Matriarche Écarlate

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le Ven 19 Jan 2018 - 12:19
La lumière du matin atteint mon visage endormi. J’ouvre les yeux. Je m’étire longuement, continuant de m’enrouler de manière enfantine dans mes couvertures. J’ai eu une aventure compliquée dans les montagnes… Heureusement que le maquillage suffit pour en cacher les séquelles temporaires. Je finis par me redresser et sortir de ma couche. Je m’assois devant ma coiffeuse et je commence à faire ma toilette. Après ce petit rituel matinal, je sors, habillée pour aller me promener en ville. Un ensemble noir et argenté, ample mais élégant. Très traditionnel bien sûr. Quelques bijoux suffiront pour marquer mon statut social, quelques stylets glissés dans les vêtements ici et là pour la sécurité, une ombrelle pour se cacher du soleil et je rejoins mes parents pour prendre le petit-déjeuner.

Ils sont déjà attablés et mangent tranquillement, ils m’ont gardé un peu de nourriture. C’est encore chaud, c’est parfait… La bonne odeur me transporte dans mon enfance. Ma mère a toujours su cuisiner correctement. La conversation s’engage rapidement.


« Bien dormi ma chérie ?
- Oui Maman. C’est très bon ce que tu as préparé !
- Oh ce n’est pas ta mère ! Elle est allée en acheter ce matin chez un marchand pas très loin !
- Le baozi est excellent. »

Mon père me sert du thé.

« Les affaires vont bien Papa ?
- Oui ! Tu sais, avec la Route de la Soie, c’est pas très compliqué de trouver des clients !
- J’imagine, oui…
- Que vas-tu faire aujourd’hui Huayan ?
- Je pensai aller flâner en ville un petit peu.
- C’est très bien cela. Tu devrais aller à la nouvelle maison de thé qui a ouvert dans le centre-ville. Ils ont un cake au thé vert excellent.
- Ah ? J’y penserai d’accord. »

Je continue de profiter de mon déjeuner. Au calme, en famille. Une chose que je n’ai pas apprécié depuis longtemps. Alors que mon regard se porte vers ma boisson chaude, je repense à l’autre nuit où je me suis retrouvée face à ce mystère ambulant : l’armure hantée. J’ai cherché une réponse, et je crois l’avoir trouvé. Il s’agit ni plus ni moins d’une technique de psychisme qui consiste, en lieu et place d’objets aléatoires, des pièces d’équipements par la force de l’esprit. Cela requiert une forte concentration, mais c’est possible. Moi-même, je suis en capacité de le faire. Cela nécessite que je me perfectionne dans cet art pour arriver à un tel niveau, mais ce n’est pas inatteignable.

La seconde hypothèse serait celle où un fantôme aurait pris possession de l’armure. Elle est également probable dans la mesure où lorsque j’ai planté ma lame éthérique dans son flanc, le contrôle a disparu et mon adversaire a disparu. Ce qui laisse donc supposer qu’une âme a été touchée par mon attaque.

L’une comme l’autre des idées me semblent cohérentes, mais la première cependant me donne beaucoup d’inspiration. C’est à cet instant que mon père choisit de me tirer de ma rêverie.


« A quoi tu penses Huayan ?
- Papa, je peux te demander de m’offrir quelque chose ?
- Mais bien sûr ! A quoi tu penses ma chérie ? Une robe, un foulard, du maquillage ? Il paraît qu’il y a des réductions chez les Frères T…
- Une armure complète lourde avec une guisarme et deux épées. »

Ma mère crache son thé qui atteint l’opposé de la table. Elle se tourne vers moi brusquement, perturbée et la voix inquiète :

« Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu vas faire avec ça ? Tu n’as pas la carrure, ni la force, ni le statut pour porter une telle chose !
- Ce n’est pas pour moi… Indirectement oui, mais…
- C’est pas pour aller aux champignons j’imagine !
- C’est pour le travail. »

Ils se taisent un instant.

« Si c’est pour le travail…
- Je ne veux pas le savoir.
- J’offre ce que je veux à ma fille, je te signale !
- Soit, soit. Si vous voulez bien m’excuser les deux complices, je vais travailler dans mon atelier. Huayan, ne soit pas en retard pour le dîner ! »

Ma mère se lève et s’en va. Elle n’est pas énervée. C’est plus un mélange d’inquiétude et de réalisme : elle se doute que mon métier n’est pas le plus honnête du monde. Cela reste toujours mieux que l’armée à leurs yeux cependant.

