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Mer 7 Fév 2018 - 17:24
« Un sucre ou deux Madame Song ? » dit la voix féminine, me tirant de mes pensées.

Je ne suis pas vraiment dans un environnement sympathique ce soir. Il fait nuit depuis un petit moment, seules les petites lumières autour de la terrasse éclairent le jardin. Madame Zarrogona m’a invité à prendre le thé après l’heure du dîner, un geste plutôt appréciable, surtout pour pouvoir parler affaires.

Ce qu’elle a oublié de préciser au téléphone, était qu’il y aurait également mon pire adversaire à la Costa del Sol : Monsieur Pasdemont. Ce dernier ne s’est probablement pas remis de mon petit tour de chantage pour le contraindre à ce qu’il ne s’oppose pas frontalement au grand projet immobilier de la Shin-Ra.

Nous voici donc autour de la même table, en compagnie de deux autres notables de la côte : Marcel Panini, un promoteur doublé d’un gestionnaire de petites entreprises de pêche peu rentables, c’est en effet lui qui semble être un homme très proche de Pasdemont ; et Juan-Lucas Belmarton, un riche héritier plutôt beau garçon qui n’est pas dénué d’intelligence paraît-il.


« Sans sucres, je vous remercie. » répondis-je à Carla.

Après les banalités pour tenter de vaincre le malaise : la météo, un groupe de jeunes qui a fait un peu trop de bruits l’autre jour dans le centre-ville, la température qui s’est rafraîchit par rapport à l’année dernière, nous nous enfonçons peu à peu dans nos sièges tandis que Madame Zarrogona, toute souriante, nous sert le thé.

« Alors comme ça vous venez de la Terre des Dragons, Madame Song ? » demande la jeune fortune.

Quelle perspicacité. Je me demande si ce sont mes yeux en prune qui m’ont trahi ou si c’est ma qipao modernisée que j’ai mise ce soir.

« En effet, Monsieur Belmarton. Je viens d’une ville de province, dans les montagnes du sud.
- Vous pouvez m’appeler Juan-Lucas, entre personnes de bonne société.
- Très bien… Juan-Lucas. »

Un échange bref, poli mais sans saveur quelconque. Je sens que la soirée va être longue, très longue. Surtout que Carlos Pasdemont fait toujours la tête comme un enfant de six ans à qui l’on a pris sa sucette.

« Comment vont les affaires de votre côté ? » s’interroge Marcel.

Question piège et bien trop évidente. Je sais qu’il est en relation commerciale avec Pasdemont, je ne vais pas dire ouvertement ce que je pense tout bas. Lorsque vous êtes en présence de personnalités appartenant au monde du commerce, ce n’est pas une bonne chose de dire que son affaire va mal, ou qu’elle se porte admirablement bien. Il faut exercer une certaine retenue.

« Ma foi, je n’ai pas à me plaindre. La Shin-Ra fait de nombreux profits, et ils ont tendance à s’accroître ces derniers temps. Nos investissements ont une bonne cote je pense.
- Vous devez avoir un sacré salaire alors ! »

Si seulement. Certainement la remarque la plus pertinente depuis le début de cette rencontre gênante : je ne suis pas payée à hauteur de ce que j’accomplis ici, c’est certain. Sans compter que le Président me doit bien plus qu’un simple salaire, bien plus. Mine de rien, si je suis devenue ce que je suis aujourd’hui, c’est sa faute. Du moins, en partie.

D’un autre côté, je reconnais que je n’ai pas un sort misérable. J’ai tout de même plein pouvoir sur les affaires courantes ici, à la Costa del Sol. Ce qui inclut que je pourrai enfermer n’importe quel trouble-fête sur un coup de tête sans devoir rendre de compte à personne. Comme quoi la vie est faite de surprises.


« Je n’ai pas à m’attrister sur mon sort. Il y a pire que moi, c’est certain. »

Je profite de la fin de ma phrase pour boire une gorgée de thé bien chaud. L’odeur du jasmin emplit mes narines et m’offre une pause agréable. Je bois le liquide qui remplit ma bouche d’une délicieuse saveur, un brin revigorant si vous voulez mon avis. Il s’agit d’un thé de qualité.

