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Maître brasseur

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le Lun 19 Mar 2018 - 15:32

Dans la vie, tout est question de dextérité et d’habilité. D’autant plus quand on est un artisan. Pourquoi ? Eh bien, c’est très simple, les amis.

Imagine un instant qu’ma poigne n’est pas assez solide ou fluide dans j’suis occupé à brasser une cuve de bière, le résultat sera totalement différent à cause d’un geste mal effectué. Un grain qui ne répand pas correctement son arôme, une épice qui s’accroche à la perche ou encore une goutte de sueur qui tombe dans le liquide. V’là la raison expliquant autant de méthode dans la brasserie.

Pourquoi est-ce que j’parle de ça ? Alors, c’est très simple. M’voilà à la foire qui a ouvert à Costa Del Sol et j’ai découvert l’attraction la plus compliquée qui m’a été donné de voir dans ma vie.

Une machine à pince.

La partie coûte deux munnies, j’peux déplacer la pince d’un coup sur la verticale et l’horizontale pour attraper l’objet de mon désir. Enfin, là, c’est une superbe peluche à l’effigie de l’un des héros de la Lumière. C’est vrai ! Il y a devant moi une peluche de Cissneï, Aqua, Roxas, Primus et d’autres personnes dont j’ai pas la moindre idée de qui il peut s’agir ! Enfin, il n’y a pas que la Lumière qui est concernée. Sur ma droite, il y a la Coalition Noire et le Consulat à la gauche. Si j’arrive à enfin attraper cette maudite réplique de mon maître, j’vais m’occuper d’attraper celle qui ressemble au patron. Il sera surement ravi d’avoir une peluche à son effigie.

D’ailleurs, j’tiens à dire à celui qui a créé la peluche pendant dans la machine à gauche que je n’ai pas autant de ventres ! Non mais, il n’y a plus de respect. Bon, revenons à nos moutons. Pour la dixième fois de la journée, j’glisse une p’tite pièce dans la machine et j’me prépare à répéter ce mouvement afin d’agripper la tête toute bleue d’Aqua.

Une fois qu’la pièce est dans la machine, la cabine s’illumine et la musique se lance. Il n’y avait pas de budget pour plus de trois notes, et v’là que l’stress et à son paroxysme. Deux boutons à appuyer, un qui pointe vers le haut et le second vert la droite. Et c’est quoi l’pire dans l’histoire ?! La peluche que j’veux est au fond à droite. Pas moyens d’coller le grappin au fond, il y a la distance suffisante pour qu’la pince ne l’agrippe pas. Tout est une question de dextérité, vous le savez dorénavant.

À nous deux…
La paume de ma main appuie sur le bouton pour la verticale. Il y a temps de réponse entre le bouton et l’grappin, j’le sais maintenant. Le mécanisme fait filer le grappin vers le fond et j’fais bien attention à relâcher mon emprise un peu avant. Parfait ! L’autre bouton, maintenant.

Il n’y a pas d’échappatoire !
Deuxième pression, la pince part sur la droite et balance légèrement comme un balancier. V’là le plus compliqué dans l’histoire. Cette fois, j’dois me baser sur la position du mécanisme est non de la pince, si j’veux atteindre ma cible. La musique change ! Ce n’est plus qu’une note qui est retenue alors que ma paume et sur l’bouton. Maintenant ! L’mécanisme se bloque et le mouvement de balancier ne s’arrête pas, horreur, elle descend quand même et j’ai la peur dans le ventre.

La pince va tomber à côté et ne rien agripper, encore deux munnies dans l’vent ! Le câble se détend progressivement j’imagine déjà la scène. L’échec, pour la dixième fois, la pince qui se referme dans le vide pour revenir vers le bac et me narguer.

Ah non, pas encore !
V’là que j’emporte. Il n’y avait pas de suspens, j’avais vu clair dans le jeu de la pince et elle s’ouvre devant moi afin d’me faire constater mon nouvel échec. Mauvais réflexe, j’donne un coup d’pied dans la machine qui bascule légèrement en même temps que mon orteil craque sous la douleur !

Oh ! Pas touche aux machines, délinquant !
C’pas ma faute !
Bien entendu, et moi, j’suis l’dernier Primarque.

Le forain s’écarte alors que j’sautille sur un pied en tenant mon orteil douloureux. C’en est pas fini, il me faut absolument cette peluche. Plongeant une patte dans la poche, j’la sens, la dernière pièce que j’ai sur moi. La mort ou la gloire, à moins que j’retourne à l’entrée de la foire pour échanger un autre billet et qu’un seau de pop-corn ne prenne en embuscade.

