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le Ven 26 Jan 2018 - 16:37
Ah beh ouais. Ouais forcément. L’aut’con qui parlait et qui v’la qu’il a pas annoncé ? Jecht, putain… Genre t’sais… Jecht. Celui qu’a défoncé le Sanctum ? Celui qu’a défoncé la cheffe de la lumière ? Celui qu’a ravagé des villages entiers et des putains d’concessionnaires, tout nu ? Ouais, à chaque fois, moi.
Mais j’étais pas vexé qu’ces gros connards aient rien consacré à ma putain d’légende, non… J’suis une star subtile, moi. Faut s’renseigner pour connaître mon nom. Ah ça, des malins pour parler d’comment Jecht était fort au blitzball, y en a. Mais le gars qu’a compris que c’est Jecht qui a défoncé la lumière, le sanctum, qu’a vaincu Hercule… il est pas encore v’nu au monde. Putain alors qu’j’suis l’gars qu’a jamais rien caché, ça m’tue.

‘Fin jamais rien caché.

Non, j’étais pas vexé. Puis y z’auraient trouvé quoi comme attraction ? Une bataille de bars ? Un bras de fer contre un faux moi ? Putain tu plaisantes. Qu’est-ce que tu veux… C’est des artistes. Ca, pour te faire des batailles d’oreillers contre Ariez, ils sont forts mais pour représenter la vraie violence, la Jecht violence, ils ont pas le niveau, laisse béton. Non puis, t’habilles une meuf bonne en Ariez, tu vends ton pain. T’habilles un connard comme une pédale et t’as un putain d’Sephiroth. Va habiller un gland avec des pec’, des biceps. Impossible, frère.

J’suis une putain d’légende. Y a pas d’déguis’ment pour autant de style.


« Oh Auron ! Allons voir le labyrinthe de la reine de coeur ! » qu’elle me dit, Alice, puisqu’je portais encore l’nom d’un autre mec… en m’tirant l’bras.  J’l’ai regardée, genre choc tu vois.

« Genre celui que… t’as vécu, mais en genre, mille fois plus nul ? »

« Ne sois pas si dur. » Belle a son bras autour du mien, genre en couple et tout. Bon elle m’regarde pas et ça fait vraiment pose de vieux mais… « C’est Pamela qui l’a fait avec ses pouvoirs. »

« Genre les pouvoirs que… qu’ont buté l’Centurio, un truc comme ça ? »

Aie. Belle m’a r’gardé là, un sourcil levé, la bouche close ta mère. Ouais. C’est qu’elle est pas conne, Belle. On avait tous les deux fréquenté l’Centurio au même moment, elle savait putain d’bien qu’j’détestais c’connard de barman. Et bon, pas si intelligent qu’ça, j’lui avais vaguement avoué c’que j’avais fait l’soir-même avec des mots super mystérieux comme « j’ai tué un mec qui l’méritait bien ». Frère. Là j’ai compris qu’elle avait compris. Alors, j’ai voulu m’défendre, tu connais.

« On peut… aller mater Pamela, justement, c’est… une pendaison un peu hot et tout. »

« Je suis partante pour une pendaison ! »

« Moi pas. » qu’elle a dit froidement, Belle.

« Ouais mais… moi les trucs où il faut réfléchir, ça m’gonfle, donc le labyrinthe c’est mort. »

« La bataille de neige contre l’obscure méchante que nous avons tous oubliée, Belle ! Tu dois dire oui ! »

« Ou… Ouais carrément ! Moi j’te Jecht Shoot des bonhommes de neige, tu vas rêver. »

« Alors je… ne veux pas vous faire de la peine mais il fait assez froid, je préférerais attendre le jour pour… » Là elle se fait interrompre par un raz-de-marée d’putain d’touristes qui traversent la rue. Putain grave qu’on gênait. On s’est un peu déplacés, et on a continué comme ça, mais… les rues, c’était bondé, genre… moment idéal pour une invasion sans-coeur.
« Donc tu vas réprimer toutes nos pulsions toute la soirée, un truc comme ça ? T’étais pas une consule, toi ? »

Putain d’ailleurs, Belle et Alice, consules de la glande. Les meufs, leur truc de journuit, elles ont rien s’coué. Nan genre… tu vois tout l’Consulat qu’fait son cirque d’puis un mois, puis t’as les deux  qu’ont pas porté un carton d’puis l’début. Et là, genre, ça doit être les seules consules à avoir congé. Et genre, les meufs, elles disent qu’c’est leur boulot.

Mais genre. Là. Là à cet instant-là, elles « bossaient ». L’Consulat leur avait d’mandé de v’nir faire un tour. Tu… situes ? Non d’ailleurs, Alice avait genre r’çu un truc qui r’ssemblait à une lettre de menace, j’trouve, une menace consule, genre avec une signature avec une tulipe au-d’ssus du i de Genesis. Ca fait peur. Et ça disait « Si tu vas pas au labyrinthe, on va t’chatouiller jusqu’à c’que tu rigoles. »

Putain… J’ai bien fait d’pas être parodié par ces chèvres.

Bon tu m’diras… Jecht, Songe de mes couilles. J’avais rien fait d’puis qu’j’m’étais fait latter la tronche par Hercule et d’puis qu’j’avais entraîné quelques miss à s’battre pour Roxas. Donc j’juge pas.


« Oh putain. Idée d’genie. Le truc de Frollo, là. L’autre connard a parlé d’justice, un truc comme ça. »

« Oui, c’est un faux tribunal où les condamnés doivent s’échapper de cachots dans lesquels on les enferme. »

« C’est… Nous trois. Nous trois dans un cachot, c’est trop d’souv’…

« J… Auron ! »

Alice m’a pointé du doigt un point au loin. Et premier réflexe : j’m’en suis foutu. Un coup sur… non plutôt… quatre coups sur cinq, c’qui l’intéresse c’est d’la merde.
Mais là, j’ai senti au bout de trois s’condes intenses qu’y avait une tension… Alors oui j’ai r’gardé.


« Oh ! V… viens on va la trouver ! »

On a tous les deux couru sans attendre Belle vers une meuf. Jolie, mais ça on s’en fout. Les gars… Un décolleté qui tombe jusque bas du ventre ? Des ch’veux pétrifiés dans du gel qui font des cornes ? Une robe rouge ?
Elle est pas aussi grande qu’Ultimecia mais sinon l’déguis’ment est pas mal !


« Hey tu… »

« Est-ce que… »

Alice et moi, on a fermé notre gueule au même moment en voyant les meufs derrière la fausse Ultimecia. 5 putains d’chinetoques en Huns, sur des ch’vaux et tout. Ou alors c’était des Huns. Je… Calage. C’tait p’têt’ giga con comme pensée mais j’ai direct eu peur qu’elles m’reconnaissent alors que… y a des milliers d’tentes de Huns et qu’j’y suis pas allé tant qu’ça et… Ou c’est juste des déguis’ments, c’est des consules à la con, mais sincèrement, ça fait vrai, mec. On aurait dit des putains de Mongoles. L’Ultimecia est genre immobile d’vant nous, hyper maniérée, à attendre un truc, t’vois.

« Genre tu… sais qui est Ultimecia, meuf ? »

« Commence donc par dire bonjour, Auron ! Bonjour ! Savez-vous qui est Ultimecia, meuf ? »

« Poussez-vous, malpropres, où mes cavalières huns vous exterminent. »

« … Ouais. »

Nan ! Là, j’étais sûre qu’c’était pas des vraies Huns. Elles sont dégueulasses, les Mongoles. Celles-là font genre sales mais elles sont propres, tu l’vois.

« Alors… elle ne parlait pas tout à fait comme ça. Essayez quelque chose de plus froid… poli… moqueur. »

« Ok alors, euh… jeu d’rôle, ouais. Euh. »

« Oh tu vas… improviser un rôle ? »

J’sautille sur moi-même en r’gardant les 5-6 meufs d’vant moi qui veulent continuer à s’balader en ville. Puis j’me mets en garde et tout.

« J’suis Auron, meuf. Et j’suis hyper chinois, j’ai genre du sang grave samuraï et tout, la fierté et tout. Et j’te laisse pas marcher sur mes rizières si tu réponds pas à mes questions subt… substantiels. »

« Le mercenaire mort, donc. »

« … ouais mais Ultimecia aussi est morte, donc j’pensais c’tait possible et tout. »

Elle a l’air de rien biter à c’que j’dis. Purée ça s’trouve, ils ont juste vu Ulti une fois avec les Huns, ils savent pas qui c’est, c’qu’elle a fait et…

Et putain, elle avait droit à un déguis’ment consul juste pour ça alors que moi, rien ? Qui a libéré tous les prisonniers du Palais d’justice à la cité des rêves ?!


« Bon laisse tomber. »

« Ultimecia s’est occupée de moi pendant trois ans, vous savez. »

Oula… J’me rapproche d’Alice pour poser une main sur son épaule délicate. « Ta gueule, p’tite connasse » qu’j’lui ai murmuré.

« Et c’était affreux. Je n’existais quasiment pas, à ses yeux. »

« Ah… ah oui ? »

« Elle me gardait plus ou moins au cas où… Comme si un jour, ses pas allaient la mener sur une porte magique qui, pour être ouverte, nécessite une Alice. Oh et comme j’ai de la chance, j’ai justement une Alice sur moi ! »

« Ah. »

« J’ai dit qu’elle s’était occupée de moi, mais… c’était une façon de dire que j’étais sa captive. Vous savez qu’elle ne lisait pas b… »

J’ai mis une putain d’main sur sa bouche, à cette idiote. « L’écoute pas, elle est conne. » Et j’me suis cassé, frère. Super, trop d’risques cette escapade. J’aurais du aller dans c’labyrinthe à la con. Et on est r’venus vers Belle, qu’faisait genre chuis trop belle devant une petite boutique de livres d’horreur.
« Je sais ce qu’on va faire. » qu’elle nous dit direct. Et c’est génial parce que notre avis, elle s’en foutait. Mais v’là qu’on la suit parce que j’ai pas de personnalité et qu’Alice en a trop. On marche comme ça jusqu’une ruelle où y a… bon y a des gens, comme partout ailleurs. Mais dans la ruelle, pas d’musique, même si j’en ai pas parlé avant. Bref… rien qui sort des baffles. Par contre!

« Oh ! »

Alice fait un sourire radieux et prend brièvement Belle dans ses bras; J’te jure, elle avait beau être dev’nue une jeune adulte super bonne, elle s’comportait tellement comme une gamine, j’avais du mal à m’rendre compte et tout. Mais bref. C’qui la f’sait réagir comme ça, et c’qui f’sait sourire Belle, c’était les chants. 
Y avait au sommet d’un p’tit chaipaquoi, genre des faux rochers, dans la ruelle, trois meufs mi poisson, mi à poil. Des sirènes, quoi. Et… attends mec. Tu…

Tu parles à celui qu’a enlevé la fille du roi triton dans un road trip érotique… et à celui qui a essayé d’filmer une sextape avec les sirènes du pays imaginaire et qui… bon. J’ai fait en sorte que maintenant, ce soit la paix entre elles et les indiens, parce qu’elles sont bonnes. J’pense qu’si y avait un Marc Dorcel des Sirènes, ce s’rait moi.

Et elles chantaient, donc. Et Belle et Alice, elles ont séparé tous ces Juïfs de Consuls en deux en cinq secondes en commençant à… je blague pas. Ca s’est passé comme ça : à tenir la note des sirènes. Avec leur voix d’princesse, là, effet magique… tout l’monde a fermé sa gueule sauf les sirènes, tout l’monde nous a r’gardés… ouais même moi alors que…

Bah j’chantais pas.

Et les filles ont avancé vers la p’tite scène des sirènes, en m’emportant avec elle. Juste là, elles tenaient la note, ça allait mais… Nouvelle chanson. Et elles se sont assises aux côtés des sirènes qui… Yeah. Bonne. Bonne. Et Bonne. Bon et donc, nouvelle chanson. Et comme j’étais devant comme un con, bah je me suis assis aussi.

Une des meufs a commencé…


« C’est un murmure, une étincelle,
Un flot chantant presqu’irréel. »


« Et je viens vers toi. » a répondu Alice d’une voix fort aigue et enfantine en mettant sa main sur celle de la sirène. Genre… tout mignon. L’aut’sirène a r’pris avec les mêmes notes.

« Vers l’étoile, vers le nord,
j’habite une île d’or, de trésors. »


« Mais je viens pour toi. » Cette fois-ci c’est pour Belle ! Et elle continue, rejointe directement par Alice ! Duo princesse de coeur !

« L’océan, la mer, les rivières, les détroits,
Les abysses, les naufrages nous séparent,
L’accalmie, la tempête, la peur et le froid … »


« Et j… « Je m’noierai dans tes bras tôt ou tard. »

Ok…

« Lorsque je chante, lorsque je crie,
J’entends ta voix qui m’a choisie,
Parmi tous les marins restant au port. »
qu’elles chantent avec beaucoup plus d’énergie en allant bien aigu et tout, les princesses.


« Et quand je pleure, quand je t’oublie,
Quand devant les vagues, je fléchis,
Tu m’offres un voyage blanc et sans effort. »
Les sirènes, ça !

« Tu m’offres un voyage blanc et sans effort. » Euh… une seule des sirènes. Je… J’sers à que’qu’chose, là ?

« Je te vois, lovée d’écume,
Chauffée du couvert de la brume. »


« Soudain, tu comprends. 

