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Feuille de personnage
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le Sam 12 Mai 2018 - 19:22
« Au galop ! Au galop ! »

Sans blagues !

Bien que nous creusons la distance avec nos poursuivants, nous ne sommes pas encore à l’abri. Nous fonçons du mieux que nous le pouvons dans ces étendues arides. Le vent nous fouette le visage et balaie derrière nous la poussière soulevée par nos montures.

Les chevaux nous transportent le plus loin possible dans notre course pour la liberté. J’entends mes compagnons s’esclaffer en apercevant une forme très familière à l’horizon : mon vaisseau. Notre porte de sortie, le moyen d’échapper à ce monde médiocre. Je souris à l’idée de partir d’ici.

Le soleil disparaît derrière les plateaux rocheux, et les vastes espaces commencent à sombrer peu à peu dans la pénombre. Le crépuscule donne une couleur ocre à la terre. Dommage que tout ceci soit souillée par les humains qui peuplent cet endroit avec leurs coutumes… Bien à eux.

Nous finissons par atteindre notre objectif. Le temps pour moi d’enfin rencontrer un peu plus proprement l’informateur qui nous a contraint de le faire sortir de son trou pour nous livrer un précieux renseignement. Information qu’il a déjà délivré à Jiawei Dajisi, qui semble rattraper son retard dans la quête de l’artéfact.

Un chinois de taille moyenne, en tenue de prisonnier comme Francis. De nombreux traits caractéristiques des peuples du nord de la Chine. Peut-être un Mandchou. Ne connaissant pas son nom, cela complique la tâche d’identification. Je remarque cependant qu’il n’a pas de tresse, contrairement au cuisinier du Pénitencier.

Cela peut laisser supposer qu’il n’est pas nécessairement du monde… Ou alors que les gardes coupent les cheveux de tout le monde à l’entrée dans la prison. Beaucoup de questions, pour peu de réponses. Nous nous jaugeons du regard. Cela reste amical, il sait qu’il a pu sortir grâce à moi.

D’ailleurs, ma théorie se confirme. Il n’est pas affolé de voir le vaisseau : cela laisse penser qu’il en a déjà vu, déjà pris, ou bien qu’il est familier des « autres mondes » au-delà du Ciel. Alors qu’il s’incline légèrement pour me saluer poliment, il s’effondre. Que se passe-t-il ?

J’entends Francis se précipiter en grommelant quelque chose avant de tomber lui aussi :


« … Chier... ! »

Harch le suit bien rapidement. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?!

Je m’agenouille à côté de Francis pour l’observer, paniquée.


« Qu’est-ce qu’ils ont tous ?! »

Je ressens soudainement comme une fine piqûre dans la nuque. A peine suis-je de nouveau debout que je m’effondre à mon tour. Je sens comme une lourdeur sur les épaules qui me presse à rejoindre le sol. Je perds conscience.

C’est le grand trou noir. Un instant sans bruits, vide.

Je me réveille dans un endroit plongé dans la pénombre. Je suis couchée sur un fin tapis de piètre facture. L’odeur ambiante aide mon réveil. Cela empeste ! C’est indéfinissable. Où est-ce que je suis ? Une forme circulaire, des bouts de bois… Une architecture relativement primaire… Des motifs tribaux sur les objets et les différents tissus ! Oh non !

Des Mongols !

Mais comment ont-ils fait pour venir jusqu’ici ? Et qu’est-ce qu’ils me veulent ? Serait-ce leur revanche pour avoir tué leur oncle, leur frère, leur rejeton ou que sais-je encore lors de mon escarmouche à la Terre des Dragons ?! Cette bande de nomades aurait réussi à saisir un appareil de la Shin-Ra pour arriver à la Conquête de l’Ouest ?

Je suis donc désormais retenue en otage dans une de leurs habitations éphémères. Tels des démons voyageant sans cesse à travers les grandes plaines pour hanter les honnêtes gens qui ne suivent que leurs destinés. Et qu’ont-ils fait de Francis et des deux autres ? J’espère qu’ils ne l’ont pas tué ou pire encore !