« C’est pour faire quoi cette armure Huayan ? » demande t-il, curieux.

« C’est pour éviter de me battre. J’ai l’esprit plus tranquille. 
- Tu as toujours été une forte tête toi, comme ton frère.
- Tu sais que je fais ce qui est le mieux pour moi.
- J’espère ma fille. Je ne t’ai pas élevé pour que tu sois comme toutes ces idiotes qui se pensent utiles à ne faire que dépenser l’argent qu’elles reçoivent de leurs maris ! Et ça vaut pour Madame Chang aussi !
- Rooooh tu exagères ! Madame Chang est très gentille avec les enfants.
- Peut-être, mais c’est une vieille bique qui ne fait que dépenser. J’en sais quelque chose, l’autre jour je croise le vieux Xuan, il m’a dit qu’elle s’était encore achetée une nouvelle coiffeuse alors que la dernière, elle l’a acquise il y a trois mois ! C’est n’importe quoi ! On marche sur la tête ! Heureusement que ta mère travaille, parce que sinon je peux te dire que j’en aurai pris une autre sinon ! »

Un vrai moulin à paroles quand il est lancé. Je sais de qui mon frère tient sur ce point-là.

« En tout cas, je m’occuperai d’aller voir un forgeron en ville. Je connais de réputation celui qui travaille avec la garnison locale. Je ne te ferai pas des matériaux dignes de la Cour, mais ce sera suffisant pour combattre… Si tu l’utilises un jour bien sûr.
- Tu peux faire un gros gabarit, je ne la porterai pas personnellement.
- Ma fille… Tu es une bénédiction autant qu’un mystère. »

Nous finissons de manger lorsque j’entends dans les jardins des bruits d’un combat. Qu’est-ce que cela signifie ? J’ouvre la porte et j’observe Li Guo entrain de s’entraîner avec Francis : manifestement les deux hommes tentent de comparer leur niveau de testostérone respectif. Les deux sont torses nus, et je peux vous garantir que ce n’est pas la même histoire.

Le maître-chien a un corps fin, mais un minimum musclé. Francis… C’est le contraire, il est gros, gras, poilu et ça pendouille de partout. Heureusement qu’ils ont gardé leurs pantalons ! Je vois que Xupeng les suit en levant les bras en l’air en signe de protestation.


« Mais arrêtez ! Vous allez vous blesser ! »

Francis se met en garde, qiang en main. La qiang est une lance traditionnelle chinoise, très utilisée dans l’armée impériale. Mine de rien c’est pratique contre les sauvages des steppes.

« On s’entraîne Xu ! Laisse moi lui botter le cul au jeunot !
- C’est ce qu’on va voir mon gros !
- Qui est-ce que tu as traité de gros ?!
- Vous êtes fous vous deux ! »

Guo fait tourner sa lame dans les airs et attaque le premier. Francis est sur la défensive, mais il arrive, contre toute attente je ne vous le cache, à manier correctement l’arme et parer les assauts répétés et fournis du jeune homme.

« Bon, je vais y aller Papa. Je te dis à tout à l’heure.
- Mais… Tu les laisses continuer ?
- Qu’est-ce que tu veux que je dise ? Ils ont l’air de s’amuser. S’ils se blessent, tant pis pour eux. 
- Oui… Bon, je vais aller au travail moi, ma chérie, j’aime pas voir autant de violences dès le matin ! »

Il me tape sur l’épaule et s’en va. Me laissant avec mes deux effrontés. Xupeng continue de balancer les bras partout, en tentant d’éviter le pire.

« Vous allez finir par vous blesser ! Déposez les armes, ça suffit !
- On s’entraîne ! »

Quelle belle bande de gosses. Je récupère mon ombrelle et contourne la zone de duel pour rejoindre la sortie du pavillon, située de l’autre côté du jardin. Je l’ouvre pour dissimuler ma magnifique peau des rayons du soleil.

« Tu ne m’auras jamais Francis !
- PREND GARDE VIEILLE PUTE DÉGARNIE ! »

C’est alors que mon ombrelle est littéralement transpercée de part en part par la lance d’entraînement de mon pilote. Je me stoppe. Plus personne ne bouge.

