La Sorcière

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le Ven 20 Avr 2018 - 0:27
Assise devant la coiffeuse de sa chambre, Lulu finissait d’arranger ses cheveux, alors que les heures s’écoulaient doucement. Autant d’heures qu’elle aurait pu passer dans l’étrange Hill Valley au lieu de se réserver à elle-même… À vrai dire, elle appréciait assez ce qu’elle connaissait de ce monde pour ne pas en vouloir en partir immédiatement. Effectivement, elle avait un planning assez précis. Elle avait quitté le Sanctum et son père l’avant-veille au soir, et si le Sanctum comprenait, au-delà des sept jours, qu’elle l’avait trahi, cela lui laissait encore cinq précieux jours d’innocence présumée, en comprenant celui-ci. Deux jours plus tard, si tout se passait bien sur le chemin, elle arriverait au Fort Hood, un avant-poste militaire représentant la plus grande puissance militaire et sans doute gouvernementale des environs. Il lui resterait donc deux jours pour se trouver des alliés capables de la protéger au Jardin Radieux. Plus qu’assez, à son humble avis. Quoi qu’il en soit, cela lui laissait trois jours pour se lasser de cet endroit. Certes, elle aurait grand plaisir à retrouver le confort de Menrva, l’infatigable machine volant au-dessus de la petite ville, mais du reste, ce monde représentait une telle curiosité, principalement dans la culture des locaux, qu’elle considérait son voyage avec patience.

Pour autant, rester dans sa chambre, à se coiffer, après avoir enfilé sa robe, lui était plus qu’agréable. Pouvoir s’habiller, se coiffer et se maquiller comme elle l’entendait était la première preuve de sa liberté. Aussi prenait-elle le temps d’ajuster les broches dans ses cheveux, la mèche tombant sur son visage et les tresses dans son dos transportant avec elles quelques grigris retentissants. Elle aborda son maquillage avec la même précaution, avant de finalement se lever. Lulu marcha quelques secondes dans cette chambre d’hôtel, réfléchissant à ce qu’elle y avait amené, et sortit finalement pour régler ses comptes. Quelques quarante munnies plus tard, elle se retrouva, une sacoche à la main, dans l’allée principale de la ville, rejoignant les écuries, qui faisaient aussi office de poste pour le maréchal-ferrant. La diligence l’y attendait déjà, attelée à deux chevaux. Deux hommes installaient au-dessus de celle-ci les quelques bagages d’autres voyageurs, aussi au nombre de deux, attendant patiemment sur le banc le plus proche. Elle vit, à sa surprise, le shérif Gabe discuter avec les deux cochers, alors que ceux-ci étaient occupés. Lulu s’approcha sans pudeur et écouta la conversation. Le shérif s’interrompit une seconde en la voyant avant de reprendre malgré tout.


« Donc… Un troupeau de buffles m’semble être b’in dans l’coin, Earl, à cinq lieues d’ici sur ta route. »

« Avant la grande vallée ? »

« Quoi ? Non... après. » répondit, agacé, Gabe.

« Y a bien huit lieues avant d’en finir avec la grande vallée. Et avec le poids de la carriole, c’t’aut’chose qu’en ch’val, on y arrivera dans... . »

« Bon d’accord, tu vas pas m’faire l’topo. Bref, au sortir du coin… troupeau de buffles. Et les Cheyennes chassent ‘core bien en c’moment. »

« … »

Le plus trapu des deux cochers se redressa au sommet de la montagne de bagages.

« Dure affaire. C’est fiable ? »

« Ah Jane est formelle. Puis… »

« Mais c’est des Cheyennes ? Quelques tirs en l’air et ils devraient s’calmer, non ? »

« Rien n’est sûr dans c’monde, Earl. »

« S’ils nous voient alors qu’ils chassent, ils ne devraient pas nous attaquer, vous ne croyez pas ? » se permit-elle de demander, se joignant à la discussion sans saluer les deux compères.

« … Comme j’viens d’le dire, rien n’est certain. Deux fusils, c’est peu contre dix peaux-rouges. »

« J’ai recruté une escorte d’un autre monde. À priori compétente. »

Le shérif la regarda longuement avant de lui faire un large sourire et de poser le canon de son fusil sur son épaule. « Ah bah ravi d’voir qu’vous m’écoutez pas, mam’zelle Lulu. C’est comm’ça qu’vous vous faites discrète ? En am’nant l’Général Burr et ses troupes en terr’toire sauvage ! »

« J’ai demandé quelqu’un de discret, justement. Parlons d’autre chose. Quand part-on ? »

Le shérif éclata d’un rire jaune avant de pointer la sorcière d’une main à son ami Earl. « Cesar, Earl, j’vous présente vot’passagère. Elle s’appelle Lulu. Menez-la à bon port, Fort Wood, puis r’partez et… la laissez pas vous commander, voilà un bon conseil. »
« Enchanté mad’moiselle. » prononça Earl, repris par un homme plus élancé, dont le visage écarlate de tant d’efforts peinait à expirer le moindre son. « Voilà vos compagnons de voyage. Mme Epping et son fils, Jonathan. » Elle les salua d’un signe de tête, observant quelques secondes le fils en question, un adulte ayant à sa ceinture un pistolet, ce qui ne la ravit pas. Elle ne souhaitait pas spécialement voir une arme dans la voiture, devant d’ailleurs statuer avec le ou la mercenaire la place qu’il aurait.

« Dès qu’vot’garde du corps est là, on pourra y aller, mad’moiselle. »
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le Sam 21 Avr 2018 - 4:19
Naran sortit de la boîte de conserve qui lui avait servi de vaisseau, les cheveux encore humides du bain qu’elle s’était permis entre deux missions.

Un air sec et sablonneux vient l’accueillir à la sortie de l’appareil, s’infiltrant par le col largement ouvert de sa chemise et jusque dans les coutures de son pantalon. Elle grimaça. Tant pis pour le bain.


Du coffre du vaisseau, Naran reçu son sac de voyage et son aigle visiblement traumatisé. Elle prit le temps de tresser ses cheveux, et de réajuster épaulières et ceinture, avant qu’un agent bougonnant vienne lui faire un inventaire de ses armes laissées en soute. Les sourcils broussailleux du pauvre homme s’élevaient, à mesure qu’il empilait sur une table un vieux pistolet à peine entretenu, une arbalète, couteaux, carreaux et munitions ainsi que quelques doses de liquide non étiquetés, mais soigneusement empaquetés.

La Mercenaire lui offrit son plus beau sourire, et décampa avec son matériel avant que ne lui vienne l’idée de poser des questions. Il était plus que temps qu’elle se trouve un vaisseau personnel…


Une fois équipée, elle rallia le petit groupe qui s’avançait vers Hill Valley. Trois locaux, reconnaissables à leurs bottes éperonnées, avançait avec assurance vers la petite ville. Ils étaient bien chargés, tant en armes à leur ceinture qu’en lourdes caisses de bois, qui ballottaient entre leurs bras.

