L'Ange de Réconfort

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le Jeu 28 Juin 2018 - 21:00

“But in the end it's only a passing thing, this shadow; even darkness must pass.”
― J.R.R. Tolkien, The Lord of the Rings

Il y avait peu de choses qui l'avaient amenée ici. Peut-être même rien. Une habitude, tenace. Alors même que d'autres s'étaient éteintes. Manger, dormir, penser. Cela ne l'intéressait plus. Cissneï pouvait voir son bureau depuis le coin de la pièce où elle était assise. Elle pouvait en détailler chaque forme avec presque un seul regard. Elle savait que dans la pile de dossiers il y en avaient qui traitaient de plein de choses comme de l'état des finances de la Lumière ou une lettre de recommandation d'un soldat venant du Colisée de l'Olympe. Il y avait un rapport de mission qui venait de Famfrit. Entre autres. Sans vraiment y penser, elle arrivait à savoir ce qu'il pouvait bien y avoir, peut-être parce qu'elle ne le voulait pas. Mais cela semblait être ainsi désormais ; elle ne contrôlait plus ses pensées.

Parfois elles venaient sans invitation et la harcelaient pendant une heure ou deux. Pendant un jour ou deux, et rien n'y faisait. Là, elle était heureuse de ne penser qu'à ses dossiers. Au moins elle ne pensait pas a ce manoir qui se faisait engloutir par les ténèbres, comme elle avait pu le voir au Palais des Rêves. Les tours, les fenêtres illuminées d'un dernier éclat avant de disparaître, noyée, englouties.

Son cœur battait alors que cette pensée venait lui effleurer l'esprit. Elle n'avait rien fait pour les aider.

Ses mains se joignaient de temps en temps, ses avant-bras étaient couverts de griffures. Elle avait parfois l'impression d'être prisonnière d'un étau de brume et rien, pas même ses ongles lacérant sa peau ne pouvaient y faire grand chose.

Prise dans un étau qui n'était pas le sien, elle se sentait vaine, inutile. A des milliers de lunes de la lettre qu'elle avait envoyée quelques semaines auparavant, qui scellait son union à venir. Elle s'était réveillée sur le Vaisseau Mère, ou quelque part dans l'espace, son esprit n'avait pas encore fait le point à ce moment là ; ces pensées avaient étés nimbées d'une fausse impression de clarté tout du long. La journée lui avait semblé durer des semaines. Parce que ça avait été le cas. Trois jours avaient étés étés nécessaires afin qu'elle puisse dormir de nouveau ; trois jours durant lesquels elle n'avait pas réalisé.

Des pensées ridicules lui taraudaient l'esprit ; son cœur battait trop fort et ça lui faisait peur. Elle tremblait et elle ne pouvait pas s'arrêter. Son seul repos venait avec le sommeil, mais il y avait bien un moment où le sommeil ne venait plus. Alors elle venait dans son bureau histoire d'abattre un peu de travail, mais elle n'y arrivait pas. L'idée de remplir des papiers lui était ridicule à un moment où elle savait que des mondes se faisaient dévorer par les ténèbres.

Elle avait toujours gardé une distance entre elle et l'extérieur, sans même s'en rendre compte. L'idée même de se retrouver sur le terrain, et bien elle la prenait avec une caution certaine désormais au vu de sa propension à finir dans des événements dignes de faire la une de l’Éclaireur. La Réunion, son enlèvement, et maintenant ce que les titres appelaient le Bal.

Des coups retentirent à sa porte ; elle avait entendu les pas dans le couloir, mais la surprise la fit sursauter tout de même. A fleur de peau qu'elle était. Après-tout, il y avait eu quelques chances pour que quelqu'un passe devant sa porte sans s'arrêter, non ? Cette question emprisonnait déjà son esprit alors qu'elle invitait la personne ayant toqué à entrer.