« Euh… Madame Song ? Vous allez bien ? Vous avez un drôle de regard ! Madame Song ? Ça va ? Madame… Song ? » dit-il tandis que ma colère monte en moi comme jamais.

Je lâche le parapluie et je m’approche de Xupeng pour lui arracher à sa ceinture un dao, une lame courte, fiable et très légère tout en étant résistante, elle partage un certain nombre de caractéristiques avec les sabres.

« Comment OSES-TU ?! »

Je commence à l’attaquer sauvagement. Il recule, acculé. Je tente de l’écraser, chose impossible vu la différence de poids et de force. Mes coups sont très semblables, je tape. Je tape, et je tape.

« Madame Song ! J’ai pas fait exprès ! » supplie t-il.

Pas de repos pour les destructeurs d’ombrelles ! Il m’avait coûté une fortune en plus !

« Tu seras puni ! »

Je continue d’attaquer. Mes coups sont basiques et avec peu de force, il me pare aisément et semble dominer le combat tout en jouant uniquement sur la défensive : il ne faudrait pas qu’il me blesse réellement ! Ce serait inacceptable !

« Je vous en rachète un ! Promis !
- Je ne veux pas une autre ombrelle, je veux que tu retiennes la leçon ! »

Je tends la main gauche vers un bâton d’entraînement que je fais tournoyer pour l’attirer vers la tête de Francis, il se le prend de plein fouet et tombe au sol, légèrement sonné.

« Leçon retenue Francis ? Pas de jeux de combats quand je suis à une portée de moins de quinze mètres.
- Retenue, Madame Song… Promis ! Tapez plus s'il vous plaît ! »

Il se relève, avec une sacrée marque sur le visage. Je fais signe à Xupeng de s’en occuper.

« Entraînez vous avec un peu plus de discipline la prochaine fois. »

Je me retourne et quitte la demeure familiale. Je vais flâner en ville, sans mon accessoire chèrement acquis.

L’air est agréable, les oiseaux chantent un peu. Ils ont migré de Beijing pour venir se réfugier dans les régions chaudes et gorgées de nourriture pour passer l’hiver. Les rues sont animées mais cela reste dans le domaine du raisonnable. Les marchés de la ville attirent pas mal de citoyens en quête de bons produits du coin. Les étales sont chargées et les marchands nombreux. Notre tranquillité est en lien avec notre positionnement géographique : au cœur des montagnes, c’est compliqué de venir nous troubler, notamment avec des armées barbares à cheval.

J’essaye de me calmer après la petite altercation avec Francis. Rien de grave, il en rira à mon retour. Mais il est tout de même peu conscient de la portée de ses actes parfois. Son coup de lance, j’aurai pu le prendre dans le ventre, le bras ou même la gorge. Il est comme un enfant qui ne saisit pas la force qu’il a en lui. Je vais donc prendre un thé et déjeuner dans l’établissement que m’a conseillé ma mère ce matin. Je déguste les saveurs du pays au calme, loin, très loin de mes problèmes.

Pourtant, c’est dans ce genre de moments où vous pouvez expérimenter le plaisir d’un calme rare qu’une pensée vient pour vous perturber. Le temple dans mon cas. Des réponses à mes questions. J’ai tellement d’interrogations. La plus importante, la plus précieuse, la plus vitale… Ce serait de savoir où est mon mari. Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui. Ses yeux, son visage, ses longs cheveux de jais… Ses bras rassurants, son sourire, sa présence. Je me sens bien seule, malgré les missions, malgré les munnies, malgré le temps qui passe.

Je finis le thé, avec un arrière-goût amer. Je quitte les lieux, en payant ma consommation. Je sens certains regards se tourner vers moi : des femmes jalouses, de jeunes filles envieuses, des hommes désireux d’en voir un peu plus que ce qui est disponible au public. Je souris légèrement, c’est toujours rassurant de savoir que j’attire l’intérêt des autres. Pas que je le cherche particulièrement, ce n’est pas dans ma nature. Cependant, c’est toujours flatteur d’être désirable.