Réprimant sa curiosité pour leur chargement, Naran s’arrêta pour détacher le capuchon de son rapace, avant de le lancer en l’air. Une petite balade allait peut-être remettre ses idées en place, après le cauchemar qu’avait dû être la cale du vieux coucou qui les avaient menés ici.

L’animal pris lourdement son envol. Quelques cris perdus, une vrille malhabile, et à nouveau il planait sur les courant d’air chaud, dorant silencieusement au soleil.


Débarrassée de son poids, la Mercenaire pu prendre la suite de ses compagnons de voyage, admirant au passage le paysage semi désertique qui les entouraient.

Pas de grand changement depuis son dernier passage. La ville était toujours debout, déjà. Un miracle, considérant les bourrasques que devaient affronter les fragiles constructions de bois. Quelques tombes de plus au cimetière, quelques chevaux de moins à l’écurie… Rien de bien étonnant, pour une ville pareille.


Un petit attroupement s’était formé sur la grand rue, rassemblant chevaux et voyageurs. Une pile de bagage dominait le groupe, à l’ombre de laquelle deux cochers s’entretenaient avec les locaux.

Il semblerait que la Mercenaire arrivait à point nommé pour le départ de la diligence. Une chance, puisque devoir rattraper son client avant même de l’avoir rencontré n’aurai pas été du meilleurs effet…


Alors que ses compagnons de vaisseau discutaient avec l’un des cochers, payant de quoi transférer leurs précieux cargo, Naran se rapprochait du sheriff en pleine conversation.


Il faut dire que la dame qui l’accompagnait détonnait, et ce, particulièrement sur la route poussiéreuse de Hill Valley.

Tout la mettait à part : Tant dans sa prestance presque aristocratique, que la déférence malaisée dont faisaient part les hommes autours d’elle.

Sa robe bordée de fourrure n’était qu’un indice de plus. Son décolleté, tout à la fois glorieux et scandaleux, révélait une peau encore laiteuse, malgré le soleil impitoyable de la vallée. Elle était tout juste arrivée, donc ? Sans ombrelle, son teint n’allait pas durer…


Mais c’était les mots du sheriff qui avait attiré l’attention de Naran.
« Dès qu’vot’garde du corps est là, on pourra y aller, mad’moiselle. »
Bingo.

« Vous êtes ma commanditaire, je présume ? »
Naran s’était approchée, enlevant machinalement son gant de fauconnerie.

« Narantuyaa Engke Ubilaï, pour vous servir. »
La mercenaire inclina brièvement la tête, avant de la redresser pour scruter sa cliente.


Plus grande qu’elle, coiffée comme une noble chinoise mais maquillée avec plus de couleur qu’une courtisane de Port Royal, l’inconnue était troublante. C’était sans parler de son regard carmin, de ses lèvres violettes, de son porte-jarretelle fleuri que Naran était certaine d’avoir aperçu d’entre ses jupes…

Mais, malgré tous ses atours, malgré son apparence de favorite de quelque puissant roi ou guerrier, malgré le regard de chacun fixé sur elle… La dame ne semblait pas s’en concerner un instant.


Etrange mélange. Étrange, mais intriguant, aussi.

Naran tendis sa main droite, à la manière des gens de ce monde.
« Ravie de faire votre connaissance. »

Se rappelant les recommandations du sheriff, la Mercenaire ajouta : « J’apprends que la diligence s’apprête à partir. Je comptai trouver une monture pour suivre le convoi… Mais peut être préférez-vous que je prenne une place en voiture ? »

Ses compétences seraient limitées, dans l’espace étouffant de la diligence. Mais, habillée comme elle l’était, sa commanditaire aurait peut-être l’utilité d’une présence de plus à ses côtés.
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le Jeu 17 Mai 2018 - 10:08
La jeune femme jeta un regard au shérif dont elle abusait consciemment de la patience. Si elle avait jugé la situation avec celui-ci vraiment risquée, elle n’aurait pas agi de la sorte ces dernières heures. Mais il lui semblait sincère et relativement bon, bien qu’elle ne doutât pas de son inclinaison pour la violence. Il regardait la jeune arrivante avec un air certes méfiant, mais pas particulièrement menaçant ou haineux. Les choses changeraient radicalement, non seulement pour Lulu mais aussi pour tous les étrangers à venir, si cette personne, inconnue au demeurant, provoquait la colère des habitants de ce monde. De ce que la sorcière avait compris, leur seul droit… plus moral que de fait… était de se défendre contre des bandits, dont certaines têtes étaient mises à prix, ce qu’elle n’avait pas encore eu le temps d’étudier, et contre les indiens.
Lulu aurait pu s’estimer contente de voir une femme arriver pour l’escorter durant cette traversée, compte tenu de ce à quoi les femmes l’avaient habituée, une longue partie de sa vie, soit une certaine maturité. En vérité, Pentaghast avait redéfini l’excès de zèle et l’inconscience dans son imaginaire et remettait tout en perspective. Et comme les songes de la veille en témoignaient, elle savait y faire avec les mauvais garçons. Dans un pays qui semblait clivant, puisqu’aucune femme ne semblait armée jusque-là, il aurait été de meilleur ton d’avoir un garçon à ses côtés. Un garçon avec lequel elle aurait compté sur son autorité pour se faire obéir. De là à dire que Lulu, en voyant cette Asiatique, soupira de déception, il ne fallait pas exagérer. Comme souvent, la sorcière avait une fâcheuse tendance à intellectualiser toutes les possibilités, sans vraiment se rendre compte du peu d’importance que comportaient certains facteurs au cours de l’expérience.


« Lulu. »

Sa main sortit légèrement de sous sa longue manche et serra la main de sa gardienne. Un rapide coup d’œil à son autre main lui fit observer un gant assez épais qui aurait du recouvrir tout son avant-bras. Elle était fauconnière, comme en témoignait l’objet. Lulu se promit de chercher l’oiseau dans le ciel à la première occasion. D’un côté comme de l’autre, elle ne souhaitait pas une confrontation entre Menrva et un rapace.

« Non, faites comme vous le pensiez. » répondit Lulu à la question qu’avait posée un peu plus tôt la mercenaire du Centurio, concernant ses propres conditions de voyage. Elle ne souhaitait pas de cette escorte à l’intérieur de la voiture, à vrai dire. Bien que contrairement à l’idée qu’elle s’en était faite, la mercenaire fût une femme somme toute assez soignée et vêtue – sa coiffure était à la fois simple et sophistiquée, ses vêtements témoignaient de son métier mais aussi d’un certain désir de plaire, ou du moins de se plaire, ce qu’elle comprenait – elle trouvait passablement idiot de bloquer les faits et gestes d’un garde-du-corps entre les portes d’une diligence. En cas d’attaque, quoique le cocher décide, elle aurait à agir aussitôt et pas attendre que le véhicule soit à l’arrêt pour défendre la calèche, ou du moins ce qu’elle aurait appelé une calèche au domaine enchanté. Qui plus est, si ces Indiens que le shérif lui avait décrit sauvages voyaient le convoi, une escorte à cheval, même faible, aurait un caractère dissuasif. « Avant que vous ne vous occupiez du cheval… » Elle s’interrompit une seconde, ignorant si elle devait appeler une guerrière que l’on paie d’une certaine manière.  « Je vous réexplique la situation. Nous partons pour Fort Wood, le plus proche point militaire. Cela nous prendra deux jours. Je compte sur votre protection, votre obligeance et votre sérieux. Une fois arrivés, je n’aurai plus besoin de vous et je vous paierai. Vous devez savoir que des troupes indiennes peuvent éventuellement nous attaquer durant notre voyage. Je vous invite à poser vos questions à ce sujet, en temps voulu, aux messieurs Earl et César, nos cochers, durant le voyage. » dit-elle d’une traite et d’une voix neutre, sans élever un mot plus haut que l’autre. Ses yeux, toutefois, rivés sur ceux de l’Asiatique, guettaient le moindre signe d’inattention ou de lassitude. « N’hésitez pas, s’il y a la moindre chose. »

Lulu hocha la tête, salua le shérif d’un sourire et s’adressa à Earl en montant dans la voiture, suivant les Epping.