« Générale, je vous prierai de ne pas sortir pendant l'élimination des sans-cœur de l'étage, cela ne prendra pas plus de quelques minutes. »


Cissneï leva les yeux et tourna la tête ; un soldat se tenait dans l'embrasure de la porte. Silencieuse, elle l'observa quelques instants. « Je m'en charge, retournez à votre poste. »

« Ne prenez pas cette peine, Générale. »

« Si ça ne vous prendra que quelques minutes, j'espère être capable de pouvoir m'en charger. »

«  … Si ce sont vos ordres. »

Elle hocha la tête, moins assurée qu'elle n'en avait l'air. « Quelques minutes. Si je ne suis pas revenue d'ici là, commencez à vous inquiéter. » Un sourire éclaira son visage ; il ne lui était pas difficile de forcer quelques muscles à la soumission afin de se permettre cette petite expression. Mais elle lui coûta plus moralement que physiquement. Le contrecoup ? Une grande lassitude, comme si elle était fatiguée, usée.

Elle se leva ; il ne lui fallut que quelques secondes pour prendre son arme. Le shuriken, c'était tout. Celui que lui avait offert Roxas ; ses détails étaient encore nouveaux pour elle. Le poids, le tranchant, une familière infamiliarité. A la manière d'une ancre de fortune dans une mer déchaînée. Une fausse impression de chez-elle, pouvait-elle même se dire.

Quelques pas, et elle était hors de son bureau. Le soldat lui avait donné quelques détails de plus ; il ne lui fallut qu'une minute ou deux pour rejoindre le point d'apparition des sans-cœur. Elle ne portait pas sa veste, juste sa chemise, les manches retroussées au dessus des coudes, ce qui était suffisant. Les couloirs du château gardaient une certaine fraîcheur même en été, mais la chaleur arrivait à percer les fenêtres. Il y avait quelques soldats et ces petites boules pleines de magie. Rhapsodie, Requiem... elle n'avait pas tous les noms en tête ; ils lui venaient au hasard, de mémoire. A croire qu'il y avait des années qu'elle n'était pas sortie de son trou.

C'était peut-être un peu vrai.


Dernière édition par Cissneï le Mer 4 Juil 2018 - 21:28, édité 3 fois
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le Ven 29 Juin 2018 - 14:02



D’un mouvement d’épaule, je réajustai l’étui de mon saxophone qui commençait à peser sur mon articulation. Cela faisait près de dix minutes que je regardais les hauts murs du hangar du Château. Les gens qui étaient descendus en même temps que moi étaient déjà bien loin, alors que moi je restais planté là avec mes doutes et mes craintes.

Pourtant, il fallait bien qu’à un moment ou un autre j’aille de l’avant. Après avoir poussé un énième soupir, je mis mon corps en action et fis les premiers pas qui me séparaient de la porte d’entrée de l’édifice.  C’était des portillons rudimentaires, d’un gris métallique des plus simples. Cependant, l’usure était bien visible. Dans certaines parties, on pouvait voir le métal poli par tant d’ouverture mécanique. J’eus des frissons en me rappelant tous les souvenirs qu’elle m’évoquait. Combien de fois, suis-je passé par ce portail pour aller affronter le monde extérieur ? Peut-être trop de fois. Mais il était de mon devoir de les refranchir à nouveau pour le bien de l’univers.

Je m’engouffrai donc dans le couloir que m’offrait l’ouverture des portiques de sécurités. Ça ne me prit pas longtemps avant d’en atteindre l’autre bout. Il donnait sur l’un des nombreux corridors dont était constitué l’immense édifice royal. Ça m’avait toujours étonnée. Comment pouvait-on complexifier un bâtiment de la sorte par simple besoin d’étaler sa richesse ? Pourtant, je le savais, ce n’était pas le genre de Sa Majesté. D’un coup, je me demandai ce qu’il était advenu de lui. Peut-être le reverrai-je en ces lieux ? Mais bon, il n’était plus l'heure de se poser des questions. J’entrai donc dans le couloir et me rendis compte que ma mémoire n’était plus aussi précise qu’à l’époque où je fréquentais les lieux. Je ne reconnus pas grand-chose à tout ce qui m’entourait. C’était un sacré problème si je voulais trouver quelqu’un de la Lumière.