Après un long moment de marche, j’atteins les portes du Gong Qingyang. Un grand monastère taoïste, où l’on raconte que Laozi serait apparu avec deux chèvres noires à ses côtés. Depuis, c’est un haut lieu pour les adeptes de la philosophie du grand maître. Des statues des deux animaux rappellent aux visiteurs cette histoire. Le lieu est une invitation à la méditation. Des moines et des nonnes du Tao vaquent à leurs occupations, laissant les civils se balader partout dans le monastère. Sauf certaines parties, notamment celles qui renferment les précieuses reliques de la ville.

Il n’y a pas beaucoup de monde aujourd’hui. C’est d’autant plus agréable, bien que l’atmosphère silencieuse pourrait être pesante pour les esprits trop stressés. Les nuages se glissent dans le ciel, offrant des moments plus frais où les rayons du soleil ne peuvent plus passer pour rejoindre la terre. C’est à cet instant que j’aperçois un moine à l’aspect singulier.

Il a tout l’air d’un membre du monastère, ce n’est pas le point. Je ressens seulement comme une énergie particulière en croisant son regard. Rien de surnaturel, enfin je crois, juste une impulsion. Comme si je l’avais déjà vu, quelque part. Vous savez, cette étrange impression d’avoir déjà vu quelqu’un, alors que ce n’est pas réellement le cas. Tout est dans la tête.

Malgré tout, je décide de m’approcher de lui. Il sourit et se retourne pour rentrer dans une salle. Je le suis, le pas léger. Je pénètre dans la pièce, la porte se referme derrière moi. Nous sommes dans une atmosphère entre ombre et lumière. Le jour passe par les fenêtres mais reste proche des murs là où dans le centre l’obscurité se repose. Un petit coussin m’invite à m’asseoir sur lui. Le vieil homme debout face à lui. Je m’avance et m’agenouille.


« Bienvenue. » dit-il, impassible.

Il ne bouge pas d’un millimètre, il a l’air d’avoir les pieds ancrés dans le sol.

« Pardonnez-moi… Nous nous sommes déjà vus non ?
- Bien sûr. Tu as trouvé le papier c’est cela ? »

Je l’observe désormais avec une certaine méfiance. De quel papier parle-t-il ? Si c’est le même que celui retrouvé à la Costa del Sol, alors il s’agit d’un moine très au courant des choses qui se déroulent au-delà de Chengdu. Il ressent mon questionnement.

« Tu n’as rien à craindre ici. Tu es venue pour trouver des réponses. Je suis en mesure de te les donner. C’est à toi d’être sûre de vouloir les chercher. » murmure-t-il à travers sa fine barbichette blanche.

Je ne sais quoi penser. Qu’entend-il par devoir « chercher » les réponses ? Dans quelle histoire je me suis empêtrée encore ? Malgré tout, le désir m’étreint le cœur, le désir de savoir.

« Ferme les yeux et dit ce que tu souhaites savoir. » prononce t-il enfin.

Quelle question. Je perds le sens de la vue avec joie : j’ai fait mon choix.

« Le destin de mon mari. »

Lorsque je rouvre mes paupières, je suis entre quatre murs de pierre. Je me relève. Le plafond a disparu pour laisser place à un soir de pleine Lune et de feuillages épais d’arbres que je ne distingue guère. L’une des quatre façades s’abaisse, dévoilant un long chemin dans la pénombre. Je ne sais pas ce qui se passe, mais il va falloir que je sorte d’ici. Je franchis le seuil et je commence la marche.

Les murs froids finissent par m’emmener, après un long moment de marche, dans une salle, semblable à ma cabine dans le Vaisseau-Mère. Je revis mon aventure onirique d’un soir où l’ombre dans le couloir m’a effrayé. Je refais plus ou moins inconsciemment les mêmes gestes, les mêmes attitudes comme la première fois.

Un autre passage s’ouvre. Je le suis. Je me retrouve dans la salle où j’ai médité et où la créature des ténèbres m’a agrippé avant de s’enfuir. Sauf que ce qui me perturbe ici… C’est que je me vois. Je ne revis pas l’expérience à travers mon propre regard, je suis là. Humble observatrice d’une scène jouée d’avance. Je revois l’ombre en action. Je cherche toujours à comprendre ce qui se passe. Tout a l’air si réel, comment le moine a-t-il pu avoir un tel niveau de détails ?

Un nouveau monde s’ouvre, un monde de soleil que je connais bien maintenant : la Costa. Je suis dans une petite ruelle, au levé du jour. L’heure n’est pas exacte et je suis plus concentrée sur la scène qui se joue devant moi. Une silhouette que je devine masculine parle avec Alejandro. Le gamin ne m’avait pas menti donc.

