Le Poète

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le Lun 16 Juil 2018 - 17:41
Des neufs tours, l'on distingue… différences et spécificités, relatives aux arts qui y sont attachés comme aux consuls y ayant séjournés.

L'on remarquera, par exemple, que la tour qui préside à l'astronomie est la plus haute des neufs ; un peu plus proche de l'espace que les autres. Bien que vide depuis longtemps, on pourrait y voir, ici ou là, des télescopes de différentes tailles s'échappant des fenêtres comme perforant les murs aux derniers étages.

La tour de Polymnie, qui préside au chant, est sans doute la plus sonore d'entre toutes mais, étrangement, la plus spectrale aussi. Un froid intense s'en dégage, qui se dissipe progressivement dans l'air, faisant du quartier avoisinant le préféré des frileux à la chaleur. En cet été, beau et chaud, c'est déjà la brise fraiche digne de l'automne qui y règne. La voix de Mizore Shirayuki, tantôt mélancolique, tantôt hystérique, se répand d'échos comme dizaines de spectres en coeur chantant.

Il y aurait tant à dire sur ces tours… sur l'intérieur… ses habitants, morts ou vivants. Leurs décorations, à chacune typique, ne reflètent jamais que l'âme passionné des âmes qui y ont séjournés. Le destin des enfants de muses, le plus souvent, sera tragique et marqué par l'oubli. Qu'il s'agisse de Frollo, assassiné par un démon ayant monté jusqu'à sa chambrée ; que l'on parle de Genesis, mort en sursis au corps de cadavre ; ou de tout ceux dont on ne parle pas, simplement oublié depuis que les muses, ainsi, en ont décidés.

Parmis les neufs tours, nous parlerons de l'une d'entre elles plus particulièrement. Celle que je connais le mieux. Celle où j'habite. La Tour de la Poésie, mon humble chez moi qui culmine dans la Citée Dorée.

Elle ressort parmis les autres, immédiatement, auréolés d'oiseaux en pagailles. Seules les corbeaux se refusent à y entrer, bien trop fidèle à la tragédie dont ils hantent les hauteurs. Puisque Genesis leur fait honneur, ils ont fait de lui leur seigneur. C'est ainsi qu'en cette chaude après-midi, sur le toit de ma propre tour, je les ait appelé à moi. L'un d'eux est venu à moi, un seulement, celui qui se présenta si humblement comme une sorte d'ambassadeur. De touts les oiseaux, aucuns ne s'organisent comme nos amis les corbeaux ; ils ont le noir pelage de la main avec laquelle Genesis règne sur le Consulat. Certes, nous vivons en démocratie et le Tragédien n'est qu'un porte-parole, une figure certes importantes mais qui prétend transmettre les conclusions de notre antichambre.
Pourtant, je sais, je sens qu'il est le Boss de tout ça. J'avais interrogé les corbeaux, une fois, me disant qu'il savait tout de celui grâce à qui leurs races est bien vu dans nos Citées. Feignant l'ignorance de leurs petits yeux noirs.

Ainsi, lorsque je vis ce noble corbeau faire le chemin du sommet d'une tour à l'autre qui est mienne ; lorsque je l'entendis se prétendre simple messager ? Je le savais être le chef de sa couvée.

Solennel, le corbeau se posa fier et torse bombé, le maintient de tête aussi haut que noble. Un noir seigneur qui observa, calme et froid, les milles oiseaux qui se rendent coupables de paresses sur ma tour. Tour à tour méfiant et l'oeil plein de jugement, le corbeau me défia du regard. Pour ma part, hanté par la triste image Genesis, je ne put m'empêcher de le regarder avec empathie. Je lui aurais bien demander comment allait mon frère, de surveiller son état de santé… mais les corbeaux auraient refusés. Ou alors me diraient-ils, simplement, que son état stagne. Quand à les y forcer ? J'en suis capable, un court instant. Ce qui me vaudrait de perdre leur coopération à jamais.
Si ma muse m'érige en seigneur, je ne me ferais point tyran.

Après nous êtres silencieusement salués, j'ai proposés au corbeau et aux siens de passer chez moi. Ils n'y vivraient pas, ne voudraient pas comme je l'ai déjà expliqué. D'aucuns disent, vieilles légendes ou rumeurs, que les corbeaux font offices de funestes messagers pour quelques divinités. Et j'imagine assez aisément touts les enfers de touts les mondes se battre pour accueillir un damné tel que le Tragédien.

« Je voudrais vous peindre. Pour que vous soyez à l'image de Genesis ; vos plumes seront cendrés, couvertes de sangs séchés. Ainsi, vous porterez vous aussi le masque de la Tragédie. »

L'ambiance est relativement tendu. A tord ou à raison, mes oiseaux disent que les corbeaux mangent parfois leurs œufs ; ma verdure à sa propre version qui revient aux mêmes. De toute la faune, majoritairement à plumes, du Jardin Radieux… les corbeaux sont les plus mal réputés, les plus crains. Les habitants de ma tour regarde le corbeau, leurs yeux jugeant méfiants, là où le corbeau ne rend que dédain.