« Si vous pouviez attendre son accord avant de démarrer, j’apprécierais. »

Elle s’installa, relativement confortablement sur la banquette vide en face de la femme et de son fils, le dos à la route, ce qui ne la dérangeait pas.

« Vous êtes nerveuse, madame ? » demanda le jeune homme, d’une voix lente et grave.

« Non. »
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le Jeu 23 Aoû 2018 - 15:41
La main de sa cliente était délicate. Son ton professoral la distinguait toutefois, tant de la sècheresse de la haute noblesse que de la grâce sirupeuse des dames de cour. Intérieurement, Naran était perplexe : Deviner son occupation s’avérait de plus en plus complexe.

Mais, visiblement, l’heure n’était pas aux questions.
En bonne mercenaire, Naran hocha la tête, acceptant silencieusement les instructions de sa commanditaire avant d’aller chercher sa monture.


Pressée par le temps, et n’ayant pas le temps de faire du charme au garçon d’écurie, la Mongole se contenta d’un bai pas trop cher et couvert de taches blanches. L’animal avait beau ne pas être de la première jeunesse, il semblait sain et encore énergique.

Une fois monté, son choix lui parut un peu moins judicieux. D’une part, les races locales étaient bien plus grandes que les chevaux de ses plaines natales, ce qui demandait une certaine adaptation. Mais surtout, là où elle avait pensé son destrier vif, il se révélait de plus en plus nerveux. Après avoir installé un perchoir pour son oiseau sur la croupe blanchie de sa monture, elle dû jouer des genoux pour contrôler les coups de culs terrifiés de l’animal, avant que celui-ci ne daigne accepter un rapace sur son dos.

Fusillant du regard l’écuyer rieur, Naran finit par reprendre le contrôle de sa monture, et, les reines serrées, le mena auprès de la diligence. Son aigle, lui, enfonça ses serres sur son support de cuir pour glatir ce qui ressemblait fort à un juron.


De retour à la place du village, Naran put surveiller les derniers préparatifs du haut de sa selle. Sa commanditaire était à peine visible à l’intérieur de la diligence, perdue dans un fourmillement hyperactif alors que chaque commerçant local semblait insister pour accrocher un paquet de plus à la diligence déjà surchargée.

L’un des cochers fini par faire claquer son fouet, signifiant à tous que l’heure du départ était arrivée. Les quatre chevaux de l’équipages, fringants et frustrés par la longue attente, ne se firent pas prier pour dévaler la longue rue de la ville.


Naran aiguilla sa monture pour ne pas se perdre dans le nuage de sable soulevé par la caravane. S’écartant d’abord, elle suivit le sillage cahoteux de l’expédition, curieuse de voir l’équilibre précaire des bagages ficelés. La diligence avait beau tanguer comme un bateau, elle refusait de perdre son chargement. Un instant fasciné par le prodige physique, Naran finit par presser sa monture jusqu’à la tête de l’équipée.

Elle y fut accueillie par un silence renfrogné.

Les deux conducteurs lui jetaient des regards réprobateurs. Ses pantalons n’étaient pas bien vu dans ce monde, pis encore de son carquois plein de flèches. Mais ces à priori n’étaient rien face au dédain des locaux pour tout facies asiatique.
Gardant sans peine le rythme de la diligence, Naran leur fit un sourire provocateur.



Du coin de l’œil, elle pouvait entrapercevoir le regard étrangement perçant de sa cliente, encadrés par les cadres de bois rougis de la diligence. « Lulu », quel que soit son vrai nom, ne lui avait pas précisé grand-chose quant à la conduite à tenir face aux locaux…

Enorgueilli par l’attention, si brève soit elle, de sa commanditaire, Naran siffla son rapace à son bras, avant de le lancer dans les airs. L’oiseau pris lourdement son envol, vrillant vers le lambeau de chair qu’elle lui avait lancé.

Paniquée par ce gros oiseau qui virevoltait au-dessus de lui, le cheval de la Mercenaire fit une embardée sur le côté. Souriante, Naran garda aisément son assise, heureuse de retrouver le plaisir d’une bonne chevauchée.


« T’s’rais pas croisée de peau rouge, à voler avec les piafs ? »
C’était le plus jeune des deux cocher, qui, penchant finalement plus pour la curiosité que la méfiance, avait brisé le silence.

Naran ricana. « Mon clan en ferait de la charpie, de vos peaux-rouges. » Des genoux, elle rapprocha son cheval encore tremblant du siège des cochers. Languide sur sa selle, Naran repris.
« Je viens de la Terre des Dragons. On y a mieux à faire que de chasser l’emplumé… »

Un éclair de colère passa dans les yeux gris de son interlocuteur.
« Attend d’voir ce que 30 Apaches assoiffés de sang peuvent faire de convoi plus gros qu’le nôtre, et tu c’mprendra l’danger ! »
Le blondinet avait mordu à l’hameçon… Une expérience personnelle, peut-être, pour qu’il prenne si facilement.

Pour Naran, c’était tout aussi bien. Les gens de Hill Valley n’aimaient pas les étrangers, et vu qu’elle n’avait ni or ni alcool pour les amadouer, la colère servirait à briser la glace.


« C’est donc ça qui nous attend pour cette traversée ? »
Le jeune homme avait pâli. Un exploit, vu son teint basané par le soleil désertique. Ses yeux fuyaient vers la diligence, tandis que son compagnon de voyage le fusillait du regard.
« Non, non… »

Le jeune cocher baissa le ton.
« Il y’a juste – »
« Un troupeau de buffle. Et pour l’instant, rien n’indique qu’on croisera plus que ça, donc pas la peine d’affoler la clientèle, pigé ? »


César les avait interrompu, le regard toujours aussi noir. Sa voix, grave et fêlée par la chique, était assez reconnaissable : Naran l’avait surprise au détour du chantier de chemin fer, lors de son dernier passage dans ce monde.

Finalement, son visage reflétait assez bien son ton. Fatigué, érodé par la vie en plein air, et pas si dissimilaire des bergers mongols parcheminé par le soleil.  

