer le vaisseau dans le spatio-port de la ville. Toi ? Il ne te restera qu’à accomplir ta mission et de revenir triomphant à port-royal.
- Autorisation de tuer ? Demandait-il, d’un ton froid, broyant la lettre dans son poing.
- Bien évidemment. Susurrait la voix.
- Il faut que tout cela soit réel, Cypher. Répondait Legend. Évite les pertes excessives et réussi l’escorte jusqu’au point de contact, agit comme si tu étais un simple mercenaire. Compris ?

Silencieux, Cypher se relevait avant de chercher à brûler son ordre de mission, ne faisant naître dans le creux de sa main rien d’autre qu’un nuage de fumée noire. Intrigué un instant, il hochait la tête avant de jeter le papier sur la table du salon. Ignorant purement ce qu’il venait de se passer, prêt à quitter la pièce.

- Un instant. Reprenait le Turk. Les explosifs que vous avez reçus la dernière fois, il va falloir que vous les déposiez dans la station de port-royal une fois de retour. Est-ce clair ?
- À vos ordres. Il quittait alors la pièce, croisant Elena une nouvelle fois, celle-ci lui réservant son regard le plus hargneux avant d’ouvrir la porte et de le laisser sortir. Pas de rancune ? Tentait-il, n’ayant qu’un grognement en guise de réponse.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Ricanait la voix. Des remords ? Reste concentré, nous avons une nouvelle mission à accomplir, le toutou de Rufus devait-être content de servir son maître.

Grimaçant, Cypher descendait les marches avant de rejoindre la rue et ensuite le spatio-port. Il avait ce qu’il voulait, un objectif, une mission à accomplir.
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