Barbare au rhum

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le Sam 17 Mar 2018 - 21:32

L’écho se dispersait lentement. C’était délicat, comme le tintement du verre – comme l’ondulation d’une goutte d’eau. Un bruissement qui se répandait sur toute la plaine ; Une vague brumeuse qui cascadait des montagnes.
Ce n’était que le début.

Les flutes sonnèrent à leur tour, galvanisant le carillon mourant. Un sifflement sibyllin, serpentin, malicieux, qui fit frissonner la prairie toute entière. Les brins se pliaient face à ce vent surnaturel, s’inclinant comme face à une apparition divine.

Un froissement, puis un autre. Des plis dans l’air, des résonnances étranges : Les premières notes des dramyins perçaient l’air devenu glacial. Leurs notes mordaient à même la roche, envoyant des ricochets à travers les cols enneigés.

Enfin, le son des tambours : une mélodie envoutante, entre le pas d’un cheval et celui d’un dieu. Les premières volutes de menace, tandis qu’au plus profond des montagnes le tintement cristallin retentissait à nouveau.


Naran sourit.

Elle sentit la peinture se craqueler sur ses joues, son nez, jusqu’au haut de son front bariolé. Les runes avaient séché sur son visage, cachant ses traits sous un masque inégal.

Ici, au pied des montagnes, la musique était amplifiée par sa longue descente. Impossible d’entendre la respiration inquiète des chevaux, ni celle, exaltée, des guerriers. Seule demeurait la mélodie enchanteresse qui dévalait la pente.

Dans sa main, la Mercenaire serrait les jets de son oiseau. L’animal fixait la montagne de son regard doré, enfin habitué au grondement de l’orchestre. Parmi les arbres escarres, les pins dégarnis, les roches couverts de mousse ou de neige... Une noirceur filtrait lentement.

Batu lui glissa un regard défiant.
Son frère se tenait à ses côtés depuis le début de la battue, monté sur un alezan plus qu’enthousiaste. Lui aussi était couvert des runes multicolores. Lui aussi avait atteint la folie guerrière invoquée par les shamans.
C’était dans le reflet de ses yeux. Dans le tremblement imperceptible de ses mains. Dans son visage tendu, dans ses crocs qui déjà mordillaient des lèvres impatientes.

« Oṃ tāre tu tāre ture soha…  Oṃ tāre tu tāre ture soha…  Oṃ tāre tu tāre ture soha… »

La litanie filtrait jusqu’à leurs rangs. Un son grave, révérencieux, qui trouvait un écho dans le chant de la seule prêtresse restée à leur côté. Recroquevillée sur une canne, l’aïeule semblait à peine tenir debout.

Ses mains flétries tenaient une large jarre d’alcool de houblon. D’un geste abrupt, elle arrosait la croupe des chevaux d’une poignée du liquide poisseux, avant de servir une belle rasade à chacun des combattants.

Quand, enfin, la vielle s’approcha de Naran, sa jarre était presque vide. Son regard blanchi glissa sur la Mercenaire, avant de verser l’alcool rituel. Une fois Batu servi, la Mercenaire leva son verre et le but d’un trait.


Les trompettes ne tardèrent pas.
Leur barrissement, long et assourdissant, marqua enfin le début de la chasse.

Naran lança son cheval d’un claquement de langue, son frère sur ses talons. Les deux filèrent vers la forêt, arcs déjà bandés.
Ils laissèrent le gros de la meute à leur gauche, préférant chasser à deux. Personne pour se mettre entre leurs pattes… Et plus de gloire, étant donné la dangerosité du gibier.

Car aujourd’hui, la purification du sanctuaire ne demandait pas simplement de chasser quelques ours ou vas nu pieds égarés. Batu lui avait raconté les dernières chasses : Les démons envahissaient la montagne, chaque année plus nombreux. Les shamans n’avaient pas le nombre, ni la force, pour purger les lieux saints seuls.