La Mongole sourit doucement. Elle avait eu des oncles tout aussi butés que celui-ci… Mais, cette fois, elle allait devoir creuser plus que ça.
« Et ces… buffles, vous craigniez qu’ils viennent nous bloquer la route ? »
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le Jeu 13 Sep 2018 - 1:06
Une fois lassée de regarder le faucon de la mercenaire voler, Lulu détourna les yeux pour fixer Mme Epping légèrement endormie. Chacune des nombreuses secousses qu’affrontait le convoi lui faisait ouvrir les yeux une petite seconde, avant qu’elle ne se rendorme. La jeune femme aurait pu croire qu’à force de tumultes, sa co-passagère s’habituerait et s’endormirait pour de bon, quand bien même la voiture perdrait une roue, ou encore que son fils assis à ses côtés était suffisamment large d’épaule pour caler le corps frêle de sa mère au coin de son siège. Au lieu de ça, Mme Epping se réveillait toujours un peu. Lulu ne comptait pas dormir mais savait qu’un long chemin les attendait. Loin d’elle les compétences d’une cartographe ou d’une environnementaliste, mais elle faisait cette traversée en calèche, et non à bord de Menrva, aussi pour prendre le temps d’observer les détails qu’une vue objective vue du ciel n’offrait pas. La chaleur en était un, l’inconfort… sans doute le plus important. En effet, si elle n’avait pas de voisin à sa droite sur sa banquette, la famille à ses côtés ainsi que plusieurs individus de la ville avaient tenu à négocier le transport de certains objets. Si au début seul le toit était surchargé, il avait fallu faire des choix : tout abandonner ou encombrer davantage. Lulu se retrouvait donc avec peu d’espace alors qu’à sa droite s’entassaient une dizaine d’objets bien ficelés ensemble. Il y avait en particulier une caisse en bois, plus large que haute, qui lors des secousses régulières, venait la heurter de ses sommets.

« Z’avez l’air préoccupé, si j’puis m’permettre, madame. » s’exprima une nouvelle fois Jonathan de sa voix si lente et caverneuse. Elle le regarda. Il avait l’air solide mais idiot. Toutefois, le fait que malgré l’absence de conversation, il continuait à s’inquiéter pour elle, laissait croire à la jeune femme qu’elle ne perdrait pas tout à fait son temps à lui parler.

« C’est assez désagréable. » Elle tourna légèrement la tête vers la caisse décrite plus tôt avant de regarder à nouveau Jonathan. « Ces bagages me… »

Elle avait espéré qu’il l’aide, et c’est ce qu’il fit sans attendre, mais dans sa hâte, Jonathan lui arracha un sursaut car il leva son pied et le cala avec violence entre sa robe et la caisse qui la dérangeait. Lulu fixa le pied, à présent pressé entre les bagages et elle, avant de lever les yeux vers Jonathan, sombrement.

« Merci. »

En effet, la caisse ne l’embêtait plus. Tout juste sentait-elle une vibration à travers le pied botté du jeune homme. Elle lui sourit une petite seconde avant de refermer son visage et de regarder à travers sa fenêtre le paysage défilant. Si sa robe n’était pas abimée, c’était tout ce qui comptait. La botte était poussiéreuse, peut-être un peu sale, mais pas malodorante. C’était rude mais gentil. À bien y réfléchir, elle trouvait le comportement de Jonathan assez plaisant.

« Y a pas d’quoi, si j’peux vous être utile. »

« C’est gentil. »

Quelques minutes passèrent sans que l’un ou l’autre ne parle vraiment. Elle décida d’engager une nouvelle conversation pour grapiller quelques informations supplémentaires. Tout en regardant par-dehors, elle demanda d’une voix neutre :

« Vous aviez déjà vu ça ? Un faucon dressé aussi bien ? »

« Hum ? » Jonathan se pencha exagérément vers elle, maintenant son pied droit en place, pour voir lui aussi l’oiseau. « Oui m’dame, sur des photographies d’indiens. »

« Vous… » Elle se retint de lui demander s’il s’agissait bien de photos telles qu’elle et le monde moderne les imaginaient. À vrai dire, elle n’aurait pas pensé que Hill Valley aurait la technologie nécessaire. « Les Indiens se laissent photographier ? »

« Certains oui, m’dame. Z’avez déjà entendu parler des Navajos ? L’armée les a réprimés et a accepté qu’ils vivent dans une réserve tant qu’ils nous font rien. On peut y aller et ils ont pas l’droit d’tenter quoi que ce soit pour notre vie. »

« Et ils élèvent des faucons. »

« Ils ont beaucoup de trucs avec les animaux, les Apaches. »

Elle regarda une nouvelle fois le cheval de la mercenaire, un peu nerveux à l’approche du rapace… avant de lever les yeux vers Menrva, volant haut dans le ciel, surveillant toujours le convoi. Lulu comprenait l’angoisse du cheval. Elle avait été, à son arrivée dans ce monde, blessée à l’épaule par sa chouette se posant sur sa peau nue. Les griffures se voyaient encore, attiraient l’attention plus parfois que sa robe et son décolleté.

« Vous connaissez bien les Indiens ? » demanda-t-elle d’une voix faible, regardant distraitement la poussière soulevée par les sabots des chevaux.

« Mon père est mort à la guerre contre eux. »

« Le Shérif Gabe m’a dit que les Comanches étaient réputés pour être particulièrement violents, cruels. »

« ‘Sont fous. »

« Et les Cheyennes ? »

« Des saloperies aussi, pardonnez-moi pour mon vocabulaire. »

Elle hocha la tête sans regarder Jonathan Epping dans les yeux. Il ne lui serait pas utile s’il n’était pas objectif. Mais il avait perdu son père sans doute à cause d’Indiens, de son point de vue, elle ne pouvait et ne voulait pas lui imposer une comparaison plus raisonnée.

« Vous v’nez d’un autre monde,  si je ne me trompe ? » Lulu regarda Jonathan sans réagir. Il semblait étonné par sa propre perspicacité, levant un sourcil comme une médaille et souriant sans se retenir.

« Oui. »

« Vos maisons sont immenses. J’ai vu ça sur vos appareils. Et vous avez de la lumière partout. »

« Pas tous les mondes. Là d’où je viens, n’avons pas de locomotive à vapeur, de pistolet. » Si tenté de croire qu’elle pouvait considérer ça comme une marque d’évolution. « Nous avons d’autres choses. Tous les mondes sont très différents. »

« Ah ouais donc vous… vous avez jamais vu ça, par exemple ? » Le jeune homme sortit son revolver qu’il montra avec fierté. Elle ferma les yeux une petite seconde d’agacement et les rouvrit avant de dire :

« J’ai vécu dans un monde très éclairé et dont la technologie était très avancée. J’ai déjà vu une arme à feu. »

Il ne sembla pas remarquer qu’il l’avait frustrée. Elle décida de ne pas insister, attendant impatiemment qu’il range son arme.
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le Sam 15 Sep 2018 - 21:24
D’un geste plein d’enthousiasme, Earl arma son fusil.
« Ils ont qu’à v’nir, les bestiaux, j’les attend de pied ferme ! »

Naran lui sourit. Le jeune homme se donnait des airs de guerrier avec une innocence vengeresse tout à fait attendrissante.