Les Mongols, un peuple sanguinaire et barbare, ennemis de toute civilisation ont donc décidé de s’aventurer au-delà de leurs terres sauvages pour venir apporter mort et destruction à d’autres nations. C’est une bien triste fin, telle une farce qui m’attend peut-être : imaginer une chinoise, kidnappée et assassinée brutalement par ces animaux dans un monde qui n’est pas le sien. Loin de son foyer, loin de sa famille, loin de tout.

Calme, restons calme surtout.

Je réveille peu à peu mon corps, je ne semble pas être blessée, c’est déjà un bon début. Et, qui plus est, je ne suis pas attachée ! Ah ! Ces sauvages sont donc des imbéciles finis. Je ne suis pas tombée sur le plus fin des clans. Tant mieux.

Des lueurs rougeâtres et des ombres semblent se mouvoir au-delà de l’embrasure de la tente. Il fait nuit, j’ai dû restée inconsciente au moins une heure. Minimum. Je dois partir du principe que cela peut être bien plus. Comment vais-je bien pouvoir m’en sortir ? Surtout qu’avec leur niveau intellectuel, aucun ne doit parler un mandarin convenable ou n’importe quel dialecte de l’Empire !



« Francis, si tu es conscient et en capacité de bouger, tente de me faire un signe. Je suis retenue en otage dans une tente de ces sauvages ! »

Un écho lancé de part le monde. Un de mes derniers espoirs pour pouvoir sortir d’ici vivante. J’en profite pour ramper un peu sur le sol. J’essaye de mieux observer mon environnement immédiat. Quelques poteries, différentes étoffes travaillées, pas d’armes. Ils ne sont pas cinglés non plus. Je remarque un objet en bois, ressemblant à une idole de forme aviaire. Je n’arrive pas à voir suffisamment pour distinguer l’animal précisément.

J’entends des voix à l’extérieur. Des discussions, des rires, des voix fortes dans une langue qui me paraît inconnue. Peut-être une langue ou dialecte mongole d’un clan en particulier ? Il semble y avoir une vie animée dans le camp. En espérant que je ne sois pas la cause de toutes ces conversations… Ah ! Quelqu’un approche.

J’entends un pas lourd gratter la terre et le sable du sol. Je fais mine d’être endormie, toujours par terre. Je tente d’avoir l’air la plus naturelle possible, malgré une position quelque peu… Humiliante. Imaginez vous ! Une pauvre femme civilisée dans ce dépotoir.


« Chuuuuuut elle dort ! » dit l’homme.

Mais qu’est-ce … ? C’est Francis !


« Voilà t’y pas qu’elle me jouerait un mauvais tour ? Allez Madame Song, debout ! Vous ratez le repas ! »

Quelque peu surprise, j’ouvre les yeux et exprime mon mécontentement… Et mon incompréhension.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Qui nous a kidnappé ? »

Il rigole un moment, se retournant parfois pour rire avec un inconnu.

« Bah en fait… On a été intercepté par une tribue locale en vadrouille. Au départ ils voulaient nous buter je pense, mais l’informateur a montré que lui et vous n’étiez pas blancs et que moi et Harch on était des gentils. Du coup, en résumé… On allait crever comme des merdes, mais ils ont été surpris d’être en contact avec des asiatiques. Donc on est pas morts ! C’est cool, non ? »

J’hésite entre lui balancer l’idole à la figure, ou m’apitoyer sur mon misérable sort. Il a fallu qu’à cause de leur autre morue, je vienne dans ce monde poussiéreux et sauvage pour chercher UNE information. Et alors que je l’obtiens à la sueur de mon front, je me fais capturer par les nomades du coin.