De là où je suis, je ne suis pas face à l’interlocuteur adulte. Cependant, un détail attire mon attention et m’effraie au bout de quelques instants. Lorsque le mystérieux individu tend le message au gosse, je remarque qu’il porte un mâlâ bouddhiste. Le porteur est donc vraisemblablement chinois mais ce qui me terrifie, c’est que je crois que c’est moi qui l’ai acheté. Il y a longtemps.

Alejandro s’en va en courant, je suis transporté devant une maison un peu à l’écart du centre-ville. La maison dans laquelle j’ai trouvé le message me disant de venir ici. Encore cette silhouette, désormais encapuchonnée, portant toujours son mâlâ. Au fond de moi, je sais déjà de qui il s’agit. Seulement, je n’ai pas envie de l’admettre.

Je ne suis pas au bout de mes peines. L’environnement change sous mes yeux. Le monde onirique est aspiré, moi avec. Je suis transportée dans un vide, pour atterrir dans un jardin. Un jardin très familier. Ma demeure, celle d’avant. Celle où j’ai vécu avant que le Zhouzhang m’offre un nouvel endroit où habiter. Je suis sur le banc de pierre, sous l’arbre. Mon cœur se met à palpiter. Non, je n’ai pas envie de voir ça !

L’esprit résiste, certains détails sont altérés. Jusqu’à ce qu’un bruit capte mon attention. La porte de la maison s’ouvre. Délicatement, un homme s’en échappe. Haojun. C’est la nuit de sa disparition. Le regard terrorisé, je le regarde, impuissante. J’attends de voir la suite de l’expérience qui ressemble désormais à un cauchemar.

Il a pris quelques affaires avec lui, il n’a pas l’air stressé. Il jette un regard derrière lui, vers la chambre où je me trouve. Où je me trouvai. Une larme coule de mes yeux, entre peur et désespoir. Je suis assise, pauvre fille abandonnée à son sort, profitant de cette opportunité inespérée pour revoir mon amour disparu.

Le silence est alors troublé par une soufflerie conséquente. Bruit que je n’avais pas entendu autrefois. Un appareil trop moderne pour être chinois s’approche du toit. Haojun grimpe alors pour le rejoindre, rapidement il monte dedans et s’envole au loin. Je n’en reviens pas. Je sers les poings. Il n’avait qu’un seul employeur. Il n’y a qu’une organisation qui pourrait déployer un appareil de ce genre-là ici. La Shin-Ra. La réponse était devant moi, juste devant moi. Depuis tout ce temps.

Alors que je me relève, le monde disparaît peu à peu, il se décompose. Les images fânent et les murs s’effritent lentement. J’ai la sensation, brusque, de tomber dans un trou noir. Je reviens à la réalité en sursautant. Cherchant ma respiration dans cette poitrine trop serrée par les émotions, je rouvre les yeux.

La première pensée qui me vient à l’esprit, c’est Haojun. Ces scènes me donnent des éléments, mais je ne sais toujours pas… Attendez, le moine. Je tourne mon regard vers lui. Il est assis, il ne sourit pas, il reste attentif à mon attitude. Se pourrait-il que ?

La barbichette se met à raccourcir, et à disparaître. Les traits rajeunissent, les cheveux redeviennent noirs, le corps devient plus svelte. Je n’en crois pas mes yeux. Je reste bouche bée. L’ecclésiastique… Est Haojun. Sans dire un mot de plus, je bondis et lui saute dans les bras, pour l’enlacer.


« Huayan, je suis…
- Tais-toi. »

Nous nous serrons fermement. Cœur contre cœur. Je ne retiens pas mes larmes. C’est trop beau pour être vrai. Après tant de temps passé à espérer, mes efforts n’ont pas été en vain. Le monde semble s’arrêter autour de moi tant je suis submergée par cet événement. Mes mains sont moites, mon cœur palpite, ma respiration devient irrégulière. Il me repousse délicatement, nous nous regardons dans les yeux. Je suis très émue, lui aussi, même s’il est moins expressif que moi.

