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La Sorcière

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le Ven 20 Avr 2018 - 0:27
Assise devant la coiffeuse de sa chambre, Lulu finissait d’arranger ses cheveux, alors que les heures s’écoulaient doucement. Autant d’heures qu’elle aurait pu passer dans l’étrange Hill Valley au lieu de se réserver à elle-même… À vrai dire, elle appréciait assez ce qu’elle connaissait de ce monde pour ne pas en vouloir en partir immédiatement. Effectivement, elle avait un planning assez précis. Elle avait quitté le Sanctum et son père l’avant-veille au soir, et si le Sanctum comprenait, au-delà des sept jours, qu’elle l’avait trahi, cela lui laissait encore cinq précieux jours d’innocence présumée, en comprenant celui-ci. Deux jours plus tard, si tout se passait bien sur le chemin, elle arriverait au Fort Hood, un avant-poste militaire représentant la plus grande puissance militaire et sans doute gouvernementale des environs. Il lui resterait donc deux jours pour se trouver des alliés capables de la protéger au Jardin Radieux. Plus qu’assez, à son humble avis. Quoi qu’il en soit, cela lui laissait trois jours pour se lasser de cet endroit. Certes, elle aurait grand plaisir à retrouver le confort de Menrva, l’infatigable machine volant au-dessus de la petite ville, mais du reste, ce monde représentait une telle curiosité, principalement dans la culture des locaux, qu’elle considérait son voyage avec patience.

Pour autant, rester dans sa chambre, à se coiffer, après avoir enfilé sa robe, lui était plus qu’agréable. Pouvoir s’habiller, se coiffer et se maquiller comme elle l’entendait était la première preuve de sa liberté. Aussi prenait-elle le temps d’ajuster les broches dans ses cheveux, la mèche tombant sur son visage et les tresses dans son dos transportant avec elles quelques grigris retentissants. Elle aborda son maquillage avec la même précaution, avant de finalement se lever. Lulu marcha quelques secondes dans cette chambre d’hôtel, réfléchissant à ce qu’elle y avait amené, et sortit finalement pour régler ses comptes. Quelques quarante munnies plus tard, elle se retrouva, une sacoche à la main, dans l’allée principale de la ville, rejoignant les écuries, qui faisaient aussi office de poste pour le maréchal-ferrant. La diligence l’y attendait déjà, attelée à deux chevaux. Deux hommes installaient au-dessus de celle-ci les quelques bagages d’autres voyageurs, aussi au nombre de deux, attendant patiemment sur le banc le plus proche. Elle vit, à sa surprise, le shérif Gabe discuter avec les deux cochers, alors que ceux-ci étaient occupés. Lulu s’approcha sans pudeur et écouta la conversation. Le shérif s’interrompit une seconde en la voyant avant de reprendre malgré tout.


« Donc… Un troupeau de buffles m’semble être b’in dans l’coin, Earl, à cinq lieues d’ici sur ta route. »

« Avant la grande vallée ? »

« Quoi ? Non... après. » répondit, agacé, Gabe.

« Y a bien huit lieues avant d’en finir avec la grande vallée. Avec le poids de la carriole, c’t’aut’chose qu’en ch’val. »

« Bon d’accord, tu vas pas m’faire l’topo. Bref, au sortir du coin… troupeau de buffles. Et les Cheyennes chassent ‘core bien en c’moment. »

« … »

Le plus trapu des deux cochers se redressa au sommet de la montagne de bagages.

« Dure affaire. C’est fiable ? »

« Ah Jane est formelle. Puis… »

« Mais c’est des Cheyennes ? Quelques tirs en l’air et ils devraient s’calmer, non ? »

« Rien n’est sûr dans c’monde, Earl. »

« S’ils nous voient alors qu’ils chassent, ils ne devraient pas nous attaquer, vous ne croyez pas ? » se permit-elle de demander, se joignant à la discussion sans saluer les deux compères.