« Quand pouvons-nous partir ?
- Bah… Bowen a négocié pour qu’on se fasse pas tuer, c’est déjà pas mal… Je pense on peut rester dîner et si vous convenez un accord avec le chef de la tribu, on pourrait… Peut-être s’en aller demain matin ?
- Tssss… Je ne suis pas de bonne humeur, Francis, je te préviens. Ils parlent la langue commune ou pas ?
- Hum… Non.
- Et comment je fais pour convenir un accord avec le grand manitou ?
- Son fils parle un peu, c’est grâce à lui qu’on est pas encore morts… Soyez gentils s’il vous plaît. Les guerriers ont pas l’air super sympathiques… Et j’ai pas d’armes donc… Voilà, voilà ! »

Je vous en mettrai des guerriers pas sympathiques moi. Je suis une DAME. On ne me retient pas en otage sur un… Un paillasson ou que sais-je ! Je me relève précipitamment et remet un peu ma tenue, je cherche à demeurer digne malgré les circonstances exceptionnelles.
Il faut que nous partions au plus vite, c’est une nécessité pour ma santé mentale. Sans compter qu’en attendant, Jiawei continue les recherches pour l’artefact de notre peuple. Et il est toujours hors de question pour moi de laisser cette vieille harpie mettre la main sur un objet si précieux.

Je me dirige vers la sortie de la tente où se trouve Francis. Je le repousse pour pouvoir mettre le pied dehors, il tente de me glisser un avertissement au passage mais je l’écoute à peine :


« Euh… Madame Song avant que vous sortiez, je… »

Un choc. Bien sûr, ce n’est pas l’ethnie du peuple qui me choque, peau bronzée par le soleil, je commence à être habituée avec la Costa… Mais… Pourquoi sont-ils tous à moitié nu ?! Il n’y a pas de plage dans le secteur à ce que je sache, c’est un satané désert ! Tous m’observent, avec un certain intérêt. Je suis peut-être la première femme asiatique qu’ils rencontrent.

Je profite de ce petit moment de battement pour me retourner vers Francis :


« Pourquoi sont-ils tous à moitié nu ? Même les Mongols portent plus de vêtements que ça. 
- Bah c’est ce que je voulais vous dire… C’est pas…
- Tsssss… Où est le chef ?
- Près du feu là-bas, avec le pantalon en cuir. On était entrain de dîner ! Venez ! »

Il me pousse légèrement vers l’avant. Nous avançons donc vers l’assemblée : une vingtaine de personnes autour du foyer, tandis que d’autres naviguent dans le camp, ils ont certainement des ordres de passage pour la nourriture pour qu’il y ait toujours des personnes pour surveiller les éventuelles attaques et ranger le campement. Ou aller se reproduire, qui sait ?

Immédiatement, je change de posture au contact du regard de l’homme dirigeant cette assemblée rougie par les rayons infernaux du Soleil. Il est grand, c’est indiscutable, mais il a des yeux trahissant une expérience, voir une puissance bien supérieure à ce que son âge peut laisser paraître.

Les bras croisés, attentif à mes mouvements, il demeure impassible. Je peux ressentir qu’il est sur ses gardes, j’imagine qu’il a déjà eu des raisons de se disputer ou rentrer en conflit avec les locaux blancs. Pour une fois dans ce monde, c’est ma différence ethnique qui m’a peut-être permis de rester en vie. Comme quoi, il peut y avoir des surprises.

Je décide donc de jouer clairement cette carte de l’ « étrangère » auprès de ce chef tribal qui tient peut-être la clef de ma liberté désormais. En arrivant face à lui, je m’incline, de manière traditionnelle. Tentant de montrer que je lui témoigne mon respect le plus total.

Il se met à prononcer quelques mots dans une langue ou un dialecte dont j’ignore tout. Il parle à son fils, celui qui connaît un peu la langue commune. Après avoir attendu la fin des paroles de son père, il se place à côté de moi et traduit.


« Mon père, Herbe Bleue, chef de notre tribu, vous souhaite la bienvenue dans notre campement. Il s’excuse de vous avoir endormi de force mais il ne voulait pas prendre de risques pour notre peuple. Il a épargné les deux blancs car ils étaient avec vous et l’autre homme aux yeux bridés.
- Dis-lui que je le remercie de nous avoir épargné. »

Il s’exécute. Le chef a un léger sourire. Il se lève et va prendre un bol, rempli d’un liquide fort curieux et dont l’odeur me fait dire qu’il doit y avoir de l’alcool dedans.

