Le Boucher de Grimm

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le Mar 17 Avr 2018 - 14:41

La douleur. Cette douleur. Harcelant le Démon alors qu’il peinait à contrôler son vaisseau de sa main gauche. Au travers de son cockpit, il tentait vainement à se concerter sur un point précis. Un acouphène l’harcelait depuis qu’il avait quitté le Palais des Rêves. Ou plutôt, ce qui en restait. Un caillou stérile. Un peuple en moins sous sa faux et sous son autorité. Il n’y avait plus rien à y gagner, un échec cuisant après tant d’années de labeur.

Ils payeront. Par les Enfers l’ayant vu naître, Namtar jurait prendre plaisir à arracher la tête des cloportes l’ayant défié. Qu’il s’agisse des guerriers de la Lumière ou de raclure du Centurio.

Un réflexe idiot. Il cherchait à passer sa main sur son visage. Il chutait en avant, bousculant les commandes de son vaisseau, déviant de sa route alors qu’il râlait devant sa stupidité. Pourtant, il le sentait encore, il était là. La douleur dans sa paume, la désagréable sensation du moindre de ses os brisés. La Bête pouvait jurer sentir contracter ses muscles, fermer son poing et ordonner à son bras de frapper le tableau de bord. Pourtant. Rien. Il n’y avait que cette sensation de vide.

Encore cette douleur, brute, sauvage. Terrifiante.

Il sentait le sang ruisseler sur on visage depuis un oeil mort. Le fracas du choc. Il amenait sa main gauche contre son visage, revêtant les traits de Death, faiblesse de la chair. Cette maudite viande. Plutôt la voir froide que de vivre cela. Les brûlures sur la moitié de son visage en disaient long. Ses doigts caressaient une peau irrégulière, carbonisé, morte. Namtar était incapable dire d’où venait ce mélange de sensations. Il n’était certain que d’une chose, il aurait préféré la mort que de vivre avec les marques de cette défaite.

L’unique bras qui lui restait quittait son visage, cherchant à atteindre le vide qu’il ressentait. Encore de la viande en lambeaux, ruisselante sur le sol de son vaisseau. Il voulait s’effondrer dans la honte.

Pourtant, il tenait, guidant son vaisseau dans l’immensité de l’espace. Un oeil mort, une poigne inexistante. L’envie d’enlever le dernier souffle de l’un des intrus du bal était grande en lui. Cette sensation, au milieu de toutes celles qu’il ressentait, le piquait comme un tison. Le regard rendu fou, il se retournait pour fixer les deux corps inanimés dans la soute de son vaisseau. Lenore. Il dressait sa main dans l’espoir de faire apparaître son arme. Toujours cette même douleur déformait ses traits dans la rage de l’impuissante. Il voulait enlacer son cou et serrer jusqu’à ce qu’elle quitte son royaume à jamais.

Dans un râle, il se redressait et titubait quelques pas pour se retrouver au-dessus d’elle. L’unique oeil valide fixant son visage. Il sentait son poing se serrer, pourtant il n’y avait rien.

Il levait sa main gauche pour faire apparaître l’épée d’Auron. Le sang des mercenaires. Il s’en faisait une joie de le découvrir à nouveau. La pointe frappait le sol, crissant sur le fer alors que le Démon dressait l’arme. Elle était faible, fragile, inutile. Malédiction de la chair. Il pouvait décider que tout se termine pour elle. Sauf qu’une part de son coeur désirait plus. Une fin trop simple pour pareille crasse. Elle devait souffrir, endurer ce qu’il endurait, enivrer par l’affliction qu’il lui ferait subir.

Nous allons apprendre à nous connaître… Tu peux en être certaine…
Raclant le sol de la pointe, il passait à l’autre corps étendu dans son vaisseau. Il plissait son unique oeil valide, poussant le visage de l’inconnue du bout de sa botte pour voir son visage.

Une parfaite inconnue sans la moindre valeur. Un pantin, un os à ronger tout au plus.