Carla s’assoit et après un nouveau long moment de silence.


« Messieurs, et surtout vous Madame Song, si je vous ai invités ce soir, c’est pour vous proposez... Une idée. Un projet. »

Ah, Carla se met enfin à table. Je crois que je n’étais pas vraiment la seule à m’impatienter vu la merveilleuse ambiance qui règne sur cette terrasse.

« J’en ai déjà discuté avec Carlos et nous sommes tombés d’accord Madame Song : la Costa del Sol n’a pas besoin, fondamentalement, de la Shin-Ra. »

La remarque tombe comme le jugement d’un tribunal. Et il semble sans appel vu le ton employé. J’espère que cette vieille peau a une bonne raison de dire des mots si extrêmes, sinon je vais lui faire connaître un traitement semblable à celui de mon ancienne théière. La glace en moins.

Je suis sur la défensive et elle le voit. Elle sourit et s’empresse de rajouter.


« Mais rassurez-vous, Madame Song. Nous avons besoin de vous. En tant que femme, en tant qu'entrepreneur. »

Si c’est pour me rassurer, c’est mal parti. Il va falloir faire mieux Carla. Je vois un léger sourire qui se dessine sur son visage, comme augurant quelque chose de positif. J’ai tendance à me méfier des expressions de joie trop soudaines.

« Voyez-vous… La Costa fonctionne bien comme elle est. Certes, la sécurité de la Shin-Ra est utile pour le maintien de notre vie ici… Mais des grands projets immobiliers ? Une présence économique croissante ? C’est déraisonnable voyons ! Nous allons tous finir sans business si cela continue ! » dit-elle, pouffant de rire, sous le ton de la plaisanterie.

Je vois que Pasdemont croise les mains, me regardant du coin de l’œil. Il attend ma réaction avant de parler. Manifestement, la négociation revient à sa complice féminine.


« Nous vous proposons une meilleure idée. Vous êtes la responsable de la Shin-Ra ici bas : demandez donc à votre Président Rufus de vous confier l’usufruit des actifs de l’entreprise à la Costa et créer votre propre entreprise pour les gérer. Ainsi, les prochains investissements seront sous votre nom et non celui de votre compagnie interstellaire.
- Et que gagnez-vous tous dans ce scénario ? »

Les vraies questions doivent être posées. Il s’agit clairement d’un projet où ils ont un avantage, quelque part. Jusqu’à présent personne ne s’était plaint de l’expansion de la Shin-Ra mais j’imagine que nos grands projets récents ont pu perturbé certains investisseurs et notables de la Costa qui peuvent se sentir lésés. Ils veulent participer plus à l'extension de l'économie locale.

« Nous investissons dans votre entreprise, et ce qui est à Costa reste à la Costa. Vous serez la présidente bien sûr, nous ne serons que d’honnêtes investisseurs… Nous préférons travailler avec des gens d’ici, plutôt qu’avec une compagnie qui peut nous « gêner » à tout moment ou détruire nos business à cause d’un manque de connaissances du terrain. Vous comprenez ?
- Vous noterez que je ne suis pas d’ici, comme Juan-Lucas l’a fait remarqué. J'ai été envoyée par mon employeur.
- Mieux vaut vous qu’une autre personne. Et puis au final ma chère, c’est plus une histoire de structure qu’autre chose !
- Je n’étais pas vraiment au courant que l’on venait pour cela… Je pensai plutôt inviter Madame Song à dîner… Mais oui, pourquoi pas pour l’entreprise ? 
- Au moins vous avez l’air de savoir tenir un budget et gérer un nombre important d’employés. Je dirai, que c’est une excellente idée. »

Je passe la remarque de Belmarton pour rester dans le sujet. L’idée a ses charmes. En soi, leur proposition n’est pas mauvaise, et elle ne devrait perturber que faiblement Rufus : il s’agit d’un transfert d’usufruit, la nue propriété demeure à la Shin-Ra sur les infrastructures actuelles. Mais je ne vois pas pourquoi je devrais faire cela. Cela me semble être surtout une bonne excuse pour le président de me révoquer de mon poste pour y placer quelqu’un de beaucoup plus docile.