La musique retentit pour la dernière fois.

Premier bouton, vertical, j’connais la musique et la pince se positionne parfaitement. Deuxième bouton, encore ce mouvement de balancier, c’est le moment d’y aller à l’instinct. Il balance de gauche à droite, lentement, il va falloir relâcher le bouton. Il suffit d’y croire. Fermant les paupières un bref instant, j’laisse l’destin choisir pour moi et pour cette peluche représentant Aqua.

La pince descend. Mon coeur s’arrête alors que la chute se fait inexorable devant moi. Elle tombe sur le torse de la peluche et se referme. Une grande inspiration. Le câble se tend et la peluche s’élève et se diriger vers moi, c’est une réussite !

Machinalement, mon poing se dresse vers les cieux en même temps qu’une intonation de joie indescriptible ! À moi la peluche d’Aqua, la reconnaissance d’avoir vaincu cette maudite machine. C’est devant mes yeux que ma récompense tombe, le temps s’arrête, la pince s’est ouverte avant d’atteindre le coin inférieur gauche et elle chute lourdement sur la tête de Primus.

C’est pas vrai !
La peluche ! Par réflexe, j’attrape la machine entre mes deux pattes et commence à la secouer avec vigueur pour exprimer toute mon indignation. Ce n’est pas juste, le monde n’est que tromperie.

Vous ! Dégagez de mon stand, j’veux pas voir r’voir.
Attendez, encore une dernière partie et…
Pour briser mes machines, j’veux plus vous voir chez moi.

L’forain est là, il s’approche de moi et m’fait bien comprendre que c’est mort. Cette peluche, jamais je ne pourrais l’offrir à Aqua alors que deux mains se posent dans mon dos pour me pousser en dehors de la salle d’arcade. La machine est truquée, c’est injuste et j’peux même pas m’plaindre.

Et si j’vous r’trouve ici, j’vous dégage à coup d’pied au cul.
Arnaqueur !
Pardon ?!

V’là qu’il amène sa main au pied pour brandir sa savate alors que j’me tire le plus vite possible. Ma grand-maman faisait ça, je n’ai pas confiance. Après tout, ils viennent de perdre un client !

Sauf que, m’voilà d’nouveau entre les attractions et les pattes profondément ancrées dans les poches de mon short en bambou. Moi, j’veux rien d’plus que faire rire Aqua en lui montrant cette peluche. Vraiment injuste. Même le soleil ne parvient pas à m’faire oublier ça alors que j’suis tranquillement en train d’le prendre. Qu’est-ce que j’peux bien faire, maintenant. La vie ne vaut plus vraiment le coup maintenant que j’ai plus accès à la salle d’arcade de la foire, et aux peluches.

Venez démontrer votre force, la seule et la vraie devant les héros des grands châteaux !
Là, j’tends l’oreille et j’vois un gars à moustache qui agite un gros marteau au-dessus de la tête. Il y a aussi une grande tige et une cloche au sommet. Curieux, j’décide d’aller voir, surtout par rapport à c’qui venait de dire. Et là, c’est le miracle. Il y a aussi un mur avec toutes les peluches que j’ai vues !

Ne serait-ce pas le grand Chen Stormstout, Maître brasseur et ambassadeur du Moulin Rouge ?!
C’est moi !
Un vrai héros pour défier la cloche, venez ici et frapper de toute vos forces pour savoir ce que vous méritez vraiment ! Tout ça, pour dix munnies. Si la cloche sonne, vous aurez droit de choisir ce que vous désirez, à la mesure de votre force !
Même les peluches…?
Surtout les peluches !

Il m’a eu. Directement, j’sors la somme de ma poche et lui donne. Il me tend l’marteau que j’regarde un instant avant de m’avancer vers la zone à frapper. C’est l’moment de faire mon show ! J’roule les épaules un instant, j’crache dans la paume de mes mains et j’me poste bien avec la masse dans les mains. Un mouvement simple, j’dresse l’arme au-dessus de ma tête avant d’donner l’coup plus puissant que j’peux ! BANG et ensuite DING !

Nous avons un gagnant !
Bon, finalement, tout n’est pas une question de dextérité. Parfois, il faut simplement taper fort.



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le Mar 20 Mar 2018 - 19:10
Les odeurs de nourriture, battues par le Soleil comme l’était sa tête, l’amenaient au bord de la raison — aux frontières de la confusion. Les voix et les couleurs se mélangeaient en son esprit. Le flot incessant d’une foule à l’unisson. Les stands tenaient bon, maltraités par l’ardeur avec laquelle la marée humaine venait se fracasser sur eux. Une érosion surnaturelle, accélérée par les passages.

