Feuille de personnage
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le Dim 11 Fév 2018 - 1:32
[MINI-SERIE]

Les joues d’Alice virèrent au rouge. « N — non ! Vous êt’ indécent. » protesta-t-elle.
« — Depuis quand tu me vouvoies ? 
- Tu t’entends aussi..?
- Alice, si t’as pas braqué ton père pour c’truc j’sais pas comment tu l’as eu. Et si t’as braqué ton père, tout’ la campagne d’Mornevie à ici doit êt’ à feu et sang. »

Ian Goguen esquissa un sourire. Il avait rejoint les ordres, oui, mais cela ne l’empêchait pas de se faire taquin, lorsque l'occasion se présentait. Et quelle occasion ! Alice Arsenault, ni plus, ni moins, était venue le trouver. Une petite jeune fille originaire du même patelin que lui. Et elle avait fait le voyage jusqu’à la Citadelle.

Un long moment passé en compagnie d’un paysan bedonnant, serviteur incontesté de la carotte tant il en cultivait.

Une. Torture.

L'aspirant était surpris, en un sens. Alice et lui n’étaient pas amis. Et... elle n'avait pas de raison de le visiter. Ce, même s'ils partageaient quelque chose. Le secret. Agon Wiley avait fait quelque chose pour chacun d’eux. Aucun ne savait exactement quel arrangement il avait concocté pour l’autre. Mais tout jeunes qu’ils étaient, ils n’étaient pas stupides. Ils savaient qu’un lien tacite, invisible, les reliait. Un évènement qu'ils avaient partagé, des circonstances qui les avaient changé.

Ils n’étaient cependant pas amis.

Alors Ian ne s'attendait pas à voir Alice Arsenault débarquer. Ils n'avaient dû leur dernier moment ensemble qu'au père de la jeune fille, qui avait manqué de la frapper. Le prêtre Wiley (encore lui) lui avait alors ordonné de partir rejoindre l’aspirant et un templier à l’auberge de Mornevie.

« — Je peux quoi pour toi ? C’est pas pour moi ça j’imagine.
- …. non en effet… laissa échapper Alice d’un air gêné.
- On dirait une gosse prise la main dans la confiture. Et après t’es surprise que j’t’imagine faire des infidélités à William ?
- On est ni mariés ni fiancés. »

Son ton sonnait comme un reproche. L’aspirant fronça les sourcils d’un air perplexe. Il fallait être un idiot pour ne pas se douter de l’amourette Alice Arsenault/William Bourget. Les descendants de deux familles paysannes ennemies ! Une véritable blague… L’un comme l’autre se trouvaient être de mauvais menteurs qui plus était.

En temps normal, la jeune fille se serait offusquée que Ian puisse oser dire une chose pareille. Elle se serait énervée comme une petite vieille au marché.
Pourtant Alice ne lui avait opposé qu’une défense bien faible. De n’être pas marié, ou fiancé… voire même n’avoir aucun espoir de l’être un jour… n’avait jamais été un problème.

Ian les avait d’ailleurs trouvé bien cons, fut un temps.

« Tu veux en parler ? » risqua-t-il. S’il devait un jour porter sa soutane de prêtre, il fallait qu’il commence à écouter autrui. Plus encore, qu’il encourage à parler. De se confier soulageait, avait-il fini par apprendre. C'était en gardant ses doutes et ses ténèbres en son coeur, que ce dernier s'assombrissait. Parler, c'était un premier moyen de s'exorciser l'âme.

« Non. »

Ian prit une inspiration légère.

« Enfin pas pour le moment… je… »

Il la laissa prendre son temps. Chercher ses mots.

« Je cherche Fabrizio Valeri. »

Que… quoi..? « Pardon ? » Mais… mais… « Pourquoi ? » — D’où cherchait-elle Fabrizio Valeri ? Que lui avait fait Fabrizio Valeri ? — Ian regardait tout autour d’eux. A cette heure, la vaste majorité des aspirants n’étaient pas dans leurs cellules. Le jeune homme n’y était que parce qu’il travaillait sur une thèse commandée par son superviseur. Quant à celui qui avait accompagné Alice jusqu’ici, il s’en était allé.