Et te voilà, tête d’un navire,
Tu penses aventure et avenir, »


« Soudain, tu comprends. »

Ah bah si y en a qui comprennent…

« Tu vivras, tu vivras longtemps et sans moi… »
« Tu auras des lendemains fascinants. »
« Mais ce voeu, nous le prononcerons tout bas. »
« Nos rêves danseront au rythme de ce chant. »

Et la suite, bam, elles chantent toutes ensemble, avec des effets d’voix et tout et… ça donne bien !

« Lorsque je chante, lorsque je crie,
J’entends ta voix qui m’a choisie,
Parmi tous les marins restant au port. »

« Et quand je pleure, quand je t’oublie,
Quand devant les vagues, je fléchis,
Tu m’offres un voyage blanc et sans effort. »

« Tu m’offres un voyage blanc et sans effort. »


De là, elles répètent une fois leur refrain avec des trucs et des trucs. Moi je… j’ai plus rien tenté. Y en a dans l’public, y commençaient d’jà à chanter avec tout l’groupe alors que putain, j’connais pas cette chanson, moi. Mais ils chantaient.
A la fin, putain d’ovation pour toute la p’tite bande. J’ai r’gardé Belle et Alice serrer dans leurs bras les trois meufs, visiblement super trop contentes d’avoir fait c’truc et…

Une bataille de bars, hein. Ca aurait été sympa.

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le Dim 28 Jan 2018 - 21:21
Une petite accartade histoire de faire le plein. Lenore avait entendu l’annonce de la Journuit des méchants. Un titre pompeux pour une foire gigantesque. Et effectivement, à la hauteur de la publicité qui en avait été fait, elle en prenait pleins les yeux et les oreilles. Adieu la douce perfection lumineuse dont les jardins radieux l’abreuvaient  à chacune de ses visites. Les rues, la ville, le monde en entier s’était voilé de soufre, de pourpre sanguin et de vert bileux. Dans la magnificence de l’horreur, elle ne pouvait mentir, les consuls avaient malgré tout réussis le tour de force d’un décor parfaitement horrible et harmonieux.

La mercenaire déambulait calmement sous sa cape grise lui donnant des airs malveillants et maussades parfait pour infiltrer le thème de la nuit. La musique noyait les rues, empêchant les conversations des passants, les éclats lumineux qui zébraient le ciel nocturne en explosions trompettantes attiraient les regards et faisaient pivotaient les têtes. Les danseurs aux mouvements désarticulés s’arrêtaient pour laisser place au cracheur de flamme déguisé en démon qui forçait la foule à se scinder, encouragé par les cris provenant des balcons, prostituées, alcools et drogues s’offraient aux plus téméraires et dépensiers en toute légalité.

Dans cette ambiance frénétique, de sursaut et de rires, Lenore se faisait ombre discrète. Soulageant bourses et poches des passants, petites marchandises des étals, manteau délaissés sur un bord de banc ou de fontaine pendant que des amants s’enlaçait follement.

Jusqu’au moment où, dans la foule, une main imprévue la saisit par le poignet. Un garde en livrée plus soupçonneux que ses camarades alors qu’elle avait approchée du magasin qu’ils surveillaient, lui posa une lourde palme sur l’épaule en fronçant les sourcils. Elle lui sourit timidement sans qu’il ne change de faciès, attirant la curiosité de ses camarades d’astreintes. A moins qu’ils ne soient que des hommes déguisés en garde ? Non leur comportement était clairement celui des désignés dévoués.


« J’ai beaucoup trop de boulot pour te faire un sermon. Dit-il en tendant la main, paume vers le haut, lui relâchant le poignet. Tu rends ce que tu as volé et tu vas t’amuser sans créer de problèmes comme tout le monde. »

Elle lui rendit une petite bourse, puis voyant qu’il maintenait son geste en place, lui rendit une bague  et deux colliers avant de baisser la tête. La pression à son épaule se libéra et elle put regagner la foule sans plus de soucis. Souriant en coin au reste de larcin toujours en poche.



Au détour d’une ruelle, les cris et frissons laissèrent la place à des voix cristallines et puissantes, portant en leur chœur une douceur et une chaleur attirante. La rousse suivie la foule dans cette direction. Un trio de sirène, fausse fort heureusement, et deux consuls dont la tête disait vaguement quelque chose à la mercenaire… Le chant tournait et s’emplifiait dans la ruelle et le silence se faisait naturellement, tous les passants souriant et appréciant le calme et la volupté de l’endroit.

L’une des deux consuls serrait un livre contre son cœur et ce fut le déclic. Belle ! LA princesse de cœur qui avait pris les voiles de Port Royal et que Lenore avait traquée jusqu’au quartier résidentiel du Jardin Radieux. Et donc la blonde à ses côtés devait être Alice… Et la montagne de muscles assis en tailleur devant les chanteuses à rien faire ce serait…….. C’était qui tient d’ailleurs ?

Lenore se faufila à travers la foule pour se rapprocher pendant que les applaudissements récompensaient le spectacle et que le calme était de retour. Des tatouages courraient sur les muscles saillants de cet homme torse-nu. Une barbe virile, une taille notable par rapport aux deux princesses qui le rejoignaient déjà en souriant. Pour un peu, il ressemblait au portrait craché de ce célèbre joueur de blizzball qui avait fini mercenaire et dont les vieux du Centurio lui rabâchaient les oreilles…

Dans tous les cas il avait l’air très copain copain avec les princesses et il devait quelques informations aux mercenaires… L’occasion de faire d’une pierre deux coups était tentante pour la rousse et elle s’approcha dans le dos du colosse, tapotant  son épaule avant de laisser glisser les doigts sur la peau de celle-ci pour en tester la fermeté du muscle alors qu’elle retirait naturellement sa main après son geste.


«  Très beau déguisement que vous avez là. Le fameux sportif non ? Celui qui était champion de ce jeu de balle aquatique ? Le seul l’unique Jecht, maitre du Blitzball. Je suis sa plus grande fan. »

Elle souriait au trio, hochant la tête pour saluer les deux demoiselles respectivement.

«  Vous avez de magnifiques voix toutes les deux, trop loin du thème des méchant mais je m’en serait voulu de le rater. Ca faisait littéralement chaud au coeur.»
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le Mar 30 Jan 2018 - 0:04
On était en train de quitter la p’tite scène et tout… après, je sais pas, une demi-heure de chant. Et on s’barrait quand j’ai senti un p’tit frisson dans l’dos et j’me suis r’tourné vite fait. D’vant toute la p’tite foule qu’écoutait encore les trois poules, y en avait une quatrième. Et la meuf… était sympa. Pas sympa dans l’genre cool. Sympa dans l’genre, visage sympa. Un beau sourire, des ch’veux roux. Et… J’vais pas t’dire qu’elle était canon parce que j’en savais rien, vu qu’elle avait une cape et tout. Mais elle avait l’air mince et elle avait l’air d’être mon type.

Puis une meuf qui pose ma main sur mon corps, c’est… D’habitude c’est l’contraire, tu comprends. Ca m’f’sait un p’tit effet, j’vais pas t’mentir. J’me suis r’tourné deux secondes vers Belle et Alice qui regardaient la p’tite.


« Très beau déguisement que vous avez là. Le fameux sportif non ? Celui qui était champion de ce jeu de balle aquatique ? Le seul l’unique Jecht, maitre du Blitzball. Je suis sa plus grande fan. »

Elle a enchaîné sur un compliment pour les deux autres, c’qu’était sympa, mais j’m’en foutais. La p’tite meuf v’nait d’parler d’moi en tant que star de blitzball, t’as bien entendu. C’était un putain d’écho à c’que j’venais justement d’me dire, comme quoi les gens s’souv’naient curieusement d’ma putain de carrière d’y a mille ans alors que c’que j’avais fait dans les dernières années, ils s’en foutaient ! D’ailleurs c’était bizarre parce que… 

« Ah, merci beaucoup. » qu’a dit Belle, interrompant mon putain d’fil d’pensées. « Ce n’était pas prévu, en fait. Ecoutez les sirènes encore un peu et je suis sûre qu’il y aura bien une chanson un peu plus dans le thème. »

« Ce n’est certainement pas Jecht, ça non. Lui c’est Auron. » qu’elle a répondu, Alice, après quelques secondes de vide. « D’ailleurs… qui est Jecht ? Ce n’est pas le nom de quelqu’un de bien ! Plutôt le nom de

« Y’s’trouve que je suis Jecht. » qu’j’ai dit avec un air fier, en pointant mon pouce vers ma poitrine recouverte de mon putain de tatouage en J. Que’que s’condes après, t’as une nouvelle chanson qu’a commencé et Belle a proposé qu’on s’éloigne un peu pour pas déranger les chanteuses à jacasser sur ma célébrité mourante ! Alors bon, une dizaine de mètres plus tard, j’ai r’pris mon p’tit numéro.

« Si j’m’attendais à avoir encore des fans! » qu’j’ai dit, pour faire le faux modeste. Nan ça m’parait évident. Après, c’est pas forcément pour ma carrière sportive parce que… « Surtout pour un sport qu’est quand même vachement passé d’mode ! »

Franchement, si Belle et Alice avaient pas été là, j’aurais vraiment fait du grand numéro, un truc bien clinquant, un truc mémorable, style inviter la fille à enl’ver sa cape pour me montrer son déguis’ment ou un truc comme ça, qu’je situe un peu la marchandise sur l’échelle de Pamela. Mais j’me suis ret’nu. J’ai r’gardé ailleurs, l’air de faire genre chuis complètement indifférent à l’amour que m’portent mes fans et…

« C’est juste dingue parce que quoi, j’ai… 58 ans, maint’nant, quand même. » J’ai fait un grand sourire en m’grattant la barbe. Les ch’veux blancs, ça commençait à s’voir pas mal. Les rides, ça f’sait déjà pas mal de temps… Les muscles ? Toujours au top niveau, mais complexe pas, je suis Jecht. « Et ma carrière de sportif, ça fait quoi… 25 ans ? »

Pfiou, ça r’montait pas mal, c’est sûr. Alice qu’était pas née, Belle qu’était un enfant et la p’tite jeunette devant moi…

« C’est fou, 25 ans. On dirait pas hein ? Et y a 25 ans, t’avais genre quoi ? T’étais pas née, un truc comme ça ? Mais t’es quand même ma plus grande fan, franchement j’adore l’idée. »

J’l’ai r’gardé avec un sourire qui s’effaçait lentement, t’sais.

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le Ven 2 Fév 2018 - 5:29
Puissant. C’était ce qu’il était, et c’était ce qui avait attiré l’oeil du garçon. Les voix qui l’avaient guidé ici, comme celles qui avaient cherché à le retenir, s’estompaient en son esprit. Le dédale meurtrier où l’on faisait moisson des têtes de visiteurs malavisés, et où il avait failli perdre la sienne, n’était plus qu’un souvenir battant en retraite dans les méandres de ses préoccupations.

Rien. Aucuns de ceux qui avaient attiré son regard dans cette ville n’était comme cet homme. Il dégageait quelque chose. Quelque chose d’inégalé. Une force brute, aussi glaçante qu’intense. Démesurée. Elle laissait au garçon l’impression d’un flanc de falaise, dont on ne pourrait jauger la hauteur qu’en se laissant tomber. Seule une curiosité funeste pourrait amener à s’y tenter. Une vieillesse traîtresse s’invitait sur son visage. Teignait sa chevelure.

Pourtant, son attitude trahissait l’impudence et la fierté de jeunes années.

Pour cause.

Il était puissant. Plus que tout autre ici. Assurément. Oui.
Et se dégageait de lui une subtile mais enivrante odeur de malt et de houblon fermenté.

Les trois jeunes filles qui se tenaient près de lui s’étaient comme effacées, occultées par la présence de cet homme inconnu. Son teint était celui des paysans, mais son sourire celui du duelliste victorieux. Sa crinière poivre et sel se faisait ambassadrice de négligence, mais son corps était taillé par un entraînement rigoureux. Un petit paradoxe curieux, que l’enfant-sorcier d’un soir épiait sous son chapeau pointu.

« Tu veux un autographe toi aussi ? »

Prit par surprise. Une petite demoiselle aux cheveux d’or s’accroupit devant Ioan, le scrutant de ses grands yeux bleus et profonds. Le garçon esquissa un mouvement de recul, par réflexe. Mais il était trop tard. Deux saphirs scintillant d’une curiosité et d’une ingéniosité débordante venaient le tenter, le saisissant à même l’âme. Ils le traînaient par-delà la cornée, le noyant dans une innocente avidité. Elle voulait savoir, souvent, toujours. Prit au piège dans ces eaux profondes, l’enfant se laissait engloutir. « Tu vas b — »

« — Alice, s’il te plaît.
- Quoi ? »

Une voix calme mais ferme. Alice se retournait, libérant Ioan se son emprise. Le regard du garçon glissa lentement sur son corps frêle. Une demoiselle aux bras fins, et aux joues roses. Aux gestes dynamiques, emprunts d’une élégance tranquille. Un joyau brut, dont le précieux était jalousement occulté par son accompagnateur.

Suspicion.

Le garçon releva la tête. Il la sentait.
Une étincelle méfiante qui mourut rapidement dans les yeux de la jeune femme brune ayant rappelé sa camarade à l’ordre. Une beauté délicate avait béni ses traits — mais c’était la moue inquiète et discrète qui avait animé ses lèvres, dessinées avec douceur, qui accrochait le regard. L’enfant tira sur sa cape comme pour s’en protéger.

Qu’est-ce qui n’allait pas ?

« J’ai dit quelque chose de mal ? » demandait Alice en se redressant.