Chaud.

Il avait chaud.

Ioan bascula en avant sans toutefois tomber. Un homme l’avait bousculé sans y prêter attention. Grand, le teint halé, entretenu physiquement mais autrement quelque peu négligé. Ses cheveux, une crinière sauvage, ne suggéraient qu’un soin modéré — et pourtant ils expiraient comme un esprit de liberté. Il se dégageait de lui, se sa posture, un oasis de décontraction. Un fraîcheur bienvenue. Le garçon, enfermé dans son costume sombre, peinait à le suivre.

« Hep. Où vas-tu toi ? »

La main qui avait manqué sa tête s’abattit sur son épaule. Ioan se retourna sur un homme aux cheveux courts et au regard dur.
Dur ? Non. Gris aiguisé. Une lame. Cependant ses traits étaient doux, et son sourire pur. Paradoxe.
C’était lui dont on avait dit à l’enfant qu’il devait l’accompagner. C’était vrai. Mais Ioan n’en avait aucune envie.

Ce que le garçon voulait, c’était se libérer de son carcan, se laisser porter par les vagues. Suivre les invitations de l’air et se bercer des effluves joyeuses qui circulaient dans cet océan d’individus. Se poser aux côtés d’un stand malmené, et lui apporter son soutien tout en regardant la mer.

Cet homme ne le laisserait pas faire.

Le tissu noir et épais qui recouvrait l’enfant lui parut soudain comme une prison plus lourde que le fer. « Je… je ne me sens pas très — » Chut !
— Un air chaud vint embraser sa gorge comme pour le réduire au silence. Un instant ! Le temps se suspendit à ses lèvres, le vent cessa de souffler. Il ne transporta qu’une exclamation, comme un murmure qui vint chatouiller Ioan aux oreilles.

« C’pas ma faute ! »

La voix.

Familière. Etrange. Accueillante.

Ioan parut hésiter, un instant… mais la main qui l’ancrait ici l’abandonna ; mais un coup de vent vint le pousser ! L’encourager ! La flèche rose suspendue à un étal semblait lui indiquer la direction à suivre. Tout l’invitait, tout, à suivre ce chemin. Cette piste. Ce sentier inconnu que nul ne voyait et qu’il percevait pourtant.

Le monde prit une teinte jaune safran, mêlée de mimosa.

Le souvenir d’une belle journée.

Le garçon prit son envol.

Ses jambes se délièrent, les vêtements qui l’enserraient ne parvinrent plus à le retenir. La voix de son geôlier s’effaçait dans l’écume de mots qui trottait de passant à passant. L’homme ne percevait pas le chemin. Il ne vit pas le chien se faufilant entre les flâneurs, espiègle et habile, révélant un passage dangereux entre les jambes des couples et des visiteurs esseulés ; des familles et des festivaliers. Autant de gambettes musclées ou non, fines ou non, comme autant de lames de fond de cet environnement profondément humain. L’homme ne vit pas non plus l’invitation criarde de la porte de service d’un stand, à mi-ouverte — éreintée mais complice — et qui permettait de couper pour rejoindre la salle d’arcade.

Pourtant, la voix de l’homme n’était pas sans pouvoir. Chaque fois qu’elle semblait lui parvenir, le sable paraissait se faire meuble sous les pieds de l’enfant. Sensible à l’appel de la Raison, l’impitoyale Soleil tentait d’attraper, de retenir ce gamin désobéissant. Etait-ce parce qu’il lui avait toujours préféré la Lune, qu’il voulait le battre avec une telle passion ? L’astre ne semblait pas vouloir abandonner. Il frappait, encore, toujours. Et Ioan sentit son pas devenir lourd, son souffle lent et douloureux.
L’ombre de la salle d’arcade vint le cacher de ceux qui le poursuivaient, l’enlaçant d’un peu de fraîcheur.

— — —

« C’est pas vrai ! »

La machine crie à l’aide lorsque la bête s’en saisit, un grincement métallique comme supplique dramatique. Ioan se redresse, se faufile jusqu’à elle. Jusqu’à la victime et son agresseur. Le monstre généreux qu’il avait déjà aperçu est là. Comme désespéré. Et l’Ordre est présent pour le réprimander.
« — Attendez, encore une dernière partie et…
- Pour briser mes machines, j’veux plus vous voir chez moi. »

Agitation. Les forains, comme le remous des vagues, le repoussent vers le sable. Hors de la salle. Pour une seconde, l’enfant hésite. Mais la machine chante comme pour lui faire signe. « Arnaqueur ! » entend-t-il en fond.
Les peluches le regardent. Petites créatures aux pastilles profondes pour yeux. Des pastilles vides mais brillantes. Un appât : car elles pensent avoir à envier aux autres une âme, les peluches essaient de mimer la lueur, l’éclat, de celles qu’elles captivent.