César, lui, grommela, pas impressionné pour un sou.
« Prend les rênes plutôt qu’d’te vanter. »


Laissant son junior diriger l’équipage, il sortit un pochon de cuir de sa poche. Ses yeux quittèrent la route pour scruter la mercenaire, laissant ses mains usées par le cuir opérer seules.

« Les bisons d’ici, c’pas les grosses vaches dociles d’paysan. C’est d’vrais monstres, une tonne cinq de viande et de crin malodorant, buté et lourd comme des locomotives, et amassés des berges du Rio Grande aux toundras du grand Nord. »
Sa voix, toujours étriquée, avait acquis la profondeur d’un conteur.


« Voyez la route qu’on prend ? »
Naran réalisa que la diligence n’errait pas au hasard dans l’étendue désolée qui les entourait. Au contraire, ils suivaient une large balafre qui lacérait le paysage, difficile à distinguer mais épaisse de plusieurs centaines de mètre et aussi plate que le lit d’une rivière asséchée. Les hauts plateaux de la plaine amérindiennes se dessinaient aléatoirement à l’horizon, comme des gardiens silencieux de leur traversée.

« V’savez pourquoi elle est si large ? »
La question était rhétorique ; Naran, bon public, secoua la tête.

« Parc’que cinq cents d’ces bêtes là l’empruntent tous les automnes. Et c’est l’coup d’leur sabot qu’a forgé nos routes, d’même pour l’sillage d'not’ ch’min d’fer. »
Il y avait de la fierté dans le ton de l’homme. D’avoir dompté cette nature démesurée, peut-être ; ou simplement d’en être témoin.


Il fronça les sourcils, et repris avec un brin d’amertume.
« Normalement, l’foutus bovins nous font pas chier. Ils broutent c’qu’ils peuvent puis filent vers les réservés indiennes… »

Ses mains dessinèrent un trait de tabac sur une fine tranche de papier. Malgré les secousses de la diligence brinquebalante, Naran remarqua avec une certaine admiration qu’il n’en perdit pas une miette.
« Mais là, c’est la fin d’l’été. Les troupeaux mâles partent en chasse d’femelle, - il eut un regard noir vers son collègue, visiblement tout aussi empressé de plaire aux dames - et s’battent à tout bout d’champs…. Tout ça pendant que les jeune d’l’année précédente commencent à s’aventurer hors du troupeau. »


Après avoir soigneusement refermé sa cigarette, César reporta ses yeux gris acier sur Naran.
« J’vous préviens. »
Il fit une pause, en profitant pour glisser son œuvre entre ses lèvres.
« C’t’une saloperie quand ça s’énerve. Pire qu’les ours, ils t’foncent dessus dès qu’ils te voient. Un s’rait suffisant pour détruire la diligence… »

Allumant sa cigarette d’un coup de briquet, César continua.
« Pour mériter vot’ salaire, va falloir gérer l’bestiau. » Après une bouffée de fumée, il finit.
« Ça a beau s’énerver facilement, c’est pas bien difficile à effrayer. Quelques coups de feu aux bon endroits… »

Sa voix diminua en un grondement presque inaudible.
« Mais si vous tombez sur des indiens, vous avisez pas d’les attaquer seule… »
Après un coup d’œil à la diligence, il poursuivi, toujours aussi bas que possible:
« Ils traînent parfois près des troupeaux, pour préparer des chasses ou que sais-je... Et croyez moi c't'une tout autre paire de manche. Si vous les trouvez, rev'nez immédiatement. »


L’homme avait trouvé les mots pour intéresser Naran. Ne pouvant plus résister à l’appel de cette immensité sauvage, elle se proposa immédiatement.
« Dans ce cas, je vais partir en éclaireur, ça me paraît la meilleure utilisation de mes talents... »

Elle hésitait toutefois. Sa commanditaire l’avait embauché pour protection, l’abandonner ici seule, même si elle ne s’éloignait pas, était risqué.


Après un regard vers la diligence, la Mercenaire siffla son rapace. L’aigle descendit des cieux, agacé d’être coupé de son élément naturel.
L’oiseau sur le bras, Naran s’approcha ensuite de sa cliente.

Rapprochant sa monture de la fenêtre, elle toqua.
« J’aimerai vérifier que la voix est sûre. Vous permettez que je m’éloigne le temps de repérer les lieux ? »

Levant son aigle, Naran ajouta : « Il saura me prévenir si quelqu’un approche. »
Le rapace ouvrit son bec en une belle imitation de bâillement.
La Sorcière

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le Lun 24 Déc 2018 - 4:55
C’est la première fois qu’elle put observer d’aussi près l’oiseau, les serres cramponnées sur le gant de cuir de sa maîtresse. Elle le détailla avec intérêt, sans vraiment regarder la mercenaire, et avec une certaine appréhension tout de même. Même accompagnée depuis quelques jours par une chouette en métal, Lulu ne pouvait se dire habituée à la présence d’un tel animal. Et si elle n’était pas particulièrement fascinée par les animaux en temps normal, l’institutrice restait impressionnée par ce que pouvait faire l’homme : domestiquer le prédateur.  

Les yeux de la sorcière remontèrent jusqu’aux cheveux et finalement jusqu’au visage de la jeune mercenaire, attendant une réponse.


« Bien entendu. » Lulu n’aurait pas refusé, même dans une autre situation. Elle n’aimait pas qu’on lui expliquât comment enseigner, du temps où elle en vivait, et ne doutait pas que les cochers détestaient qu’on leur donnât des conseils pour faire avancer les bêtes. Suivant une certaine logique, les mercenaires ayant comme principale qualité d’être des aventuriers, les plus à même de fonctionner en extérieur, en territoire inconnu, elle ne pouvait questionner leurs méthodes sur des a priori.

Elle laissa Narantuyaa s’en aller et prit son bloc-notes et un crayon, se concentrant aussitôt sur ce qu’elle venait de constater, grâce à Jonathan Epping et Narantuyaa. Elle écrivit ses notes, dans discontinuer.

Ce monde, La conquête de l’ouest, avait de particulier ce clivage existant entre l’espace habité et l’espace sauvage. Elle n’avait pas voyagé autant qu’elle l’aurait voulu, mais lisait assez de journaux pour savoir que la plupart des mondes se divisaient en deux catégories, ceux totalement dénaturés par la présence humaine, transformés par les humains et contrôlés par les humains… et ceux que les humains tentaient de contrôler, tel que le Nouveau Monde. Celui-ci ne semblait bien sûr pas entièrement sauvage puisque l’on y parlait de locomotive à vapeur, donc d’un réseau ferroviaire. On y circulait relativement facilement, du moins jusqu’à ce moment précis, et les peuples civilisés avaient étendu leur territoire suffisamment pour qu’il y ait deux jours de calèche à supporter pour rejoindre un fort « non-loin » depuis le concessionnaire Shinra. Malgré cela, comment ne pas remarquer la route d’infortune, l’absence totale de forts, de tours ou même de relais aux alentours du sillage qu’ils empruntaient ? Il existait des forêts éloignées de n’importe quel village, au domaine enchanté, mais il suffisait de quelques heures de promenade pour trouver un abri, témoignage d’un passage humain.
Et de fait, qu’en était-il de la chasse ? Grâce au shérif et à Jonathan, elle avait appris que les Indiens avaient une véritable culture cynégétique. Avec de tels territoires vierges de toutes habitations humaines, il y avait de quoi se questionner concernant les cow boys, comme les nommait l’Éclaireur. D’autant plus avec une telle présence des armes à feu.