« … Comme j’viens d’le dire, rien n’est certain. Deux fusils, c’est peu contre dix peaux-rouges. »

« J’ai recruté une escorte d’un autre monde. À priori compétente. »

Le shérif la regarda longuement avant de lui faire un large sourire et de poser le canon de son fusil sur son épaule. « Ah bah ravi d’voir qu’vous m’écoutez pas, mam’zelle Lulu. C’est comm’ça qu’vous vous faites discrète ? En am’nant l’Général Burr et ses troupes en terr’toire sauvage ! »

« J’ai demandé quelqu’un de discret, justement. Parlons d’autre chose. Quand part-on ? »

Le shérif éclata d’un rire jaune avant de pointer la sorcière d’une main à son ami Earl. « Cesar, Earl, j’vous présente vot’passagère. Elle s’appelle Lulu. Menez-la à bon port, Fort Wood, puis r’partez et… la laissez pas vous commander, voilà un bon conseil. »
« Enchanté mad’moiselle. » prononça Earl, repris par un homme plus élancé, dont le visage écarlate de tant d’efforts peinait à expirer le moindre son. « Voilà vos compagnons de voyage. Mme Epping et son fils, Jonathan. » Elle les salua d’un signe de tête, observant quelques secondes le fils en question, un adulte ayant à sa ceinture un pistolet, ce qui ne la ravit pas. Elle ne souhaitait pas spécialement voir une arme dans la voiture, devant d’ailleurs statuer avec le ou la mercenaire la place qu’il aurait.

« Dès qu’vot’garde du corps est là, on pourra y aller, mad’moiselle. »
Narantuyaa

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le Sam 21 Avr 2018 - 4:19
Naran sortit de la boîte de conserve qui lui avait servi de vaisseau, les cheveux encore humides du bain qu’elle s’était permis entre deux missions.

Un air sec et sablonneux vient l’accueillir à la sortie de l’appareil, s’infiltrant par le col largement ouvert de sa chemise et jusque dans les coutures de son pantalon. Elle grimaça. Tant pis pour le bain.


Du coffre du vaisseau, Naran reçu son sac de voyage et son aigle visiblement traumatisé. Elle prit le temps de tresser ses cheveux, et de réajuster épaulières et ceinture, avant qu’un agent bougonnant vienne lui faire un inventaire de ses armes laissées en soute. Les sourcils broussailleux du pauvre homme s’élevaient, à mesure qu’il empilait sur une table un vieux pistolet à peine entretenu, une arbalète, couteaux, carreaux et munitions ainsi que quelques doses de liquide non étiquetés, mais soigneusement empaquetés.

La Mercenaire lui offrit son plus beau sourire, et décampa avec son matériel avant que ne lui vienne l’idée de poser des questions. Il était plus que temps qu’elle se trouve un vaisseau personnel…


Une fois équipée, elle rallia le petit groupe qui s’avançait vers Hill Valley. Trois locaux, reconnaissables à leurs bottes éperonnées, avançait avec assurance vers la petite ville. Ils étaient bien chargés, tant en armes à leur ceinture qu’en lourdes caisses de bois, qui ballottaient entre leurs bras.

Réprimant sa curiosité pour leur chargement, Naran s’arrêta pour détacher le capuchon de son rapace, avant de le lancer en l’air. Une petite balade allait peut-être remettre ses idées en place, après le cauchemar qu’avait dû être la cale du vieux coucou qui les avaient menés ici.

L’animal pris lourdement son envol. Quelques cris perdus, une vrille malhabile, et à nouveau il planait sur les courant d’air chaud, dorant silencieusement au soleil.


Débarrassée de son poids, la Mercenaire pu prendre la suite de ses compagnons de voyage, admirant au passage le paysage semi désertique qui les entouraient.

Pas de grand changement depuis son dernier passage. La ville était toujours debout, déjà. Un miracle, considérant les bourrasques que devaient affronter les fragiles constructions de bois. Quelques tombes de plus au cimetière, quelques chevaux de moins à l’écurie… Rien de bien étonnant, pour une ville pareille.