Pourquoi ? Cela semble pourtant à l’enfant profondément triste.
Prisonnières de la machine, elles ne lui répondent pas.

« Tu veux tenter ta chance petit ? » Lui demande le forain en revenant à sa machine.
« Laquelle il voulait, le père noël ? »

— — —

Chaud. Ioan a chaud. Ses poumons hurlent, sa gorge se dessèche à chaque pas. Du sable. C’est comme s’il respirait du sable au lieu d’inspirer de l’air. Il le ralentit. Il l’attrape. Il le cloue au sol. Le garçon court. Pourtant, il se sent lent. Plus lent même que s’il avait été immobile.

Il ne distingue rien. Le monde est confus. Ils ne semble plus aller à même vitesse que son environnement. Le chemin s’efface à chaque pas.

Pourquoi ? — Le sable le saisit. Il tombe.

Debout.

La brise marine caresse sa joue, dans un élan de pitié.« Tu y es presque, allons, » paraît-elle lui glisser. « N’as-tu pas cherché à libérer cette demoiselle pour lui ? Il t’a offert quelque chose, non ? Ne voulais-tu pas lui retourner cette faveur ? Tu aimes ce qu’il t’a offert, n’est-ce pas ? Il a tant envie de l’avoir, cette peluche… »

Dans un dernier effort, Ioan s’élance. Son monstre généreux est si proche ! Qu’importe de ne plus voir le chemin. Il le sent, en lui. Une direction à suivre. Mais après quelques pas seulement, il s’effondre.

La petite demoiselle à la chevelure d’eau qu’il tient en main est la première à heurter le sol.

« Nous avons un gagnant ! » Hurle un homme à moustache à un petit mètre de lui. La bête ainsi couronnée semble satisfaite. Retrouvée ! Il l’avait retrouvée.

Enfin…

Si proche du but…

L’enfant au costume noir par une chaude journée d’été s’étale de tout son long, le sable brûlant dans la bouche.
Maître brasseur

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le Ven 23 Mar 2018 - 10:47

Là, j’peux quand même penser que j’ai un tant soit peu la classe. L’marteau est posé à mes côtés et j’tiens l’bout du manche en même temps qu’l’autre patte est sur mes hanches dans la posture du victorieux. À s’demander si l’forain à pas l’soleil qui tape un peu trop fort pour m’avoir choisi comme concurrent pour son épreuve de force. Il doit penser qu’la fourrure ne cache que du gras.

Bref, à moi la peluche ! Là, j’croise les doigts en espérant qu’Aqua va pas faire une tête de six pieds d’long en voyant l’cadeau. Il faut bien que j’me rattrape pour le coup de l’écurie.

Toutefois ! Car l’histoire ne s’arrête pas là, v’là qu’une voix s’élève derrière moi avant même que j’puisse choisir mon lot. Attends, là, j’parle d’une voix. Ça r’semble plus à une femme qui hurle un truc vachement aigu et la création d’un cercle humain à cinq mètres derrière moi, v’là l’truc inattendu d’ma journée. Alors, pas d’surprise, j’me suis retournée et j’ai écarté deux ou trois personnes pour comprendre c’qui se passe. Enfin, c’est aussi parce que j’suis d’une curiosité maladive.

Qu’est-ce qui ce passe ?!
Un enfant, j’pense, il vient d’tomber par terre.
Appelé une ambulance, vite !
Où sont les parents…? Ce n’est pas sérieux, voyons…

Alors, comment est-ce qu’il remarque que c’est un enfant, c’est un mystère pour moi. Là, il y juste un p’tit tas informe et noir qu’est tombé sur l’sol. À moins que ce soit la peluche d’mon maître qu’il tenait dans la main qui donnait l’indication. Il considère qu’il n’y a que les gosses qui peuvent avoir des peluches ? Bref, j’me perds. Là, ils sont justes en cercle autour de lui et personne n’fait rien.

Il paraît qu’mon rôle de porteur de Keyblade doit m’pousser à aider les gens, autant prendre en compte cet enseignement et m’lancer ! Patte droite sur une épaule et patte gauche sur un autre gars, j’écarte les curieux pour m’aventurer dans le cercle.