Soit. Ce qu’elle remarquait revenait à dire que malgré sa prédominance, le peuple qu’elle avait rencontré ne pouvaient vraiment dire diriger ce monde.


« Madame ? »

Elle releva les yeux de sa propre écriture et croisa ceux de Jonathan Epping. C’est tout ce qu’il eut comme réponse, du moins jusqu’à ce qu’il posât une nouvelle question.

« Est-ce que vous avez un homme, d’où vous venez ? »

« Non je suis seule. Je vivais chez mon père, il y a peu. » répondit-elle sans hésiter, ne se trouvant pas embarrassée par son célibat.

« Qu’est-ce qu’il fait votre père ? »

« Il est architecte. »

Jonathan Epping soupira et lâcha un rire sonore qui réveilla légèrement Mme Epping, toujours à ses côtés, ballottée par l’effort de la diligence. « Vous aimez les intellectuels, les marchands, ce genre de chose. »

« J’aime bien discuter avec les intellectuels, oui. » Elle daigna sourire et reprit la rédaction de ses interrogations, très vite interrompue à nouveau. « Un moment, il faut discuter. Mais il faut aussi savoir agir. » Pour la sorcière, difficile de ne pas taire ces lieux communs et tautologies que pouvaient affirmer les simples d’esprit, mais après tout, elle appréciait assez le jeune Epping pour rester stratège et ne pas se faire un ennemi d’un compagnon de voyage. « Un bon gars, un type qui sait s’occuper de ses terres et qui sait les défendre, vous en pensez quoi ? »

« Je pense que c’est… un bon gars. » dit-elle en reprenant son expression, sans vraiment communiquer autre chose d’une expression ou d’une autre. « Mais oui, je préfère un homme fort. »

« Ah. Moi vous savez, j’vous parle de ça, c’est surtout pour faire la conversation, vous… »

« Vous avez raison de demander. » le coupa-t-elle. Elle n’avait pas l’habitude d’être aussi patiente. C’était un exercice curieux à son goût que d’être conciliante. Une partie de la jeune femme se demanda si cela pouvait être du au fait qu’à présent, elle était seule et ne bénéficiait plus d’aucun privilège. Bien sûr, elle avait connu la prison. Mais derrière des barreaux, l’insolence était l’une des dernières armes qui lui restaient. « Vous avez quelqu’un, vous ? »

« Non. Ma mère n’est pas bien vieille mais elle est pénible. Me faudrait quelqu’un qui peut la supporter et qu’elle peut supporter. »

« Et vous, vous êtes supportable ? »

« Oui m’dame. » Il lui fit un sourire heureux tout en ajustant son col, comme par jeu.

« Ca ira, alors. » affirma-t-elle sans y croire. Elle ne connaissait rien en histoire d’amour, et en belle, encore moins. Si, bien sûr, il y en avait une qu’elle aimait, celle de son royaume. Lulu ressentit, ce souvenir dans la tête, un peu de tristesse pour la première fois, d’avoir quitté ce pays, sans doute pour toujours. La sorcière se sentait encore profondément liée au Sanctum, et convaincue, encore à cette heure, qu’elle servait ce groupe ou du moins ses intérêts, d’une manière ou d’une autre. Mais son roi, sa reine et sa princesse étaient bien loin et la considéreraient sans doute bientôt comme une traîtresse. Et pour elle, il était douloureux de s’imaginer détestée par des êtres qu’elle avait toujours vus comme une partie d’elle-même.

Le présent revint la rattraper lorsque Jonathan prononça une phrase qu’elle ne comprit pas. De fait, la sorcière n’avait pas le tempérament pour une histoire d’amour. Tout en elle devenait politique, secret et machination. Et quand ses pensées s’égaraient aux détours d’une histoire d’amour, ils revenaient errer autour de ses vieux démons.


« C’est un beau pays. » finit-elle par dire, sans raison, en regardant légèrement par la fenêtre de la diligence. Ses yeux s’illuminèrent légèrement, elle hésita mais céda à son envie et demanda finalement. « J’ai cru comprendre que les gens d’ici étaient chrétiens, c’est cela ? » [/color]
Barbare au rhum

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le Dim 13 Jan 2019 - 15:51
Foulée après foulée, Naran traçait son chemin en un galop à en perdre la raison.
L’immensité de la plaine désertique rendait leur course sans fin : Cheval comme cavalier étaient pris d’un vertige euphorique, sourd à tout bruit sinon ceux des sabots sur le sable, du cliquetis du mors, du claquement du cuir asséché.

Derrière eux, la diligence disparaissait déjà derrière un nuage de poussière. A sa place, l’horizon de terre rouge et de soleil éclatant, à peine distingué à travers les bourrasques desséchées.


Leur course les avait menés sur ce qui passait pour des hauteurs. Depuis, ils chevauchaient sur le terrain inégal, dominant de là la large piste qui transperçait la plaine.

Même hors du sentier, rien ne gênait leurs foulées : Les arbustes et touffes d’herbes sèches, déjà rares, s’étaient effacé. Ne restaient que quelques larges plantes écailleuses, érigées en troncs privé de branches et de feuille, ou enflées en balles recouvertes de piques blanches.

Toutes exotique qu’elle puisse être, la botanique locale ne les intéressaient pas : Naran et sa monture préféraient plutôt prendre pour repère les rochers gigantesques qui tailladaient le ciel. On eut dit les jouets d’un géant, précairement posé sur la plaine…. Pourtant, ils finissaient par s’accumuler à l’horizon, laissant que d’étroits canyons entre la roche.

Ce paysage titanesque semblait presque immobile. Malgré la vitesse, malgré la brise, malgré le halètement de son cheval et l’odeur de cuir et de sueur mêlée, c’était à peine si Naran approchait l’ombre de ces étranges sentinelles.


Toujours lancée à pleine vitesse, la Mercenaire glissa une main sur ses étriers. Crier sa joie était délicat, avec ces histoires d’indiens… Mais elle ne pouvait laisser passer une telle occasion sans quelques cabrioles.

Et puis, il était plus que temps de mettre la fameuse selle western au test d’une véritable chevauchée. Certes, son cuir rembourré était plus confortable que les planches de bois utilisées par les Huns. Mais, permettait-il autant de mobilité ?