Un petit attroupement s’était formé sur la grand rue, rassemblant chevaux et voyageurs. Une pile de bagage dominait le groupe, à l’ombre de laquelle deux cochers s’entretenaient avec les locaux.

Il semblerait que la Mercenaire arrivait à point nommé pour le départ de la diligence. Une chance, puisque devoir rattraper son client avant même de l’avoir rencontré n’aurai pas été du meilleurs effet…


Alors que ses compagnons de vaisseau discutaient avec l’un des cochers, payant de quoi transférer leurs précieux cargo, Naran se rapprochait du sheriff en pleine conversation.


Il faut dire que la dame qui l’accompagnait détonnait, et ce, particulièrement sur la route poussiéreuse de Hill Valley.

Tout la mettait à part : Tant dans sa prestance presque aristocratique, que la déférence malaisée dont faisaient part les hommes autours d’elle.

Sa robe bordée de fourrure n’était qu’un indice de plus. Son décolleté, tout à la fois glorieux et scandaleux, révélait une peau encore laiteuse, malgré le soleil impitoyable de la vallée. Elle était tout juste arrivée, donc ? Sans ombrelle, son teint n’allait pas durer…


Mais c’était les mots du sheriff qui avait attiré l’attention de Naran.
« Dès qu’vot’garde du corps est là, on pourra y aller, mad’moiselle. »
Bingo.

« Vous êtes ma commanditaire, je présume ? »
Naran s’était approchée, enlevant machinalement son gant de fauconnerie.

« Narantuyaa Engke Ubilaï, pour vous servir. »
La mercenaire inclina brièvement la tête, avant de la redresser pour scruter sa cliente.


Plus grande qu’elle, coiffée comme une noble chinoise mais maquillée avec plus de couleur qu’une courtisane de Port Royal, l’inconnue était troublante. C’était sans parler de son regard carmin, de ses lèvres violettes, de son porte-jarretelle fleuri que Naran était certaine d’avoir aperçu d’entre ses jupes…

Mais, malgré tous ses atours, malgré son apparence de favorite de quelque puissant roi ou guerrier, malgré le regard de chacun fixé sur elle… La dame ne semblait pas s’en concerner un instant.


Etrange mélange. Étrange, mais intriguant, aussi.

Naran tendis sa main droite, à la manière des gens de ce monde.
« Ravie de faire votre connaissance. »

Se rappelant les recommandations du sheriff, la Mercenaire ajouta : « J’apprends que la diligence s’apprête à partir. Je comptai trouver une monture pour suivre le convoi… Mais peut être préférez-vous que je prenne une place en voiture ? »

Ses compétences seraient limitées, dans l’espace étouffant de la diligence. Mais, habillée comme elle l’était, sa commanditaire aurait peut-être l’utilité d’une présence de plus à ses côtés.
La Sorcière

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le Jeu 17 Mai 2018 - 10:08
La jeune femme jeta un regard au shérif dont elle abusait consciemment de la patience. Si elle avait jugé la situation avec celui-ci vraiment risquée, elle n’aurait pas agi de la sorte ces dernières heures. Mais il lui semblait sincère et relativement bon, bien qu’elle ne doutât pas de son inclinaison pour la violence. Il regardait la jeune arrivante avec un air certes méfiant, mais pas particulièrement menaçant ou haineux. Les choses changeraient radicalement, non seulement pour Lulu mais aussi pour tous les étrangers à venir, si cette personne, inconnue au demeurant, provoquait la colère des habitants de ce monde. De ce que la sorcière avait compris, leur seul droit… plus moral que de fait… était de se défendre contre des bandits, dont certaines têtes étaient mises à prix, ce qu’elle n’avait pas encore eu le temps d’étudier, et contre les indiens.
Lulu aurait pu s’estimer contente de voir une femme arriver pour l’escorter durant cette traversée, compte tenu de ce à quoi les femmes l’avaient habituée, une longue partie de sa vie, soit une certaine maturité. En vérité, Pentaghast avait redéfini l’excès de zèle et l’inconscience dans son imaginaire et remettait tout en perspective. Et comme les songes de la veille en témoignaient, elle savait y faire avec les mauvais garçons. Dans un pays qui semblait clivant, puisqu’aucune femme ne semblait armée jusque-là, il aurait été de meilleur ton d’avoir un garçon à ses côtés. Un garçon avec lequel elle aurait compté sur son autorité pour se faire obéir. De là à dire que Lulu, en voyant cette Asiatique, soupira de déception, il ne fallait pas exagérer. Comme souvent, la sorcière avait une fâcheuse tendance à intellectualiser toutes les possibilités, sans vraiment se rendre compte du peu d’importance que comportaient certains facteurs au cours de l’expérience.