Il tournait la tête. Elle ferait un parfait repas, une âme à faucher dans l’espoir d’assouvir son appétit. Les traits grossiers, un air à mille lieux des crasses vivant dans le défunt monde. Elle allait parler, il se le jurait, Namtar serait présent à chaque instant pour se délecter de ses râles et de ses cris. Depuis trop longtemps, il avait été bon avec ses ennemis. Tout allait changer, tout allait retomber. Il n’allait plus être cette figure à l’apparence chevaleresque, il allait remettre le masque de mort et répandre celle-ci.

L’épée disparaissait dans un éclat sombre, libérant la seule emprise que le démon pouvait toujours avoir. Un air dédaigneux assombrissait le visage de la Bête, il levait ensuite sa botte avant de l’écraser sur le visage de l’inconnu, un craquement sinistre parvint à lui arracher un sourire. Il retournait s’asseoir lourdement, tentant d’oublier la poigne de son bras inexistant.

— — —

Les moteurs soufflaient dans les jardins du Manoir abandonné alors que la passerelle touchait le sol. Lentement, Namtar descendait de la rampe, invoquant de nouveau rondouillard pour transporter les deux corps inanimés. Du repos. Faire taire cette douleur. Oublier la rage et la haine.

Boss…?
Le visage en sang, un bras décharné. La Bête s’avançait d’un pas lent vers le Garde Noir qui s’annonçait à lui. Tenir droit, garder cette grandeur qui était sienne.

Préviens Jessica à l’infirmerie ainsi que Salazar, il va y avoir du travail pour chacun d’entre-eux.
Que s’est-il passé… Le Bal… Vôtre…
Obéis…

Il se sentait vaciller. Une fois de plus. Il passait outre le garde, rejoignant les portes du manoir. Pour la deuxième fois, il franchissait les portes de son propre domaine en tant que vaincu. Cela n’arriverait plus jamais. Le sang l’accompagnerait, il tiendrait cette promesse. Il allait tous les tuer, sans exception.

— — —

Entre deux consciences, le Démon se redressait et distinguait le visage de l’infirmière à son chevet. La douleur ne se taisait pas. Il serrait toujours son poing à s’en faire saigner. Le bruit, la rage, rien ne voulait s’atténuer. Le corps recouvert de bandage. Les paupières lourdes. Une piètre pièce viande.

Le maître des potions vous ordonne de prendre ce flacon, la douleur disparaîtra. Selon ses dires.
Pour une fois qu’il se rend utile…

Le Démon maugréait, basculant sa tête et cherchant à tendre le bras. Il avait oublié. Il rageait. Tournant son torse afin d’attraper le flacon de sa main et faire sauter le bouchon à l’aide de son pouce. Poison ou potion, il n’en avait cure.

Vous allez mieux ?
Non.
Je peux retourner le voir…

Le Démon levait un bras, ordonnant à Jessica de se taire. Il ordonnait ensuite à l’infirmière de partir chercher Vesper au Château de la Bête, elle devait avoir l’habitude de ne rien être d’autre qu’une messagère. Aux yeux de l’Intendante, elle ne devait pas valoir plus. Un jouet, une distraction.

Tournant son seul oeil valide, Namtar distinguait le corps de Lenore dans un lit à l’autre bout de l’infirmerie. L’envie de se dresser et de l’abattre lui semblait pareille à un doux songe.

Abi’ s’en sortira. Elle a déjà vécu pire.
Dans un râle, le dirigeant de la Coalition Noire regardait le nouvel arrivant. Il ignorait de qui il pouvait s’agir. Les traits fins, lèvres pulpeuses et une taille de guêpe. Son esprit semblait groggy, sa tête bien plus lourde alors qu’il peinait à articuler.

Qui êtes-vous…?
Luna, une amie. Vous pouvez me faire confiance.
J’en doute…

Il réprimait cette fatigue qui l’assaillait. La douleur s’estompait. Son poing cessait de se raidir.