Alors que Naran passait sous la canopée du sanctuaire, le galop de son cheval ralenti. Elle ne sentait plus le soleil sur ses épaules. Non seulement ça, mais le chant des shamans n’était plus qu’un murmure étouffé, bien plus bas que ce que le sous-bois épars n'aurait pu absorber.

Autour d’elle, la Mercenaire perçu le frisson maintenant familier d’une présence ténébreuse. De plusieurs présences. Des poches d’obscurité s’amassaient entre les arbres, se gonflaient entre leurs branches, se déversaient entre les buissons.  

Naran et Batu ignorèrent toutefois les ombres qui prenaient forme sur leur passage. Leur objectif était bien plus ambitieux… Et puis, il fallait laisser de quoi pour le reste de la horde. Naran serra les cuisse, pressant sa monture en une course effrénée.

Les yeux jaunes avaient beau les fixer de toute part, ils ne pouvaient suivre l’arc tourbillonnant de leurs montures. Les quelques griffures furent bien vite repoussées par les sabots de leurs chevaux lancés au galop, par deux ou trois flèches sifflantes ; par un rire dédaigneux, à mesure que les deux Huns s’enfonçaient dans le bois.

La lumière continuait de diminuer. Seules les lueurs jaunes qui les observaient gagnaient en puissance : Envahissant peu à peu les hautes branches des pins, les troncs ouverts d’arbres morts, les touffes d’herbes folles laissée à l’abandon…

Batu tira soudainement sa bride. Son alezan se cabra, hennissant de déception. Naran aperçu la main levée de son frère, et ralenti elle aussi. Elle entendit enfin le bourdonnement intense, jusqu’à présent effacé par le galop de leurs montures, qui vibrait à travers les pins.

Entre les troncs et l’herbe grasse, les ombres profitaient de leurs haltes pour s’approcher. En quelques flèches, Naran les découragea, et fit signe à son frère de reprendre leur course.
A peine repartit, que le bourdonnement repris de plus belle. Maintenant audible même à travers leurs cavalcades ; menaçant et exaltant à la fois, pour deux chasseurs en quête de gibier.

Ils l’aperçurent d’abord à quelques arbres de là. Une masse noire et dorée, vrombissant furieusement entre les sapins. Ses mandibules claquaient dans un cliquetis affamé, là où ses ailes zébrées de noir tranchait jusqu’au bois des arbres.

Le démon semblait voler à leur niveau, ses myriades d’yeux jaunes écarquillé dans toutes les directions. Soudain, le monstre vira vers eux : Glissant son corps énorme entre deux arbres, pour percuter l’un des Huns.

Naran fit pivoter son cheval, l’envoyant hennir sur le bas-côté. Elle prit appui sur la selle, et virevolta en avant : Sautant vers la bête pour détourner son attention. Son arc chanta une note aigue, lâchant une flèche dans l’abdomen de l’insectoïde qui grésilla de plus belle.

Batu avait réussi à éviter la bête : Toujours en selle, il regardait le démon avec une joie non dissimulée.
Le monstre était aussi large qu’un cheval. Son dard argenté brillait dans le sous-bois obscur, de même que ses yeux ambrés. Ses poils drus se hérissaient, s’électrisaient, tandis que ses ailes battaient maintenant à plein régime. Un vent étrange empli la clairière où il s’était écrasé, tandis que l’insecte reprenait son vol.

De ses mandibules coulais un liquide noir et poisseux, qui se répandait sur le sol. L’herbe touchée se fanait à vue d’œil, produisant une odeur de pourriture infâme. Soudain, une secousse agita le monstre : Une flèche de Batu avait percé l’un de ses yeux. La pupille explosa, répandant sa bile noirâtre partout dans la clairière.

Sentant sur sa joue une douleur aigue, Naran s’essuya rapidement. La brûlure ne cessa pourtant pas, et la Mercenaire sentie des cloques se former sur son visage. Furieuse, elle tira à son tour, criblant de flèche la tête boursouflée du monstre.