« Lulu. »

Sa main sortit légèrement de sous sa longue manche et serra la main de sa gardienne. Un rapide coup d’œil à son autre main lui fit observer un gant assez épais qui aurait du recouvrir tout son avant-bras. Elle était fauconnière, comme en témoignait l’objet. Lulu se promit de chercher l’oiseau dans le ciel à la première occasion. D’un côté comme de l’autre, elle ne souhaitait pas une confrontation entre Menrva et un rapace.

« Non, faites comme vous le pensiez. » répondit Lulu à la question qu’avait posée un peu plus tôt la mercenaire du Centurio, concernant ses propres conditions de voyage. Elle ne souhaitait pas de cette escorte à l’intérieur de la voiture, à vrai dire. Bien que contrairement à l’idée qu’elle s’en était faite, la mercenaire fût une femme somme toute assez soignée et vêtue – sa coiffure était à la fois simple et sophistiquée, ses vêtements témoignaient de son métier mais aussi d’un certain désir de plaire, ou du moins de se plaire, ce qu’elle comprenait – elle trouvait passablement idiot de bloquer les faits et gestes d’un garde-du-corps entre les portes d’une diligence. En cas d’attaque, quoique le cocher décide, elle aurait à agir aussitôt et pas attendre que le véhicule soit à l’arrêt pour défendre la calèche, ou du moins ce qu’elle aurait appelé une calèche au domaine enchanté. Qui plus est, si ces Indiens que le shérif lui avait décrit sauvages voyaient le convoi, une escorte à cheval, même faible, aurait un caractère dissuasif. « Avant que vous ne vous occupiez du cheval… » Elle s’interrompit une seconde, ignorant si elle devait appeler une guerrière que l’on paie d’une certaine manière.  « Je vous réexplique la situation. Nous partons pour Fort Wood, le plus proche point militaire. Cela nous prendra deux jours. Je compte sur votre protection, votre obligeance et votre sérieux. Une fois arrivés, je n’aurai plus besoin de vous et je vous paierai. Vous devez savoir que des troupes indiennes peuvent éventuellement nous attaquer durant notre voyage. Je vous invite à poser vos questions à ce sujet, en temps voulu, aux messieurs Earl et César, nos cochers, durant le voyage. » dit-elle d’une traite et d’une voix neutre, sans élever un mot plus haut que l’autre. Ses yeux, toutefois, rivés sur ceux de l’Asiatique, guettaient le moindre signe d’inattention ou de lassitude. « N’hésitez pas, s’il y a la moindre chose. »

Lulu hocha la tête, salua le shérif d’un sourire et s’adressa à Earl en montant dans la voiture, suivant les Epping.

« Si vous pouviez attendre son accord avant de démarrer, j’apprécierais. »

Elle s’installa, relativement confortablement sur la banquette vide en face de la femme et de son fils, le dos à la route, ce qui ne la dérangeait pas.

« Vous êtes nerveuse, madame ? » demanda le jeune homme, d’une voix lente et grave.

« Non. »
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