Véritable Primarque

Feuille de personnage
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le Mar 10 Avr 2018 - 15:42
Mini-série


Elle se réveilla toute courbaturée. L’aube pénétrait lentement dans sa chambre, éclairant les peluches au pied de son lit. Elle était bien trop grande, bien trop âgée pour ça. Mais depuis l’attaque, depuis qu’elle avait vu des corps calcinés, se vider de leur sang petit à petit… Elle dormait très mal et avait besoin de ce petit réconfort enfantin. Elle déposa Lili la licorne auprès des autres et se leva. Il était temps qu’elle aille travailler.

En passant dans la cuisine, elle prit un morceau de pain des mains de son petit frère, et quitta sa maison en riant. Elle avait déménagé de son village quelque semaines avant l’attaque. Fort heureusement, sa famille était sur la route lorsque la tragédie était survenue. Personne n’avait eu l’occasion de voir ces horreurs. Mais elle avait survécu. Et étrangement, ces souvenirs, lorsqu’elle était éveillée, devenaient de plus en plus familier. Elle s’habituait aux bassesses de l’humanité, à la mort et au carnage.

Elle remonta la rue et prit la direction du château. Elle salua le boulanger qui était toujours présent pour lui souhaiter une bonne journée le matin. Toute la ville était encore assoupie, ou en train de se réveiller. Elle adorait vraiment ces moments-là. Lorsqu’elle parvint aux portes de la bâtisse, elle s’arrêta le temps d’embrasser son petit-ami Frédéric, qui avait rejoint les templiers après l’attaque, et qui gardait actuellement l’accès.

Comme chaque, elle passa aux cuisines prendre une tasse de thé pour le Primarque. La cuisinière présente aujourd’hui était une vieille dame qui s’appelait Brigitte. Elle aimait beaucoup la voir car elle recevait toujours de sa part un petit biscuit. Le sourire aux lèvres, elle monta les marches jusqu’à l’étage de la chambre et bureau de son patron. Elle frappa doucement à la porte, et entra sans attendre.

La pièce était vide, le lit fait. Aucune odeur de thé ne flottait dans la pièce. Le bureau était dans l’état précédent le départ de Matthew. Il n’était toujours pas revenu d’Illusiopolis. Elle se mordit la lèvre. Elle l’avait prévenu. Elle l’avait supplié de ne pas y aller seul. Que devait-elle faire maintenant ? Devait-elle prévenir Dame Pentaghast et Sire Valeri ? Devait-elle lui laisser encore un peu de temps ? Après tout, il avait peut-être été retenu. Rien n’indiquait qu’il était dans un quelconque danger. Et si cela se révélait être le cas, elle avait des ordres. C’était supposé la rassurer n’est-ce pas ?

Maintenant, elle était stressée. Elle s’approcha de la fenêtre, et bu doucement le thé en regardant le soleil qui se détachait progressivement de l’horizon. Lorsqu’elle eut finie, elle n’était pas plus calme qu’avant. Elle décida donc de ranger un peu le bazar que son patron avait laissé. Elle classa les rapports, tant de missions que de paysans ou de l’archiviste Heltzer. Ce dernier avait fourni un rapport sur la production de seigle. Au vu de la tâche de bave qui ornait une partie du document, Matthew s’était endormi durant la lecture. Restait à savoir si c’était d’épuisement, ou d’ennui. Cette pensée la fit sourire un peu, et lui mit du baume au coeur.

Ce n’était pas un homme facile. Travailler pour lui, et avec lui, se révélait régulièrement être un véritable fardeau. Mais en faisant ça, elle avait vraiment l’impression d’aider les autres. Elle avait accepté l’offre du Haut-prêtre Martin pour cette raison. La même qui avait poussé Frédéric à s’enrôler. Et puis il y avait quelques avantages dans sa position. Elle avait eu l’occasion de le voir endormi une ou deux fois, et il ressemblait à un petit ange dans ses moments. Ce n’était pas tout. De même qu’il pouvait se montrer insupportable, il savait aussi être charmant et gentil avec elle. Cela la changeait du fermier pour lequel elle avait passé ses étés à travailler.