Laissez-moi passer, j’ai mon brevet de secourisme et c’gamin est dans l’mal !
Pour les curieux, si tu veux être professeur à l’académie du Consulat, il faut vraiment passer un brevet de secourisme au cas où un élève te claque dans les doigts. De plus, il y a un vieux gars d’la Terre des Dragons qui m’a appris deux ou trois trucs. C’est l’moment de m’appliquer. Ici, j’suis devant lui et pose mes deux genoux à terre pour l’regarder. Bon, j’sais plus c’qui faut faire. Toutefois ! J’vois bien qu’il est en train de suffoquer dans son costume noir. Première étape, j’me retourne pour fixer un type dans l’public.

Vous !
Moi…?
Un granité pour l’gamin, il meurt de chaud et doit certainement avoir très soif.
Un… Granité…?
Oui. Et j’en veux bien un, aussi. À la cerise. Prenez-en deux à la cerise !

Avec ça, il aura moins chaud. Enfin, j’devrais p’tet aussi retirer sa veste. Attends, j’sais pas si c’est très éthique de faire ça. Bon, dans l’pire des cas, j’balance l’histoire du brevet et ça va passer. Du coup, pas d’surprise, j’commence à enlever la veste avant sentir qu’il est aussi chaud qu’un pain qui sort du four. Il va falloir plus qu’un granité.

Là, j’pose sa tête sur mes genoux et j’me positionne de façon à c’que ma carrure agisse comme un parasol pour l’gamin. Il me rappelle quelqu’un, tiens. Il va falloir, un jour, que j’tente d’me souvenir des gens autrement que par leurs odeurs.

Bref, il est là et surement prêt à ventre un château pour une brise fraîche. Heureusement que j’suis là. Pas d’temps à perdre, j’me concentre un instant en frottant mes pattes les unes contre les autres jusqu’à ressentir la magie dans l’bout d’mes doigts pour que finalement finir l’incantation d’un sort de vent que j’laisse tranquillement filer l’bout d’mes pattes afin d’rafraichir l’gamin. V’là qu’je passe de Maître Brasseur à ventilateur, belle promotion sociale. En attendant, ça à son p’tit effet et j’vois qu’sa pupille gigote de l’autre côté d’la paupière.

Gamin…? T’es là où j’dois commencer le bouche-à-bouche ?



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le Sam 7 Avr 2018 - 1:06
L’oiseau de feu, d’un battement d’ailes, s’éloigne. Ses plumes tombent en braises que le vent vient gorger d’orgueil. Il n’est aucune Lumière dans ces flammes qui grimpent le long des arbres, elles brillent pourtant — des Ténèbres. Dangereuses mais attirantes. Elles ne te jugent pas, elles. Elles t’invitent, tel que tu es. Complet. Ton coeur plein de ses défauts, de ses impuretés, de ses bassesses.

Et toi, tu pars en cendres. Une brise tranquille vient emporter ce qu’il reste de toi, après avoir tant lutté. Et tu es bien. Tes doigts s’effilent, ta peur se dénoue et ta peine s’oublie. Tu te laisses partir.

Une ombre rassurante.

Une gueule ouverte prête à engloutir ton coeur.


———

Les yeux du garçon s’entrouvrent sur une masse informe — obscure. Quoi ? Un bosquet de dents blanches et acérées, entretenues, s’impose à lui. Où ? Une ombre, immense et grotesque. Menaçante et pourtant rassurante. Comment ? Un vent léger lui insuffle un souffle nouveau, apaise sa peau brûlante — comme un médecin bienveillant serait venu prendre soin de ses plaies.

« Est-ce que vous allez me manger..? » demande-t-il, le regard calme. Serein.

Petit à petit Ioan perçoit, par-delà le bois blanc, les yeux d’or de son monstre généreux. Si brillants. Si précieux. Une invitation toute informelle ; quel mal y eut-il à se laisser bercer par le tintement scintillant de leur éclat ? Tout semble bien plus calme désormais qu’il est là. Le Père Noël, tel qu’il a pu le connaître — et il le protège des coups du soleil qui, enragé, lutte pour percer son cuir. Les sourcils de Ioan se froncent.

N’a-t-on donc jamais appris à ce noble astre que la violence ne résout rien ? L’enfant remet en place les pièces du puzzle ; ces quelques minutes décousues dont il essaie de rattraper le sens. Sa course, la peluche dans sa main… sa chute.