Le sourire gorgé de contentement qui avait marqué le visage de l’inconnu s’était envolé.
La petite joie qui avait animé les demoiselles durant leur chant s’en était allée. La jeune femme aux yeux noisette posa ses doigts fins sur le bras de son protecteur. Ses pieds s’étaient tournés vers la rue qui jouxtait la ruelle. Une rue animée, aux lumières dansantes. Comme une invitation.

Restait cette femme au sombre capuchon, à la silhouette svelte, et dont les lèvres fines s’apprêtaient tout juste à se mouvoir, d’une inspiration légère. Sa présence ne semblait en rien égale à celle de ses interlocuteurs.

Pourtant.

Il y avait quelque chose.

Et quelque chose n’allait pas.
Et Ioan était là. Les yeux rivés sur ce quatuor si particulier.

Non. Quelque chose n’allait pas.
Comme s’il y avait au-dessus de la tête de chacun une épée meurtrière que, pourtant, nul ne pouvait voir.


Dernière édition par Ioan Kappel le Ven 28 Sep 2018 - 12:38, édité 1 fois
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le Ven 2 Fév 2018 - 9:38
Lenore avait cligné des yeux lorsqu’Alice avait mentionné Auron, cherchant grossièrement à dissimuler l’identité de son escorte. Malheureusement pour elle, la mercenaire avait croisé l’Aurore Rouge auparavant à son arrivée au Centurio, avant qu’il ne parte avec Natsu pour le nouveau monde, avant qu’il ne soit tué mais cela, peu de gens étaient au courant. Jecht l’avait contredit de lui-même fier comme un paon faisant sourire en coin la rousse qui n’aurait même pas besoin de forcer l’évidence.

Cependant il était clair qu’il n’avait pas du tout mordu à l’hameçon. Bien loin de la tête brûlée idiote qu’on lui avait dépeinte, il avait logiquement relevé le peu de crédibilité de l’histoire de Lenore, faisant naitre dans ses yeux une lueur de danger et de défi. Elle savait avouer avoir perdu, du moins dans certains cas, mais peut être pouvait-elle encore retourner la situation à son avantage alors qu’ils avançaient dans une ruelle, un enfant déguisé sur leurs talons.


« J’aime les documentaires historiques de l’Eclaireur. Souffla-t-elle dans un rire discret avant de poursuivre en baissant le regard. Mais d’un coup je me sens stupide… Comment je peux prétendre être votre plus grande fan avec un trou de 25 ans dans votre carrière, surtout devant ce nouvel adepte qui semble subjugué. Elle désigna le gamin discret qui accaparait l’attention d’Alice. Je ne peux vous laisser partir sans combler mon ignorance du coup. Dit-elle en tentant de s’agripper doucement au second bras de monsieur muscle, Belle accrochée au premier. Je serais ravie d’entendre parler de vos dernières aventures si vous me permettez de vous accompagner dans cette folle soirée, qui sait où elle va nous mener. » Finit-elle en souriant, le regardant dans les yeux en relevant la tête.

Un scintillement attira son regard, levant davantage le nez vers le ciel. Au-dessus de leurs tête, une pluie doré tombait en zig zag et mourrait aussitôt après quelques centimètres, précédent un pétaradant convoi de diligence plein de cris féminins enjoués. Lenore ouvrait grand les yeux de surprise à voir le véhicule voler et cracher des munnies sur la foule. D’un geste elle réceptionna une des pièces à sa portée, caressant des doigts la surface du papier doré qui se froissait pour laisser entrevoir une masse sombre chocolaté.

Le consulat et ses artifices. Elle ne pouvait s’empêcher de s’amuser de la soirée. D’une pichenette, la mercenaire jeta la pièce vers l’enfant qui ne quittait plus le quatuor des yeux alors qu’il n’avait toujours pas ouvert la bouche. Sa présence pouvait à la fois empêcher de tourner au drame, ou détourner la méfiance qui pressait l’air autour d’eux. Même Belle lui jetait parfois des regards douteux auquel Lenore ne pouvait que répondre d’un sourire ou d’un clin d’œil provocateur. Peut-être qu’elle ne voyait pas d’un bon œil qu’une femme tente de séduire son garde du corps. A moins qu’ils ne soient davantage, ce qui expliquerait bien des choses.
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le Jeu 8 Fév 2018 - 14:43
« … surtout devant ce nouvel adepte qui semble subjugué. »

« Hein ? »

J’me suis r’tourné et j’ai vu un gars, genre… un gars bien flippant, cinquante centimètres de haut, des yeux de fou, qu’on aurait dit qu’il flottait tellement l’mec il était fin. Avec un p’tit chapeau d’merde… Et il nous r’gardait, là, l’air d’vouloir sortir un fusil à pompe pour dézinguer des gens beaux et sortir de son adolescence de merde. Nan, j’te dis… un regard qui f’sait flipper.
Puis il nous lâchait pas, l’gars. J’sais pas quel âge il avait, genre 9 ans… mais il regardait que nous. Et d’puis quand il était là d’ailleurs ? Bah putain d’mystère. Mais j’aimais pas ça. La p’tite fan, c’était genre… un peu suspect, j’trouvais. Mais c’est pas comme si ça m’faisait peur mais là je sais pas. Mec… quand j’ai vu c’gars qui nous matait, j’ai flippé pour de vrai. J’avais grave l’impression d’être coincé, comme… putain d’traqué. Mais alors que c’était sûr que c’était rien.
Mais j’étais pas bien.

J’ai r’gardé Belle et putain, elle avait pas l’air tranquille non plus. Elle m’avait attrapé l’bras et tentait d’un peu m’guider vers une rue chais pas quoi avec plein de monde. Laisse tomber, y a du monde ici mais j’ai d’l’espace. J’allais pas m’paumer dans une rue bondée… pas avec les deux princesses.

Putain, à y réfléchir, ce p’tit connard regardait les filles avec un air vachement malsain. Genre… amoureux, t’sais. Non mais… c’est pas juste possible. Les meufs sont super belles, tout l’monde le sait, tout l’monde le voit. C’est normal qu’un p’tit gosse tombe amoureux. Mais c’est pas normal qu’il ait une tête de spectre !


« Je serais ravie d’entendre parler de vos dernières aventures si vous me permettez de vous accompagner dans cette folle soirée, qui sait où elle va nous mener. »

« Hein ? »

J’ai r’gardé à nouveau la meuf. Ch’ais pas son nom. Mais elle avait l’air de bien bien m’kiffer. Et elle me tient l’aut’bras. Eh beh…
T’sais cette vieille légende qui dit qu’c’est quand t’es en couple que les aut’meufs s’intéressent à toi ? Là ça s’vérifiait à peu près.


« Il est marié, mademoiselle. » qu’intervient Belle, les sourcils froncés en enroulant d’manière plus visible son bras autour du mien. Ah non mais j’sais… C’était pas d’la jalousie, c’tait une conscience cette meuf. Alors ça aurait pu m’emmerder qu’elle dise ça. Genre… dans un autre contexte… Style avec l’Asiat’ de l’aut’fois. Mais là, t’inquiète qu’y a aucune femme qu’aurait pu m’séduire. Pourquoi ? Putain, l’ambiance j’t’ai dit. Cette situation me stressait ! Juste… Juste un truc qu’aurait tout réglé ! Que l’petit connard se mette à côté de l’autre bouilloire. Là j’les aurais eu en face de moi, les deux en même temps, j’aurais pas eu peur qu’il enlève Alice dans mon dos et la dissèque. Non puis la deuxième raison, c’est qu’j’étais là pour Alice et Belle, pas pour draguer des poules.  « Et Jecht n’a rien à vous raconter, malheureusement. Depuis qu’il nous a sauvées de la Coalition noire, il se fait discret. »

C’est… un peu plus dur à encaisser, ça par contre. J’ai jamais eu honte d’être une légende, donc… qu’on fasse genre qu’j’ai rien fait, ça m’gênait, tu vois.

« Belle. » J’ai posé une main sur sa main qu’était sur mon autre bras. Genre pas clair. « La p’tite dit qu’elle est à fond sur l’Eclaireur donc… elle doit forcément savoir que Jecht a tué Hercule, y a pas si longtemps qu’ça. » Puis j’ai r’gardé la fille, sans sourire. « C’est l’genre d’info qu’tu veux apprendre ? J’en ai quelques-unes des comme ça… Tu m’as dit qu’tu t’appelais comment ? »

« On peut t’adopter, si tu veux. » qu’j’ai entendu Alice dire derrière moi au p’tit con.

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le Dim 18 Fév 2018 - 3:00
Alice l’avait de nouveau attrapé à même l’âme, l’avait traîné dans les eaux tumultueuses de son esprit. « Je... C’est… » Une mer agitée, non par la tempête, mais par la vie qui y foisonnait ; par les créatures et les songes merveilleux qui s’y agitaient, animés par une imagination que nul n’aurait su brider. 

Ioan ne pouvait les voir, ne pouvait les discerner avec précision. 
Il ne pouvait que ressentir leur existence. 
Il ne pouvait que se laisser noyer par cette créativité contagieuse. 

Tandis qu’elle l’entraînait par le fond, la lueur mourante de la surface s’estompait. La réalité, cette ruelle au Jardin Radieux le soir de la Journuit… l’enfant la perdait de vue. La fausse pièce qu’il avait attrapée par réflexe et serrait dans le creux de sa main ne parvenait pas à l’y raccrocher. « ... p…ss…ble… » — ses mots lui échappaient sans qu’il ne puisse les retenir. « On peut t’adopter, si tu veux. » Le garçon connaissait ce terme, « adoption ». Le concept lui était étrangement familier, sans qu’il puisse comprendre pourquoi. Il n’y avait pourtant jamais réellement songé pour lui-même. Or… comme une réalisation, une petite ondine venue rire à son oreille — il n’était « … le fils de personne. » C’était vrai. Ioan n’avait ni père, ni mère. 

Mais l’enfant n’en ressentait pas de manque — pas plus qu’il ne ressentait le besoin de savoir d’où il venait, réellement, ou ce qu’il avait pu faire, fut un temps. Ioan ne s’était pas, jusqu’alors, préoccupé de tout cela. La vie qu’il avait désormais, qu’il avait acquise, lui convenait. Elle avait ses beautés comme ses déceptions. Cela, il pouvait le reconnaître. Une forme de tranquillité, protégée par des fossés piégés dont il tâchait de faire abstraction. Mais Ioan avait une forme de reconnaissance pour Maître Patregain, dont il respectait le travail et... 

... Beld.

Le garçon regarda tout autour de lui. 

Beld n’était plus là.

Depuis quand ?

Allons, si… il était là… quelques instants auparavant ! « Qu’on lui coupe la tête ! »

Quand était-il parti, au juste..?

Les voix qui l’avaient guidé ici, ces sirènes chantonnantes, se muaient en une comptine discordante et inquiétante. Les lumières dansantes des torches menaçaient de venir lui brûler le visage. Les rires chaleureux résonnaient comme une onde malsaine. Il était seul. Il était perdu. Un badaud buta dans un pavé brutalement déchaussé — les pavés.
Le garçon n’avait pas remarqué les pavés.
Il n’avait pas prêté attention à la jardinière de terre cuite qui trônait en-deçà d’une fenêtre brisée, encastrée dans le mur blanc à sa droite. Il n’avait pas su entendre la complainte du mouchoir de coton bleu ciel battu par les semelles sales des citadins, et qui s’était recroquevillé contre un petit escalier inégal. L’air frais vint lui glacer la gorge. Tout réclamait son attention.

Il manquait d’un repère.

« Tu veux ? »

La main libre de Ioan vint chercher celle de son interlocutrice comme une ancre tâchait de se raccrocher aux fonds marins.

« J’ai perdu quelqu’un. » — il n’avait pas vraiment fait attention à la question, le regard hagard.

« Oh… eh bien... — Auron ! » Alice se retourna, laissant sa voix claire effleurer les trois acolytes en proie à une discussion toute en sous-entendus. « — Tu ne veux p — »
- Dites mademoiselle, la coupa Belle, cherchant désespérément à couper court à cette conversation. Peu importe ce que son accompagnateur pouvait bien vouloir faire son numéro. Quelqu’un a dit, un jour, que c’est quand chacun s’occupe de ses affaires que le monde n’en va que mieux. Ne voudriez-vous pas…
- C’est de moi ça ! »

Y.Y:
Désolée pour le long temps de réponse. Beaucoup de boulot.
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le Ven 2 Mar 2018 - 10:34
« Justement, j’en fais mon affaire. Fit Lenore taquine en souriant largement à une Belle contrariée. La rousse s’amusait du conflit naissant entre le regard des deux femmes, chacune accrochée au bras du sujet de leur querelle. Même si elle n’avait réellement aucun intérêt pour lui si ce n’est de comprendre un certain nombre d’ombre autour de son histoire avec le Centurio.

- N’est-ce pas un propos bien égoïste venant de la part d’une – Lenore se retint de justesse de prononcé « princesse de cœur » - consule ? N’êtes-vous pas désignée pour répandre et partager les arts et la beauté ? Depuis quand le nombrilisme mène à un monde paisible ? Je vous imaginais plutôt parler partage et aide à son prochain. Dire cela devant un enfant perdu en plus … Elle hocha la tête de désapprobation. N’était-ce pas le genre de propos que l’on attendrait d’une princesse de cœur ? Les bonnes actions c’est ce qui sauve un monde parait-il. Ca et l’argent, pensa assez naturellement la mercenaire. Surtout l’argent. Il n’y a bien que les mondes opulents comme le jardin radieux qui ne connaissent que peu de problèmes majeurs, hors catastrophes imprévisibles et invasions venues des ténèbres.