Je déambulai à travers les différents halls de la citadelle comme une âme en peine, sous l’œil avisé des gardes faisant leurs rondes dans les couloirs. Il y avait  quelques foules de personnes qui marchaient çà et là. Mais aucun n’avait l’air de faire  partie des rangs de la lumière, c’était plutôt des visiteurs. Me laissant porter par mes pas plus que part une décision réfléchie et logique, je finis par arpenter les étages supérieurs. Parfois, les soldats me refusèrent l’accès à certains couloirs, ce qui éveilla ma curiosité. Mais la bienséance m’obligeait à respecter leurs ordres.

Pourtant, au détour d’un corridor moins fréquenté, des bruits suspects me parvinrent. Je me laissai guider par eux dans l’espoir d'en trouver l’origine. Une nouvelle fois, des gardes me sommèrent de faire demi-tour. Cependant, je ne les écoutai pas réellement, mon attention portée sur les sons au loin. Alors qu’enfin je reconnaissais la mélodie caractéristique d’une lutte, je me décidai à agir. Sans y penser plus de deux secondes, je posai rapidement mon saxophone contre le mur le plus proche, fis apparaître ma Keyblade et contournai agilement les gardes devant moi.
— Ma demoiselle, stop ! Vous ne pouvez pas. Il y a des… me dit l’un d'eux, alors que je mettais déjà de la distance entre eux et moi.

Lorsque je fus arrivé sur les lieux du combat, je remarquai qu’une jeune femme à la chevelure rousse flamboyante était aux prises avec des Sans-cœurs. Je ne pouvais pas la laisser seule se battre de la sorte et partis moi aussi à l’assaut.


Dernière édition par Kairi le Jeu 5 Juil 2018 - 10:42, édité 1 fois
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le Mer 4 Juil 2018 - 21:28

Quelque chose en elle cherchait à remonter à la surface, comme un naturel qui revenait dans ses muscles alors que sa main droite tenait fermement son arme. Une poigne ferme mais qui restait légère ; ce n'était pas une épée, ce n'était pas un pistolet. C'était sa petite particularité, un shuriken qu'elle avait appris à utiliser peut-être aussi naturellement qu'elle respirait. Et ces derniers temps il y avait des jours où même respirer lui était difficile. C'était donc dire si ses réflexes ne lui revenaient qu'à grand-peine.

Elle prit son élan, arma son bras et lança le shuriken en direction d'une ombre. Accompagnant les petites boules élémentaires qui voletaient dans toute l'insouciance de leur manque de sentiments, ils étaient au nombre de six. A peu près. Cissneï n'avait pas fait tout à fait attention. Les compter ne faisait pas vraiment partie de ses priorités. Elle n'avait aucune envie de perdre son temps à compter des machins qui volaient partout, se contentant plutôt de les combattre. Elle rattrapa son arme au vol et assena quelques coups de cette dernière a l'ombre la plus proche.

Le shuriken que lui avait offert Roxas était plus léger que le précédent, qu'elle avait depuis longtemps perdu. L'arme avait disparu durant ce combat conter Chernabog qui semblait si loin déjà. Elle ne pensait plus jamais avoir à utiliser une arme de ce genre et avait même arrêté de se battre pendant longtemps. Mais c'était avant de se rendre compte que tout lui revenait très naturellement. Que faire, où se placer, quelle cible privilégier. Elle n'y pensait pas vraiment mais en avait une idée précise. Pendant un court instant, son esprit se vida et elle était en paix. Rapide, elle évitait quelques coups. Ceux qu'elle reçut la ramenèrent à la réalité.