Le pas hâtif d’un petit homme sans nom, étouffé par le sable, parvient à ses oreilles. « J’ai les granités ! » s’écrie-t-il, tout emprunt de l’urgence de sa mission (des plus essentielles). « Tenez… monsieur ! » ajoute-t-il, butant dans l’insidieuse poussière d’os et de roche et en projetant jusqu’au visage du garçon. « Est-ce qu’il va s’en sortir ? » L’homme remet en place ses lunettes rondes sur son nez aquilin et tend son granité à la bête.

Ioan, un grain de sable à l’oeil, se redresse non sans avoir aperçu celui qui s’est approché. Crâne dégarni et perlé de sueur — une vision qui renvoie l’enfant à son propre état, et à la douce main de l’air passant dans ses cheveux humides. « Oh. » L’arrivant souffle presque de déception. Sans y faire plus attention, le garçon tend son trésor à son sauveur, se frottant un oeil larmoyant (perfide sable !). « J’ai ça. »

La magnifique Aqua Peluche sort de son lit chaud. Elle s’éveille, s’étire, se laisse épousseter avec soin par son nouvel ami. L’enfant qui la sauva des griffes métalliques d’une abominable prison de fer et de plexiglas — un calvaire à la vue de tous ! Un enfer regardé avec curiosité ou émerveillement par les passants. Elle voit son Chevalier, enfin. Celui qui avait lutté pour elle, celui qui avait hurlé pour elle. La bête dont elle serait la belle, avec un peu d’aide. Que n’avait-elle été désolée, effondrée, terrifiée, en le voyant se faire rejeter par les infâmes sbires de son geôlier ! Heureusement, Ioan a vu sa détresse. L’enfant observe les prunelles vides de la demoiselle une dernière fois. Et désormais, il la tend à son futur compagnon d’existence.

« Elle attendait après vous. Prenez. Elle ne veut sûrement pas être mangée. »

Le petit homme aux lunettes rondes, chemise blanche en toile portée dans un style faussement décontracté, avise l’ursidé bicolore. « Il a l’air d’avoir pris un coup sur la tête. »

« Le soleil m’a frappé. »
Maître brasseur

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le Dim 8 Avr 2018 - 14:02

Pour une surprise, c’est une surprise ! V’là que l’gamin m’file une peluche d’Aqua, qu’est-ce que j’vais faire d’celle que j’viens de choper…? Oh, ça m’fera deux peluches d’Aqua ! La deuxième ira à Fabrizio, il sera surement content d’avoir ça ! Ou p’tet pas, seul le temps m’le dira.

Enfin, j’vais pas faire l’gamin et j’prends celle qu’il me tend avant d’la regarder un instant et d’répondre.

Héhé, c’est sympa gamin ! Par contre, faut éviter à c’que l’soleil te frappe de nouveau
Vous êtes certain que…
Il doit bien y avoir une infirmerie dans l’coin, j’vais l’y emmener.

Le touriste m’regarde en hochant la tête, forcément que c’est une bonne idée. Si tu tombes dans l’sable à cause du soleil, c’est qu’il y a un problème. Bon, je m’avance un peu, j’suis pas médecin après tout. Néanmoins, j’sais déjà qu’il ne faut pas lui proposer une p’tite bière pour deux raisons. La première étant qu’il s’agit d’un enfant, la seconde est qu’la bière déshydrate et qu’ça fait jamais bon ménage avec l’soleil.

Pourquoi j’parle de ça, déjà ? Bref, j’me recentre et vérifie si l’gamin à bien son granité.

Prends un coup et on décolle, j’vais t’emmener voir un expert en coup de soleil et ça ira mieux. Si t’es partant, il y a même moyen de s’arrêter devant un glacier !
Et l’infirmerie…?
Après l’infirmerie, vous avez raison !

Et puis, nous avons déjà un granité. Prendre une glace en plus, ce serait de la gourmandise ! D’ailleurs, les enfants des humains, ils sont pas particulièrement gourmands ? Moi, j’en sais rien, j’suis toujours avec des adultes et les seuls enfants que j’vois traine dans les rues d’la Cité des Rêves tente toujours de piquer le pain dans les boulangeries. Sauf que, l’pain, c’est pas des sucreries dont j’sais pas si c’est par nécessité ou gourmandise.

Ouais, j’me pose les vraies questions. En tout cas, l’cercle humain c’est dispersé et il semble que la mission de gérer l’gamin m’incombe. Il n’y a pas de milice, dans ce monde ? Il n’a pas de parents ? Il doit y avoir moyen de passer une annonce, ou quelques choses comme ça. Il y a p’tet moyen que j’sois en train d’faire une grosse bêtise en aidant l’gamin… Bwarfs, ou pas, j’suis sympa comme gars.