Ainsi les voilà tous les deux mariés. Elle avait lancé ce mot comme si ça arrêtait les hommes d’être volage, et les femmes de s’en approché comme la peste, surtout dans ce genre de ville où la passion inonde les rues sans restriction. C’était un statut étonnant vu ce qu’on lui avait raconté du personnage… Tenait-il vraiment à se racheter ou à se ranger ? Peu de chances vu la tension dans ses mots et son maintien, une agressivité latente, une paranoia.


- Par contre, vous vous méprenez je ne veux que discuter… pour l’instant. Chuchota-t-elle les derniers mots à l’attention du guerrier en reportant son attention sur lui avec un sourire. Vous ne pouvez pas m’en vouloir d’être exalté par la présence en chair et en os de mon idole. Difficile de réfréner ses envies en situation pareille. Lenore profitait de la mauvaise humeur de Belle, paraissant d’autant plus douce et calme. Celle-ci grimaçait à la mention du meurtre d’hercule et détournait le regard vers Alice qui ne lâchait pas un instant la main du jeune garçon déboussolé.

Cela lui laissa un moment pour réfléchir. Devait-elle ignorer la question du nom ou lui donner un faux. Jecht était trop suspicieux pour permettre une esquive de ce sujet, il valait mieux lui donner du grain à moudre pour paraitre naturelle.


-Je m’appelle Rose. Et c’est exactement le genre d’aventure que je veux connaitre oui, cette vie exceptionnelle sans nulle autre pareille au quotidien de gens du commun, comme moi. Dites-moi… Faut-il être un demi-dieu pour en tuer un autre ? Je le croyais immortel et tellement plus puissant qu’un humain, c’était déjà un exploit que d’y survivre mais vous... vous l’avez tué ! Dit-elle avec exaltation. Mais j’y pense… Elle fronça les sourcils d’une manière pensive. Hercule a disparu d’après l’éclaireur, il n’a jamais été dit qu’il était mort, à croire que personne n’as vu ni le combat ni le corps. Je rêverai d’entendre en exclusivité les détails du combat. Dit-elle avec le regard pétillant naturellement d’intérêt, après tout, elle avait l’occasion d’avoir des informations gratuites sur un sujet important qui concernait les affaires du Centurio. Elle ferait d’une pierre deux coups en bénissant sa chance.



- Il est là ! Arrêtez-le ! Des cris multiples résonnèrent plus loin.

Un mouvement de foule dans la rue suivante agitait les badauds, en une course joyeuse. Lenore plissa le regard vers cette agitation un instant, sur le qui-vive, avant de se détendre à nouveau.


- Il semblerait que la fête s’emballe.
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le Sam 3 Mar 2018 - 16:33
« Il est là ! Arrêtez-le ! »

Je me r’tourne vers le bruit, tu sais… Et j’vois un mouv’ment d’foule, comme Rose elle voit, et… Je m’dis pas que c’est moi qu’ils veulent arrêter, j’commence pas à m’foutre un coup de stress, non. Mais ça m’rappelle où j’suis. Avec Belle et Alice, mais ça j’avais pas oublié… Un p’tit chat dégueu qui vient nous tirer la jambe, ça j’avais pas oublié non plus… Mais dans une ruelle, voilà. Dans une ruelle où y a une meuf que j’connais pas, qui vient m’emmerder et emmerder les miens, t’sais. Et elle peut être fan si elle veut mais…

« Normal. J’ai am’né l’corps sans vie d’Hercule à ceux qui m’employaient, figure-toi. C’était un contrat comme un autre. Et Philoctète m’a vu m’battre avec lui, donc si t’en veux plus, tu lui d’mand’ras... » D’une j’vais être sincère. Ouais j’ai combattu Hercule. J’ai été à sa hauteur, tu vois. Mais il m’avait battu. Et il m’avait fallu du temps pour me r’mettre de ça. Du temps qu’j’avais été content d’passer ici au jardin radieux, sans chercher la merde à personne. Roxas avait battu Hercule en s’faisant passer pour moi, et bien sûr il m’avait raconté la baston mais j’connaissais pas v’là tous les détails. « Fais marcher ton imagination pour le reste, poupoule… »

J’ai r’gardé Belle, comme pour m’assurer qu’elle allait bien, t’sais. J’la voyais les sourcils froncés, visiblement assez énervée, t’vois. Et putain si seulement c’était d’la jalousie, j’aurais été putain d’heureux mais ça d’vait être autre chose. Oh et puis ça m’gonflait. J’ai levé l’bras qu’Rose tenait et j’l’ai r’poussée, pas violemment mais quand même de manière claire, en attrapant un d’ses bras et en la dégageant d’mon putain d’espace vital. Un moment, faut bien avouer qu’un gars qui a une fille à chaque bras, ça a jamais eu l’air cool. Ca fait bolosse. Non j’vais vous dire, ça fait mec qui s’procure des putes.

« Bon tu te casses, maint’nant. J’aime pas du tout comment tu parles à Belle. Jamais tu lui fais la l’çon d’vant moi, tu t’es pris pour qui ? Elle, nombriste ? » Ou un truc comme ça… Ouais non c’est un truc par rapport au nombril. « Nombriliste ?... » J’ai callé. « Oui, nombriliste » , a dit Belle doucement derrière moi. « D’où tu lui dis ce qu’elle devrait faire, sérieux ? Belle vaut plus que tout c’que tu vaudras jamais dans ta vie de p’tite conne. » Purée ! J’ai mis ma main libre sur l’bras de Belle qui t’nait mon bras… toujours pas clair, non. Et j’me suis éloigné d’Rose. Sérieux. La goutte d’eau, c’tait pas tellement le putain d’procès qu’elle avait fait à Belle, non. C’est qu’après, elle osait m’dire qu’elle voulait entendre des détails de comment j’avais tué un type ? Non mais c’est du délire, c’est qui cette psycho ?! Quelle connasse, laisse tomber. Non, mec. J’ai toujours été un putain d’connard sur bien des points mais ma femme était toujours passée en première. Et Belle et Alice passaient en première.

Non puis t’as vu comment elle me parlait à moi ? Mais c’est du délire, pourquoi toutes les meufs qui s’intéressent à moi ont ce style mystérieux de mes couilles, à parler pas du tout franchement. J’te dis pas qu’y avait du mensonge, j’te dis qu’y avait aucune franchise. Réfréner ses envies, qu’elle disait, l’autre. Ou encore elle disait qu’elle était exaltée par j’sais pas quoi. Qui parle comme ça ?! T’es une meuf, tu veux m’plaire ? Tu m’parles normalement. J’suis pas ton bouquin moi, tu viens pas commencer à raconter ta vie d’duchesse sur les pages blanches qui m’servent de pectoraux. Nan, putain. Moi mes pages blanches elles acceptent que des tatouages. Des trucs vrais, des trucs violents. De l’émotion. Voilà la métaphore, putain !

Et on allait s’casser, tu vois. Sauf que v’là t’y pas l’autre qui tient la patte de l’autre psychodébile. Putain le soupir de la mort qu’j’ai fait, c’tait fou. J’ai r’gardé Belle, l’air dépité. Enfin moi j’avais l’air dépité.

… Sérieux comment j’parle moi ? Dépité ? Non mais j’vais pas m’transformer en duchesse, moi aussi, ça va !

Mais Belle souriait, t’vois. Elle avait l’air contente. Et ouais, j’étais un peu fier du coup d’l’avoir défendue, et tout. Bon j’allais essayer de pas gâcher ça.


« Il veut quoi, l’autre moche ? »

Alice m’a répondu d’manière joyeuse : « Il a perdu ses parents. »

« Ah… Bah désolé pour toi. » J’ai essayé d’le r’garder dans les yeux quelques secondes mais c’était insoutenable.

« Non, ils ne sont pas morts, Auron ! » qu’elle me répond d’un air putain d’concerné. « Il les a perdus quelque part ici, avec la fête. »

Roh putain… Et là t’imagines un peu la suite, non ? C’t’à-dire que vivre avec des princesses de cœur, ça a certaines conditions. Elles sont pas du genre à aider tout ceux qui en ont besoin, faut pas abuser, mais elles sont genre à quand même… aider. Putain, j’aurais préféré qu’il soit orphelin. Belle m’a lâché pour s’pencher vers lui et prendre son autre main, la serrant entre les siennes, genre maman trop cool.

« Où les as-tu vus pour la dernière fois ? » qu’elle lui a dit. « On va t’aider à les retrouver. Elle c’est Belle, lui c’est Auron et je suis Alice et nous serons ta nouvelle famille si... » « Oh non ta gueule, on l’adoptera pas. »

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le Sam 17 Mar 2018 - 17:55
Il avait bien dû en avoir non ? « Je sais… pas. » répondit-il à Belle après une légère hésitation. La pression discrète du doute sur son épaule. Pas, ou plus ? Pourquoi est-ce qu’ils les intéressaient, d’ailleurs ? Pourquoi aurait-il dû être avec eux, s’il en avait ? Il n’y avait guère que Beld, l’homme qui vivait avec le garçon, qui semblait d’ordinaire se préoccuper qu’il restât à sa portée.

Et Beld lui était bien plus précieux qu’un parent hypothétique dont l’absence ne lui importait, au final, pas. Une ignorance douce.

De la douceur.

La main de la jeune femme était douce. Belle. De sa posture délicate irradiait une attention généreuse. Ses mots, son regard ; elle lui évoquait ce chat sans nom qui errait près de l’atelier où il passait la plupart de ses journées. Paisible. Et lorsque l’enfant ou son mentor s’asseyaient dans la cour, il s’approchait. Un pelage fin et un ronronnement rassurant, dont la chaleur bienveillante venait caresser jusqu’à son coeur. Ioan en oubliait le chant du vent entre les volets ouverts.

Belle était comme le chat sans nom. Le monde, entre ses mains, reprenait un peu d’harmonie. L’enfant n’était pas perdu.

Les mains.

Le souvenir de Beld vint frapper à l’arrière de son crâne. Si Ioan n’était plus égaré… lui l’était, sûrement. L’homme de main errait constamment. L’odeur persistante mais discrète du houblon vint chatouiller l’enfant : le Puissant avait parlé — Auron ? Il était assuré, lui. Si Ioan n’avait pas fait attention à ce qu’il avait dit (en eut-il eu quelque chose à faire si cela avait été le cas ?), la mélodie de ses mots lui était parvenue.

Faire.

Le Puissant était homme d’action. Il agissait. Il faisait. Le garçon affermit sa prise sur les mains de ses interlocutrices. Progressivement, ce sentiment venait battre contre sa poitrine. Il allait faire, lui aussi. Ioan releva la tête. Un court instant, il avisa ce Auron. Son port se fit sûr, sans toutefois parvenir à mimer l’impertinence des muscles saillants de celui dont la force venait faire écho à sa nouvelle résolution.

« J’étais avec Celle qui Coupe les Têtes. » déclara-t-il. Ses phrases maladroites et ses mots fuyants s’étaient échappés. Restait un ton posé. Pourtant, il semblait aux oreilles du garçon presque discordant. Il ne su retenir un très faible froncement de sourcils.

Ceux d’Alice en revanche s’arquèrent, et un sourire radieux vint illuminer ses traits. Belle n'eut pas même le temps de commencer une phrase. « AURON ! s’écria-t-elle. Auron on va voir le labyrinthe de la Reine de Coeur ! Alleeeeez !!! » C’était, pour la jeune fille, presque inespéré. N’avait-elle pas voulu y aller à cette attraction ? N’était-ce pas un signe, quelque part ? Cela devait en être un !

Son agitation venait presque taquiner l’enfant, piquant ses joues d’une petite excitation : semblaient soudain se révéler à lui de nouvelles possibilités, sans qu’il puisse néanmoins les saisir. Ces chemins dissimulés mais présents lui offraient un étrange sentiment de plénitude. « Allez Auron ! insistait-elle. Et puis tu papoteras avec ta groupie sur le chemin. C’est bien, ça fait marcher. » Ioan n’était enfermé en rien. Il ressentait presque de l’enthousiasme. Un air frais venait insuffler en lui un élan vivifiant.

Les yeux de la demoiselle rousse, cependant, trahissaient des sentiments plus obscurs. La plissure légère qui les prolongeait murmurait sa colère. Un foyer dont on entretenait les braises —

— tout en les cachant sous un sourire fin.
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le Ven 23 Mar 2018 - 9:51
Lenore avait trébuché quelques pas alors qu’il l’avait écarté sans plus de force que nécessaire. La situation tournait court. Elle n’arriverait plus à rien par la discussion et l’endroit ne permettait pas de passer à un interrogatoire plus musclé. Elle ne tirerait pas plus d’information de lui et devra se tourner vers le Satyre du Colisée.

Elle serrait les dents. Il se débarrassait d’elle comme on se défait d’un clochard puant trop insistant. En l’insultant, la dépréciant, en faire une moins que rien qui ne mérite même pas l’air qu’ils partagent dans cette ruelle.

En plus … « Poupoule » ?? C’était presque plus insultant que de se faire traiter de petite conne. Elle avait froissé l’honneur de sa femme et il jouait les chevaliers, lui ? Il avait bien changé, les rumeurs ne pouvaient pas être à ce point éloigné, à croire que c’était un imposteur. Le pouvoir de l’Amour…

La mercenaire plissait les yeux, une main frôlant sa dague noire sous le couvert de sa jupe. Une pensée fugace, irritante, la poussait à imaginer comment l’attaquer et lui faire ravaler ses paroles. Elle était ignorée du trio… du quatuor même avec l’enfant. Prendre le dessus. Lui montrer qui était un moins que rien des deux. Elle aurait pu clouer le bec à ses anciens du Centurio qui parlait de lui avec autant d’emphase.