Quelqu'un l'observait ; plus que ça, cette personne combattait désormais à ses côtés.

Il n'avait fallu que quelques secondes pour qu'une présence qu'elle ne soupçonnait pas se fasse claire, adamante à son esprit. Quelques secondes avant qu'elle n'apparaisse dans son champ de vision. En fait, Cissneï ne l'avait probablement pas remarquée avant de l'entendre. Si cette personne avait été un ennemi, il lui aurait été des plus faciles à l'éliminer. Elle, dirigeante de la Lumière et cible préférée de bien des saloperies qui décidaient de l'attaquer quand elles le voulaient bien.

Il fut aisé de venir à bout des ombres et des requiems. Ce n'était pas vra iment des ennemis qui l'inquiétaient. Ce fut qu'une fois ces derniers disparus que Cissneï prit quelques secondes pour observer l'illustre inconnue qui avait partagé son combat. Cheveux remarquables, tenue des plus originales. Ce ne furent que les simples mots qui lui virent à l'esprit alors qu'une nuée de sans-coeur réapparaissaient. Des rondouillards, deux, et deux soldats.

C'était bien leur veine.

Cependant, Cissneï n'avait pas pu faire l'impasse sur le détail le plus flagrant chez cette jeune femme ; c'était une porteuse de keyblade.

« En espérant que ce soit les derniers. » dit-elle le souffle court.

Elle ne souriait pas, son regard était impassible. Au fond d'elle, la détresse, la fatigue. Son bras n'était plus sûr et tremblait ; son coeur battait à tout rompre. Il fallait en finir, vite, et pourtant ce combat ne venait que de commencer à nouveau.
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le Jeu 5 Juil 2018 - 14:53



Je fonçais vers les créatures ténébreuses avec détermination. Il y en avait un certain nombre, des vulgaires ombres pour la plupart, mais il y avait aussi des requiems. Les plus hauts et les plus embêtants étaient hors d’atteinte, même par un super-saut. Alors, je pris appui sur le mur à côté de moi et sautai en direction de celui d’en face et ressautai une nouvelle fois en profitant de mon élan.

Une fois à leur hauteur, j’armai mon bras et lançai ma Keyblade de toutes mes forces. Cela eut pour effet de détruire les plus faibles et de faire redescendre les autres. En atterrissant, je récupérai ma clef dans un éclat de lumière. À nous deux, il fut aisé de venir à bout de tous ses Sans-cœurs. J’étais quand même impressionnée. Moi qui pensais simplement la secourir, il s’avérait qu’elle savait se défendre. Quand la jeune femme me dévisagea un brin, je lui fis un signe de tête, avant de me remettre en garde alors qu’un autre salve de monstres maléfique se matérialisa devenant nous. Des Rondouillards et des Soldats, comme si c’était pas déjà assez éreintant comme ça.
— Oui, ça commence à s’éterniser.

J’avais la main gauche légèrement en retrait derrière ma hanche, prête à bouger au moindre danger ou à venir renforcer les coups que je pourrais porter avec ma Keyblade. Mon autre main tenant fermement cette dernière en l’air, un peu comme la posture de Riku, mais en légèrement différent. La pointe de mon arme était dirigée totalement vers le bas au lieu d’indiquer l’ennemi qu’elle avait devant elle. Mes deux pieds, dont le droit était en avant, consolidaient mes appuis sur le sol. J’avais lu quelque part qu’on appelait cela une garde pendante à gauche.

Au premier geste du Soldat Sans-cœur le plus proche de moi amorçant une attaque en vrille, je me propulsai vers lui et lui assenai quelques coups afin de le déstabiliser. Mon enchaînement une fois achevé, je ne laissai pas mon ennemi reprendre ses esprits et le congelai grâce à une nuée de flocons sur place avant de le briser d’un coup sec. Il faut croire qu’à ce moment-là, j’avais baissé un peu ma garde, car je venais de me manger un gros coup de point de la par d’un Rondouillard dans le dos.