En ouvrant les tiroirs, elle remarqua un fouillis sans nom. Elle sortit les feuilles froissées, et même quelques unes déchirées ou roulées en boule, les plumes, les encriers dont un vide. Il n’avait même pas pensé à la prévenir. Comment devait-elle le réapprovisionner si elle n’était pas au courant ? Elle soupira, et continua de ranger. D’abord les encriers, au fond du tiroir. Puis les plumes. Et enfin les papiers. Elle y jeta un œil. La plupart était des idées qu’il souhaitait soumettre à Dame Pentaghast ou Sire Valeri. D’autres semblaient être des réformes ou projets si elle lisait bien les mentions rayées. D’autres encore, étaient des blagues qu’il comptait certainement lui dire – ou saouler tous les habitants du Domaine avec.

Elle rangea ces feuilles, y compris les déchirées, puis s’attarda à celles roulées en boule. Elle en déplia une. C’était un début de lettre.


Spoiler:
Ma chère
A mon alliée
Ma tendre dame
A celle qui occupe mes pensées

Ses essais continuaient encore et encore jusqu’à ce qu’il ait trouvé une formule qui semblait lui avoir convenu. Elle était entourée. Elle en ouvrit une seconde.

Spoiler:
Nuit après nuit, je suis tourmenté par un fantôme spectre
Sa voix appelle, crie hurle, murmure mon nom
Mon cœur se serre de plus en plus chaque fois
Je ne sais combien de temps je saurai résister
Mais je ne souhaite pas que cela s’arrête
Car c’est

Avait-il tenté d’écrire un poème ? Une histoire ? C’était la première fois qu’elle voyait cette facette de sa personnalité. La curiosité la dévorant maintenant, elle ouvrit une autre feuille.

Spoiler:
A chaque craquement du feu, je semble apercevoir votre chevelure.
A chaque feuille qui tombe, virevoltant une première et dernière fois, j’ai l’impression de voir vos gestes.
A chaque rose qui colore le château, je pense revoir vos lèvres si tendres et tentatrices.
A chaque portrait qui décore les couloirs, je perçois un fragment de vos yeux si doux et bienveillants.
A chaque goutte de pluie qui tombe, mon cœur semble appeler le vôtre.
A chaque inspiration, l’odeur du thé me ramène à votre souvenir.
A chaque minute de chaque jour, je n’ai qu’une seule certitude concernant les mondes, ceux qui les composent, la vie et la réalité même.
Je vous aime.
Me faudrait-il vivre sans vous que la vie serait fade et dénué d'intérêt.
Je vous aime. Maintenant. Et jusqu'à la fin de mon existence.

Elle rougit. Elle fouillait dans l’intimité du Primarque. Elle se mordit la lèvre. Elle voulait vraiment voir le reste, savoir ce qu’il avait écrit. Peut-être même découvrir à qui il avait écrit. Quelle femme l’avait ensorcelé à ce point ? Elle se prêta à rêver. Rêver leur rencontre. Rêver leur idylle. Puis quelqu’un frappa à la porte, la sortant de sa transe. Un jeune aspirant vint lui tendre une lettre et s’en alla. Elle regarda l’enveloppe, mais il n’y avait aucun expéditeur. Elle regarda les feuilles ouvertes devant elle. Elle avait commencé à fouiller, autant continuer.

Elle ouvrit rapidement la bouche en lisant la missive. Matthew allait se marier ? Et avec nulle autre que la dirigeante de la Lumière ? Mais comment était-ce possible ? Il ne parlait jamais d’elle ! Encore moins avec une quelconque passion. Puis une chose la frappa. Il attendait impatiemment du courrier. Au vue de son attitude, elle avait pensé qu’il s’agissait de sa demande de rencontre avec Rufus, ou bien d’une quelconque réponse à ses diverses demandes. Maintenant qu’elle avait découvert la vérité, elle comprenait mieux ses réactions. Pourquoi il voulait tant tenir sa promesse à Cissneï. Puis une autre chose la frappa. Il n’était pas là. Il ne savait rien de la réponse de sa demande en mariage. Il ne le saurait peut-être jamais.


-Je vous en prie Matthew, revenez vite, murmura-t-elle.

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