Les explosions de bille s’éparpillèrent à travers la clairière, brûlant comme l’acide toute la végétation environnante. Les deux Huns s’abritèrent derrière des arbres, chacun d’un côté du monstre. Ils n’eurent pas le temps d’échanger un regard : Déjà le démon fonçait sur Naran, dard en avant. Elle se jeta à couvert, alors que dans son dos l’arbre qui lui avait servi d’abri se fracassait au sol.

La Mercenaire siffla. Le cri de son aigle lui répondit, loin dans l’ombre du sous-bois. Trop loin pour agir… Naran observa le monstre devenu frénétique, qui s’abattait contre les arbres de la clairière à l’aveugle.
Les flèches ne faisaient que l’enrager. Il fallait trouver un moyen de tuer le démon une bonne fois pour toute….
C’était le moment de la mise à mort, tout aussi dangereux que soit le gibier.

Sortant son couteau, Naran observa l’arbre abattu qui l’avait protégé. Elle grimpa sur son tronc, sprintant le long du bois surélevé par les reste de sa souche, puis sauta à travers la clairière. Un énième tir de Batu avait attiré l’attention du monstre ailleurs, mais Naran réussi à s’accrocher à son abdomen disproportionné.  

Au toucher, Naran senti un choc se propager à travers son être. Elle en perdit presque son accroche, mais la ruade du monstre lui permit de se raccrocher. La Hun enfonça son couteau dans la carapace molle du monstre, puis s’y appuya pour escalader son corps chitineux.

La plaie causée par le couteau s’emplie de bile, brulant sa paume et quelques doigts. Insensibilisé par l’alcool et l’adrénaline, Naran arracha le couteau, et l’enfonça plus haut pour continuer son ascension.

La bile coula à nouveau, son flot brûlant peu à peu son armure de cuir, ses épaulières, jusqu’à ses bottes renforcées de fer. Naran comprenait bien qu’elle n’avait pas beaucoup de temps avant que la bile ne la consume elle aussi : Elle se jeta sur le thorax amaigri du monstre, prête à en finir.

Le démon avait repris son vrombissement de plus belle, dessinant des étincelles sur son thorax noir obscur. Le moment où Naran voulu s’y agripper, une décharge la transperça de part en part. Semblable à un éclair, le choc bloqua ses muscles, sa respiration, sa vision.
Foudroyée, la Mercenaire tomba au sol.

Le démon s’immobilisa un instant. Il ne volait plus : L’une de ses ailes avait été mise en lambeaux par deux flèches bien placées. Aveugle, cloué au sol, il n’avait pas cessé son vrombissement rageur.

Ses pattes chitineuses semblaient tâtonner le sol putréfié. Naran senti une griffe difforme frôler sa cuisse, et ouvrit subitement les yeux. Les mandibules du monstre s’ouvrirent dans un clappement victorieux, laissant s’échapper un nouveau déluge de bile.
La Mercenaire se releva subitement, trébuchant en arrière pour éviter le liquide immonde.

Elle n’entendait plus rien : Ni le chant rassurant des shamans, ni le bourdonnement menaçant de la guêpe… Ni même son propre souffle. Ses membres ne bougeaient qu’à regret, lents et patauds…  Elle sentait les pattes de la bête se refermer peu à peu sur elle, et raffermi sa prise sur son couteau.

La tête du démon s’approcha d’elle, ses yeux éclatés encore jaunis et dégoulinant de bile. Une flèche s’y planta soudain, surprenant le monstre dans son mouvement. Profitant de l’opportunité, Naran leva les deux bras et perça le thorax qui la surplombais.

Une vague de bile verdâtre allait s’abattre sur elle, quand le monstre commença à perdre en substance. En quelques milliseconde, le corps difforme qui occupait la clairière se perdit dans une brume de ténèbres.


Tombant à genoux, Naran laissa échapper un long soupir de soulagement.
Les sons de la forêt, bien que diffus, lui revenaient peu à peu… de même que les présences insistantes des ombres environnantes, qui fixaient sa forme agenouillée depuis les buissons.