Je volai sur quelques mètres et atterris dans un roulé-boulé. Quand, enfin je pus reprendre le contrôle de mon corps, je pris appui sur mes jambes et profitai de la force cinétique qui était encore en moi pour pouvoir revenir au plus vite à l’attaque. Manque de bol, il me chargea lui aussi avec son ventre. D’un réflexe miraculeux, je l’esquivai par la droite et en profitai pour le frapper dans le dos à son tour. Une fois fait, je sautai là où j’avais tapé précédemment et me propulsai dans les airs. J’illuminai ma Keyblade avec le peu de force qui me restait et lui lançai dessus afin de le détruire une fois pour toutes.

Quand je retombai enfin sur le sol, je regardai rapidement autour de moi et constatai avec satisfaction que ma partenaire du moment avait elle aussi fini de vaincre ses adversaires. Je me laissai choir sur le carrelage froid, mon dos collé au mur. Mon arme reposait, elle, contre mon épaule. Poussant un long soupir, j’avisai la rouquine et engageai la conversation.

—Ca va ? Rien de cassé ? lui demandai-je un peu soucieuse.

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le Lun 23 Juil 2018 - 12:34

Combattre aux côtés de cette femme avait quelque chose d'aisé. Cissneï ne savait vraiment pourquoi. Peut-être parce qu'il lui était arrivé plus de fois qu'à son tour de combattre aux côtés de maîtres de la keyblade ? Elle ne pouvait se résoudre à se dire que le style de combat de cette jeune femme ressemblait à celui de Riku, ou de Sora. Non, il y avait une fluidité dans ses mouvements qui lui était propre. Mais elle ne pouvait y regarder de trop près, concentrée à achever ses propres cibles.

Si les soldats n'étaient qu'affaire d'attention et de coups bien placés, les rondouillards étaient une autre affaire car la Générale avait une sainte horreur de ces créatures. Se glisser dans leur dos, épier leurs mouvements. Si les soldats, malgré leur simplicité lui avaient déjà donné quelque fil à retordre, les énormes sans-cœur furent une autre paire de manches.

Elle avait déjà assené un coup à l'ennemi restant après une esquive réussie. Les chances étaient tournées envers elle, mais il ne fallut que quelques secondes – trop peu pour les compter, pour que la créature ne la percute de toute sa force comme les rondouillards étaient connus pour faire.

Le choc lui coupa le souffle, qu'elle avait déjà court. Son équilibre perdu également, elle chuta lourdement sur les dalles  du couloir dans un bruit mat. Son arme alla frappe ce même sol, le son métallique résonnant contre les murs.

Ce ne fut que par chance que Cissneï se redressa, prise dans l'élan de sa chute. Il lui fut aisé d'utiliser le mouvement alors qu'elle se trouvait écrasée sur le ventre. Une pensée traversa son esprit ; si elle aurait attendu, elle ne se serait pas relevée. En un clin d’œil, elle n'écouta pas les protestations de son épaule meurtrie et plaqua ses mains au sol afin de se redresser vivement. Un regard au travers de la pièce ; elle mémorisa le positionnement de son alliée mais aussi de son arme. Le chemin le plus court pour la récupérer et se glisser dans le dos de son adversaire se dessiner dans son esprit ; elle s'exécuta. Des paramètres simples, quasiment devenus des réflexes qui lui revenaient instantanément.

Elle parvint à poser un, deux, trois coups à la créature avant de reculer vivement et de lancer son arme pour l'achever. Le shuriken ouvragé lui revint dans les mains comme de juste. Ce ne fut que là que les pensées lui revinrent, désordonnées,  fugaces. En un mot ; une horreur du quotidien.