En quelques gestes précis, la Mercenaire vérifia les boucles qu’elle avait arrangée à son départ. Puis, presque malicieusement, elle flatta l’encolure de sa monture.
Il allait avoir droit à un petit entrainement, spécial tradition Hun…


Quelques secondes plus tard, Naran était perchée sur le flanc gauche de son cheval, incapable de retenir son fou rire. Plaqué contre sa monture toujours galopante, elle soutenait son corps sur l’un de ses étriers, tout spécialement descendu pour pendre plus bas que d’ordinaire.

Le pauvre bai qui la portait s’ébroua, mais pas autant qu’elle ne l’aurait imaginé. La Mongole aurait dû le deviner : Les cow-boys d’ici aussi passaient leur journée à cheval, il était bien normal qu’ils développent quelques techniques. D’autant que celle-ci était particulièrement utile pour s’abriter des tirs, que ce soit ceux des armes à feu chinoises ou des pistolets américains.

Naran quitta son étrier, ne se retenant que par sa poigne sur son pommeau. Ses deux jambes étaient libres. Pourtant, sa monture ne semblait pas plus surprise. Radieuse, la Mercenaire imita les larges foulés de sa monture, et entamant quelques pas en l’air.

Sa monture renâcla, visiblement déséquilibrée par sa posture, mais ne faibli pas.


Ça faisait bien trop longtemps que Naran n’avait pas dansé.

Et, prenant pour partenaire un hombre à peine valable et plus nerveux qu’un lapin sauvage, elle se mit à virevolter.

Ses mains frôlaient la robe, s’enfonçait dans cette crinière désordonnée, embrassant d’abord l’encolure, puis glissant d’un côté à l’autre de la bête.
Dès que ses pieds pouvaient toucher terre, ils prenaient appui sur le sol et vrillait en l’air pour se remettre en selle, avant de pirouetter sous le ventre même de sa monture. Ses jambes, elles, volaient au-dessus de la croupe, nouant et dénouant ses accroches.

Les mouvements lui revenaient plus facilement même que dans ses souvenirs, comme si tout ce temps passé loin des chevaux rejaillissait dans ses membres tendus.

Tantôt accroupie, tantôt debout ou allongée ; Debout sur ses étriers, ou perchée pour sauter ; Aplatie à l’abris, ou au contraire prête à tirer… Naran se sentait plus fluide que jamais. Plus libre, aussi.

Pourtant, le manque d’exercice commençait à se faire sentir. Peu à peu, la Mercenaire ralentit son tourbillon d’acrobatie.

De nouveau en selle et face à l’horizon, elle permit à son cheval haletant une dernière accélération.
Puis, presque à regret, elle desserra les jambes.



Le retour à la réalité fut progressif.

Naran jeta d’abord un coup d’œil sur la colonne de poussière qui marquait la diligence, déjà à une certaine distance.

Puis son regard parcouru l’étendue jaunissante qui les attendait.
Le fameux troupeau se dessinaient déjà, larges tâches noires massées près du cours d’eau asséché qui avait creusé la vallée. Paisibles, du moins pour les quelques formes qu’elle pouvait distinguer.

Mesurant son allure, elle se rapprocha.



Au sol, des pistes indistinctes convergeaient autour du troupeau.
Beaucoup de pistes.

Des traces larges et fendus, traînant une boue écailleuse hors du lit de la rivière. Des sillons d’insectes qui nettoyait bouses et crottin avec assiduité. Les craquelures de la terre asséchées, d’où surgissait de rares brins d’herbes.
Et, perdu au milieu de ce fourmillement, l’ovale familier des pas d’un cheval.

Pas de fer pour alourdir son sabot. Pas de charge pour creuser un sillage.
Naran immobilisa sa monture.
La trace était profonde, mais incomplète.


La Mercenaire leva la tête.
Peu probable qu’un cheval isolé ait choisi de traverser la plaine…

Ses yeux se reportèrent sur les bisons.
Elle s’était placée de façon que le vent ne porte pas son odeur, mais même cela ne lui permettrait pas de les approcher de près. Peu importait : A quelques centaines de pieds, elle distinguait déjà l’essentiel de leur morphologie.


Le vieux cocher n’avait pas menti. Les bêtes étaient immenses, et leur stature déjà exagérée était encore enflée de laine crasseuse. Ils se balançait sur la piste, creusant un peu plus le sol usé dans leur lente migration. Leur allure avait toute la placidité d’une vache domestique… Pourtant, tant leur poids que leur nombre rendaient leur marche implacable.  

Quelques jeunes jouaient en bordure du troupeau. Des jeux dangereux, des jeux de presque adultes : Ils se défiaient, s’entrechoquaient en un début de rivalité. Mais ce n’était pas leurs incartades qui inquiétaient le troupeau.

Perchée sur sa selle, Naran pouvait observer leur formation compactes, leur trajet précautionneux, le vacillement des oreilles des plus âgés.


Peut-être était-ce simplement la saison des amours qui les rendaient nerveux.
La Mercenaire détourna sa monture, contournant lentement la masse herbivore.
Peut-être.

Au sol, la piste d’un cheval reprenait. De plus en plus, Naran y voyais un autre cavalier : Dans sa volte rapide autour du troupeau ; dans son galop mesuré, loin de la folie haletante des étalons sauvage ; dans sa position qui, comme la sienne, ne laissait pas le vent porter son odeur.
Plus qu’un cavalier. Un chasseur.


La Mercenaire fit volteface.
La diligence, toujours indistingable de son sillage de poussière, progressait toujours. Son aigle planait paresseusement au-dessus.
Tout autour, le paysage désolé laissait peu d’opportunité pour une embuscade. Et pourtant…


Ses poings se serrèrent sur ses rênes.
Il y avait bien quelque chose qui convoitait ce troupeau. Cheyenne, ou pas, c’était encore trop tôt pour le dire. Et, même si Naran mourrait d’envie de se mesurer à ces fameux indiens, la véritable question était : Etaient-ils dangereux pour son convoi ?

Elle huma la brise chargée de fumée.
Un duel, ici, au milieu d’une centaine de bête de plusieurs tonnes. L’idée était plaisante.
Mais sa mission était de protéger un convoi, pas de commencer une guerre.

A regret, Naran repris le chemin de la diligence.
Autant rendre son rapport, avant que tout ça ne tourne au vinaigre…



La Mercenaire approcha la diligence de face, laissant ses mains libres et loin de ses armes.

Earl l’avait déjà mis en joue, même si à sa posture c’était plus par précaution que conviction. Une fois son visage en vue, le canon s’abaissa – découvrant deux visages à nouveau renfrognés.

Quelques mots brefs, et les deux cochers grimacèrent. Leurs fusils étaient déjà armés, à portée de main, et pourtant l’air semblait se charger de poudre.

« Qu’ils soient en chasse ou pas, je doute qu’ils nous laissent approcher le troupeau comme ça. »

Reprenant sa place au côté de la diligence, Naran scruta la route.
« Pas d’autre itinéraire ? »

Earl secoua la tête.
« Ça nous rajouterai des semaines de voyage. Non, va falloir passer… D’une façon ou d’une autre. »

« Leur tactique habituelle, c'est quoi ? »
La question de Naran était simple. Pourtant, les deux hommes échangèrent un regard.