Vous donnerez mes ordres… Vesper s’occupera de la Coalition Noire pendant mon absence, elle doit quitter son château… Doubler les gardes aux sorties de la ville…. Les rebelles ne doivent rien savoir de mon état…
Rien d’autre ?
Les deux prisonnières…

Il tournait de nouveau la tête. Il avait sommeil. Cette chevelure attisait sa flamme, celle de la colère.

Dans les cachots sous mes bureaux, toutes les deux. Dans des cellules séparées. Qu’elle ne garde qu’un haillon, elle ne mérite pas plus. Que… Que leurs équipements soient sur mon bureau. Bourse, arme et autres ustensiles. Elles doivent être vivantes à l’instant où je suis réveillé, ce sera mon visage qu’elles verront en premier… Personne d’autre… Les gardes resteront muets en leur présence et ne devront pas s’approcher d’elle…
Vous n’êtes sûres que…?
Elles seront à moi, elles seront mes jouets…

Le Démon s’enfonçait dans ses draps, il ne sentait plus son bras ou son poing. Il fermait son oeil, distinguant un hochement de tête de la part du lieutenant de l’Intendante. Faiblesse de la chair, faible marionnette on fond de cette infirmerie. Pourtant. Un sourire illuminait son visage. Mille promesses, mille cris, mille supplices. Il se sentirait revivre sous leurs traits déformés par la douleur.

Le masque était tombé. Il n’y aurait plus aucune clémence de la part du Démon.



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Narantuyaa

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le Jeu 19 Avr 2018 - 17:44
ALORS !
D’un, tu m’écrase la gueule, et de deux, tu veux en plus que j’te file des PS pour ça ??? Non mais dans quel monde vi-t-on…

Plus sérieusement, ton texte est classe : Death vénère, c’est un plaisir à lire.
Le thème du rp est assez percutant, l’idée de chair douloureuse, brulée, arrachée, morte ou manquante… Et puis ses pulsions de rage, ses résolutions, ça met une belle ambiance.

Alors, le texte manque parfois de clarté. C’est pas forcément un mal, on comprend que ton personnage ne soit pas tout à fait dans la précision présentement. Mais j’aurai bien aimé une précision sur la raison pour laquelle les blessures de Namtar se réverbèrent sur Death malgré la transformation arcanique, par exemple.

Sinon, deux trois fois le rythme et l’ambiance du texte sont bloqué par des détails.
Par exemple, l’utilisation du verbe « râler », bien que tout à fait appropriée en théorie, coupe un peu dans la lecture à cause de son double sens. C’est con, mais l’homonyme prend le dessus, en tout cas quand je le lis, et j’imagine Death qui commence à se plaindre de lui-même.

Aussi, l’apparition de Luna est… Discutable. Je connais pas le personnage, mais la description que tu en fait est minimale (tu me dira, vu la fatigue de Namtar, ça s’explique), et ses agissements m’étonnent pas mal.
Ce serait l’intendante de la Coalition, je comprendrai qu’elle vienne te voir à l’infirmerie pour taper la discut’, mais là tu la reconnais pas, personne vient la boquer à l’entrée… Limite j’me sens un peu mal pour Death de se voir harcelé par des inconnues dans son lit d’hôpital sans que personne s’interpose.

Pour les points positifs, c’est surtout l’ambiance qui m’a conquise.
La vision de Namtar de la chair, le tout doublé avec sa rage, est franchement classe.
Certaines phrases comme « poigne inexistante », l’utilisation de « viande », sa frustration sur Lenore, tout ça fait un tout très convaincant… Et assez motivant pour moi, qui vais visiblement devoir vivre sous ton bureau pour un moment Very Happy
Bref, j'ai hâte de voir à quoi va ressembler Death sans son masque!

Mission Facile : 13 points d’expérience + 1020 munnies (120 pour la mission + 400 munnies sur Lenore + 500 sur Narantuyaa) + 2 PS en Symbiose
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