La voix de la jeune femme l'aiguilla sur le chemin à prendre, sur la situation. Le sens des réalités s'imposa à elle de nouveau. C'était une ancre bien méritée dans cet océan plutôt agité qu'étant son esprit. Si elle avait eu le sens de l'expression, elle aurait probablement qualifié ça comme une tonde tumultueuse. Pour elle, c'était juste des divagations. Son cerveau qui ne voulait pas la boucler, merde à la fin.

« Ça va, l'endroit est sécurisé. Vous vous en êtes bien sortie, c'est tout à votre honneur. » lui répondit-elle, d'un signe de tête. Le sens de la réplique lui venait, presque naturel. Elle avait envie de parler avec cette jeune femme ; elle ne lui semblait pas être dotée de mauvaises intentions. Peut-être étais-ce sa keyblade, nonchalamment posée sur son épaule qui agissait comme une sécurité. Comme une assurance, un accord tacite qui signifiait 'je ne travaille pas pour la Coalition. Ou le Consulat. Ou l'importe quoi d'autre d'ailleurs'. « Qu'est-ce qui vous amène ici .. ? »

Un signe de tête, une phrase en suspens. Elle ne connaissait pas son nom aussi elle espérait que par un haussement de sourcil, la jeune femme qu'elle avait désormais rejointe près du mur comprenne qu'elle lui demandait son nom.

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le Ven 24 Aoû 2018 - 13:31




— Kairi. Juste Kairi. Je viens ici pour réparer une erreur de parcours et mettre mes services à nouveau à contribution pour la lumière. Si bien sûr, son chef veut bien me réintégrer. Et vous-même, vous êtes ?

Je reprenais enfin contenance. D’un geste instinctif, je fis disparaître ma keyblade et me redressai sur mes pieds. Amicalement, je lui tendis ma main pour serrer la sienne. Étrangement, peut être parce qu’on se trouvait au quartier général du groupe de la lumière, je me sentais totalement en confiance avec cette femme. Il émanait d’elle une certaine expérience, mais en même temps un rien de mélancolie qui se lisait dans son regard. Cela rendait le tout incroyablement attirant et charismatique.
Au même moment, alors que la conversation allait reprendre, je vis les deux gardes, que j’avais croisés plus tôt, arriver près de nous  avec  mon étui à saxophone.
— Madame, je vous avais dit que c’était extrêmement dangereux. Vous avez eu de la chance cette fois-ci, me dit-le premier. Que je ne vous y reprenne plus.

Je fis un hochement de tête au garde, repris mon bien et et reportai ma concentration sur ma compagne du moment, attendant la réponse qu’elle allait me donner avant de nous faire interrompre.

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le Ven 14 Sep 2018 - 16:29

Le nom lui revint à l'esprit ; Kairi... C'était un nom qu'elle avait entendu des bouches d'autres. De combattants de la Lumière, de Sora, de Riku. Elle ne le nia pas : tout ceci semblait à des années-lumières d'elle, à des milliers de kilomètres de ce à quoi elle avait été occupée ces derniers jours. Perdue à une éternité de la logique, l'idée qu'elle eut pu connaître cette jeune femme ne vint pas. Comme, frappant à la porte de son esprit barricadée, une simple supposition venait. Peut-être l'avait-elle connue. Elle le disait bien, pourtant. Mais quelle différence cela faisait ? Elle était une nouvelle arrivante. C'était une bonne chose. Elle ne semblait pas être porteuse d'un quelconque message de mauvais augure. Ou, si elle l'était elle le cachait rudement bien.

« Bienvenue au Château Disney, Kairi, je suis Cissneï, le chef que vous cherchez, sans doute. » répondit-elle avec un mince sourire. Elle adressa un regard aux gardes. « Vous pouvez retourner à vos postes, l'incident est clos. »

Elle les remercia d'un signe de tête avant de reporter son attention sur Kairi. De corpulence similaire à la sienne, la différence de taille entre elles en passaient même pour dérisoire. Pourtant c'était cette jeune femme au sourire franc qui la dépassait de quelques légers centimètres. Ses vêtements colorés presque assortis à la couleur de ses cheveux se démarquaient de leurs alentours entièrement blancs. Elles devaient probablement former un duo de couleurs des plus étranges, se joignant ainsi dans ce château.