« Herbe Bleue aimerait que vous buviez le liquide, c’est le rituel pour les invités. »

J’imagine que je n’ai pas le choix. Je bois cul-sec. C’est fort !

« Qu’est-ce que c’est exactement ?
- Des racines que nous faisons fermenter et ça devient de l’alcool. 
- D’accord, merci. » dis-je, tout en forçant un léger sourire.

Suite à cela, les activités des membres de la tribu reprennent et on m’apporte de la nourriture, essentiellement des mets issus de la cueillette ou du gibier. Au point où nous en sommes, nous allons prendre ce qu’ils nous offrent : il ne faut pas froisser nos hôtes après tout.

Harch, l’informateur dont j’ignore toujours le nom et Francis se mettent à proximité mais c’est moi qui suit juste à côté du chef, le fils toujours près de moi pour traduire notre conversation. Il dit, hésitant :


« Moi… Herbe B-B-leue. Toi ? » dit-il tout en me pointant du doigt.

Je pose ma main sur ma poitrine et répond en souriant :


« Moi… Huayan. »

Il hoche la tête, satisfait.

Il continue de parler dans son langage, le fils me traduisant tout, avec plus ou moins de temps de latence.


« Il aimerait vous poser des questions.
- Très bien, je l’écoute. »

Il décroise les bras et tout en mangeant, il m’interroge.

« D’où viens-tu ?
- Au-delà des étoiles, il y a d’autres mondes, comme celui-ci. Je viens de celui qui s’appelle « Terre des Dragons ».
- Il aimerait savoir ce que vous êtes venus faire ici dans votre oiseau de fer ?
- Nous devions récupérer mon camarade, celui qui me ressemble. Il était emprisonné au Pénitencier. Vous savez, le grand fort avec tous les gardes. »

Ils demeurent impassibles, difficiles de voir si les réponses leur conviennent ou non.

« Est-ce que les Hommes Blancs sont comme nous ? »

Cette question me surprend. Manifestement Herbe Bleue a eu peu de contacts avec les autres habitants de son monde. Je vais en jouer, plus ou moins.

« Ils sont humains, oui. Moi aussi, je suis un humain. »

Herbe Bleue acquiesce.

« Est-ce que des Hommes Blancs sont aussi venus dans votre monde pour prendre vos terres et vous chassez pour construire des chemins de fer avec leurs étranges objets roulant dessus et sifflant de la fumée blanche ?
- Non, ils n’ont pas construit une telle chose. »

Non, l’objectif des étrangers dans mon monde est différent, bien différent. Ils ont fait plus, bien plus.

« Nous étions un peuple fort, et nous combattions pour résister aux attaques barbares de tribus sauvages qui ne souhaitent que mort et destruction. Un jour, nos Dieux se sont fâchés. Et c’est là que l’histoire s’assombrit. »  Dis-je, tout en prenant une mine plus triste.

« Herbe Bleue aimerait connaître la suite. »

Avec joie. C'est un parti pris évident, mais vu la situation, autant dramatiser du mieux que je peux.

« Dans notre monde, quand les Dieux sont en colère, leurs représentants, les dragons le sont aussi. Les Dragons ressemblent à des serpents gigantesques ou des reptiles géants qui volent, nagent, creusent ou errent dans la nature. En temps normal, ils ne sont pas dangereux.
- Pourquoi vos Dieux étaient insatisfaits ?
- Je l’ignore grand Chef… Je l’ignore. » Dis-je, révélant la vérité, pour une fois.

« Profitant de la guerre et du chaos créé par les dragons, un groupe d’étrangers, appelé le Consulat, profita de la situation pour offrir son aide pour remettre de l’ordre dans tout ça et restaurer la paix… Notre chef accepta. Mais notre peuple fier et fort, devint soumis à cette entité étrangère qui tua les dragons, dignes représentants de notre Panthéon. Désormais, mon monde est gouverné par ces étrangers, notre chef ne sert plus à rien. »

C’est avec honnêteté que je donne ma version de l’histoire. Une version commune pour beaucoup de personnes comme moi. Les dragons sont sacrés, représentants de la volonté divine. Les tuer, c’est rejeter nos Dieux, nos croyances, nos valeurs et notre histoire. Bien sûr, des innocents sont morts. Mais ils sont morts car nous, en tant que peuple, n’avons pas su répondre aux colères de nos déités.