Je porte mon regard sur Carlos Pasdemont. Je veux connaître son avis et son point de vue sur cette suggestion. Après tout, c’est certainement celui qui a le plus de choses à me reprocher autour de cette table. Sa réputation en a pris un coup avec ma menace de révéler son affaire avec une dame autre que sa femme.

Il reste muet, pour le moment. Nos yeux se croisent comme jaugeant l’autre. Ce n’est pas un homme avec une grande énergie se dégageant de lui. Son apparence banale pourrait le rendre peu important, pourtant ses affaires lui profèrent une certaine aura. Il ne gère pas un kebab à côté de la plage, nous le savons tous. Il s’avance un peu sa chaise, comme pour signifier son entrée dans la conversation.


« Jouons cartes sur table, Madame Song et vous autres… Je n’étais pas favorable à cette idée. »

Le contraire m’aurait fortement étonné tiens.

« Cependant… »

Sa moue boudeuse accompagnant ce mot marque la conclusion d’une réflexion longue. Cela me laisse penser qu’ils ont dû manigancé cette rencontre longtemps à l’avance et l’inauguration du nouveau centre commercial a dû leur créer un prétexte, une occasion de pouvoir m’approcher de très près et de m’attirer dans leur petit conseil.

« Cependant, il est clair que vous présentez une solution d’investissement plutôt satisfaisante pour de nombreux partis à la Costa. Le problème que nous avons, et vous allez le comprendre de part sa simplicité, c’est que nous ne voulons pas mettre nos œufs dans le même panier. »

Pas la peine d’être un génie des finances pour appréhender ce concept fort simple : la diversification. Lorsque vous êtes un investisseur éclairé, vous ne confiez pas tout votre argent à une seule personne ou une compagnie. Pourquoi ? Tout simplement car si dans notre cas, la Shin-Ra ne peut pas tenir ses engagements de dividendes ou de retours sur investissements, hé bien vous perdez. Parcontre si vous avez, mettons, la moitié sur la Shin-Ra et la moitié ailleurs, le risque d’avoir une somme négative diminue.

« Si je suis votre pensée, la Shin-Ra vous convient, cependant vous préférez mettre une partie de vos œufs ailleurs pour réduire les risques et diversifier votre portefeuille. Et manifestement, vu que je suis ici, vous souhaitez que ce soit moi qui crée une entité distincte, bénéficiant de nombreux avantages et d’une certaine sécurité dus à mes connexions avec le Vaisseau-Mère tout en ayant une « indépendance » vis-à-vis d’elle.
- C’est une solution, en effet… Qui a un certain intérêt pour nous et d’autres certainement. »

Le projet est simple, mais théoriquement viable. Sans compter qu’au final, c’est plus une question juridique et économique que politique. L’idée pourrait même plaire à Rufus. Mais elle me séduit de plus en plus également. Avoir une certaine indépendance, tout en continuant à agir pour la Shin-Ra de manière plus officieuse, cela a son charme.

Mon avarice et mon ego ressurgissent dans ma tête, me faisant miroiter les possibilités que cela pourrait m’apporter. La Costa del Sol, un magnifique terrain de jeu pour exercer mon influence. Le pouvoir a ses bons côtés, il en a aussi des mauvais : nous cherchons toujours à agrandir ce dernier, d’une manière ou d’une autre, en se fixant des règles, ou pas. Je dois rester concentrée.


« Que diriez-vous de passer au salon ? Le fond de l’air est frais ! »

Carla interrompt momentanément notre discussion. Les invités hochent la tête et je décide de les suivre à l’intérieur tandis qu’elle récupère son plateau avec nos boissons dessus. Nous passons les baies vitrées et nous rejoignons un petit salon avec un canapé et des fauteuils très confortables. Un endroit parfait pour continuer notre conversation, cette fois-ci à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes.

« Qu’en pensez-vous Madame Song ? Notre proposition est forte alléchante ! »

Bien sûr qu’elle est ! Cependant, toute enthousiaste que vous êtes ma chère Carla, je ne suis pas née de la dernière pluie et il y a un détail qui ne m’échappe pas : la hauteur de leurs participations dans cette hypothétique entreprise.  S’il y a bien une chose que le Président ne laissera pas passer, c’est bien celle-là.