Ils baissèrent d’un ton.
« Embuscade. Soit de nuit, soit d’entre les canyons… »

« Je vois pas grand choses qui pourrait les abriter, ici dans la plaine. »

César grogna, méfiant, et repris.
« Ils attaquent en horde. Désorganisé, comme toujours avec ces sauvages. D’abord, ils encerclent les convois, juste assez loin pour qu’on n’puisse pas les tirer. »

« Z"ont beau se battre comme des bêtes, ils battent en retraite si on en tue assez - »
« Pour peu qu't'arrive à les toucher! »

« Et après ? »

César ricana.
« N’t’attend pas à d’la pitié de la part d’ces vermines. »
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le Dim 17 Fév 2019 - 19:21
« Y a beaucoup de p » Jonathan fut coupé par le bruit sourd d’un des deux cochers frappant deux fois le convoi de la crosse de son arme, faisant sursauter les deux jeunes gens et réveillant la mère Epping. Elle prononça à peine quelques mots « Qu’est-ce que… » Lulu regarda Epping, les sourcils froncés, alors que celui-ci sortit sa tête et ses épaules de la fenêtre de la diligence pour se tenir au courant. La sorcière n’entendit rien de ce qui se dit alors, se contenta de regarder Epping et de s’autoriser à lui sourire. Jonathan revint quelques secondes plus tard, déjà une main sur la crosse de son arme qu’il avait abandonnée à cette espèce d’étrange sangle que portaient les hommes d’ici comme un genre de ceinture. « Les Indiens ! Ils vont nous attaquer ! »

« Nous arrivons près du troupeau ? » demanda-t-elle calmement, tout en se risquant à jeter un œil d’un point de vue plus avancé, se penchant légèrement vers la fenêtre. L’absence de réponse du jeune Epping l’incita seulement à se faire confiance. « Mon dieu. » prononça à la droite de Jonathan la voix fragile de sa mère. Elle joignit ses mains, ferma les yeux et commença à prier à la manière de certains habitants du Jardin Radieux ou du quartier fauve au domaine enchanté, prononçant des paroles qui ressemblaient à d’autres. Jonathan sortait déjà sa tête et son thorax du convoi, l’arme brandie, quand elle posa une main sur son dos. « Rasseyez-vous. » Il ne l’écouta pas de suite. Elle se répéta avant qu’il s’exécutât enfin. « Vous ferez ça quand nous les verrons. » Car si les Indiens tiraient bien, il ne faudrait pas longtemps avant que Jonathan se retrouve basculant par-dessus bord suite à une flèche trop bien plantée dans son abdomen. À l’intérieur du convoi au moins étaient-ils un peu protégés le temps que les Cheyennes profitent de leur initiative. Jonathan la regarda fixement, les sourcils froncés, peut-être fâché. Elle s’en moquait, scrutant l’horizon, hésitant à appeler Menrva. Non. Lulu ne voulait pas risquer des vies pour quelques tocades… Toutefois, elle n’était pas venue ici pour perturber totalement le cours des choses en utilisant des armes aussi puissantes que la chouette. Et elle voulait apprendre. Tout en elle espérait la venue des Indiens.

Le convoi continua d’avancer, sans rencontrer d’Indiens, pendant encore de longues dizaines de secondes, faisant douter Lulu sur ce que les cochers avaient entendu et installant en la sorcière un sentiment qu’elle n’avait alors connu qu’une seule fois dans sa vie : l’inquiétude du combat à venir. Elle ne s’était battue qu’à deux reprises dans sa vie et avait à chaque fois détesté ça. Bien sûr, la jeune femme connaissait la nécessité de se défendre, surtout dans de tels cas.

Enfin, Lulu observa le début d’un troupeau de bisons dans cette prairie au creux d’une vallée. Ils étaient statiques, mangeaient paisiblement, ignorant l’arrivée de leur convoi. Celui-ci ralentit légèrement l’allure pour s’engouffrer dans ce chemin sinueux entre tous les bovins. Mme Epping sursauta brusquement, les deux passagers la regardèrent vivement.
« Vous entendez ? » prononça-t-elle à mi-voix. La sorcière tendit l’oreille, essaya d’ignorer le bruit des bêtes, celui de la carriole, des chevaux. Le son que Mme Epping vint à ses oreilles, gagna en puissance, sembla s’avancer, pour devenir en quelques secondes, un cri aigu provenant de toutes les directions. « Ils sont là ! » cria Jonathan. Lulu ne vit rien, les cochers bien puisque le convoi accéléra en quelques secondes pour atteindre une vitesse qu’ils n’avaient jamais approchée du voyage. Les chevaux galopèrent en tirant derrière eux la diligence. Prudente, la sorcière resta, tête collée au dossier de son siège, évitant d’aventurer un regard tant qu’elle n’y comprenait pas davantage à la situation. Elle entendit, sans comprendre tout de suite, des bruits secs derrière elle sur le convoi, celui des flèches qui se plantent dans le bois. Le convoi continuait d’avancer quand deux coups de feu retentirent. De sa position, tout ce qu’elle pouvait voir était les bestiaux qui commençaient à s’agiter, à avancer.

Jonathan sortit son bras de la fenêtre, attendit quelques secondes et tira.
« Ils vont trop vite ! » Il tira encore quelques fois avant de revenir dans la diligence. Lulu ne devait pas lui faire confiance, c’était un fermier avec une arme, après tout. La jeune femme se risqua à un coup d’œil par la fenêtre. Elle ne pouvait les compter. En fait, de sa position, elle n’en voyait qu’un, par-dessus le dos des bisons, sur son cheval, tenant un arc et bandant sa corde. Lulu se recula. La flèche vola et se planta dans l’encadrement de la fenêtre, la pointe traversant celle-ci. La sorcière se pencha une nouvelle fois pour voir l’ennemi qui recommençait à galoper. Elle ne voulait pas avoir l’usage d’une magie trop visible devant les locaux qui n’étaient pas habitués… et ne voulait pas être chassée pour sorcellerie, précisément. Aussi, alors que Jonathan rechargeait de ses deux mains tremblantes son pistolet, elle fit un bref geste du bras, lançant un sort presque invisible de sa main. Elle observa l’indien, durant son galop, brusquement faire changer de direction à son cheval, comme mu par une nouvelle décision. Le cheval ne s’y attendit pas, le corps du Cheyenne pas plus, et il tomba de sa selle alors que la monture continuait sa route, paniqué.

Lulu regarda du côté de Mme Epping, demandant aux deux :
« Combien en avez-vous vus ? » Elle n’eut pas de réponse de la mère mais le jeune homme lui répondit : « Plus d’une vingtaine, je dirais ! »

Elle acquiesça. Pas vraiment paniquée, seulement soucieuse de trouver un moyen de défendre le convoi sans révéler sa magie aux locaux et du fait de ne pas tuer. Après ce qu’elle avait vécu, elle voulait laisser cet acte aux autres.
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