«  En fait… tu n’es qu’un sale mercenaire… »
Murmura-t-elle en étirant un sourire en coin malsain, se rappelant qu’il avait mentionné des employeurs. Ne restait plus qu’à retrouver leurs traces.

«  Surtout relevez bien la tête si vous allez dans le labyrinthe. Ce sera plus facile pour Elle… Dit-elle en les dépassant d’un air faussement nonchalant.Elle n’avait plus rien à faire ici avec eux. Celle qui Coupe les Têtes… »

Elle ne comptait pas y mettre les pieds elle-même. Non pas qu’elle craigne pour son cou, cette histoire de bourreau n’était là que pour la frime et la fête. Mais s’enfermer dans un labyrinthe ? Très peu pour elle. Passer des heures dans d’innombrables espaces fermés à vous faire perdre les sens… Jamais elle n’y serait entrée de sa propre volonté même pour le jeu.

Elle leur tournait le dos, s’apprêtait à les quitter quand quelque chose agrippa un pan de sa cape. L’enfant étrange avait lâché la main d’Alice pour la saisir au vol. Son air éternellement perdu, ailleurs. Avait-il seulement conscience de son geste avant de le faire ?

Pour un enfant perdu, son comportement était bien trop calme et passif. Comme si sa situation ne l’inquiétait pour le moins du monde. Il semblait perdu sans vraiment l’être. Là où il voulait être… L’idée que le groupe était pris dans un piège força la rousse à guetter du regard alentour. Pourtant rien ni personne ne semblait les observer.

Elle s’accroupi pour porter le regard au niveau des pupilles bleu clair de l’enfant, se questionnant sur ses intentions en se perdant dans la profondeur cristalline de son regard aqueux qui semblait l’attirer par le fond, la submerger, la noyer.


«  Qu’est-ce que tu veux faire ? » Demanda-t-elle nerveusement, comme si elle était en apnée, résistant à l’attraction à travers de ses fenêtres de l’âme.
 

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le Lun 16 Avr 2018 - 18:19
« C’est pas moi qui part. » répondit-il simplement. L’enfant prit un instant pour contempler le bois sombre dont le sentier s’ouvrait à son regard. Les prunelles de la demoiselle aux cheveux bignone. « Que vas-tu faire, toi ? » ajouta-t-il. C’était là une épaisse forêt, où les arbres paraissaient étouffer sous leur abondant feuillage d’émeraude et de malachite. La jeune femme qui l’abritait s’était retournée, quelques instants plus tôt. Elle avait soufflé quelques mots comme le dard d’un frelon avant de s’esquiver. Des attaques que Ioan n’avait pas réellement perçues et dont il ne s’encombrait pas. Ce poison-ci ne paraissait pas l’atteindre.

L’enfant aurait pu tout aussi bien, il est vrai, ne pas même remarquer la retraite de la demoiselle à la chevelure de cuivre — rideau de filaments brillants dont l’éclat entretenait celui des réverbères. Pourtant sous le pied de la fuyarde, un pavé mal logé avait cogné son congénère pour appeler l’attention du garçon.
Alors Ioan avait bougé par instinct plus que par raison. Il avait saisi ce qui se trouvait à sa portée, avait cherché à retenir cette inconnue.

Sans trop savoir pourquoi.

Comme s’il avait quelque chose d’important à lui dire.

Sans savoir quoi.

Il resta là, penaud, un instant. Sur sa droite, de vieux volets de bois — grabataires dont la main de leur maîtresse de maison se faisait l’aide — ricanèrent en un grincement sinistre avant de se fermer.

L’enfant les avisa en prenant une inspiration légère. Puis il revint à son interlocutrice. « Tu n’as pas laissé Auron, Belle et Alice te dire au revoir. »

Quelque part, cela lui semblait important.

Au revoir.

Une promesse banale qui, bien souvent lui avait-on dit, n’était pas tenue.

« Sauf si tu veux pas souhaiter ça. Pour sûr. » La main du garçon restait agrippée au tissu épais de la cape qu’il avait attrapée. Un tissu sans douceur, mais résistant — là où celle qui s’en parait semblait frêle, et sa peau nette la promesse d’une caresse duveteuse. Ioan commenta avec un sourire léger : « Mais eux peut-être que oui ! »

Car la vie était faite de mille chemins qui ne faisaient que se croiser, mieux valait, sûrement, se séparer en des termes agréables. Peut-être. D’autant que la demoiselle paraissait connaître Auron.
Le garçon se retourna vers le trio.

« Toi Auron, tu veux pas souhaiter « au revoir » ? »
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le Sam 25 Aoû 2018 - 3:27
« Toi Auron, tu veux pas souhaiter « au revoir » ? »

« Non j’m’en fous. » Qu’j’ai dit en râlant à moitié, les yeux genre… méga sur les deux princesses de mes couilles qui m’imposaient ces conneries. « Tu peux t’casser. » qu’j’ai dit à la meuf genre comme une insulte, en la r’gardant à peine. Non mais… y’m’saoule lui aussi. V’là qu’y perd sa famille et qu’en plus y’m’perd mon temps. Ch’ais pas combien de fois j’ai levé les yeux à chacune de ses putains d’question. Non viens, t’y penses… est-ce qu’il a pas passé cinq minutes à user la putain d’possibilité qu’on puisse avoir envie d’lui dire adieu. Non mais tout le monde s’en fout, d’elle ! J’ai rien dit par rapport au fait qu’dans une fête comme ça, si t’es une meuf, tu d’vrais avoir la politesse d’être habillée sexy, mais un moment ça suffit quoi !

« Si le petit vous propose de rester avec nous, c’est d’accord. » proposait Belle d’une voix assez douce, par rapport à avant. Et genre elle causait à truc machin. Viens on en parle, j’rencontre deux personnes, j’connais aucun nom ? Genre c’est normal de pas dire son nom. « Toutefois, Rose… » Ah… Ouais, ouais. Rose. Elle s’appelait comme ça. « Ne parlez pas de ce que Jecht a fait ou peut faire, s’il vous plait. Aujourd’hui, on s’amuse de ce qui nous fait peur mais on ne révère pas la violence. »

… ouais. Belle m’a regardé. J’ai hoché la tête parce que voilà. Et… en route. J’ai invité l’autre à nous suivre d’un geste, genre ouais, si Vendredi 13 et elle se kiffaient, t’sais… on n’allait pas les séparer ou quoi. Et genre, on a avancé tous les les cinq, et… Alice parlait un peu au jeune, genre… elle racontait sans fil conducteur la « situation de sa détention » au pays des merveilles, monde que personne a jamais regretté parce que c’est des connards. Mais sinon, bah ça parlait pas. J’ai osé un…

«  C’est un peu chiant… »


Belle m’a regardé, a souri, s’est approchée d’Alice et lui a chuchoté un mot à l’oreille. Elle, elle a ri comme une gamine, genre secret honteux alors que voilà, t’as dix-huit ans. Alice, qu’était devant avec le spectre-de-ton-bébé-mort, elle s’est arrêtée en levant légèrement les mains, comme un chef d’orchestre avec des baguettes, genre les doigts disposés à l’anglaise. Là genre, tout le monde s’est arrêté net, Belle souriait toujours. Alice elle regarde Ioan dans les yeux, lui fait un grand sourire et…

« L’art délicat de rejoindre sa famille,
Elle s’est mise à chanter. Moi j’ai r’gardé autour, t’vois. J’ai calé avant de… d’écouter malgré moi tu vois. J’te décris, c’était genre… un peu lent, genre étiré. Genre lent.
Quand on part à l’aventure. »

« Tu vagues pas à pas, tu arrives jusqu’ici,
Croises un homme à pauvre allure. »


« Tu délires, je pète le f…»

Belle me fait un chut super bref avant de s’avancer elle aussi au niveau du môme. Et elle la rejoint. Autour… y a pas genre un mec qui me pousse pour passer, non. Y a un vide entre nous et les gens qui marchent. Mais Belle chante, nature.

« Il effraie le Grinch  même un soir de Noël,
Il gronde sur les enfants du seigneur.
Il gêne les filles
« d’allusions sexuelles ! » qu’elle surgit brusquement, Alice, en pouffant, sans être trop dans la note, tu vois. Belle sourit et elle finit par :
« Pas une petite place dans son cœur. »

« Ah bah c’t’agréable. »

Alice prend la main du gamin, Belle se retourne en souriant et un peu comme si elles savaient, tu vois, comme si elles avaient répété, t’as Alice qui arrête de chanter pour dire « En somme, il te dit : » et là elle reprend en chanson. Mais pile au moment où elle commence, j’entends deux violons, mec j’te jure c’est vrai. Deux violons dans la foule, pile dans l’énergie du truc et tout.

« Quitte la ville, marche vers la Reine.
Ecoute, redoute, écoute la Reine.
Quitte la ville, je te bougonne
Tout ce qu’on a fait pour rejoindre la madonne. »


La madonne. Genre j’parle comme ça moi ? J’surveille les violons, genre… j’surveille qu’y ait pas à côté un flash mob ou un autre truc bien gay. Et j’vois une p’tite foule qui commence à marcher avec nous. Genre t’sais… comment deux meufs qui chantent réussissent à s’faire entendre à travers une foule dans une fête, feu d’artifices, connard au micro qui raconte sa vie d’merde ? Chais pas, mais là brusquement, y a plus un gars qui parle dans l’jardin radieux, pasqu’on les entend trop bien. Et on marche dans la ville. Tu vois, la musique est triste, les notes sont lentes mais elles mettent tellement d’cœur qu’t’as pas l’impression que c’est une chanson triste. Mais le rythme accélère un peu et ça pourrait presque d’venir fun.

« J’étais enfant poupin, un soir ou un matin,
Je m’endormais sur l’histoire,
J’ai surpris un lapin courir vers le lointain,
et j’ai traversé le miroir. »


Putain j’préférais quand ça parlait d’moi, au moins on s’faisait pas chier. Belle reprend avec les violons un peu plus chauds, ouais. Les gens s’agglutinent en marchant mais nous laissent bien d’espace.

« Une rose, un quelque chose, une demeure enclose,
Mon père ravi par la bête.
Mais pour qu’il se repose, avec force me propose,
Et je m’abandonne tout d’une traite. »


« Soudain, trop de chemins, jumeaux, un Morse d’Hamelin,
Un progrès seulement illusoire.
Sourires d’un chat scapin, amis de thé vilains,
Me voilà sur le purgatoire. »


Commence à y avoir des chœurs mais t’sais quoi chuis même plus surpris.

« Si sa colère explose, tant pis pour ce qu’il m’impose,
Un dîner en tête à tête.
Mais si tout nous oppose, je sens une
« Métamorphose ! » que je crie brusquement !

Les violons s’arrêtent deux secondes, Belle me regarde, genre… est-ce qu’on peut parler de déception ? Franchement, ouais… J’avais l’impression qu’elle me jaugeait comme si j’avais dealé. Au bout de la petite pause, elle a continué en souriant.

« Il est bel et bien c’que je souhaite. »

Bon bah mon métamorphose f’ra partie des paroles officielles donc… ouais ? Refrain ! Alice se penche, tout en marchant, vers ce p’tit chanceux leucémique.

« Quitte la ville, marche vers la Reine.
Ecoute, redoute, marche  vers la Reine.
Affronte tes peurs, surmonte tes peines. »
Là elle part fort aigu et…
« Ecoute. Ecoute… Redoute la Reine. »

Alice se redresse en souriant, et là t’as tout le monde qui comprend que c’est la fin de la chanson, et y a bien une quarantaine de personnes qui applaudissent et tout, brusquement. Belle sourit largement en faisant des petits signes super nobles à la foule, avant de prendre Alice dans les bras et de la féliciter. Quelle euphorie de merde, putain. Ils se dispersent tous, Alice daigne lâcher deux secondes Romero Junior pour me demander : « Qu’est-ce que tu en as pensé ? »

Et j’ai ret’nu la leçon. La dernière fois... J’ai merdé. En vrai je suis super fier d’elle mais…

« Chais pas, c’est quoi le superlatif de génial ? »

Je sais pas ce que ça veut dire superlatif mais j’ai vu un mec dire ça à une meuf l’autre jour, genre avec un air intelligent et tout, et il avait un style ouf. Alors bon… Alice me regarde l’air ravi avant de revenir vers l’autre. Et… mec. Devant nous, à à peu près cinq cent mètres, alors qu’on est devant le canyon machin, pasque la chanson aurait été moins cool si elle avait pas accompagné tout l’voyage… y a les hauts murs du labyrinthe.

« Ca t’dit quelque chose, truc ? » qu’j’demande à… truc. Putain, précis, avec ça.