Un bruit de sabot la sortie de sa rêverie. Batu lui tendit la main, la hissant debout. Il ne parlait pas – la chasse n’était pas finie, après tout – Mais son large sourire apportait un certain réconfort. Naran monta maladroitement en selle, grimaçant quand ses brûlures frottèrent contre le cuir durcit de sa selle.

Batu tira quelque flèche, éclaircissant la nuée d’ombre qui se massait dans le sous-bois. Ses yeux scintillaient toujours de cet éclat particulier, presque fanatique, que les shamans avaient su invoquer en eux. Assombrit par son foudroiement récent, Naran ne ressentait plus cette folie guerrière : elle sentait comprenait peu à peu l'absurdité de combattre ces démons sans la horde.

Mais Batu sonna le départ, et Naran lança sa monture à sa suite. Elle n’allait pas laisser son petit frère seul dans un sanctuaire infesté, après tout. Surtout pas face à ce qui l’attendait…


Les deux Huns reprirent leur course. Malgré ses brûlures, Naran tenait tant bien que mal en selle, son arc à la main.
L’autel n’était plus très loin à présent, et avec lui le roi-démon du sanctuaire. Le chant des shamans, lui, était presque inaudible.

Le chemin sinueux les menait en altitude. Les pins laissaient place aux sapins, puis aux arbustes rachitiques et rochers escarpé, laissant apparaitre un ciel bleu pur. Hors du bois, l’air était plus respirable : les ombres nichés à tous les coins d’arbre avaient disparu, remplacé par le souffle puissant du vent des montagnes.

Pourtant, quelque chose dans cet air vif mettait Naran mal à l’aise. Une tension dans l’air, une impureté qui souillait la montagne toute entière…

Leurs chevaux s’étaient arrêtés. Le sanctuaire était en vue. Personne, toutefois, si ce n’est les structures de bois et de pierre saccagé. Les deux Huns ne démontèrent pas : La présence du roi leur semblait presque palpable.

Le sol, mi glace mi herbe sèche, était piétiné par endroit, brûlé en d’autre. Les runes gravées sur la roches étaient barrées de signes illisibles et noircis. De même pour les fresques tribales, arrosé d’une multitude de taches brunes.

Naran et son frère explorèrent les restes de l’autel. Quelques grigris, crânes et autres outils de prière… Un tintement, derrière l’un des braseros rituels. Naran se retourna soudainement, son cheval faisant un écart en sentant son cavalier se tordre sur sa selle.

Une ombre. Ou, en tout cas, une forme similaire. Recourbé sur lui-même, yeux jaune brillant et avides… Le lutin trifouillait dans un monticule d’offrande et de bijou. Son chapeau vert pomme était surmonté d’un grelot, qui tintait à chacun de ses mouvements.

Se voyant découvert, le sans cœur sourit. Sa bouche s’ouvrait sur un vide dentelé, tandis que ses mains crochues se resserraient sur un collier d’or.
Deux flèches vinrent l’accueillir. Celle de Naran le rata, déséquilibrée par les brûlures de ses mains. Celle de Batu piqua son chapeau, le fichant au sol.

Furieux, le lutin se mit à crier. Se ruant sur son chapeau, il arracha la flèche et le replaça sur sa tête, époussetant au passage sa tenue de feuilles et de lianes. Le Sans Cœur se frotta les mains, piaillant dans un langage inintelligible, et dans ses paumes naquis une sphère d’ombre.

D’un signe de la main, Naran intima à son frère de se mettre à couvert. Le deux pressèrent leurs chevaux hors de portée, avant qu’une suite de boule noire ne jaillissent des mains du lutin.
Loin de suivre la trajectoire donnée par leur maître, les sphères virevoltèrent un instant, puis foncèrent sur les deux cavaliers. Les yeux écarquillés, Naran pressa sa monture et banda à nouveau son arc.

Ses mains la lançaient de plus en plus ; son gant de fauconnerie perçant les cloques à l’usure, tandis que sa main non protégée la brûlait encore et toujours. Encocher une flèche lui pris plus de temps qu’elle n’avait : La première boule d’ombre frappa son bras levé en protection, provoquant une douleur fulgurante sur tout son être. Un cri lui échappa, déchirant, avant qu’elle ne puisse finalement libérer une flèche sur la deuxième sphère.