« Je t’ai retrouvée, enfin. J’ai tellement souffert mon chéri…
- Je sais mon amour. Je suis désolé. »

Il essuie un peu les larmes de mes joues. Il affiche un léger sourire. Nous nous dévorons du regard, nous sommes enfin réunis. L’instant dure une éternité, une éternité que je ne veux pas quitter. Quand vous revoyez la personne aimée après un long moment d’absence, le bonheur vous étreint, votre âme revit et la vie semble reprendre des couleurs.

Nous restons dans cette position, seuls dans cette salle. Comme pour marquer la fin d’un chapitre et le début d’un autre. Le commencement d’un renouveau, le prélude d’une nouvelle histoire. J’ai retrouvé mon mari, l’homme que j’aime. Je suis la femme la plus heureuse de tous les mondes à cet instant.

Si le bonheur est le sommeil de l’amour, et le chagrin son réveil, alors je souhaite de ne jamais me réveiller.
Maître brasseur

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le Lun 22 Jan 2018 - 18:30
Bien. Il est temps de commenter, ça fait presque quatre jours. Ça fait longtemps !

Alors, sur ce texte, j’ai une critique à faire.

Plutôt, il s’agit d’une attitude, un comportement, que j’ai déjà vu mille fois. Que ce soit à l’écran ou dans un livre. Honnêtement, j’pense que c’est un des clichés qui me rends le plus dingue. La dernière fois que j’ai vu ça et que j’ai eu envie de frapper le mur ? C’était avec le personnage de Yotsuyu et celui de Gosetsu dans FF14 : Stormblood.

En fait, j’trouve que c’est un peu une facilité d’écriture et clairement cliché. Ici, tu n’exploites pas le truc à l’état brut. Pourtant, je ressens l’artifice et j’ai froncé les sourcils en passant dessus.

C’est le moment où une scène doit illustrer un trait de caractère en poussant le vis à l’extrême.

Ici, c’est le moment où la lance de Francis défonce ton parapluie. Même si plus tard, tu fais passer cela comme une leçon ou simplement un appel à la conscience. L’instant est juste le déchaînement d’une haine. Là, quand j’vois Huayan prendre une arme pour faire cela, c’est juste de la rage et pousser le caractère à l’extrême pour montrer :

« Ah ! Je ne suis pas content, et j’vais te remettre à ta place, immonde gros porc puant et suintant de graisse ! ».

Enfin, comme j’le dis, c’est une pirouette de scénario avec laquelle je suis lassé. Comme s’il suffisait d’une scène poussé à l’extrême pour exposer un sentiment ou un trait de caractère. Pourquoi j’parle de ça ? Simplement parce que Huayan a toujours été supérieur et dédaigneuse à l’égard de Francis, pour autant (les claques ne comptent pas) elle n’a jamais été aussi violente. En résumé, c’est afficher la limite de Huayan de manière pas subtil, et ça, j’trouve que c’est dommage.

Ah oui, ça n’engage que moi !

Donc, sinon, j’vois bien l’effort pour les paragraphes ainsi que les synonymes. C’était un point que je soulignais et tu y fais attention. Mine de rien s’est plaisant à voir ! Bon, là, il ne te reste plus qu’à assimiler la chose. Vraiment, pour les paragraphes, ça n’a l’air de rien, mais ça rend la lecture beaucoup plus facile.

Rien que pour retrouver le début de la ligne suivante où encore simplement pouvoir s’arrêter dans sa lecture. Donc, déjà un bon point !

Et mine de rien, séparer les idées les unes des autres, cela à beaucoup aidé pour l’identification du parcours. Si tu vois c’que j’veux dire et de quel point j’parle. D’ailleurs, la scène reste intéressante ! Et là, j’me dis que l’gars, il est vénère du cul en Magie et en Symbiose pour faire cela ! Bon, ce n’est que mon avis, à ce niveau-là.

Nah, en vrai, c’était cool à lire. Surtout de voir un aboutissement. J’pense que dans ce genre d’histoire, il faut bien donner à son lecteur de quoi se mettre sous la dent, sinon, on peut rapidement délaisser cet aspect et ne plus venir pour découvrir cela.


Très Facile : 7 points d'expérience + 60 munnies (-10 munnies pour la consommation au salon de thé) + 1 PS en Psychisme !

Tu gagnes aussi un super mouchoir ! Vraiment, il est top, belle dentelle, ton nom écrit dessus et il sent plutôt bon. Une affaire en or, j’le jure.

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