[spoiler]Yo, pour m'excuser des cinquante mille ans, j'ai voulu bosser à fond cet rp donc bah... kiffez ?[/spoiler[

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le Mer 26 Sep 2018 - 20:19
Est-ce que cet endroit lui disait quelque chose..? Evidemment ! « Oui ! » Comment aurait-il pu oublier la guirlande d’oiseaux de papier, s’agrippant à cet étal dont s’échappaient des odeurs de viande cuite ? Le rouge de leur plumage de feuilles avait de quoi attirer l’attention. Il y avait aussi cette masse rocheuse qui menaçait les passants ; agglomérat dangereux dont la forme évoquait la défense d’un sanglier tombé. Les voix qui avaient éloigné le garçon d’ici n’auraient su lui faire oublier tout cela, et plus encore. Pourtant, tout semblait encore si... Ioan perdit son regard sur l’arche de roses qui les invitait. La chanson qui les avait accompagnés imprégnait encore chaque pierre, chaque feuille, chaque individu qu’elle avait effleuré. Et elle avait été si triste ; si triste sans l’être. Elles avaient souri, elles avaient dansé. La foule avait suivi leurs gestes oui, les avait accompagnés en un remous, mais elle n’avait pas été la seule à ce faire. Un petit air de musique avait couru aux côtés de Belle et d’Alice, et les cailloux au sol avaient sautillé d’excitation face à ce spectacle fort peu commun ! L’endroit était pourtant si vivant ce soir-là. N’avaient-ils jamais eu pareille représentation ? Si tel avait été le cas, Ioan se réjouissait d’avoir partagé leur expérience. Il se retourna vers l’Homme Puissant, un sourire heureux aux lèvres. « J’étais devant le gentilhomme de roses rouges aux hautes pommettes qui est un peu plus loin, avant de vous trouver. » L’enfant pointa le labyrinthe du doigt.

« — Ah ! Je voulais voir le labyrinthe ! On va dedans ?!
- On risque plus de se perdre que de trouver la famille de ce garçon Alice…
- Mais ils sont peut-être à l’intérieur ! — D’un coup, elle amena les mains à sa bouche ! — Peut-être ont-ils perdu la tête ?!
- Alice… » laissa traîner Belle.
Perdre la tête, Ioan en était sûr, n’aurait pas aidé Beld dans son travail. Il déglutit : instinctivement, cette expérience-ci ne lui semblait en aucuns cas réjouissante. L’enfant ferma les yeux. L’odeur des fleurs. C’était elle qui l’avait amené ici dans un premier temps, avant qu’il ne suive les voix — avant qu’il ait vu l’Homme Puissant, ou ait été englouti dans les yeux d’Alice. Avant qu’il ait attrapé sa forêt ambulante. Il la tenait encore.

Elle restait là, à ses côtés, immobile. Elle lui parut soudain si rigide. Un arbrisseau leste s’était fait un pin robuste. Le garçon se fendit d’une moue.

« Quitte la ville, marche vers la Reine, chantonnait Alice d’une voix basse.
Ecoute, redoute, écoute la Reine.
Quitte la ville, je te bougonne
Tout ce qu’on a fait pour rejoindre la madone.
 »

La passe-miroir l’avisa avec un rictus amusé. C’était peut-être cela dont sa nouvelle amie avait besoin ! Alice et Belle avaient su emporter tous ceux qu’elles avaient croisé. Ioan tira un petit coup sur la cape qu’il avait en main, cherchant à attirer l’attention de la demoiselle de feu.

« Je m’éveillais sous la lune, commença-t-il sans assurance, sans histoires aucunes.
Je l’ai connu l’homme du bois ;
Mais d’infortune — en cause, mes lacunes,
Ma foi de grâce, s’ôte un poids..?
 »

« — Il chante ! s’exclamait Alice. Ecoute Belle, tu as entendu ?
- Excuse-moi Alice, j’étais occupée. Aide-moi à trouver la famille du petit tu veux ? lâcha-t-elle d’une voix douce avant d’observer le garçon. Dis-moi, comment tu t’appelles ?
- Ioan.
- Parfait Ioan. Mademoiselle, nous aideriez-vous à demander aux passants s’ils ne connaîtraient pas ce garçon, ou s’ils ont vu quelqu’un chercher un enfant ? Il faudrait peut-être aussi en parler à un garde ? » finit par demander la jeune femme en tournant la tête vers Auron.

Non, vraiment, ça n’allait pas. Quand Ioan chantait... cela n’avait rien de si léger, de si beau, de si charmant que lorsqu’Alice et Belle s’y essayaient. Le chant. Voilà un art auquel il ne s’était guère adonné.
Spoiler:
J’ai kiffé x’) J’avoue. Note : J'ai inversé mon tour avec Lenlen j'espère que cela ne t'ennuie pas. Edit : J'ai dû éditer le message, j'avais post une version antérieure à la finale, même si les changements sont minimes.
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le Ven 12 Oct 2018 - 8:33

Pourquoi Diable se retrouvait-elle devant ce maudit labyrinthe ? Elle avait pourtant prévenu qu’elle s’y refusait. C’était toujours le cas. Qui de sensé s’enfermerait entre des murs de plantes dans fin qui vous force à tourner sur vous-même jusqu’à en perdre l’orientation et la raison. Elle s’était malgré tout laissé entrainer jusqu’ici par l’enfant qui n’avait pas voulu lui lâcher la grappe… la cape ! Elle s’était laisser entraîner par la petite musique des princesses, sautillant et dansant un peu sur leur chemin, guidé par la musique improvisée dans la foule et l’ambiance de la fête malgré la grossièreté de Monsieur Muscle. Elle avait pourtant tellement envie de lui faire avaler sa langue pour qu’il n’en sorte plus aucun mépris envers elle. Elle avait suivi machinalement. Peut-être justement parce que ça le faisait clairement chier ? C’était bien son style même si cela lui faisait clairement perdre son temps, bien qu’elle ne soit pas vraiment au Jardin Radieux pour une raison précise, si ce n’était profiter du spectacle et des poches des spectateurs.


Mais ce spectacle-là ? Hors de question ! Lenore s’était figée. Elle ne mettrait pas un orteil entre ses murs végétaux obscurs. Elle irait jusqu’à tuer le premier qui l’y forcerait. C’était la fin de la petite balade. Cependant il ne la lâchait toujours pas. Le gamin guettait son attention sans vraiment dire ce qu’il lui voulait. Belle ne la laisserait pas partir seule avec lui si elle voyait un comportement indélicat envers l’enfant. Alice ne laisserait pas Belle… Et la Brute ne laisserait aucune des deux.


La mercenaire devait saisir l’occasion que lui offraient les princesses pour s’extraire de leur force de gravité. Chanter et danser, c’est bien mignon mais elle n’allait pas y passer la nuit sans bières ni argent ou quelques gains à la clé. Chercher les parents du gamin, l’excuse parfaite pour se séparer.


« Bien sûr, je vais aider. Autant faire d’une pierre deux coups ! Vous ? fit-elle en désignant le trio s’adressant particulièrement à l’électron fou qui menait sa barque et les deux autres dans son sillage malgré leurs protestations. Vous cherchez dans le labyrinthe, comme ça Alice sera aux anges et elle n’a pas tout à fait tort. Quels parents ne chercheraient pas après leur gosse ? Surtout que vous avez su vous faire remarquer, ils auraient déjà dû se manifester. Ils sont peut-être coincés là-dedans. Elle désigna les parois peu engageantes du labyrinthe. Et nous… Elle désigna l’enfant et elle-même. On va voir les gardes pour prévenir. On peut même demander l’aide du type qui hurle au micro ! Ça sera plus simple. »


Lenore hochait la tête, prenant la main de l’enfant dans la sienne pour qu’il lâche enfin sa cape et paraitre plus responsable.

« Du coup, on vous dit au revoir ! » Lenore sourit une dernière fois, appuyant d’excès de gentillesse en regardant Jecht en dernière provocation, et s’éloigna déjà. La naïveté de l’enfant ayant insisté plus tôt sur le fait de se séparer en bon et due forme, lui semblait d’un coup presque amusante. Elle ne se retourna pas, entrainant Ioann à sa suite sans forcer ni marcher trop précipitamment.

Qu’allait-elle faire de lui ? Dans quoi s’était-elle donc embarquée ? Le refiler réellement au premier garde venu ? D’une certaine façon, cela la gênait de le laisser tomber. L’idée du type au micro était plus attirante malgré sa voix criarde. Rien de plus efficace pour qu’on vienne enfin le retrouver que de faire passer l’annonce dans la ville entière en une seule fois, et ensuite, il n’y avait plus qu’à attendre tranquillement qu’ils se manifestent d’eux même. LE laisserait-elle auprès de cet énergumène ? Il paraissait un peu trop fébrile dans son rôle à l’entendre beugler comme un fou. Peut-être resterait-elle un peu avec le gamin. Il paraissait timide et impressionnable. Elle n’avait d’ailleurs rien compris à sa petite chanson. Qui était « l’homme du bois » ? De quel bois d’ailleurs ? Et puis ils avaient oubliés de lui poser une question essentielle avec tout ça ! L’idée la percuta d’un coup.


« A quoi ils ressemblent tes parents au fait ? » Elle ralentit pour lui adresser un regard en lui posant la question, essayant de ne pas se faire de nouveau happer par ses prunelles d’une étrange et irréelle pureté.
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le Mer 26 Déc 2018 - 0:51
« On est d’accord que ça r’ssemblait quand même à un enlèvement, genre y a même pas de questions à se poser ? » qu’j’ai dit en r’gardant Rose et le p’tit autiste se casser en nous laissant grave en plan, les deux princesses et moi. Franchement, la plus deg’, c’était Alice. Elle fronçait les sourcils, insultée, les poings fermés avec violence genre prête à cogner. « T’en penses quoi ? »

« Que c’est moi qui m’occupais de Ioan jusqu’ici ! C’est injuste ! »

« En-dehors de ça, son plan ne tient pas debout. » prononça Belle, genre plus soucieuse, que t’avais l’impression qu’elle se massait le menton. « Si nous trouvons les parents du petit, comment le retrouve-t-on lui ? Rose nous a simplement dit chercher un garde… » Belle a tourné autour d’elle-même, genre comme si elle dansait, pointant du doigt quelques endroits d’intérêt. « Ouais, des gardes, y en a à chaque attraction, c’est super débile. »

« Nous, les consuls » qu’elle précise, genre j’ai toujours pas capté qu’elle était dans leur crew « avons quand même prévu le coup. Et pardon mais nous sommes précisément plus à même de nous occuper du petit en tant que « Oui ‘fin ça va, je veux savoir ce que t’en penses, je cherche pas à t’embaucher, princesse… »

Mais quelle connasse cette Rose de mes couilles. Et on est resté là encore dix bonnes secondes. « J’la rattrape, j’la démonte. »

« Non ! On la met en prison ! » proteste Alice. « Tu ne le penses pas, chérie. Je ne pense pas que ce soit un enlèvement, pour répondre à ta question, Jecht. »

« Et le connard de la radio, il diffuse d’où ? »

« De la Tour d’Erato. »

« C’est Arthur. »

« Putain mais… on vient du centre, c’est complètement crétin de faire demi-tour maintenant ! C’est à l’aut’bout du monde. Non mais… j’la démonte. »

« Tu finiras en prison. »

Putain ! Oh et puis merde, pourquoi je me souciais de c’petit con de merde. J’m’en foutais. Nan j’vais vous dire, c’qui m’emmerdait, c’était qu’on me prenne pour un gros con. Ca va putain, j’ai déjà subi avec l’autre chaudière d’Asiatique à Illusiopolis, j’ai constamment l’impression d’me faire rouler. Et bon ça aurait pu être pasque ch’uis con mais là y avait une autre âme pensante et l’aut’ qui f’sait semblant.

« Donc… » Alice met ses deux mains devant elle, genre comme si elle pesait le pour et le contre. « Soit on trouve les parents dans le labyrinthe de la reine maintenant, et on attend ici le temps que des gardes viennent à nous… dans quel cas, nous n’avons rien à faire à part attendre. » Elle a pris une grande inspi. « Soit on trouve les parents et on attend qu’Arthur dise à toute la ville que le petit Ioan attend sa famille à la tour d’Erato. Et dans ce cas-là, les parents n’auront quand même pas besoin de nous pour se mettre en route. »

« Et si on trouve pas les parents, bah… on doit quand même rester ici pasqu’on sait pas où cette connasse est partie. »

Belle m’a fait un signe de tête en me montrant des enfants sortant de l’attraction. « Ton vocabulaire. Il y a des enfants. »

Mouais… Putain. « On l’fait c’truc de merde ? »

« Faites-le tous les deux, je vais prévenir les gardes. » Elle m’a expliqué vite fait c’qu’elle voulait faire… En gros, dire aux gardes de signaler le gosse et de surveiller qu’il ne quitte pas l’monde sans ses vieux. Pas genre alerte rouge, on mobilise la garde nationale, mais genre… attentif, quoi. Et voilà, on est entrés, Alice et moi, dans le labyrinthe. « On se sépare ? »

« Nan. »

Ca m’saoulait trop d’faire ça tout seul. Alice, ça l’emballait donc j’tais content d’l’avoir, histoire qu’elle réfléchisse pour moi. Et c’était parfait. Donc, on s’est perdus là-dedans, genre… violent. C’tait bien fait, genre même moi j’devais l’dire. J’avais tellement rien réfléchi que dès qu’j’avais trois murs de plantes autour d’moi, ça m’angoissait. Mais Alice, elle réfléchissait quelques secondes et puis elle faisait genre elle avait compris. J’dis qu’elle faisait genre pasque bon. Quand tu dis « Ah d’accord ! » toutes les dix secondes, c’est que t’as rien bité. Mais j’la suivais. Et tous les mecs et toutes les meufs qu’on croisait, elle leur demandait s’ils connaissaient Ioan. Et bon, c’était toujours non, bah ouais. Et a bien y réfléchir… C’tait logique.