Aider le peuple est peut-être une bonne décision, cependant tuer les Dragons est une erreur. Une erreur qui devra être payée. Bien sûr, l’actuel Empereur est respectable… Mais n’est plus légitime. En tuant les représentants des Dieux, et en soumettant notre pays à ce « protectorat » consulaire, il nous déshonore. Il nous déshonore tous. Et ce déshonneur, il gronde aujourd’hui, et il grondera demain. Il suffira d’une étincelle pour faire exploser la situation et créer un conflit d’une ampleur rappelant celles de notre passé.


« Nous partageons donc des choses. » dit le fils suivant les déclarations de son père.

« Nous avons essayé de traiter avec les Hommes Blancs. Malheureusement, cela n’a pas marché. J’aurai préféré un accord, mais ils sont résolus à user de la violence. Contre moi, contre mon peuple et visiblement contre les gens comme vous aussi. »

Nous finissons de manger dans le calme tandis que je vois Francis essayer de faire des blagues peu convaincantes auprès de nos hôtes. Pourvu qu’il ne dise rien de gênant pour notre salut.

« Notre Chaman a senti en vous une puissance particulière, Huayan d’Au-delà des Nuages. Pourriez-vous nous montrer une partie d’elle ? Nous aimons la communion avec la Nature, les Esprits et nos Ancêtres.
- Je partage, et mon peuple aussi, certaines de ces valeurs. Je vais voir ce que je peux faire. »

Je me redresse et prend place devant Herbe Bleue et un vieil homme que je devine être le fameux Chaman.  C’est parti pour le spectacle.

J’ouvre grands les bras devant le feu de joie et le son des petits tambours viennent accompagner mes mouvements. J’en rajoute volontairement pour laisser paraître une grande concentration. Je captive leur attention du mieux que je peux.

Alors que je balance les bras de manière plus ou moins ordonnée, j’écarte une ultime fois mes membres et je me transforme, élégante comme toujours, en mon animal associé : le corbeau. Devant la stupeur de la foule, je tournoie autour des flammes tandis que la musique reprend peu à peu.

Emerveillés, certains applaudissent tandis qu’Herbe Bleue sourit. Il semble apprécier donc. Au bout de quelques minutes, je me repose devant ses pieds pour reprendre forme humaine. Je regarde son fils :


« Est-ce suffisant ?
- Oui ! »

« L’Esprit du Corbeau est fort en vous, étrangère ! » traduit le fils pour le Chaman.

Ce dernier s’empresse d’ailleurs te chuchoter des choses à Herbe Bleue dont je ne connaîtrai pas la teneur. Ensuite, le vieil homme me fait part de l’histoire de son peuple, de leurs idoles et de leur culture. C’est une tribu nomade, utilisant leurs chevaux comme arme de guerre mais aussi pour leurs périples. Je remarque beaucoup de bleus, sur leurs habits, tissus, et tentes. C’est leur couleur, elle symbolise le monde des esprits, le bleu existant très peu à l’état naturel dans la nature comparé à d’autres comme le rouge ou le vert. Après ces humbles explications, il me laisse.

La soirée continue, cette petite interlude me permettant d’aller enfin parler à mon informateur.

« Je peux enfin te parler.
- Enchanté, Madame. Et merci de m’avoir sorti de là, du Pénitencier je veux dire.
- Ce n’est pas gratuit, tu le sais je pense. »

Il soupire tout en ricanant un peu. Il se présente comme étant Wu Bowen. Ressortissant de la Terre des Dragons, œuvrant depuis un moment sur les Routes Stellaires. Je le devine comme un mercenaire. Bien vite, je recentre la conversation sur mon intérêt : l’artéfact.