La sphère explosa.
Son aigle hurlait, quelque part dans le ciel. Naran, elle, pressait son cheval, louchant sur une dernière sphère. Elle sorti une flèche de son carquois, pour finalement la laisser tomber entre ses doigts devenus boursoufflés.
La sphère les poursuivait toujours, tournoyant malicieusement autour de leurs têtes sans toutefois les atteindre.
Ereintée et fatiguée de ses maladresses, Naran fini par saisir l’une de ses flèches, et la lancer directement sur la sphère. Le sort explosa, se dissipant peu à peu dans l’air.

De son côté, Batu était avachi sur sa selle. L’une de ses jambes pendait lamentablement sur le flanc de sa monture. L’armure avait été oblitérée, et sa jambe était marquée par deux impacts brûlants. Son visage était pourtant toujours aussi ivre de violence, et il finit par se redresser et sourire fièrement.

Il banda son arc, poussant son cheval vers le recoin où pillait le lutin. Mais il ne trouva pas de sans cœur sur le monticule de trésor : Seulement un rapace satisfait de lui-même, mordillant un chapeau vert fané.

Depuis le sanctuaire, les deux Huns pouvaient apercevoir l’entièreté des bois sacrés. Les bruits de cors et le chant indistincts des shamans résonnaient à nouveau sur le flanc de montagne : Naran se détendit, reposant enfin ses membre meurtris.

Batu trotta pourtant vers elle, le regard inquisiteur.
« … Tu ne l’entend pas ? »
Sa voix ne lui parvenait qu’à peine.
« Quoi ? »
Le visage de Batu s’illumina.
« Le Roi. »

Naran sentit alors une vibration, légère. Elle remarqua que le sol tremblait, soulevant cailloux et épines de pins à intervalles réguliers. Ses oreilles s’éclaircirent soudainement, pour dévoiler un tambour intense, omniprésent.
Le sol était martelé par une puissance terrible.

Voyant le regard de Batu fixé derrière elle, Naran fit faire volteface à sa monture. Une forme massive émergeait du bois sacré, et son galop résonnait à travers toute la steppe.
Aucun cheval ne pouvait produire un son pareil.
Le roi de la montagne s’avançait vers eux.

Deux lourdes cornes jaillissaient de son front. Lustrées, scintillante, elles reflétaient le ciel, et les nuages qui s’y amassaient. Ses épaules et ses bras étaient disproportionné : plus large que les plus trapu des guerriers Huns. Une fourrure noire recouvrait son torse pourtant humanoïde, et se mêlaient à la robe noire du reste de son corps.
Ses pattes musculeuses battaient la terre dans un bruit de tonnerre, tandis que son visage, encadré par un casque mi-homme mi-taureau, ne laissait deviner qu’une paire d’yeux jaune déchainé.

Il fit tournoyer son trident, et brisa sans efforts les flèches de Naran et Batu. L’attaque ne l’avait même pas ralenti : Le ténor de ses sabots semblait même augmenter.
Les nuages s’accumulaient autour d’eux, plongeant le sommet du sanctuaire dans l’ombre. Le temps se faisait lourd, électrique : Une pluie boueuse s’abattit sur le sanctuaire, et le tonnerre frappa, loin derrière eux.

Naran et Batu chargèrent. Filant sur les flancs du démon, chacun le piqua d’une flèche dans la croupe. Pourtant, ces dernières ne firent qu’esquinter le cuir du bucentaure.

Le Sans Cœur sorti un arc étrangement métallique. Il galopait toujours, faisant trembler le sol à chacun de ses pas. Il encocha une flèche, et visa le ciel.
Un tir de Batu vint fendre l’air, zébrant l’épaule humaine du démon. Ce dernier y resta insensible, son regard toujours fixé sur les nuages.