« Je reviens ! » Lance le sombre oiseau, fier et s'envolant comme d'un bond, provoquant de quelques modestes pigeons le sursaut. C'est alors qu'il revient, suivi de toute sa nuée que je m'empresse de peindre, mon pinceau à la main. Désormais, je ne commettrais pas l'erreur de ma première fois : les prêtresses d'Aphrodite m'ayant fourni de la peinture non-toxique. « Merci, Poète. »

Et la nuée, de cendres et de sangs, put repartir hanté la tour de la Tragédie.

Je fut lourd, sombre et peiné à les regarder. Pourtant sûr que Genesis apprécierait, je doutais sincèrement du temps qu'il lui restait à vivre. A la manière d'un enfant peiné mais trop gâté, je gardais dans un coin de ma tête l'idée… d'attirer son attention. Profondément immature. Alors que quiconque sentait la faucheuse suivre le tragédien au pas sans même prendre la peine de se dissimuler, le Consulat comme les mondes ne cessaient de le réclamer. Qu'il s'agisse de défendre la Cité, de faire une déclaration ou de consulter ses avis macabres de pragmatismes ; mon grand-frère fut un homme très demandé. J'avais cette honte de ne pas lui rendre gloire et honneur à travers mes actes, sinon d'enjoliver un peu sa vie de quelques futilités.
Que m'importe l'univers, cependant ! De touts mes privilèges, l'amour de mes frères et soeurs seraient celui que je m'acharnerais le plus à mériter.

Avant cela, j'achevais ma dernière toile peinte à même la réalité. Une peinture que j'ai déjà nommé : les jardins à plumes de l'échevelé. Et j'ai donc décidé une sorte de nid géant à même le toit de ma tour. Des branchages de bruns clairs qui s'entrelacent, les feuilles vertes de peintures se déclinaient de bleux et de jaunes. Progressivement, du dégradés naturelles de peintures s'écoulant… soit naturellement, soit d'un coup de pinceau furieux. Entre flaques et éclaboussures, régnait l'ombre confortable d'un sommet de toit ombragé.
Par je ne sais quoi inspiré, j'eut décidé de rajouter des fruits bleux et jaunes, avant de rajouter un peu de rouge qui invita le violet.

Les oiseaux semblaient apprécier, à l'exception des cygnes. Si les corbeaux siègent à la Tragédie, rien ne fera partir les Cygnes qui trônent sur l'armée de fontaines du Jardin Radieux. Rien sinon peut-être l'hiver, nous verrons bien. Ils savent cependant que blancs ou noirs, ma porte leur sera toujours ouverte… et je suis déjà invité à assister à la prochaine mort de l'un d'eux. Mes yeux d'ors luirent face à l'impatience macabre d'entendre, pour la première fois, le légendaire chant d'un cygne à l'aube de sa vie. Enfin… la tour de la poésie, ma tour, ressort d'entre toutes : sinon des cygnes ou des corbeaux, elle est constamment auréolé de touts types d'oiseaux qui vont et viennent. Semblent même se relayer pour qu'à jamais elle soit habitée.
Et si je meurs ce soir ? Seront-ils encore là demain, présent comme ange gardien, pour veiller sur mon successeur ?

Pour ma part, aujourd'hui, je m'en vais exploser le mystérieux héritages de mes bohémiens de prédécesseurs… mais surtout Clopin, le premier d'entre nous, le seul poète qui vaille véritablement la peine d'être remémoré selon moi. Une sorte de bouffon joyeusement fou de la vie mais aussi le triste arlequin des bas-fonds de Paris. Le fier mais las illuminé joueur de tour qui, même son âme en enfer, hante encore aujourd'hui ma tour.

Je suis descendu, d'un étage ou deux, dans désordre si chaotique… pourtant, là où règne l'anarchie, formes et couleurs s'harmonisent parfaitement. L'on trouve de jolies folies, peu de livres mais énormément d'éffigies, quelques bouts de papiers où plus que des poèmes, de Clopin les pensées, sont griffonnés avec passions. Ma tour vous parle de la vie vue par ceux qui la vivent vraiment… mais vous parle aussi de mort quand des squelettes surgissent du plafond. Rien ici qui ne soit pas inspiré par Clopin, recouvert de sa vision de vie. Les étendards et drapeaux sont en nombres, sans un seul symbole du Consulat ; pas de nations ou de pays en cet endroit. Les tentes violacés par toutes les teintes, pour la plupart délavés, forment des pièces dans les pièces.

A l'heure où je descend l'escalier, j'aperçois un hamac sans raison posé : je peux y avoir à travers un trou dans le mur. Pas une fenêtre mais un trou.

J'avoue que… c'est peut-être chez moi… mais finalement pas tant que ça. Et mes oiseaux, comme ce pauvre fou de moi, avance prudemment dans cette tour où règne milles et unes farces et attrapes. Allant de la plaisanterie aux pièges affreux, semblables à un donjon où fleure la déraison. Pour être honnête, je suis pour l'instant bloqué au toit et mes oiseaux avec. Bien forcé par Clopin, nous partons du haut pour explorer vers le bas ; à côtés de ça, j'entre et je sors en volant.

Un jour, il faudra que j'explore cet endroit… que j'en perce les secrets, que j'en récupère les artefacts. Et que de mon pinceau, j'y impose ma marque. Cela pourrait me prendre des années ! Pour l'instant, me voilà pendu du bout d'une corde, la tête en bas !
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