« Et tu m’lances. »

« Hum ? »

« Ca te va ? »

« Ouais. » Qu’j’ai répondu, genre, chaud. Elle a tendu ses bras vers moi, j’ai… « non je t’ai pas écoutée, je dois faire quoi ? »

« Jecht ! Concentre-toi ou c’est la mort assurée ! »

« Ouais ! Donc, je t’écoute… à mort. »

« Ok. Tu me lances super haut. »

« Cent mètres. »

« Dix mètres. »

« C’est plus prudent. »

« Et tu me rattrapes ! Moi je regarde ce qu’il y a dans le labyrinthe, j’essaie de repérer la Reine et les Soldats, et j’essaie de voir au passage si je vois des parents qui cherchent leurs enfants. »

« Franchement. Concent’-toi sur les parents. La reine et les soldats, ils arrivent et j’les balaie. »

« S’ils nous capturent, ils nous peignent le visage en rouge ! »

« Sérieux ?! Comment j’les fume s’ils font ça. »

« Moi aussi ! »

« Je porte pas de fourrure, merde ! »

« Donc… ok ?! »

Elle a tendu ses bras vers moi, j’l’ai prise par la taille, j’l’ai r’gardée dans les yeux en souriant, l’air ravi. Elle avait pas l’air de comprendre le délire, mais pour moi, c’tait un bonheur d’lui montrer qu’j’étais un costaud. Après des années, une piqure de rappel est nécessaire ! J’ai à peine forcé, et j’l’ai envoyée pile au-d’ssus d’moi à une dizaine de mètres. Elle a crié, ça a duré super longtemps, avant qu’j’la rattrape.

« J’ai rien vu ! On r… » Rien à foutre, j’l’ai r’balancée au-d’ssus d’moi, super attentif au fait d’pas la laisser tomber. Bam, dans mes bras, Alice qu’avait les ch’veux tout décoiffés me dit « Encore ! Je crois voir un t… » Je la renvoie voler. Au moment où elle atterrit, juste après avoir hurlé, j’entends… « Qu’on leur coupe la tête ! »

Merde ! J’ai r’pris la jeune. « La Reine arrive ! Tu vas devoir la tuer. »

« Ouais bof. C’est pas une danseuse bonne ? »

« Si. Mais on n’a pas le choix. » J’ai soupiré et j’ai r’posé Alice. Et on a vu arriver une femme habillée en reine de cœur. C’tait pas elle, forcément. Ultimecia s’en était occupée, de la vraie. Mais là donc, c’’tait assez r’ssemblant. Et elle avait l’air furax. Sauf qu’avec elle, y avait un soldat du jardin radieux habillé en garde, et là par contre, le déguisement était à chier.

« Qui ose ! Qui ose faire de grands bonds dans mon grand royaume ?! » Elle s’est approchée, tenant son sceptre en cœur comme une épée ! « Mais ! C’est cette petite effrontée d’Alice !! » La susnommée a souri d’un air gêné. Putain, c’était scripté. « Cours ! » Qu’elle m’a dit. « S’ils nous attrapent, ils nous peignent le visage ! » Alors c’est c’qu’on a fait, comme des demeurés, poursuivis par la reine et son garde. Et on passait d’vant plein d’touristes qui nous r’gardaient en rigolant, et eux, nan, ils ont pas été emmerdés. Y en avait plus que pour Alice !

« Vous êtes tombés dans mon piège ! »

Un aut’garde arrive et nous bloque la route.

« J’le démonte ! »

« Non tu ne peux pas ! On a perdu ! » Putain ! On s’immobilise et on s’retourne pour voir la Reine de cœur, à bout d’souffle arriver jusqu’à nous et… et… elle reprend sa respiration, elle défait son col. « On les enferme ! » Ah j’m’attendais à aut’chose. Et putain, les cinq minutes suivantes ont juste prouvé qu’la meuf était en foule impro dans son rôle. Ils nous ont escortés, se sont paumés trois fois, avant d’arriver à un genre d’énorme cage pas loin du centre du labyrinthe, où y avait plein de gens qui souriaient, genre pour qui c’t’ait fun d’être là, pour le jeu. « C’t’ait prévu ? »

« Je ne pense pas ! »

Et ils nous ont enfermés. Bah oui. Bah évidemment. C’était franchement la seule possibilité pour qu’un connard perde son enfant et reste deux heures dans un labyrinthe à le chercher.

« Quelqu’un connait Ioan, un petit garçon ? » a crié Alice à la foule emprisonnée. Y a un connard qu’a levé la main.

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le Dim 6 Jan 2019 - 14:09
« J’en connais un de ’tit garçon ‘ui ! » lançait un homme bedonnant et franchement éméché, le sourire aux lèvres. Les cheveux blonds coupés courts, il s’amusait, comme les autres, de sa situation — peut-être bien aidé en cela par la bière qui circulait dans ses veines. Il se redressa, trop heureux de pouvoir se rapprocher d’une véritable star : Alice ! LA Alice ! Debout, il fit quelques pas maladroits, avant qu’une main se pose fermement sur son épaule, le stoppant dans son joyeux périple. Un homme, dans son dos, l’observait d’un air fâché. Les cheveux mi-longs, bruns, sa tenue susurrait sa venue d’un monde lointain. Oh Beld avait fait des efforts, mais il n’avait pu délaisser sa tunique de cuir, d’un charme tout à fait médiéval.

« Dis connard, pesta-t-il. Tu poses ton cul et tu m’laisses passer. »

A la réflexion, notre camarade ne connaissait peut-être pas de « Ioan. » Il se laissa choir. Beld, lui, poursuivit sa route jusqu’au trio nouvellement arrivé : une petite blonde, une brunette plutôt mignonne, et un sac de muscles entretenu… mais vieillissant. Excédé, l’homme de main slalomait entre les prisonniers de ce labyrinthe qui ne l’amusait plus depuis longtemps. Dix secondes, tout au plus. Il avait quitté des yeux l’enfant qu’il avait sous sa garde un instant, et il s’était envolé. Ioan avait disparu, et Beld avait craint le pire. Depuis des plombes, il attendait ici, coincé. L’homme de main avait beuglé, s’était énervé… et on ne lui avait pas prêté attention. Pendant ce temps, le Soleil seul savait ce qui aurait pu arriver à ce gamin stupide ! Ses entrailles s’étaient retournées et tordues, tant d’inquiétude pour l’enfant, que de crainte pour le nombre de ses doigts.

« J’connais un Ioan. » souffla-t-il une fois proche de ses interlocuteurs. « J’arrête pas d’dire à ces cons d’me laisser sortir mais… — son ton se fit plus amer — ils écoutent pas un mot de c’que j’dis. » Dissimulée par la colère et l’agacement, Beld se retint de trop communiquer l’appréhension qui le gagnait, tâchant de garder un sang-froid aussi apparent que relatif. « Cette taille ? — le jeune homme la marqua d’un geste de la main, bref — Cheveux sombres, yeux bien bleus, avec une genre de t’nue de p’tit sorcier ? La mine un peu perdue ? » Machinalement, il chercha le garçon du regard, s’attendant à le voir surgir de derrière le mur de brique qui gardait les deux demoiselles. « Un peu pâlot aussi. » Mais il n’était pas là. Pourquoi n’était-il pas là ? « Vous l’avez vu..? » Il eut été raisonnable de penser que l’enfant fut laissé hors du labyrinthe, en bonne compagnie. Mais l’homme de main n’était pas connu pour son grand recul. De seconde en seconde, une angoisse subtile grimpait au dos de son tourment. « Dites-moi pas qu’il s’est pété un truc ou quoi… » lâcha-t-il, son visage marqué par le soleil régressant d’une teinte. Avec tout l’amour qu’il avait pour Ioan, si son patron l’apprenait… ça allait très mal se passer.

— — — — —

Marchant sous de longues banderoles colorées, véritable feuillage urbain, Ioan observait son accompagnatrice. « Je sais pas, » se contenta-t-il de lui répondre dans un premier temps. Tout comme l’enfant ne savait guère où il avait vu ses parents pour la dernière fois, s’il devait en avoir, il ne savait pas à quoi ils ressemblaient. Pourquoi s’arrêtaient-ils sur cela ? « C’est important des parents ? » demanda-t-il afin de combler son ignorance. A en croire ses nouveaux amis, il aurait dû être avec eux. Mais il n’en avait, a priori, jamais eu, et Beld ne lui avait jamais dit qu’il devait nécessairement en avoir. Le sujet ne s’était pas imposé. « Comment t’as trouvé les tiens ? » L’enfant était intrigué. L’absence de ces « parents » ne l’ennuyait pas, mais la récurrence du terme le rendait curieux. Ses craintes de solitude amoindries pour un instant, son naturel tranquille lui revenait, trottant sur ses épaules avec légèreté.

Le garçon ne devait toutefois pas oublier son objectif. Auron, l’Homme Puissant, l’avait à sa façon tant encouragé dans cette voie ! Ioan n’était plus égaré, mais Beld l’était pour sûr — il l’était toujours. Désormais qu’il y pensait, sa camarade n’avait-elle pas dit que ses parents devaient le chercher ? Il en doutait. Pourquoi se soucieraient-ils de lui, qu’ils ne connaissaient sûrement pas comme lui ne les remettait guère ? Beld, en revanche, paraissait toujours le poursuivre. Il était d’ailleurs tout à fait inédit pour l’enfant de se retrouver si longtemps hors de sa présence. Gêné, Ioan ne put réprimer une mine confuse. Il peinait à lire le regard de son interlocutrice. Il devait parler, dire quelque chose, il le sentait. Mais quoi, exactement ? Amusés, taquins, malicieux, les étals qui les entouraient semblaient se resserrer sur eux. « Je… je cherche Beld, » bafouilla Ioan. Porté par le courant, le garçon se sentait soudain devoir s’en retourner lutter contre lui. Bénéficiant jusque là de la générosité inattendue de ses amis, il les avait suivi sans s’encombrer, sans sentir la nécessité de s’expliquer, sans se sentir devoir s’exprimer outre mesure. Tout lui avait semblé se faire naturellement. La réalité voulait le rattraper. « Je l’ai perdu. » Les mots lui coûtaient, désormais intimidé par un bois à l’ombre duquel il aurait voulu se réfugier. Sous ses pieds, il croyait sentir les pavés se faire meubles, et ses bottes s’y enfoncer sensiblement. Au-dessus de sa tête, les banderoles s’épaississaient en branches sombres.
Il avait recommencé. Aussi rapidement que le jeune homme avec lequel il vivait lui était revenu, ses remarques récurrentes s’étaient faites la musique d’ambiance de ses pensées. Avait-il manqué quelque chose ? S’était-il, une fois de plus, mal exprimé ? N’avait-il pas écouté ? Des yeux de Rose s’étendait une forêt dont les passants devenaient les spectres oubliés ; et dont ses cheveux étaient les lueurs du crépuscule, perçant à travers les feuilles. L’enfant se focalisait sur cette vision, un lieu secret comme il aimait y errer, y guettant une forme d’apaisement. « Il est grand, et il a le regard comme un trésor, commença-t-il, hésitant. On y trouve tout c’qu’il pense. Ils sont marron, foncés, mais ils sont clairs aussi du coup. Il a des cheveux jusque là, fit-il en indiquant leur longueur de la main, et ils essaient de séduire le Soleil en changeant d’couleur pour lui. Mais… il a pas eu trop d’Soleil, donc ils sont plutôt sombres là. Et, il boîte un peu, de la jambe droite. Il veut pas dire pourquoi. » Devait-il en dire plus ? Ioan ne l'aurait su. Il avait déjà tant parlé… il n’avait que rarement autant attaché de mots les uns aux autres, à la réflexion, sans être interrompu ou marquer une pause. C'était un art qu'il ne maîtrisait que peu.

« Est-ce que… tu veux toujours m’aider ? »
Peut-être son amie préférait-elle, tout simplement, se dissimuler à la faveur d’un au revoir.
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le Ven 11 Jan 2019 - 13:45
Après un moment de choc, Lenore afficha son plus beau sourire rassurant pour l’enfant qui réalisait peut-être enfin s’être perdu dans la foule. Ce gamin sembla n’avoir absolument aucun réflexe de survie. Que dalle, nada, zéro. Suivant le premier inconnu qui passait, la première distraction qui l’entrainait. Il semblait ne se rendre compte qu’à l’instant qu’il avait quitté le giron de cet homme dont il venait de prononcer le prénom ou le patronyme. Après surement plus d’une heure qu’ils avaient passé ensemble avec les princesses et ce rustre de Jecht, à se balader en long, en large et en travers de la ville en fête.

« Bien sûr ! Je ne te lâche plus tant que je n’aurai pas rencontré ce fameux Beld. Je me sens soudain l’envie de discuter avec lui…. » Dit-elle amusée.

Un boiteux. S’était-il laissé déborder, sans parvenir à empêcher le marmot de s’enfuir hors de portée ? Elle-même avait cette sensation de ne pas devoir lui lâcher la main. Elle se sentait ridicule d’un tel réflexe maternel. Elle, la mercenaire la plus pirate et maligne du groupe. Elle se retrouvait toute attendrit par son excessive candeur.

Peut-être lui rappelait-il l’une des enfants du boulanger de Grimm… Annabelle avait surement presque le même âge. Elle aussi était douce et agréable. Elle avait cette sensation nostalgique, un souvenir se mêlant à la réalité, d’avoir l’impression de l’emmener au marché ou à la partie plus nocturne de la fête du soleil avec sa lanterne au milieu des badauds…

Non, elle au moins était un peu plus craintive au milieu d’une foule. Elle aurait serré sa main plus fermement pour être sûre de ne pas lâcher. Lui… Elle se surprit à lui jeter un coup d’œil. Sa main à lui était plus détendue. Il lui tenait simplement la main. La poigne pas assez libre pour pouvoir s’échapper à tout moment, pas assez ferme pour exprimer une quelconque crainte de la perdre dans la densité de la population de fêtards. Ses yeux bondissaient d’un détail à un autre sans cesse. Guettait-il des complices ?

