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le Jeu 8 Mar 2018 - 23:11

GOSHÉNITE



Informations

  • Nom Goshénite

  • Race Gemme

  • Minerai Variété de béryl

  • Formule chimique Be3 Al2 Si6 O18

  • Échelle de Mohs Dureté 7.5 - Tenacité 8

  • Camp Lumière

  • Monde d'origine Colysée de l'Olympe

  • Grade désiré Lieutenant




La légende de Fygás, l'île fugitive


Un mythe étrange surgit de temps en temps entre les lèvres des Grecs. Presque un murmure dont le sujet intrigue autant qu'il effraie. Une fable mystérieuse et inconnue, or assez inquiétante pour que sa simple énonciation fasse froid dans le dos. Une fascination qui effarouche.
À chaque solstice d'été, deux lumières sont visibles depuis la mer, si l'on se trouve au bon endroit pour les observer. L'une après l'autre, ces lueurs naissent sur les flots pour aussitôt mourir.
Une île. Une bribe de terre qui, tous les ans, se déplace de façon surnaturelle dans ce phénomène étincelant. Elle aurait la forme d'un reflet de bille au multiples branches ou d'un croissant de lune. Une unique plage centrale bardée de falaises et de récifs, une zone dangereuse pour les navires. Comme pour garder quelque chose de précieux. Peut-être est-ce la flore, car on peut aussi apercevoir les larges collines et plaines verdoyantes qui dominent ce havre au milieu des vagues.
C'est du moins ce que racontent marins et aventuriers qui ont eût l'audace ou la chance d'apercevoir cette singularité.

Toutefois, il y a plus de rumeurs que de concret. On ignore les origines de cet îlot, or, les ragots sur son contenu vont bon train. Les seuls personnes qui s'y sont rendues sont revenues sans le moindre souvenir de leur escale là-bas, comme si ils n'y avaient jamais débarqués.
Ce serait un endroit maudit, hanté par cadavres et squelettes chtoniens, les survivant préférant oublier cette terrible rencontre. Ou alors, un immense trésor y serait caché et, quiconque viendrait s'en emparer serait frappé par la colère des dieux, voir d'amnésie.

Bon nombre de locaux faisaient fi de ces ridicules théories, sauf bien sûr quand cette île énigmatique était visible depuis leurs berges, un vent préoccupant leur soufflant au visage pendant une année entière. Ce qui n'était pas au goût de Cilix, un soldat fringant et en pleine forme, comme on en fabrique dans l'armée. La sécurité des civils étant sa principale considération, dans un élan d'héroïsme, il se sentait obligé d'enrayer cette angoisse globale. Folie que lui répétaient les autochtones. Il s'en fichait. Le peltaste n'allait pas se laisser intimider pour une poignée de racontars ou des soi-disantes créatures. Pourtant, il se questionnait vraiment. En interrogeant les rares quidams courageux qui ont déjà fait ce voyage, n'en ont pas une bribe. Pensant qu'on se payait sa tête, c'est inconsciement et trop déterminé, que le guerrier s'en alla découvrir la vérité.

En trois jours, d'étape en étape, en suivant les directives d'insulaires, il l'avait trouvé. Accoster était une tâche plutôt difficile, des hauts-fonds visibles et des roches tranchantes. Il suffisait de suivre les berges et les falaises pour éviter cette protection naturelle pour se retrouver sur la seule grève, au centre de ce cercle terrestre. Rien de particulier une fois sur la rive. Juste du sable, prédominé par une végétation inapprivoisée. Pas une trace d'homme y ayant mis les pieds.
Glaive à la ceinture, Cilix s'aventura plus profondément dans l'île. Le bruit de l'herbe écrasé sous ses sandales, le souffle marin. Un paradis naturel décrit par ses plaines à perte de vue. Pas de quoi affoler les petites gens.
Soudain, un bruissement près de lui. Se retournant aussitôt en dégainant, il s'approchait prudemment. Un froissement, provenant d'un amas de mauvaises herbes. Un scarabée. Ce n'était qu'un gros insecte qui s'envola au dessus de sa tête. Soupirant, cette région n'avait rien de dangereux pensait-il.
Un autre bruit, juste derrière ces hautes herbes. Deux longues tiges pâles filiformes, tendues vers le ciel, surgissèrent de la prairie brusquement. Des mains aux doigts extrêmement fins, des bras grêles blafards. Un baillement. Quelqu'un. L'aventurier n'était pas seul. Y regardant de plus près, avec beaucoup de prudence, armé.
Il n'avait jamais rien vu de pareil auparavant.
Une enfant. Non, une adolescente. Chétive, svelte à en faire pâlir les effigies à la gloire d'Aphrodite. Curieusement grande, pareil à un fil de soie. Une tenue étrangère monochrome, ce n'était pas le genre d'accoutrement que l'on pouvait voir sur l'archipel, proche des vêtements plus complexes des étrangers. C'était surtout les cheveux de cette indigène qui interpellèrent Cilix. Des plaques lisses, brillantes et dansant avec l'alyzée. De la pierre ? De la pierre précieuse ? Qu'est-ce que c'était ? Une sorte de couvre-chef ? Les reflets turquoise et réfléchissant la lumière du soleil ne pouvaient en trahir la nature. Qui était donc cet être à la fois contrastant le paysage à la fois se mariant avec la poésie du décor ?
Normalement, on se devait d'engager la conversation de façon courtoise. Mais, poussé par un coup de sang, voir l'avidité de l'homme, il voulait s'en emparer, la ramener avec lui pour la gloire de cette découverte voir les montagnes d'or qu'il en tirerait. La fille insolite se retourna vers lui, brillant de plus belle. Le fixant de ses grands yeux verts marins fatigués, de longues secondes gênantes s'écoulèrent en silence, avant qu'elle réalise la situation. Son visage se décomposant brusquement, elle s'écria apeurée :

« Un humain ! »

Sans perdre une seconde, l'être de pierre précieuse décampa, s'enfonçant plus profondément dans l'île à travers le sempiternel champ herbeux. Le visiteur était bien sûr à sa poursuite, sans trop se poser de questions. La créature humanoïde courait de tout son souffle, elle n'avait vraiment pas l'air sportive au bruit de ses râles et de ses plaintes. Or, Cilix le savait, il en était persuadé, cette chose étincelante était la clé du mystère de cet endroit. Après quelques mètres, la gemme terrestre s'arrêta pour se reposer un instant, et surtout rassurée. Elle fit un signe de main devant elle comme pour prévenir quelqu'un :

« Ah ! Vous voilà ! dit-elle complètement essoufflée. Prenez le relais, moi je... avalant sa salive avec beaucoup de mal face à l'effort. Je vais rester là et... Et reprendre mes esprits. Je vous fais confiance ! s'effondrant exténuée sur le sol.
- Phos ! Est-ce que ça va ? Il ne t'a rien fait ? répondit un autre à son congénère évanoui, avant de se faire couper par l'empressement de son coéquipier. Bort ! Non ! On ne doit pas intérargir avec les humains ! On doit attendre le maître ! »

Depuis le début, elles appellaient le visiteur Grec, un humain ? Ces choses n'étaient vraiment pas ordinaire, il fallait se méfier se disait le soldat. En effet, l'une d'entre elles venait de surgir, cheveux courts, aussi brillants qu'un coucher de soleil, restant auprès de sa semblable. Alors qu'une autre les avaient complètement ignorées en fonçant sur le pélerin indésirable. De larges lamelles noires décrivant des cheveux lisses plus opaques que ses soeurs, arrivant presque à ses pieds.



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