« Oui. Francis a été assez clair là-dessus. Tu veux savoir ce que j’ai pu donner à ta concurrente. C’est simple : j’ai travaillé un temps au Nouveau Monde comme éclaireur de Jiawei et de ses camarades. Je devais explorer et faire état des activités dans le monde. Je suis pas resté très longtemps et c’était bien avant qu’elle se mette à chercher l’objet qui vous intéresse…
- Je vois. Vous avez donc une information ?
- C’est une supposition. Les Indiens et les colons se disputent pas mal et je sais qu’il y a eu des interférences venant de l’extérieur. L’épaisse forêt recèle de secrets et de trésors. La preuve, un chasseur de reliques, appelé «  Georges Caswell » s’est installé au milieu des Blancs en se faisant passer pour un simple colon.
- Comment l’as-tu identifié comme tel ?
- Il a fait différents travails : pêcheur, bûcheron, éclaireur, soldat… Toujours là pour aller se balader dans la nature et affronter les éléments là où les autres sont plutôt réticents, surtout suite aux attaques des Indiens. Une fois je l’ai coincé en forêt et il m’a avoué chercher des artéfacts ou des objets de valeur dans la région.
- Tu as donc orienté Jiawei vers ce Georges Caswell.
- Oui… Mais vous feriez mieux de vous dépêcher, ils m’ont extorqué l’information il y a un petit moment déjà.
- Très bien. Quand nous repartirons, je te dépose où ?
- Port-Royal, si ça ne dérange pas ?
- Avec le blocus de la Shinra autour du monde ? Certainement pas.
- Y a un barrage ?
- Oui, tu es resté un moment isolé des nouvelles de l’extérieur à ce que je vois.
- En effet… Boh, déposez-moi à Illusiopolis et je ferai ma route de là.
- Fort bien. J’espère que tes informations sont intéressantes Bowen. Si je suis insatisfaite, je ne m’interdis pas de te le faire savoir. »

La nuit continue et c’est tard qu’Herbe Bleue revient pour me parler. Désormais paré d’un large sourire bienveillant. Il m’invite à le suivre dans sa tente, pour me proposer un marché. Tout de suite, il suscite mon intérêt. Nous nous posons sur un maigre tapis, son fils toujours à nos côtés.

« Je vous laisserai partir demain matin, vous et votre groupe.
- C’est très généreux, merci.  
- Votre proximité avec le corbeau nous a interpelé, moi et mon Chaman. Votre transformation est un prodige et le respect que vous accorde cet Esprit est formidable. Cependant, je veux proposer un accord en échange de votre liberté.
- J’écoute, Chef. »

Il perd un peu de son sourire.

« Votre peuple et le mien ont des points communs, y compris dans leur lutte contre un envahisseur étranger. Les étoiles sont incertaines et la violence surgit de toute part. Un jour, je serai peut-être forcé d’user d’une force dont je répugne l’usage. Si ce jour vient, je veux pouvoir compter sur vous et votre aide. En échange, je vous laisse partir demain, à l’aube, avant que nous reprenions notre voyage dans le désert. Nos chevaux ont soifs, vous comprenez j’imagine. »

Cette proposition est sérieuse. Mais quel choix ai-je réellement ? Si je refuse, je doute pouvoir négocier de meilleurs termes. C’est ainsi que je me résigne à saluer Herbe Bleue pour symboliser notre entente.

« Ce serait un honneur, Chef.
- Il en est ravi Huayan. »

Les heures suivantes seront courtes pour un repos peu profond. Lorsque les premières lueurs du soleil surgissent, nous reprenons nos chevaux et quittons la tribu d’Amérindiens. Plus civilisés que je ne l’aurai pensé aux premiers abords, c’est une bonne leçon pour moi.

Nous leur faisons nos adieux, les regardant reprendre leur voyage sans fin à travers ces étendues naturelles désertiques, mais magnifiques. C’est avec majesté qu’Herbe Bleue et sa troupe disparaissent dans l’horizon, comme par magie. Ils laissent derrière eux les traces de leur camp, nous laissant contempler l’élégance de leur peuple.  