« Difficile de ne pas être intéressée. Il reste cependant un point que vous n’avez pas cité jusqu’à présent : quelle serait votre la hauteur de votre contribution dans ce projet entrepreneuriale ? »

Elle me répond par un sourire plus artificiel que la poitrine de Natacha du service Marketing du Vaisseau-Mère. Je devine donc que c’était le fameux « point de détail » dont il ne fallait pas parler tout de suite. A vouloir trop me vendre leur projet, ils ont fini par s’enrouler les pinceaux. C’est Carlos qui reprend le flambeau.

« Vu qu’au final, vous n’avez que votre nom et votre poste, nous avions pensé vous proposer 50-50. Nous partageons les 50 entre nous, et vous gardez les 50 restants. »

Je comprends mieux pourquoi ils n’en ont pas parlé tout de suite. Soit ils sont très mauvais en négociation, soit ils font exprès de surestimer leurs attentes pour avoir une marge de manœuvre par rapport à ce qu’ils souhaitent vraiment. Je sens que la tension monte d’un cran de leur côté tandis que je me régale de voir que j’ai un intérêt tout particulier pour leurs affaires.

« Bien sûr, toute chose est négociable. » tente t-elle de rajouter plus ou moins maladroitement.

Pendant qu’ils s’agitent sur leurs fauteuils en attendant ma réponse, j’en profite pour réfléchir à une solution raisonnable : 50-50 ? Hors de question. Il faudrait être fou pour accepter un tel accord. Ils vont acheter leurs parts et investir dès le début de la compagnie : ils prennent des risques, mesurés, mais tout de même. Le meilleur scénario pour moi serait un 70-30 : je garde la part largement majoritaire, compensée par les revenus de la Shin-Ra à la Costa, et eux conservent un poids, certes léger, qui leur garantie plus de sécurité et moins de demandes de financement de leur part. Mais c’est peu vraisemblable qu’ils acceptent aussi peu. Divisés par quatre, cela ferait 7.5% chacun, si on part du principe qu’ils investissent équitablement.

« Vous avez vous-même dit que j’étais un facteur de sûreté pour vos investissements. J’apporte bien plus qu’un simple nom et des connections. Je vous amène sur un plateau d’argent des revenus presque garantis et une expertise dans les affaires commerciales que vous ne trouverez pas ailleurs en un temps aussi court. » dis-je, tout en restant la plus amicale possible.

Ce début de réponse annonce une suite, et mes investisseurs semblent être très attentifs désormais.

« Au vu de ces circonstances, je vais devoir vous demander une offre plus équilibrée, correspondant beaucoup plus à la réalité de notre situation. »

Et la balle est de retour dans leur camp. Vous savez, ce qui est formidable dans ce genre de négociations, c’est lorsque vos interlocuteurs n’ont pas préparé une stratégie claire, ce qui fait qu’ils hésitent et ne savent pas exactement ils veulent descendre dès ma première remarque. Carla, Carlos et Marcel échangent quelques regards faussement contrôlés :

« Nous avions déjà pensé à cette éventualité. »

Mon œil oui.

« Peut-être que nous pourrions descendre à 55-45 ? Cela est plus équitable selon vous ? » dit-il tout en ramenant sa main pour frotter son menton.

« Peut-être. » dis-je, nonchalante.

Et voici que rentre en scène une petite technique de négociation chinoise : tant qu’on ne dit pas « oui », l’accord n’est pas conclu. Et encore, je passe les étapes protocolaires. On n’abat jamais ses cartes trop vites, notamment dans un contexte comme celui-ci où ce sont eux qui cherchent à me convaincre de retenir leur idée.

Un petit vent de panique s’accompagne de ma dernière réponse. Les jambes se décroisent pour se recroiser ensuite, les yeux vont dans tous les sens, certains ont les mains moites. Je peux ressentir leur malaise : que dire ? Proposer un nouvel accord ? Conservez nos positions ? Négociez plus froidement aux risques de me perdre ? Acceptez de baisser un peu plus notre part au risque de gagner moins de revenus.