Elle n'était, bien entendu, pas du tout opposée à la venue de nouveaux membres. Ils rejoignaient l'organisation en ayant son aval, certes mais elle ne les voyait pas vraiment directement. Le plus souvent, ce n'était qu'en donnant des ordres de mission qu'elle était amenée à voir ses subordonnées et à remarquer les plus affairés. Ces derniers temps cependant, elle avait plutôt cherché a échapper à son devoir le plus essentiel et a abandonner mission et papiers pour sa cacher. Elle passait des heures enfermées, son esprit n'obéissant plus à la moindre commande. Pas même la plus simple. Lève-toi, travaille, fais quelque chose. Se mettre en mouvement était la plus dure des choses. Lorsqu'elle y parvenait, c'était avec un marasme sans fin. Elle se demandait alors pourquoi cela lui prenait si longtemps d'accomplir ceci. Et tout recommençait invariablement, le tout ne s'arrêtant qu'au début du sommeil.

Aussi, elle dormait beaucoup. Le repos lui était épargné. Ce qui aurait pu sembler ridicule au premier abord. Elle n'avait pas de nom pour ce qu'elle vivait, même si la logique voulait que ce soit un choc relié aux derniers événements au Palais des Rêves. Mais elle trouvait son cas différent des autres personnes affligées de stress post-traumatique, ou bien simplement d'un traumatisme quelconque. Elle jugeait platement de son état, le trouvant différent. Il n'y avait pas encore eu une nuit où ses frayeurs, sa tristesse et l'agonie de ne pouvoir se calmer l'avaient atteinte alors que ses yeux étaient clos et son esprit assoupi. Elle craignait de voir ce moment arriver. Mais là, maintenant, elle ne désirait qu'une chose.

S'en retourner d'où elle venait, se cacher dans sa chambre et dormir du sommeil des bienheureux. Sentir son cœur s’apaiser enfin. Elle craignait qu'il ne s'arrête, trop fatigué. Il avait ralenti le rythme après le combat, même si elle ne se remettrait probablement pas de la fatigue et des coups aussi rapidement. Une peur démente. Mais elle avait peur que la Coalition vienne les attaquer comme des princes en leur royaume. Elle avait peur que Genesis Rhapsodos ne vienne lui réclamer un du qu'il aurait encore inventer et le gagner par la biais de paroles empoisonnées. Elle redoutait une enveloppe cachetée avec le sceau de la déesse, plein de mots visqueux d'un amour débordant qui ne transperceraient la barrière terne derrière laquelle s'était réfugié son cœur. Elle n'avait pas les mots ; pas la force des les trouver, pas le talent de les choisir.

« Je vous en prie, nous pouvons discuter plus amplement de tout ça dans mon bureau, vous venez probablement d'arriver. Je peux bien vous proposer un café ? »
Elle allait bien trouver des balais à cette heure pour cette tâche, ils traînaient partout.

Son sourire plaça ces sombres pensées en recul, tacitement. Comme d'un revers de main. Celui qui chassait la fumée et qui la regardait revenir presque immédiatement.

Cissneï invita Kairi à la suivre, la guida dans les quelques couloirs qui la séparaient de son bureau dont elle ouvrit la porte. Elle ignora cet univers familier et tira une chaise pour la jeune femme. Elle-même renonça bien vite a arranger l'état désastreux de son bureau et choisir de s'y adosser, les mains en tenant le rebord. Elle ne trembleraient pas, comme ça.

« Ça va, vous n'avez pas été trop malmenée par les sans-cœur j'espère ? » cette question avait tardé à venir, c'était quelque chose dont on s'inquiétait immédiatement après le combat ! Mais bon, elle allait devoir fonctionner dans ce sens là, de toute évidence.
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