Spoiler:

HRP / Petite dédicace à Agon sans qui le personnage d'Herbe Bleue n'aurait pas existé et la domination de la Chine sur le Nouveau Monde aurait pu fonctionner... S'il n'y avait pas eu de sabotage des câbles d'alimentation... Enfin bref, voilà !
Maître brasseur

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le Jeu 17 Mai 2018 - 0:44
Un soir d’Eurovision, une notation, et j’prends un temps dingue à te noter. Penses-tu que, il y a un lien dans cette histoire ? Personnellement, j’pense que ouais. Il faut ouvrir une enquête.

Donc, qu’est-ce que j’ai à dire ici ?!

Par contre, tu t’en doutes, j’vais pas m’étaler dans un commentaire de type long. Simplement que, par rapport à la dernière fois, j’ai pas grand chose à raconter. Néanmoins, j’ai quand même relevé un truc et celui-ci est resté dans ma tête depuis ma lecture. L’idée de laisser une seule personne capable de parler la même langue que toi, c’est une bonne idée et j’suis content de l’avoir vue. Sauf que, mon côté pénible aurait aimé que cela soit plus creusé.

Comme tu le sais, j’fais beaucoup de comparatif par rapport aux films et / ou aux séries. Ici, j’pense à Godless que j’ai regardé il n’y a pas si longtemps que ça et l’idée me viens d’un coup.

Pourquoi ne pas avoir profité du langage que tu ne connais pas pour appuyer ton texte ? Il t’arrive de le faire, écrire en mandarin (pas taper si j’me trompe) et de laisser le lecteur avec la tâche de chercher plus loin. Donc, ici ? Pourquoi ne pas faire parler le chef Indien et d’écrire le dialecte que l’on ne comprend pas pour ensuite avoir la traduction du gamin ? En disant ça, j’ai la scène de Godless où la grand-mère Indienne trash-talk le héros et que tout le monde change ses paroles pour les adoucir.

Tu peux dire que c’est con et que ça n’apporte rien, mais nous aurions pu avoir une mise en abysse. L’idée où le père est plus intolérant et sec, alors que de l’autre côté, le fils arrondi les angles pour calmer les instincts guerriers de sa tribu en évitant de faire de Huayan et sa troupe des ennemis. Enfin ! Tu m’connais, j’suis du genre à casser les couilles et à donner un autre point de vue afin de t’aider à trouver d’autre voix dans le futur et ainsi de suite. D’ailleurs, dernière remarque, ça aurait été aussi plus intéressant que le gamin ne parle pas « parfaitement » la langue commune. C’est aussi un jeu, du style où il se trompe sur un mot et sur un sens.

Enfin, v’là l’idée, toujours penser à ce genre de subtilité ! Ça enrichi un texte. Pense toujours au contexte du monde, il y a toujours un flot d’idées qui n’attends qu’à être exploité. Bon, il serait p’tet temps que j’dise des trucs gentils, non…?

Cet exploit me plaît, en vrai. C’est la continuité de l’histoire par rapport à ta quête et il y a un truc que j’aime dans l’histoire, c’est de voir les PNJs qui travaillent eux aussi en dehors de leur monde. Même si le dénouement de la quête ne laisse pas (enfin, j’imagine) l’occasion de voir un PNJ en tout-puissant ou en Moriarty qui à toujours un coup d’avance sur toi, c’est un truc super intéressant.

Aussi, la relation avec Francis est bien établie. D’ailleurs, j’me demande si l’acte en prison restera muet dans votre prochaine interaction ou pas. J’arrive pas à me décider sur quel aspect sera le plus intéressant. Un regret, peut-être, c’est que Harch soit un peu absent alors que ça gueule ne doit pas être anodine dans un monde pareil. Bref ! J’ai bien aimé, j’suis curieux de savoir à quoi va ressembler le reste de ta quête.


Facile : 11 points d'expérience + 100 munnies + 2 PS ! Un en Défense et le second en Symbiose.

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