La foudre frappa.
Un flash de lumière, aussi bref que soudain, qui tomba précisément sur la flèche encochée par le Sans Cœur. Cette flèche s’illumina, bourdonnant maintenant insupportablement. L’arc toujours bandé, le monstre reporta son attention sur Naran.

La Mercenaire était prête à tirer, elle aussi. Ses jambes engourdies tenaient tant bien que mal sur ses étriers, la stabilisant pour viser. Avec un ultime effort, la Mongole choisi sa cible, et laissa partir son trait.
Le Roi de la Montagne fit de même, sa flèche chargée d’éclair filant vers Naran plus rapidement qu’il était concevable.

Vidée de ses forces, Naran se laissa tomber, glissant avec sa selle sur le flanc gauche de sa monture. La flèche frôla le garrot de son cheval, électrisant sa crinière et brûlant une large marque dans son pelage ombré.

La flèche de la mercenaire trouva sa cible dans le poitrail tacheté de blanc du bucentaure. Le démon rugit de douleur, et se cabra. Batu en profita pour s’avancer et viser, presque debout sur sa monture.

Le tonnerre gronda, puis frappa soudain, au moment exact où les pattes avant du Roi retombèrent au sol. Une onde de magie jailli de l’impact, foudroyant tout sur son passage. L’alezan si énergique de Batu fut transpercé par la foudre, qui traça le long de ses muscles et de ses veines des lignes noires. L’animal s’effondra sur lui-même.

Batu, lui, s’était élancé en avant pour tirer. Son trait se ficha dans l’épaule du monstre, lui arrachant un nouveau cri de douleur. Batu, quant à lui, se trouva à pied devant un démon plus de deux fois sa taille.
Il dégaina son épée.

De nouveau en selle, Naran fonçait sur le monstre. Son cheval était rendu presque incontrôlable par la douleur, et ses mains n’étaient plus capables de précision : Elle allait devoir appliquer une méthode moins subtile. Dégainant à son tour, Naran délaissa sa monture pour se jeter sur la croupe du Sans Cœur.

Le Roi de la Montagne arracha la flèche qui lui perçait le torse, et se cabra à nouveau. Ses sabots métalliques scintillèrent, attirant à nouveau le tonnerre à eux. Batu recula, maintenant une garde haute, tandis que Naran atterrissait sur le large dos de taureaux du démon.

D’un coup d’estoc, Naran enfonça son épée dans le torse humanoïde du sans cœur. Avant que ce dernier ait le temps de s’abattre toutefois, un aigle le pris à la gorge. Ses serres s’enfonçaient dans son trop large cou, tandis que son bec plongea dans les abysses de ses yeux jaunes.

Tentant le tout pour le tout, Batu chargea, épée en avant. Sa lame s’enfonça dans le poitrail découvert du Roi de la Montagne : Celui-ci disparu alors peu à peu dans l’air orageux.

Naran s’écrasa à terre, laissant la pluie lui laver le visage de la sueur et du sang du combat. De la bile séchée, devenue verdâtre, entachait encore les quelques pan d'armure qui lui restait.
« Si avec ça on ne gagne pas l’épreuve de la chasse… »


Dernière édition par Narantuyaa le Ven 23 Mar 2018 - 14:41, édité 3 fois
Maître brasseur

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le Mar 20 Mar 2018 - 18:48
C’est ma dernière ligne droite ! Tes la dernière personne à devoir être notée… Bon, il y a encore Le Cygne après sauf que ce n'est pas le sujet.

Bref, il est temps de nous lancer dans la notation de ta série de rp en Mongolie !

Meuf, sérieux, il serait temps à ce que tu quittes l’endroit. Les autres, les mercenaires, ils doivent être en manque de ne pas pouvoir te noter. Ici, j’ai une lettre écrite de la main d’un mercenaire disant qu’il a envie de noter tes missions. Alors, fait un petit effort ! Merci. (C’était une blague)

Alors ! Avant d’parler du rp, j’vais quand même te dire un truc par rapport à une erreur que le cinéma nous communique ! Après les épées qui font du bruit quand on les dégaine et les arcs qui font du bruit à chaque flèche tirées, voici les hennissements des chevaux ! Bon, ici, ce sera plus à titre informatif parce qu’il me manque une information pour commencer mon laïus, j’me lance.