Lenore referma un peu ses doigts sur les siens, observant ceux qu’elle croisait. L’idée l’avait déjà effleuré dans la ruelle au début. Un malandrin, un petit voleur à la solde de grosses brutes et devant assurer un minimum de larcins ou de bourses volées. Après tout on soupçonne toujours moins les enfants. Il releva les yeux vers elle d’un air étonné et elle lui sourit innocemment avant de reporter son regard sur la foule. Un regard dur et sombre qui n’avait rien à voir avec le message de ses lèvres. Mais là encore, elle ne décela aucune présence maligne, aucun complice potentiel, aucun roublard. Rien qu’elle et l’enfant, fendant une foule non alerte, enjoyée par les festivités, aux bourses pleines et mal ficelées parfois qui frôlaient par défi ses doigts libres…
Allez… juste une.

Elle veilla à ce que l’enfant ne la voit pas faire. Devait-elle se débarrasser de lui au plus tôt ? Son histoire n’était pas ses affaires après tout. Le laisser à un garde aurait été plus simple, mais elle avait ce nœud à l’estomac qui lui hurlait qu’il suivrait n’importe quel inconnu le réclamant ! Pourquoi un garde se méfierait-il si même l’enfant est docile. Elle les approcha du premier à portée, bien qu’ils en aient dépassé plusieurs depuis leur fuite du labyrinthe végétal. Elle vérifia tout de même qu’il ne s’agissait pas de l’un de ceux l’ayant pris la main dans le sac avant de rencontrer les princesses et l’apostropha en souriant.


« Bonsoir ! L’homme avait presque les mêmes couleurs, la même posture que les gardes royaux de Grimm, même l’emblême du Consulat pouvait prêter à confusion avec un soleil dans la pénombre illuminé par la fête.

- Bonsoir Madame. Répondit-il par réflexe. Puis-je vous aider ?

- J’espère… Je cherche à rejoindre ce… Il lui fallut réfléchir pour se souvenir des précédentes déclamations au micro. Armand de Beaumont dans sa tour.

- Les représentations du sultan sont terminées à cette heure-ci. A moins qu’il n’annonce une prochaine improvisée au micro. Navré Madame.

- Non, vous ne comprenez pas. Je dois le voir dans sa tour. Mais je ne sais juste pas où elle se trouve.

- Pour quelle raison, Madame ? Fit-il calmement mais en laissant lire la curiosité de sa demande sur son visage.

- J’aimerai qu’il passe une annonce. Répondit simplement Lenore, surprise par sa méfiance. Elle resta sur la défensive face au garde, instinctivement, son histoire n’avait jamais bien aboutit avec ces gens-là.

- Le programme de ce monsieur est chargé, à cause des festivités mais peut-être puis-je m’occuper de l’information que vous lui destinez, Madame. Quel genre d’annonce vouliez-vous transmettre ?

- … Ce n’est pas grave… S’il est trop occupé. Je verrai une autre fois alors. » Conclut-elle en reculant déjà.

Lenore finit par rebrousser chemin en gardant l’enfant avec elle. Ce n’était décidément pas une bonne idée. Il aurait voulu garder le garçon avec lui. Il semblait même la regarder étrangement, cherchant des réponses à des questions qui n’avaient rien à voir dans leur discussion. Elle avait eu cette mauvaise sensation d’être passée au crible par son regard. Des informations sur une malandrin rousse avaient-elles circulées parmi les gardes ?

Elle n’abandonnait pas pour autant l’idée de trouver la tour. Si le soldat ne pouvait lui être utile, alors elle trouverait l’information ailleurs. Elle choisit parmi les étals, un commerçant ayant l’air local et dont les biens étaient presque tous écoulés. Lui serait bien moins inquisiteur.


« Bonsoir ! La rousse s’habilla de nouveau de son plus grand sourire.

- Terrible soir, Madame ! Il faut coller à la fête ! Répondit-il le cœur léger.

- Oui, il est vrai. Vous avez l’air d’en avoir profité en tout cas… C’est tout ce qu’il vous reste ? Elle détailla les denrées, confiseries et autres pâtisseries à thème.

- Dévalisé que j’ai été ! Il faut dire que ce sont les meilleurs produits de tous les Jardins Radieux que vous avez là.

- Vous avez dû bénéficier des annonces de l’autre fou que l’on entend hurler dans toute la ville… Chercha-t-elle à hameçonner la discussion sur le sujet qui l’intéressait.

- Même pas ! Ricana-t-il au comble de l’euphorie.

- J’ai entendu dire qu’il était dans une tour, et pourtant on a l’impression qu’il est partout autour de nous !

- Ah c’est la magie de notre système ultra élaboré de communication oui. On ne trouve cela nulle part ailleurs ! Sauf peut-être à la Shinra. C’est la beauté des Jardins Radieux, Vous y trouverez que le meilleur en tout domaine ! Fit-il d’un ton commercial fier.

- Où se trouve donc cette tour ?

- La tour d’Erato ? Une de nos merveilles architecturales, vous devriez la voir lorsque le soleil se lève, les oiseaux se réveillent et offre un balai de couleur sans pareil.

- Oh, vous m’intéressez… et… Elle se trouve dans quelle direction ? insista-t-elle en achetant une poignée de violettes crystalisés pour Ioann dont les yeux brillaient devant tant de trésors. Autant utiliser les munnies dérobés.

- Par là-bas, à encore bien cinq pâtés de maisons, vous n’avez qu’à suivre les câbles des hauts-parleurs. Répondit-il enfin en rendant la monnaie.

- Oh .. Gardez donc. Fit-elle d’un grand sourire à ses remerciements chaleureux devant sa générosité relative avant de repartir avec le gamin.

- Nous avons notre destination. Tu retrouveras bientôt ce Beld, t’inquiète pas. » Adressa-t-elle au petit après quelques mètres.

Ce devait-être son tuteur, ou ce qui se rapprochait le plus d’une famille pour lui. Le premier nom qui lui était venu à l’esprit à ses questions concernant ses parents. Elle espérait juste que ce n’était pas un monstre auquel cas… Réussirait-elle à le laisser partir ? Dans quelle mesure pouvait-elle s’assurer qu’il était quelqu’un de bien.

« C’est important des parents ? » « Comment t’as trouvé les tiens ? »
Elle repensa à ses questions. Comment pouvait-il ignorer des choses pareilles… Même un orphelin sait qu’il a eu à un moment des parents. Elle se perdit dans ses réflexions, dans sa nostalgie, pensant à sa famille… ses deux familles. Pierrot et Pierrette accueilleraient surement volontiers un petit garçon, comme un don du soleil après autant de filles. L’idée lui fit esquisser un sourire tendre.
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le Mer 13 Fév 2019 - 2:51
« Nous ne voulons pas vous inquiéter mais… « Franch’ment c’est chaud. » J’ai gratté ma barbe en l’regardant. Le type s’était ramené près de nous histoire de vérifier qu’on parlait du même Ioan. T’sais… au cas où y a un autre Ioan qui s’est perdu au même moment au même endroit ? Bah ouais c’est logique. Non puis v’là la description. J’vous la r’fais comment ça aurait vraiment du se passer ! Hey ! Qui connait un Ioan ?
Moi j’connais un Ioan.
Ah ouais ! Prouve-le, il ressemble à quoi ?
Le fantôme de mon fils mort en couche !
Gagné.
L’type il m’a r’gardé genre paniqué, t’sais. Non mais j’avais pas été très rassurant mais en vrai c’tait volontaire. J’voulais vérifier qu’il était un bon père, t’sais, chuis un peu comme le roi qui coupe un tapis pour voir qui c’est qui l’aimait l’plus, le tapis. V’là un truc qu’pourrait faire Xerxès ! Bon et… Alice est intervenue mais t’sais, ce moment-là, ça aurait été pas mal qu’Belle soit là, pasque moi chuis un connard et parce qu’Alice est méga conne.
« Il s’est égaré, nous l’avons retrouvé, et une personne nommée Rose nous l’a égaré ! »

« Ouais donc… »

« Dites-moi c’qu’il s’est passé, enfin ! » qu’il s’énerve, Gepetto.

« En gros y a une connasse qui nous a faussé compagnie avec votre fils, mais qu’on croit qu’elle va pas l’tuer, genre… on sait pas mais… les gardes sont prévenus. »

« C’est un peu angoissant, dit comme ça, Auron ! »

« Ouais mais… juste. » J’me suis un peu tourné vers Alice, j’ai posé une bonne grosse main sur son épaule. « Tu t’rappelles que tout ça, là, j’m’en bats complètement les couilles ? Le p’tit, j’m’essuie avec. » Ah. Là j’l’ai r’gardée. Elle a froncé les sourcils, m’a jaugée comme f’sait Belle. J’aurais pas dû. Un peu comme si j’l’avais un peu vexée. Non mais… t’es con aussi, si elle tient à quelque chose, t’as juste à fermer ta gueule ; J’ai r’gardé ailleurs, genre un peu gêné, t’sais. « Bon pardon, j’ai exagéré. » Bon le vieux avait pas l’air d’vouloir attendre donc… Roh non mais ta gueule, toi. « On s’casse. »

J’me suis approché d’la cage, y avait un genre de grosse porte en grille d’acier, t’sais. J’l’ai prise d’mes deux mains et d’un coup sec, j’ai arraché la porte.« On s’dépêche ! » J’ai commencé à courir tout droit comme un gros con dans l’labyrinthe, en continuant d’tenir la grille d’vant moi pour pas m’ramasser toutes les haies direct dans la tronche. Premier mur d’plante, j’passe à travers, j’déracine tous les buissons… et j’passe à travers le deuxième, et le troisième et ainsi d’suite ! J’fais juste attention d’pas renverser des bêtes gens sur mon ch’min. Au bout d’un moment on sort de tout c’labyrinthe et…

« Arrêtez-vous ! » T’as trois soldats qui sont arrivés, en m’pointant avec leurs armes, y en a même un qu’avait un fusil, t’sais. Purée, z’ont la mémoire courte ! J’les avais aidés, ces connards, y a … mille ans. J’lâche la grille. J’comptais pas les démonter mais quand même… j’ai commencé à m’dérouiller l’épaule gauche. Jecht donnera jamais l’impression d’pouvoir être maîtrisé !

« Attendez, s’il vous plait ! » Belle est arrivée en trottinant, le visage tout rouge, montrant sur sa t’nue l’symbole du Consulat. « Je suis Belle, voici Alice. » Elle a montré Alice qu’arrivait juste derrière moi, enjambant en f’sant bien gaffe les buissons défoncés. « Nous sommes les deux princesses de cœur consules et… il est avec nous. Il a commis un excès de zèle mais ne vous inquiétez pas, il ne blessera personne, nous sommes garantes. » Les gardes ont pas hésité longtemps. T’façon bon, c’était des plantes, on va arrêter d’déconner. Et y avait l’autre con avec nous. « C’était obligatoire ? » qu’elle me demande Belle, les sourcils un peu froncés, en même temps qu’elle enlevait d’mes ch’veux et d’ceux d’Alice des brindilles et tout.

« Franch’ment ouais, à l’intérieur ils étaient trop à fond dans l’rôle, ils nous auraient jamais laissé partir. »

« Oui ! »

« Vous êtes le père de Ioan ? » qu’elle a d’mandé à l’autre.

« Quoi ? Non, m… mais c’est moi qui m’occupe de lui, j’en suis responsable. »

« Ouais c’est lui, c’est sûr. »

« Où est-il ? »

« Nous pensons qu’une dénommée Rose l’emmène en ce moment-même jusqu’à la tour d’Erato, au Sommet des arts. Elle a dit qu’elle parlerait à des gardes. »

« Donc j’y vais ? C’par où ? »

« Je vous conseille davantage de rester avec des gardes ici aux alentours, je vais vous présenter. Nous ne pensons pas que Rose soit un danger pour Ioan mais les gardes de la ville ont été mis au courant et… il ne devrait pas pouvoir quitter ce monde sans vous. »

Purée… ils ont continué d’parler. En vrai. L’autre y s’emballait mais qui avait perdu l’gosse à la base ? Bon ! Ca m’est arrivé, hein. Et j’étais pas l’père de l’année… En fait j’étais sûr’ment l’pire, mais déjà, moi j’ai fait un gosse costaud, qu’était pas une mauviette. Tout seul perdu, il aurait pas fait c’qu’a fait l’autre nul. Mais voilà, moi j’f’sais une conn’rie, j’commençais pas à m’emballer sur tout l’monde. Dans ma famille, on assume ! Bon et au bout d’un moment, Belle a conduit le gars là, près des gardes à qui elle avait parlé et puis elle est revenue… On s’est r’gardés tous les trois. Puis… « Bah on peut rien faire de plus. »

« Vous n’êtes pas sérieux ? » qu’elle était choquée, Alice.

« Les gardes viendront nous alerter quand ils auront retrouvé Ioan. Mais ils n’ont pas besoin de nous. Et… « C’était pourri, en fait. Ils nous ont trop gâché la soirée, les deux connards. » Belle me sourit et m’prend la main avant d’prendre celle d’Alice d’l’autre. « C’était amusant jusqu’à ce qu’elle s’en aille. Nous avons chanté et… ça faisait longtemps. »

« Ca m’avait manqué ! »

Putain tu parles ; Moi j’voulais faire une troisième chanson où là j’aurais été beaucoup plus central, t’sais. Genre j’réfléchissais, j’pensais à faire une chanson sur tous les cauch’mars qu’tu peux faire avec juste l’image du gosse. Mais voilà ! L’autre connasse m’avait piqué mon moment et ! Et bah… tant pis. « Allez on rentre, ça m’saoule. »

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