« — Je voulais le remercier… pour la dernière fois. Pour Mornevie. Je voulais aussi remercier M’sieur Agon mais…
- Il n’est pas au Domaine actuellement, répondit-il rapidement.
- M’sieur Valeri ?
- Non, le prêtre Wiley.
- Ah, oui. Je sais. On me l'a dit. Enfin… cela attendra pour lui donc. Mais j’ai ça pour Valeri. Le Templier m’avait donné l’information… donc… j’ai travaillé dur pour avoir de quoi le commander. J’voulais faire d’une pierre deux coups mais je trouverai un autre moment pour M’sieur Agon.
- Le Templier ? Rhys tu veux dire ? Quelle information ? »

Rhys. Un Templier au sourire inaltérable. Un gars à la présence légère. Rassurant. Voilà un temps que Ian n’avait pas entendu ce nom. Il avait entendu dire que l'homme d'armes était considéré comme décédé, ainsi que deux aspirant-templiers, lors d’une mission au Palais des Rêves… mais que personne n’avait pu être envoyé pour le vérifier.
Un manque d’effectifs cuisant. Le Sanctum… tout était à reconstruire. L'aspirant ressentit comme un pincement au coeur.

Le Palais des Rêves… n’était-ce pas où se trouvait A —

— Alice glissa quelques mots à l’oreille de son interlocuteur, chassant ses pensées.

Deux soucoupes vinrent remplacer les yeux du jeune homme. L’information était comme difficile à avaler. « Ah… ah ?! »

« — Tu le savais pas ?
- Comment je pourrais ? On est pas... proches. 
- Oh. Eh bien… tu sais. Maintenant. Donc. Je peux le trouver où ?
- Il doit être en ville. Mais j’imagine que je peux faire jouer mes contacts pour que tu laisses ça dans sa cellule…
- Tes « contacts »… laissa-t-elle traîner en levant les yeux au ciel. On dirait un chef de bande.
- Débrouillard et serviable, la clef de tous les succès.
- Débrouillard, peut-être. Mais depuis quand t’es serviable toi ?
- … merci. »

Elle sourit comme Ian ne l’avait jamais vue sourire. Fière de son méfait. L’aspirant sortit de sa chambre, résigné. « Suis-moi. » Il n'allait pas laisser sa jeune camarade sur son pallier toute la journée.

Il fallut parcourir la Citadelle de part en part ;
Passer par le Templier Damien, qui les renseigna sur la position du Héros de la Citadelle ;
Questionner Aubrey Lockhart, afin qu'elle leur confirme l'emplacement de sa cellule ;
Divertir l’Archiviste Heltzer, qui les surprit au détour d'un couloir ;
Et même soudoyer André Lexkins, le médecin, pour qu’il leur trouve une clef et garde le secret jusqu'au soir.


Aile Est. Troisième Etage. Troisième cellule sur votre gauche en prenant les escaliers menant aux cuisines.


Moins d'une minute. Tout était prêt. Les deux jeunes gens sortirent de la pièce aussi rapidement qu'ils y étaient entrés.


Dans la cellule de Fabrizio Valeri trônait désormais un superbe gâteau. La fine fleur de l’artisanat de Mornevie ! Déposé avec soin, confectionné avec application ! Y avait-il chocolat plus goûteux ?! Plus somptueux ?! On put en douter.
Alice, comme bien d'autres, se sentait devoir remercier Fabrizio Valeri. Mais elle avait trouvé la bonne occasion.

Une petite carte avait été laissée à l’intention du Héros de la Citadelle. Elle l'avait signée, bien qu'elle douta un instant qu'il se souvienne d'elle.

        A Monsieur Fabrizio Valeri
        — Joyeux anniversaire.

        Qu'Etro vous veille. Que Triton protège votre foyer et ceux que vous portez en votre coeur. Puissiez-vous avoir une année heureuse. Je prierai pour vous.


        Alice


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