Par curiosité, je projette mes sens psychiques pour sentir s’il y a d’autres présences dans la maison de Carla. Sait-on jamais, peut-être ont-ils prévu un autre invité ou une surprise moins agréable en cas de complications durant les négociations ? Heureusement, ou malheureusement c’est selon, je ne ressens rien. Dommage.


« Bon, on ne va pas non plus tergiverser pendant des années : 60-40 et on en parle plus ?
- C’est votre dernière offre ?
- Pourquoi ?
- Par curiosité. »

Je l’ai un peu agacé semble t-il. Il devient un peu rouge, sa tension a dû monter un peu. Je ne vais pas donner un accord comme ça, sur un coin de table. Je vais les faire mariner un peu, pour voir s’ils me rappellent avec une meilleure offre. C’est ce qu’il y a de mieux à faire, et en attendant je peux commencer à préparer le dossier à envoyer au Président pour exposer le projet. Leur idée, si je la tourne correctement à ma sauce, pourrait être merveilleusement intéressante pour la Shin-Ra… Et surtout pour moi-même.

« Vous comprendrez que je ne peux vous donner un accord aussi rapidement sans en avoir consulté la présidence. Je vais voir ce que je peux faire. Je vous remercie par ailleurs pour ce rendez-vous très charmant Madame Zarrogona. » dis-je, avenante.

L’atmosphère se détend un peu. Ils savent que je ne rejette pas complètement leur proposition, mais ils ne sont pas encore sûrs du résultat. Je ne vais pas m’éterniser ici. Je vais les laisser discuter entre eux, ils ont certainement beaucoup de choses à se dire.

« Il se fait tard. Je vais vous laisser. Je recontacterai Madame Zarrogona si j’ai des nouvelles, dans le cas contraire, vous savez où me trouver. Messieurs. »

Je me lève et salue chacune des personnes présentes avec un grand sourire, sans jamais leur tourner le dos. Carla me raccompagne à la porte.

« Rentrez bien, Madame Song !
- Merci, passez une bonne fin de soirée et merci pour le thé.
- Je vous en prie ! A bientôt ! »

L’entrée se referme et je me retrouve seule dans un arrondissement chic de la Costa, un parmi tant d’autres.
Je marche dans les rues presque silencieuses, mes hauts talons résonnant sur les pavés encore un peu chauds après la chaleur accablante du jour. Le bruit lointain de la mer faisant écho, quelques oiseaux de nuit chantant leurs airs de charme. Je regarde quelques maisons, certaines sont très belles. Je crois que celle du fameux Chocolamancien n’est pas très loin d’ici, le quartier me rappelle quelque chose. Il faut dire que je n’ai eu le temps de mémoriser vu la course-poursuite que nous avions eu avant. L’éclairage public me permet de rentrer tranquillement. Au coin d’une allée, je croise une patrouille de deux agents de sécurité.


« Bonsoir Madame Song ! On peut vous aider ? »

Dites donc, je commence à être connue dans le secteur. Vous me direz, ils ont plutôt intérêt vu mon caractère. Pour une fois, je suis de bonne humeur, je vais me montrer sympathique.

« Bonsoir ! Non merci, je rentre à mon hôtel. C’est gentil.
- Très bien ! Bonne soirée à vous ! »

Après un sourire de circonstance, je reprends ma route pour revenir à ma chambre transformée en bureau. Il va vraiment falloir que je trouve un vrai logement à la Costa del Sol, cet endroit provisoire est remplie de dossiers papiers, de quelques ordinateurs et d’un pauvre lit qui malgré son matelas très confortable, est un peu perdu au milieu de tout cet environnement professionnel.

Je ferme la porte à clefs. Je fais un brin de toilettes et je me mets au lit, satisfaite d’une longue journée de travail accomplie et d’une petite réunion informelle avec de potentiels investisseurs. Tout se passe pour le mieux pour l’instant, et c’est toujours un certain plaisir d’avoir un plan qui se déroule sans accrocs.

Alors que je m’endors, je ne cesse de penser à cette proposition. Il va falloir que j’y réfléchisse sérieusement pour qu’elle soit le plus possible à mon avantage. Trois acteurs : moi, Rufus et les investisseurs. Deux enjeux : de l’argent et de l’influence.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais il est pourtant plus confortable de pleurer dans une voiture de luxe que sous un pont.
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