Donc, gamin, t’es pas contre à ce que j’te conduise jusqu’à une infirmerie ou un glacier ? L’choix t’appartient, ou du moins, jusqu’à c’que j’retrouve tes parents.
Si j’le prends sur mon épaule et que j’le traîne à l’autre bout d’la plage, j’sais pas si ça va bien passer. Les gars n’ont pas l’air d’avoir réagi en mal, ça doit venir de la fourrure. Une fois de plus, elle me sauve la mise.

Et t’inquiète pas, j’vais pas te manger, t’es trop maigrelet pour moi.
Là, j’lui fais un p’tit clin d’oeil avant d’prendre mon granité et aspirer l’truc avec la paille. La cerise était un bon choix, c’est toujours un bon choix. L’truc, il passe sur ma langue et reste une promesse de sucre et d’hydratation… Tiens, j’ai pas donné l’ombre d’un munnies aux gars, ce n’est pas très honnête, va falloir faire quelque chose pour faire pardonner auprès de l’univers.



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le Dim 22 Avr 2018 - 21:20
« Oh. C’fâcheux. » commente-t-il. Si le monstre généreux a de l’appétit, Ioan ne peut le contenter. Il lui faut trouver quelque chose — mais le sable étouffe les suggestions du vent, les murmures des passants et les propositions des étals. « Vous a… — dit-il en se redressant — Vous avez faim ? » Là ! Le Soleil tient son ouverture : l’ombre massive de la bête peine à couvrir le sommet du crâne de sa cible. Il se hâte, le mate ! Un coup sec, un coup de maître.

Le soleil fait valser le monde sur un tour de potier et l’enfant vacille.

Un jour, le garçon pourra lui faire comprendre qu’il n’a rien à craindre de lui.
Lui suggérer d’emmener la Lune au bal.

Ioan se laisse retourner au sol. A l’abri de l’astre, au couvert de son protecteur. L’ailleurs se perd, ses paupières tombent en un rideau difficile à tenir ouvert. Sa respiration est marquée. Un souffle. Ne reste qu’une oasis sombre au milieu d’un océan d’or et de cris — excités, amusés, inquiets, colériques, extatiques. Un souffle rauque. Le regard de son monstre généreux est posé sur lui, tandis que le sien se baigne dans le lit glacé qui saigne entre ses mains. Les gouttes fraîches qui perlent entre ses doigts. Le regard d’or. Ioan le sent. Il attend. La bête attend qu’il parle avec ses mots et non ses mains, non ses yeux, non son pas hésitant. « Ça vous ennuie.. juste une minute ? Attendre ? Je… le Soleil n’a pas l’air calmé. » — Sa bouche lui paraît déverser plus de mots qu’une bourse percée ne laisse s’échapper les pièces. Ils cliquettent, s’entrechoquent dans une tonalité penaude et maladroite.

Ne reste qu’une oasis sombre au milieu d’un océan d’or et de cris — des cris de gens. Des amas de chair et d’os mouvants et mourants. Le monde de Ioan, lui, demeure muet. Et l’enfant se sent sourd. Il croit percevoir l’ombre du monstre s’agiter, sentir le bois blanc frissonner. Mais c’est l’éclat grenat qui brille entre ses pattes qui intéresse son regard. Le paille à la matière étrange — flexible, lisse — dont l’air se fait poulie. Doucement, Ioan se met en tailleur, se courbe légèrement et plante la sienne dans son granité. Son estomac se tord avec répulsion, lève les boucliers dans sa gorge. L’enfant lève les yeux sur son interlocuteur, attendant que le traître organe oublie ses idées de révolution interne.

L’infirmerie ou le glacier.
Le garçon s’interroge, réfléchit. Il en est un que la curiosité pare de plus de couleurs. « Je pensais pas qu’y pourrait y avoir un glacier dans un monde comme c’lui-là. Vous me montrez ? »

Un grand glacier, majestueux, immortel. Imaginer le souffle froid courant sur ses pentes raides fait sourire Ioan — bien préférable à l’air étouffant de cette journée chaude et humide à la Costa del Sol. N’aurait-il pas dû la voir, cette formation rocheuse imposante ? Peut-être est-elle bien dissimulée, cachée à la vue de tous. Cachée à la vue du soleil, afin qu’il ne vienne pas fondre ses neiges éternelles.
Peut-être ce père noël est-il le seul dans la confidence. Un allié secret et dévoué, pourtant prêt à s’ouvrir à lui. Ioan se gorge d'enthousiasme. « Je pourrai vous montrer des choses après moi aussi. »