Si tu montes un cheval et que celui-ci à un mors, il ne peut pas hennir quand tu tires sur les rennes ! Pour la simple et bonne raison que t’enfonces un bout de métal dans l’fond de sa gueule. Même si la morphologie laisse pensée qu’ils peuvent, c’est non. Essaye un peu de faire un bruit majestueux avec un bout d’métal enfoncé dans la bouche. Hum… N'essaye pas, hien, c’est une façon de parler… Donc voilà ! Il s’agit d’une idée véhiculée par les films. Et puis, même s’il n’y a pas de mors, tu courbes la tête de l’animal et ça lui fait pas du bien. C’était le moment « Professeur Chen ».

Bien, parlons du texte maintenant.Comme d’habitude, le méchant ensuite le gentil.

Plutôt que, j’ai une déception dans ce rp. Ici, j’ai clairement l’impression que le second sans-coeur en impose beaucoup moins que l’premier. En plus, le gars, c’est une sorte de centaure (pour pas trop en dire dans le commentaire) qui en impose par l’apparence ! Néanmoins, il est moins percutant dans c’qui est du combat. Alors que la guêpe avant, elle a foutu Naran dans l’mal. D’autant que, dans l’impact du texte, Naran et Batu l’affronte alors qu’ils sont exténués et galère à cause de ça. Tu vois c’que j’veux dire ? Si elle avait eu le Roi avant, j’ai l’impression que Naran aurait eu plus facile qu’avec la guêpe.

Donc, voilà. C’est l’impression que j’ai à la fin de lecture. Tout ça pour donner le conseil suivant, si tu veux t’y donner, balancer la totale ! Genre, Naran, elle gît sur le sol et prête à s’évanouir avec une flèche qui la transperce de part en part ainsi que la moitié du visage arrachée. Pas pour dire qu’il fait exagérer, plutôt qu’il faut se mesurer selon la difficulté que tu veux te donner.

Là, j’ai l’impression d’avoir donné plein de négatifs et que ton rp n’a que ça et c’est faux. Là, j’vais être gentil.

L’idée de l’épreuve de chasse, qu’il se réunisse à cette période à l’instant de la St Patrick, j’adore. Le défi que tu avais avec ce texte, c’était d’intégrer l’idée à ton contexte et j’trouve que ça été bien fait. Mention spéciale au sans-coeur dont tu ôtes le chapeau. Aussi, le combat monté. En soit, j’estime que c’est une expérience parce qu’il te faut juger la distance parcourue par l’animal, savoir combattre en même temps et les gestes à faire durant les actions. Ouais, c’était bien !

Ce que j’aime aussi, que j’trouve rigolo, c’est quand nous faisons la différence des pensées de Naran et de ce qui se passe. Dans l’idée où, elle parle des traditions ou des relations. Ici, nous avons la chasse avec Batu et nous ressentons clairement une complicité entre eux. Alors, certes, c’est celle qui est le plus développé. Mais quand on t’entend parler des huns, on ressent bien plus le côté impitoyable alors qu’ils sont plutôt. Bref, j’trouve ça marrant à comparer.

Finalement, j’crois que c’est l’point le plus intéressant, c’est la mythologique que tu donnes. Par rapport au chaman et aux moeurs du peuple que tu représentes. C’est intéressant et j’ai envie de croire que c’est la réalité, tu vois c’que j’veux dire ? Tout le mysticisme. Bref, j’suis curieux. Aussi, c’est assez différent des textes des autres, très « serious business » par rapport au Sanctum. Sauf que j’aime ça aussi, faut pas non-plus constamment tout tourner en ridicule.

St Patrick accomplie !


Périlleux : 35 points d’expérience + 930 (bonus St Patrick 310x3) munnies + 3 PS ! Deux en Symbiose et un en Défense.

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