Et taisant son estomac, avec amusement, imite son interlocuteur; laisse le sang aqueux sucrer son palais, et pincer l'arrête son nez. L'enfant ouvre de grands yeux surpris.
Voilà bien un goût qu'il ne connaît pas. Rond, doux, réconfortant.
Comme son monstre généreux.
Maître brasseur

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le Ven 4 Mai 2018 - 12:41

V’là que mes babines s’étirent à la dernière proposition du gamin, ils me font bien rire les enfants. En réponse à sa proposition, j’me contente de lui poser ma main sur l’épaule dans un rire franc.

Oh, j’suis curieux de voir c’que tu peux me montrer !
Il n’a pas l’air d’avoir grand-chose sur lui, ce sera surement une collection de ville ou de dessin ! Moi, à son âge, j’avais ma propre collection de feuille ! Bon, vous allez m’dire que c’est nul. Sauf que chez moi, il a des tonnes de foret avec des dizaines de dizaines d’arbres différents. Alors, j’avais un super livre avec toutes mes feuilles ! D’abords, celle des arbres dans l’jardin, ensuite des feuilles que j’ai ramassées lors de promenades avec mes parents.

Bref, vous vouez l’idée ! Ma collection, elle était géniale et elle doit encore traîner chez mes parents, il va falloir qu’je songe à y retourner pour voir ça. Ma mère aussi, par la même occasion.

Donc, comme l’gamin est d’accord de partir voir l’glacier, j’prends l’chemin afin d’nous écarter un peu d’la plage. Avec mes grosses pattes, j’ai pas trop de mal à marcher dans l’sable. Alors que lui ? Pas la peine de vous faire un dessin. En plus, de mémoire, j’ai vu un gars derrière ses réfrigérateurs vers la jetée. Quand nous serons sur des planches de bois, il sera un peu moins dans l’mal. Au pire, j’vais faire comme la plupart des paternels et lui proposer de grimper sur mes épaules ! Bon, faut vraiment que j’me recentre pour la suite, histoire que j’loupe pas les glaces.

Tu serais bien étonné du nombre de glacier qu’il y a dans ce seul monde, à croire qu’ils se sont tous donné le mot. Seulement, ce n’est pas le plus important, il faut savoir lequel est le meilleur !
Malheureusement, c’est mon deuxième voyage dans c’monde et j’ai pas eu le temps d’me faire une idée. Alors que si nous étions à la Cité des Rêves, j’en connais un, il est à se taper le cul par terre.

Enfin, nous avançons bien tranquillement et finalement, j’vois l’enseigne qui brille un peu plus loin. ! Un cornet de glace avec trois boules, j’vais me contenter de ça. Du coup, j’attire l’attention du gamin avant d’presser l’pas pour arriver dans la file devant l’revendeur. Il y a la liste des parfums un peu plus loin et j’ai la chance d’la voir uniquement par ma taille. Une nouvelle mission m’incombe, celle d’énoncer les gouts pour qu’il fasse son choix ! Encore une tâche à ma hauteur.

Alors mon gars, c’est l’moment de faire son choix pour une glace chez l’glacier ! Tu dois choisir entre cornet et pot, ensuite le gout de tes boules et finalement la décoration. Oh, il y a du choix, en plus. Vanille, chocolat, pistache, fraise, framboise, eau de mer, moka, banane, fruits des bois, amande, kiwi, menthe, nougat… Tu m’le dit si j’vais trop vite… Réglisse, poire, coco, violette, citron, coquelicot…
Il y a vraiment beaucoup trop de choix ! V’la que j’suis perdu et que j’sais pas quoi faire, c’est tout moi, l’indécis de service. Bon, ont s’concentre, ce n’est pas difficile comme choix. Surtout que, il y a des trucs que j’ai jamais vus ! Alors, j’vais y réfléchir longuement et rappeler la règle de base à mon nouveau compagnon.

Déjà, te sens pas limité, prends autant de boule que tu veux ! L’argent, ce n’est pas un problème pour moi. Et pour les décorations, c’est pareil, te limite pas aux copeaux de chocolat.
Après un granité, une glace. Vive le régime en cette journée, enfin, ça reste un moment de fête ! J’vais alors m’prendre pistache, moka, violette et nougat avec une crème chantilly recouvert de chocolat fondu ! Ahahaha, il y a de quoi faire avec ça.



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